00:00C'est assez intéressant quand même votre position Gautier-Debrette.
00:08On est revenu à l'antenne, oui.
00:10On est revenu à l'antenne, mais elle est même tout à fait sidérante.
00:17Si on voit le sous-texte qu'elle implique, c'est tout à fait étonnant et peut-être même révélateur.
00:25Au fond, ce que vous nous dites, c'est que le parquet ne s'est pas saisi parce que la personne s'appelle Jacques.
00:32Jean, il s'appelle Jean.
00:34D'ailleurs, il s'appelle Jean.
00:35Donc au fond, on apprend qu'il est alcoolique, qu'il fume.
00:41Donc on a une sorte de sentiment général, nous dites-vous, que ce ne serait pas un vrai radicalisé.
00:49Au fond, parce que précisément il s'appelle Jean, parce qu'il fume, parce qu'il boit, etc.
00:54Et c'est ça que ça révèle.
00:56Parce que vous mettez une dimension ethnique, quasiment, dans la radicalisation.
01:05Justement non, cet exemple prouve qu'il n'y en a pas.
01:08Non mais, à l'inverse, vous voyez, en creux, ça veut dire que le parquet...
01:12Un regard biaisé.
01:13Voilà, le parquet précisément ne prend pas la mesure,
01:17parce que lui-même, sans le dire, tout en le disant, etc.,
01:20ne prendrait pas cette dimension ethnique, là.
01:22Vous voyez, en creux, ce que ça révèle.
01:25Moi, ce que je dis...
01:25C'est intéressant ce que ça révèle en creux, votre analyse.
01:29Ce que je dis, c'est que le parquet ne se rend pas compte, aujourd'hui,
01:32de ce fait nouveau, que l'islamisme gangrène les réseaux sociaux
01:38et nombre d'endroits et de strates de la société française.
01:42Vous dites, vous dites, comme il s'appelle Jean et qu'au fond, il n'est pas d'origine arabe ou musulmane,
01:50le parquet ne le poursuit pas.
01:52C'est un peu ça qui vous dit.
01:55Là, vous allez plus loin que moi.
01:56Je dis que le parquet ne se rend pas compte, aujourd'hui, des nouvelles formes de l'islamisme.
02:02Voilà.
02:02Donc, vous dites, il ne veut pas comprendre le parquet qu'il y a.
02:07Et aujourd'hui, Jean, fils de pêcheur, de l'île d'Oléron, peut devenir islamiste.
02:11Voilà.
02:12Je pense qu'en fait, au parquet national antiterroriste...
02:13Vous lisez quoi ?
02:14Georges, dites-moi, si je me trompe, mais au PNAT, c'est quand même des magistrats,
02:18des professionnels qui connaissent parfaitement la chose.
02:21On ne va peut-être pas les prendre pour des amateurs ou des idéologues.
02:25Ils sont quotidiens sur ces dossiers-là.
02:27Pour éviter la moindre polémique, ce qu'il faudrait, ce qu'il faudrait pour éviter la moindre polémique,
02:32c'est que sur des actes comme celui-ci, le PNAT puisse se saisir automatiquement
02:37et puis se dessaisisse s'il n'y a pas d'élément concret dans les jours qui viennent.
02:44Je pense quand même qu'ils ne sont pas très malins, en communication pure,
02:50parce que même pour toutes les réserves qu'on a dites autour de la table,
02:54il eût été sur le plan symbolique, je pense utile, de dire
02:58le parquet national antiterroriste se saisit.
03:02Malgré tous les signaux !
03:03Voilà, parce que toutes les subtilités que nous avons mises en place ici,
03:07je pense que le grand public ne rentre pas aussi précisément.
03:11Quitte à disqualifier ma bataille.
03:13Quitte à disqualifier plus tard.
03:15Exactement, je le vois.
03:15On prend la plus haute qualification.
03:17Et bien qu'on nous nomme nous à ces postes-là, ça ira mieux.
03:20Écoutez Laurent Nunez, qui est ministre de l'Intérieur, ce matin sur France Inter.
03:25J'ai exercé, moi.
03:26Vous avez exercé quoi ?
03:27Je me suis occupé d'antiterrorisme, quand j'étais magistrat aussi.
03:30Avec beaucoup de succès manifestement.
03:33Oh non !
03:35Puisque le terrorisme, je vous souris, mais ce n'est pas très drôle.
03:41Je pense que c'est quand même un sujet majeur
03:43qui empoisonne la société française depuis 30 ans
03:47et dont on n'a toujours pas trouvé la solution.
03:49Mais il y a des hommes et des femmes qui se battent tous les jours,
03:51dont on ne connaîtra jamais le visage et jamais le prénom et le nom,
03:55et qui, grâce à leur travail, démantèlent des filières et empêchent des attentats.
03:59Il y a eu 6 attentats toutes les journées.
04:016 attentats déjoués depuis le début de l'année.
04:03Je suis d'accord.
04:03Et 20 l'année dernière.
04:04Je retire ce mot qui était fait pour vous faire mal.
04:10Mais j'ai donné un peu de légèreté à notre débat.
04:12C'est sympa, vous lui avez tué sa carrière.
04:16Il faut bien, de temps en temps, détendre l'atmosphère.
04:21Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, était ce matin sur France Inter.
04:24Écoutez ce qu'il a dit.
04:25D'abord, c'est un périple meurtrier très grave.
04:27Personne ne minimise ces faits.
04:29Personne ne nie qu'il a crié, effectivement, à la Ouagbarque.
04:32Il y a des références religieuses chez lui, assez claires, assez expressives.
04:35Là, c'est le parquet national terroriste qui va,
04:38au travers d'une expertise psychiatrique qui a d'ailleurs eu lieu hier,
04:41de perquisition d'une étude de la téléphonie,
04:43qui va déterminer si ces éléments ont été déclencheurs dans l'action violente qu'on a.
04:48Mais vous nous...
04:49Il a reçu un message. Je peux te la faire, la chose.
04:54Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur.
04:55Vous l'avez entendu sur Personne ne minimise.
04:58Et je vous propose de l'écouter une deuxième fois sur, cette fois-ci,
05:00à la Ouagbarque, le cri qui a été prononcé,
05:03cette fois-ci, manifestement, ce matin, il l'a dit,
05:05alors qu'hier, il ne l'avait pas dit.
05:06Nous avons effectivement connaissance d'un certain nombre d'éléments,
05:09d'un certain nombre d'éléments,
05:10dont le cri qui aurait été prononcé, qui a été prononcé, qui a été prononcé.
05:15Donc, au moment de son interpellation,
05:17et donc, il y a un certain nombre d'éléments,
05:20ce n'est pas le seul, il y a d'autres éléments.
05:21Bon, voilà ce qu'on pouvait dire sur ce premier sujet.
05:27On va attendre la conférence de presse à 18h, elle est importante.
05:30On a une pensée pour les blessés,
05:32et notamment, effectivement, cette jeune femme,
05:35qui s'appelle Emma,
05:36dont on n'a pas de nouvelles,
05:38et les parents n'ont pas communiqué.
05:40Qui est en urgence absolue.
05:41Alors, sa vie est hors de danger.
05:44Pas de pronostic vital engagé, mais urgence absolue.
05:48Écoutez, c'est abominable.
05:52Il y a des blessures très graves.
05:53Il n'y a pas à dire autre chose que ça.
05:56Si on peut dire quand même quelque chose,
05:57c'est au-delà d'abominable.
05:59C'est-à-dire qu'il y a une forme de lassitude.
06:02C'est notre métier,
06:03mais tous les jours, j'ai l'impression que soit on enterre quelqu'un,
06:06soit on fait le constat qu'on a une victime très grave également.
06:11On a commencé la semaine avec Matisse,
06:13qui s'est fait, évidemment, écraser,
06:17et projeté sur plusieurs dizaines de mètres
06:19par un chauffard multi-récidiviste à Lille.
06:22Il y a quelques jours,
06:24on constatait le procès de la meurtrière de Lola.
06:26Et là, hier, sur les chaînes d'info,
06:28on passait le visage d'Emma.
06:30On en a ras-le-bol, en fait,
06:31de montrer à chaque fois de nouveaux visages de petits anges,
06:36soit qui luttent pour leur vie à l'hôpital
06:38ou qui sont sortis de cause,
06:39mais qui ont des séquelles très graves,
06:40soit qui sont carrément tués.
06:42Ça devient insupportable.
06:44Et chacun peut se projeter,
06:45se dire, Emma, ça pourrait être ma fille,
06:46Mathisse, ça pourrait être mon frère, etc.
06:48Et les victimes s'enchaînent.
06:49Et Isabelle a fait référence à Nice.
06:52Et c'est vrai que...
06:53Je m'appelais.
06:54Isabelle a fait référence à l'attentat de Nice en 2016.
07:00Et Gauthier disait,
07:01il y a aujourd'hui une île qui était une île paisible
07:04et qui vit comme un attentat terroriste.
07:07Les Niçois, pour y aller régulièrement,
07:10je peux vous dire que c'est encore dix ans après,
07:12ancré au quotidien dans la ville.
07:15C'est-à-dire que tout le monde a eu un proche
07:18qui a été sur la promenade des Anglais
07:21au moment de l'attentat terroriste islamiste,
07:23qui a eu peut-être un proche qui a été victime,
07:25direct ou indirect.
07:26Et ils y pensent encore dix ans après.
07:28Oui, mais vous savez,
07:30les attentats du 13 novembre,
07:32dix ans après,
07:33je voulais vous dire que moi,
07:34mon assistante parlementaire,
07:36je vais vous faire une confidence,
07:38mon assistante parlementaire,
07:39qui était venue me rejoindre
07:40pour m'épauler sur cette commission d'enquête parlementaire,
07:44parce qu'elle connaissait très bien le monde de la police et de la BRI,
07:47elle a eu une copine à elle,
07:48très proche,
07:49qui a été rafalée sur une terrasse,
07:51elle-même était présente,
07:53elle s'est suicidée la semaine dernière.
07:54Dix ans après.
07:56Dix ans après.
07:57Ça continue,
07:58les traumatismes,
07:59il y en a plusieurs qui sont suicidés,
08:01qui étaient au Bataclan
08:02et qui n'ont pas réussi à survivre à tout ça,
08:04en fait.
08:05Donc, il faut bien voir que ça ne disparaît jamais.
08:08Bien sûr.
08:08Et je veux rendre hommage à Nathalie Rivière,
08:10je veux dire son nom,
08:11parce que ça a provoqué une grosse émotion.
08:15Il est 16h26,
08:17nous allons marquer une pause,
08:19nous allons parler dans une seconde des fillettes voilées,
08:22hier c'était à l'Assemblée Nationale
08:26et puis on pourra évidemment écouter Didier Deschamps
08:31puisque le sélectionneur des Bleus
08:33qui était présent au Stade de France,
08:35précisément il a parlé du 13 novembre,
08:37si on avait pu éviter de jouer ce 13 novembre,
08:39Didier Deschamps regrette la date de France-Ukraine,
08:43a-t-il dit.
08:44Et c'est vrai que France-Ukraine est programmée ce 13 novembre.
08:47Bon.
08:48Il est 16h26, à tout de suite.
08:50Vous écoutez Pascal Proulx et vous sur Europe
08:52entre 16h et 18h.
08:53Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires