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  • il y a 3 mois

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00:00Et sur l'île de Léon, c'est vrai qu'on est une grande famille, on communique tous par les réseaux ou par WhatsApp, s'il y a une alerte ou quoi.
00:09Donc du coup, ça s'est vite propagé.
00:13Et donc du coup, après, bien sûr, on a eu beaucoup de personnes qui sont venues en magasin, des personnes seules ou très inquiètes en disant « je n'ai pas les réseaux, qu'est-ce qui se passe ? »
00:22Donc du coup, je leur dis « ne prenez pas votre vélo » puisque beaucoup se déplacent en vélo sur l'île.
00:27Et voilà, la première chose à faire, c'était vraiment de protéger, on va dire, les clients et puis les salariés.
00:34Donc si je comprends bien, les gens qui étaient parfois chez eux ont préféré venir dans le supermarché parce que c'était un endroit où ils pensaient être à l'abri.
00:45En sécurité.
00:45Exactement, voilà, je n'en ai pas eu 100 000 non plus, mais j'ai 3-4 personnes qui sont venues, bien sûr, me voir pour dire « qu'est-ce qui se passe ? J'ai peur, j'ai peur. »
00:54Parce qu'il n'y avait pas de réseaux non plus, c'est ce que vous nous apprenez à un moment.
00:57Si, si, on a du réseau sur les jolis ronds, on a internet et tout.
01:02Sauf que sur les médias, vous avez eu, voilà, c'est ça, Facebook et puis WhatsApp.
01:08Et donc du coup, on communique tous sur ces réseaux-là.
01:12Sauf que certaines personnes d'un certain âge n'ont pas Facebook, n'ont pas cette technologie.
01:17Donc du coup, s'inquiètent et se disent « qu'est-ce qui se passe ? »
01:19Surtout que bon, il y a eu énormément de pompiers, de gendarmes, d'hélicoptères, que ce soit le SMUR, les militaires et compagnie.
01:26Donc du coup, ça les a inquiétés. Ils sont venus se réfugier en magasin.
01:30Florian Auru, qui est directeur de l'intermarché d'Oleron, des habitants se sont réfugiés ce matin.
01:35Bien sûr, je sais qu'il y a internet sur l'île d'Oleron.
01:39Je ne voudrais pas faire de procès à cette île et je ne l'imagine pas coupée du monde.
01:43En revanche, M. Auru, est-ce que vous connaissiez ?
01:47Vous disiez tout à l'heure que c'est une grande famille, Oléron, et chacun se connaît.
01:51Est-ce que cet homme qui est suspecté ce soir d'avoir renversé en 35 minutes 5 personnes, est-ce que vous le connaissiez ?
02:00Pour l'instant, vous savez, il y a une enquête en cours.
02:03Les élus, les forces de l'ordre, tout le monde travaille sur le sujet, font un boulot remarquable.
02:11Maintenant, nous, on n'a pas plus d'infos que ça.
02:14Est-ce que vous l'aviez croisé ? Est-ce que, par exemple, cet homme-là,
02:16parce que tout à l'heure, on était avec une personne qui s'appelait Jérôme, conseiller municipal,
02:20qu'il l'avait croisé, parce qu'effectivement, l'île d'Oleron, on peut se croiser aisément.
02:25Est-ce que vous aviez croisé cette personne ?
02:27Je ne connais pas l'identité du suspect.
02:31Après, en tant que grande surface sur l'île d'Oleron, j'ai mes confrères qui sont à Saint-Pierre et tout ça.
02:36Effectivement, une personne sur l'île d'Oleron vient faire ses courses, peut-être une fois dans l'année.
02:42Vu qu'on est une grande famille sur l'Oleron, c'est toujours pareil.
02:45La phase numéro 2, c'est qu'on attend le nom des victimes.
02:48Et quand on va voir le nom des victimes, malheureusement, voilà quoi.
02:50Vous connaissiez peut-être d'ailleurs la jeune femme qui est l'attachée parlementaire de Pascal Markowski,
02:56qui s'appelle Emma, et à laquelle on pense, bien sûr, parce qu'on ne sait pas précisément ses blessures,
03:03mais elle a 21 ans et elle était au mauvais endroit, au mauvais moment.
03:06Exactement. Plusieurs centaines de mètres du magasin, sur la route du Troye.
03:11Il y a effectivement deux personnes en train de faire un footing qui se sont fait faucher.
03:16J'ai une grande pensée pour les familles et bien sûr les victimes,
03:20pensant être sur une île où c'est le paradis, rien ne s'y passe.
03:25Il faut se le dire, il faut que tout le monde le sache, c'est qu'on est à l'abri,
03:27on n'est pas en sécurité, mais nulle part, nulle part en France.
03:30Et ce rêve paradisiaque de l'île d'Oléron, en fait, aujourd'hui, c'est un drame.
03:38Justement, l'enseuvagement, Florian Horu, vous êtes natif de l'île d'Oléron ou vous êtes venu sur l'île pour travailler ?
03:46Non, je suis arrivé très très jeune sur l'île d'Oléron,
03:48à rejoindre ma maman qui a rejoint mes grands-parents,
03:51donc du coup, depuis tout petit, depuis l'âge de 5 ans, on se connaît tous, on a tous grands enfants.
03:58Et vous avez peut-être des enfants qui vont à l'école à l'île d'Oléron ?
04:02Voilà, exactement, c'est mon premier appel, en rassurant d'abord les clients et mes salariés,
04:09puisqu'il a fallu que j'appelle, donne le téléphone pour que les salariés appellent leur famille,
04:12et j'ai tout de suite appelé ma femme pour avoir des nouvelles d'où elle était,
04:16et surtout ne pas sortir, parce que j'ai trois enfants, et bien sûr...
04:20Qui sont scolarisés, j'imagine, on peut aller sur l'île d'Oléron, j'imagine, jusqu'en terminale,
04:29et j'imagine qu'il y a collège-lycée, et puis après...
04:31Non, non, on s'arrête au collège.
04:32On s'arrête au collège ?
04:34Il n'y a pas de lycée ?
04:35Si, il y a un lycée spécifique, mais autrement, après ça va être Bourse Franc, Le Chaput, ou vous avez un lycée.
04:43Ah oui, donc les enfants, les îliens, sont obligés de quitter, ils sont souvent pensionnaires dans ces cas-là,
04:49lorsqu'ils partent pour le lycée, on ne peut pas faire l'aller-retour dans la journée.
04:55Je pensais quand même qu'il y avait un lycée, vous voyez, sur l'île d'Oléron.
04:58L'ensauvagement, on en parlait tout à l'heure avec notamment Jean-Yves Le Borgne,
05:01vous diriez que sur l'île d'Oléron, c'est préservé, c'est-à-dire que dans votre magasin, par exemple,
05:07il y a très peu de vols par rapport aux vols qui peuvent exister sur le continent ?
05:12C'est-à-dire qu'effectivement, nous, on est un peu déconnectés de ce qui se passe en France,
05:17en France, on est en France aussi, hein ?
05:19C'est un peu comme les cox, c'est extraordinaire.
05:25Non, non, les Français, quand je vois les Français, non, non, non,
05:28mais quand je vois l'actualité en France et tout, nous sommes vraiment à l'écart de tout ce qui se passe quand même dans l'actualité.
05:36Maintenant, ce que nous venons de vivre aujourd'hui, ça nous rappelle à l'ordre,
05:41et ça nous montre que nous ne sommes en sécurité nulle part.
05:44Donc du coup, voilà, maintenant, sur l'île en plus, on n'est pas non plus nombreux.
05:50L'hiver, on doit être entre 30 et 40 000 personnes.
05:52Oui, même moins que ça, moi j'ai vu 22 000, mais l'été, vous êtes combien sur l'île de Léron ?
05:57On peut monter à 250-300 000.
06:00Bon, ben merci beaucoup Florian Rue, directeur de l'intermarché de Léron.
06:04On a une tendresse tous pour les îliens, et on va terminer avec vous, monsieur Leborg,
06:07parce que vous connaissez l'île Dieu.
06:09C'est vrai que les îles sont à la fois un paradis, mais ça peut être compliqué.
06:15Il faut une vie intérieure très forte, par exemple lorsqu'on est à l'île Dieu,
06:18parce que l'île Dieu, c'est encore plus petit que l'île de Léron.
06:21Bon, ce soir à l'île Dieu, peut-être qu'il y a-t-il des gens qui nous écoutent, à l'île Dieu.
06:25Je ne suis pas sûr qu'il y ait un restaurant d'ouvert ce soir.
06:28Un peut-être.
06:29Oui, un peut-être.
06:31Je ne suis pas sûr qu'il y ait un cinéma, l'activité culturelle est légère.
06:33Il y a un cinéma, il y a un cinéma.
06:34Mais il est ouvert l'été, est-ce qu'il est ouvert ce soir, par exemple, mercredi 4 novembre à l'île Dieu ?
06:39J'ai tendance à le croire.
06:40Bon, et en même temps, c'est une tentation.
06:42Je crois qu'il y a les deux.
06:44Il y a la fierté d'être différent, et il y a l'agacement d'être un peu dans une marginalité que crée la différence.
06:54C'est une personnalité que d'être insulaire.
06:57Je suis assez d'accord avec vous, et c'est une tentation, la tentation d'une île.
07:01Merci à M. Leborgne d'être venu avec nous.
07:05Je ne sais pas...
07:05Oui, M. Goulebrette ?
07:06Non, mais je voulais dire, par rapport à ce que disait notre auditeur et notre témoin de ce qui s'est passé aujourd'hui,
07:12quand il dit qu'on n'est plus en sécurité nulle part,
07:14on a quand même commencé la semaine avec Matisse,
07:16qui s'est fait tuer par une voiture, un multi-récidivisme,
07:21dont on a appris après qu'il avait séquestré une personne,
07:24qu'il avait pris deux ans de prison ferme,
07:27et qu'il lui avait fait subir des brûlures de cigarettes,
07:30et qu'il l'avait transformé en esclave, l'obligeant à aller acheter de la drogue et de la nourriture.
07:33Donc on a commencé la semaine par le visage de Matisse,
07:37le témoignage de sa maman, de son papa qui l'avait adopté à 16 mois,
07:41c'était une histoire magnifique, naturalisée ensuite français,
07:44et à 19 ans tout s'arrête,
07:45vous sortez de soirée, vous rentrez chez vous,
07:48et la vie n'existe plus.
07:50Et là, on a le cas d'une jeune femme, Emma,
07:53qui à 21 ans travaille déjà à l'Assemblée nationale,
07:56travaille déjà pour un député,
07:58elle est engagée dans la vie active très tôt,
08:00et là aussi, elle est en urgence absolue,
08:03on espère évidemment qu'elle ait le moins de séquelles possibles,
08:06mais voilà, vous faites un footing le matin,
08:08et la vie est percutée, la vie ne sera plus jamais pareille.
08:10Et donc moi, je pense à Matisse, je pense à Emma,
08:12je vois leur très jeune âge, 19 ans, 21 ans,
08:14pourrait être ma petite sœur, ça pourrait être mon petit frère,
08:17et chacun peut se transposer,
08:19et les noms comme ça, on les égrène dans l'actualité,
08:21Lola, Philippine, pour des raisons différentes évidemment,
08:24Elias, Thomas,
08:25et au fond, on attend le temps.
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