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  • il y a 15 heures
En Seine-Saint-Denis, avec le sénateur Fabien Gay Avec son histoire ouvrière et ses nombreuses cités sorties de terre dans les années 60-70, la Seine-Saint-Denis est l'un des départements les plus pauvres de France. Ne jouissant pas d'une bonne réputation, le « 9-3 » comme on le surnomme, a, en la personne du sénateur communiste Fabien Gay, l'un de ses plus ardents défenseurs. Il a à coeur de démontrer à Rebecca Fitoussi toute la vitalité du département qui, ne l'oublions pas, héberge quelques fleurons comme le Stade de France, à Saint-Denis, ArcelorMittal, Eiffage ou encore des studios pour le ciné et la télévision. Installés dans le cadre somptueux de la piscine Alice Milliat à Pantin, Rebecca et Fabien Gay vont nous faire découvrir également trois artisans et entrepreneurs du cru. Alaric Chagnard fabrique des masques de scène en bois qui sont utilisés par des troupes de théâtre ; Fatimata Sy crée des vêtements et des maillots de bain inclusifs et écoresponsables ; quant à la société Diamantino Quintas, elle est la dernière en France à perpétuer un savoir-faire du siècle dernier : le tirage photo argentique. Année de Production :

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Transcription
00:00Générique
00:29Bienvenue dans 1000 Pays pour Demain, bienvenue en Seine-Saint-Denis, au nord-est de Paris.
00:34Département que vous connaissez sûrement de nom ou de réputation.
00:38Le fameux 9-3, comme certains l'appellent, avec son histoire ouvrière, ses cités, la diversité des origines de ses habitants.
00:45Mais je suis sûre qu'il y a tout un tas de choses que vous ignorez sur ce département.
00:50Par exemple, qu'il est très dynamique et que près de 20 000 entreprises sont créées ou reprises ici chaque année.
00:56Ou encore qu'il y a des pôles économiques majeurs dans le transport, dans l'industrie aéronautique, dans l'audiovisuel, dans la sidérurgie.
01:05Ici, vous avez ArcelorMittal, Eiffage, Air France, Aéroport de Paris, cela représente des milliers d'emplois et des millions d'euros de chiffre d'affaires.
01:14Et puis, comme toujours et comme partout où l'on vous emmène dans cette émission, il y a des petits entrepreneurs méconnus, mais plein d'idées et plein d'énergie.
01:21On va vous en présenter quelques-uns. On rejoint d'abord le sénateur qui va nous accompagner, très attaché au département qu'il a accueilli après une jeunesse en Gironde.
01:291000 pays pour demain en Seine-Saint-Denis, c'est parti !
01:32Bonjour Fabien Guay, merci de nous accueillir sur vos terres.
01:36La Seine-Saint-Denis, une terre d'adoption pour vous, puisque vous êtes né et vous avez grandi à Bordeaux.
01:41Vous êtes sénateur communiste, vice-président de la Commission des affaires économiques.
01:45On est dans un lieu un peu original pour un tournage, c'est une piscine, on est à Pantin.
01:50C'est une piscine qui porte le nom d'une grande sportive, surtout d'une militante pour la reconnaissance du sport féminin au niveau international.
01:59Il s'agit d'Alice Mia, donc on est à la piscine municipale d'Alice Mia à Pantin.
02:04Est-ce que vous étiez déjà venu, est-ce que vous connaissiez ce lieu ?
02:06Non, je n'étais jamais venu, elle a été refaite en 2022, je n'avais pas eu l'occasion.
02:10Et je trouve très important qu'on soit là parce qu'on est à un an après les JO, les Jeux Olympiques et Paralympiques,
02:17qui ont eu lieu à Paris mais beaucoup en Seine-Saint-Denis.
02:20La Seine-Saint-Denis s'est profondément modifiée et on a un retard.
02:24Un enfant sur deux en sixième ne sait pas nager en Seine-Saint-Denis et on a un retard d'équipement.
02:28Il y a encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire et ce département a vocation à mettre aussi en lumière des femmes.
02:37Parce que aussi c'est dans les noms que l'on donne aux bâtiments publics aux rues.
02:4185% des bâtiments publics ou des rues sont des noms masculins.
02:45Donc il y a une politique de féminisation et tant mieux.
02:48On va entrer dans le vif du sujet, Fabien Guay, on va évacuer tout de suite les questions qui fâchent.
02:53La Seine-Saint-Denis c'est un taux de chômage à plus de 10%.
02:55C'est l'un des plus élevés de France métropolitaine.
02:57Taux de pauvreté aussi important, le plus élevé également.
03:00Mais tout cela est en train de bouger, on a l'impression que c'est un département qui est extrêmement dynamique.
03:05Est-ce que c'est le cas ? Est-ce que je me trompe ?
03:06Moi c'est mon département, vous l'avez dit, d'adoption.
03:09Moi je l'ai choisi, ce département.
03:11Qu'on ne le connaît pas, on en a une fausse opinion, il est souvent stigmatisé.
03:15Beaucoup d'a priori sur la Seine-Saint-Denis.
03:16Beaucoup d'a priori, stigmatisé, discriminé.
03:19Moi je suis un enfant des quartiers populaires à Bordeaux,
03:21et quand je suis venu ici, je me suis trouvé à ma place.
03:24C'est un département monde.
03:25Il y a quasiment toutes les nationalités du monde qui sont ici représentées.
03:29Ça fait un mélange extraordinaire.
03:30Puis c'est un département jeune, c'est un département dynamique, c'est un département qui se transforme.
03:35Il y a une énergie particulière, notamment des entrepreneurs qui ont envie de défendre leur territoire
03:39et montrer que c'est autre chose que l'identité.
03:41Oui, c'est un département qui a une soif d'égalité républicaine.
03:45On ne demande pas plus qu'ailleurs, on demande l'égalité républicaine.
03:49Alors Fabien Guerre, on va commencer notre petit tour des entreprises de Seine-Saint-Denis.
03:52Et puisque le département regorge aussi de théâtre, de studios, de salles de spectacle,
03:57on s'est intéressé à un artisan qui participe activement à cette économie culturelle.
04:02Il s'appelle Alaric Chagnard.
04:04Il fabrique des masques de Seine en bois.
04:06Il sculpte toutes ses pièces à la main.
04:09Son savoir-faire lui permet de travailler avec plein trou de comédiens et des compagnies internationales.
04:13Son histoire et son quotidien s'écrivent entre Pantin et Aubervilliers.
04:16Et lui aussi, il sait assurer le spectacle.
04:18On va voir ça en son.
04:19Celui-là, j'aime bien.
04:23C'est Batrakos.
04:24Ça, c'est un masque en bois, c'est un masque en chaîne.
04:27Voilà, qui a un masque entier, qui m'a demandé pas mal de travail.
04:42Après, il peut y avoir d'autres personnages.
04:45Par exemple, Raoul.
04:50Voilà, moi, c'est Raoul.
04:52Enchanté.
04:53Je suis très content d'être à Public Sénat en ce moment.
04:55Alors, bonjour au plateau.
04:57Bonjour à monsieur le sénateur, à la journaliste.
05:00Voilà, ça, c'est un masque en pain d'arolle.
05:04Le pain d'arolle, c'est un pain suisse.
05:06Et c'est le bois qui est utilisé pour le carnaval.
05:10Il y a des choses beaucoup plus petites en termes de masques,
05:13mais qui fonctionne aussi.
05:14Ça, c'est un élèvre.
05:17Mais qui donne pas du tout la même chose, vous comprenez ?
05:19Nous ne sommes pas du même milieu social.
05:22Voilà.
05:22Alors, je suis content d'être à Public Sénat également,
05:25mais pas pour les mêmes raisons.
05:26Je trouve que pour bien comprendre cet objet,
05:29il faut aussi le vivre de l'intérieur.
05:31Et on va d'autant mieux créer,
05:33se dire, tiens, cette forme-là, oui, ça marche.
05:35Peut-être que je peux aller plus loin en termes de sculpture.
05:37Parce que je l'ai chaussée, j'ai vu ce que ça donnait.
05:39Le travail du créateur de masques,
05:48c'est aussi un travail d'interprétation du texte,
05:50d'interprétation du personnage.
05:52Il est force de proposition.
05:53Ça, c'était un masque que j'avais fait pour Richard III.
05:56Voilà.
05:56Pour Shakespeare.
05:57Ça, c'est le méchant.
05:59Le très, très méchant.
06:00Voilà.
06:02Donc là, ça, c'est l'étape de la sculpture.
06:07C'est vraiment l'étape où se fait le personnage, quoi.
06:14L'arcade sourciliaire est toujours importante
06:16pour caractériser le personnage.
06:21Après, il faut le regarder avec la lumière,
06:23comment ça joue.
06:25La sculpture n'est pas du tout terminée.
06:27Mais l'idée, après, c'est de venir faire un moulage,
06:37comme ceci, en deux parties,
06:42en bande de plâtre, en plâtre ou en silicone.
06:45Et là, j'ai mon masque en négatif.
06:48Et de ce négatif, je vais tirer un positif
06:50qui sera, pour le coup, le masque définitif.
06:53Voilà.
06:53Ça, c'est un masque que j'ai tiré en positif.
06:57Alors, pas sur celui-là.
06:58Mais là, on a la sculpture de base, on va dire.
07:03Maintenant, celui-là,
07:05il faut le faire, si on les retouche.
07:08Un petit pinceau.
07:10Hop.
07:12Donc ça, c'est un demi-masque
07:14pour la compagnie Sublime Théâtre,
07:17pour le personnage de Nyx,
07:19qui est la déesse de la nuit
07:20et qui, dans le spectacle,
07:23est la vieille grand-mère
07:24qui raconte des histoires de la mythologie.
07:29Je rajoute un petit jus assez clair
07:30autour des yeux
07:31qui va permettre d'éclairer
07:34un peu le regard du personnage
07:37parce que c'est celle
07:39qui a tout vu,
07:41donc qui a été témoin
07:42d'un peu toutes les histoires mythologiques.
07:44Je travaille le papier,
07:46le bois, le tissu,
07:48parfois des résines thermoformables.
07:50En fait, je vais m'adapter
07:51un peu à l'esthétique du spectacle
07:54pour lequel je vais travailler.
07:57Je mets au moins une bonne semaine de travail
07:59sur un masque en bois.
08:03Avec qui j'ai commencé à travailler ?
08:05Oh là là, je ne sais pas.
08:06Moi, je ne me souviens plus.
08:07C'était il y a longtemps.
08:08Je dois réfléchir.
08:12Je vais demander à mon copain.
08:14Alaric, il a commencé
08:15dans les années 2010
08:17à être dans le quartier.
08:18Moi, je me souviens.
08:20Il est arrivé avec ses petites gouges,
08:22son bois, ses pigments, tout ça.
08:27Et aujourd'hui, Alaric,
08:28il est content de ce qu'il fait ?
08:29Il est content.
08:30Il est content de pouvoir faire
08:31ce métier qui est beau
08:34parce qu'il mélange plein de choses.
08:36C'est un métier qui est à la frontière,
08:37entre la sculpture et le théâtre.
08:42Après, Alaric, il aimerait bien
08:45que d'une part,
08:47le métier soit davantage reconnu.
08:49Il n'y a pas de lieu
08:50véritablement de pédagogie
08:51où on peut apprendre
08:52les arts du masque, on va dire.
08:55Donc, il manquerait ce relais-là
08:57qui va être à la fois un relais
08:58peut-être de préservation des savoir-faire
09:00et en même temps
09:01de transmission des connaissances.
09:05Sacré personnage,
09:06ce Alaric Chagnard.
09:07Merci à lui pour toutes ces petites
09:08mises en scène.
09:09On le salue.
09:10Et puis, on va lui répondre surtout.
09:12Pas vraiment de lieu
09:13pour transmettre les arts du masque,
09:14nous dit-il.
09:15C'est vrai que ce sont des métiers
09:16assez confidentiels
09:17dont on entend assez rarement parler,
09:19qu'ils ne sont pas vraiment représentés
09:21dans les salons de l'étudiant,
09:22par exemple,
09:23ou que les conseillers d'orientation
09:24ne conseillent pas aux jeunes
09:26dans les lycées.
09:27C'est un peu dommage
09:27de ne pas orienter les jeunes
09:29aussi vers ces arts-là
09:30et ces métiers-là.
09:31Bien sûr, on a besoin de soutenir
09:33les artisans de l'art et de la création.
09:37C'est indispensable.
09:38Je vous le disais tout à l'heure,
09:39je suis d'une génération,
09:40j'ai 41 ans,
09:42où lorsqu'on se destinait
09:44à des métiers manuels,
09:45c'était finalement la voie de garage.
09:47C'était mal vu.
09:48Les choses sont en train de bouger,
09:49sur l'alternance,
09:50et c'est tant mieux.
09:52Il en faut de tout le monde.
09:53Et avoir un beau métier manuel,
09:56c'est très bien.
09:57La culture, les loisirs, le sport
09:59doivent être au centre
10:00de mes politiques
10:01sur la question de l'émancipation.
10:02Il y a un plan même,
10:03en Seine-Saint-Denis,
10:04Cap 2030,
10:05avec une enveloppe importante,
10:0750 millions d'euros.
10:08Oui, bien sûr,
10:09mais il y a besoin de soutenir.
10:10Là, juste à côté de la piscine,
10:13il y a le conservatoire Jacques-Diglin,
10:14donc les conservatoires,
10:15les théâtres,
10:16municipaux, départementaux,
10:18un rayonnement national.
10:18Ça aide l'être près de Paris aussi,
10:20j'imagine.
10:21Bien évidemment,
10:21mais on est dans un département
10:23qui fourmille.
10:24Et moi, je le redis,
10:25je viens d'une famille
10:26très populaire, ouvrière,
10:29et d'avoir eu accès
10:30à la culture assez jeune,
10:33grâce à des politiques publiques
10:34ambitieuses.
10:35Ça peut changer mieux.
10:36Ça change un parcours.
10:37Évidemment.
10:38On ne changera pas le monde
10:39si chaque citoyen et citoyenne
10:41n'est pas émancipité
10:42et ne pense pas par soi-même.
10:44Je voudrais maintenant
10:44vous présenter
10:45une entrepreneuse inspirante,
10:47elle aussi,
10:47Fatima Tassi.
10:48C'est une femme de conviction,
10:50inventive, déterminée.
10:51Son engagement, elle,
10:52passe par la création
10:53de vêtements et de maillots de bain.
10:55Les siens sont inclusifs
10:56et éco-responsables.
10:58Donc, même si on n'a pas
10:58les mensurations d'un mannequin,
10:59elle vous fabrique
11:00ce qu'il faut pour vous habiller.
11:02Et cerise sur le gâteau,
11:03sa démarche,
11:04c'est zéro stock
11:05et zéro déchet.
11:06Elle nous explique
11:07comment elle fait.
11:08Elle est à Montreuil.
11:10Là, on est en plein cœur
11:11de Montreuil.
11:12Donc, on voit le petit
11:13stand de pétanque là,
11:14les bancs un peu partout.
11:16Le théâtre.
11:16Bon, ça,
11:16il y a pas mal de théâtre
11:17sur Montreuil.
11:18Je pense que de ce côté-là,
11:19on est servi.
11:19Et puis, tous les petits cafés
11:21qui font le tour de la place.
11:28Je sors toujours
11:29un peu mon portant
11:30parce qu'après,
11:31moi, je vais travailler derrière.
11:33On ne me voit pas forcément.
11:34Et du coup,
11:34les gens savent
11:35que la boutique est ouverte.
11:39Je suis d'origine sénégalaise.
11:40Les femmes sénégalaises
11:41sont réputées
11:42pour leur chic,
11:43la mode, etc.
11:44Donc, moi, déjà,
11:45j'ai su très rapidement
11:46que c'est le métier
11:47que je voulais faire.
11:48Je me suis installée
11:49à Montreuil
11:50il y a 18 ans
11:51et la boutique,
11:52je l'ai eue vers
11:52il y a 10 ans.
11:53Ça, c'est bon.
11:56J'ai une commande
11:57pour une robe
11:58pour une cliente.
12:01Donc, en général,
12:01je me mets sur ma petite table
12:02et puis je dessine
12:0310 minutes,
12:04un quart d'heure.
12:05Je réfléchis toujours
12:06en termes de morphologie.
12:08Là, par exemple,
12:10je pense que ça peut être joli
12:12d'avoir un donu.
12:13Elle a un petit buste
12:15et puis elle est grande.
12:18sache que ça peut être
12:19pas mal
12:20et je vais réfléchir
12:21à une option
12:22moins découverte,
12:23peut-être.
12:25J'adore le corps
12:26de la femme.
12:27J'aime bien marquer
12:28ce qu'on a envie
12:29plutôt de cacher
12:29quand on grossit,
12:31les hanches,
12:32les fesses,
12:33etc.
12:33Alors que je trouve
12:34que c'est ce qui est
12:35le plus joli.
12:37Pour moi,
12:38le zéro déchet,
12:38c'est que je travaille
12:39ma matière jusqu'au bout.
12:41Ça veut dire,
12:42par exemple,
12:43l'exemple le plus prégnant,
12:45c'est que pour les maillus de bain,
12:47une fois que les usines
12:51ont coupé les une pièce,
12:53je leur demande
12:54de me garder les chutes.
12:54Habituellement,
12:55avant,
12:55jeter les chutes de tissu.
12:56J'ai ma boîte
12:57de toutes mes chutes
12:58de mes une pièce
12:58parce que moi,
12:59après, derrière,
13:00je vais faire les triangles.
13:03Et ce que j'aime bien,
13:04c'est les challenges.
13:06Les challenges,
13:07ça, par exemple,
13:07je tombe dessus,
13:08c'était des beach flags
13:09du département
13:10qui étaient suite à un événement.
13:13Ils ne savaient plus
13:13quoi en faire.
13:14Du coup,
13:14ils m'ont tout donné.
13:16Et moi,
13:17j'en ai fait des pochons
13:18que j'offre aux clientes
13:19pour mes maillots de bain.
13:21Et à l'intérieur,
13:21j'ai mis un tissu imperméable.
13:26Donc ça,
13:26c'est un ancien pantalon
13:27que j'adore,
13:28le tissu.
13:29C'est un bleu de travail.
13:30Je vais faire une banane
13:30plutôt sobre.
13:33Elle pourra passer
13:33même pour un garçon.
13:36Par rapport à ce que j'ai coupé,
13:37je regarde
13:37ce qui peut fonctionner ensemble
13:38parce que je pense
13:39à la doublure
13:39et à l'extérieur,
13:41en fait.
13:45Je prépare mes morceaux.
13:48Ça,
13:49c'est mon devant.
13:51Il y a beaucoup
13:52d'étapes de montage.
13:55Tout est pinglé.
13:56C'est ça qui est long
13:56dans la couture.
13:59Donc ça,
14:00tac.
14:01Ensuite,
14:02je fermerai
14:02avec la doublure.
14:03la partie que je préfère,
14:16c'est ça,
14:16quand on retourne tout.
14:21Hop.
14:22Donc la doublure
14:23un peu plus rigolote.
14:24L'intérieur,
14:25toujours deux tissus différents.
14:28Hop.
14:28et puis une poche.
14:29Je rajoute toujours
14:30une petite poche en jean,
14:31dans un jean
14:31que j'ai déstructuré.
14:40On me sourcent
14:41certaines fois
14:42dans des circuits
14:43de seconde main.
14:45Par exemple,
14:45j'achète des lots
14:46de bracelets
14:46que je recouvre
14:47de tissus.
14:49Souvent,
14:49je les achète
14:50dans des organismes
14:52comme Emmaüs,
14:53des types de collectorie.
14:55Il n'y a pas de TVA
14:56sur ces achats-là.
14:58Donc je ne peux pas
14:58récupérer cette TVA.
14:59Par contre,
15:00moi,
15:00je suis imposée
15:00sur la TVA
15:02après avoir travaillé
15:03et transformé.
15:05Donc c'est vrai
15:05qu'un des enjeux,
15:06comme dans l'alimentaire
15:08ou comme dans
15:08certains secteurs
15:09du bâtiment,
15:11c'est d'avoir
15:11peut-être des TVA,
15:13de réfléchir en tout cas
15:14à une TVA moindre
15:16à la revente
15:17pour les acteurs
15:18de la seconde main.
15:21Une TVA
15:22moins élevée
15:23pour les acteurs
15:24de la seconde main.
15:25Voilà une bonne remarque,
15:26je trouve,
15:26de Fatima Tassi.
15:27Qu'est-ce que vous en pensez ?
15:27C'est impossible
15:28d'abaisser la TVA
15:29pour ceux qui participent
15:31à l'économie
15:32de façon
15:33éco-responsable ?
15:35Bon,
15:35vous savez que je suis
15:36l'auteur d'un rapport
15:36sur les aides publiques
15:38de 111 milliards d'euros
15:39à travers plusieurs dispositifs,
15:41notamment des dépenses
15:42pistelles.
15:43Donc moi,
15:43je suis pour accompagner
15:44les petites et moyennes entreprises.
15:47Je ne suis pas sûr
15:47qu'une nouvelle dépense
15:48fiscale soit
15:49le plus appropriée.
15:51Par contre,
15:51permettre
15:52à des jeunes entrepreneurs
15:53et entrepreneuses,
15:54en l'occurrence,
15:55de pouvoir avoir accès
15:56à du crédit,
15:57de pouvoir avoir accès
15:58à des locaux,
15:59de pouvoir...
16:00Ça, je suis plutôt favorable
16:02sur ça.
16:02Et en même temps,
16:03dans un contexte
16:04où on voit
16:04Cheyenne
16:05s'installer,
16:07installer des boutiques
16:08pérennes
16:08sur le territoire français,
16:09ils sont résilients,
16:10nos artisans,
16:11quand même,
16:11pour résister à tout ça.
16:12Non, mais évidemment.
16:13Non, mais ça,
16:14c'est un combat aussi
16:15que je mène
16:16avec mon groupe.
16:18Franchement,
16:18que BHB
16:19et les Galeries Lafayette
16:21ouvrent
16:22leur boutique
16:24à Chille
16:25est, je le dis,
16:27insupportable
16:27et inacceptable.
16:29Je pense que
16:29nous avons
16:30collectivement
16:32besoin
16:33de faire
16:34la promotion
16:35de nos artisans.
16:36Je préférerais
16:37qu'ils ouvrent
16:37ce qu'on appelle
16:38des corners
16:39à des jeunes
16:40entrepreneurs
16:40et entrepreneuses
16:41comme ça,
16:42en leur permettant
16:42justement,
16:43par exemple,
16:44avec des loyers
16:45très modérés
16:46pendant un mois
16:47pour pouvoir avoir accès.
16:48Fabien Guest,
16:49c'est le moment
16:49de nous faire partager
16:50votre entreprise
16:51coup de cœur.
16:52Vous avez choisi
16:52de nous parler
16:53d'un restaurateur,
16:54je crois,
16:54qui est reparti de zéro
16:55à plus de 35 ans
16:56et son établissement
16:58s'appelle
16:58Alalouche,
16:59Cefard.
17:01Pourquoi ?
17:01Pourquoi cette entreprise ?
17:02Bon, d'abord,
17:03c'est un ami,
17:04je ne le cache pas,
17:05et c'est un jeune
17:07que je connais
17:07depuis extrêmement longtemps.
17:10Il a décidé
17:10à 35 ans
17:11d'arrêter sa carrière
17:13et de se lancer
17:16dans une formation
17:17pour être restaurateur.
17:18Il est reparti de zéro.
17:20Et d'abord,
17:21je veux saluer ce parcours
17:22et il doit être inspirant
17:23pour plein de gens,
17:24c'est-à-dire qu'à tout âge,
17:26on peut se reformer
17:27et trouver une autre voie.
17:29Souffrir une seconde vie ?
17:30Oui.
17:31Mais il faut en avoir
17:32le courage et la volonté
17:33parce qu'il a tout laissé,
17:35il est reparti du CAP,
17:37il a tout réappris.
17:38On a besoin de valoriser
17:40celles et ceux
17:40qui font des produits locaux
17:41du fait maison
17:43plutôt que,
17:44en réalité,
17:45des conserves
17:46ou du surgelé.
17:47Donc lui,
17:47il fait du bon,
17:48du bio,
17:49du local.
17:50Donc je trouvais
17:50que l'histoire était belle
17:51et le restaurant est bon.
17:52Donc je vous invite.
17:53Allez-y,
17:54chapeau à lui
17:54et on le salue.
17:55On va maintenant se plonger
17:56dans un univers
17:57qui tente à disparaître
17:58et je trouve que c'est
17:58assez dommage.
17:59C'est le tirage
18:00de photos argentiques.
18:02Une technique de développement
18:03de photos à l'ancienne
18:04qui passe par un processus
18:06photochimique,
18:06je ne vous l'expliquerai pas,
18:07mais bon.
18:08Et bien sûr,
18:08à l'heure du numérique,
18:09très peu le pratiquent encore.
18:11C'est pourtant le cas
18:12de Diamantino Quintas.
18:14Il est le seul maître artisan,
18:16tireur,
18:17filtreur de France
18:18et il est à Bagnolet.
18:19Son savoir-faire
18:20est tellement reconnu
18:21qu'il a travaillé
18:22avec des artistes
18:22comme Agnès Varda,
18:24J.R.,
18:25Raymond Depardon.
18:26On vous le présente
18:27et on en parle après.
18:28Alors ici,
18:29nous sommes dans le quartier
18:30des Coutures
18:31à Bagnolet.
18:32Nous avons trouvé
18:33un espace magnifique
18:34avec toutes les conditions
18:35pour avoir un bel atelier.
18:37L'accueil, c'est important.
18:43Nous avons des clients
18:43qui viennent de très loin
18:44et dès qu'ils franchissent
18:47le portail,
18:48ils se sentent déjà
18:48un peu comme dans une bulle.
18:50Nous avons aussi des chats
18:51qui apportent un peu
18:53de douceur.
18:58Notre activité demande
18:59beaucoup de place
19:00pour faire des très grands formats,
19:03faire de la couleur,
19:04de noir et blanc.
19:04Donc, je vais voir
19:07les tests qu'on a fait.
19:12On va refaire un test
19:14avec peut-être
19:19un demi-déphragme.
19:24On est contraint
19:24de se mettre dans le rouge
19:25pour pouvoir travailler le papier
19:27parce que le papier,
19:28il faut qu'il ne le voit
19:29que l'image à développer.
19:32Là, j'expose le papier
19:34et la lumière va agir
19:38sur ces petits grains d'argent
19:39qu'il y a dans le papier.
19:43Et après, ça se passe
19:44juste derrière,
19:45dans le bac de révélateur.
19:50Et c'est toujours
19:50un moment assez magique
19:51de voir l'image apparaître
19:52au fur et à mesure.
19:53On passe au bain suivant.
20:02Le bain d'arrêt,
20:03il sert,
20:03on le sonne en indique,
20:04à arrêter le révélateur,
20:07le temps précédent.
20:14Le fixateur,
20:15c'est un produit
20:16qui insensibilise
20:17le papier de la lumière.
20:18Ça, c'est bon.
20:28On laisse ceci.
20:30Donc ça, c'est un travail
20:31que nous sommes en train
20:32de faire
20:32pour une artiste photographe
20:35danoise,
20:39pour une exposition
20:41qui va avoir lieu
20:42dans un musée
20:44à Amsterdam.
20:49Nous recevons
20:49beaucoup de photographes,
20:51bien évidemment français,
20:53mais aussi
20:54beaucoup de monde
20:56qui vient de l'étranger.
21:00Ça demande aujourd'hui
21:01pour pratiquer ces métiers
21:02de cette manière-là,
21:03ça demande beaucoup
21:03d'implication.
21:05Voilà.
21:05Je peux relancer ce test.
21:07Oui.
21:07Et celui-ci,
21:09ça va être là-bas,
21:10s'il vous plaît.
21:11Voilà.
21:12Et de mon côté,
21:14je vais aller au grand format,
21:16relancer le test
21:17de ce tirage.
21:23Nous allons non seulement
21:24jouer sur le côté technique
21:26de couleur et de densité,
21:28mais avec le but
21:29de créer une émotion,
21:31de créer un sentiment,
21:33de toucher le spectateur.
21:35que je mets le passe-vu
21:39dans la grandisseur.
21:46Maintenant,
21:46je vais faire une projection
21:47avec ce qu'on appelle
21:48la lumière blanche,
21:52avec un temps d'exposition
21:54de 30 secondes,
21:55un peu long,
21:56qui me permet ensuite
21:57de composer,
21:58de travailler la lumière.
22:00en éclaircissant
22:02certaines zones
22:03qui sont
22:05trop sombres.
22:07Nous appelons cet outil
22:08que nous fabriquons
22:09nous-mêmes
22:09une badine.
22:12Donc,
22:12c'est vraiment
22:13quelque part,
22:14on peut tailler
22:15la lumière,
22:16en fait,
22:17comme un tailleur,
22:18un tailleur de pierre,
22:19un tailleur de lumière.
22:20Je vais attendre
22:26l'artiste
22:28pour voir avec elle.
22:33On va collaborer,
22:34on va réfléchir
22:35aux couleurs,
22:36aux densités.
22:37Donc,
22:38voilà,
22:39ça,
22:40c'était le premier.
22:42Ça,
22:42j'ai fait une correction,
22:43j'ai enlevé
22:43du magenta.
22:47Moi,
22:48je préfère
22:49celui-ci.
22:52Donc,
22:53comment ?
22:53Est-ce que je vais faire
22:54cela ?
22:55Oui.
23:02Super.
23:05Je pense qu'aujourd'hui,
23:06le plus important
23:07pour que ce métier
23:08perdure vraiment
23:09qu'un jeune
23:10se sente aussi
23:12en sécurité,
23:14c'est qu'on ait
23:14des commandes
23:15publiques
23:16régulièrement.
23:18C'est vraiment
23:18pour faire appel
23:19à nous en tant
23:20qu'experts.
23:21S'il y a
23:22des négatifs
23:23qui sont dans
23:24les archives,
23:25d'un département,
23:26d'une région,
23:27pour faire une exposition,
23:29ce n'est pas normal
23:29que ces négatifs
23:31soient numérisés
23:33et qu'ensuite,
23:34ces institutions
23:35fassent
23:36des tirages numériques.
23:39Parce que c'est un peu
23:40comme quand on restaure
23:42un monument,
23:43il faut des artisans
23:45qui savent,
23:46comme là,
23:46on a vu avec Notre-Dame.
23:49Donc,
23:50si on ne forme pas
23:51des tailleurs de pierre,
23:52on ne pourra pas
23:53travailler la pierre.
23:54Après,
23:54on va dire,
23:54on va faire du béton
23:56ou de l'Avrique.
23:57Non.
23:58Évidemment,
23:59très logiquement,
24:00Diamantino Quintas
24:01nous interpelle
24:01sur le numérique
24:02qui semble faire disparaître
24:04des savoir-faire
24:05comme le sien.
24:06Quel est votre avis
24:07sur le numérique ?
24:07Qu'est-ce qu'on fait ?
24:08C'est vrai que tout le monde s'en sert,
24:09y compris les pouvoirs publics,
24:11il le dit dans le reportage.
24:12Je pense que les pouvoirs publics
24:14ont un rôle
24:15de soutenir,
24:16évidemment,
24:17des artisans comme lui,
24:18par exemple,
24:19sur des grandes expositions.
24:20Alors, évidemment,
24:21Agnès Bardage hier,
24:22dont on connaît,
24:23évidemment,
24:25la renommée nationale
24:26et internationale.
24:28Et donc,
24:28il y aura toujours
24:28des expositions,
24:29on aura toujours besoin
24:30de musées,
24:31il y aura toujours besoin
24:31que la photo soit affichée,
24:33on aura toujours besoin
24:34de livres,
24:35papiers,
24:36avec des photos.
24:37Donc,
24:37il y a toujours un espace,
24:40mais il ne faut pas opposer
24:41les deux.
24:41Et c'est un très beau métier.
24:43Moi,
24:43je me rappelle,
24:44quand j'étais à l'école,
24:45on faisait ça
24:45avec des boîtes de chaussures
24:47en Églopéen à l'époque.
24:49Bon,
24:49on parle de ça
24:50en maternelle,
24:50donc il y a plus de 35 ans.
24:52Mais c'est vrai
24:53que c'est fabuleux,
24:53d'avoir le toucher,
24:55la photo.
24:57Et il fait quand même
24:58des choses
24:58de très grande qualité.
24:59Un dernier petit rituel
25:01avant de se quitter,
25:02Fabien Guay,
25:03si vous deviez nous donner
25:04trois bonnes raisons
25:04de venir installer
25:05notre entreprise ici,
25:07en Seine-Saint-Denis,
25:07ce serait lesquelles ?
25:09C'est un département jeune,
25:11donc avec une,
25:13comme je l'ai dit,
25:14une attractivité,
25:15une solidarité,
25:16une inventivité extraordinaire.
25:18Deux,
25:19on est quand même
25:20au cœur de la France,
25:22l'autoroute A1 et A3,
25:24deux aéroports,
25:25le plus grand des Frances,
25:27voici Charles de Gaulle
25:28et aussi l'aéroport d'affaires,
25:30l'un des plus grands,
25:31avec le Bourget.
25:32Donc,
25:32des infrastructures
25:34qui sont importantes
25:35pour l'économie réelle,
25:37même si je plaide
25:39pour que les transports
25:40du quotidien,
25:40notamment le RERB
25:41que je prends tous les jours,
25:43soient assez rénovés,
25:45mais je pense que
25:45le Grand Paris Express
25:46qui va permettre
25:47de relier l'ensemble
25:49des banlieues
25:51sera extrêmement important.
25:53Et puis,
25:54le dernier,
25:56c'est un département
25:57en pleine transformation,
25:58les Jeux Olympiques
25:59ont beaucoup transformé,
26:01je pense que son image
26:02change aussi,
26:04et puis c'est un département
26:05monge,
26:06je le redis.
26:07Quand vous êtes ici,
26:07vous êtes au cœur du monde
26:09en réalité,
26:10avec toutes ces nationalités,
26:12toutes ces cultures
26:12qui s'entremêlent,
26:14et vous voyagez
26:16en traversant
26:17les 39 lilles
26:18de la Seine-Saint-Denis,
26:19ce n'est pas partout
26:20le cas ailleurs,
26:22donc si vous avez envie
26:22de voyage,
26:23venez ici.
26:24magnifique,
26:24plein de bonnes raisons
26:25de venir en Seine-Saint-Denis.
26:26Merci infiniment,
26:27Fabien Gallet,
26:28de nous avoir accueillis
26:28sur vos terres.
26:29Merci aussi aux équipes
26:30de la piscine Alice Mia
26:32de nous avoir accueillis,
26:33d'avoir accueillis ce tournoi.
26:34Et à vos équipes aussi
26:34qui nous emporent.
26:35On les remercie,
26:36on les salue.
26:36Merci infiniment.
26:38Émission à retrouver en replay
26:39sur notre plateforme
26:39publicsénat.fr.
26:40À très vite, merci.
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