00:00Maxime Liedot.
00:02Vous êtes bien sur Sud Radio à 9h23, c'est l'heure de vous retrouver mon cher Félix Mathieu. Rebonjour.
00:06Rebonjour Maxime, bonjour tout le monde.
00:08Depuis ce matin, vous abordez un sujet qui est très concernant.
00:12C'est près de Marseille, les riverains de l'aéroport de Marignane disent constater de plus en plus d'atterrissages de nuit.
00:18Conséquence, ils réclament un couvre-feu.
00:20Oui, couvre-feu de 23h à 6h du matin.
00:23Ces habitants réclament, je cite, un droit au sommeil.
00:25Et 9 maires de 9 communes, Marseille, Marignane, Cabrias, Vitrolles ou encore notamment les Pennes-Mirabeau,
00:319 maires ont écrit une lettre au préfet des Bouches-du-Rhône pour réclamer un tel couvre-feu aérien.
00:36Le problème, en fait, nous expliquait le journal La Provence cette semaine,
00:40c'est les vols de nuit, le fret, les cargos de marchandises,
00:44mais aussi bien souvent les reports de vols de passagers retardés.
00:48Et pour ça, pour ce dernier point, le dialogue avec les compagnies est compliqué.
00:52Notamment les compagnies low-cost, Ryanair et Volotea qui sont basées sur place à Marignane
00:57et qui doivent faire rentrer leur avion coûte que coûte à la base en cas de retard
01:01pour tout simplement protéger les vols du lendemain.
01:03Et le vrai sujet, c'est que ce phénomène que vous êtes en train de nous décrire
01:06s'est énormément accéléré les dernières années.
01:08Oui, c'est ce qu'affirme l'une des maires co-signataires de cette lettre au préfet
01:12avec qui nous serons dans un instant.
01:13Les vols nocturnes ont augmenté de 60% depuis 2019, selon elle.
01:18Mais les vols retardés, justement, entre minuit et deux heures du matin,
01:22ont augmenté, eux, de 250%.
01:25C'est ce que nous dit Amapola Ventron, la mer de Cabriès.
01:28Un tel couvre-feu, aucun vol la nuit.
01:30Ça existe déjà.
01:31Par exemple, à Paris-Orly, où le trafic nocturne se reporte à Charles-de-Gaulle,
01:36mais aussi, toujours selon la Provence, à Nantes.
01:38Reste qu'ailleurs, d'autres territoires ne sont pas allés jusque-là
01:41par crainte, tout simplement, de pénaliser leur activité économique.
01:44Peur de voir les compagnies aller ailleurs, renoncer à une liaison
01:47ou bien voir le fret se reporter sur d'autres aéroports.
01:52Alors, il y aurait d'autres scénarios alternatifs à ce couvre-feu sur la table à Marignane, par exemple.
01:57Pourquoi pas une interdiction de programmer des vols la nuit,
02:01mais avec une certaine tolérance quand ce n'était pas prévu pour les retards jusqu'à 2h du matin.
02:05Reste à voir ce qui se passerait pour les avions qui arrivent, bien sûr,
02:10après 2h du matin pour un gros retard.
02:12Autre idée, limiter les niveaux sonores, même si là aussi, question pratique,
02:16on se demande comment, alors peut-être, les niveaux sonores faire en fonction des avions,
02:20tel ou tel modèle qui serait autorisé tard la nuit,
02:22mais pas un plus gros qui ferait plus de bruit.
02:25Et comme d'habitude, non seulement vous évoquez le problème,
02:27mais vous essayez de le comprendre et de le résoudre, mon cher Félix.
02:30Et c'est pour ça que vous êtes avec la mère de Cabriès,
02:32donc signataire de cette fameuse lettre pour demander à ce qu'on s'occupe de ce problème.
02:36Bonjour Amapola Ventron.
02:38Bonjour Félix Paturou.
02:40Merci beaucoup d'être avec nous dans La Vérité en Face sur Sud Radio.
02:46Comment ça s'explique, une telle hausse des vols retardés ?
02:50Il y a vraiment plus d'avions en retard qu'avant ?
02:54Ben oui, parce que c'est mathématique.
02:55Plus vous avez d'avions qui sont programmés sur l'aéroport de Marignane,
02:59plus vous avez des risques de débordement.
03:02Et aujourd'hui, on peut dire d'une manière très claire, nette,
03:06que Marignane, enfin l'aéroport Marseille-Provence,
03:09devient le hub des low-cost.
03:11Donc avec le fonctionnement propre au low-cost.
03:14C'est-à-dire pas...
03:16Plus vous faites venir de compagnie low-cost,
03:18plus vous aurez de vol, plus vous aurez de retard
03:20et plus vous aurez de nuisances.
03:22C'est un cycle infernal, on va dire.
03:24Est-ce que vous espérez une réponse positive du préfet sur ce couvre-feu ?
03:28Comment on ferait, par exemple, effectivement, en cas de retard d'un avion ?
03:31Qu'est-ce qu'il faut faire ?
03:31L'avion tourne dans le ciel en attendant le jour ?
03:33Il doit atterrir ailleurs ?
03:34Il se passerait quoi, concrètement,
03:36pour les cas de retard qui, par définition, ne sont pas anticipés ?
03:39Écoutez, on n'est quand même pas sur la Lune, là.
03:43Il y a d'autres, vous l'avez dit en préambule,
03:45il y a d'autres aéroports qui fonctionnent comme ça.
03:48Moi, quand je suis arrivée à Francfort, mon avion avait du retard.
03:51Eh bien, je regrette, je n'ai pas pu prendre l'autre.
03:53Donc, on m'a emmenée à l'hôtel.
03:56Donc, c'est juste une organisation.
03:59Mais aujourd'hui, ce qui est sûr,
04:00c'est qu'il faut quand même préserver la santé physique et mentale de nos administrés.
04:04Et on a un bassin de vie assez important,
04:07puisque, effectivement, quand vous considérez la ville de Cabriès,
04:10c'est 10 500 habitants,
04:12mais ce n'est pas que 10 500 habitants qui sont impactés.
04:14C'est la ville des Pènes-Mirabeau,
04:17c'est la ville de Gignac,
04:19c'est la ville de Vitrolles.
04:20C'est pour ça qu'on s'est mis à neuf maires
04:22pour pouvoir être entendus et écoutés.
04:25Parce que c'est ce sentiment-là qu'on n'a pas.
04:27C'est de ne pas être entendus.
04:30Donc, la population l'a, et nous aussi.
04:33Donc, c'est quand même qu'il y a un problème.
04:35Oui, donc le problème de plus de vols en retard,
04:37c'est le problème qu'il y a aussi plus de vols tout court.
04:39On imagine que c'est vrai pour le fret aussi,
04:41parce que peut-être que tous les créneaux sont pris par...
04:43Pas plus que ça, le fret.
04:46Non, pas plus que ça, le fret.
04:47C'est vraiment pas...
04:49Aujourd'hui, le fret est habituel depuis fort longtemps.
04:52En fait, ce qui est compliqué à vivre
04:55pour nos administrés du territoire,
04:57de ce bassin de vie,
04:58c'est l'explosion des vols de nuit.
05:02C'est-à-dire qu'avant 2022...
05:03Des vols commerciaux de nuit, en réalité.
05:05C'est bien ça, le sujet.
05:06Oui, les vols commerciaux de nuit.
05:07C'est qu'avant 2022, on était dans le désert de Gobi,
05:10ici, au niveau du bruit.
05:12Donc, depuis 2022, les plaintes augmentent,
05:16ne cessent d'augmenter.
05:17Et on voit même que des communes
05:19qui sont toutes proches de l'aéroport,
05:22qui, on va dire, entre guillemets,
05:24étaient habituées à ce bruit-là,
05:26aujourd'hui, n'en peuvent plus.
05:27C'est bien qu'il y a une montée de ce bruit
05:30qui est exponentielle, quoi.
05:32Mais, madame la mère, pardonnez-moi
05:34d'être volontairement un peu provoquant,
05:35est-ce que vous comprenez aussi
05:37les gens, si vous voulez, qui se sont installés ?
05:39Pardonnez-moi, mais l'aéroport n'a pas été installé en deux nuits.
05:42Quand vous êtes, en réalité, à côté d'un aéroport,
05:44est-ce qu'on peut comprendre que, tout d'un coup,
05:46de demander que cet aéroport arrête de travailler,
05:49c'est légèrement délicat ?
05:52Alors, oui, là, vous êtes un peu provocateur,
05:53parce qu'on ne demande pas qu'ils arrêtent de travailler,
05:57on demande simplement qu'ils régulent leurs flux.
05:59Non, mais ils habitent à côté d'un aéroport,
06:01ça me fait penser à ceux dans plein de régions
06:03qui disent...
06:04Ah oui, d'accord, mais c'est comme ceux qui habitent à côté de Gare.
06:06Non, mais avant, vous ne les entendiez pas,
06:06parce que c'était supportable.
06:08Non, mais avant, vous ne les entendiez pas,
06:10parce que c'était supportable,
06:10parce qu'il y avait un quota de vol
06:12qui était supportable.
06:14Aujourd'hui, il y a un quota de vol de nuit
06:16qui n'est plus supportable.
06:19D'accord, c'est ça, c'est le côté insupportable.
06:20Je veux dire, quand vous avez des avions qui...
06:21Voilà, quand vous avez des avions qui atterrissent
06:24jusqu'à 3h du matin,
06:26et que le premier, il reprend à 5h du matin,
06:28excusez-moi, la nuit est brève.
06:30Oui, oui, c'est ça.
06:30Ou alors, il faut savoir dormir à 2h,
06:32ce qui est moins évident.
06:33Oui, on imagine que c'est vous qui se réveille à chaque fois, effectivement.
06:35Eh oui, c'est quand même compliqué.
06:37C'est quand même compliqué.
06:38Donc, il faut qu'on arrive à concilier l'aspect économique,
06:42que je défends aussi.
06:43Attention, je ne sais pas...
06:45Je défends l'aspect économique de notre territoire,
06:48mais je suis quand même obligée, aujourd'hui,
06:50de penser à la santé publique de notre territoire,
06:52des administrés de notre territoire.
06:54Merci beaucoup, en tout cas.
06:56Je vous en prie.
06:57Non, non, mais allez-y, le mot de la fin, Madame la Maire.
06:59Non, mais le mot de la fin, c'est que moi,
07:00je ne souhaite pas qu'on devienne le hub de low-cost.
07:03Je ne souhaite pas ça,
07:03parce qu'ils ont un fonctionnement qui leur est propre,
07:05et que je ne condamne pas.
07:06Mais on ne peut pas être du 100% low-cost.
07:10C'est bien passé, ce matin, sur Sud Radio.
07:12Merci beaucoup, Amapola Vontron.
07:13Merci, au revoir.
07:14Mère de Cabriès, dans les Bouches-du-Rhône.
07:16Bonne journée à vous aussi.
07:17Et merci beaucoup, mon cher Félix Mathieu.
07:19On vous retrouve, évidemment, tous les matins,
07:21dans la matinale de Patrick Roger,
07:22dans l'émission de Jean-François,
07:24et qui dit, évidemment, la vérité en phrase.
07:25Pour C'est quoi le problème ?
07:26Dans un instant.
07:27Dans un instant.
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