- il y a 16 heures
Parlement Hebdo c'est le meilleur de la semaine parlementaire. Chaque vendredi, un député et un sénateur analysent les temps forts de la semaine au Sénat et à l'Assemblée nationale. Cette semaine, Kathia Gilder (LCP-AN) et Alexandre Poussart (Public Sénat) reçoivent Claire Lejeune, député LFI de l'Essonne et Bernard Jomier, sénateur (Place Publique) de Paris. Cette semaine, le gouvernement utilise une dernière fois le 49.3 pour faire passer le budget et reporte le vote de l'Assemblée nationale sur la suppression des ZFE, ces zones à faibles émissions dans les métropoles où la circulation des voitures polluantes est interdite. Année de Production :
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00:00Générique
00:00Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver pour ce nouveau numéro de Parlement Hebdo,
00:13l'émission qui vous fait vivre les temps forts de la semaine au Parlement.
00:17Et vous connaissez la formule, un débat entre un député et un sénateur,
00:20cette semaine nous accueillons Claire Lejeune, bonjour.
00:22Bonjour.
00:22Vous êtes député de la France Insoumise de l'Essonne, membre de la Commission des Finances,
00:26et cette semaine face à vous, Bernard Jaumier, bonjour.
00:28Bonjour, vous êtes sénateur socialiste de Paris et membre du parti Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann.
00:34Et vous débattrez du budget, puisque Sébastien Lecornu a utilisé une dernière fois ce vendredi le 49-3,
00:41après le rejet du projet de loi de finances par le Sénat.
00:44Ce budget sera définitivement adopté si les motions de censure sont rejetées.
00:49Et puis on reviendra sur un sujet qui fâche les zones à faibles émissions,
00:53où la circulation des voitures polluantes est interdite.
00:56Députés et sénateurs étaient d'accord pour supprimer ces ZFE,
00:59mais le gouvernement a reporté le vote pour sauver cette mesure écologique.
01:04Mais d'abord le budget avec des débats qui ont tourné court au Sénat.
01:07Jérôme Rabier.
01:08La droite sénatoriale avait prévenu, elle comptait rejeter d'emblée le budget pour montrer sa désapprobation face aux arbitrages du gouvernement.
01:20La ministre des Comptes publics résignait et a tout de même une dernière fois défendu la copie présentée.
01:26Le produit d'un compromis bâti patiemment, article par article, pendant plusieurs centaines d'heures de débats,
01:33par des forces politiques aux orientations distinctes, parfois opposées,
01:38qui ont tous dû faire des concessions pour avancer,
01:42concessions que je reconnais difficiles pour chacun, mais utiles pour le compromis final.
01:48Avant de voter la question préalable qui met fin au débat et provoque le rejet du texte,
01:54la droite sénatoriale a lâché ses coups sur les choix du gouvernement.
01:58Tout d'abord un fiasco sur le fond, s'agissant de la politique économique, budgétaire et fiscale de notre pays.
02:06Mais également un fiasco quant à la méthode employée par le gouvernement,
02:10et enfin, mais non des moindres, un fiasco à la fois pour le crédit de la France
02:15et la crédibilité de la parole politique, qui n'avait pourtant pas vraiment besoin de ça.
02:21Le parti socialiste a regretté que la droite refuse de discuter avec le gouvernement et la gauche
02:26lors des débats budgétaires au Sénat, provoquant selon eux un effacement de la voix sénatoriale.
02:32Cette année, la situation politique a conduit la majorité sénatoriale
02:37à ne pas vouloir s'inscrire dans la recherche d'un compromis large
02:42et à s'exclure de fait de la discussion en prenant des solutions le plus souvent maximalistes.
02:49Une très large majorité de l'hémicycle a finalement voté pour mettre fin au débat
02:54après quatre mois de discussion budgétaire, laissant le dernier mot à l'Assemblée nationale.
03:01Bernard Jomier et le Sénat rejettent sans examen ce budget,
03:04le renvoient à l'Assemblée nationale pour un dernier 49-3.
03:06Est-ce que vous dites, les débats budgétaires ont assez duré,
03:09et il faut en finir vite, donner un budget aux Français et passer à autre chose ?
03:12Ce que je dis, c'est que construire un budget, c'est une épreuve, on va dire, de discussion au Parlement
03:19et le Sénat a délibérément choisi de se positionner de façon complètement orthogonale
03:25au travail des députés, comme d'ailleurs sur le texte Aide à mourir qui était au Sénat cette semaine.
03:31C'est une constante de la majorité sénatoriale depuis quelques temps.
03:34Alors nous, la gauche, au Sénat, qui sommes très minoritaires,
03:38on a convenu que ce n'était pas la peine de poursuivre les discussions.
03:43Le budget ne peut pas être construit de façon, on va dire, constructive, pardon pour la répétition,
03:50quand toute une partie de l'Assemblée décide, de l'Assemblée sénatoriale décide de ne pas participer.
03:57Donc le mieux à faire, parce qu'il fallait en finir,
04:00c'est que le budget retourne à l'Assemblée nationale et que ce soit les députés,
04:04moi je n'oublie pas qu'ils sont la Chambre du Peuple, qui adoptent la copie budgétaire.
04:08Alors en tout cas, en commission des finances à l'Assemblée nationale et en séance,
04:11il y a eu beaucoup de discussions à l'Assemblée.
04:15Est-ce que le 49-3 était finalement la seule issue pour donner un budget au pays
04:19et rassurer des Français inquiets sur leur pouvoir d'achat ?
04:22Alors il faut quand même rappeler le contexte dans lequel on est,
04:24c'est-à-dire qu'on a un gouvernement qui est arrivé quand même en légitimant sa présence
04:30après la chute du gouvernement Bayrou par le fait qu'ils n'allaient pas utiliser le 49-3,
04:35que cette fois, promis juriste, ce serait différent, cette fois, ce serait le budget du Parlement.
04:41S'en sont suivis plus de 350 heures de débat en hémicycle.
04:44On a eu à peu près 150 heures de débat, nous, en commission des finances
04:49et on arrive en janvier avec une série de 3 49-3.
04:53Donc en fait, tout ça signifie que depuis le début, en fait, c'est ce qu'on disait d'ailleurs,
04:59c'est que ce budget ne pourra pas passer sans 49-3 et sans ordonnance
05:04parce qu'on a un gouvernement qui est un gouvernement dans la droite lignée de ce qui se fait depuis 8 ans
05:08et qui a pris pour l'habitude de malmener le Parlement et de passer outre
05:13et qui, de toute façon, ne veut pas lâcher d'un iota sur la politique.
05:17Oui, mais il y a eu une élection dans ce pays il y a maintenant un an et demi
05:22qui a signifié un rejet massif des politiques macronistes.
05:26Aujourd'hui, si on regarde les grands équilibres du budget,
05:28pas le détail de la petite mesure qu'on peut mettre en avant pour dire
05:32oui, ça va aller ou non, ce budget est inacceptable, c'est grande ligne.
05:36On a en tendanciel plus de 30 milliards en coupes sur l'action publique
05:40et on a une absence quasi absolue de nouvelle fiscalité sur les plus riches.
05:46Donc, c'est bien que c'est un budget qui est dans la droite ligne de ce qui se fait depuis 8 ans
05:49et donc c'est inacceptable.
05:50On va revenir sur le fond de ce budget, mais d'abord politiquement, Bernard Jaumier.
05:54Est-ce que les socialistes sont l'assurance-vie de ce gouvernement macroniste
05:56qui se maintient tant bien que mal au pouvoir ?
05:59L'assurance-vie de ce gouvernement, c'est un chef de l'État qui est totalement irresponsable,
06:03qui n'accepte pas qu'il a perdu les dernières élections législatives
06:06et qui refuse obstinément de nommer un Premier ministre qui soit issu de la gauche.
06:12Il l'a refusé en juillet 2024, il n'a cessé depuis
06:15et quand Sébastien Lecornu, qui est tombé, son gouvernement,
06:19il l'a renommé Premier ministre.
06:21Donc, face à l'irresponsabilité politique du chef de l'État,
06:25les Français nous demandent d'assurer un minimum de stabilité.
06:28Ce budget, il est mauvais.
06:29Ce budget, il est mauvais.
06:31Il est injuste socialement, il ne prépare pas la transition écologique du pays,
06:36il préserve les plus riches, donc il n'y a pas de goût de la tournée.
06:39Mais à partir de là, on fait quoi ?
06:41Pourquoi ne pas censurer le gouvernement ?
06:43Si on censure, le gouvernement tombe et puis le chef de l'État,
06:47qui est irresponsable, va renommer un proche.
06:49Notez qu'il nomme des Premiers ministres de plus en plus proches de lui.
06:53C'est-à-dire qu'avec Sébastien Lecornu, on est dans le premier cercle
06:56au lieu de faire de l'ouverture politique.
06:58Donc, il va falloir tenir jusqu'à ce que l'échéance constitutionnelle arrive,
07:03dans un an, qu'on réalise un président de la République.
07:06Et en attendant, donnons un budget au pays
07:09et donnons la parole aux Français lors des élections municipales
07:11qui ne doivent pas être parasités à l'excès par le budget.
07:16Il était temps d'en finir, il est temps d'en finir.
07:18Claire Lejeune, à chaque 49.3, les députés de la France insoumise
07:21déposent des motions de censure pour renverser le gouvernement.
07:24Non, pas que nous.
07:25Pas que vous.
07:26On dépose conjointement à l'ensemble du NFP, moins les socialistes.
07:30Vous souhaitez qu'il tombe, donc vous ne souhaitez pas la stabilité.
07:32Nous, on a quelque chose qui est, je pense, important en politique,
07:34c'est qu'on a une cohérence.
07:36C'est-à-dire qu'on a été élu sur le programme du Nouveau Front Populaire en juillet 2024.
07:40On défend ce programme dans nos positions de vote à l'Assemblée.
07:43On est dans l'opposition au macronisme et donc lorsqu'on a un gouvernement macroniste face à nous
07:48qui impose un budget macroniste qui a les effets qu'on connaît sur les Françaises et les Français
07:54parce que moi, je ne crois pas aujourd'hui que les Françaises et les Français
07:58qui vont subir le manque d'enseignants dans les écoles, les apprentis qui vont voir leur aide
08:03pour passer le permis de conduire, diminuer, voire supprimer.
08:07Je ne pense pas que toutes les personnes qui vont subir les conséquences de ce budget
08:10nous remercient d'avoir laissé passer un tel texte budgétaire.
08:15Donc aujourd'hui, je pense qu'effectivement, ne pas censurer revient à accepter,
08:20à normaliser, à banaliser le coup de force.
08:23Et ça, c'est très grave politiquement et c'est très grave pour l'état de notre débat démocratique
08:28parce que c'est ça le plus dramatique, c'est que plus ça va,
08:32plus les pratiques institutionnelles, en fait, malmènent l'Assemblée
08:36et font perdre en crédibilité la parole politique.
08:39Mais ne pas avoir de budget, c'est aussi grave pour les Français.
08:41Alors, on a voté une loi spéciale qui d'ailleurs a été écrite à minima
08:47juste par la ministre Monchalin et par le gouvernement
08:50pour justement exercer une pression en disant
08:52« Regardez, on ne peut pas tenir avec la loi spéciale, vite, vite,
08:55il faut que vous avalisiez le budget. »
08:57Donc c'était encore une fois une insincérité envers le Parlement,
09:00c'était une manière de nous mettre la pression pour qu'on vote le budget.
09:02Donc on a la loi spéciale et nous ce qu'on dit depuis le débat,
09:06que ce budget qui va être passé ?
09:08Elle reconduit à l'identique quasiment, enfin justement un peu à minima,
09:14mais les crédits de l'an dernier.
09:16Mais nous ce qu'on dit depuis le début, c'est qu'on ne sortira pas
09:19de cette situation sans nouvelles élections et donc une présidentielle anticipée.
09:23Il y a quand même des baisses importantes de dépenses publiques,
09:26Bernard Jaumier, dans l'éducation, l'écologie ou le social, on le disait.
09:30L'homme de gauche que vous êtes accepte ces coupes qui sont quand même fortes.
09:34L'homme de gauche que je suis cherche à défendre les Français.
09:38On a eu deux budgets, le budget de la Sécurité sociale, le budget d'État.
09:41Regardez sur le budget de la Sécurité sociale.
09:43Si on n'avait pas fait de compromis, les franchises médicales étaient doublées,
09:47les consultations chez le médecin étaient moins remboursées.
09:50En gros, on faisait payer aux assurés sociaux un début,
09:54enfin une volonté peut-être de réduire le déficit.
09:57Mais c'était des assurés sociaux qui allaient payer.
09:59On a obtenu de protéger les assurés sociaux.
10:02Ce n'est pas satisfaisant pour autant, je vous en donne acte.
10:04Mais si on ne l'avait pas fait, il passait à la caisse pour parler trivialement.
10:09Et quant au budget de l'État, s'il n'y a pas de budget de l'État,
10:12c'est la loi spéciale qui s'applique tout au long de l'année.
10:15Ça empêchait de reporter, par exemple, la contribution sur les grandes entreprises
10:20était annuelle.
10:22Elle n'aurait pas été reconduite par la loi spéciale.
10:25Donc la loi spéciale, c'était le pire des choix.
10:28C'était non seulement une inertie et un conservatisme,
10:32mais c'était l'impossibilité d'obtenir la moindre avancée.
10:35Alors ce qui a été obtenu, bien sûr, on peut dire que le verre est à moitié ou trois quarts vides,
10:40si vous voulez, selon ce que vous pensez.
10:42Mais il n'empêche que si on ne l'avait pas fait,
10:44on serait dans une situation de chaos politique, de déstabilisation.
10:48On demanderait peut-être aux Français, en même temps que les municipales,
10:51de voter pour des législatives, avec un chef de l'État,
10:54qu'il ne faut pas se faire d'illusions, ne quittera pas l'Élysée.
10:57Claire Lejeune, est-ce que les socialistes, finalement, ont évité le pire avec ce budget de compromis
11:00et en obtenant certaines concessions sociales ?
11:03La hausse de la prime d'activité, le repas à 1 euro pour les étudiants,
11:06quand même une hausse de fiscalité sur les grands groupes,
11:08et puis dans toute cette phase budgétaire, la suspension de la réforme des retraites.
11:11Alors, dans la présentation des avancées obtenues par le Parti socialiste,
11:15à mon sens, il y a un peu un trompe-l'œil.
11:17C'est-à-dire que vous présentez comme des grandes avancées
11:20des choses qui, en fait, étaient dans la copie initiale,
11:23qui, bien souvent, ont été battues à chaque fois qu'elles ont été votées par le Parlement.
11:29Et, du coup, c'est des choses qui n'auraient jamais existé
11:31si le gouvernement était tombé,
11:33si on n'avait pas eu la copie initiale telle qu'elle était,
11:37c'est-à-dire la copie qui venait, en fait, du gouvernement Bayrou.
11:39Donc, en fait, ce n'est pas des avancées, c'est des non-reculs, en fait.
11:43Par exemple, le fait d'avoir une indexation du parième de l'impôt sur le revenu sur l'inflation,
11:49c'est des choses qui étaient…
11:51La désindexation était dans la copie initiale,
11:54on l'a battue à chaque fois à l'Assemblée,
11:55et finalement, le gouvernement concède de réindexer.
11:59Ce n'est pas une avancée,
12:00c'est des choses qui étaient imposées par le rapport de force parlementaire.
12:03Mais une loi spéciale, ce n'est pas parfait non plus.
12:04Vous ne pouvez pas augmenter la fiscalité sur les grandes entreprises avec une loi spéciale.
12:07Alors, la loi spéciale permet de tenir le temps d'organiser dans notre pays
12:12le débat sur les présidentielles de manière anticipée.
12:16Si on est d'accord sur le fait que les effets des politiques macronistes dans le pays sont désastreux,
12:21on ne peut pas accepter, quand on est à gauche,
12:23de laisser se perpétuer cette politique pendant un an, un an et demi,
12:27en disant, il ne faut surtout pas déranger trop les choses,
12:31on va attendre un an et demi le temps qu'il y ait la présidentielle,
12:33alors que les gens en souffrent au quotidien, aujourd'hui.
12:35Mais le volontarisme politique, ça n'est pas de prendre ses désirs pour des réalités.
12:40D'abord, la première chose, c'est que Bérou avait prévu de réduire de 60 milliards d'euros les dépenses publiques.
12:46Et ça n'est pas ce qui existe à l'arrivée.
12:49Donc, c'était une austérité.
12:51Et donc, notre intervention a bien permis,
12:53on n'est pas du tout à la copie initiale,
12:55a bien permis des progrès en la matière
12:58et d'éviter de donner un coup de masse sur la tête des Français,
13:01sur la tête des plus fragiles.
13:03Deuxièmement, on peut espérer une présidentielle anticipée.
13:06Moi, si le chef de l'État nous disait,
13:09comme l'a proposé un de ses amis,
13:11enfin, je ne sais plus si c'est son ami, Édouard Philippe,
13:13de démissionner après la séquence budgétaire,
13:17très bien, mais je n'ai pas d'illusion.
13:18Et je ne veux pas prendre mes désirs pour des réalités.
13:21Il y a des échéances constitutionnelles.
13:22La présidentielle, ce sera en 2027.
13:25Et il faudra en 2027 trancher ces débats.
13:27En attendant, on va parler d'un autre sujet qui fâche,
13:30les ZFE pour zones à faibles émissions.
13:33Ces zones qui interdient la circulation des voitures
13:35les plus polluantes dans les métropoles.
13:38Leur suppression a fait l'objet d'un compromis
13:40entre députés et sénateurs.
13:42Mais coup de théâtre,
13:43eh bien le gouvernement a reporté le vote final.
13:46Stéphanie Despierre.
13:4728 mai 2025, à la surprise générale,
13:56l'Assemblée nationale vote la fin des ZFE,
13:59les zones à faible émission.
14:01L'un des amendements les plus controversés
14:03du projet de loi de simplification.
14:06Réunis en commission mixte paritaire,
14:08députés et sénateurs confirment la suppression de ces zones
14:11qui empêchent les véhicules les plus polluants
14:14d'accéder aux métropoles.
14:15Un dernier vote était à l'ordre du jour cette semaine
14:18dans chaque chambre.
14:19Mais coup de théâtre,
14:20le gouvernement a décidé de le reporter.
14:23À l'Assemblée nationale, il est clair,
14:25il ne peut que constater que ce texte ne va pas passer.
14:29Et donc plutôt que d'envoyer un texte,
14:30pardon de le dire de manière un peu triviale,
14:33au casse-pipe à l'Assemblée nationale,
14:34il nous semblait plus opportun
14:37d'essayer de trouver un accord en amont.
14:40Les défenseurs des ZFE saluent une bonne nouvelle.
14:43Nous sommes parfaitement opposés à ce texte.
14:45J'entends l'argument démocratique,
14:47mais considérant qu'il va vraiment dans le mauvais sens,
14:49on ne va pas, nous socialistes, nous rouler par terre
14:51parce qu'il n'arrive pas à l'ordre du jour.
14:52Je pense qu'il faut prendre l'acte.
14:53Le gouvernement n'a pas beaucoup de courage en ce moment.
14:55Il doit avoir un courage, celui de ne pas inscrire ce texte
14:58à l'ordre du jour.
14:59En première ligne de la contestation contre les ZFE,
15:02le RN dénonce une décision antidémocratique.
15:04Vous avez arbitrairement désinscrit le vote final sur ce texte très attendu
15:09et c'est une forfaiture démocratique,
15:12une dérive illibérale de ce macronisme autoritariste.
15:16Le gouvernement remettra-t-il le vote à l'agenda
15:18ou abandonnera-t-il complètement ce projet de loi sur la simplification ?
15:23Le Premier ministre recevra les présidents de groupes parlementaires
15:26la semaine prochaine pour en parler.
15:29Claire Lejeune, reporter un vote sur un projet de loi comme celui-ci
15:33pour tenter de trouver un compromis sur une mesure
15:35qui entérine un recul écologique, c'est normal ?
15:39Alors déjà, cette mesure sur les ZFE,
15:43elle est inclue dans un texte bien plus large
15:46sur lequel on a beaucoup travaillé
15:48parce qu'il y a un très grand nombre d'articles
15:50et qui inclut le détricotage du zéro artificialisation nette,
15:56par exemple, des mesures de régression écologique.
15:59Bon, on voit que maintenant que le gouvernement a retiré le masque
16:02du gouvernement qui respectait l'Assemblée, il y va...
16:06Cette mesure, c'est celle qui suscite le plus de colère.
16:08Oui, bien sûr, mais sur ça,
16:10il y a bien sûr une anormalité dans le fait de désinscrire un vote.
16:15Après, sur cette mesure sur les ZFE,
16:17c'est une mesure qui suscite énormément de tensions
16:20d'opposition et nous, depuis le départ, nous y sommes opposés,
16:24mais nous sommes par ailleurs opposés
16:26à l'ensemble du texte de simplification de la vie économique.
16:31Donc, on n'aurait pas voté favorablement à ce texte,
16:33même s'il incluait la suppression d'une mesure
16:36contre laquelle on se bat depuis toujours.
16:38Mais vous dites quand même, reporter le vote,
16:40c'est anormal du point de vue de la démocratie.
16:41C'est anormal en termes de pratiques institutionnelles,
16:43mais s'il n'y avait que ça en ce moment, écoutez...
16:44Bernard Jaumier, quand il y a eu un accord entre députés et sénateurs,
16:47notamment sur cette suppression des ZFE,
16:50reporter le vote, c'est antidémocratique ?
16:52Tout simplement, est-ce que le gouvernement n'est pas d'accord ?
16:54Surtout, il faut parler du fond, de la mesure...
16:56À un moment, on peut quand même réaliser
16:59que ce vers quoi on allait est catastrophique
17:03pour la santé publique et pour l'écologie.
17:06Et j'ai bien entendu la présidente du groupe écologiste,
17:09d'ailleurs, qui soutient le fait que...
17:11Non, on remet, on va dire, l'ouvrage sur le métier.
17:15On le remet d'autant plus que c'est une mesure
17:17qui concerne une quarantaine d'agglomérations,
17:19qu'il va y avoir des élections municipales,
17:22et qu'il faut entendre ce que les élus de ces agglomérations disent.
17:26Mais le gouvernement a eu peur à cette semaine.
17:28Non, mais le gouvernement n'a pas de tête.
17:30Le gouvernement, c'est un canard sans tête, actuellement,
17:32qui va au gré de on ne sait pas trop quoi.
17:36Ça permet de porter le débat dans la campagne municipale ?
17:38Mais évidemment, les habitants des grandes agglomérations
17:42subissent, eux, majoritairement, la pollution de l'air.
17:4540 000 morts en France, dans ma région,
17:48dans l'île de France et à Paris.
17:50Ce sont plusieurs milliers d'enfants
17:51qui décèdent chaque année de la pollution de l'air.
17:53Enfin, on oublie ce chiffre-là.
17:55La ZFE est un des outils de lutte contre la pollution de l'air.
17:59Ça a prouvé que c'est efficace.
18:01C'est-à-dire, avant que la loi sur la ZFE soit promulguée en 2015,
18:05il y avait presque 20% de véhicules très polluants dans notre pays.
18:09Il en reste 4%.
18:10Il y a une question sociale qui se pose,
18:12et il faut y répondre.
18:13Mais il faut y répondre, on y reviendra peut-être,
18:15par d'autres alternatives.
18:17Certainement pas en jetant le bébé avec l'eau du bain.
18:19Claire Lejeune, est-ce que vous entendez ces arguments quand même ?
18:22Là où ça a été mis en place,
18:23ces zones à faible émission ont permis de faire diminuer la pollution.
18:28Et donc, c'est bon pour la santé publique.
18:30Il y a des chiffres précis qui disent qu'elles sont efficaces.
18:32Vous l'entendez ?
18:33Alors, le problème de santé publique sur la pollution de l'air,
18:36il est évident.
18:36Vous avez rappelé le nombre de morts que ça provoque tous les ans.
18:39Mais quand on a un problème de santé publique,
18:43les macronistes ont décidé d'y répondre par cet outil
18:45qui est un outil d'exclusion sociale.
18:48Et nous, on porte une écologie populaire.
18:49C'est-à-dire qu'on va mettre en avant des mesures
18:52qui permettent de rendre compatibles les intérêts sociaux
18:54et les intérêts écologiques.
18:56Les ZFE, aujourd'hui, dans une situation
18:58où ce gouvernement n'a pas été capable
19:00de mettre l'investissement qu'il fallait
19:02pour le développement des transports en commun,
19:04dans une situation où ce gouvernement n'a pas été capable
19:06de soutenir le développement d'une filière automobile,
19:09française, souveraine,
19:10et de mettre la pression sur les constructeurs.
19:12C'est ça la solution pour vous, les alternatives aux ZFE ?
19:14Oui, bien sûr qu'il faut voir les ZFE.
19:17Nous, on avait proposé, par exemple,
19:19d'instaurer un moratoire sur les ZFE
19:21conditionné au fait que le développement
19:24des transports en commun soit assuré
19:26et que l'accès à la voiture électrique soit assuré.
19:30Aujourd'hui, on a un énorme retard
19:31sur le développement des transports en commun
19:33et c'est la responsabilité des gouvernements successifs
19:35d'Emmanuel Macron.
19:36et on a également un énorme retard
19:39sur l'électrification et la décarbonation
19:42des mobilités automobiles
19:43à cause du désastre de la politique industrielle
19:46qui se mène depuis plusieurs années.
19:47Bernard Jaumier, ce débat sur les ZFE,
19:49il fait un peu penser à la crise des Gilets jaunes,
19:51c'est-à-dire que par une mesure écologique,
19:52on va fabriquer de l'exclusion sociale.
19:55On ne fabrique pas d'exclusion sociale avec les ZFE.
19:58Il peut y avoir un impact social,
20:00mais je rappelle que les premières victimes
20:01de la pollution de l'air,
20:02ce sont les classes sociales les plus défavorisées,
20:05que les études ont montré
20:06qu'entre des enfants qui vivaient une pollution
20:10dans un quartier populaire
20:12et des enfants qui vivaient la même pollution
20:14dans un quartier favorisé,
20:15les premiers avaient plus de conséquences pour la santé.
20:18Pourquoi ?
20:19Simplement parce que les parents
20:20ont la capacité de mettre en œuvre
20:22des phénomènes d'échappement et de compensation.
20:24Bref, il y a, moi je suis tout à fait d'accord,
20:27les outils alternatifs sont fondamentaux.
20:30Et justement, des élus locaux
20:31mettent en place des politiques.
20:33À Paris, les écologistes ont porté la ZFE.
20:36Elle existait bien avant que les macronistes ne naissent
20:39et bien avant qu'ils meurent bientôt.
20:41Eh bien, ce sont les écologistes qui ont porté cette mesure-là.
20:44Le maire de Montpellier a mis en place la gratuité
20:47des transports en commun.
20:49Le maire de Rouen a mis en place la gratuité
20:52du covoiturage.
20:53Donc, des dispositifs sont pris.
20:55Et il faut, ça je suis tout à fait d'accord,
20:57mettre en place un leasing social
20:59sur les véhicules électriques.
21:01100 à 150 euros par mois, ça devrait se faire au niveau européen
21:04avec un engagement de l'Europe.
21:06Voilà.
21:06Et donc, il est sage de reporter ce vote.
21:07Mais on garde quand même les défauts,
21:09même si c'est injuste socialement.
21:10Elles ne sont pas injustes socialement
21:12puisqu'elles protègent les plus fragiles.
21:14La réponse de Claire Lejeune.
21:15Oui, alors, je pense que s'il y a eu une majorité d'élus
21:20qui sont quand même au contact de leurs concitoyens
21:22et qui entendent tous les jours les expressions
21:27sur les impacts et les effets sociaux négatifs des ZFE,
21:31c'est que c'est une réalité.
21:32C'est une réalité en termes d'exclusion sociale.
21:35Et moi, je ne suis pas pour qu'on avalise des instruments
21:37qui sont des mauvais instruments pris isolément
21:40des autres politiques publiques qu'il faudrait mettre en place
21:42juste parce que c'est tout ce qu'on a sous la main
21:44et que c'est tout ce que le gouvernement veut bien nous donner.
21:46Il y a un autre outil quand même, le bonus écologique.
21:49Il est en hausse l'an prochain jusqu'à 5700 euros de primes.
21:52On a vérifié pour s'acheter une voiture électrique.
21:54Ça va quand même dans le bon sens, cette hausse ?
21:56Oui, ça va légèrement dans le bon sens.
21:59Après, un historique sur l'aide à l'électrification
22:02du parc automobile qui est une catastrophe.
22:05On a eu un leasing social qui a été annoncé
22:07puis retiré au bout de deux mois.
22:09Et surtout, il n'y a aujourd'hui de la part du gouvernement
22:12aucune pression mise sur les constructeurs français
22:15pour développer des véhicules qui seraient légers, petits
22:18et qui seraient accessibles en termes de prix.
22:20Parce qu'aujourd'hui, c'est à 5700 euros cette hausse.
22:24Je pense que c'est pour la tranche la plus élevée,
22:26donc les ménages les plus modestes.
22:285700 euros pour acheter des véhicules
22:30qui souvent sont autour des 30 000 euros.
22:33Un ménage précaire, ça ne l'aide absolument pas
22:36à sauter le pas de l'achat d'un véhicule électrique.
22:39Donc, vous vous rendez bien compte que pour, par exemple,
22:41un ménage qui habite en périphérie,
22:43qui n'a pas la desserte en transport en commun
22:45et qui n'a pas, malgré ces petites hausses,
22:48la possibilité d'acheter un véhicule électrique
22:51ou un véhicule plus propre,
22:53vous voyez bien qu'il est dans une impasse
22:54du point de vue de ses mobilités.
22:56Donc, le débat sur les ADF.
22:57Bernard Jomier, les zones à faible émission
22:59sont censées inciter à aller acheter une voiture électrique,
23:02à accélérer la transition du parc automobile.
23:05Mais aujourd'hui, c'est un luxe quasiment
23:08de s'acheter une voiture électrique.
23:09C'est un privilège.
23:10La voiture électrique est bien trop coûteuse
23:12et malheureusement, là aussi, le leasing,
23:14vous l'avez rappelé, qui avait été mis en place
23:16par le chef de l'État, a été détricoté,
23:19a été arrêté, puis reprend maintenant,
23:21mais sur une version complètement dégradée.
23:23Il est clair que si on veut que la population
23:27adhère à la politique de transition écologique,
23:31qui est indispensable pour préserver notre santé
23:33et notre environnement, il faut lui donner les moyens,
23:37notamment, de pouvoir avoir une mobilité satisfaisante,
23:41donc de se déplacer.
23:42Je rappelle que vous mentionniez les gilets jaunes.
23:46Les gilets jaunes étaient une révolte
23:48à fortes questions sociales,
23:51ancrées dans des territoires
23:52qui ne sont pas ceux des métropoles.
23:57Or, ce ne sont que 40 métropoles au maximum
24:00qui sont concernées par les ZFE.
24:02Et la mobilité, la réponse dans ces métropoles,
24:05ça doit bien être de mettre à disposition
24:07des transports en commun, une offre importante,
24:10et pour ceux qui ne peuvent pas se passer de la voiture,
24:12effectivement, une aide à l'acquisition
24:14d'un véhicule électrique.
24:14Mais, pardon, le mythe de l'ouvrier
24:17qui prend le périphérique parisien
24:19avec un vieux diesel,
24:21c'est quasiment une existence.
24:23La réalité, c'est que ce sont des CSP+,
24:25qui défendent leur égoïsme.
24:27Vous entendez ces arguments de...
24:28Ah non, je ne peux pas les entendre
24:30parce que, par exemple, mon père,
24:32qui était ouvrier électricien,
24:33qui travaillait, on habitait dans l'Essonne
24:36et lui travaillait sur divers chantiers
24:38en Ile-de-France,
24:38typiquement, pour emmener ses outils au travail,
24:41il était obligé de prendre la voiture.
24:44Et donc, typiquement, vous voyez,
24:45c'est le genre de cas qui existe
24:46et ce n'est absolument pas un mythe.
24:48C'est une réalité très, très concrète
24:49pour plein de gens.
24:51Et d'ailleurs, oui, c'est à l'échelle
24:52de la métropole.
24:53Mais en fait, la ZFE,
24:54elle vient contrôler l'accès à la métropole.
24:58Ça veut dire que c'est bien pour les gens
24:59qui arrivent de l'extérieur de la métropole.
25:01Donc, bien sûr que ça concerne
25:02pas que les métropolitains,
25:03mais ça concerne, en termes d'accès à la mobilité,
25:06ça concerne les personnes
25:06qui souhaiteraient venir dans la métropole
25:08depuis l'extérieur de la métropole.
25:10C'est le principe de la ZFE.
25:11Donc, l'argument ne tient pas
25:13de ce point de vue-là, à mon sens.
25:14Et c'est la fin de cette émission.
25:15Merci à tous les deux
25:16d'avoir participé à ce débat.
25:17Merci à tous d'avoir suivi cette émission.
25:19Ciao, ciao.
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