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  • il y a 2 mois
Avec Général David Galtier, ancien Inspecteur général des armées de Gendarmerie (IGAG), président de la Maison de la gendarmerie


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##ACTU_DU_JOUR-2025-11-11##

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News
Transcription
00:0014h, Sud Radio, la France dans tous ses états.
00:04En janvier 2016, un sondage indiquait que 85% des français affirmaient qu'il est primordial en France de commémorer de grands événements passés pour en transmettre le souvenir aux jeunes générations.
00:14C'est ce qu'on appelle le devoir de mémoire.
00:15Pourtant, au jour de commémoration, les places sont vides, les Champs-Elysées quasiment déserts, on ne pavoise plus, on ne célèbre plus.
00:22Alors comment redonner aux français le goût du souvenir et du patriotisme ?
00:25On en parle avec le général d'armée 2ème section et président de la fondation Maison de la Gendarmerie, David Galtier, bonjour.
00:32Bonjour.
00:32Mes respects mon général, merci d'être avec nous sur cette antenne.
00:36Vous représentez une institution que les français vénèrent, qui est la maréchaussée, la gendarmerie, qui sont des militaires, qui sont des soldats, des soldats de l'ordre.
00:47Mais c'est un corps qui n'a pas démérité durant les guerres et qui assure la sécurité du pays quand les hommes sont au front.
00:57Général David Galtier, est-ce que vous considérez que la conscience nationale est à la hauteur des enjeux historiques
01:05et que notre jeunesse est bien formée au culte de la mémoire de ceux qui sont morts pour la France ?
01:12Eh bien, je rentre des cérémonies du 11 novembre, enfin l'une des cérémonies du 11 novembre, à la porte d'Aix, à Marseille.
01:23Je peux vous dire qu'il y avait de nombreux jeunes, de nombreuses classes, d'élèves présents autour de nous, autour de ces soldats.
01:32J'en étais ravis. Au fil du temps, je crois qu'enfin, cette habitude se prend, d'amener les classes.
01:44Et puis même, dans les collectivités, de demander aux jeunes représentants, la ville, le département, la métropole, la région,
01:53d'être présents pour célébrer ce jour qui n'est pas une simple date, pour moi, c'est vraiment un repère national et moral.
02:03La porte d'Aix à Marseille est aujourd'hui dans un quartier, je ne vais pas dire sensible,
02:07mais enfin avec une démographie très particulière, et c'est la réalité de la sociologie marseillaise,
02:13cet arc de triomphe magnifique.
02:15Rappelons que, puisque Marseille est la grande porte de l'Orient,
02:19nombreux furent les ressortissants d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne,
02:25j'utilise des termes actuels, qui sont morts pour la France sur le champ de bataille,
02:29évidemment courant aussi hommage à ces hommes qui ont donné leur vie pour la France.
02:35Naturellement, et nous le faisons dans chaque commune,
02:38non pas simplement de Marseille, mais également du département,
02:41dans chaque arrondissement de Marseille.
02:42Vous savez qu'il y a la fameuse 3e DIA, l'héritière, c'est la 3e division,
02:47et c'est le général de Montsavère qui commandait ses troupes avec beaucoup d'entrains
02:52et qui ont permis la libération de Marseille.
02:55Nous ne l'oublions pas, comme nous n'oublions pas non plus,
02:58par exemple nos alliés, et c'était hier le Veteran Day,
03:03et nous sommes allés au cimetière, également au Parc Boréli,
03:06devant les tombes de nos alliés, commémorer ces journées particulières.
03:13J'ai rencontré un jour un ancien combattant de la Wehrmacht,
03:16qui me disait que quand on savait que le tabor marocain arrivait,
03:20c'était des guerriers tellement furieux, tellement efficaces, qu'on fuyait.
03:25Même nous les Allemands, qui étant l'armée qui faisait peur,
03:28quand on savait que le tabor arrivait, on partait en courant,
03:30parce qu'on tombait sur plus durs que nous, plus combattants, plus vigoureux que nous.
03:35En général, aujourd'hui, les monuments aux morts sont au milieu des villages,
03:39avec ces noms, quand on va voir la liste des noms, ces jeunes hommes,
03:42je disais tout à l'heure, 1 250 000 hommes dans la force de l'âge,
03:47qui sont tombés au champ d'honneur.
03:51Je vous disais, l'éducation nationale, je discutais hier avec Dimitri Casili,
03:55qui a fait un livre sur, voilà, est-ce que la France est en train de perdre sa mémoire ?
03:58Est-ce que vous estimez pour autant que les institutions éducatives
04:02font le nécessaire pour qu'on se souvienne bien de ce qui s'est passé ?
04:06Et surtout, qu'on voit bien, c'est pas totalement oublié, ça peut se reproduire.
04:14Il faut les y encourager, en tout cas.
04:16J'étais aux côtés de l'approviseur du collège Chapp hier,
04:20je serai avec les élèves du collège Malarmé tout à l'heure,
04:26certains étaient présents.
04:27Donc, il y a cette, quand il y a une volonté, il y a un chemin.
04:31Et vous avez rappelé ce million et 200 000 morts, cette saignée.
04:35Je voudrais rappeler aussi les 4 millions de blessés
04:39qui ont laissé une France en désarroi.
04:41Les gueules cassées, les infirmes, les gueules cassées.
04:43Absolument ! Et ça, on n'a toujours pas réglé la saignée de 14-18 et la France a eu du mal à s'en relever.
04:54Il faut le dire.
04:56Et c'est pourquoi la conservation de cette date est très symbolique.
05:00Ça va au-delà d'une date, je le disais encore.
05:04Mande Koffler.
05:04Général David Galtier, vous parliez tout à l'heure des commémorations à Marseille.
05:08Il y avait du monde, il y avait des classes parce qu'on leur a demandé,
05:11on leur a proposé de venir assister à ces cérémonies et c'est très bien.
05:14Sur les places de village, il n'y a plus personne.
05:16Il n'y a que quelques anciens combattants, éventuellement un pompier, un gendarme,
05:20un représentant de l'ordre public.
05:21Mais il y a vraiment très peu de monde.
05:23Et alors moi, il y a une image qui me choque chaque année de plus en plus.
05:26Et j'aimerais savoir si ça vous choque aussi.
05:28Ce sont les Champs-Elysées vides.
05:30Ce sont ces commémorations qui normalement appartiennent aussi au peuple
05:32et qui sont désormais récupérées, mais intégralement, par les politiques.
05:37Enfin, je ne sais pas ce que vous en pensez, vous.
05:39Mais moi, c'est quelque chose qui me perturbe énormément, en fait,
05:41de voir les Champs-Elysées vides et ces espèces de barrières partout
05:45qui délimitent ce périmètre de sécurité, j'imagine.
05:48Qu'est-ce que vous en pensez, vous, Général David Galtier ?
05:51Moi, j'ai horreur de voir les grandes avenues et les grands sites de notre pays
05:57vides lorsqu'il s'agit de commémorer une date
06:01qui doit être une date de rassemblement pour toute notre nation.
06:05Donc, il y a sûrement, oui, des questions de sécurité qui président à ce barriérage.
06:11Mais je crois que pour conforter le lien entre armée, nation et tout un peuple, finalement,
06:18il faut ces moments-là.
06:20Et il faut les sublimer.
06:22Il faut que les médias, il faut que nous, politiques, puisque je suis aussi un homme politique,
06:29puissions donner envie.
06:32Et ce n'est pas simplement honorer les combattants d'hier.
06:36C'est aussi parler de ceux d'aujourd'hui,
06:39qui défendent notre nation sur les théâtres d'opérations extérieures.
06:43Alors, il faut faire œuvre de pédagogie, parfois peut-être même être un peu directif.
06:49Vous parliez de l'éducation nationale et de dire, bon, c'est une journée qui est consacrée,
06:53ou en tout cas une demi-journée, à aller vers ces monuments, ces monuments,
06:58vers ces villages qui sont parfois un petit peu désertés.
07:03C'est dommage parce que ce message-là, il est fort.
07:07Et il doit être éternel, et il faut le conforter.
07:10Mon général, vous vous souvenez que le président Valéry Giscard d'Estaing
07:14avait envisagé en 1976 de supprimer la commémoration du 8 mai,
07:18puisqu'on voulait envoyer un message de paix dans la construction européenne
07:21au chancelier Elmoud Schmitt de la République fédérale allemande.
07:24Finalement, on a maintenu le 8 mai, qui est une date très importante,
07:27parce que, politiquement, la guerre de 39-45 a une symbolique plus forte encore que celle de 14-18,
07:33qui était une guerre vraiment des nations et de l'impérialisme.
07:36Il est important de maintenir, nous sommes bien d'accord,
07:39parce qu'on dit, oui, mais la commémoration, le monument aux morts,
07:41tout ça, c'est la France d'hier, la chanson de Brassens, vous savez,
07:45l'oncle Tommy, cette espèce de pacifisme,
07:48il est important de garder ces commémorations, même si on n'a plus de survivants.
07:52Je disais, Lazare Potitielli est mort en 2007,
07:54il faut garder ces commémorations.
07:57Oui, parce que cela permet d'ancrer dans la mémoire collective,
08:05un mot qui n'est pas désuet, et qui est celui du patriotisme,
08:10parce que c'est tout simplement le respect de notre pays,
08:14le respect de nos valeurs, le respect de ceux qui les servent,
08:19et consacrer finalement un 11 novembre, un 8 mai ensuite,
08:23pour cette deuxième guerre mondiale, sur l'ensemble d'une année,
08:27et finalement, ce n'est pas rédhibitoire.
08:31Et je crois qu'au contraire, il faut encourager et féliciter
08:36ceux qui permettent de vivre ces moments de communion.
08:41En tout cas, il faut, encore une fois, intéresser notre jeunesse,
08:45c'est l'avenir, il n'y a pas de secret, on ne va pas fabriquer avec ça.
08:50Moi, mon père a répété souvent la formule du général de Gaulle,
08:55ceux qui n'ont pas de mémoire, n'ont pas d'avenir.
08:59Oui, effectivement.
08:59Alors, il faut donner et il faut renforcer cette mémoire.
09:03Bon, général, on ne va pas revenir sur le bien fondé,
09:06ou pas, de la suppression du service national
09:08par le président Jacques Chirac en 1995.
09:10Est-ce que, pour autant, si on a quelque chose que l'on peut regretter,
09:14c'est que le fait de cette suppression du service national,
09:16c'était l'occasion quand même pour la jeunesse française et de ceux qui étaient là
09:20de se remémorer, de prendre conscience de ce patriotisme, des enjeux nationaux.
09:23Est-ce qu'on pourrait trouver un moyen, sans refaire le service militaire tel qu'il était,
09:29de préserver cette conscience nationale à travers la commémoration de ces événements ?
09:33Alors, il n'y aura plus, on le sait, le service militaire traditionnel qu'on a connu.
09:38C'est impossible à pratiquer aujourd'hui.
09:41Les installations n'existent plus.
09:43L'armée même, ou les armées qui encadraient ce service militaire
09:48ne sont plus formatées pour le faire, ne disposent plus des budgets nécessaires.
09:52En revanche, il est impérieux de trouver un substitut qui soit beaucoup plus fort
09:59que celui que l'on a eu jusqu'à présent.
10:02Et il faut, bien entendu, là, un effort important de nos politiques
10:09pour retrouver cette capacité de rassembler,
10:14de dépasser même le politique, les générations, les différences sociales.
10:18Il faut se rassembler pour retrouver ce goût de la mémoire et du devoir.
10:24Et d'ailleurs, j'ajoute, c'est Simone Veil qui ne parlait pas du devoir de mémoire,
10:29mais du travail de mémoire.
10:31C'est un travail quotidien et il faut l'emporager.
10:35Merci, mon général.
10:36Honneur et patrie, valeur et discipline, ce sont des mots qui vous touchent, je suppose.
10:40Merci d'avoir été sur Sud Radio aujourd'hui.
10:42Merci, Gérald Ghiéthier.
10:43Je rappelle que vous êtes général d'armée, deuxième section,
10:46et président de la fondation Maison de la Gendarmerie,
10:48que nous saluons, bien sûr.
10:50Dans un instant, et si l'Occident n'existait déjà plus ?
10:53On en parle avec Mathieu Bocoté, journaliste, auteur de Les deux Occidents,
10:57aux éditions La Cité, c'est tout de suite.
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