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  • il y a 7 mois
Ce vendredi, une majorité qualifiée d'Etats européens a approuvé l'accord de libre-échange avec le Mercosur, en dépit de l'opposition de la France au traité et de la colère des agriculteurs. Quel impact réel pour notre agriculture ? L'accord du Mercosur est-il essentiellement agricole, comme le laissent suggérer les protestations actuelles ?

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Transcription
00:00Le gouvernement peut-il prendre le risque d'envoyer les CRS chargés des agriculteurs ?
00:03Ce qui est étonnant, moi j'ai passé 26 ans à l'étranger, je suis rentré en France il y a 18 mois,
00:08c'est à quel point la puissance symbolique des agriculteurs en France est dominante.
00:15C'est quelques centaines de personnes, on parle déjà d'un débordement, de possibles crises politiques,
00:22on parle d'un accord de libre-échange, l'économie c'est pas l'agriculture,
00:25l'économie c'est beaucoup plus gros que ça, l'agriculture c'est un petit morceau,
00:28les secteurs qui vont en bénéficier c'est l'automobile, c'est la chimie, c'est la pharmacie,
00:33la colère des agriculteurs est certainement réelle, elle n'est pas inventée,
00:38mais c'est tout petit par rapport à ce qui est en discussion,
00:42et donc on est effectivement dans un imaginaire de l'agriculteur qui est au centre de l'identité française,
00:48peut-être, économiquement il ne pèse malheureusement pas très lourd,
00:52et donc s'il y a un problème économique vis-à-vis de l'agriculteur,
00:55c'est un problème à résoudre avec la politique agricole et pas un problème à résoudre avec le Mercosur.
00:59– Je pense que c'est tout à fait vrai le fait que l'avenir de l'agriculture française
01:02ne se joue pas à l'aune de ce qu'il y a dans le Mercosur,
01:04au même titre que le Mercosur n'est pas d'abord une question agricole,
01:07ça je pense que c'est important à rappeler.
01:08– Alors que si on regarde l'actualité depuis des mois, on a l'impression que c'est que ça.
01:11– Que c'est un accord agricole, c'est 10% de l'accord.
01:13– Voilà, et en revanche, je pense que ce qui s'est joué de beaucoup plus majeur,
01:16c'est les précédentes mobilisations autour du partage de la valeur,
01:20et on se souvient de la difficulté pour, c'est-à-dire qu'il y a les producteurs
01:23qui sont à l'origine de la chaîne, après il y a un certain nombre de professionnels
01:26de l'agroalimentaire qui viennent prendre cette matière, la transformer.
01:30On a souvent évoqué le fait que les marges étaient énormes,
01:33que pendant la période de la crise de l'inflation, des efforts leur ont été demandés,
01:38les négociations avec la grande distribution aussi,
01:40on a vu que Bruno Le Maire qui était en première ligne à cette époque-là,
01:42n'a jamais réussi à trouver la voie pour que tout le monde s'asseye autour de la table
01:46et que cette valeur créée à partir de cette matière première soit mieux partagée.
01:50Donc voilà, ça c'est des vraies questions culturelles par lesquelles on a répondu
01:52de façon un peu superficielle, un peu facile, un peu populiste,
01:56sur la seule question des normes, et à l'arrivée, on en est là aujourd'hui.
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