- il y a 2 mois
Élus par les territoires, les sénatrices et les sénateurs connaissent le terrain et côtoient les acteurs de notre patrimoine agricole et nourricier, tout ce qui fait de la France un pays où le contenu de l'assiette relève d'un engagement quotidien.
Vincent Ferniot rencontre ces hommes et ces femmes, en compagnie d'un sénateur ou d'une sénatrice, sur son territoire. Année de Production :
Vincent Ferniot rencontre ces hommes et ces femmes, en compagnie d'un sénateur ou d'une sénatrice, sur son territoire. Année de Production :
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Retrouvez Manger, c'est voter avec le concours général agricole.
00:30En compagnie de Muriel Jourdain, la sénatrice Les Républicains et présidente de la commission des lois.
00:36Vous allez voir, c'est un département merveilleux et on n'a pas fini d'en découvrir.
00:40Voilà cette fameuse citadelle de Port-Louis.
01:07Pour une fois qu'elle n'a pas été faite par Vauban, celle-là, et par Corbineau.
01:12Oui, enfin bon, elle doit m'attendre là-bas.
01:17Bonjour madame le sénateur, je comprends mieux pourquoi vous m'avez donné rendez-vous ici, pour prendre un canon.
01:24Évidemment.
01:24Vous m'avez eu, je ne sais pas si je serais venu si c'était un canon comme ça.
01:27Je vous promets qu'on boira du cidre tout à l'heure, je vous promets.
01:29Ah des dons, quel point de vue, quel panorama !
01:32C'est magnifique.
01:32On peut faire un peu le tour des remparts ensemble ?
01:35Bien sûr, avec plaisir.
01:36Parce qu'ici, vous êtes chez vous, madame le sénateur.
01:38Ah, je dis madame le sénateur, la fonction prime ?
01:41Oui, moi je dis madame le sénateur.
01:43Alors, madame le sénateur, on est chez vous ici, à Port-Louis ?
01:47Oui, enfin c'est une commune dans laquelle je vis depuis plus de 25 ans,
01:51mais je suis régénière de l'autre côté de l'Orient.
01:53Ah, vous êtes une estrangère, vous êtes de l'autre côté de la Rade.
01:57J'ai traversé la Rade, j'ai été assez bien acceptée,
01:59puisqu'ils m'ont élue au moins pendant 6 ans maire de la ville.
02:03Donc, je connais bien cette ville et j'en suis conseillère départementale depuis 2015.
02:07Je suis partie pour mes études de droit à Rennes, ça reste à Bretagne.
02:11Mais voilà, je suis revenue au barreau de l'Orient, effectivement,
02:14pour exercer pendant au moins 25 ans ma profession d'avocat.
02:17Mais est-ce qu'on garde, quand on est avocat, plutôt que juge,
02:21est-ce qu'on garde un regard particulier, un angle particulier sur les lois,
02:24qui est toujours celui du justiciable, de la défense des droits du justiciable ?
02:29Alors, il y a cet aspect des choses, mais il y a surtout le fait que,
02:32quand on a été avocat et qu'on voyait les lois changer à peu près tous les deux mois,
02:35on se dit qu'il faut être moins prolixe et qu'il faut moins modifier le texte tout le temps.
02:40Mais est-ce que vous avez foi en la justice ?
02:43Et est-ce qu'au quotidien, dans le travail du Sénat,
02:47vous sentez justement la foi ou la confiance que peut avoir la société dans votre jugement collectif ?
02:55C'est même l'inverse. Non, non, non.
02:57Je pense que malheureusement, aujourd'hui, faire de la politique est plutôt quelque chose
03:00qui vous dévalorise, que ça ne vous valorise aux yeux des gens,
03:03parce que la politique...
03:05On prend des coups et pas beaucoup de caresses.
03:06Oui, c'est vrai, mais après, on le sait,
03:09mais je pense aussi que la politique n'a pas toujours eu les résultats escomptés,
03:12en tout cas les résultats promis.
03:13Donc, je ne me plains pas des coups qu'on peut prendre.
03:17On sait que c'est possible,
03:19parce que je pense que l'action en vaut la peine, malgré tout.
03:22Est-ce que vous pouvez nous expliquer, parce que moi, j'ai du mal à saisir,
03:26la différence entre la façon de voter de la Chambre des députés et celle du Sénat ?
03:33Nous avons une expérience qui n'est peut-être plus partagée aujourd'hui par les députés.
03:37On est plus calme, on a plus de recul,
03:40on est moins sous le regard de nos électeurs,
03:43parce que nous les connaissons tous.
03:44Et ça fait certainement la différence dans un comportement humain
03:50qui, bon, à l'Assemblée nationale, aujourd'hui,
03:52j'ai un spectacle que chacun appréciera.
03:54Bon, avec cette belle journée,
03:56je sais que vous allez me faire visiter une Bretagne rêvée.
03:58On y va ?
03:59On y va, c'est parti.
04:02Découvrons ensemble les parcelles et les serres de maraîchage de la ville de Vannes.
04:06C'est M. le maire qui nous propose la visite guidée de ce potager municipal.
04:09Ronan, son jardinier, nous montre les légumes
04:12qui rejoindront l'étape des crèches de la ville,
04:14cuisinées par Isabelle pour le plus grand bonheur des petits-enfants.
04:17Après cela, direction un autre genre de crèche,
04:20la nurserie des petits cochons de Sylvain, à la ferme Bio-Cochon.
04:24Et comme la visite donne soif,
04:25Jean-Michel nous attend dans son verger
04:27avec un verre de son cidre d'exception, le Royal Guilvic.
04:30Puis la journée s'achèvera chez Jeff, au bord de l'eau,
04:33à l'ombre des pains, une huître en main pour déguster l'océan.
04:36Mais avant l'océan, l'océane,
04:38direction la ferme d'océane, une jeune éleveuse,
04:41pleine d'énergie, qui met son amour dans ses yaourts.
04:44En route !
04:46Bonjour Océane, Vincent !
04:50Bonjour !
04:50Océane, bonjour !
04:52Bonjour les filles !
04:53Océane, 23 ans, c'est l'exploitation familiale, je suppose ?
04:58Exactement, je suis installée depuis un an avec mes parents.
05:01C'est dans le but aussi de créer mon atelier de transformation
05:03et banque directe sur le site avec mes parents.
05:07Et vos parents, ils faisaient déjà de la vache laitière ?
05:09Oui, ça fait 30 ans qu'ils sont installés tous les deux.
05:12Combien de bêtes vous avez sur votre exploitation ?
05:15On a 130 vaches laitières sur l'exploitation.
05:18130 vaches, il faut être combien de personnes pour s'occuper de 130 vaches ?
05:22Aujourd'hui sur le site, on est 4 personnes à un plein temps sur le site.
05:25Nous, sur notre entreprise, on a 310 hectares et les 310 hectares partent uniquement pour l'alimentation des vaches.
05:33On ne vend strictement rien.
05:34On le valorise à 100%.
05:36C'est plutôt bien de pouvoir vivre en autarcie agricole.
05:41C'est très très bien et ça ne rend dépendant de personne.
05:45Et puis au moins vous maîtrisez le produit du début à la fin.
05:47On a besoin d'agriculteurs.
05:48Tant qu'on mangera 3 fois par jour, on aura besoin d'agriculteurs.
05:51Donc voir une si jeune femme comme Océane reprendre avec autant d'enthousiasme,
05:56avec une vraie idée sur ce qu'elle fait,
05:59vraiment ça part du sol et ça arrive ensuite dans le produit qui est transformé,
06:03c'est formidable.
06:04On se dit qu'effectivement l'agriculture a de l'avenir.
06:07J'ai toujours voulu m'installer chez mes parents depuis 5 ans.
06:11Elles ne sont pas contentes parce qu'elles sentent qu'on ne leur laisse pas la parole.
06:14C'est ça.
06:15Je sais pourquoi.
06:15C'est parce que dans ce troupeau, il y a un mélange de Holstein et de Normandes.
06:20C'est ça.
06:20Et les Normandes en Bretagne, elles manifestent, en fait, elles militent.
06:23Ben ouais, ils prennent leur place.
06:25Vous êtes en agriculture conventionnelle.
06:27Oui.
06:27Vous vendez tous sur place, vous avez un réseau de distribution.
06:31Alors, en vente direct, j'ai le magasin, donc en centre Bourrac Amor.
06:34Et autrement, je fais des livraisons pour les professionnels,
06:37donc en magasin, restaurant, épicerie.
06:40Combien vous êtes dans la fratrie ?
06:42On est trois sœurs.
06:43Comme chez moi.
06:44Et l'autre sœur, elle est installée en poule-pondeuse.
06:47Quoi ?
06:48Oui.
06:49Vous avez une renégate de parmi les trois sœurs ?
06:51Il y a deux sœurs qui font les vaches et la troisième, elle dit, moi, ce sera les poules ?
06:54C'est ça, oui.
06:55Vous lui vendez un peu de maïs ou pas ?
06:57Non.
06:58Non ?
06:58Elle ne veut pas votre maïs ?
06:59Non, non.
07:00Non, non, elle ne peut pas prendre nos aliments parce qu'elle est en bio et c'est très, très strict.
07:05Elle fait des œufs bio ?
07:06Oui, ouais.
07:07D'accord.
07:07Et l'alimentation est très, très stricte en poule-pondeuse.
07:11Madame le sénateur, le beurre en Bretagne, c'est pratiquement l'aliment premier.
07:17En tout cas, ce qu'on retrouve dans tout.
07:19En tout cas, il est sur la table.
07:20On mange du beurre, on fait du beurre, on mange du beurre, on aime le beurre et on a raison.
07:26C'est excellent le beurre, y compris pour la santé d'ailleurs.
07:31Hop ! Olé !
07:33C'est mon âme de torré roux.
07:34Je vais vous dire ce qui me plaît, moi.
07:36C'est qu'on a une jeune femme, sa sœur, son autre sœur qui fait des poules.
07:40On ne parle pas de garçons.
07:42Ce sont des exploitantes agricoles en autonomie qui n'ont besoin de personne.
07:46Là, vraiment, il ne se pose même pas la question de savoir si on est un garçon ou une fille au moment de reprendre l'exploitation.
07:52C'est aussi un métier de femme.
07:53Il y a eu toujours des agricultrices, mais on en parlait peut-être moins.
07:58Mais non, non, c'est manifestement un métier de femme.
07:59Et puis quand on connaît les sœurs cadorées, on peut faire des gâteaux.
08:02Entre les œufs, la crème, le lait, le beurre.
08:04C'est ce qu'il faut !
08:05On peut faire des beaux phares, là.
08:11Alors, je suis un tout petit peu surpris parce qu'on est en périphérie Vantaise.
08:15Pleine zone commerciale, on passe le rideau d'arbre et on arrive dans le maraîchage.
08:18Eh oui, on arrive dans le maraîchage, un maraîchage un peu particulier.
08:21Ce sont les serres municipales de la ville de Vannes où ils cultivent des légumes et des fruits.
08:26Et nous allons voir ça en agriculture biologique.
08:29Bonjour David !
08:30Monsieur le maire, bonjour !
08:31Bienvenue Vincent, à l'affaire du Pérenneau.
08:33Voilà le maraîcher.
08:34Oh, dis donc !
08:35Là, il y a déjà de la belle tomate.
08:37Monsieur le maire, c'est un peu votre potager ici.
08:41C'est mon potager, c'est une vraie fierté, effectivement.
08:43Renan a relevé le défi, effectivement.
08:45900 kilos il y a 6 ans, 7 tonnes l'année dernière.
08:48Semé à Vannes, ça pousse à Vannes.
08:50C'est cueilli le matin, c'est dans l'assiette de midi.
08:53Vous êtes tout jeune, comment est-ce que vous êtes arrivé dans cette serre municipale ?
08:57Une annonce tout simplement, une annonce sur Pôle emploi,
09:00comme quoi la ville de Vannes recherchait un maraîcher.
09:02Est-ce que sur le plan économique, on s'y retrouve aussi ?
09:06Bien sûr qu'on nous soit de gagnants.
09:07Aujourd'hui, le poste chargé de Renan, c'est 40-45 000 euros.
09:11Moi, j'encourage vraiment les élus qui ont un peu de surface agricole,
09:14qui trouvent des perles rares comme Renan aussi.
09:16Il faut trouver la bonne personne à un moment.
09:18Et avoir la volonté.
09:19Et avoir la volonté.
09:20Ça n'est pas intéressant qu'économiquement, c'est aussi la fraîcheur assurée.
09:23Ça reste 2-3 jours en chambre froide au grand maximum.
09:27On est labellisé en bio.
09:28On a eu la certification en 2021, maintenant ?
09:31À un moment, demain, j'en suis persuadé, les communes s'associeront.
09:34Et on voit bien qu'on revient à la nourriture ici, en circuit très court.
09:39Les écoles reprennent des cuisinières.
09:40Je pense qu'on fait marche arrière par rapport à cela.
09:43Et c'est pour le bénéfice de tout le monde.
09:44Et puis c'est de la terre cultivée, du CO2, c'est assez génial.
09:48C'est du bonheur, il faut le dire.
09:50On vit dans un monde qui est tellement pessimiste,
09:52on ne nous montre que ce qui ne marche pas.
09:53Ici, il y a quelque chose qui marche, qui fonctionne,
09:55qui n'est pas hyper compliqué, qui est moins cher que si on achetait.
09:58En gros, on a trouvé notre rythme de croisière avec les crèches
10:00où on fournit, je ne peux pas dire, la totalité.
10:03Parce que sur la saisonnalité, il y a des choses
10:05que des fois, elles aiment bien acheter en amont,
10:07que nous, en Bretagne, on n'arrive pas encore à produire,
10:09par exemple, de la courgette tôt dans la saison.
10:13Mais aujourd'hui, sinon, tout le reste des légumes qui sont cuisinés,
10:15on va dire 80% des légumes qui est cuisine, sont faits ici.
10:19Muriel, je crois que tout est dit.
10:21Franchement, il n'y a plus qu'à goûter.
10:23Elle est loin, la crèche ?
10:254 km maximum.
10:26Bonjour, les enfants.
10:34Bonjour, bonjour.
10:35Ah, voilà les clients du restaurant.
10:37Et je sais qu'à cet âge-là, les clients sont difficiles, en général.
10:41Je ne peux pas rester, je dois vous quitter,
10:42parce que j'ai une rayon.
10:43Mais je vous laisse dans les mains d'Isabelle, la chef de ce superbe restaurant.
10:47OK, merci, monsieur le maire.
10:48À très bientôt.
10:51Ah, je crois que c'est la chef qui arrive.
10:53Bonjour, chef.
10:55Isabelle, c'est ça ?
10:55Bonjour, madame la télé.
10:56Bonjour, Isabelle.
10:58Écoutez, on est bien chez vous.
10:59On n'a pas été encore très nourris.
11:00Peut-être qu'on se rattrapera tout à l'heure.
11:02Il y a tout ce qu'il faut.
11:03Mais on a vu, en tout cas, qu'il y avait le panier, la cagette de chez Ronan,
11:08dont on revient, là, à l'instant.
11:10Et on voit que le circuit est extrêmement court, Isabelle.
11:13Très court.
11:13On a les légumes qui sont fournis par Ronan.
11:17Ils nous livrent autant de fois que nécessaire dans la semaine.
11:20Et grosso modo, c'est combien ?
11:21Deux fois par semaine.
11:22D'accord.
11:23Ils nous fournissent à peu près la liste des légumes qu'il peut avoir la semaine d'avant
11:26pour qu'on puisse établir des menus en fonction de sa production.
11:30Ah, vous voulez dire que vous faites la cuisine du marché, ici ?
11:32Complètement.
11:33Tout ce qui vient, tout ce qui est apporté ici auprès de la crèche,
11:36que ça s'entend autant au niveau du maraîchage que des laitages, que de tout.
11:40On est avec des produits de ferme, qu'avec des produits labellisés.
11:44On a des poissons qui viennent de la crier le matin même.
11:46Ah ouais ?
11:47On passe du poisson frais entier.
11:49Ah ouais ?
11:50Ah oui, donc il y a un vrai travail.
11:51Il y a un vrai travail.
11:52Mais vous, vous avez une formation de cuisinière, on va dire, indépendante ?
11:56Je viens de l'école hôtelière.
11:58Ah bah voilà, d'accord.
11:5915 ans d'hôtellerie.
12:00Et avant de passer en resto-co ?
12:03Oui.
12:04Parce que notre travail aussi, c'est d'intégrer le maximum d'allergènes dans les menus des enfants.
12:07Parce qu'on est dans des étapes d'âge où il y a beaucoup de choses qui se passent auprès des enfants.
12:11Plus on les intègre tôt, avant les 10 mois de l'enfant, mieux c'est pour l'enfant.
12:15C'est très intéressant parce qu'on va au-delà de cuisiner local et de produire.
12:18Il y a une vraie réflexion sur l'alimentation.
12:21Et un enseignement.
12:23Oui.
12:23Un même qui est donné.
12:24Tout à fait.
12:24Tout à fait.
12:25Bravo.
12:26Alors j'ai la chance d'être complètement libre dans mes choix.
12:28C'est vrai ?
12:29Complètement.
12:30Ça c'est vraiment cette chance-là.
12:32On a tout.
12:33Les produits et la liberté d'eux.
12:36Je ne trouve pas de fausses notes.
12:38Je n'ai pas votre impression.
12:39C'est exactement le cas.
12:40Et moi j'ai coutume de dire que ce qu'on apprend enfant, on le sait pour toute sa vie.
12:43Ici on apprend à manger.
12:45Et on le saura pour toute sa vie.
12:46Le but est de réveiller les goûts, les saveurs et de prendre du plaisir.
12:52J'ai rarement mangé d'aussi bonnes fraises que celles de Renan.
12:56Ah c'est vrai qu'à la crèche de Vannes, les enfants sont gâtés.
12:59Comme on disait avec monsieur le maire, en revanche quand il s'agit de protéines animales, c'est plus compliqué.
13:04Il faut quand même se fournir autour dans le département.
13:06Ils n'en élèvent pas, mais d'autres en élèvent.
13:09Regardez-nous, ça va arriver.
13:10Ah bah alors c'est merveilleux.
13:11Là je suis heureux.
13:12Bonjour Sylvain.
13:13Bonjour.
13:13Bonjour.
13:14Vous avez les pieds dans le porcelet là.
13:15Ah bah oui, tous les matins on fait le tour.
13:18Quel âge ils ont vos petits cochons là ?
13:19Donc là ils ont environ un mois.
13:21Les truies, les alètes du cacalage.
13:23Donc en bio, c'est obligatoire un mois et demi.
13:26C'est le cahier des chars du véo ça.
13:28Et donc là ils se baladent, ils vont de stade en stade comme ça ?
13:31C'est ça, bah nous on a fait le choix en fait qu'ils se connaissent tous dès la naissance.
13:34Ils vivent en communauté ?
13:36Voilà, tout à fait.
13:37C'est de la sociabilisation.
13:38Que là on voit des cochons qui sont ça.
13:41Et vu que nous on est en bio, donc on va pas avoir d'anti-inflammatoire derrière.
13:47Qu'est-ce qui vous a fait passer du conventionnel au bio ?
13:50Le souci de santé via l'ammoniaque.
13:52Ah vous voulez dire le dégagement d'ammoniaque dans les déjections ?
13:55Je pouvais plus rester dans les bâtiments fermés.
13:57J'avais soit je quittais le métier, soit je le faisais autrement.
14:01Ici ça sent bon.
14:04Je dirais pas que c'est le chèvrefeuille, mais ça ne tue pas comme parfois c'est...
14:10Non parce qu'on va pas avoir de stockage de lisier dessous.
14:13On a aussi la partie espace, on va avoir moins de cochons au mètre carré.
14:16Donc forcément la dilution n'est pas la même.
14:18Donc voilà les jeunes truies.
14:23Les demoiselles !
14:24Qu'on appelle les cochettes.
14:25Elles sont pas farouches.
14:27Bah du donc ! Mais j'ai rien à manger dans les poches !
14:29Les jeunes qui s'installent et qui viennent évidemment ont des besoins de fonciers notamment, d'installation.
14:36Est-ce que les banques jouent le jeu ici ?
14:38C'est une entreprise comme une autre, une entreprise agricole.
14:40Ça veut dire qu'il faut qu'il y ait des perspectives et qu'il y ait une capacité à avoir un modèle économique.
14:45Ah oui on est d'accord, moi quand je me suis installé, les banques me demandaient une sécurité.
14:49On avait l'obligation de faire un contrat pour sécuriser tous nos investissements.
14:53Ça vous étrangle pas un peu la pression des deux côtés ?
14:56On est obligé de les subir, on n'a pas le choix.
15:01Vous n'êtes pas entièrement votre patron quoi ?
15:03Non.
15:03En fait on est aujourd'hui un des seuls métiers qui ne font pas ses propres factures.
15:07On reçoit les factures avec le chèque et si ça nous plaît pas, c'est pareil.
15:11On garde notre camelote, c'est tout.
15:13C'est terrible de dire ça mais...
15:14Mais c'est la réalité.
15:17Aujourd'hui une entreprise n'a pas le droit de travailler à perte, sauf en agriculture.
15:21Est-ce que vous percevez des aides, des subventions ?
15:25Moi après j'en ai pas fait la demande parce que j'ai choisi un autre modèle,
15:28notamment avec la diversification par la ferme PEDA.
15:31Ah c'est une ferme pédagogique ici ?
15:33On a toute la ferme pédagogique qui va être autour de nous.
15:35On a un labyrinthe de maïs, on a plein de choses qui me permettent aussi de me sécuriser niveau salaire.
15:40Ces jeunes là, elles ont quel âge ?
15:42Donc là en fait on insémine tout le temps aux alentours des 9 mois pour une première mise-bas à un an.
15:48D'accord, mais vous nous parlez d'insémination, vous n'avez pas de verra ?
15:51Venez on va le voir.
15:52C'est notre verra, c'est Momo.
15:53Il aime bien se faire gratter la couenne.
15:58Voilà, c'est ça.
16:09Dites-moi Muriel, on est où ici ?
16:11Alors ici on est à Surzur, une quinzaine de kilomètres après Vannes et bien sûr on est dans une cidrerie.
16:17Et nous allons rencontrer Jean-Michel Nucor.
16:21Bonjour, c'est Jean-Michel c'est ça ?
16:22Bonjour, bienvenue.
16:23Bonjour madame la sénatrice, bienvenue.
16:25Je vous voyais en train de toucher vos pommiers, c'est quoi ces pommes là ?
16:29Alors c'est la fameuse pomme variété Guilvic, voilà.
16:32Ah ça c'est vraiment le Morbihan, la royale ?
16:35D'ailleurs d'où son nom le cidre royal Guilvic, on dit le cidre prestige.
16:40Voilà, quand on goûte le Guilvic, on voit les autres cidres autrement après.
16:44Moi il y a quelque chose qui m'a, je ne vais pas choquer, mais qui m'a interpellé dès que je suis arrivé,
16:49c'est que vous irriguez, vous arrosez.
16:50Et justement les pommiers, ils ont besoin de beaucoup plus d'eau qu'une culture classique.
16:55Donc on a un système d'étang où on collecte les eaux pluviales.
16:59On distribue pour économiser justement l'eau en goutte à goutte aux pieds des pommiers.
17:04Voilà, ça devient indispensable maintenant.
17:06Depuis combien de temps ? Quand est-ce que ça a changé ?
17:07On parle du réchauffement climatique, voilà.
17:10Du temps de mes parents, on n'avait pas besoin d'irriguer comme ça, voilà quoi.
17:13Le changement climatique, il existe, ils le disent, mais ça n'est pas qu'il tombe moins d'eau,
17:19c'est qu'il ne tombe pas au même moment.
17:21Nous ne sommes pas en déficit hydrique ici.
17:23Nous, sur le côté réchauffement climatique, on voit que nous, maintenant, fin novembre,
17:27on a pratiquement fini le cidre.
17:29Alors que du temps de mes parents, il y avait 30 ans, c'était Noël et des fois, il finissait en janvier.
17:34Donc on a pris un mois d'avance.
17:36Dès le début septembre, on commence à avoir les pommes qui tombent et qu'il faut commencer à les ramasser.
17:40Du temps de mes parents, c'était octobre ou mi-octobre qui commençait.
17:43Jean-Michel, quel type d'agriculture vous pratiquez, vous ici ?
17:46Alors, on est en agriculture raisonnée, on fait attention à ce qu'on fait.
17:51Et vous voyez, au niveau de la pomme, qu'elle soit belle ou pas belle,
17:56qu'il y a un verre dedans ou pas de verre, un verre, ça peut donner des protéines.
18:00Du goût ?
18:00Voilà. Tout est broyé.
18:02Donc, et vu le coût d'achat de la tonne de pommes à ceux à qui en achètent des pommes,
18:08ils n'ont pas intérêt à traiter.
18:09Ça fait des frais supplémentaires.
18:11Donc la pomme, elle est très, très peu traitée.
18:13Ce cidre-là, oui, il est assez exceptionnel.
18:15Et puis, il est artisanal.
18:18Ici, et ça, ça n'est plus si fréquent.
18:21Oui, alors nous, on est une entreprise familiale.
18:22Donc, on savait qu'automatiquement, nos enfants, c'est prévu depuis 3-4 ans, viennent derrière.
18:27Mais on a quand même été approchés par une grande cidorie.
18:31Surtout de la Belle Rouge intéressée du coup.
18:33Évidemment.
18:34Mais nous, on se bat justement pour que ces grands groupes, justement,
18:38ok, ils achètent un artisan, mais qu'ils n'ont pas le droit de vendre,
18:42sur l'étiquette artisanale, un cidre qui est fait industriellement,
18:46en passant par cette entreprise artisanale, quoi.
18:48Vous êtes un peu le Astérix du cidre, vous résistez à l'envahisseur ?
18:51C'est le village gaulois ?
18:53Bon, je serais plutôt Bilix.
18:55Je ne voulais pas le dire, Jean-Michel.
18:57Je ne voulais pas vous gêner, mais l'idée est bonne quand même.
19:08Bon, les Vincent, je vous avais promis un canon ce matin à la Citadelle.
19:12Ah, c'est ça le canon ?
19:13Mais c'est ça le canon.
19:14Je l'attendais toute la journée.
19:15Ça valait la peine, vous allez voir.
19:17Goûtez.
19:17Ma Muriel, amour, coquillage et crustacés ?
19:29C'est tout à fait ça, regardez.
19:31On est à la Perle de Quéant, Maison Quintin, un australiculteur bien connu depuis plusieurs générations.
19:37Oh là là là là là, oui, je comprends mieux.
19:42C'est ça la perle, là, non ?
19:43Et la voilà.
19:45Produit estival, produit qui a trois ans d'élevage, trois ans passés sous la mer.
19:51On a des huites, nous, qui arrivent ici, qui sont en rivière de Crac.
19:54On les ramène dans le Golfe du Morbihan, sur l'île aux moines, brassés avec les courants du Golfe du Morbihan.
19:58Beaucoup d'eau douce aussi, beaucoup d'apporté lurique.
20:00Et on les ramène ensuite en rivière de Crac.
20:03Donc la stimulation fait que le produit grossit de façon optimale.
20:06Et on a un produit qui est de qualité exceptionnelle.
20:12L'huitre n'a pas besoin de nous, mais on est là pour la façonner.
20:15On est là pour façonner le produit.
20:16On est là pour juste mettre comme un enfant, le mettre au bon endroit, au bon moment.
20:20C'est vraiment, on suit le cycle d'élevage.
20:22On a vraiment un cycle d'élevage.
20:24Je crois que vous avez deux systèmes ici.
20:26Les poches, comme partout, qui sont des sacs d'huîtres.
20:29Et puis vous avez un autre système.
20:30On a le support, ce qu'on appelle australien, qui est un support à balancelle.
20:34Donc on tend un bout, un bout en Kevlar, et on met des supports cylindriques
20:38qui, grâce à un flotteur en dessous, bougent naturellement avec la houle et la marée.
20:44Un peu comme un télésiège, entre un télésiège et une balançoire.
20:47Tout à fait, c'est un peu ça.
20:50J'essaye d'imager.
20:51Donc ça balance.
20:52Et grâce à ça, on arrive à un produit qui est très galbé.
20:56Parce qu'elle est polie tous les jours.
20:58La nature polie l'huître, naturellement.
21:00Comment se porte le marché de l'huître, Jeff ?
21:02C'est compliqué.
21:03C'est compliqué.
21:05On vendait 140 000 tonnes d'huître il y a 20 ans, en France.
21:08On en vend 80 000 tonnes.
21:09On a eu une divisé par deux la consommation.
21:11Pourquoi ? Parce que le produit est passé de mode.
21:13Alors c'est la mode l'été, en barres de dégustation, les barres à huîtres.
21:17Il y a vraiment l'engouement, l'engouement festif.
21:20Ou juste à Noël.
21:21Ou juste à Noël.
21:22Si chaque Français mangeait une fois de plus des huîtres par an, on ne serait pas dans l'embarras.
21:28Là, actuellement, il y a le frein à l'ouverture d'huîtres.
21:31Il y a l'inflation qui fait que les gens ont moins les moyens d'acheter des huîtres.
21:33C'est quand même un produit qui n'est pas cher, mais reste cher quand même pour le Français moyen.
21:37Et donc, on a aussi la peur d'être malade.
21:40Maintenant, l'huître est saine.
21:42Donc nous, on la produit dans des zones qui sont de qualité exceptionnelle au niveau de l'eau.
21:47On fait un produit qui est magnifique.
21:49Et donc, il faut manger des huîtres.
21:51Comment est-ce que vous vous êtes impacté par le réchauffement climatique ?
21:54La faune et la flore ont évolué.
21:55On a beaucoup d'attaques par les dorades.
21:57Il y a 15 ans de ça, on n'avait aucune dorade en Bête-Quibron.
22:00On a des dauphins par centaines en Bête-Quibron.
22:02L'huître s'adapte au climat.
22:05Jusqu'à quand ? Je ne sais pas.
22:07On est conscients de notre économie.
22:09On est conscients de la chance qu'on a d'avoir un tel produit ici qu'on peut mettre en valeur.
22:13Donc, voilà.
22:14Tout le monde fait en sorte, les professionnels comme les pouvoirs publics,
22:19de pouvoir continuer cette austréiculture qui fait la chance de nos morbillonnais
22:25et puis la chance de tous ceux qui peuvent goûter aux huîtres.
22:28Et j'ai repéré chez vous, là-bas, une petite table en bois sous les pins.
22:34C'est assez tentant.
22:35On y va.
22:35C'est parti.
22:36Je vous suis.
22:37Venez, Muriel.
22:38Allez.
22:38On a bien mérité.
22:39On a mérité.
22:40Voilà le maître des lieux.
22:43Ouais, la belle popadour.
22:44Avec ses jeunes filles.
22:46La niche.
22:46Oh, elles sont belles.
22:47Ouais.
22:47Quelle couleur, là, dans le soleil déclinant ?
22:50C'est un cadre paradisiaque qui permet aux ostréiculteurs de survivre.
22:56Vu le contexte économique, les ostréiculteurs, depuis un an, vendent en dessous du coup de revient.
23:02La faible demande fait que l'huître, elle est boudée.
23:05Et les ostréiculteurs souffrent.
23:06Ils ont du mal à survivre.
23:08Et donc, on se bat pour faire vivre les lieux de dégustation chez l' ostréiculteur.
23:14De façon, en deux mois, à donner un petit sursaut.
23:18Un coup de boost.
23:19Un petit coup de boost au niveau de l'économie de l'entreprise qui permet de redémarrer une saison d'hiver un peu plus serein.
23:25Je vous laisse déguster les popadours.
23:27Je fuis dans mes activités.
23:28Oui, merci.
23:29Merci, Jeff.
23:30Merci.
23:31Madame la sénateur, aujourd'hui, tout le monde veut venir en Bretagne et en particulier dans le Morbihan.
23:37Vous êtes colonisée, en fait.
23:38Moi, je suis assez satisfaite du fait que nous ayons des touristes.
23:41Le tourisme, c'est quand même de l'économie.
23:43Ça fait vivre le pays.
23:44Ça fait vivre le pays.
23:46Moi, il y a un mot que je trouve a été dévoyé et en bonne partie à cause des Bretons.
23:52C'est le mot agroalimentaire.
23:54Et dans l'esprit des gens, à cause de productions souvent intensives et industrielles, en Bretagne notamment,
24:00les gens pensent industrie agroalimentaire et oublient le terme agroalimentaire.
24:05Oui, mais je crois qu'on a une vision qui est un peu fausse des choses.
24:08D'abord, l'agriculture en France et aussi dans le Morbihan, elle est très familiale en France.
24:14On voit beaucoup de gecs, et on l'a vu d'ailleurs, en famille, des couples, des couples avec leurs enfants,
24:21des proches qui exploitent ensemble.
24:25Et ensuite, une fois qu'on a dit qu'on exploitait, il faut bien transformer.
24:29Et c'est ça, l'agroalimentaire.
24:30C'est une étape, après la production, une étape qui permet de nous nourrir, nous nourrir tous,
24:35les Morbihanais et d'autres.
24:37Et donc, ce qu'on prend pour un productivisme répréhensible,
24:42ça n'est jamais que la capacité qu'ont nos agriculteurs à nous nourrir tous.
24:47Gardons quand même à l'esprit que les agriculteurs sont les mieux placés
24:50pour vouloir préserver cet environnement dont ils vivent aussi.
24:54Il faut que je vous dise que j'ai été très sensible à ce que vous m'emmeniez voir un producteur de porcs bio.
24:59Et j'ai coutume de dire, et c'est un peu une boutade, mais on n'est pas loin du fait,
25:04un million de Bretons, trois millions de cochons.
25:07C'est-à-dire, cette industrie du cochon, du porc en Bretagne,
25:12elle a quand même fait d'énormes dégâts.
25:14Oui, c'est vrai, mais c'est en ça que je dis qu'il faut qu'on trouve un juste milieu.
25:17Moi, je pense que l'agriculture ne peut pas être que locale.
25:20Elle doit aller au-delà.
25:21L'agriculture, ça a été une des grandes forces commerciales de la France.
25:23On est d'ailleurs en train de perdre beaucoup de terrain,
25:25et le Sénat l'a déjà dit depuis de nombreuses années.
25:29L'agriculture, elle doit aussi s'exporter.
25:33Mais moi, je ne suis pas de ceux qui opposent les deux modes de production.
25:38L'agriculture conventionnelle, l'agriculture qui produit, elle est nécessaire.
25:43Merci beaucoup, Muriel, de cette journée.
25:45J'espère que vous avez pris autant de plaisir que nous à cette balade morbillanaise.
25:49On se retrouve très vite sur le canal 8 de la TNT ou sur publicsena.fr.
26:08C'était Manger, c'est voter avec le concours général agricole.
Écris le tout premier commentaire