00:00Merci d'être avec nous, c'est toujours difficile évidemment d'intervenir sur un sujet comme celui-là,
00:05parce que l'enquête est en cours et parce qu'on a peu d'éléments, maître.
00:09Si j'ai bien compris, le fait que l'agresseur ait crié à la Ouagbar n'est déjà pas absolument certain,
00:17et l'aurait-il...
00:18Ah si, ça c'est certain.
00:18Ah ça c'est certain.
00:20Oui, ça c'est certain.
00:21Ce qui n'est pas certain, c'est l'interprétation.
00:23Oui, bien sûr.
00:24Ça paraît curieux de voir interpréter à la Ouagbar, mais manifestement certains n'y voient pas un acte terroriste.
00:32Dans l'interprétation, je dirais qu'il y a deux types de dommages liés au terrorisme islamique.
00:38Il y a l'agression pure et simple, le terrorisme, et puis il y a cette sorte de folie qui émane de ce terrorisme,
00:47et qui peut toucher des esprits troublés, peut-être tels que celui-ci.
00:51J'ai cru voir aussi que le parquet national antiterroriste ne s'était pas saisi de l'affaire.
00:57Pour le moment.
00:58Pour le moment, oui.
00:59Il considère que ce n'est pas nécessairement un vrai terroriste.
01:02Le témoignage.
01:04Lorsque j'entends Jérôme, effectivement, j'ai le sentiment que c'est un marginal,
01:10que c'est quelqu'un qui est parfois sous-stupéfiant,
01:13qui est quelqu'un parfois comme...
01:15qui est alcoolisé,
01:16et qui, évidemment, ça n'a absolument rien à voir avec les attentats que la France a connus,
01:21par exemple, en 2015, avec le Bataclan.
01:24Et je pense qu'il faut...
01:25Le public le comprend bien.
01:27Donc vous avez quelqu'un qui, ce matin,
01:30et c'est abominable pour ceux qui l'avisaient,
01:33s'est réveillé,
01:34qui était peut-être alcoolisé,
01:36qui était peut-être sous-stupéfiant,
01:39et qui, d'une manière individuelle,
01:42a percuté les...
01:44Oui, mais il y a préméditation, quand même, Pascal.
01:46Tout cela est vrai.
01:47Tout cela est vrai.
01:48Il y a périmour, peut-être.
01:49Il y a volonté d'abîmé.
01:49Mais quand j'entends Jérôme,
01:52qui l'a croisé plusieurs fois,
01:54il y a une vérité que j'entends dans son témoignage,
01:58et qu'effectivement,
02:00l'enquête le dira,
02:02bien sûr,
02:03mais on n'est pas dans le même système
02:06d'un attentat prémédité,
02:09organisé par l'État islamique,
02:11comme c'était le cas en 2015.
02:14Oui, parce que l'État islamique était centralisé,
02:16cher Pascal.
02:17L'État islamique a disparu depuis Mossoul.
02:19Et aujourd'hui, il y a une menace qui est endogène.
02:22Il y a un terrorisme individualisé.
02:23Il y a un terrorisme juvénile.
02:25Il y a un terrorisme, encore une fois, très low-cost,
02:27avec un couteau.
02:28Tout ça, ça existe, Pascal.
02:30On n'est plus du tout dans une attaque coordonnée
02:32de type exogène,
02:33parce qu'il y a un organe qui est verticalement...
02:35J'entends ce que vous dites,
02:36mais quand j'entends ce témoignage,
02:39ma première analyse,
02:41c'est de voir un esprit très faible
02:43qui, effectivement, a peut-être entendu
02:46certaines choses qu'il a reprises à son compte
02:49et qui a trouvé un prétexte
02:52à attaquer cinq personnes
02:55qui, hélas, sont blessées,
02:56et même grièvement blessées,
02:58dont une en urgence absolue.
02:59Et je ne suis pas sûr
03:02que je vois, comment dire,
03:05une volonté intellectuelle, radicale, puissante
03:10d'attaquer l'Occident.
03:12Voilà.
03:13C'est ça que je...
03:13Je ne sais pas si je l'exprime...
03:15Je ne sais pas si je l'exprime bien,
03:17mais voilà ce que je perçois.
03:18Je comprends,
03:19mais attaquer l'Occident,
03:20ça fait partie de la prérogative
03:22de l'islamisme.
03:24Ça a été théorisé.
03:25Vous prenez un auteur comme
03:27Abou Moussab El-Soury,
03:29c'est lui qui a même inspiré
03:31les attentats de la Osa Atova.
03:34Appel à la résistance islamique,
03:36dans le livre,
03:36c'est clairement écrit.
03:38Et ce ne sont pas des auteurs déséquilibrés,
03:39à mon sens.
03:40Il y a même parfois des théoriciens
03:41qui ont un très très grand niveau intellectuel.
03:43Les sidecrops et compagnie
03:44ne sont pas des personnes marginales.
03:47Je ne mets pas tout au même niveau,
03:49et je pense que c'est notre travail
03:50de journaliste, d'éditorialiste.
03:52Je comprends votre nuance, cher Pascal.
03:53Ce n'est pas de nuance, là.
03:54Il n'y a pas de nuance.
03:56Ce n'est pas de la nuance.
03:57Je ne mets pas tout au même niveau.
04:00Ce n'est pas une question de nuance.
04:01Je vois,
04:02j'entends ce que dit Jérôme,
04:04je perçois le profil de la personne.
04:08Qui met plus l'accent sur la drogue
04:09et la bouteille,
04:10et l'alcool.
04:11Oui, bien sûr.
04:12Exactement, c'est ça.
04:13Oui, moi je parle des dynamiques collectives.
04:14C'est un conseiller du Rassemblement National.
04:16Je ne parle pas de l'espèce, moi.
04:18Je ne parle pas de poids de mesure,
04:18c'est une question de nuance.
04:19Vous l'avez entendu à l'antenne.
04:22C'est une forme de radicalisation
04:23qu'il n'aurait pas perçue.
04:24Parce que nous avons des bonbonnes de gaz
04:26et nous avons le cri à la Hocbah.
04:27Mais, étant donné qu'on n'a pas tous les éléments,
04:29le débat, me semble-t-il,
04:31à l'heure qu'on peut avoir,
04:32c'est sur l'ensauvagement de la société
04:34et qu'il n'y a plus un coin de France
04:36où vous êtes en sécurité.
04:38C'est ça le débat qu'on peut faire
04:39à l'heure où on se parle.
04:40Il y a les différents ferments
04:41du terrorisme islamique.
04:42Il y a quand même une chose qui a changé.
04:44En dix ans, effectivement,
04:45il y a dix ans,
04:45on avait des bandes organisées
04:47qui étaient capables de frapper.
04:48Et ça a été le cas dans l'héritage.
04:50Et de se replier, d'ailleurs,
04:51ailleurs en Europe,
04:52et notamment en Belgique.
04:53Aujourd'hui,
04:54Daesh, l'État islamique,
04:56est capable de s'appuyer
04:57sur des gens sur qui
04:59ils n'avaient pas l'habitude
05:00de s'appuyer.
05:02C'était des gens plutôt structurés,
05:03intellectuellement,
05:04qui se cachaient,
05:04la fameuse takia, etc.
05:05Aujourd'hui,
05:06ils prennent,
05:07ils n'ont plus peur
05:07de faire appel à des délinquants.
05:10De s'appuyer sur des délinquants.
05:11Et avec une arme
05:14qui est quand même
05:14une arme par destination
05:15qui est terrible,
05:16c'est-à-dire une voiture,
05:18c'est terrible.
05:19Eh bien, juste avec ça,
05:20on est capable
05:21d'avoir une nouvelle forme
05:23de terrorisme.
05:24Et ça, ça rappelle Nice,
05:25évidemment.
05:25Mais c'est du terrorisme.
05:26Mais c'est du terrorisme.
05:27Écoutons, par exemple,
05:30le maire de Saint-Pierre-d'Oléron,
05:31Christophe Suèr,
05:32parce qu'il dit ce que vous dites.
05:33C'est-à-dire que
05:34l'ensauvagement,
05:35ou ce que disait également Gautier,
05:37l'ensauvagement,
05:38même sur l'île d'Oléron.
05:39Ben voilà.
05:40Je vais être comme vous,
05:41je vais être un humain,
05:41je vais être un homme,
05:42je vais être un père de famille.
05:43Quand on regarde la télévision,
05:44quand on écoute les radios,
05:45on découvre qu'il y a des événements
05:46de la sorte dans d'autres lieux.
05:48Souvent, c'est dans des événements connus,
05:49que ce soit Nice,
05:50que ce soit Paris.
05:51On n'imagine pas que
05:51sur une petite commune
05:52comme la nôtre,
05:53même si Saint-Pierre-d'Oléron,
05:54j'en suis très fier
05:54et que c'est une très grosse commune,
05:55évidemment,
05:56avec le respect que je dois
05:57aux autres collègues maires.
05:58Il n'empêche qu'on n'imagine pas
05:59sur un territoire insulaire calme,
06:01plutôt paisible,
06:01de vivre un tel événement,
06:03d'avoir un individu
06:05qui un matin
06:05massacre
06:07et intentionnellement
06:08a envie d'écraser des gens
06:09pour les tuer
06:09ou pour les blesser
06:10ou pour je ne sais pas quoi faire d'ailleurs.
06:12L'ensauvagement de la société,
06:14c'est un thème,
06:15effectivement,
06:16Jean-Yves Leborgne,
06:17qui intéresse nos concitoyens.
06:19C'est un thème très important
06:21et en ce moment,
06:22je partage votre avis
06:23sur l'idée
06:24qu'il n'est pas acquis
06:26que cet homme soit motivé
06:28véritablement
06:28par une radicalisation.
06:30Il y a peut-être une dimension
06:31un peu pathologique
06:33mais c'est au fond
06:34un effet marginal
06:36mais peut-être même pas organisé
06:39du vrai terrorisme.
06:41C'est-à-dire qu'on a lancé
06:42dans l'opinion publique
06:44et un certain nombre
06:45d'esprits faibles
06:46se sont laissés envahir
06:48l'idée qu'on pouvait
06:49et peut-être qu'on devait
06:50agresser les uns et les autres
06:52que ce soit au couteau
06:53ou avec une automobile.
06:55C'est toute chose
06:55particulièrement grave
06:57mais qui ne manifeste
07:00pas nécessairement
07:01au point où on en est
07:02on n'a pas les éléments
07:04suffisants pour en juger
07:05mais qui ne manifeste
07:06pas nécessairement
07:07l'appartenance
07:08à un quelconque groupe
07:09la manipulation
07:10par une quelconque autorité.
07:12Bon, la folie
07:13ça a toujours existé
07:15et au fond
07:15l'imitation
07:17de certains
07:18gestes politiques
07:20graves
07:20c'est aussi
07:22une forme de folie
07:23et je pense que
07:23on peut s'imaginer
07:25que le cri
07:26à la Ouagbar
07:27soit
07:28au fond
07:29une manière
07:30de psychopathologie
07:31parmi métis.
07:33C'est parti !
07:34C'est parti !
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