00:00On souhaite tout le bonheur du monde, en tout cas à tous les deux, comme à Sébastien Lecornu, qui se maintient décidément, il est toujours là.
00:07Il se raccroche aux branches, sans surprise, les motions de censure brandies par le RN et LFI ne sont pas passées.
00:16Alors il y a un deuxième 49.3 qui a été engagé sur la partie dépenses.
00:20La partie recettes doit maintenant être examinée au Sénat.
00:24Bonsoir Étienne Blanc.
00:26Bonsoir.
00:27Vous êtes sénateur LR du Rhône, on est ravi de vous avoir sur Europe 1, puisqu'on a beaucoup de questions à vous poser.
00:34La première, alors j'espère que ce n'est pas une question piège, comment vous avez vu, vous, avec votre regard de sénateur, vos députés LR, voter pour ce budget quasi socialiste ?
00:48Oui, c'est un budget qui n'est pas satisfaisant, c'est une évidence.
00:51Les dépenses ne sont pas maîtrisées.
00:56Il y a la réponse, un bon budget pour LR, c'est un budget où on diminue la dépense publique.
01:01Il n'y a pas de diminution de dépense publique.
01:03Donc, mécaniquement, on est obligé d'augmenter l'impôt.
01:06Comme on ne veut pas augmenter l'impôt sur les ménages, on augmente l'impôt sur les entreprises.
01:10Et là, il faut reconnaître que c'est le déferlement de taxes d'impôts divers qui vont plomber notre économie.
01:17Et on le sait, quand on plombe notre économie, à terme, on pégeore les recettes.
01:24Et à partir de ce moment-là, on rentre dans une spirale qui est une spirale infernale.
01:27Vous ajoutez à ça que cette année, la France va emprunter 310 milliards d'euros sur les marchés financiers.
01:34Et vous ajoutez à ça qu'on nous annonce un déficit qui est de l'ordre de 5%.
01:40Il sera sans doute un peu supérieur à 5%.
01:43Il sera supérieur aux 140 milliards.
01:45Non, ce budget n'est pas satisfaisant parce qu'il n'apporte pas de réponse à la seule question qui vaille aujourd'hui.
01:51C'est la diminution de la dépense publique.
01:55Je vais évidemment vous poser la question de savoir ce que vous allez en faire de ce budget
01:58puisqu'il passe au Sénat avant de revenir à l'Assemblée nationale.
02:02Mais pour terminer justement sur ce vote, vous l'en voulez à vos collègues LR,
02:08pour quelles raisons, selon vous, ont-ils accepté de voter ?
02:11Parce qu'en définitive, il n'y a qu'une seule députée, Alexandre Dramartin,
02:17qui a voté pour cette motion de censure.
02:21C'est la seule.
02:21Et puis peut-être celle du RN par François-Xavier Tchécoli
02:24qui s'est justement solidarisée avec Alexandre Dramartin.
02:29Ça vous évoque quoi ? Pourquoi ont-ils fait ça, selon vous ?
02:34D'abord, Alexandre Dramartin, c'est une proche de David Lissnard.
02:38Et la position de David Lissnard, il l'a exprimée très clairement à la mutualité cette semaine,
02:43à l'occasion d'un grand meeting, c'est de dire qu'on ne peut pas accepter ce budget et on censure.
02:48On censure un gouvernement qui précipite la France dans un gouffre financier.
02:56Et je le crains, dans une récession économique à terme,
02:59c'est-à-dire que quand vous avez une dette abyssale
03:02et que vous ne faites pas ces réformes essentielles,
03:06bien évidemment, à terme, vous êtes dans une situation absolument infernale.
03:10Mais alors pourquoi l'ont-ils voté ?
03:10David Lissnard l'a dit très clairement.
03:12Alors, pour moi, c'est une chance.
03:16J'ai été député, j'étais d'ailleurs avec Georges Fenech, que je salue.
03:20La dissolution, parce que Sébastien Lecornu l'avait dit très clairement,
03:28si je suis censuré, il y aura dissolution immédiate.
03:31La dissolution, c'est un peu l'arme nucléaire contre les députés.
03:34Surtout dans une situation où les Républicains, très clairement,
03:41ne sont pas dans un état de santé très florissant.
03:45Donc il y a une inquiétude qui est une inquiétude profonde.
03:48Et ça, évidemment, cela joue.
03:50Et puis la deuxième chose, c'est cette sempiternelle répétition.
03:56Il faut de la stabilité, il faut éviter le chaos.
03:58Mais quelle stabilité ?
04:00Mais le chaos, il arrive.
04:02Je veux dire, le chaos, on augmente le risque de chaos.
04:05Donc pour moi, une stabilité dans la médiocrité,
04:08une stabilité dans les déficits,
04:10une stabilité dans la récession économique,
04:13ça ne peut pas être un argument solide.
04:15Mais c'est aujourd'hui, en tout cas chez les Républicains,
04:19un argument qui est développé et que je ne partage pas.
04:21Moi, je fais partie de ces voix dissonantes.
04:23Je suis très lissnardien.
04:25Je vois que la France a besoin d'un choc libéral,
04:27de diminution de la dépense publique,
04:29de contrôle des dépenses,
04:31de relance économique.
04:33Il faut reparler plus vigoureusement du travail,
04:36il faut parler plus vigoureusement d'une économie
04:38qui est aujourd'hui suradministrée
04:40et se lancer dans une véritable destruction
04:45des excès administratifs qui nous plombent,
04:49quoi qu'ils plombent les familles,
04:50mais qui plombent surtout notre économie.
04:52Vous l'avez dit à court terme,
04:53et évidemment, c'est certainement pour sauver des sièges,
04:56ce n'est pas vos mots,
04:57mais en substance, c'est ce que vous avez exprimé.
04:59Est-ce que c'est un bon calcul
05:01à plus ou moins moyen long terme pour les LR
05:04qui peuvent clairement se tirer une balle dans le pied ?
05:06Parce que, sans doute, les électeurs s'en souviendront.
05:10Le risque pour nous, c'est d'être attrapés par la patrouille
05:12au moment des élections législatives.
05:16On vote un budget avec les macronistes
05:18que l'on fustige par ailleurs.
05:20Et on vote un budget qui a une marque socialiste puissante,
05:23puisque les socialistes, ils n'ont qu'un mot à la bouche,
05:26c'est l'augmentation des prélèvements sociaux
05:29et des prélèvements fiscaux.
05:30Et le moment venu, quand on est devant les électeurs,
05:33on aura de la peine à dire qu'on est en rupture avec Macron
05:35et qu'on est dans l'opposition avec les socialistes.
05:37L'exercice est difficile.
05:39Et moi, je n'y pas la complexité de l'exercice,
05:42mais je pense qu'à un moment,
05:44eh bien, il faut dire non, trop, c'est trop.
05:47Vous aviez exactement la même situation
05:49avant 1958, non, il y avait 56, 57.
05:52Et Charles de Gaulle, qui à l'époque
05:54observait bien sûr pas la vie politique
05:56parce qu'il pensait déjà à un retour,
05:58fustigeait le Parlement
06:00quand le Parlement soutenait des gouvernements en place
06:03alors qu'il y avait une crise économique profonde,
06:05alors qu'il y avait une crise politique profonde.
06:07J'ai à un moment, il faut aller, je crois,
06:10moi c'est mon analyse,
06:11il faut aller à la rupture et dire là,
06:13nous ne sommes pas d'accord,
06:15sinon vos électeurs,
06:16ils ne comprennent plus rien.
06:18Georges Penech, vous, justement,
06:19qui étais aux côtés d'Étienne Blanc,
06:23vous en pensez quoi ?
06:24D'abord, permettez-moi aussi de saluer,
06:26bonsoir, Étienne Blanc,
06:28on se connaît très bien effectivement
06:29et je rappelle,
06:31pour ceux qui peut-être ne le sauraient pas
06:33ou l'auraient ou l'auraient oublié,
06:33qu'Étienne Blanc a été chargé des finances
06:36à la région Auvergne-Rhône-Alpes
06:37aux côtés d'ailleurs de Laurent Wauquiez
06:39comme premier vice-président
06:40et qu'il avait assaini les finances de cette région
06:43qu'il en avait bien besoin
06:44après une gestion socialiste.
06:45Donc il sait de quoi il parle.
06:48Non, je partage son avis
06:50à travers votre question également.
06:54La motivation qui a été,
06:57enfin l'argument qui a été avancé
06:58par Laurent Wauquiez,
07:00que par ailleurs nous aimons bien,
07:02c'est de dire la France,
07:03compte tenu du contexte international,
07:05ne pourrait pas se permettre
07:06un affaiblissement par à nouveau
07:08une censure, une dissolution, etc.
07:08Il ne serait pas sérieux de faire tomber
07:10le gouvernement dans ce contexte international,
07:12dit Wauquiez.
07:12Mais je ne suis pas,
07:14je vais vous dire très franchement,
07:15je ne suis pas certain
07:16que ce soit la bonne stratégie
07:17aujourd'hui de vouloir maintenir
07:20comme l'accord de le pendu,
07:23un système qui n'a plus de base,
07:26qui n'a plus de légitimité réelle,
07:29tout cela pour préserver le soldat Macron
07:31qui termine son mandat.
07:33Je ne pense pas que ce soit une bonne stratégie.
07:34Je pense que les électeurs,
07:36LR, effectivement,
07:38risquent de s'en souvenir
07:40au moment des votes, voyez-vous,
07:42reculer pour mieux sauter.
07:44Bon, maintenant,
07:45il y a une dissociation totale,
07:46on le voit bien,
07:47entre le Sénat et l'Assemblée nationale,
07:49entre M. Retailleau et M. Wauquiez,
07:51une appréciation de la stratégie à adopter.
07:54Mais encore une fois,
07:55moi, je suis plutôt sur la ligne
07:57que vient d'exposer Étienne Blanc,
07:59c'est-à-dire aller à la rupture
08:01quand l'essentiel est en jeu.
08:02Et Étienne Blanc, ça veut dire que Bruno Retailleau,
08:04pour être dans la lignée de Georges Fenech,
08:06Bruno Retailleau n'a pas assez de poids
08:08sur son parti,
08:10qu'il dirige quand même ?
08:12Les députés sont absolument
08:13indépendants,
08:14ils sont libres
08:15et ils votent comme ils l'entendent.
08:17En plus, il y a une ligne
08:18quand même dans un parti.
08:19Bien sûr,
08:20mais il y a un groupe
08:21qui est sous l'autorité de Laurent Wauquiez,
08:22et Laurent Wauquiez
08:23est sur une ligne différente
08:24de celle de Bruno Retailleau.
08:26Non, ce qui est intéressant à suivre,
08:28c'est la démonstration
08:29qui est faite au Sénat
08:30qu'on peut mieux maîtriser
08:31la dépense publique,
08:32et c'est ce que nous allons faire.
08:33Vous posez la question tout à l'heure.
08:34La position du Sénat,
08:35ce sera de présenter
08:36une mouture budgétaire
08:38bien plus raisonnable
08:39avec un déficit
08:40qui se tâche.
08:42Cette année,
08:42on sera à 140 milliards,
08:44140 milliards de déficit.
08:46On sera encore
08:47le mauvais élève de l'Europe,
08:48on sera encore
08:49dans le collimateur
08:50des marchés financiers,
08:52et nous avons là
08:53un risque majeur
08:55pour l'avenir de la nation.
08:56Alors, qu'est-ce que vous allez
08:57amender, Étienne Blanc,
08:58parce qu'on sait
08:58qu'il y a eu la surtaxe
08:59sur les bénéfices
09:00des grandes entreprises,
09:01je crois que c'est 8 milliards,
09:02vous aviez voté
09:04sa suppression
09:05pur et simple
09:05en décembre,
09:06vous allez tenter
09:08de l'amender
09:09à cette partie-là,
09:10par exemple ?
09:11D'abord, les surtaxes,
09:12elles sont toujours présentées
09:13dans les exercices budgétaires
09:15comme provisoires.
09:16On dit,
09:16oui, la situation est grave,
09:17on va faire une surtaxe,
09:18rassurez-vous.
09:19On connaît la chanson.
09:20Moi, je ne connais pas
09:21de surtaxe
09:22et d'impôts exceptionnels
09:24qui n'ont pas été pérennes.
09:26Ils sont toujours reconduits,
09:29donc il ne faut pas nous la faire
09:30pour parler vulgairement.
09:31Donc, nous, notre travail,
09:34ce sera un travail
09:35sur la dépense.
09:37Le Sénat,
09:37comme vous le savez,
09:38a beaucoup travaillé,
09:39par exemple,
09:39sur les agences.
09:40Le Sénat a beaucoup travaillé
09:42sur les politiques publiques
09:45qui doivent être évaluées.
09:47Ce sont des politiques publiques
09:48qui sont coûteuses
09:49et ces politiques publiques,
09:51elles ne sont pas évaluées
09:53et on a l'impression
09:54d'une machine
09:55qui continue à fonctionner
09:57avec tous ses excès,
09:58avec tous ses vices.
10:00Donc, le Sénat travaille là-dessus.
10:01pour démontrer à la nation
10:02qu'il est possible,
10:04demain,
10:05avec une véritable volonté
10:06et bien sûr une majorité,
10:08qu'il est possible
10:09d'avoir une autre politique budgétaire,
10:11d'avoir une autre politique financière,
10:13qui passe évidemment
10:15par la diminution
10:16de la dépense publique.
10:17Et c'est vrai
10:18pour les politiques sociales.
10:20Par exemple,
10:20c'est l'allocation unique.
10:22Par exemple,
10:23c'est une réforme très profonde
10:24des droits
10:25et des indemnités chômage.
10:27C'est parfaitement faisable.
10:29Le budget social,
10:30aujourd'hui,
10:31c'est 680 milliards.
10:32Il sera en déficit,
10:33lui aussi,
10:34de 20 milliards.
10:35Et il est en déficit
10:37alors que le budget général,
10:39il contribue très largement.
10:40Ce qui est terrible,
10:41Etienne Blanc,
10:42c'est qu'on vous écoute
10:43et on a l'impression
10:43que c'est un jour sans fin,
10:45que ça fait 4 mois qu'on y est,
10:46les Français n'en peuvent plus.
10:48Le Sénat,
10:49l'Assemblée,
10:50voilà.
10:51D'ailleurs,
10:51Sébastien Lecornu dit
10:52que quand le débat
10:53ne permet plus de conclure,
10:54quelqu'un doit assumer.
10:55Ce qui est important de préciser,
10:56mon cher Vincent Roy,
10:57c'est qu'à la fin,
10:58ce sont les Français
10:59et tous les Français,
11:00pas que les Français
11:01les plus riches,
11:02c'est tous les Français
11:03puisque les grandes entreprises
11:04ont des sous-traitants,
11:06ont des petits auto-entrepreneurs
11:08qui travaillent pour eux,
11:09des salariés
11:10et ça,
11:11ça va peser forcément.
11:13Justement,
11:14parlons-en des Français.
11:15Bonsoir Etienne Blanc,
11:16je souscris
11:17à tout ce que vous avez dit.
11:19Comment est-ce qu'on va expliquer
11:20aux Français,
11:20par exemple,
11:21que quelqu'un qui gagne
11:233000 euros bruts de salaire,
11:26en France,
11:27il a 2370 euros brut,
11:302370 euros net dans sa poche,
11:34en Italie,
11:35il a 2724 euros net dans sa poche
11:38et en Espagne,
11:39il a 2806 euros net dans sa poche.
11:42Ce sont les chiffres du MEDEF
11:43que je vous cite.
11:45Comment expliquer cela ?
11:46Comment est-ce qu'on va l'expliquer
11:47aux Français ?
11:48Etienne Blanc.
11:48Vous avez un système social,
11:51je rappelle,
11:52le budget social de la nation,
11:53c'est 680 milliards d'euros.
11:57Et ce système social,
11:58il est financé par le travail.
12:00C'est pour ça qu'il faut changer
12:01de paradigme,
12:02il faut changer de système.
12:04Mais pourquoi c'est aussi dur
12:05de changer de système,
12:06Etienne Blanc ?
12:07Vous avez l'air d'accord avec nous
12:09dans ce studio.
12:11Pourquoi est-ce aussi compliqué
12:12de le changer ?
12:13Vous voyez,
12:13on en est encore là.
12:15Après quand même
12:15la chute du gouvernement
12:17Barnier, Bayrou,
12:18on en est encore là.
12:20Georges Lachet,
12:20je l'ai très bien dit tout à l'heure.
12:21C'est plus facile pour un sénateur
12:23qui n'est pas exposé
12:24aux risques de dissolution.
12:25Je ne veux pas
12:26acheter là-dessus.
12:27Je comprends parfaitement
12:28nos collègues parlementaires.
12:32Moi, je crois qu'il y a
12:33plusieurs causes.
12:34la première cause,
12:37c'est,
12:38on appelle ça
12:39le courage politique,
12:41c'est un terme
12:41un peu galvaudé.
12:43Le quoi ?
12:44Mais si vous voulez,
12:47si on veut que ça marche,
12:49il faut qu'à un moment,
12:50vous ayez dans l'exécutif
12:51des hommes et des femmes
12:53qui disent,
12:53bon,
12:54on est là pour faire le job.
12:55Georges l'a rappelé tout à l'heure,
12:57quand nous avons été élus
12:58à la région,
12:59sur un budget
12:59de 2,4 milliards,
13:00300 millions,
13:01on a fait 300 millions
13:02d'économies.
13:02On a fait 14% d'économies.
13:04C'est tout à votre honneur.
13:07Ça veut dire aussi
13:08que vous vous exposez
13:10à des difficultés majeures.
13:11Ça veut dire aussi
13:12qu'il faut énormément
13:12travailler,
13:13il faut tout éplucher,
13:15il faut prendre des budgets
13:16ligne après ligne.
13:17Il faut évaluer
13:18toutes les politiques publiques.
13:20Et aujourd'hui,
13:20c'est ce qui nous manque.
13:21Et on risque parfois
13:21d'être impopulaire
13:22et de perdre son siège,
13:24effectivement,
13:24ce qui n'est pas
13:25le cas du Sénat.
13:26Merci.
13:26Merci à vous,
13:28Etienne Blanc.
13:29Et bon courage
13:29avec cette nouvelle copie
13:31que vous allez devoir
13:32amender au Sénat.
13:34Merci à vous.
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