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Au programme de ce nouveau numéro de "En Direct du Sénat", la situation politique et l’impasse autour du budget. Le texte revient en commission à l’Assemblée nationale aujourd’hui alors que, sur ce texte, le torchon brûle entre le gouvernement et le Sénat. Également à la une cette semaine, l’opération des forces spéciales au Venezuela et l’arrestation de Nicolas Maduro. Donald Trump menace désormais de conquérir le Groenland. Quelles doivent être les réponses de la France et de l’Europe ? Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France en Chine, au Royaume-Uni et en Russie était reçue cette semaine nous l’écouterons. Troisième titre dans cette émission : les socialistes ont tenté de faire adopter hier une proposition de loi visant à offrir un statut de fonctionnaire aux AESH, ces personnels accompagnant les élèves en situation de handicap. La droite et le centre s’y sont opposés. Et enfin, la délégation aux droits des femmes du Sénat continue ses travaux sur la montée en puissance des réseaux et mouvements masculinistes. Année de Production :
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00:00:00Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle édition de En Direct du Sénat,
00:00:16votre programme qui revient tous les jeudis sur les temps forts de l'actualité de la Chambre haute du Parlement.
00:00:20Voici les titres cette semaine.
00:00:22A la une de cette première de 2026, il y a la situation politique et l'impasse autour du budget.
00:00:27Le texte revient en commission à l'Assemblée Nationale aujourd'hui,
00:00:30alors que sur ce texte, le torchon brûle entre le gouvernement et le Sénat.
00:00:34Également, à la une cette semaine, l'opération des forces spéciales au Venezuela,
00:00:38l'arrestation de Nicolas Maduro, Donald Trump qui menace désormais de conquérir le Groenland,
00:00:43quelles doivent être les réponses de la France et de l'Europe ?
00:00:46Sylvie Berman était reçue au Sénat.
00:00:48Troisième titre de cette édition, les socialistes qui ont tenté de faire adopter hier une proposition de loi
00:00:54visant à offrir un statut de fonctionnaire aux AESH,
00:00:57ses personnels accompagnant les élèves en situation de handicap.
00:01:00La droite et le centre s'y sont opposés.
00:01:02Et enfin, la délégation aux droits des femmes du Sénat,
00:01:05qui continue ses travaux sur la montée en puissance des réseaux et mouvements masculinistes.
00:01:09Mais d'abord, donc, l'attention qui reste vive entre la majorité de la droite et du centre du Sénat
00:01:19et le gouvernement sur le budget.
00:01:21Pour rappel, l'examen du texte est dans l'impasse.
00:01:24Depuis décembre, une loi spéciale a bien été adoptée,
00:01:27mais il faut toujours essayer de trouver un accord sur le projet de loi de finances.
00:01:30Écoutez la ministre des Comptes publics, ce midi, devant l'association des journées parlementaires.
00:01:35Un budget, c'est un exercice qui demande du travail,
00:01:40mais c'est aussi un exercice qu'on ne peut pas détacher du reste du monde.
00:01:44L'hémicycle Assemblée n'est pas une île,
00:01:46et nous sommes ici au cœur d'un lieu essentiel de la vie démocratique d'autres pays,
00:01:50mais nous sommes au cœur de la France, nous sommes au cœur de l'Europe,
00:01:52et nous sommes au cœur du monde.
00:01:54La première chose, c'est qu'il faut prendre la question, à mon avis, un peu dans l'autre sens,
00:01:58c'est qu'est-ce que notre pays risquerait à ne pas avoir de budget
00:02:02au-delà des quelques jours et semaines que la loi spéciale, au fond, nous donne,
00:02:07pour avoir précisément un cadre, un cadre d'action,
00:02:12et un cadre qui permet notre pays d'être fort dans un moment où il doit l'être.
00:02:17Quand vous voyez à l'extérieur de nos frontières,
00:02:20le vénézuélois, les questions qui se posent maintenant,
00:02:23on voit bien aussi sur le Groenland, les enjeux du multilatéralisme,
00:02:26les enjeux en Ukraine.
00:02:27Ici, à Paris, il y a moins de 48 heures, une annonce majeure,
00:02:31à la fois sur un plan de paix, un plan de protection de la paix
00:02:35dès qu'elle pourra advenir en Ukraine.
00:02:37On a besoin, nous, seule puissance de dissuasion nucléaire dans l'Union européenne,
00:02:42d'avoir les moyens de nos actions et les moyens de notre puissance.
00:02:46Et dans ce qui concerne nos crises et nos défis intérieurs,
00:02:49je pense évidemment au sujet agricole, nous avons sous nos fenêtres
00:02:52une manifestation actuellement, quand on voit les enjeux européens de Mercosur,
00:02:56quand on voit les enjeux européens de commerce.
00:02:59On a évidemment besoin d'avoir deux choses.
00:03:02Un pays qui n'est pas bloqué parce que sa classe politique tournerait en rond.
00:03:07Et nous avons besoin, la deuxième chose, de savoir ce que nous voulons pour nous-mêmes
00:03:11avant de savoir ce que nous voulons dire et faire en Europe et dans le monde.
00:03:15Une classe politique qui tournerait en rond,
00:03:17elle a déjà tourné un peu en rond, disons, tout l'automne.
00:03:21Là, qu'est-ce qui va débloquer et faire en sorte qu'elle ne tourne plus,
00:03:24qu'elle tourne carré ?
00:03:25La première chose, c'est qu'on n'a pas complètement tourné en rond à l'automne.
00:03:28Et je pense qu'on a vite oublié qu'on a quand même fait quelque chose
00:03:31qui n'était pas écrit, qui avait suscité beaucoup de scepticisme initialement.
00:03:35C'est que nous arrivions à faire voter un texte budgétaire
00:03:37sans majorité absolue, 149.3.
00:03:39C'est le budget de la Sécurité sociale.
00:03:41On est aujourd'hui le 8 janvier.
00:03:43Contrairement à l'année dernière, depuis huit jours,
00:03:46les hôpitaux ont un budget, les soignants ont un budget,
00:03:48les retraités ont un cadre pour, évidemment, se projeter,
00:03:53les personnes qui accompagnent les Français en situation de handicap,
00:03:57les Français dépendants, savent comment ils peuvent fonctionner.
00:04:00Ça, c'est quand même quelque chose qu'on a un peu vite oublié,
00:04:02mais qui est un fait politique majeur.
00:04:04C'est que nous avons réussi à ce qu'au fond,
00:04:06les partis de gouvernement considèrent que,
00:04:10tout en restant pour certains dans l'opposition,
00:04:12et que d'autres étaient effectivement dans une forme de majorité très, très relative,
00:04:16ou une minorité gouvernementale, on peut l'appeler comme ça,
00:04:19il n'y a pas de majorité absolue, vous voyez bien, dans l'hémicycle,
00:04:22eh bien, chacun, en gardant son identité,
00:04:24pouvait mettre les intérêts du pays avant ses intérêts partisans.
00:04:30Partisans, pourquoi ?
00:04:31Parce que je veux dire que les élections présidentielles,
00:04:32les élections municipales,
00:04:34si nous n'avions pas, avec le Premier ministre,
00:04:37je crois très fermement dit que ce gouvernement,
00:04:40lui-même, n'est pas dans un calendrier électoral,
00:04:43n'est pas candidat à l'élection présidentielle,
00:04:44ne se place pas dans un jeu d'échéance de court terme,
00:04:47mais bien dans l'idée que nous avons 18 mois avant un moment démocratique majeur,
00:04:51les présidentielles de 2027,
00:04:53et que notre enjeu, c'est de pouvoir agir ici et maintenant pour les Français,
00:04:57eh bien, si nous n'avions pas fait, collectivement, je pense, ce choix,
00:05:00alors nous aurions eu une très grande incapacité
00:05:03à, effectivement, dépasser une forme de blocage.
00:05:06Et donc, première chose, d'abord, d'où on vient ?
00:05:09On vient d'un moment où, moi, je tiens à dire clairement,
00:05:11il y a ceux qui veulent tout bloquer, les insoumis,
00:05:15d'une certaine manière, leur Rassemblement National,
00:05:16deux partis obsédés par les élections,
00:05:18qui veulent faire re-voter les Français.
00:05:20Marine Le Pen et son parti veulent faire re-voter les Français
00:05:23parce qu'ils considèrent qu'en 2024, ils ont mal voté la législative,
00:05:26que si on faisait une dissolution, ils voteraient à leurs yeux sûrement mieux,
00:05:30et que les choses seraient claires.
00:05:31Et puis vous avez les insoumis qui veulent refaire re-voter les Français
00:05:33pour les présidentielles parce que, manifestement,
00:05:36en 2022, les Français n'ont pas bien voté.
00:05:37Et puis vous avez d'autres partis, je pense en particulier
00:05:41aux partis socialistes, aux liottes, aux indépendants,
00:05:43à certains écologistes qui, sur le PLFSS,
00:05:47et à certains communistes également,
00:05:49qui ont considéré qu'on pouvait être tout à la fois dans l'opposition,
00:05:53mais agir pour les Français
00:05:54et ne pas confondre le budget 2026
00:05:57avec les tracts pour la présidentielle 2027.
00:05:59Je pense qu'il faut qu'on soit clairs sur le sujet.
00:06:01Alors pourquoi chez deux, au fond,
00:06:04la volonté de l'optimisme et l'optimisme du réalisme, peut-être ?
00:06:07On a eu une commission mixte paritaire qui n'a pas été conclusive.
00:06:11Elle a duré une demi-heure.
00:06:13Je pense que tout le monde comprend bien
00:06:14que quand quelque chose dure une demi-heure,
00:06:17c'est qu'on n'a peut-être pas fait tous nos meilleurs efforts.
00:06:19Moi, je n'étais pas dans la pièce,
00:06:21donc j'étais un constat,
00:06:22je l'ai regretté.
00:06:24Je pense que vous avez entendu le regretter.
00:06:25Maintenant, il faut avancer.
00:06:27Donc le gouvernement, on nous dit à tout bout de champ,
00:06:30qu'il faut qu'on prenne nos responsabilités.
00:06:31Eh bien, on a pris nos responsabilités
00:06:33en considérant qu'il était de notre devoir
00:06:36de faciliter ce travail de convergence.
00:06:39Non pas pour arriver en disant,
00:06:40voilà la vérité, merci, vous tous,
00:06:42de vous mettre d'accord sous mon autorité,
00:06:44mais plutôt que nous,
00:06:46vous avez vu à Bercy,
00:06:47invitions toutes les forces politiques,
00:06:49sauf celles qui manifestement veulent bloquer,
00:06:51les Insoumis et le RN,
00:06:53à participer à, au fond,
00:06:55un travail où on s'est donné du temps,
00:06:58de l'écoute.
00:06:58Ça a duré 4 heures et demie.
00:07:00Le but, c'est pas que ça dure,
00:07:01mais que ça nous a permis de revoir
00:07:02tous les points de tension, de friction,
00:07:05de divergence de la commission mixte paritaire.
00:07:07Et je crois qu'un certain nombre de participants
00:07:09à cette réunion ont fait savoir,
00:07:11à certains d'entre vous,
00:07:12que, bien sûr, nous n'avions pas conclu
00:07:15l'ensemble des points,
00:07:17mais que chacun, je crois,
00:07:18est sorti de cette réunion,
00:07:18et moi la première,
00:07:19sur l'idée que, un,
00:07:20nous pouvions trouver un compromis,
00:07:22c'est possible,
00:07:24deux, que nous n'en sommes pas loin,
00:07:26et je pense qu'il faut l'affirmer,
00:07:28mais que trois,
00:07:29il faut aussi qu'on regarde
00:07:30qui était là et qui n'était pas là.
00:07:33Et, de facto,
00:07:35je remarque que Jean-Luc Mélenchon
00:07:37a peut-être mené une opération
00:07:39qui manifestement a fonctionné,
00:07:40qui était une forme de piège,
00:07:42qui était de s'enthousiasmer
00:07:44de l'absence à une réunion
00:07:46de groupes politiques
00:07:48qui ne sont pas le sien,
00:07:50parce que les insoumis
00:07:51vont bien mettre cette pression en continu
00:07:53sur l'idée qu'il faudrait
00:07:53qu'on fasse le blocage dur,
00:07:54et qu'on sait que les insoumis
00:07:57prospèrent sur le blocage.
00:07:58Jean-Luc Mélenchon
00:07:58se prospère sur le blocage.
00:08:00Et je veux juste conclure,
00:08:01Jean-Luc Mélenchon
00:08:02il dit quelque chose
00:08:02qui pour moi doit être noté,
00:08:04il dit au fond,
00:08:05ces partis ont bien fait
00:08:06de ne pas venir à Bercy
00:08:07parce qu'ils n'ont pas voulu
00:08:08rentrer dans la combine
00:08:09pour trouver un budget.
00:08:11Je vous le dis très sincèrement,
00:08:13moi je ne suis pas dans la combine.
00:08:15Je pense que quand les partis politiques
00:08:16viennent à une réunion,
00:08:17à l'invitation du gouvernement
00:08:19pour trouver des points de convergence,
00:08:21pour faire savoir aussi
00:08:22leurs divergences,
00:08:24pour les faire savoir
00:08:25à des acteurs politiques
00:08:27qui ne sont pas leurs amis,
00:08:28mais qui sont leurs opposants politiques.
00:08:30Ça ne s'appelle pas la combine,
00:08:31ça s'appelle trouver une solution.
00:08:33Et au fond,
00:08:34il y a bien deux visions de la politique,
00:08:36sans être manichéen,
00:08:37mais qu'on doit quand même constater.
00:08:38Vous avez une partie de la classe politique
00:08:40qui est dans la radicalité,
00:08:41qui s'appelle les extrêmes,
00:08:42qui ont une vision assez binaire des choses,
00:08:44qui n'hésitent pas à faire
00:08:45de la mise en scène
00:08:45et parfois une forme de théâtre,
00:08:47et qui considèrent
00:08:47qu'on peut jouer et rejouer
00:08:48avec les élections
00:08:49et qu'au fond,
00:08:49tout ça est un exercice,
00:08:52une forme de spectacle aussi.
00:08:54Et puis,
00:08:55vous avez des parties de gouvernements
00:08:56qui ne sont pas d'accord sur tout,
00:08:57mais qui sont d'accord sur un essentiel,
00:09:00c'est qu'il faut que notre pays avance
00:09:02et ait les moyens de sa puissance
00:09:03et les moyens de son développement
00:09:04avant que des échéances électorales
00:09:06clarifient une ligne,
00:09:08une légitimité nouvelle en 2027,
00:09:10on le sait.
00:09:11N'hésitez pas à lever la main
00:09:12pour que je vous passe le micro,
00:09:13mais juste une question de relance.
00:09:14Vous avez évoqué la réunion de Bercy
00:09:16avec un certain nombre
00:09:17de groupes parlementaires
00:09:18avant-hier,
00:09:20qui a été jugé effectivement
00:09:20plutôt constructif.
00:09:22Ce matin,
00:09:22les débats ont recommencé
00:09:23en commission
00:09:24et on voit bien
00:09:24que le débat reprend ses droits
00:09:26en quelque sorte.
00:09:27Chacun défend son point de vue
00:09:28avec notamment
00:09:29des débats encore assez intenses
00:09:31sur la fiscalité.
00:09:33Vous disiez tout à l'heure
00:09:33que vous n'étiez pas
00:09:34dans l'espoir,
00:09:35mais plutôt dans le volontarisme.
00:09:36Est-ce que le redémarrage
00:09:38des travaux en commission,
00:09:41à contrario,
00:09:41vous inquiète un peu
00:09:42ou est-ce que vous considérez
00:09:43qu'entre la commission
00:09:44et l'hémicycle,
00:09:45il y a encore un chemin
00:09:46à faire pour parvenir
00:09:47à un accord ?
00:09:48D'abord,
00:09:48moi, je ne suis jamais inquiète
00:09:49de la démocratie
00:09:50et je ne suis jamais inquiète
00:09:51du fonctionnement
00:09:52des institutions.
00:09:53Moi, je me suis aussi engagée
00:09:54et je vais répondre
00:09:55à votre question,
00:09:56mais je me suis aussi engagée
00:09:57avec, je pense,
00:09:58vous avez senti
00:09:58une très grande authenticité
00:10:00et sincérité dans ce débat,
00:10:01sans compter mes heures,
00:10:02mes jours,
00:10:02mes nuits,
00:10:04parce qu'il se joue
00:10:05au-delà de la réduction
00:10:05du déficit,
00:10:07au-delà de l'équilibre
00:10:08entre les recettes
00:10:09et les dépenses.
00:10:10Il se joue
00:10:11une question démocratique.
00:10:13Est-ce que nous considérons
00:10:14que dans notre pays,
00:10:15les représentants
00:10:16démocratiquement élus,
00:10:18même quand ils ne sont pas
00:10:19en situation
00:10:20de majorité absolue,
00:10:21peuvent apporter
00:10:22des solutions aux Français ?
00:10:24Si vous répondez
00:10:24par la négative
00:10:25à cette question,
00:10:26il y a manifestement
00:10:26des hommes et des femmes politiques
00:10:28qui ont décidé
00:10:28que ça ne pouvait pas marcher,
00:10:30en fait,
00:10:31c'est que vous avez quand même,
00:10:32moi, je pense,
00:10:32une très grande question
00:10:33démocratique devant vous.
00:10:35C'est quoi l'alternative
00:10:35dans ce cas-là ?
00:10:36On se dit,
00:10:36il y a un Parlement,
00:10:37il ne marche pas
00:10:38comme on voudrait,
00:10:39donc on le rend inutile,
00:10:40on le rend caduque,
00:10:40on le dissout,
00:10:41on le supprime.
00:10:42Donc moi,
00:10:43je me suis aussi engagée
00:10:43parce que je considère
00:10:44que, évidemment,
00:10:45la situation politique,
00:10:47elle est fragmentée.
00:10:49Mais elle n'est pas fragmentée
00:10:50parce que je ne sais qui
00:10:51l'aurait rendue fragmentée.
00:10:53Elle est fragmentée
00:10:53parce que la population française
00:10:54est politiquement fragmentée.
00:10:55On peut le déplorer.
00:10:57On peut ensuite vouloir
00:10:58s'engager dans les moments électoraux
00:11:00pour essayer de réunir.
00:11:02Mais vous voyez bien,
00:11:03je pense que les partis
00:11:04de gouvernement
00:11:05qui, sans renier
00:11:06leur qualité d'opposant
00:11:07ou de participant
00:11:08ou de soutien à un gouvernement
00:11:09qui s'engagent dans ce travail
00:11:10pour les Français
00:11:11ici et maintenant,
00:11:12moi, je pense qu'ils auront
00:11:13un gain
00:11:14aux yeux des Français
00:11:16dans les prochaines échéances.
00:11:19Ce serait dramatique
00:11:20dans notre pays
00:11:20et je pense que les Français,
00:11:21d'ailleurs,
00:11:21quand vous les rencontrez
00:11:22dans les voeux,
00:11:23dans ce début d'année,
00:11:24dans nos familles,
00:11:25ils ne vous disent pas
00:11:26la radicalité,
00:11:28au fond,
00:11:28c'est ce qu'on veut.
00:11:28Ils veulent que le pays avance,
00:11:29ils veulent que leurs enfants
00:11:30aient un avenir,
00:11:31ils veulent que leurs entreprises
00:11:31fonctionnent,
00:11:32ils veulent que leur patron
00:11:33puisse les augmenter.
00:11:34Au fond,
00:11:35ils veulent des choses
00:11:35qui fonctionnent.
00:11:37Et donc,
00:11:38je suis persuadée
00:11:39qu'aujourd'hui,
00:11:39les sondages donnent
00:11:40un primat à la radicalité.
00:11:42Je ne suis pas certaine
00:11:43qu'à moyen long terme,
00:11:45y compris à 18 mois.
00:11:47Mais ce que je sais,
00:11:48en revanche,
00:11:48c'est que ceux qui ne s'engagent
00:11:49pas dans ce travail
00:11:50pour les Français,
00:11:52à un moment donné,
00:11:52je pense,
00:11:53perdent beaucoup de crédit,
00:11:54perdent des points
00:11:55et donc perdent aussi
00:11:55leur capacité à peser.
00:11:57Quand vous n'êtes pas
00:11:57dans une réunion
00:11:58où on cherche des convergences,
00:12:00votre voix n'est pas entendue.
00:12:01C'est dommage
00:12:02parce que,
00:12:03ce que je veux aussi souligner,
00:12:05et c'est l'intérêt
00:12:07de la démocratie,
00:12:08parce que des gens
00:12:09sont dans des partis
00:12:10qui ne sont pas les mêmes
00:12:11et qui peuvent y avoir
00:12:11des opposants
00:12:12et des soutiens
00:12:13à un gouvernement,
00:12:14que les priorités
00:12:15ne sont pas partagées.
00:12:16Je vais vous donner
00:12:17deux sujets
00:12:17qui sont partagés,
00:12:19peut-être de manière
00:12:20contre-intuitive.
00:12:22Les enjeux de jeunesse,
00:12:24de soutien aux étudiants,
00:12:26aux universités,
00:12:26à la recherche,
00:12:28honnêtement,
00:12:29aujourd'hui,
00:12:29je ne sais pas vous dire
00:12:30si c'est un sujet de droite
00:12:30ou de gauche.
00:12:32Il n'y a pas de monopole
00:12:33de sujets par tel ou tel.
00:12:35Les sujets de transition écologique,
00:12:37de décarbonation,
00:12:39de soutien à une industrie
00:12:40qui soit moins polluante
00:12:41et pourtant compétitive,
00:12:43ça va en gros de la CGT
00:12:44jusqu'aux partis des Républicains
00:12:48ou de Horizon.
00:12:49Donc, ce que je vois aussi,
00:12:51c'est qu'on a une lecture
00:12:51souvent, d'ailleurs médiatique,
00:12:53qui cherche à savoir
00:12:53qu'est-ce que chacun
00:12:54a gagné ou perdu.
00:12:57Moi, je n'approche pas
00:12:58les choses comme ça.
00:12:58Je pense qu'en fait,
00:12:59au fond, à la fin,
00:12:59c'est qu'est-ce que les Français
00:13:00ont gagné
00:13:01et qui sont les gens
00:13:02qui l'auront permis de gagner.
00:13:04C'est ceux qui participent
00:13:05et c'est ceux qui avancent.
00:13:06Ensuite, vous allez probablement
00:13:07vous poser plein de questions
00:13:07de méthode,
00:13:08mais sur le fond
00:13:09et sur la démocratie,
00:13:10voilà en tout cas
00:13:11la manière dont j'aborde
00:13:13ces choses en ce 8 janvier.
00:13:15Elsa.
00:13:16Oui, Elsa Mondangava
00:13:17pour la chaîne parlementaire.
00:13:18Vous dites que certains
00:13:19demandent au gouvernement
00:13:19de prendre ses responsabilités.
00:13:21On vous demande plutôt
00:13:22d'engager la responsabilité
00:13:23du gouvernement
00:13:24avec l'article 49.3.
00:13:26Le groupe Horizon
00:13:26a même fait la demande publiquement
00:13:27lors de la séance
00:13:29des questions au gouvernement.
00:13:30On a le sentiment
00:13:30que tout le monde connaît
00:13:31un peu la fin de l'histoire.
00:13:33Est-ce qu'il y a vraiment
00:13:33un autre chemin possible
00:13:35ou est-ce que c'est forcément
00:13:36un 49.3 dans les prochains jours ?
00:13:38Cette question,
00:13:42elle est posée parfois
00:13:43par certains avec malice
00:13:44et d'autres parfois
00:13:46avec une forme de sincérité.
00:13:49La malice, c'est de considérer
00:13:50que quand vous agitez
00:13:52cet article de la Constitution,
00:13:54ça déresponsabilise
00:13:55tous les acteurs.
00:13:57C'est-à-dire que tout revient
00:13:58du coup au gouvernement,
00:13:59le quand, le comment, le quoi,
00:14:03et qu'au fond,
00:14:03le gouvernement,
00:14:04il a tout en main
00:14:06et que finalement,
00:14:07plus personne n'a rien à faire.
00:14:10Vous avez compris
00:14:11qu'avec le Premier ministre,
00:14:12et c'est d'ailleurs pour ça
00:14:13que depuis le départ,
00:14:13il avait pris l'engagement
00:14:14de ne pas l'activer
00:14:15pour aussi assurer
00:14:17d'une forme de sincérité
00:14:19aux travaux parlementaires.
00:14:22Donc, je veux d'abord
00:14:23exclure ceux qui,
00:14:25parfois dans des oppositions radicales,
00:14:27ont hurlé
00:14:27contre le 49.3
00:14:28pendant des mois,
00:14:29voire des années,
00:14:30et qui aujourd'hui,
00:14:31la bouche en cœur,
00:14:32tout en voulant tout bloquer,
00:14:33se disent que voilà la bonne idée,
00:14:34on a qu'à demander un 49.3
00:14:35pour qu'ensuite,
00:14:36on puisse mieux s'y opposer.
00:14:38Ensuite, vous avez une autre,
00:14:39on le voit,
00:14:40lecture de la politique actuelle,
00:14:42qui est de dire
00:14:43qu'il faut qu'on ait
00:14:43un budget rapidement,
00:14:45engagé à ce que ça dure
00:14:46quelques semaines,
00:14:49et que la démographie parlementaire
00:14:52fait que beaucoup se disent,
00:14:53contrairement au PLFSS,
00:14:55on voit qu'il y a quand même
00:14:56des gens qui ne viennent plus
00:14:57aux réunions,
00:14:57donc c'est difficile
00:14:58de compter sur même
00:14:59l'abstention
00:14:59de certains acteurs politiques
00:15:01si les acteurs en question
00:15:02ne sont même pas participants
00:15:03à des réunions
00:15:03où ils pourraient justement
00:15:04faire changer le texte
00:15:06pour qu'il soit
00:15:07plus facilement acceptable.
00:15:10Mais je le redis,
00:15:11et ce n'est pas une pirouette
00:15:12de ma part,
00:15:14les enjeux de méthode,
00:15:15un, appartiennent
00:15:15au gouvernement,
00:15:17deux,
00:15:18ils appartiennent
00:15:19à un temps
00:15:19qui n'est pas le temps
00:15:20du début du débat,
00:15:21mais plutôt
00:15:21de la fin du débat,
00:15:23et trois,
00:15:24ils ne peuvent pas être posés
00:15:25en anticipation
00:15:26d'un enjeu de fond.
00:15:28si vous n'avez pas
00:15:29d'accord politique,
00:15:32si vous n'avez pas
00:15:32stabilisé au fond
00:15:34le contenu
00:15:35des politiques publiques
00:15:36que vous soutenez,
00:15:37des économies
00:15:37que vous allez faire,
00:15:38la manière dont vous allez
00:15:38réduire le déficit,
00:15:40de l'équilibre fiscal,
00:15:43vous pouvez brandir
00:15:44tous les articles
00:15:44de la Constitution
00:15:45si à la fin,
00:15:46ce qui se passe,
00:15:46c'est que vous n'avez
00:15:46toujours pas de budget
00:15:47et qu'en plus,
00:15:47vous avez un gouvernement
00:15:48qui tombe,
00:15:50je ne vois pas très bien
00:15:51en quoi ça aide le pays.
00:15:52Donc moi,
00:15:53je ne suis pas dans
00:15:53l'évitement de votre question,
00:15:54mais je fais les choses
00:15:55avec méthode justement.
00:15:56D'abord,
00:15:57là,
00:15:57on travaille sur le fond,
00:15:59on stabilise
00:16:00un point d'équilibre
00:16:01tant politique
00:16:03que pour le pays
00:16:04qui répond aux crises,
00:16:06qui répond à l'essentiel,
00:16:07qui nous fasse sortir
00:16:07de ce service minimum
00:16:08qu'est la loi spéciale
00:16:09qui, contrairement
00:16:10à ce que dit le président
00:16:10de la Commission des finances,
00:16:11ne peut pas durer.
00:16:13Petit aparté,
00:16:14c'est étonnant
00:16:14qu'un président
00:16:14de la Commission des finances
00:16:15dont le premier objectif
00:16:17institutionnel
00:16:18de donner à la France
00:16:19un budget
00:16:19considère qu'il n'a pas
00:16:20besoin de budget.
00:16:21C'est une forme
00:16:22d'ironie de l'histoire.
00:16:25Mais une fois
00:16:26qu'on a dit ça,
00:16:27d'abord le fond
00:16:27et ensuite la méthode.
00:16:30Et de vous à moi,
00:16:31la méthode,
00:16:31elle appartient
00:16:32au Premier ministre
00:16:32et le fond,
00:16:33au fond,
00:16:34il appartient
00:16:34aux parlementaires.
00:16:36Puisque si le fond
00:16:37leur convient,
00:16:38c'est à le construire.
00:16:39Si le fond
00:16:39ne leur convient pas,
00:16:40ça leur appartient
00:16:41aussi du coup
00:16:41de dire que ça
00:16:42ne leur convient pas
00:16:42et ils ont des méthodes
00:16:43pour cela
00:16:43pour décider
00:16:44que le gouvernement
00:16:45potentiellement
00:16:46doit s'en aller.
00:16:46l'objectif premier
00:16:48du Premier ministre,
00:16:49c'est l'ordre.
00:16:51L'ordre dans les comptes,
00:16:52l'ordre dans la rue,
00:16:53l'ordre,
00:16:53c'est-à-dire la stabilité.
00:16:54On a 18 mois
00:16:55avant une présidentielle.
00:16:56Ce n'est pas le moment
00:16:56de remettre du désordre.
00:16:57Je pense que les Français
00:16:58nous le demandent.
00:16:59Oui, Hugo,
00:17:01BFM Business.
00:17:02Je rebondis sur la question.
00:17:04Ce matin,
00:17:04en commission des finances,
00:17:06plusieurs accords
00:17:07qui avaient été trouvés
00:17:08en première lecture
00:17:09à l'Assemblée nationale
00:17:10ont été rejetés,
00:17:11que ce soit la taxe
00:17:12sur les holdings
00:17:13ou la surtaxe d'IES,
00:17:14ou d'ailleurs,
00:17:15vous aviez proposé
00:17:16vous aussi des amendements.
00:17:17Est-ce que vous n'avez pas peur
00:17:19qu'en faisant durer,
00:17:20durer les débats
00:17:22avant d'envisager
00:17:25ce 49-3,
00:17:27puisse rejeter
00:17:30une partie
00:17:31des compromis
00:17:32qui avaient été trouvés
00:17:33avant en première lecture
00:17:34à l'Assemblée nationale ?
00:17:36C'est intéressant.
00:17:37Vous revenez tous
00:17:38avec l'idée de la peur.
00:17:39Nous n'avons pas peur
00:17:40de la démocratie.
00:17:41Nous n'avons pas peur
00:17:42de l'échange.
00:17:43Nous n'avons pas peur
00:17:43de l'échange
00:17:44de points de vue,
00:17:45de convictions.
00:17:46Nous n'avons pas peur
00:17:47des votes.
00:17:48Si on commence
00:17:49à avoir peur de tout ça,
00:17:50c'est qu'on n'est plus
00:17:50en démocratie.
00:17:52Deuxième chose,
00:17:53on sait tous
00:17:54que la commission,
00:17:55c'est un moment différent
00:17:56de celui de la séance.
00:17:58Ça montre donc
00:17:58qu'on a plutôt besoin
00:17:59d'aller en séance.
00:18:01Parce que les votes
00:18:02qui ont eu lieu
00:18:03en commission,
00:18:04comme vous le dites vous-même,
00:18:05ne reflètent pas
00:18:05les majorités
00:18:06qui avaient prévalu,
00:18:09y compris dans l'hémicycle,
00:18:10y compris en première lecture,
00:18:11dont chacun sait
00:18:12que la première lecture,
00:18:12c'est toujours un moment
00:18:13où chacun s'affirme.
00:18:15Avant souvent,
00:18:15une deuxième lecture
00:18:16qui est le moment
00:18:16où on converge.
00:18:17C'est souvent ça
00:18:18quand même
00:18:18qu'est la démocratie
00:18:19avec le principe
00:18:20de l'entonnoir.
00:18:22Donc, ça dit deux choses.
00:18:23Et ça, je veux y revenir
00:18:24parce que beaucoup
00:18:25de lassitude
00:18:26qu'on peut comprendre.
00:18:27Les Français en ont marre.
00:18:28Le pays n'est pas bloqué,
00:18:29mais le monde politique,
00:18:30effectivement,
00:18:31ne donne pas toujours
00:18:32l'image
00:18:33et la réalité
00:18:33de fond d'avancée.
00:18:35Mais s'il y avait
00:18:37même un 49.3,
00:18:38vous voyez,
00:18:39pour la première partie
00:18:40dès le début
00:18:40des discussions,
00:18:41mardi,
00:18:42si vous regardez
00:18:43la séquence parlementaire
00:18:45que vous connaissez
00:18:45mieux que quiconque
00:18:46en France,
00:18:47vous voyez bien
00:18:48que s'il fallait ensuite
00:18:49faire une motion
00:18:49de censure,
00:18:50mécanique,
00:18:52puis ensuite
00:18:52enclencher la deuxième partie,
00:18:53puis avoir du coup
00:18:54deuxième 49.3,
00:18:55puis ensuite
00:18:55d'avoir une deuxième
00:18:57motion de censure,
00:18:57puis ensuite
00:18:58d'envoyer le texte
00:18:58au Sénat,
00:18:59puis ensuite
00:19:00que ça revienne.
00:19:00Vous voyez bien
00:19:00qu'on est parti
00:19:01de toute façon
00:19:01pour globalement
00:19:02la fin du mois de janvier.
00:19:04Autrement dit,
00:19:06se donner le temps,
00:19:07non pas de faire durer
00:19:08pour faire durer,
00:19:09mais comme de faire
00:19:10le travail correctement,
00:19:12de ne pas se dire
00:19:12qu'on va gagner deux jours
00:19:13pour qu'à la fin,
00:19:14ça ne ressemble à rien,
00:19:15que les débats
00:19:15n'aient pas eu lieu,
00:19:16que le travail de fond
00:19:16n'aient pas été fait,
00:19:17et aussi au fond,
00:19:18de certaine manière,
00:19:19que chacun ait pu montrer
00:19:20ce qu'il veut faire.
00:19:21Si certains veulent bloquer,
00:19:22je l'ai dit
00:19:23dans un journal dimanche,
00:19:25les Français verront.
00:19:26Si certains veulent contribuer,
00:19:27ils verront aussi.
00:19:29Mais vous voyez,
00:19:29la transparence
00:19:30de la démocratie,
00:19:32contrairement à ce
00:19:33qu'on a entendu dire,
00:19:34on n'a pas fait
00:19:34des accords
00:19:35dans les couloirs.
00:19:37Les accords,
00:19:37ils sont tous passés
00:19:38par des votes.
00:19:38Le PLFSS,
00:19:39tout a été voté.
00:19:40On n'a pas choisi
00:19:41nous-mêmes,
00:19:41de manière arbitraire,
00:19:43ce qu'on mettait
00:19:44pour les uns et les autres.
00:19:45Donc moi,
00:19:46je crois qu'il est utile
00:19:46que la commission
00:19:47se tienne,
00:19:49qu'ensuite,
00:19:49la séance puisse commencer
00:19:51et qu'on voit aussi,
00:19:54et on voit bien
00:19:54que les enjeux
00:19:55de commission,
00:19:56manifestement,
00:19:57n'ont pas les mêmes
00:19:57équilibres de vote
00:19:58qu'en première lecture
00:19:59et que manifestement,
00:20:00probablement pas
00:20:00les mêmes équilibres
00:20:01que dans l'hémicycle.
00:20:03Donc voilà,
00:20:03faisons les choses
00:20:04avec méthode,
00:20:05avec volontarisme,
00:20:08mais la précipitation
00:20:09n'est pas bonne conseillère
00:20:10et on voit bien
00:20:11qu'on a quand même
00:20:12quelques jours encore
00:20:12devant nous
00:20:13pour terminer
00:20:13un exercice
00:20:14qui est utile aux Français
00:20:15avant d'être
00:20:16un exercice purement politique.
00:20:18Anita.
00:20:18On parle beaucoup
00:20:20de méthode
00:20:21depuis le début
00:20:21de votre propos.
00:20:23Alors moi,
00:20:24je vous pose
00:20:24une question franche.
00:20:25Est-ce que vous croyez
00:20:26qu'un vote
00:20:27est possible
00:20:28sur ce budget ?
00:20:30Je dis bien un vote,
00:20:31pas un engagement
00:20:33du reste de la responsabilité.
00:20:33Il y a 2500 votes,
00:20:34chère madame,
00:20:35dans le budget.
00:20:36Il y a eu 2500 rendements.
00:20:37Après, il y a un vote final.
00:20:38Oui.
00:20:40Est-ce que je pense
00:20:40qu'un vote est possible ?
00:20:41On peut aller au vote.
00:20:43Après,
00:20:43j'entends quand même
00:20:44un certain nombre d'acteurs
00:20:45dire,
00:20:45quel que soit
00:20:47le contenu du texte,
00:20:47on sera contre.
00:20:49Les acteurs,
00:20:50en revanche,
00:20:50qui disent autre chose.
00:20:51Ils disent,
00:20:51nous, on est dans l'opposition,
00:20:53mais on peut aussi
00:20:54s'abstenir.
00:20:56Et vous savez très bien
00:20:56qu'il y a des équations politiques
00:20:58où vous pouvez avoir
00:20:59un socle
00:21:00qui vote pour
00:21:01et que l'abstention
00:21:03d'acteurs
00:21:04qui sont dans l'opposition
00:21:05fait passer le budget.
00:21:07Donc, voilà,
00:21:08nous, on n'a pas renoncé
00:21:09à considérer
00:21:11qu'il fallait
00:21:11qu'on ait un travail
00:21:12de fond.
00:21:12en Suisse,
00:21:13je vous l'ai dit,
00:21:14je l'ai dit ce matin,
00:21:15je ne vais pas refaire
00:21:16mes phrases à chaque fois,
00:21:17mais le gouvernement
00:21:19considère
00:21:21que la France
00:21:21doit être forte,
00:21:23le président de la République
00:21:23l'a dit d'ailleurs
00:21:24dans ses termes
00:21:24et dans ses voeux,
00:21:25et pour que la France
00:21:26soit forte,
00:21:27il ne faut pas
00:21:28qu'on laisse indéfiniment
00:21:29le pays
00:21:30être en régime minimal.
00:21:32Ça s'appelle
00:21:32la loi spéciale
00:21:33et donc c'est ça
00:21:34qui est notre engagement
00:21:34de donner à la France
00:21:36un budget.
00:21:37Mais à nouveau,
00:21:37si on n'a pas d'accord
00:21:38sur le fond,
00:21:39un accord politique,
00:21:40tout ce que je vous dis là
00:21:41n'existe pas.
00:21:41Et c'est pour ça
00:21:41que la priorité
00:21:42de mon travail,
00:21:42de mes journées,
00:21:44c'est de rapprocher
00:21:44les positions,
00:21:45non pas de les faire
00:21:46devenir unanimes,
00:21:48mais un compromis,
00:21:49c'est des choses
00:21:50qu'on ajoute
00:21:51et des choses
00:21:51qu'on accepte,
00:21:53des choses qu'on retire.
00:21:54Voilà,
00:21:54qu'on fasse ce travail-là.
00:21:56Voilà pour ces déclarations
00:21:57d'Amélie de Montchalin.
00:21:58Pour en parler,
00:21:59j'accueille ici Olivier Paco.
00:21:59Bonjour.
00:22:00Bonjour et bonne année.
00:22:02Bonne année,
00:22:02monsieur Paco,
00:22:03sénateur LR de l'Oise.
00:22:05La ministre
00:22:06qui n'exclut plus
00:22:07l'utilisation du 49.3,
00:22:08c'est une évolution
00:22:09de la position du gouvernement.
00:22:11Est-ce que vous la saluez ?
00:22:12Fiat Lux.
00:22:13Et effectivement,
00:22:14la lumière est parvenue
00:22:15jusqu'à Bercy
00:22:16et puis surtout à Matignon
00:22:18puisque Bercy
00:22:19est soldat obéissant de Matignon.
00:22:22C'est une problématique
00:22:22du Premier ministre
00:22:23de toute façon,
00:22:23cette utilisation.
00:22:24Évidemment.
00:22:24C'est lui qui engage
00:22:25la responsabilité du gouvernement.
00:22:26Évidemment.
00:22:27Alors,
00:22:27nous sommes en situation
00:22:28de blocage
00:22:29et malheureusement
00:22:30depuis des mois
00:22:31et le 49.3
00:22:32était conçu
00:22:34comme un outil
00:22:34de déblocage.
00:22:36Donc,
00:22:36il ne fallait pas
00:22:37se priver
00:22:38de cet ustensile
00:22:41constitutionnel.
00:22:42Pour autant,
00:22:43il est bon
00:22:44d'avoir discuté
00:22:45mais quand,
00:22:46au bout de la discussion,
00:22:47on aboutit
00:22:48au constat d'échec
00:22:48et le pire constat d'échec,
00:22:50c'était le vote
00:22:50du PLF
00:22:51à l'Assemblée nationale
00:22:52dont,
00:22:53je rappelle,
00:22:54qu'il a été voté
00:22:54à l'unanimité
00:22:55moins une voix
00:22:56contre.
00:22:57Donc,
00:22:57il y avait plus
00:22:57qu'un blocage.
00:22:58Voilà.
00:22:59On était planté.
00:22:59Mais alors,
00:23:00cette utilisation du 49.3,
00:23:01est-ce qu'elle résout
00:23:02l'équation budgétaire,
00:23:04financière ?
00:23:04Le gouvernement
00:23:05qui a toujours besoin
00:23:06de la non-censure du PS,
00:23:07est-ce que vous comprenez
00:23:08donc que l'exécutif
00:23:09continue de tendre la main
00:23:10aux socialistes ?
00:23:12Écoutez,
00:23:13le gouvernement
00:23:14est pris à son propre piège.
00:23:15Il n'a tendu la main
00:23:16qu'aux socialistes
00:23:17et aujourd'hui,
00:23:18il est encore
00:23:18plus obligé de la tendre.
00:23:21Donc, je ne sais pas,
00:23:21il va falloir
00:23:22qu'il y ait une mutation génétique
00:23:24pour que la main
00:23:25se démultiplie.
00:23:27Il a beaucoup cédé
00:23:28au Parti socialiste
00:23:28et ça ne suffit pas.
00:23:30Les socialistes
00:23:30sont des maîtres chanteurs
00:23:31mais ça marche.
00:23:32Ça a marché.
00:23:33Donc,
00:23:33je comprends
00:23:34qu'il continue
00:23:34mais le problème,
00:23:36c'est que d'autres
00:23:37ne sont pas
00:23:38dans cet état d'esprit.
00:23:40C'est un piège
00:23:40dans lequel
00:23:41le gouvernement
00:23:41s'est lui-même plongé.
00:23:43Voilà.
00:23:43Et alors,
00:23:43du coup,
00:23:44on voit qu'il y a
00:23:44cette tension maintenant
00:23:45avec la droite sénatoriale
00:23:46depuis d'ailleurs
00:23:47le mois de décembre.
00:23:49Qu'est-ce qui va se passer ?
00:23:50Est-ce que si le texte
00:23:51revient
00:23:52avec cet accord
00:23:53de non-censure
00:23:54au Sénat,
00:23:55est-ce que vous allez
00:23:56le rejeter d'emblée ?
00:23:58D'emblée,
00:23:58je ne sais pas
00:23:59et je ne préjuge pas.
00:24:00Une motion ?
00:24:00Comme on l'a vu
00:24:01sur le PLFSS.
00:24:02Oui.
00:24:03Alors,
00:24:03écoutez,
00:24:04je n'en préjuge pas.
00:24:05Simplement,
00:24:06ce que je peux vous dire,
00:24:07c'est que
00:24:07les fourmis
00:24:08ne deviendront pas
00:24:09cigales.
00:24:10Et donc,
00:24:10quand on nous demande
00:24:1110 milliards d'impôts de plus,
00:24:13nous ne l'accepterons pas.
00:24:16Ce n'est pas marqué
00:24:16Renégat là-dessus.
00:24:18Voilà.
00:24:18Oui.
00:24:18On pense notamment
00:24:19à la surtaxe
00:24:19sur les grandes entreprises.
00:24:20Le gouvernement
00:24:21qui remet sur la table
00:24:22un impôt
00:24:22de plusieurs milliards.
00:24:24On ne sait pas
00:24:24quelle hauteur
00:24:25de cet impôt
00:24:25sur les grands groupes
00:24:26qui réalisent des bénéfices.
00:24:27Vous y êtes toujours opposé ?
00:24:28Vous l'aviez supprimé
00:24:29lors de l'lecture
00:24:30du PLFSS.
00:24:30Mais je vous rappelle
00:24:31que cet impôt,
00:24:31il a été introduit
00:24:32en 2025,
00:24:33dans le PLF 2025,
00:24:34pour un an.
00:24:35Pour un an,
00:24:36comme la surtaxe aussi
00:24:37d'IS,
00:24:38pour un an.
00:24:39Et là,
00:24:39on veut le remettre
00:24:40et on le remettra
00:24:41l'année prochaine.
00:24:42Et la compétitivité française,
00:24:44la compétitivité
00:24:45du fabriqué en France
00:24:46en sera attaquée.
00:24:49Or,
00:24:49nous avons besoin
00:24:50de protéger
00:24:50notre tissu économique,
00:24:52encore plus aujourd'hui
00:24:53qu'hier.
00:24:54On avait vu
00:24:54de la tension
00:24:54entre le Sénat
00:24:55et le gouvernement
00:24:57la dernière semaine
00:24:57avant les vacances parlementaires.
00:24:59Le Premier ministre
00:24:59qui avait parlé
00:24:59de décalage horaire
00:25:00en parlant du Sénat.
00:25:02Est-ce qu'il y a toujours
00:25:03cette tension ?
00:25:05Est-ce qu'elle est palpable
00:25:05en cette rentrée 2026
00:25:06ou est-ce que
00:25:07les vacances parlementaires
00:25:08ont apaisé les choses ?
00:25:09La trêve des confiseurs ?
00:25:10Je ne sais pas vraiment.
00:25:12Moi,
00:25:12je me souviens
00:25:12de la formidable phrase
00:25:14de Roland Lescure
00:25:15« Houston,
00:25:16you have a problem ».
00:25:17En fait,
00:25:17c'est Matignon
00:25:18qui a un problème
00:25:19de gouvernance
00:25:20et qui,
00:25:21effectivement,
00:25:21n'a peut-être pas
00:25:22traité comme il le devait
00:25:23les propositions
00:25:24du Sénat.
00:25:26Le machiavélisme
00:25:27de bocage
00:25:28n'est pas une voie
00:25:29pour mener la France.
00:25:30Le gouvernement
00:25:31qui continue à dire
00:25:31que c'est à cause du Sénat
00:25:32que le déficit
00:25:33à la fin du PLF
00:25:34est à 5,3% du PIB.
00:25:36Vous refusez
00:25:37cet argument toujours ?
00:25:38Nous le refusons totalement
00:25:39parce qu'il n'était pas
00:25:40à 5,3%,
00:25:41il était en dessous de 5
00:25:42lorsqu'on a transféré
00:25:43lorsqu'on a transféré
00:25:45une partie des hausses
00:25:47dues à la suspension
00:25:49des retraites
00:25:50du PLFSS
00:25:51sur le PLF.
00:25:52Donc,
00:25:52c'est malhonnête en plus.
00:25:54Et ça,
00:25:54ça ne contribue pas
00:25:55effectivement
00:25:56à la fluidité,
00:25:57à la sérénité
00:25:58des relations
00:25:58avec Matignon.
00:25:59J'ai une dernière question.
00:26:00Y a-t-il suffisamment
00:26:00de cohérence politique
00:26:01entre les groupes LR
00:26:02du Sénat
00:26:03et de l'Assemblée nationale ?
00:26:04On a vu que les députés
00:26:05ne sont pas exactement
00:26:06sur votre ligne politique.
00:26:0818 ont même voté
00:26:09pour l'objet
00:26:10de la sécurité sociale
00:26:11qui contient
00:26:11la suspension
00:26:12de la réforme des retraites.
00:26:13Comment expliquer
00:26:14un tel décalage
00:26:14entre vos deux groupes politiques ?
00:26:16Je le regrette profondément.
00:26:18Je ne peux pas
00:26:18vous en dire plus,
00:26:19mais je le regrette profondément.
00:26:21Bruno Rotailleau
00:26:21doit-il taper du poing
00:26:22sur la table
00:26:22avec ses troupes
00:26:23à l'Assemblée nationale ?
00:26:25Eh bien, écoutez,
00:26:26il y a un président
00:26:27de groupe
00:26:27à l'Assemblée nationale
00:26:28qui s'appelle
00:26:28Laurent Wauquiez.
00:26:30C'est à lui
00:26:30de taper du poing
00:26:31sur la table
00:26:31ou s'il ne le fait pas,
00:26:33c'est peut-être
00:26:33qu'il est d'accord
00:26:34avec l'attitude
00:26:34d'une partie
00:26:35de ses députés ?
00:26:36Bien, merci.
00:26:37Merci, Olivier Paco.
00:26:38Et on se fera bien sûr
00:26:38à l'évolution
00:26:39de ce débat budgétaire
00:26:40dans les premières semaines
00:26:42de 2026.
00:26:43Merci à vous.
00:26:43Merci à vous
00:26:44et encore bonne année.
00:26:49Allez, on passe
00:26:50au deuxième thème
00:26:51dans cette émission
00:26:51et les suites
00:26:52de l'opération militaire
00:26:53américaine à Caracas
00:26:54le 3 janvier dernier.
00:26:56La France et l'Europe
00:26:57ont-elles correctement réagi
00:26:58après ce qui s'est passé
00:26:59au Venezuela ?
00:27:01Quid de la suite
00:27:02et des menaces
00:27:03qui pèsent maintenant
00:27:03sur le Groenland
00:27:04de la part de Donald Trump ?
00:27:06Sylvie Berman,
00:27:07ancienne ambassade
00:27:07de France en Chine,
00:27:09au Royaume-Uni
00:27:10et en Russie
00:27:10était reçue hier
00:27:12par la Commission
00:27:13des Affaires étrangères
00:27:13du Sénat
00:27:14avant de recevoir
00:27:15son président
00:27:15Cédric Perrin.
00:27:16Voyez les moments forts
00:27:17de cette audition
00:27:18préparée pour Public Sénat
00:27:19par Mathilde Notarelli
00:27:19et Gauthier Dufossé.
00:27:21Je me réfère très souvent
00:27:23pour caractériser
00:27:24notre époque
00:27:25à la déclaration
00:27:28d'Antonio Gramsci
00:27:29dans les années 30
00:27:30qui disait
00:27:31« Le monde ancien est mort,
00:27:33le monde nouveau
00:27:34n'est pas encore advenu
00:27:35et dans ce clair-obscur
00:27:36surgissent tous les monstres.
00:27:37Et je crois
00:27:38que c'est ce qui
00:27:39en fait caractérise
00:27:41le plus
00:27:42notre période,
00:27:43c'est cette incertitude
00:27:44stratégique
00:27:45où des anciens amis,
00:27:48anciens alliés
00:27:49deviennent
00:27:50ou des adversaires
00:27:52ou des ennemis
00:27:53ou une puissance
00:27:54comme la Russie
00:27:56qui certes
00:27:57était une puissance
00:27:59pas dictatoriale
00:28:02à l'époque
00:28:02mais autocratique
00:28:04qui a agressé
00:28:05son voisin.
00:28:07La Chine
00:28:08pour le moment
00:28:09est dans l'attente
00:28:10et le problème
00:28:12c'est que dans cette période
00:28:13où c'est la loi
00:28:15du plus fort
00:28:15qui l'emporte
00:28:16et ça c'est une évidence,
00:28:17l'Union européenne
00:28:19qui,
00:28:19elle,
00:28:21fondait
00:28:21son existence,
00:28:22enfin sa création
00:28:23et son existence
00:28:24sur la paix,
00:28:26le respect des traités,
00:28:27la réconciliation
00:28:28et aujourd'hui
00:28:29dans une période
00:28:31d'affaiblissement
00:28:33et effectivement
00:28:34d'interrogation
00:28:35sur son avenir.
00:28:39Vous connaissez
00:28:40Thucydide,
00:28:41le dialogue
00:28:41mélien
00:28:42où en fait
00:28:44Mélos
00:28:45après la guerre
00:28:46a demandé
00:28:47la clémence
00:28:47d'Athènes
00:28:48et Athènes
00:28:49a répondu
00:28:49non
00:28:50parce que
00:28:51en fait
00:28:51le droit
00:28:52et la justice
00:28:53s'appliquent
00:28:54essentiellement
00:28:54aux grandes puissances
00:28:55et les autres
00:28:56doivent subir.
00:28:57Et malheureusement
00:28:59on est un petit peu
00:29:00dans cette période.
00:29:03La première question
00:29:05que vous avez posée
00:29:06c'est sur
00:29:07un an de trumpisme.
00:29:09Je crois
00:29:10qu'on s'est trompé
00:29:12parce qu'on n'a pas
00:29:13assez
00:29:14analysé
00:29:16ce qu'était
00:29:16non pas uniquement
00:29:18la réalisation
00:29:18de son premier mandat
00:29:19mais les déclarations
00:29:20lors de son premier mandat.
00:29:22Et je me souviens
00:29:24très bien
00:29:24qu'il avait dit
00:29:25les Européens
00:29:26sont des ennemis
00:29:27pires que la Chine
00:29:28et
00:29:29quand j'en aurai fini
00:29:32avec la Chine
00:29:32je vais m'attaquer
00:29:33aux Européens
00:29:34ce qui l'a fait
00:29:35effectivement
00:29:35sans tarder
00:29:36avec
00:29:37l'imposition
00:29:39en particulier
00:29:40de droits de douane
00:29:41de 15%
00:29:42et ce qui est dramatique
00:29:44c'est que
00:29:44cette Union européenne
00:29:45qu'on considère
00:29:46comme
00:29:46sans doute
00:29:48un nain politique
00:29:49un nain militaire
00:29:50a été considérée
00:29:51comme
00:29:51une super puissance
00:29:53géoéconomique
00:29:54puisque c'est le premier
00:29:55bloc mondial
00:29:56et on a choisi
00:29:58de ne pas résister
00:29:59un peu par peur
00:30:00un peu en raison
00:30:01également
00:30:02de nos divisions
00:30:04mais j'y reviendrai
00:30:07en parlant
00:30:07peut-être plus longuement
00:30:09de l'Europe
00:30:11sur la Chine
00:30:13il a toujours été
00:30:13très clair
00:30:14mais pas seulement lui
00:30:15le pivot vers l'Asie
00:30:16avait commencé
00:30:17avec Obama
00:30:18et c'est là aussi
00:30:21je cite
00:30:21souvent
00:30:22Thucydide
00:30:23c'est le piège
00:30:24de Thucydide
00:30:25où la puissance
00:30:26confirmée
00:30:27donc les Etats-Unis
00:30:27ne peut pas
00:30:28accepter
00:30:29d'être dépassée
00:30:30par la puissance
00:30:31montante
00:30:32ça signifie
00:30:33qu'il y a d'un côté
00:30:34de la puissance
00:30:35confirmée
00:30:36les Etats-Unis
00:30:37une forme de paranoïa
00:30:39et du côté
00:30:39de la puissance
00:30:40montante
00:30:41une forme
00:30:41d'hubris
00:30:42également
00:30:43et c'est vrai
00:30:44que la Chine
00:30:45est en train
00:30:46de renforcer
00:30:46considérablement
00:30:47ses moyens militaires
00:30:49donc cette vision
00:30:52des Etats-Unis
00:30:54de la Chine
00:30:56comme ennemi
00:30:56numéro un
00:30:57et bon
00:30:58elle remonte
00:30:59comme je l'ai dit
00:31:00aux démocrates
00:31:01mais c'est perpétué
00:31:02évidemment avec Trump
00:31:04et je reviens
00:31:05au premier mandat
00:31:06parce que sur chaque chose
00:31:07il renoue les fils
00:31:08de son premier mandat
00:31:09il a tout annoncé
00:31:10en fait
00:31:10il n'avait pas les moyens
00:31:12parce qu'il n'avait pas
00:31:13une administration loyale
00:31:14il y avait
00:31:14les fonctionnaires
00:31:16c'était ce qu'on a appelé
00:31:17les adultes dans la pièce
00:31:18et il a choisi
00:31:20cette fois-ci
00:31:20son équipe
00:31:21il s'y préparait
00:31:22pendant 4 ans
00:31:23donc
00:31:23l'autre aspect
00:31:25c'est cette
00:31:25confrontation
00:31:26cette rivalité
00:31:27avec la Chine
00:31:28ce qui n'avait
00:31:30il parlait
00:31:31d'ailleurs au moment
00:31:31du Covid
00:31:32du parti communiste
00:31:33chinois
00:31:34ou de la Chine
00:31:34communiste
00:31:35bon
00:31:36la Chine a un parti
00:31:37communiste
00:31:37elle a cessé
00:31:38d'être communiste
00:31:39en réalité
00:31:40sur le plan économique
00:31:41elle considère souvent
00:31:42que les français
00:31:42sont plus communistes
00:31:43qu'eux
00:31:44mais
00:31:45donc
00:31:47cette rivalité
00:31:48avec la Chine
00:31:48en particulier
00:31:49sur les questions
00:31:50technologiques
00:31:51je l'ai entendue
00:31:52très souvent
00:31:53de la part des chinois
00:31:54et
00:31:56la rivalité
00:31:59technologique
00:31:59la guerre froide
00:32:00avec
00:32:01le blocus
00:32:02effectivement
00:32:03sur
00:32:03les puces
00:32:05les microprocesseurs
00:32:06qui a souvent
00:32:07d'ailleurs
00:32:07des effets pervers
00:32:08parce que
00:32:09à partir du moment
00:32:10où vous avez des sanctions
00:32:11vous avez des tournements
00:32:12de sanctions
00:32:12et puis vous avez
00:32:13industrie de substitution
00:32:15c'est à dire
00:32:16que les chinois
00:32:17depuis cet embargo
00:32:19ont fait énormément
00:32:20de progrès
00:32:20sur la miniaturisation
00:32:22des puces
00:32:23donc
00:32:24ennemi chinois
00:32:25ennemi européen
00:32:27cette idée
00:32:28également
00:32:29alors
00:32:30il n'est pas
00:32:31je ne sais pas
00:32:32s'il avait formulé
00:32:33à ce moment là
00:32:34de doctrine Monroe
00:32:34qu'il appelle aujourd'hui
00:32:35Donne-Row
00:32:36par référence
00:32:37à sa personne
00:32:38puisque c'est quand même
00:32:39une personnalité
00:32:40essentiellement
00:32:41narcissique
00:32:42c'est
00:32:44de reprendre
00:32:45toute l'Amérique latine
00:32:47enfin
00:32:47et toute l'Amérique
00:32:48ce qu'il appelle
00:32:49l'hémisphère occidental
00:32:51donc du nord au sud
00:32:52jusqu'à la terre de feu
00:32:54et en réalité
00:32:56les américains
00:32:57s'étaient désintéressés
00:32:58de leur précaré
00:33:00donc l'Amérique latine
00:33:01et la Chine
00:33:02est devenue
00:33:03le premier partenaire
00:33:04de tous ces pays
00:33:05et
00:33:07il a repris
00:33:08la main
00:33:09d'ailleurs
00:33:09dès son arrivée
00:33:10avec le canal de Panama
00:33:12en dénonçant
00:33:12les accords conclus
00:33:14entre Panama
00:33:15et la Chine
00:33:15puisque c'est une entreprise
00:33:17hongkongaise
00:33:18mais très liée
00:33:19à la Chine continentale
00:33:21donc qui contrôlait
00:33:23l'entrée
00:33:24et la sortie
00:33:24du canal de Panama
00:33:25l'élimination de Maduro
00:33:28il l'avait déjà évoqué
00:33:30pendant son premier mandat
00:33:32et donc
00:33:33voilà
00:33:34il est en train
00:33:35de réaliser
00:33:36ce que
00:33:37personne
00:33:38n'imaginait
00:33:40parce que
00:33:41on s'est dit
00:33:41Trump est fondamentalement
00:33:43isolationniste
00:33:45les magas
00:33:46qui le soutiennent
00:33:47également
00:33:48d'ailleurs
00:33:48il y a quelques critiques
00:33:49parmi eux
00:33:50il avait dénoncé
00:33:52la politique
00:33:52du régime
00:33:53change
00:33:54des néo-conservateurs
00:33:55en considérant
00:33:57que ça avait
00:33:57débouché
00:33:59sur des échecs
00:34:00ce qui est vrai
00:34:01sur l'Irak
00:34:02en particulier
00:34:04mais finalement
00:34:06ce qu'il a fait
00:34:07est du régime
00:34:09change
00:34:10même si
00:34:10c'est pas
00:34:10totalement le régime
00:34:12mais
00:34:13le chef
00:34:14de l'état
00:34:14donc en éliminant
00:34:15Maduro
00:34:16dans une opération
00:34:17militaire
00:34:18remarquablement
00:34:19organisée
00:34:19mais qui pose
00:34:21quand même
00:34:21un problème
00:34:22de droit international
00:34:23et d'autant plus
00:34:24que ça crée
00:34:26aussi une forme
00:34:26d'hubris
00:34:27et
00:34:28ce succès
00:34:30militaire
00:34:31parce que
00:34:31pour le moment
00:34:32le régime
00:34:32maduriste
00:34:34est toujours
00:34:35en place
00:34:35avec la vice-présidente
00:34:38ça l'incite
00:34:40à se tourner
00:34:41vers d'autres pays
00:34:42il a parlé
00:34:42de la Colombie
00:34:43Cuba
00:34:43parce que
00:34:44la Colombie
00:34:45pour le coup
00:34:45est un véritable
00:34:46narco-état
00:34:47également
00:34:51bien sûr
00:34:52Cuba
00:34:52Cuba
00:34:53qui serait
00:34:53la revanche
00:34:54sur la baie
00:34:55des cochons
00:34:55et puis
00:34:56c'est
00:34:58Marco Rubio
00:34:59qui est
00:35:00fils
00:35:01d'exilé
00:35:02cubain
00:35:02qui
00:35:03pousse
00:35:05depuis longtemps
00:35:06dans une logique
00:35:06d'ailleurs
00:35:07qui est plutôt
00:35:07néo-conservatrice
00:35:08et Marco Rubio
00:35:10s'était rallié
00:35:11effectivement
00:35:12au président
00:35:12Trump
00:35:13pas par conviction
00:35:15par opportunisme
00:35:17il cherchera
00:35:19peut-être
00:35:19à être
00:35:21candidat
00:35:21en 2028
00:35:22contre
00:35:23J.D. Vance
00:35:24qui
00:35:26s'est retiré
00:35:28effectivement
00:35:29qu'on n'a pas
00:35:29beaucoup vu
00:35:30sur cette affaire
00:35:30parce qu'il n'était
00:35:31pas favorable
00:35:32comme beaucoup
00:35:32de magas
00:35:33à des interventions
00:35:34extérieures
00:35:35considérant
00:35:36que les Etats-Unis
00:35:37devraient s'occuper
00:35:38essentiellement
00:35:38de leurs affaires
00:35:40intérieures
00:35:41et puis
00:35:41ce qui nous concerne
00:35:43directement
00:35:43l'autre étape
00:35:44qui a été évoquée
00:35:46aussi pendant son
00:35:47premier mandat
00:35:47c'est le Groenland
00:35:49et
00:35:50alors
00:35:52pourquoi le Groenland
00:35:54il ne cesse
00:35:55de dire
00:35:55que c'est essentiel
00:35:56à ces sécurités
00:35:57des Etats-Unis
00:35:58alors qu'en réalité
00:35:59il y a déjà
00:36:00une base américaine
00:36:01et qui peut
00:36:02déployer
00:36:02finalement
00:36:03presque autant
00:36:03de troupes
00:36:04qu'il veut
00:36:04et le Danemark
00:36:07qui est prêt
00:36:08lui ce qu'il veut
00:36:14c'est autre chose
00:36:15c'est effectivement
00:36:16dire qu'il a mis
00:36:17la main
00:36:17sur le Groenland
00:36:19il n'y aurait
00:36:20non pas une continuité
00:36:22géographique
00:36:23mais en même temps
00:36:24il regarde la Russie
00:36:25il est fasciné
00:36:26par les superlatifs
00:36:28donc la Russie
00:36:29c'est le plus grand
00:36:29pays du monde
00:36:30avec 17 millions
00:36:31de kilomètres carrés
00:36:32donc il se dit
00:36:33que s'il annexe
00:36:34le Groenland
00:36:35puis il n'a pas
00:36:36abandonné son idée
00:36:36sur le Canada
00:36:37ça sera plus difficile
00:36:38mais il n'empêche
00:36:40que c'est une logique
00:36:42impérialiste
00:36:43et c'est la logique
00:36:46qui est celle
00:36:47de Vladimir Poutine
00:36:48où dans une moindre mesure
00:36:51de Xi Jinping
00:36:52je vais y revenir
00:36:54il était aussi fasciné
00:36:58par Vladimir Poutine
00:37:00et je ne pense pas
00:37:02qu'il soit
00:37:03qu'il y ait de compromat
00:37:04ou autre chose
00:37:05quand j'étais en poste
00:37:07à Moscou
00:37:08mon homologue américain
00:37:09qui n'était pas
00:37:10un vrai Trumpiste
00:37:11parce que je l'avais connu
00:37:12quand il avait été
00:37:13nommé ambassadeur
00:37:14en Chine
00:37:14par Obama
00:37:16racontait
00:37:17que Donald Trump
00:37:18l'appelait souvent
00:37:19pendant le week-end
00:37:21sur des réseaux
00:37:22non cryptés
00:37:22d'ailleurs
00:37:23pour lui dire
00:37:24quelles étaient
00:37:25ses intentions
00:37:25vis-à-vis de la Russie
00:37:27et de Vladimir Poutine
00:37:30qui l'admirait
00:37:31il voulait venir
00:37:32en Russie
00:37:33il voulait inviter
00:37:34en visite d'état
00:37:35Vladimir Poutine
00:37:38mais il l'a fait
00:37:41enfin de manière progressive
00:37:44c'est-à-dire
00:37:44il y a eu cette rencontre
00:37:45d'Helsinki
00:37:46dont tout le monde
00:37:47se souvient
00:37:47parce qu'il avait
00:37:49désavoué ses services
00:37:50de sécurité
00:37:51en donnant raison
00:37:52finalement
00:37:53à Vladimir Poutine
00:37:55en disant
00:37:55Vladimir Poutine
00:37:56me dit qu'il n'y a pas
00:37:56d'ingérence
00:37:57pourquoi je ne le croirais pas
00:37:59bon il a dû rectifier
00:38:00ensuite
00:38:01mais du coup
00:38:03son administration
00:38:04et le congrès
00:38:06l'ont empêché
00:38:07d'avoir d'autres contacts
00:38:08directs
00:38:08avec Vladimir Poutine
00:38:09donc il n'a pas pu mener
00:38:10la politique
00:38:11qu'il voulait
00:38:11vis-à-vis de la Russie
00:38:12et encore une fois
00:38:13là puisqu'il a eu
00:38:14quatre ans
00:38:15pour se préparer
00:38:16à son mandat
00:38:17il a choisi
00:38:18des personnalités
00:38:19loyales
00:38:20et qui le suivent
00:38:21dans toutes ses politiques
00:38:23donc on a vu
00:38:24depuis le début
00:38:25qu'il a pris
00:38:26le parti
00:38:27plutôt de la Russie
00:38:28contre l'Ukraine
00:38:30alors si
00:38:32bon tout le monde
00:38:36se souvient
00:38:37de la scène
00:38:38dans le bureau
00:38:39ovale
00:38:39effectivement
00:38:40il n'aime pas
00:38:42Zelensky
00:38:43et il ne l'aime pas
00:38:45pour plusieurs raisons
00:38:46d'abord parce que
00:38:47c'est un plus petit pays
00:38:48donc lui n'est pas
00:38:49dans une logique
00:38:50on soutient
00:38:50l'agressé
00:38:51contre l'agresseur
00:38:52mais on soutient
00:38:53le grand
00:38:54contre le petit
00:38:55et puis
00:38:56parce qu'il y a
00:38:57un contentieux
00:38:58entre eux
00:38:59parce qu'il y avait
00:39:00l'affaire de son fils
00:39:01du fils Biden
00:39:02qui avait été impliqué
00:39:04dans le scandale
00:39:05de Boris May
00:39:06une société pétrolière
00:39:08en Ukraine
00:39:09et qui était accusée
00:39:11de corruption
00:39:12et Donald Trump
00:39:14avait demandé
00:39:15le soutien
00:39:16le changement
00:39:17du procureur
00:39:18pour inculper
00:39:20le fils Biden
00:39:21ce qui n'a pas été fait
00:39:22et donc il y a
00:39:23cette rancœur
00:39:24même si
00:39:26avec l'aide
00:39:27des Européens
00:39:28il s'est légèrement
00:39:30adouci
00:39:31à des contacts
00:39:32avec Volodymyr Zelensky
00:39:33mais fondamentalement
00:39:35ce n'est pas
00:39:36son combat
00:39:38donc l'aide
00:39:39n'a pas été
00:39:39totalement arrêtée
00:39:40parce que
00:39:41sans le renseignement
00:39:42américain
00:39:42les Ukrainiens
00:39:44seraient complètement
00:39:45aveugles
00:39:46mais y compris
00:39:46sur les frappes
00:39:47en Russie
00:39:48maintenant
00:39:49il se présente
00:39:50en médiateur
00:39:51ce qu'il est
00:39:53d'une certaine manière
00:39:54même si
00:39:54effectivement
00:39:55il écoute davantage
00:39:57les russes
00:39:58mais
00:39:58il n'empêche
00:39:59qu'il veut vraiment
00:40:00régler cette guerre
00:40:01il l'a annoncé
00:40:02il a pensé
00:40:02que ça serait plus facile
00:40:03que selon l'art du deal
00:40:05on tape sur le plus faible
00:40:06et ensuite
00:40:07comme il considère
00:40:08Poutine comme un ami
00:40:09tout se passera bien
00:40:10on a vu que
00:40:11ce n'était pas le cas
00:40:12parce qu'effectivement
00:40:14Vladimir Poutine
00:40:15qui
00:40:16en fait
00:40:17a déclenché
00:40:18cette guerre
00:40:18alors
00:40:19il y a plein de choses
00:40:21mais
00:40:21il y avait deux raisons
00:40:23principales
00:40:24une c'était
00:40:25que l'Ukraine
00:40:25n'adhère pas
00:40:26à l'OTAN
00:40:27et la deuxième
00:40:28c'était
00:40:29protéger
00:40:29les populations
00:40:30du Donbass
00:40:31dont il disait
00:40:32qu'elles étaient
00:40:32victimes
00:40:33de génocide
00:40:34de ce qui est faux
00:40:34parce que
00:40:35quand j'ai
00:40:36quitté mes fonctions
00:40:37comme ambassadeur
00:40:38j'ai été nommée
00:40:39médiatrice
00:40:40de l'OSCE
00:40:41pour la mise en oeuvre
00:40:42des accords de Minsk
00:40:43et on avait
00:40:44ces réunions
00:40:45tous les 15 jours
00:40:46et surtout
00:40:47on avait les rapports
00:40:48quotidiens
00:40:48de l'OSCE
00:40:49donc il y avait
00:40:50à ce moment là
00:40:51des escarmouches
00:40:52des violations
00:40:53du cessez-le-feu
00:40:55du côté ukrainien
00:40:56aussi d'ailleurs
00:40:57un peu moins
00:40:57mais il n'y avait pas
00:40:59de génocide
00:41:00des populations
00:41:00du Donbass
00:41:01et donc
00:41:02c'était
00:41:03ces deux
00:41:04les deux raisons
00:41:05principales
00:41:06ce qui fait que
00:41:07pour le moment
00:41:09il a du mal
00:41:10à accepter
00:41:11l'idée
00:41:11qu'il ne récupère
00:41:13pas la totalité
00:41:13du Donbass
00:41:14c'est la proposition
00:41:15qu'il avait formulée
00:41:17lors de la rencontre
00:41:18à Anchorage
00:41:20en Alaska
00:41:21et les américains
00:41:25essayaient
00:41:25de convaincre
00:41:26les ukrainiens
00:41:28bon
00:41:28et là
00:41:29on est dans
00:41:31une situation
00:41:31où il y a
00:41:32un rééquilibrage
00:41:34de l'accord de paix
00:41:35mais la Russie
00:41:36n'est pas prête
00:41:37à l'accepter
00:41:38alors il y a
00:41:39une idée
00:41:39qui est intéressante
00:41:40qui est celle
00:41:41d'une zone
00:41:42démilitarisée
00:41:42et il y a eu
00:41:44cette réunion
00:41:44d'hier
00:41:45donc qui est intéressante
00:41:46parce que pour la première fois
00:41:47les américains
00:41:48enfin il l'avait déjà dit
00:41:49lors de la réunion
00:41:50de Mar-a-Lago
00:41:51sont prêts
00:41:52à s'engager
00:41:53avec les européens
00:41:54dans cette formule
00:41:55de backstop
00:41:56qui reste
00:41:57effectivement
00:41:58à voir
00:41:59de manière
00:42:00extrêmement précise
00:42:01alors très souvent
00:42:02on critique
00:42:03la diplomatie
00:42:05de Donald Trump
00:42:06en disant
00:42:06qu'elle est menée
00:42:07par des incompétents
00:42:08des promoteurs immobiliers
00:42:09mais moi
00:42:11je ne suis pas d'accord
00:42:12là-dessus
00:42:12parce que je pense
00:42:13que d'abord
00:42:14ce sont des envoyés spéciaux
00:42:15qui ont l'oreille de Trump
00:42:17la confiance de Trump
00:42:18qui leur donne
00:42:19une certaine latitude
00:42:20et quand il faudra
00:42:21rédiger véritablement
00:42:22un accord de paix
00:42:23si il y a un accord
00:42:23les diplomates
00:42:24à ce moment-là
00:42:25feront leur métier
00:42:27et la diplomatie
00:42:28ce n'est pas un coup
00:42:29ce n'est pas une fois
00:42:30ce n'est pas un coup
00:42:30de téléphone
00:42:31ce n'est pas une rencontre
00:42:32c'est quelque chose
00:42:33de processus
00:42:34c'est un processus
00:42:35et c'est un processus
00:42:36itératif
00:42:37et on progresse
00:42:39petit à petit
00:42:39donc là
00:42:40on en est loin
00:42:41certes à cause des Russes
00:42:43mais l'idée
00:42:43qui est cette aide
00:42:45des Etats-Unis
00:42:47aux Européens
00:42:48est importante
00:42:49Chine-Russie
00:42:50avant de finir sur l'Europe
00:42:53il n'y a pas d'alliance
00:42:55entre la Chine et la Russie
00:42:56parce que la Chine
00:42:57refuse systématiquement
00:42:59les alliances
00:42:59elle a connu
00:43:02l'alliance sino-soviétique
00:43:03qui s'est terminée
00:43:04dans le sang
00:43:04donc elle cherche
00:43:05à conserver sa liberté
00:43:07plutôt à se constituer
00:43:08un cercle d'amis
00:43:09ce qu'elle fait
00:43:11avec un certain nombre
00:43:11de pays
00:43:12et on l'a vu
00:43:14au moment du 3 septembre
00:43:16donc victoire
00:43:17contre
00:43:17commémoration
00:43:19du 80e anniversaire
00:43:21de la victoire
00:43:21contre le Japon
00:43:22et il y a eu
00:43:23la réunion
00:43:24également
00:43:25de l'organisation
00:43:27de la coopération
00:43:28de Shanghai
00:43:28qui faisait son premier
00:43:30coming out
00:43:31d'une certaine manière
00:43:32il existait
00:43:32mais personne ne le voyait
00:43:33jamais
00:43:34là
00:43:35il y avait
00:43:36en plus maudit
00:43:37parce que
00:43:38Donald Trump
00:43:38s'est trompé
00:43:39en essayant
00:43:41de punir
00:43:41et de sanctionner
00:43:42l'Inde
00:43:43qui n'a pas accepté
00:43:44au nom
00:43:45de ce multilatéralisme
00:43:47et d'une politique
00:43:48transactionnelle
00:43:49dans
00:43:49l'ensemble
00:43:52du monde
00:43:53donc
00:43:54la Chine
00:43:55est un peu
00:43:55leader
00:43:56de ce qu'on appelle
00:43:57et même si on veut
00:43:58on n'aime pas ça
00:43:59en France
00:43:59mais le sud global
00:44:00c'est juste
00:44:01une forme
00:44:02d'appellation
00:44:03commode
00:44:05parce que
00:44:05c'est clair
00:44:06que
00:44:06c'est des pays
00:44:08hétérogènes
00:44:10qui n'ont pas
00:44:10de ligne commune
00:44:11mais ils se retrouvent
00:44:12dans le ressentiment
00:44:14vis-à-vis de l'Occident
00:44:15la volonté
00:44:16d'exister
00:44:16d'être des acteurs
00:44:17qu'on ne leur impose pas
00:44:18des positions
00:44:19et qu'on ne leur impose pas
00:44:20non plus
00:44:21des régimes change
00:44:22donc
00:44:23la Chine
00:44:25évidemment
00:44:25est le pays
00:44:26qui est aujourd'hui
00:44:26le plus influent
00:44:27elle a réussi
00:44:28à s'opposer
00:44:28à Donald Trump
00:44:29justement
00:44:30sur
00:44:31l'imposition
00:44:33de sanctions
00:44:34on a considéré
00:44:36souvent
00:44:37que pendant longtemps
00:44:38que finalement
00:44:39la Chine
00:44:40savait copier
00:44:41et qu'il n'y avait
00:44:42rien à craindre
00:44:43quand moi-même
00:44:44j'étais partie
00:44:44en Chine
00:44:45j'avais rencontré
00:44:46tout le CAC 40
00:44:48et tous les entrepreneurs
00:44:49et j'avais parlé
00:44:50des transferts de technologies
00:44:51ils disent
00:44:52non non
00:44:52c'est pas grave
00:44:52parce que de toute façon
00:44:53on ne leur donne pas
00:44:56la dernière génération
00:44:57donc on aura toujours
00:44:58un temps d'avance
00:44:59mais on a vu
00:44:59avec les véhicules électriques
00:45:00que ce n'était pas le cas
00:45:02et également
00:45:03sur l'intelligence artificielle
00:45:05sur la robotisation
00:45:06il y a des usines
00:45:07qu'on appelle
00:45:08les usines noires
00:45:09en Chine
00:45:09simplement
00:45:10parce qu'il n'y a pas besoin
00:45:11d'électricité
00:45:12parce que tout est robotisé
00:45:13donc voilà
00:45:15la Chine a évolué
00:45:17en ce sens
00:45:18Taïwan c'est une interrogation
00:45:20évidemment
00:45:20il y a une position
00:45:21de principe
00:45:22pour le moment
00:45:23on s'en tient au statu quo
00:45:24qui est l'intérêt
00:45:25des Européens
00:45:26c'est à dire
00:45:26pas de déclaration
00:45:28d'indépendance
00:45:29pas d'intervention
00:45:31militaire
00:45:32contre Taïwan
00:45:33mais
00:45:34et la liberté
00:45:35de navigation
00:45:36je ne sais pas
00:45:37ce que fera
00:45:37la Chine
00:45:38personne ne le sait
00:45:39beaucoup en Chine
00:45:41et j'y vais
00:45:41une fois par an
00:45:42le
00:45:43pensent
00:45:45mais
00:45:45les Russes
00:45:48pensaient
00:45:48que
00:45:49Poutine
00:45:50n'envahirait pas
00:45:51l'Ukraine
00:45:51et les Ukrainiens
00:45:52aussi
00:45:52puisque j'étais
00:45:53trois semaines avant
00:45:54et ils le disaient tous
00:45:55y compris le ministre
00:45:56de la Défense
00:45:56donc on ne peut
00:45:57rien savoir
00:45:57mais c'est vrai
00:45:58que l'action
00:45:59de Trump
00:46:00au Venezuela
00:46:02puis peut-être
00:46:04dans les mois
00:46:04qui viennent
00:46:05ailleurs
00:46:05sera
00:46:06une forme
00:46:09de légitimation
00:46:10en réalité
00:46:11de l'impérialisme
00:46:12aussi bien
00:46:12de Vladimir Poutine
00:46:13que
00:46:14de Xi Jinping
00:46:15s'il le décide
00:46:16en même temps
00:46:17Xi Jinping
00:46:17son objectif
00:46:19principal
00:46:19c'est le développement
00:46:20de la Chine
00:46:21or ce qu'il voit
00:46:22sur l'Ukraine
00:46:22c'est que
00:46:24en fait
00:46:25la Russie
00:46:26est victime
00:46:27de sanctions
00:46:27elle a une économie
00:46:29qui était
00:46:29moins ouverte
00:46:31sur l'extérieur
00:46:31à part les hydrocarbures
00:46:32alors que la Chine
00:46:33a absolument besoin
00:46:34de continuer
00:46:35à exporter
00:46:36même si
00:46:37elle professe
00:46:37aujourd'hui
00:46:38une économie
00:46:39davantage tirée
00:46:40par la consommation
00:46:41mais ce qui ne fonctionne pas
00:46:43pour des raisons
00:46:43assez simples
00:46:44et j'accueille en salle
00:46:45des conférences
00:46:45Cédric Perrin
00:46:46bonjour
00:46:46vous êtes le président
00:46:47LR de la commission
00:46:48d'affaires étrangères
00:46:49de la défense
00:46:49et des forces armées
00:46:50du Sénat
00:46:51on a vu
00:46:51de très nombreuses
00:46:52questions
00:46:52sur le thème
00:46:53du Venezuela
00:46:54hier
00:46:54aux questions
00:46:55au gouvernement
00:46:55pas moins de 5 questions
00:46:57que dire
00:46:58de la réaction
00:46:58du président français
00:46:59après l'événement
00:47:00au Venezuela
00:47:01la gauche sénatoriale
00:47:02qui a reproché
00:47:03au président de la République
00:47:03de ne pas avoir appelé
00:47:05dans un premier temps
00:47:06au respect du droit international
00:47:07préférant se réjouir
00:47:09pour le peuple vénézuélien
00:47:10qu'est-ce que vous en pensez ?
00:47:12Écoutez d'abord
00:47:13je pense que
00:47:14personne ne peut nier
00:47:15le fait que
00:47:17Maduro est un horrible dictateur
00:47:19qui a fait souffrir son peuple
00:47:20et qui a mis
00:47:21après Chavez
00:47:22son pays
00:47:23plus bas que terre
00:47:24aujourd'hui
00:47:26un salaire mensuel
00:47:27c'est 20 euros
00:47:27au Venezuela
00:47:28avec une condition de vie
00:47:29qui sont dramatiques
00:47:30etc
00:47:30donc tout ça
00:47:31évidemment c'est une évidence
00:47:32après il y a évidemment
00:47:33le respect du droit international
00:47:34qui est une autre chose
00:47:37et qui évidemment
00:47:38a été bafoué
00:47:40dans cette affaire-là
00:47:41Le président aurait dû
00:47:42pointer ce sujet-là
00:47:44dès le début ?
00:47:45Moi je ne suis pas
00:47:46macroniste
00:47:47ça ne vous aura pas échappé
00:47:48mais en tout cas
00:47:48je pense qu'il y a
00:47:50une chose qui est importante
00:47:51c'est que c'était
00:47:51le premier et le seul
00:47:52malheureusement le seul
00:47:52à avoir dit que
00:47:54le gouvernement en exil
00:47:55en tout cas le président en exil
00:47:56qui avait été élu démocratiquement
00:47:57est un recours
00:47:59légitime
00:48:01à la succession
00:48:02à Maduro
00:48:02malheureusement
00:48:03il n'a pas été suivi
00:48:04par beaucoup de gens
00:48:05et je pense qu'aujourd'hui
00:48:07les Etats-Unis
00:48:07ne sont pas dans cette optique-là
00:48:08puisqu'ils ont même dit
00:48:09que Machado
00:48:10la prix Nobel de la paix
00:48:11n'était pas non plus
00:48:12en tout cas en capacité
00:48:13de le faire
00:48:13avec une concurrence
00:48:14sur le prix Nobel de la paix
00:48:15avec effectivement
00:48:16Donald Trump
00:48:17qu'est-ce que vous dites
00:48:18de ce qui s'est passé
00:48:19le 3 janvier ?
00:48:20Est-ce qu'on peut parler
00:48:20d'une nouvelle étape
00:48:22importante
00:48:22dans la brutalisation
00:48:24des relations
00:48:24J'ai dit hier
00:48:25dans la question
00:48:25que la question
00:48:26que j'ai posée au gouvernement
00:48:26que Venezuela
00:48:28posait la question
00:48:28du Groenland
00:48:29et que le Groenland
00:48:30pose la question
00:48:31de notre architecture
00:48:32de défense
00:48:32c'est-à-dire
00:48:33notre capacité
00:48:34à nous défendre
00:48:35parce qu'en fait
00:48:35vous l'avez dit
00:48:36dans votre question
00:48:36tout ce qui doit être
00:48:38aujourd'hui mis en avant
00:48:39c'est que la force
00:48:41l'emporte sur le droit
00:48:42dans tous les domaines
00:48:43et que ce sont
00:48:44ceux qui sont
00:48:44les plus forts
00:48:45et les plus gros
00:48:45qui l'emportent
00:48:46sur ceux qui sont
00:48:47plus faibles
00:48:47et moins armés
00:48:48et donc c'est évidemment
00:48:49un véritable problème
00:48:51puisque l'architecture
00:48:52qui a été construite
00:48:53après la deuxième guerre mondiale
00:48:54qui consistait
00:48:54à créer
00:48:56un système
00:48:57multilatéral
00:48:58dans lequel
00:48:59les organisations internationales
00:49:00étaient un peu
00:49:01les gendarmes du monde
00:49:01avec évidemment
00:49:02les Etats-Unis
00:49:03en soutien très fort
00:49:04mais quand même
00:49:05des organisations internationales
00:49:06qui étaient puissantes
00:49:07l'ONU en l'occurrence
00:49:08aujourd'hui
00:49:09sont des organisations
00:49:10qui sont complètement
00:49:11mises de côté
00:49:12par les Etats-Unis
00:49:13qu'ils revendiquent
00:49:14d'ailleurs aujourd'hui
00:49:14puisqu'ils considèrent
00:49:15que ces organisations
00:49:17vont à l'encontre
00:49:17des intérêts des Etats-Unis
00:49:18et donc qu'elles doivent être
00:49:19j'allais dire
00:49:20mises à genoux
00:49:21pour faire en sorte
00:49:22qu'elles ne servent
00:49:23que les intérêts
00:49:24des Etats-Unis
00:49:24et donc c'est un véritable problème
00:49:26le souci c'est
00:49:27quand la force
00:49:28l'emporte sur le droit
00:49:29il faut peser
00:49:29et estimer ses propres forces
00:49:31et donc c'est là
00:49:32où on en veut en venir
00:49:33au niveau européen
00:49:34c'est qu'il faut être capable
00:49:35de se réarmer
00:49:36industriellement
00:49:38de se réarmer économiquement
00:49:40de se réarmer militairement
00:49:41pour pouvoir peser
00:49:42pour pouvoir exister à nouveau
00:49:43dans ce concert des nations
00:49:45qui devient
00:49:45une espèce de
00:49:46j'allais dire
00:49:48d'une répartition
00:49:49à trois
00:49:49entre les Etats-Unis
00:49:50la partie occidentale
00:49:52j'allais dire
00:49:52de la terre de feu
00:49:53jusqu'à l'Arctique
00:49:54la Russie
00:49:57avec le nord
00:49:59j'allais dire quasiment
00:50:00du milieu de l'Atlantique
00:50:01jusqu'à la Chine
00:50:01et puis la Chine
00:50:02qui s'occupe du Pacifique
00:50:04et de l'Indo-Pacifique
00:50:05donc c'est un véritable problème
00:50:06pour nous
00:50:06qui sommes là au milieu
00:50:07et qui ne pesons plus
00:50:08grand chose aujourd'hui
00:50:09une question sur le Groenland
00:50:10hier
00:50:11le président Trump
00:50:12qui a dit étudier activement
00:50:13l'idée d'un achat
00:50:15du Groenland
00:50:15c'est ce qu'a déclaré
00:50:16la porte-parole
00:50:17de la Maison-Blanche
00:50:17tout en refusant
00:50:18une nouvelle fois
00:50:19d'exclure l'option militaire
00:50:20pour obtenir l'île
00:50:21qui je le rappelle
00:50:22est un territoire
00:50:23autonome danois
00:50:24cette option d'un achat
00:50:25est-elle envisageable
00:50:26ou est-ce qu'on est
00:50:27dans une forme de délire
00:50:28de l'administration américaine ?
00:50:30Le problème c'est qu'aujourd'hui
00:50:31avec Donald Trump
00:50:32et son administration
00:50:32on n'a plus aucune certitude
00:50:34sur rien
00:50:34et les délires
00:50:36que certains considéraient
00:50:37comme étant
00:50:38complètement irréalisables
00:50:40deviennent possibles
00:50:41et donc
00:50:41il faut se méfier de tout
00:50:42évidemment
00:50:43là on a bien compris
00:50:44que le scénario
00:50:45c'était celui de dire
00:50:46bon en gros
00:50:46vous me le vendez
00:50:47ou je vous attaque
00:50:47je vous mets le couteau
00:50:49sous la gorge
00:50:49et donc vous me le vendez
00:50:52je ne sais pas du tout
00:50:52ce qui se passera
00:50:53le problème c'est que
00:50:54Donald Trump
00:50:54vous savez
00:50:54c'était avec Matisse
00:50:56certains disaient
00:50:57dans l'entourage de Donald Trump
00:50:58il y a-t-il un adulte
00:50:59dans la salle
00:51:00le problème semble-t-il
00:51:01enfin en tout cas
00:51:01moi c'est comme ça
00:51:02que je vois les choses
00:51:02c'est qu'il y a autour
00:51:03de Donald Trump
00:51:04des gens qui sont
00:51:05qui ont tous des idées
00:51:07un peu différentes
00:51:08même si la tendance
00:51:09est à peu près la même
00:51:10c'est un peu le dernier
00:51:11qui parle qui a raison
00:51:12mais je crois qu'il ne faut pas
00:51:13non plus négliger l'idée
00:51:15que Donald Trump
00:51:16n'est pas que
00:51:16irresponsable
00:51:19il suit aussi une logique
00:51:21qui vient d'être à nouveau
00:51:22définie par la revue
00:51:23stratégique de sécurité
00:51:24des Etats-Unis
00:51:25et qui définit très clairement
00:51:27les objectifs
00:51:27vis-à-vis de la Russie
00:51:28vis-à-vis de l'Europe
00:51:29vis-à-vis
00:51:30d'un certain nombre
00:51:31de partenaires
00:51:32et aujourd'hui on voit bien
00:51:33que contrairement à ce qui s'est fait
00:51:34depuis 1945
00:51:35la Russie devient
00:51:36une sorte de partenaire
00:51:38des Etats-Unis
00:51:38et que les Etats-Unis
00:51:40aujourd'hui
00:51:40ne défendent leurs intérêts
00:51:41que là où ils ont intérêt
00:51:44à le faire
00:51:44alors ça nous mène à l'Ukraine
00:51:45qu'est-ce qu'il peut y avoir
00:51:46comme conséquence
00:51:47sur l'Ukraine
00:51:48Emmanuel Macron
00:51:49qui prononce aujourd'hui
00:51:50un discours devant
00:51:50les ambassadeurs
00:51:51il réune également
00:51:52les présidents du Sénat
00:51:53de l'Assemblée Nationale
00:51:54président des groupes politiques
00:51:55également président des commissions
00:51:57des affaires étrangères
00:51:58donc vous
00:51:58qu'est-ce que vous attendez
00:52:00du chef de l'Etat
00:52:00lors de cette réunion
00:52:01à l'Elysée ?
00:52:02d'abord qu'il nous explique
00:52:03quels sont les objectifs
00:52:05qu'il met en oeuvre
00:52:06avec nos alliés
00:52:07tout ce qui consiste
00:52:13à expliquer
00:52:14et à dialoguer
00:52:14est une bonne chose
00:52:15donc je ne vais pas critiquer
00:52:16ce que je veux
00:52:17c'est savoir un petit peu
00:52:18là où on veut aller
00:52:20là où il veut aller
00:52:20ce qui est évident
00:52:21c'est qu'il y a
00:52:22un certain nombre
00:52:22de partenaires européens
00:52:23qui sont prêts
00:52:24à accompagner la France
00:52:25sur ces sujets
00:52:26ça c'est important
00:52:27avec plusieurs milliers d'hommes
00:52:28pour la force multinationale
00:52:30promise le jour d'après
00:52:31la paix
00:52:32ce qu'il faut
00:52:32c'est être capable
00:52:33de comprendre
00:52:33la stratégie
00:52:35qui sera mise en place
00:52:35essayer de comprendre
00:52:37si l'ensemble
00:52:38des scénarios
00:52:38possibles
00:52:39sont envisagés
00:52:40et auquel cas
00:52:41si ces scénarios
00:52:42devaient être mis en oeuvre
00:52:43quelle serait la réaction
00:52:44des différents alliés
00:52:44qui seraient présents
00:52:45donc parfois
00:52:46il vaut mieux être
00:52:46peut-être moins nombreux
00:52:48en termes de coalition
00:52:51mais être tous
00:52:52sur la même longueur d'onde
00:52:53que d'être nombreux
00:52:54et d'avoir des gens
00:52:54qui ne seraient pas
00:52:55tout à fait d'accord
00:52:56avec les réactions
00:52:57qu'on pourrait avoir
00:52:58le cas échéant
00:52:58si des problèmes
00:52:59devaient survenir
00:52:59en tout cas
00:53:00ce qui est clair
00:53:01c'est que
00:53:01de mon point de vue
00:53:02il ne faut pas qu'il y ait
00:53:02une force qui soit là
00:53:03comme la finule
00:53:04qui s'interposeraient
00:53:06entre les deux protagonistes
00:53:08que seraient la Russie
00:53:09et l'Ukraine
00:53:10ça c'est évidemment
00:53:11pour moi en tout cas
00:53:11hors de question
00:53:12ce qu'il faut
00:53:13c'est qu'on ait une force
00:53:13qui soit capable
00:53:14d'être présente sur place
00:53:15pour prévenir
00:53:17en tout cas
00:53:17le redémarrage
00:53:18d'un éventuel conflit
00:53:19donc il va falloir
00:53:20évidemment que
00:53:21le président de la République
00:53:22explique un petit peu
00:53:23quels sont les objectifs
00:53:24quelles sont les idées
00:53:25qu'il met en avant
00:53:26pour que nous comprenions
00:53:27davantage les choses
00:53:28On verra un débat
00:53:29au titre de l'article
00:53:2950-1
00:53:30dans les prochaines semaines
00:53:32peut-être dans 10 jours
00:53:33Le Premier ministre a annoncé
00:53:34que le 50-1
00:53:35porterait sur le Venezuela
00:53:36j'ai dit hier
00:53:37en question d'actualité
00:53:38au gouvernement
00:53:38que pour moi
00:53:39ça n'avait pas de sens
00:53:39que le vrai sujet
00:53:40c'était notre relation
00:53:41aux Etats-Unis
00:53:42et la volonté
00:53:43qu'on avait ou pas
00:53:44de défendre
00:53:46nos intérêts également
00:53:47au niveau européen
00:53:48et je crois que c'est ça
00:53:48l'important
00:53:49et on suivra ce débat
00:53:50au Parlement
00:53:51et notamment au Sénat
00:53:52Merci Cédric Perrin
00:53:53pour votre réaction
00:53:53sur notre micro
00:53:54Allez on en vient
00:54:00au troisième thème
00:54:01dans cette émission
00:54:02et la question du statut
00:54:03des AESH
00:54:04vous savez
00:54:04ces accompagnateurs
00:54:05des enfants handicapés
00:54:06à l'école
00:54:07faut-il octroyer
00:54:08le statut de fonctionnaire
00:54:09à ces personnels
00:54:10souvent précaires
00:54:11c'est ce que proposaient
00:54:12hier les socialistes
00:54:13mais la droite
00:54:14et le centre
00:54:15se sont opposés
00:54:16à cette initiative
00:54:17écoutez les moments forts
00:54:18en séance
00:54:19c'est préparé
00:54:20pour Public Sénat
00:54:21par Mathilde Nuttarelli
00:54:22et Gauthier Dufossé
00:54:23Comme ça a été dit
00:54:24c'est un amendement
00:54:25de suppression
00:54:26mais je vais vous dire
00:54:27quand même pourquoi
00:54:28parce qu'on discute
00:54:29d'un texte
00:54:30j'espère que vous l'avez
00:54:31tous lu attentivement
00:54:32ce texte propose
00:54:36donc comme vous dites
00:54:36la titularisation
00:54:37c'est pas que ça règle
00:54:38des problèmes
00:54:39ça en crée
00:54:40un certain nombre
00:54:41quand même
00:54:41premièrement
00:54:43ça veut dire
00:54:45que l'encrutement
00:54:46se fera
00:54:46contrairement à ce qu'il
00:54:47se fait aujourd'hui
00:54:47de manière locale
00:54:48il se fera par concours
00:54:49un concours académique
00:54:51on est bien d'accord
00:54:53ça veut dire
00:54:53qu'on dit à toutes
00:54:54les AESH aujourd'hui
00:54:55que demain
00:54:56elles pourront être mobiles
00:54:57à l'échelle de l'académie
00:54:59on est d'accord
00:55:00c'est ça que vous dites
00:55:01aux AESH
00:55:01sans qu'on les ait
00:55:02forcément consultés
00:55:03sur ce point
00:55:03deuxièmement
00:55:04on dit que c'est un concours
00:55:06qui se passera après le bac
00:55:07donc tous les agents
00:55:09qui n'ont pas le bac
00:55:10c'est à dire plus de 50%
00:55:11aujourd'hui
00:55:11ne pourront plus
00:55:12demain
00:55:13occuper ce type de poste
00:55:15on exclut ces professionnels
00:55:16on n'en a pas discuté
00:55:17avec eux
00:55:18de ce point de vue là
00:55:18mais vous assumez cela
00:55:20moi je pense que ça pose
00:55:21un certain nombre de problèmes
00:55:22troisièmement
00:55:25on n'a pas parlé
00:55:25des personnels étrangers
00:55:28qui n'auront pas accès
00:55:28mais qui eux auront
00:55:29un sous-statut
00:55:30un quasi-statut
00:55:32il existera
00:55:33il est créé par cette PPL
00:55:34ce quasi-statut
00:55:34vous créez
00:55:37dans les écoles privées
00:55:38un statut aussi nouveau
00:55:39pour ces agents
00:55:40sans qu'il n'y ait
00:55:41aucune discussion
00:55:42ni avec les représentants
00:55:45syndicaux
00:55:46de l'enseignement privé
00:55:47ni avec les dirigeants
00:55:49de l'enseignement privé
00:55:49aucune discussion
00:55:50aucune
00:55:51sur le périscolaire
00:55:53vous créez
00:55:54le texte dit
00:55:55pour les temps périscolaire
00:55:56des AESH sont recrutés
00:55:57par les collectivités
00:55:58territoriales compétentes
00:55:59vous créez donc
00:56:00un droit nouveau
00:56:01une obligation
00:56:02d'accompagnement
00:56:04par des AESH
00:56:04au temps périscolaire
00:56:05pourquoi pas
00:56:05sans aucune concertation
00:56:07avec les collectivités locales
00:56:08qui devront recruter
00:56:09et qui devront le financer
00:56:11et donc c'est pas
00:56:12et ça c'est pas
00:56:13dans le temps des AESH
00:56:14que vous créez
00:56:15dans les fameuses 14 heures
00:56:16en plus du temps scolaire
00:56:17puisque vous le dites
00:56:18après
00:56:18ça n'en fait pas partie
00:56:20c'est des postes supplémentaires
00:56:21aucune discussion
00:56:22ni avec l'AMF
00:56:23ni avec l'ADF
00:56:24ni avec l'RF
00:56:25avec personne
00:56:25combien ça coûte
00:56:26on le sait pas
00:56:27c'est un droit nouveau
00:56:28quel statut pour ces agents
00:56:29on ne le sait pas
00:56:30et le temps périscolaire
00:56:31il y a le temps méridien
00:56:33dans le temps périscolaire
00:56:34et vous dites
00:56:35que c'est la responsabilité
00:56:36des collectivités
00:56:36c'est donc un retour en arrière
00:56:38aussi
00:56:38pour les collectivités territoriales
00:56:39je vais mettre aux voix
00:56:44je vais prendre les avis
00:56:46pardon
00:56:46l'avis de la rapporteure
00:56:48je vous en prie
00:56:51alors je souhaite apporter
00:56:55quelques
00:56:55la parole est à madame
00:56:56la rapporteure
00:56:57et à elle seule
00:56:58merci
00:56:59je souhaite apporter
00:57:01plusieurs précisions
00:57:02s'agissant d'abord
00:57:03c'est quelque chose
00:57:04qui avait été soulevé
00:57:05de l'absence du diplôme
00:57:05du caloreat
00:57:06pour certains candidats
00:57:07en métier d'avestage
00:57:08je rappelle l'existence
00:57:09dans la fonction publique
00:57:11du troisième concours
00:57:12basé sur l'expérience
00:57:13professionnelle
00:57:14qui n'impose
00:57:14aucun niveau de diplôme
00:57:15la question du temps
00:57:17périscolaire
00:57:17est donc revenue
00:57:18à plusieurs reprises
00:57:19comme je l'ai rappelé
00:57:20en discussion générale
00:57:21le code de l'éducation
00:57:23prévoit déjà
00:57:24la possibilité
00:57:25pour les AESH
00:57:26d'intervenir
00:57:27y compris
00:57:28en dehors du temps scolaire
00:57:29oui
00:57:31il y a aujourd'hui
00:57:32des AESH
00:57:33qui interviennent
00:57:33sur le temps périscolaire
00:57:34à la suite
00:57:35d'une notification
00:57:36de la MDPH
00:57:37le rapport
00:57:38de notre collègue
00:57:39Cédric Vial
00:57:40en mai 2023
00:57:41reconnaissait d'ailleurs
00:57:42l'existence
00:57:43de telles modifications
00:57:44en soulignant
00:57:45les disparités
00:57:46entre MDPH
00:57:47dans l'instruction
00:57:48et les prescriptions
00:57:49certaines d'entre elles
00:57:51incluant le périscolaire
00:57:52dans leur périmètre
00:57:53d'intervention
00:57:54ils appelaient d'ailleurs
00:57:56à une harmonisation
00:57:56des pratiques
00:57:57tout cela
00:57:58ne relève
00:57:59toutefois pas
00:58:00de cette proposition
00:58:01de loi
00:58:02qui ne modifie pas
00:58:05les compétences
00:58:06respectives
00:58:07entre l'Etat
00:58:08et les collectivités
00:58:10territoriales
00:58:11et des MDPH
00:58:12de même
00:58:14s'agissant
00:58:15du temps méridien
00:58:16cette proposition
00:58:17de loi
00:58:18maintient
00:58:19le principe
00:58:20voté en 2024
00:58:21d'une prise en charge
00:58:23financière
00:58:24de l'Etat
00:58:25et des AESH
00:58:26cet amendement
00:58:27supprime
00:58:28l'article 1er
00:58:29de ma proposition
00:58:30de loi
00:58:30bien sûr
00:58:31qu'à titre personnel
00:58:32j'y suis opposé
00:58:33et je vous dis
00:58:34que la commission
00:58:35a par contre
00:58:35émis un avis favorable
00:58:36sur cet amendement
00:58:38merci madame la rapporteure
00:58:39monsieur le ministre
00:58:40je vous en prie
00:58:40pour l'avis du gouvernement
00:58:41ça ne vous dérange pas
00:58:47si je commence
00:58:48merci
00:58:49c'est vraiment une ambiance
00:58:50de rentrée scolaire
00:58:50la parole est au ministre
00:58:52de l'éducation nationale
00:58:53mais c'est pour ça
00:58:53je me sens chez moi
00:58:54bon alors
00:58:56quelques mots
00:58:57à toutes les observations
00:58:59que vous avez bien
00:59:00voulu formuler
00:59:00d'abord
00:59:02il y a une conscience
00:59:02partagée
00:59:03et moi
00:59:04je ne me permettrais pas
00:59:07de relativiser
00:59:08la conscience
00:59:08de qui que soit
00:59:09celui-ci
00:59:09au motif
00:59:10que les solutions
00:59:10seraient différentes
00:59:11s'il y a bien
00:59:12un sujet sur lequel
00:59:13depuis que je suis ministre
00:59:15tous les parlementaires
00:59:16que je rencontre
00:59:17sont d'accord
00:59:17c'est sur le fait
00:59:18que l'école inclusive
00:59:20arrive aujourd'hui
00:59:21un peu aux limites
00:59:22et au bout du système
00:59:23et tous les acteurs
00:59:24sont d'accord
00:59:24j'en rencontre
00:59:25chaque semaine
00:59:26et tout le monde le dit
00:59:27la question
00:59:28c'est de savoir
00:59:29ce qui fait
00:59:30qu'on est un peu
00:59:30au finistère
00:59:31de ce système
00:59:31je l'ai dit tout à l'heure
00:59:33mais je ne me permets
00:59:33d'assister dessus
00:59:34on a tout
00:59:35fait reposer
00:59:36sur la compensation
00:59:37tout
00:59:38tout et tout
00:59:39au point
00:59:41de finir par
00:59:41inverser leurs défacteurs
00:59:42et d'aboutir
00:59:43à une forme
00:59:44on parle de dire
00:59:44comme ça
00:59:44mais c'est quand même
00:59:44important
00:59:45d'externalisation interne
00:59:46du handicap
00:59:47dans certains cas
00:59:47c'est à dire qu'on dit
00:59:48il y a quelqu'un
00:59:49qui est handicapé
00:59:50c'est simple
00:59:51il y a l'aide humaine
00:59:51qui va permettre
00:59:52de compenser
00:59:52c'est pas ça
00:59:53normalement la logique
00:59:54normalement la logique
00:59:56c'est
00:59:56on adapte
00:59:58les outils
00:59:59la pédagogie
01:00:00l'accessibilité
01:00:01etc
01:00:01on crée les conditions
01:00:02et si on s'aperçoit
01:00:04que son condition
01:00:04ne suffit pas
01:00:05alors on a une aide humaine
01:00:06qui accompagne
01:00:07vers l'autonomie
01:00:08et pardon
01:00:09mais il y a une dimension
01:00:10aussi sociologique
01:00:11derrière tout ça
01:00:12les disparités territoriales
01:00:14en nombre d'attributions
01:00:14d'AESH
01:00:15elles sont quand même
01:00:16particulièrement marquées
01:00:17sociologiquement
01:00:17elles varient du simple
01:00:18au double selon le territoire
01:00:19et donc au bout d'un moment
01:00:20il faut qu'on se pose
01:00:22la question collectivement
01:00:22de savoir comment on fait
01:00:23fonctionner le système
01:00:24mais le point de départ
01:00:25c'est quand même celui-là
01:00:26alors effectivement
01:00:26au milieu de tout ça
01:00:27il y a une population
01:00:29je dis sur qui
01:00:29une grande partie du système
01:00:31repose parce qu'on a
01:00:32collectivement
01:00:33et c'est pas vous
01:00:33ou moi
01:00:34ou l'école
01:00:34parce qu'on a collectivement
01:00:35d'une certaine manière
01:00:36un peu inconsciemment aussi
01:00:38amené le système
01:00:39à tout faire reposer
01:00:39sur elle
01:00:40ce sont les AESH
01:00:42bon
01:00:42donc ces AESH
01:00:44alors je me permets
01:00:45de revenir dessus
01:00:46mais on part pas de rien
01:00:48il y a eu effectivement
01:00:50je rappelle que les AESH
01:00:51enfin le statut d'AESH
01:00:54au sens contractuel
01:00:56dans la loi
01:00:57il date de 2014
01:00:58il a à peine
01:00:59plus d'une dizaine d'années
01:00:59bon
01:01:00et par la suite
01:01:01entre 2019 et 2021
01:01:04on a acté le fait
01:01:05qu'il y avait une sédélisation
01:01:06au bout de 3 ans
01:01:07et pardon d'avoir un peu
01:01:09d'ailleurs ce terme technique
01:01:10qui a fait sourire
01:01:11c'est un entre vous
01:01:11c'est effectivement
01:01:12ce qu'on appelle
01:01:12en droit de la France
01:01:13qui est un quasi-statut
01:01:14dans le jargon courant
01:01:15de la France publique
01:01:16c'est-à-dire qu'en fait
01:01:17ce sont les contractuels
01:01:18pour lesquels
01:01:19en dépit du fait
01:01:20qu'ils sont contractuels
01:01:20et que donc normalement
01:01:21ils devraient être payés
01:01:22uniquement sur une base unique
01:01:23il y a un système
01:01:24de gris et d'avancement
01:01:25c'est ce qu'on appelle
01:01:26un quasi-statut
01:01:27c'est-à-dire qu'ils sont contractuels
01:01:27mais ils ont quand même
01:01:28une grille et un avancement
01:01:29parce que précisément
01:01:30c'est une population
01:01:30qui est à la fois nombreuse
01:01:32et pour laquelle
01:01:33on essaie de faire ça
01:01:34deuxième élément
01:01:35je me permets de le rappeler
01:01:37parce que tout à l'heure
01:01:38j'ai été un peu vite
01:01:38du fait des contraintes
01:01:39mais leur temps de travail
01:01:41enfin leur temps de rémunération
01:01:42leur temps de travail
01:01:42est calculé sur la base
01:01:43de 41 semaines par an
01:01:44tout à l'heure vous disiez
01:01:45à juste titre
01:01:46il fut une époque
01:01:47où certains avaient 31 heures
01:01:48non seulement
01:01:49ils n'étaient pas nombreux
01:01:49mais c'était 31 heures
01:01:51à la petite semaine
01:01:52pour 36 semaines
01:01:53aujourd'hui
01:01:54quand ils sont payés
01:01:55à hauteur de 24 heures
01:01:56ils sont payés à hauteur
01:01:56à 24 heures
01:01:57comme s'ils faisaient 24 heures
01:01:57par semaine
01:01:5841 semaines
01:01:59n'ayant pas 36
01:01:59je le sais autant plus
01:02:00que c'est moi qui
01:02:01à l'époque des GRH
01:02:02ai porté le truc
01:02:03pour faire en sorte
01:02:04de tenir compte
01:02:05de ce qu'on va considérer
01:02:06être un temps masqué
01:02:07donc
01:02:08il faut avoir ça à l'esprit
01:02:11une fois qu'on a dit ça
01:02:13c'est comme ça
01:02:16qu'on arrive à ce système annuel
01:02:17où on a effectivement
01:02:18contrairement à ce qu'on avait avant
01:02:19puisqu'avant
01:02:19ils s'étaient payés uniquement
01:02:20par rapport au temps qui passait
01:02:21donc maintenant
01:02:21c'est plus le cas
01:02:22par rapport à ça
01:02:24si on dit fonctionnaire
01:02:25et moi je ne dis pas
01:02:27que par nature
01:02:28il faut totalement exclure
01:02:29une forme de fonctionnalisation
01:02:31à terme d'une partie
01:02:31des AESH
01:02:32je ne l'excuse pas du tout
01:02:34intellectuellement
01:02:34mais je dis juste
01:02:35que si aujourd'hui
01:02:36on fait basculer
01:02:38une population
01:02:39ou de mort en en entière
01:02:40parce qu'il n'y a que ceux
01:02:41qui auront le baccalauréat
01:02:41qui pourront 50%
01:02:42dans le système de fonctionnaire
01:02:44tel que c'est rédigé aujourd'hui
01:02:46et compte tenu de ce qu'est
01:02:49la vote 83
01:02:49ça revient à dire
01:02:51qu'un AESH
01:02:52pardon lire comme ça
01:02:53demain matin
01:02:53il est fonctionnaire
01:02:56en ayant un temps de travail
01:02:57de 24 heures
01:02:58par semaine
01:02:59devant élève
01:03:0036 semaines par an
01:03:01ici c'est la conséquence logique
01:03:04parce qu'il n'existe
01:03:05que de fonctionnaire
01:03:06à temps complet
01:03:06en fonction publique
01:03:07de l'état
01:03:08ou alors
01:03:08ce que j'ai dit tout à l'heure
01:03:09vous avez deux possibilités
01:03:10pour en sortir
01:03:11mais c'est pour ça
01:03:12que je dis que ça s'expertise
01:03:13que ça se travaille
01:03:13dans le cadre de la CNH
01:03:14vous avez deux possibilités
01:03:15pour en sortir
01:03:16c'est soit le fonctionnaire
01:03:17à temps incomplet
01:03:18mais dans ce cas là
01:03:18vous retombez sur une rémunération
01:03:19qui est forcément partielle
01:03:20il est donc sur le même problème
01:03:21qu'aujourd'hui
01:03:21soit sur des missions
01:03:23complémentaires
01:03:24pour arriver à une forme
01:03:25de temps complet
01:03:25qui n'est pas forcément
01:03:2639 heures
01:03:27mais pour arriver
01:03:27à une forme de temps complet
01:03:28or aujourd'hui
01:03:29il y a une chose
01:03:30que je peux vous promettre
01:03:31c'est que les AESH
01:03:31n'ont pas envie
01:03:32de faire d'autres missions
01:03:32que celles d'AESH
01:03:33c'est un point dur
01:03:34en termes de discussion sociale
01:03:37donc
01:03:38on est un peu
01:03:39dans la quadrature du cercle
01:03:40moi pour sortir de tout ça
01:03:41et j'en viens à ça
01:03:42parce que tout à l'heure
01:03:43je le dis
01:03:43mais manifestement
01:03:44j'ai été pris par le temps
01:03:46et j'ai peut-être
01:03:46parlé un peu trop vite
01:03:47il y a un truc
01:03:50qui s'appelle la CNH
01:03:51la conférence
01:03:51salut du handicap
01:03:52c'est dans ce cadre là
01:03:53que l'ensemble
01:03:54des questions
01:03:54sont examinées
01:03:55il se trouve
01:03:56qu'il y a la vocation
01:03:57à travailler
01:03:57au cours des semaines
01:03:58et des mois à venir
01:03:59puisqu'elle doit faire
01:04:00aboutir ses conclusions
01:04:00au mois de juin
01:04:01puisque vous savez
01:04:01que tous les 3 ans
01:04:02on l'a déjà fait en 2023
01:04:04on l'avait déjà fait en 2020
01:04:05etc
01:04:05tous les 3 ans
01:04:06il y a une mise à jour complète
01:04:07de la prise en charge
01:04:08du handicap dans notre pays
01:04:09notamment en cas
01:04:09de l'école inclusive
01:04:10dans le cadre de la CNH
01:04:12il faut qu'on traite
01:04:13tous les sujets
01:04:14la formation
01:04:14parce que vous avez raison
01:04:16je vous rejoins
01:04:17l'intégration
01:04:19l'incorporation
01:04:20des publicitatives
01:04:20vous avez raison aussi
01:04:21le fait qu'on puisse être
01:04:23rattaché à une communauté
01:04:23qui s'appelle
01:04:24un établissement
01:04:24etc
01:04:25oui
01:04:25et éventuellement
01:04:27je dis éventuellement
01:04:27parce que je ne veux pas
01:04:28préempter la conclusion
01:04:29mais il faut évidemment
01:04:31que dans ce cadre là
01:04:32on discute
01:04:33et par rapport à ce que
01:04:35j'ai dit précédemment
01:04:35d'un éventuel statut
01:04:37pour une partie des AESH
01:04:39mais c'est dans ce cadre là
01:04:41parce que
01:04:42tel qu'est le texte aujourd'hui
01:04:43on est tout simplement
01:04:44pardon de le dire comme ça
01:04:45mais je suis incapable
01:04:46je vous le dis très honnêtement
01:04:47je suis incapable
01:04:48en tant qu'exécutif
01:04:49de lui donner une suite
01:04:50qui n'aboutirait pas
01:04:51soit au même résultat
01:04:52qu'aujourd'hui
01:04:53soit un résultat
01:04:54qui serait objectivement
01:04:55intenable par rapport
01:04:56au reste de la fonction publique
01:04:57voilà très clairement
01:04:58et je suis donc
01:04:59favorable
01:05:00à l'amendement
01:05:02pardon du coup
01:05:02de suppression
01:05:03voilà pour les extraits
01:05:05voilà pour les extraits de la séance
01:05:05qui se tenait hier au Sénat
01:05:06pour en parler
01:05:07j'accueille ici
01:05:07Colombes-Brossel
01:05:08bonjour
01:05:08bonjour
01:05:09vous êtes sénatrice
01:05:09socialiste de Paris
01:05:11donc le texte qui a été
01:05:12rejeté hier
01:05:13votre texte
01:05:14est-ce que vous regrettez
01:05:14la position de la droite
01:05:16et du centre
01:05:16Max Brisson qui a dit
01:05:18qu'il fallait d'abord
01:05:18je cite réfléchir
01:05:19à l'organisation des missions
01:05:20et à la place
01:05:21de l'éducation nationale
01:05:22dans la manière
01:05:23dont notre société
01:05:24prend en charge
01:05:25les enfants
01:05:25en situation de handicap
01:05:26est-ce que vous comprenez
01:05:28leur position politique
01:05:29de qui parle-t-on ?
01:05:31on parle aujourd'hui
01:05:32de 436 000 enfants
01:05:34en situation de handicap
01:05:36qui sont accueillis
01:05:37à l'école
01:05:38nous parlons
01:05:40de 140 000 AESH
01:05:42accompagnantes d'enfants
01:05:43en situation de handicap
01:05:44qui accompagnent
01:05:46ces enfants
01:05:47dans leur scolarité
01:05:48et ces AESH
01:05:50ce sont des femmes
01:05:5193% de femmes
01:05:52précarisées
01:05:53avec un employeur
01:05:55qui organise
01:05:56leur précarité
01:05:57avec un employeur
01:05:58qui est l'éducation nationale
01:05:59avec des contrats
01:06:00qui sont à temps partiel
01:06:02et un niveau
01:06:03de rémunération moyen
01:06:04en dessous
01:06:05du seuil de pauvreté
01:06:06à la rentrée
01:06:07il y avait 50 000 enfants
01:06:09qui avaient eu
01:06:10une notification
01:06:10qui avaient un droit
01:06:12à un accompagnement
01:06:13par une AESH
01:06:15qui n'en bénéficiait pas
01:06:18parce qu'on n'arrive pas
01:06:19à les recruter
01:06:19et donc nous nous disons
01:06:20il faut sortir
01:06:22les AESH
01:06:23de la précarité
01:06:24il faut les titulariser
01:06:26dans la fonction publique
01:06:27elles sont contractuelles
01:06:28elles sont contractuelles
01:06:29et elles rendent
01:06:30une mission de service public
01:06:31au sein d'équipements
01:06:33qui participent
01:06:34au service public
01:06:35de l'éducation
01:06:35et donc il faut
01:06:36les titulariser
01:06:37pour les déprécariser
01:06:38pour les former
01:06:40et pour reconnaître
01:06:41leurs compétences
01:06:42hier
01:06:43il y a eu
01:06:44une alliance
01:06:44malheureuse
01:06:45du gouvernement
01:06:47et de la droite sénatoriale
01:06:48pour refuser
01:06:49de déprécariser
01:06:50les AESH
01:06:51alors
01:06:52j'entends
01:06:53et ça a été
01:06:54le discours
01:06:54de la droite sénatoriale
01:06:55et du ministre
01:06:56disant
01:06:56il faut d'abord
01:06:57réformer le système
01:06:58avant de s'occuper
01:06:59de déprécariser
01:07:00les AESH
01:07:01et bien nous nous disons
01:07:02l'inverse
01:07:02nous disons
01:07:03on n'a pas le temps
01:07:04de continuer à attendre
01:07:06parce que si nous ne faisons rien
01:07:07à la rentrée prochaine
01:07:09il y aura certainement
01:07:10de nouveau
01:07:11des dizaines
01:07:11de milliers d'enfants
01:07:12qui auront
01:07:13une scolarité
01:07:14gâchée
01:07:15parce qu'ils n'auront pas
01:07:16eu l'accompagnement
01:07:17auquel ils les ont droit
01:07:19mais donc avant de continuer
01:07:19sur les arguments
01:07:20de la droite
01:07:20et du gouvernement
01:07:21qu'est-ce qu'il y avait
01:07:22exactement
01:07:22dans votre proposition de loi
01:07:24qu'est-ce que ça aurait changé
01:07:25concrètement
01:07:26c'était de rendre
01:07:27ces AESH
01:07:28des fonctionnaires de l'État
01:07:29au même titre
01:07:30que les enseignants
01:07:31c'était ça qu'il y avait dans le texte
01:07:32absolument
01:07:32c'était de considérer
01:07:33que ces personnes
01:07:34140 000 personnes
01:07:36qui remplissent
01:07:37une mission de service public
01:07:38qui travaillent
01:07:39pour l'éducation nationale
01:07:41qui sont le deuxième métier
01:07:43en nombre
01:07:43de l'éducation nationale
01:07:45il y a les enseignants
01:07:46et en dessous les AESH
01:07:47c'est vous dire
01:07:48l'importance
01:07:48qu'elles et ils
01:07:49ont pris
01:07:50au sein de l'éducation nationale
01:07:52et bien il fallait
01:07:53les titulariser
01:07:54les faire devenir
01:07:55fonctionnaires
01:07:56de l'éducation nationale
01:07:57et pour les
01:07:58prochains entrants
01:08:00ceux qui
01:08:01auraient été
01:08:03recrutés
01:08:04après
01:08:04et bien mettre en place
01:08:06une organisation
01:08:07qui corresponde
01:08:08à la fonction publique
01:08:09d'État
01:08:09une organisation
01:08:10avec des concours
01:08:11avec des recrutements
01:08:12avec des formations
01:08:13pour revaloriser
01:08:14cette fonction
01:08:15mais alors
01:08:16est-ce que le statut
01:08:17de fonctionnaire
01:08:17c'est la panacée
01:08:18certains syndicats
01:08:19s'inquiétaient du fait
01:08:20que cela aurait pu
01:08:20obliger ces personnels
01:08:21à être mobiles
01:08:22alors il y a en effet
01:08:24parce que c'est la fonction
01:08:25publique
01:08:26d'abord
01:08:26stabilité
01:08:27y compris
01:08:28avec la reconnaissance
01:08:30d'un travail à temps plein
01:08:31et donc d'un salaire à temps plein
01:08:32parce que
01:08:33on parle aujourd'hui
01:08:34de personnel
01:08:34précaire
01:08:35850 euros
01:08:37en moyenne
01:08:38de revenus par mois
01:08:39pour intervenir
01:08:40pour un certain nombre
01:08:41d'AESH
01:08:42dans 5, 6, 7, 8
01:08:45établissements scolaires
01:08:46voilà de quoi on parle
01:08:47voilà pourquoi
01:08:48on n'arrive pas
01:08:49à recruter
01:08:49donc il y a
01:08:51une stabilisation
01:08:52il y a
01:08:53un déroulement
01:08:54de carrière
01:08:55et il y aurait eu
01:08:56en effet
01:08:57une organisation
01:08:58par académie
01:08:59par département
01:09:00qui va avec
01:09:01mais nous avions construit
01:09:02cette proposition
01:09:03de loi
01:09:03en entendant évidemment
01:09:05les organisations syndicales
01:09:06de l'éducation nationale
01:09:07elles sont
01:09:08toutes favorables
01:09:09à la titularisation
01:09:11des AESH
01:09:12et les collectifs
01:09:13d'AESH
01:09:13qui voient très bien
01:09:14en effet
01:09:15la contrepartie
01:09:17pour l'employeur
01:09:18qui aurait découlé
01:09:20de cette titularisation
01:09:21L'état des finances publiques
01:09:22permettait-il
01:09:22de créer ces postes
01:09:23de fonctionnaires ?
01:09:24Oui
01:09:24oui c'est un choix
01:09:26on a aujourd'hui
01:09:27436 000 enfants
01:09:28qui sont scolarisés
01:09:30et parfois
01:09:31mal scolarisés
01:09:33parce que l'état
01:09:33ne remplit pas
01:09:34ses obligations
01:09:35le coût
01:09:36il était chiffré
01:09:37par le ministère
01:09:38à 4 milliards d'euros
01:09:40oui c'est considérable
01:09:41mais aujourd'hui
01:09:42la scolarisation
01:09:43la mauvaise scolarisation
01:09:45elle coûte
01:09:453 milliards d'euros
01:09:46alors oui
01:09:48Dernière question
01:09:48est-ce qu'il faut
01:09:49donc aussi penser
01:09:50adaptation des cours
01:09:52des bâtiments
01:09:52est-ce que l'inclusivité
01:09:54ne mériterait pas
01:09:55un projet de loi
01:09:56de grande ampleur ?
01:09:57Le projet de loi
01:09:58finalement
01:09:58il a 20 ans
01:09:59c'est la loi sur le handicap
01:10:01dont nous avons fêté
01:10:02collectivement les 20 ans
01:10:03qui a fait qu'on a
01:10:03une multiplication
01:10:04du nombre d'élèves
01:10:04plus en charge
01:10:05c'est ça
01:10:05et qui a permis
01:10:06de tracer un chemin
01:10:07sur les questions
01:10:09d'égalité des droits
01:10:10pour les personnes
01:10:11en situation de handicap
01:10:12oui
01:10:13il faut continuer
01:10:14à avancer
01:10:15sur tous les sujets
01:10:15on proposait hier
01:10:17par exemple
01:10:17de travailler
01:10:18sur l'adaptation
01:10:18des bâtiments
01:10:19on proposait également
01:10:20de travailler
01:10:21sur la reconnaissance
01:10:23du français
01:10:24parlé complété
01:10:25pour les personnes
01:10:26les enfants en l'occurrence
01:10:27sourds oralisants
01:10:29mais on ne peut pas
01:10:30attendre d'avoir
01:10:31réformé tout le système
01:10:32pour sortir de la précarité
01:10:34celle qui accompagne
01:10:35les enfants
01:10:35merci pour toutes ces explications
01:10:37Colombe Brossel
01:10:38on suivra
01:10:39toutes ces actualités
01:10:40sur les enfants handicapés
01:10:42merci à vous
01:10:42merci à vous
01:10:43allez on en vient
01:10:49au dernier thème
01:10:50dans cette émission
01:10:50et la délégation
01:10:51aux droits des femmes
01:10:52qui a lancé
01:10:53fin novembre
01:10:54un nouveau cycle
01:10:54d'audition
01:10:55sur la montée
01:10:56en puissance
01:10:57des réseaux
01:10:57et mouvements masculinistes
01:10:58ce matin
01:10:59la délégation
01:11:00recevait deux auteurs
01:11:01d'ouvrages récents
01:11:02sur ce phénomène
01:11:03on écoute
01:11:04on y revient juste après
01:11:05avec la présidente
01:11:06de la délégation
01:11:06aux droits des femmes
01:11:06du Sénat
01:11:07cette faible disponibilité
01:11:09de matière documentaire
01:11:10m'a conduit
01:11:11à me plonger
01:11:12dans un travail de terrain
01:11:13et aller moi-même
01:11:14sur les forums
01:11:15alors j'ai eu
01:11:16plusieurs surprises
01:11:17en faisant ça
01:11:18d'abord la facilité
01:11:19d'accès à ces sites
01:11:20il a suffi moi-même
01:11:22que je tape
01:11:23ce que mon personnage
01:11:25tape dans sa barre de recherche
01:11:27pour tomber
01:11:27sur des forums
01:11:28notamment le forum
01:11:31jeuxvideo.com
01:11:33le forum 18
01:11:3325 de jeuxvideo.com
01:11:35mais en allant sur reddit
01:11:38en allant sur 4chan
01:11:39très facilement
01:11:40je suis tombée
01:11:40sur des contenus
01:11:41dont la violence
01:11:43et la radicalité
01:11:44m'ont stupéfaite
01:11:45et m'ont atteinte
01:11:46d'ailleurs
01:11:47parce qu'en passant
01:11:48une demi-heure
01:11:49une heure
01:11:50ou un peu plus
01:11:50à lire ces posts
01:11:52on est évidemment atteint
01:11:54ça nous met
01:11:55dans une
01:11:56je pense que ça met
01:11:57n'importe quel lecteur
01:11:58dans une situation
01:11:59de malaise
01:12:00ou de colère
01:12:01en tout cas émotionnellement
01:12:02ne peut pas rester
01:12:03impassible
01:12:05devant ces propos
01:12:06j'ai été aussi marquée
01:12:08je l'ai retraduit
01:12:09dans mon livre
01:12:10par le langage
01:12:11hermétique
01:12:12utilisé
01:12:13sur ces forums
01:12:15il y avait
01:12:17au départ
01:12:18quand j'ai commencé
01:12:19à lire ces posts
01:12:19un certain nombre
01:12:20de termes
01:12:21que je ne comprenais pas
01:12:22issus notamment
01:12:24du jeu vidéo
01:12:24mais pas seulement
01:12:25qui participait
01:12:27à une sorte
01:12:28un très fort
01:12:28communautarisme
01:12:29et ce qui a pu
01:12:31me faire penser
01:12:31à un mouvement
01:12:32sectaire
01:12:33en tout cas
01:12:33la volonté
01:12:34d'utiliser
01:12:35certains mots
01:12:36ou certaines références
01:12:38communes
01:12:38comme Pépé the Frog
01:12:39pour se reconnaître
01:12:41les uns les autres
01:12:42et pour se donner
01:12:43un sentiment
01:12:43d'appartenance
01:12:44commune
01:12:45et puis
01:12:46j'ai aussi été marquée
01:12:47par l'importance
01:12:48de la culture
01:12:49du jeu vidéo
01:12:49notamment à travers
01:12:50les acronymes
01:12:51utilisés
01:12:52et puis parce que
01:12:53une de mes sources
01:12:54c'était le forum
01:12:541825 sur jeuxvideo.com
01:12:56donc ça n'était
01:12:57pas étonnant
01:12:59alors je viens maintenant
01:13:00justement à ce deuxième
01:13:01thème du jeu vidéo
01:13:02qui est très central
01:13:03dans ma fiction
01:13:03et la deuxième source
01:13:05d'inspiration
01:13:06pour ce roman
01:13:07ça a été un article
01:13:07de courrier
01:13:08paru
01:13:09d'un courrier international
01:13:10repris
01:13:10du mensuel américain
01:13:12The Wired
01:13:13qui s'intéressait
01:13:15donc en octobre 2021
01:13:17et qui s'intéressait
01:13:18à un jeu fasciste
01:13:19créé sur une plateforme
01:13:21de jeux vidéo
01:13:21très utilisée
01:13:23plutôt par les jeunes joueurs
01:13:25d'ailleurs je crois
01:13:26Roblox
01:13:27de jeux vidéo en ligne
01:13:29sur cette plateforme
01:13:31il y avait
01:13:31un jeu vidéo
01:13:34qui s'appelait
01:13:34Partia
01:13:35qui était un jeu vidéo
01:13:37créé par des
01:13:38néo-nazis américains
01:13:39avec un certain nombre
01:13:41de codes
01:13:41de règles
01:13:43on va dire
01:13:44fascisantes
01:13:45qui imposaient
01:13:46une certaine façon
01:13:46de s'habiller
01:13:47une certaine façon
01:13:48de s'adresser
01:13:48qui interdisaient
01:13:50d'utiliser
01:13:50un sexe différent
01:13:51de son propre sexe
01:13:53dans son avatar
01:13:54etc.
01:13:55dont je me suis inspirée
01:13:56pour ma fiction
01:13:56et même si
01:13:58les masculinistes
01:13:59n'étaient pas directement
01:14:00cités
01:14:03dans cet article
01:14:04j'ai trouvé
01:14:04j'ai trouvé
01:14:05qu'il y avait
01:14:05de forts liens
01:14:06avec mon sujet
01:14:07d'intérêt
01:14:07bon d'abord
01:14:09le milieu du gaming
01:14:11auquel il est souvent
01:14:12fait référence
01:14:12chez les masculinistes
01:14:15et qui est un milieu
01:14:16très fortement masculin
01:14:17et dont l'industrie
01:14:18est dominée
01:14:19aujourd'hui
01:14:20par des représentations
01:14:21très virilistes
01:14:24des hommes
01:14:26et qui pouvaient
01:14:29facilement coller
01:14:29aussi à mon personnage
01:14:31j'ai trouvé
01:14:33une similitude
01:14:34dans le mélange
01:14:35du divertissement
01:14:36et de la politique
01:14:36dans l'utilisation
01:14:37de l'ironie
01:14:38dans l'utilisation
01:14:40de cette confusion
01:14:42qui pouvait provenir
01:14:42du fait qu'on tient
01:14:43des messages politiques
01:14:44mais qu'on est dans un jeu
01:14:45et du coup
01:14:46la personne
01:14:47qui se trouve immergée
01:14:48dans son jeu
01:14:48et qui ne vient que
01:14:49pour le divertissement
01:14:50ne se rend pas forcément compte
01:14:52ou ne sait pas
01:14:52quel degré
01:14:53de sérieux
01:14:55prêter
01:14:55aux messages politiques
01:14:56qui sont diffusés
01:14:58dans ce jeu
01:14:59et c'est ce qu'expliquait
01:15:01cet article
01:15:02qui donnait la parole
01:15:03à un jeune homme
01:15:03qui s'était fait
01:15:04endoctriner
01:15:05et qui des années après
01:15:06témoignait
01:15:07de son expérience
01:15:09du jeu
01:15:09et puis surtout
01:15:11il m'est apparu
01:15:12que le jeu vidéo
01:15:13en tout cas ce jeu
01:15:14Partia
01:15:14pouvait être
01:15:15un lieu d'endoctrinement
01:15:16extrêmement facile
01:15:17et on sait
01:15:18que cette menace
01:15:20enfin cette utilisation
01:15:21des jeux vidéo
01:15:22pour endoctriner
01:15:23des jeunes personnes
01:15:26est déjà identifiée
01:15:28par les services français
01:15:30puisque pour la menace
01:15:32pour le recrutement
01:15:33islamiste par exemple
01:15:34il y a des recrutements
01:15:36sur les jeux vidéo
01:15:37sans doute
01:15:38que l'anonymat
01:15:40facilite
01:15:41l'approche
01:15:42et le recrutement
01:15:43et puis je pense
01:15:44c'est le côté
01:15:46immersif
01:15:47du jeu vidéo
01:15:47qui déréalise
01:15:49en partie
01:15:51les propos politiques
01:15:52tenus
01:15:52et qui permet
01:15:55une conversion douce
01:15:58puisqu'elle prend
01:15:59les traits du divertissement
01:16:00j'ai pu retrouver
01:16:02sur Youtube
01:16:03une vidéo
01:16:04dans ce jeu Partia
01:16:05à l'époque
01:16:06en 2021
01:16:07qui m'a permis
01:16:08d'imaginer mon propre jeu vidéo
01:16:09et puis cette vidéo
01:16:11a été supprimée depuis
01:16:12et la troisième source
01:16:13d'inspiration
01:16:14ça a été la campagne
01:16:16d'Éric Zemmour
01:16:16en 2021-2022
01:16:19en préparation
01:16:20des présidentielles
01:16:22puisque
01:16:22Éric Zemmour
01:16:23on peut
01:16:24facilement le rattacher
01:16:26à la communauté masculiniste
01:16:27si l'on s'en réfère
01:16:28à son pamphlet
01:16:29misogyne
01:16:29Le premier sexe
01:16:30publié en 2006
01:16:31et il avait autour de lui
01:16:33une équipe
01:16:33de jeunes gens
01:16:36qui avaient
01:16:38très bien compris
01:16:39l'utilisation
01:16:40des réseaux sociaux
01:16:41et l'importance
01:16:42de l'utilisation
01:16:42des espaces numériques
01:16:43pour donner de l'ampleur
01:16:45aux messages
01:16:46de leurs candidats
01:16:46dont Samuel Laffont
01:16:47qui était chargé
01:16:48de la communication
01:16:49numérique du candidat
01:16:50donc son équipe
01:16:51était active
01:16:52non seulement sur Twitter
01:16:53mais aussi sur Wikipédia
01:16:55pour modifier des informations
01:16:56à infiltrer
01:16:57des communautés Facebook
01:16:58tout ça est documenté
01:16:59par Vincent Bresson
01:17:00au cœur du Z
01:17:01et c'est par cette porte-là
01:17:04que je me suis intéressée
01:17:05du coup
01:17:06aux pratiques politiques
01:17:07d'utilisation
01:17:09des espaces numériques
01:17:10et notamment
01:17:11des communautés masculinistes
01:17:12au profit
01:17:14de leurs propos politiques
01:17:16et accessoirement
01:17:19Sarah Knafo
01:17:20qui fait l'actualité
01:17:20aujourd'hui
01:17:21a été une source
01:17:22d'inspiration au départ
01:17:22du personnage de Léa
01:17:24pour l'anecdote
01:17:26alors en guise de conclusion
01:17:28je voudrais partager
01:17:29avec vous
01:17:30quelques interrogations
01:17:31qui m'ont été inspirées
01:17:32par l'écriture de ce livre
01:17:33la première
01:17:35c'est plutôt
01:17:36un message
01:17:37qu'une interrogation
01:17:38le masculinisme
01:17:40est un cheval de trois
01:17:41des mouvements politiques
01:17:43réactionnaires
01:17:44l'enjeu n'est pas seulement
01:17:46la protection du droit
01:17:47des femmes
01:17:47le masculinisme
01:17:48est aujourd'hui
01:17:48une porte d'entrée
01:17:49grande ouverte
01:17:50aux idées
01:17:50les plus réactionnaires
01:17:51ça n'est plus
01:17:52un mouvement
01:17:53ça n'est plus seulement
01:17:54un mouvement hétérogène
01:17:55en ligne
01:17:56il est instrumentalisé
01:17:58par des forces politiques
01:17:59et cette menace démocratique
01:18:00est d'autant plus effrayante
01:18:02qu'elle touche
01:18:02des jeunes hommes
01:18:03et qu'elle cime
01:18:04notamment des jeunes hommes
01:18:05vulnérables
01:18:05la deuxième interrogation
01:18:09c'est qu'il y a tout de même
01:18:13même si on trouve
01:18:13des masculinistes
01:18:14de tous âges
01:18:15une forte dimension
01:18:16générationnelle
01:18:17aujourd'hui
01:18:19quand on regarde
01:18:21ce qui est documenté
01:18:23comme le gender gap
01:18:25donc les comportements
01:18:26politiques des jeunes
01:18:27générations
01:18:28on observe
01:18:28une différence
01:18:29croissance
01:18:30entre les votes
01:18:31des jeunes femmes
01:18:32et les votes
01:18:32des jeunes hommes
01:18:33ce sont beaucoup
01:18:35des hommes
01:18:35entre je dirais
01:18:3615-25 ans
01:18:38qui sont aujourd'hui
01:18:39les plus exposés
01:18:40et les plus porteurs
01:18:41de ces messages masculinistes
01:18:42que faut-il en comprendre
01:18:44est-ce que
01:18:44on en avait parlé
01:18:46je crois avec Pauline
01:18:47est-ce que le mouvement
01:18:47MeToo
01:18:48a percuté de façon
01:18:49particulière des jeunes
01:18:50au moment de leur
01:18:51construction identitaire
01:18:52c'est arrivé
01:18:53pour ces jeunes hommes
01:18:54avant qu'ils soient adultes
01:18:56et avant qu'ils comprennent
01:18:57peut-être tout ce qui se jouait
01:18:59dans les messages
01:18:59qui ont été portés
01:19:01par la vague MeToo
01:19:01et qui étaient essentiels
01:19:03mais ils ont réagi
01:19:06plus qu'ils ont compris
01:19:07ces messages
01:19:07ou est-ce que le masculinisme
01:19:09n'est qu'une voix commode
01:19:10pour exprimer une colère
01:19:12ou une frustration
01:19:13générationnelle
01:19:13ma troisième interrogation
01:19:17est beaucoup plus large
01:19:19donc le phénomène masculinisme
01:19:21s'est déployé largement
01:19:22grâce aux réseaux sociaux
01:19:23et aux outils numériques
01:19:25comment faire survivre
01:19:27la démocratie
01:19:29à l'ère numérique
01:19:30et je me suis posé
01:19:32cette question
01:19:33en regardant un documentaire
01:19:34sur le procès
01:19:35Depp-Erd aux Etats-Unis
01:19:36où les jurés populaires
01:19:38ont été complètement influencés
01:19:41par l'activisme
01:19:43au cours du procès
01:19:44des masculinismes en ligne
01:19:47quel pouvoir
01:19:52quelle confiance
01:19:53peut-on encore avoir
01:19:54dans la démocratie
01:19:56lorsqu'on est confronté
01:19:58à ces manipulations
01:19:59ciblées et massives
01:20:00de l'opinion
01:20:02et puis je vais finir
01:20:05peut-être sur un propos
01:20:06plus positif
01:20:08c'est ainsi que je finis mon roman
01:20:10comment promouvoir
01:20:12d'autres imaginaires
01:20:13puisque l'efficacité
01:20:15du masculinisme repose
01:20:16sur le fait
01:20:16qu'il utilise des images
01:20:17des représentations
01:20:18largement ancrées
01:20:20dans les imaginaires collectifs
01:20:21virilistes
01:20:22machistes
01:20:23assis sur des siècles
01:20:24de production
01:20:24peu artistique
01:20:26et que les fictions
01:20:27notamment les fictions immersives
01:20:30comme celle des jeux vidéo
01:20:31ont un pouvoir puissant
01:20:32pour façonner
01:20:33les imaginaires
01:20:34des joueurs
01:20:35qui les pratiques
01:20:36donc j'ai voulu conclure
01:20:38mon roman
01:20:38sur ce point
01:20:40en montrant
01:20:41qu'une manière
01:20:41de lutter
01:20:42était de participer
01:20:44à la construction
01:20:45de fictions
01:20:45alternatives
01:20:47et notamment
01:20:47dans le milieu
01:20:48du jeu vidéo
01:20:49mais pas seulement
01:20:50pour combattre
01:20:51les clichés réactionnaires
01:20:52véhiculés par ces mouvements
01:20:54masculinistes
01:20:54et je ne suis pas capable
01:20:56de le traduire directement
01:20:57en préconisation
01:20:58de politique publique
01:20:59mais indéniablement
01:21:00une guerre culturelle
01:21:01est à l'oeuvre
01:21:02dans laquelle
01:21:03le pluralisme des médias
01:21:04le pluralisme du monde
01:21:05de l'édition
01:21:06l'indépendance
01:21:07de la production artistique
01:21:08doivent être au centre
01:21:09des préoccupations
01:21:10de ceux qui souhaitent lutter
01:21:12contre la montée
01:21:13d'une vague antidémocratique
01:21:15dont fait partie
01:21:16le masculinisme
01:21:17Voilà pour ces auditions
01:21:18qui se tenaient ce matin
01:21:19au Sénat
01:21:20pour en parler
01:21:20j'ai ici Dominique Vérien
01:21:21bonjour
01:21:22Bonjour
01:21:22Vous êtes la présidente centriste
01:21:24de la délégation
01:21:24aux droits des femmes
01:21:25du Sénat
01:21:26et donc vous receviez ce matin
01:21:28Pauline Ferrari
01:21:28auteure de
01:21:29Formé à la haine des femmes
01:21:31Pauline Gontier
01:21:32auteure de
01:21:33Parthénien
01:21:34pour les personnes
01:21:35qui nous écoutent
01:21:35qui ne savent pas
01:21:36ce que c'est
01:21:37que le masculinisme
01:21:38comment est-ce qu'on le définit ?
01:21:40Comme une lutte
01:21:42contre le féminisme
01:21:43et on ne peut pas du tout
01:21:45l'assimiler au féminisme
01:21:47puisque le féminisme
01:21:48cherche à avoir
01:21:49à développer le droit des femmes
01:21:51et absolument
01:21:52contre personne
01:21:53juste
01:21:54que l'on ait le droit
01:21:56d'exister en tant que femme
01:21:57alors que le masculinisme
01:21:58très clairement
01:21:59se positionne
01:22:01en opposition
01:22:02à ce que peut être
01:22:03le féminisme
01:22:04et plus largement
01:22:05en opposition
01:22:06à ce que peuvent
01:22:07représenter les femmes
01:22:08Alors pourquoi est-ce que
01:22:08la délégation au droit des femmes
01:22:09a cherché
01:22:11à cerner
01:22:12ces réseaux masculinismes ?
01:22:14Est-ce que c'est parce qu'il y a
01:22:15un danger pour la société
01:22:16vous le croyez ?
01:22:18Oui clairement
01:22:18en fait on se rend compte
01:22:20que
01:22:20ce mouvement
01:22:23se développe
01:22:23grâce aux réseaux sociaux
01:22:25notamment
01:22:25alors il est vieux
01:22:26comme le monde
01:22:27je veux dire
01:22:28le fait de lutter
01:22:29contre
01:22:29les droits des femmes
01:22:32et contre
01:22:33l'économie des femmes
01:22:35évidemment
01:22:35ce sont des mouvements
01:22:36courants
01:22:37sauf que
01:22:38grâce
01:22:39aux réseaux sociaux
01:22:40ils peuvent se développer
01:22:41de plus en plus
01:22:42on a énormément
01:22:43des mouvements d'influenceurs
01:22:44qui prêchent
01:22:47justement
01:22:48contre les femmes
01:22:49et on voit
01:22:50des mouvements
01:22:51entre autres
01:22:53des mouvements politiques
01:22:54qui se servent
01:22:55de ces influenceurs
01:22:56pour pouvoir développer
01:22:58leurs idées politiques
01:22:59également
01:22:59donc oui
01:23:00c'est un vrai choix
01:23:01de société en fait
01:23:02des mouvements politiques
01:23:02de quel bord politique
01:23:04on peut les définir ?
01:23:05C'est l'extrême droite ?
01:23:06Alors c'est plutôt
01:23:07l'extrême droite
01:23:08effectivement
01:23:09c'est des réseaux
01:23:10comme Zemmour
01:23:11qui clairement
01:23:12est un masculiniste
01:23:14de la première heure
01:23:15lui
01:23:15avec
01:23:16avec ses écrits
01:23:18qui datent de 2006
01:23:20le premier sexe
01:23:21donc oui
01:23:22effectivement
01:23:22on va les trouver
01:23:23plus facilement
01:23:24à l'extrême droite
01:23:25maintenant
01:23:26on sait aussi
01:23:27que les mouvements
01:23:28anti-droits des femmes
01:23:30on peut les retrouver
01:23:31un peu partout
01:23:32mais
01:23:32mais clairement
01:23:33oui
01:23:34plus à l'extrême droite
01:23:34Vous parliez
01:23:35effectivement du danger
01:23:37et du rôle
01:23:37des réseaux sociaux
01:23:38les algorithmes
01:23:39aussi dans la diffusion
01:23:41la banalisation
01:23:41des idéologies masculinistes
01:23:43est-ce que vous allez recevoir
01:23:44ces influenceurs
01:23:45lors de vos auditions
01:23:46de cette délégation ?
01:23:49Est-ce qu'on aura
01:23:49ce type d'audition ?
01:23:51Est-ce que
01:23:52quand on veut parler racisme
01:23:54on reçoit des racistes
01:23:56je ne suis pas tout à fait sûre
01:23:57est-ce qu'ils viendraient ?
01:24:00Quelle réponse
01:24:01pourrait-on en attendre ?
01:24:02Donc
01:24:02c'est une question
01:24:05qui s'est posée
01:24:05pour l'instant
01:24:06on n'y a pas vraiment répondu
01:24:08on s'est posé la question
01:24:10éventuellement
01:24:10sur des gens
01:24:11qui écrivent
01:24:12sur le sujet
01:24:13y compris
01:24:14en trouvant
01:24:14positif
01:24:15leur thèse
01:24:17donc
01:24:17peut-être
01:24:18peut-être
01:24:19pour l'instant
01:24:19on s'est dit
01:24:20qu'un influenceur
01:24:21ne viendrait pas
01:24:22nous n'avons pas
01:24:23tout à fait
01:24:24les mêmes codes
01:24:24donc je ne suis pas sûre
01:24:25qu'on ait aussi
01:24:25la même facilité
01:24:27d'avoir un débat
01:24:28qu'avec des chercheurs
01:24:30ou des chercheuses
01:24:30dernière question
01:24:31sur ce sujet
01:24:32est-ce que vous allez
01:24:33rendre un rapport
01:24:34et à quelle échéance
01:24:35et est-ce qu'il peut y avoir
01:24:36ensuite une initiative
01:24:37parlementaire
01:24:38est-ce qu'on peut en passer
01:24:38par la loi
01:24:39sur ce sujet ?
01:24:40S'il le faut
01:24:41oui
01:24:41c'est un peu le sujet
01:24:42de toute façon
01:24:43d'une façon générale
01:24:44de nos rapports
01:24:44c'est de regarder
01:24:45si nos politiques publiques
01:24:48sont adaptées
01:24:49là en l'occurrence
01:24:49pour lutter
01:24:50contre la diffusion
01:24:52de ces idées
01:24:52et s'il faut
01:24:54passer par la loi
01:24:56ou pas
01:24:56s'il le faut
01:24:56oui bien sûr
01:24:57nous proposons des choses
01:24:58et le rapport est prévu pour ?
01:25:00le mois de juin
01:25:00le mois de juin
01:25:01allez deuxième thème
01:25:02sur lequel je voulais
01:25:03vous poser quelques questions
01:25:03votre délégation
01:25:04qui a organisé mardi
01:25:05un colloque
01:25:05sur le thème
01:25:06des violences sexuelles
01:25:07comme armes de guerre
01:25:08avec les exemples
01:25:09du Soudan
01:25:10et de l'Ukraine
01:25:11les viols
01:25:12qui répondent
01:25:12à une stratégie délibérée
01:25:13pour terroriser
01:25:14déshumaniser
01:25:16désorganiser
01:25:16les sociétés
01:25:17a-t-on entendu
01:25:18dans ce colloque
01:25:19est-ce qu'on prend suffisamment
01:25:20en compte
01:25:20la gravité
01:25:21de ces violences sexuelles
01:25:22dans les conflits armés ?
01:25:24absolument pas
01:25:24là c'est clair
01:25:25absolument pas
01:25:27probablement parce que
01:25:28ça touche
01:25:29majoritairement
01:25:30des femmes
01:25:30mais pas que
01:25:31en fait souvent
01:25:32on passe sous silence
01:25:33le fait que ça touche
01:25:35beaucoup d'hommes
01:25:36en tout cas
01:25:36on l'a vu
01:25:37sur le conflit
01:25:38avec la Russie
01:25:40entre l'Ukraine
01:25:40et la Russie
01:25:41il n'y a pas
01:25:43un prisonnier ukrainien
01:25:44qui n'ait subi
01:25:45des violences sexuelles
01:25:46donc ça touche
01:25:48les hommes
01:25:49les femmes
01:25:49on parle très peu
01:25:49on peut le dire
01:25:50dans les médias
01:25:50et les enfants
01:25:51et on nous a raconté
01:25:53des choses effroyables
01:25:54entre autres au Soudan
01:25:55avec des viols collectifs
01:25:56de nourrissons
01:25:57on comprend
01:25:59l'émotion
01:26:00effectivement
01:26:00quand on évoque
01:26:01ces sujets
01:26:01dernière question
01:26:02il y a une limite aussi
01:26:03c'est l'absence
01:26:04de condamnation
01:26:05par la justice internationale
01:26:06une seule condamnation
01:26:08pour les conflits
01:26:08de l'ex-Yougoslavie
01:26:09et du Rwanda
01:26:10en ce 18 ans
01:26:11après les faits
01:26:12c'est ce qu'a dit
01:26:12Isabelle Rome
01:26:13qui était auditionnée
01:26:14mardi
01:26:15c'est une limite importante aussi
01:26:16oui alors une des raisons
01:26:17aussi pour lesquelles
01:26:18on poursuit peu
01:26:19c'est parce que
01:26:20les victimes
01:26:21souvent ont honte
01:26:22de ce qui leur est arrivé
01:26:23et donc du coup
01:26:25ne veulent pas porter plainte
01:26:26et donc c'est toujours
01:26:28le problème du viol
01:26:29et c'est pourquoi
01:26:30on a conclu aussi
01:26:31en disant que c'est un vrai
01:26:32problème de société
01:26:33et on le voit
01:26:34si la communauté
01:26:36exclut des femmes
01:26:37qui ont été violées
01:26:38par exemple
01:26:38comme ça se fait encore
01:26:39trop souvent
01:26:40et bien c'est une double peine
01:26:42effectivement
01:26:43et c'est comme ça
01:26:43qu'on brise la société
01:26:44si la communauté
01:26:46accepte de ne pas l'exclure
01:26:49et donc ne se brise pas
01:26:51et bien peut-être
01:26:51que ce ne sera plus
01:26:52un moyen
01:26:53pour pouvoir récupérer
01:26:54des terres
01:26:54parce que
01:26:55moi je pense
01:26:56à la République démocratique
01:26:57du Congo
01:26:58les violences sexuelles
01:27:00qui durent depuis 30 ans
01:27:01là-bas
01:27:01les viols de guerre
01:27:02qui durent depuis 30 ans
01:27:03c'est pour récupérer
01:27:04des terres
01:27:05clairement
01:27:06et donc si jamais
01:27:07on ne brise pas la société
01:27:08et qu'on n'arrive pas
01:27:10à récupérer ces terres
01:27:10peut-être qu'on passera
01:27:11par d'autres moyens
01:27:12et merci
01:27:13et merci pour
01:27:14donc ces réponses
01:27:15à tous ces sujets
01:27:16que j'évoquais
01:27:18et c'est à côté
01:27:19la dégagation
01:27:19des droits des femmes
01:27:20merci
01:27:20merci
01:27:21et c'est la fin
01:27:27de cette émission
01:27:27merci à vous
01:27:28de l'avoir suivie
01:27:29prochain rendez-vous
01:27:30avec l'info
01:27:30dans quelques instants
01:27:31à 18h
01:27:33pour Sens Public
01:27:33c'est présenté
01:27:34par Thomas Hug
01:27:35très belle suite
01:27:36des programmes
01:27:36sur Public Sénat
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