- il y a 3 mois
Les clefs d'une vie - Manu Lanvin
Il a longtemps cherche son style avant de devenir un maitre du blues. Dans son nouvel album, « Man on a mission » , il se raconte pour la première fois
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2025-10-28##
Il a longtemps cherche son style avant de devenir un maitre du blues. Dans son nouvel album, « Man on a mission » , il se raconte pour la première fois
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05La musique a toujours fait partie de votre vie.
00:08Elle n'a jamais été un long fleuve tranquille,
00:10jusqu'au jour où des rencontres sur les rives des Mississippi
00:13vous ont permis de mesurer combien le blues était fait pour vous.
00:16Vous le démontrez aujourd'hui encore avec votre nouvel album.
00:20Bonjour Manu Lanvin.
00:21Bonjour Jacques.
00:21Alors c'est la première fois que vous venez dans les clés d'une vie, on s'en réjouit.
00:24Une double actualité, cet album, qui a déjà beaucoup de succès,
00:27et le Bataclan, qui est important aussi, qu'on va évoquer.
00:30Mais le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:35Et la première, elle ne vous concerne pas directement, mais elle est importante,
00:39car le 17 octobre 1984 est sorti un film qui va causer dans votre vie.
00:47Marche à l'ombre.
00:48Bien sûr.
00:49Premier film réalisé par Michel Blanc.
00:51Et au départ d'ailleurs, ça ne devait pas être Gérard Lanvin, votre père, qui devait jouer le rôle.
00:54C'était Bernard Giraudot, qui a refusé, et Gérard Lanvin est venu.
00:57C'était les deux grands concurrents à l'époque, mais en fait, qui s'adoraient.
01:01Exactement.
01:02Mais comme c'était un copain de Michel Blanc, Gérard Lanvin, il a fait le film.
01:05Et au départ, Michel Blanc ne voulait pas le réaliser, il songeait à Patrice Lecomte.
01:09D'accord.
01:09Et pourquoi j'en parle ? Parce que la guitare donnée par Michel Blanc à la fin du tournage,
01:15vous l'avez récupérée.
01:16J'ai récupéré cette guitare, en fait.
01:18C'est le producteur Christian Fechner qui produisait tous les grands succès de cette époque,
01:23avec mon père, les spécialistes, Marge Salon, Moi Vouloir Toi, les frères Pétard.
01:27Et j'en oublie sans doute.
01:28Et cette guitare, elle traînait dans le salon.
01:30Mais moi, je ne voulais pas faire de guitare.
01:32Moi, je voulais faire de la batterie.
01:33Parce que je trouvais que ça faisait beaucoup de bruit,
01:35que c'était un instrument où il fallait l'énergie pour se dépenser.
01:38Pour le jeune adolescent que j'étais, c'était parfait.
01:41Sauf que ça cassait beaucoup les oreilles à mes parents.
01:43Alors du coup, j'ai vu Gérard qui, de manière maligne, parce qu'il est malin, le padré,
01:48m'a orienté petit à petit vers cet instrument qui a été un instrument de torture au début.
01:52Il faut le savoir.
01:53Quand on commence la guitare, c'est très compliqué.
01:55On pleure chaque soir parce qu'on essaye d'étirer ses doigts.
01:59Je me rappelle, je dormais avec des bouchons en liège entre les doigts
02:02pour vraiment avoir plus de souplesse
02:05et pouvoir faire des gammes plus larges, des accords plus larges.
02:09Et d'ailleurs, la musique, elle a toujours fait partie de notre vie
02:11parce que dans la famille, il y a toujours eu de la musique.
02:14Bien sûr, ma mère, déjà, chanteuse, Disco, Do It For Me, en 76,
02:18qui a été un grand numéro 1.
02:19Alors, elle s'est très vite retirée de ce métier-là.
02:22Oui, mais ce numéro 1, il a compté quand même.
02:23Écoutez.
02:31Et je me suis un peu rancé, Gui Manu en 20,
02:34elle a figuré avec cette chanson dans le peloton de tête,
02:36avec Daddy Cool par Bonnie M
02:38et Should Me Be Dancing par les Bee Gees.
02:40Ah ouais, c'était un mec en plus assez incroyable
02:43qui produisait et réalisait cet album.
02:46Il était habillé, il était déguisé toujours en indien.
02:48Je me rappelle, je crois qu'on a enregistré,
02:50ou ma mère a enregistré Verneuil,
02:51je voyais toujours ce mec incroyable.
02:53Tentends, on allait se balader dans le bois de boulogne
02:54et je le voyais grapper aux arbres.
02:56Vous imaginez un garçon de 6 ans qui voit un indien,
02:59un producteur de musique.
03:01Ça a dû peut-être éveiller quelque chose.
03:02Je me suis dit, mais c'est pas mal comme métier, ça.
03:04Mais elle a eu du succès avec cette chanson.
03:05Mais ça a été numéro 1 pendant très longtemps en France,
03:08numéro 1 en Italie.
03:09C'était une star en Italie.
03:10Elle a tourné avec Adriano Celentano.
03:12Elle faisait des tournées et des galas régulièrement, oui.
03:15Jennifer, justement.
03:16Mais pourquoi est-ce qu'elle a arrêté ?
03:17Parce qu'elle a décidé, dans une vie de couple,
03:21avec mon père, deux artistes.
03:25Ça pouvait être compliqué si on voulait miser sur l'avenir.
03:29Et elle a eu la sagesse,
03:31où ils ont eu ce deal ensemble.
03:33Elle, elle était quand même l'idée du système et tout ça.
03:37C'est quelqu'un qui ne fait pas de concessions,
03:39ma mère, Jennifer, et Gérard,
03:41il n'était plus préparé pour la carrière qu'il a faite.
03:46Donc, c'était bien que quelqu'un veille, entre guillemets,
03:49à la maison, les enfants,
03:50et puis qu'il y en ait un qui aille au charbon.
03:52Exactement.
03:53Alors, je crois, Emmanuel Envin,
03:55que vous avez connu les studios d'enregistrement,
03:56presque, avant de savoir lire et écrire.
03:58C'est marrant, pas très loin.
03:59D'ailleurs, il y avait les studios Pâté Marconi,
04:02je crois les anciens,
04:02qui étaient à Boulogne-Biancourt.
04:04Moi, je me rappelle, c'était deux grands studios.
04:05D'ailleurs, d'un directeur artistique
04:07qui a été un des guitaristes de Claude François
04:09et qui m'a vraiment initié, d'ailleurs,
04:11au goût des guitares, de collections,
04:13comprendre l'histoire de cet instrument.
04:15Et moi, je dormais carrément
04:17dans les régies sons de ces studios-là
04:20quand ma mère avançait sur la suite de son projet.
04:23J'avais même droit de toucher la grande télécommande
04:25et une télécommande pour remonter le magnéto à zéro
04:28et enregistrer ma mère.
04:30Et à un moment donné, on m'y avait mis.
04:32Bon, on me surveillait quand même
04:33que je ne fasse pas trop de bêtises,
04:34mais j'ai pu quand même, mine de rien,
04:36avoir ce contact avec les studios d'enregistrement très tôt.
04:40Oui, et des studios mythiques,
04:42puis je crois que les Beatles et les Rolling Stones
04:44ont enregistré dans ces studios.
04:45Tous les grands groupes anglais
04:47qui passaient par Paris,
04:49on leur indiquait ce studio-là qui était super.
04:50Moi, je me rappelle de la grande room à droite
04:53lorsqu'on rentrait, tout orange,
04:54avec couleur orange.
04:55On avait bien l'orange dans les années 70-80, non ?
04:57Et il y avait des instruments partout,
04:59ce qu'il n'y a plus dans les studios d'enregistrement.
05:02Et non, non, c'était effectivement un studio mythique.
05:05Et il y avait aussi l'usine Paté Marconi
05:07qui n'était pas très loin.
05:08Et c'est là qu'a été fabriqué en 1951
05:10le premier micro-sillon de l'histoire.
05:12Ah, voilà.
05:12Donc, c'est dire si ces studios sont mythiques.
05:15Alors, il y avait aussi les concerts,
05:16la Manuela en 20,
05:17où vous alliez vraiment en backstage privilégié.
05:19Oui, parce que beaucoup d'artistes, en fait,
05:22même si ma mère a raccroché, on va dire,
05:24les gants assez tôt,
05:26on accueillait beaucoup plus
05:28et on fréquentait beaucoup plus de musiciens
05:30que d'acteurs, finalement, à la maison.
05:32J'ai toujours vu, vous savez,
05:34des artistes comme Danny,
05:35dont j'étais très proche,
05:36qui est un peu la sœur,
05:37comme une sœur pour ma mère.
05:38C'était un peu les inséparables
05:39et qui ramenaient toujours des musiciens.
05:41Moi, j'ai vécu un peu à Ville-Dieu,
05:43dans la maison de Danny,
05:43et je voyais tous ces musiciens
05:45qui débarquaient le week-end,
05:48dont Danny, dont ma mère.
05:49Et je trouvais que les musiciens
05:50avaient une joie
05:51un peu plus extériorisée
05:53que les acteurs un peu plus...
05:56C'est plus psychologique comme profil,
05:58je trouve, les acteurs que les musiciens.
06:00Oui, et je crois aussi
06:01que Corinne Marienno
06:02était une amie de votre mère
06:03et que voir des guitares cassées
06:05à la fin des concerts de téléphone,
06:07ça, ça vous fascinait.
06:08Mais c'était génial.
06:08Moi, téléphone,
06:09le premier concert que j'ai vu d'eux,
06:11ça devait être au Zénith.
06:12C'était le tout début du Zénith, je crois.
06:14Et à la fin du concert,
06:16je vois Richard Kolinka,
06:17le batteur du groupe,
06:19mais défoncer sa batterie,
06:21la briser.
06:22C'est encore ça.
06:23À mon avis, c'est ça
06:24qui a dû éveiller les choses en moi.
06:25Je me suis dit,
06:25je voyais un groupe de copains,
06:27parce que c'était des copains, en fait,
06:29en train de donner du bonheur aux autres
06:30et en plus casser le matériel après
06:33parce qu'on leur remplaçait,
06:34on leur redonnait du matériel nouveau
06:36le concert d'après.
06:37Donc, je pense que ça aussi,
06:38ça a dû m'appeler.
06:40C'est pas mal comme métier
06:41de pouvoir casser du matériel comme ça
06:42et que les gens en face adorent
06:44parce qu'ils adoraient,
06:45le public adorait bien évidemment
06:46en ce moment-là.
06:46La formule, c'était
06:47la batterie est en danger, bien sûr.
06:49Alors, il se trouve aussi qu'en revanche,
06:51à la maison,
06:52on pouvait écouter Plastique Bertrand,
06:53mais pas Dorothée et Chantal Goya
06:55comme les autres enfants.
06:56Je sais, je sais.
06:57Il ne faut pas penser
06:57que j'étais non plus interdit,
06:59que ça a été une douleur pour moi
07:00de ne pas écouter Chantal Goya
07:01et Dorothée et ainsi de suite.
07:03Mais c'est vrai que ma mère,
07:05sans vouloir me forcer,
07:06on écoutait de la bonne musique,
07:08il n'y avait pas de concession.
07:09Un disque de Dorothée à la maison,
07:10je ne pouvais pas le poser
07:11sur la platine.
07:12Ce n'était pas possible.
07:16Le premier groupe à 13 ans,
07:17c'est Caïman.
07:18Comment c'est fini ça ?
07:19C'était génial.
07:20Les débuts sont toujours
07:22des belles histoires
07:22parce qu'on commence,
07:25on va dans cette vie
07:27de jeune musicien.
07:28On croit qu'on est allé
07:29à Rolling Stone déjà
07:30à 13-14 ans.
07:31Donc, on arrive à la maison quartier
07:33à Sergi-Pontois.
07:34C'était le premier concert.
07:36En fait, c'était que des potes
07:37à qui j'avais carrément
07:39filé un instrument.
07:40Je lui dis,
07:40toi, tu feras la batterie,
07:41toi, tu feras le clavier,
07:42toi, tu prendras une basse.
07:44Moi, je commence à tricoter
07:45un peu à la guitare.
07:46Donc, je vais me garder la guitare.
07:47Puis, comme il n'y a pas
07:48de chanteur,
07:49je vais m'y coller.
07:50Et la première date,
07:52c'était une fête de la musique.
07:53On jouait en première partie
07:54d'un groupe de reggae
07:55qui était connu à l'époque,
07:56Human Spirit.
07:57Et je me rappelle,
07:58mais vraiment,
07:58lorsque la lumière s'est allumée,
08:00on ne jouait pas bien.
08:00On chantait comme des casseroles.
08:02Mais on avait l'envie
08:03de faire plaisir
08:03et c'était assez communicatif
08:05pour que ça ait fonctionné.
08:07Mais lorsque la lumière
08:08s'allumait sur scène,
08:09j'ai senti une sensation
08:12de grande sécurité.
08:14Je me suis dit,
08:15ici, c'est ma maison.
08:16Parce que nous,
08:16on a eu une vie de nomade,
08:17finalement.
08:17Mes parents,
08:18ils déménageaient tout le temps.
08:19On m'a temps en temps
08:19un peu placé.
08:20Tiens, va chez Dany,
08:21plutôt à la campagne,
08:21tu seras mieux,
08:22parce qu'à Paris...
08:23Mes parents,
08:24c'était un peu des baroudeurs.
08:26Et au début,
08:26ils n'avaient pas le succès
08:28et la reconnaissance
08:29qu'ils ont eue après.
08:30Donc, pour ce vent,
08:31des choix un peu financiers,
08:32mais qui m'arrangeaient.
08:33Je préférais aller surfer
08:34dans le Médoc
08:36ou aller faire des cabanes
08:37dans le Vaucluse.
08:41disons que je me suis perdu
08:45en allant sur ce chemin
08:47du Médoc.
08:47Il y a eu quand même
08:48une ville,
08:49vous avez passé beaucoup de temps
08:50et fait vos études,
08:51c'est La Baule.
08:52Oui, La Baule.
08:52Ça, ça a été plus tard.
08:54Ça a été la fin
08:55de mon adolescence,
08:56effectivement.
08:57La Baule,
08:57que je n'ai pas énormément aimée,
09:00on ne va pas se mentir,
09:01parce que je perdais mes copains,
09:03déjà.
09:03Je perdais mes copains parisiens
09:05lorsque mes parents
09:05ont déménagé là-bas.
09:07Et puis, très vite,
09:07il fallait que je remonte
09:08un groupe de rock'n'roll.
09:09Donc, j'ai remonté
09:09et j'ai trouvé deux Nantais
09:11beaucoup plus âgés que moi
09:12qui venaient me chercher
09:12à la sortie du lycée
09:14le vendredi après-midi.
09:16Ils avaient l'autorisation
09:17de mes parents
09:17pour m'embarquer
09:18et je partais sur la route
09:19avec deux grands garçons.
09:21Je me rappelle le matin
09:21quand on revenait de concert
09:23et je me rappelle
09:25cette image du rétroviseur.
09:27Eux, leur barbe
09:28avait poussé pendant la nuit
09:29et pas la mienne.
09:30Et je m'étais dit
09:31le jour où j'aurais paré
09:33avec eux,
09:33je serais devenu un homme.
09:36Je crois que l'orchestre
09:37c'était manuel.
09:37N200 Blake.
09:38Non, c'était les 3D.
09:40Les 3D.
09:40Ah oui, il y a eu l'avant, d'accord.
09:42C'était les 3D.
09:43On était un trio.
09:43Déjà, on a commencé
09:44dans cette formule
09:45que j'ai épousée
09:45après plus tard.
09:47On faisait beaucoup de reprises
09:48de Jimi Hendrix,
09:49beaucoup de reprises
09:49des années 70
09:51parce que c'était
09:52ses guitariers en haut
09:53comme Jimmy Page,
09:55comme Eric Clapton,
09:55moi qui m'ont donné envie
09:57de poursuivre
09:57et de faire de la musique.
09:59Et puis, je commençais
10:00déjà la composition
10:00avec mes deux grands frères
10:02quelque part.
10:03Oui, mais en même temps,
10:04vous décidez presque un jour
10:05de dire
10:05« L'école, c'est fini.
10:07Allez, la musique. »
10:08Ce qui ne plaît pas du tout
10:09à la maison au départ.
10:10Alors, ça a plu et pas plu.
10:12Disons que je sais
10:13que j'ai donné souvent
10:14des possibilités
10:15de métier
10:16que j'avais envie de faire
10:16mais mon père,
10:19il n'y croyait pas.
10:20Gérard et Jennifer,
10:21ils disaient
10:21« Non, je leur ai parlé
10:23à un moment donné,
10:23je voulais être vulcanologue
10:24parce que j'aimais bien
10:26les aventures d'Arhoun Taziev
10:28et je voyais ce couple
10:29aussi embarqué
10:29comme ça sur la lave.
10:32Vous vous rappelez
10:32de ce couple incroyable ? »
10:33Moi, ça me fascinait.
10:35Puis, non.
10:36Alors, j'aurais balancé avocat.
10:38Non, ça ne fonctionnait pas.
10:39Mais quand je leur disais musique,
10:41je ne les voyais pas
10:42trop sceptiques.
10:43Donc, j'ai dit
10:43« Bon, allez. »
10:44Et pour moi,
10:44la musique,
10:45c'était aussi un passeport
10:46pour la liberté.
10:47Ça m'a permis aussi
10:47de quitter la maison
10:48assez tôt
10:49et de me dire
10:50« Ben voilà,
10:51tu veux une vie de musicien,
10:52c'est une vie de nomade ? »
10:53Ben, il faut la commencer
10:54comme un autodidacte
10:55et partir très vite
10:56sur la route
10:57dès que possible
10:57et jouer le plus souvent possible.
10:59Voilà.
10:59Ça n'a pas été simple au début
11:01mais ça vient continuer
11:02avec une date
11:03qu'on va évoquer
11:04le 27 octobre 2000.
11:06À tout de suite
11:06sur Sud Radio
11:07avec Manu Lanvin.
11:09Sud Radio,
11:09les clés d'une vie.
11:10Jacques Pessis.
11:11Sud Radio,
11:12les clés d'une vie.
11:13Mon invité,
11:13Manu Lanvin.
11:14Nous parlerons tout à l'heure
11:15de « Man on a Mission »,
11:16votre nouveau disque.
11:17Excusez-moi pour l'anglais.
11:19Parfait.
11:19J'ai déjà du mal
11:19à apprendre le français.
11:20C'est un anglais parfait.
11:22Exceptionnel.
11:23Et nous parlerons bien sûr
11:24du Bataclan
11:25qui est un événement
11:26pour vous
11:27et pour votre public.
11:28Alors, on a évoqué
11:29vos débuts
11:29à la Beau,
11:30à Paris.
11:31Et si j'ai choisi
11:32le 27 octobre 2000,
11:34c'est que c'est
11:34votre première télé.
11:35Vous êtes invité
11:36dans le journal régional
11:37de Lille
11:38où le journaliste annonce
11:39que vous allez faire
11:40la première partie
11:41de Paul Persson.
11:42Je n'avais pas souvenir
11:43de ce journaliste
11:44qui l'annonce
11:45mais c'est vrai
11:46que premier album,
11:47première signature
11:48en Maison-Dix
11:49chez Warner à l'époque,
11:51le tourneur
11:52de Paul Persson
11:53et Paul Persson
11:53que je connaissais un peu
11:54m'ont embarqué
11:56dans cette tournée
11:57des Zeniths.
11:57C'était une tournée
11:58des Zeniths
11:58et je jouais
11:59on était à deux
12:00en tout main band
12:01vraiment à deux
12:01avec un bassiste,
12:02une MPC
12:03et moi la guitare
12:04et ça a été
12:05une expérience fabuleuse.
12:06Ça a été un peu
12:07le début, oui.
12:07Et en même temps,
12:08Paul Persson
12:09il a un point
12:09comme avec vous,
12:10il a commencé
12:11par la batterie
12:11quand il était en force.
12:12C'est fou, hein ?
12:13Mais beaucoup de guitaristes
12:14ont souvent commencé
12:16par la batterie
12:16mais c'est vrai
12:17que dans ses premiers groupes
12:18ils jouaient de la batterie,
12:18c'est juste.
12:19Et dans cette émission
12:20de télévision,
12:20ce reportage
12:21à la télévision,
12:22on découvre
12:23cette chanson.
12:23Ça, c'est vraiment
12:33la chanson du début ?
12:35Ben ouais,
12:35on ne reconnaît même pas
12:36ma voix, c'est dingue
12:37comme avec le temps
12:38elle a changé.
12:41C'était un album
12:42moi qui m'a éclaté
12:43de le faire.
12:44Alors c'est sûr,
12:44là on rentrait
12:45et on commençait
12:45à flirter
12:46avec le gros système.
12:48Warner était
12:48une maison de disques
12:49importante,
12:51ce qu'elle est toujours.
12:51et il a fallu
12:53faire des concessions.
12:54Alors je ne sais pas
12:55si j'ai fait les bonnes
12:56à écouter trop
12:57les réalisateurs
12:57mais j'avais envie
12:58de faire plaisir
12:59sachant qu'une maison de disques
13:00me faisait confiance.
13:02Donc je suis allé
13:03dans leur sens.
13:05Je réécoute quand même
13:06avec beaucoup de plaisir
13:07ces morceaux
13:08mais si c'était
13:09à refaire,
13:10si c'était à refaire,
13:12je ne leur ferais pas pareil.
13:13Vous avez 27 ans,
13:14ça a été long le chemin.
13:16Vous êtes passé
13:17d'ailleurs beaucoup
13:17dans les bars
13:18et dans ce reportage
13:18vous vous voyez
13:19en train de chanter
13:19dans un bar.
13:20Ce n'était pas le choix.
13:22Au début,
13:23moi je continuais
13:23ce que j'avais entrepris
13:24au début
13:25avec mes gars
13:26dans la région
13:26de l'Ouhr-Atlantique
13:28et la Bretagne.
13:29C'était jouer
13:29le plus souvent possible
13:30partout où on pouvait.
13:32Donc dans les bars,
13:32le Chat Noir,
13:33je me rappelle à Pigalle.
13:34Je me rappelle aussi
13:35dans les puces
13:36le Bariton
13:37qui était un endroit
13:37où tous les bluesmans
13:38allaient se retrouver
13:39le dimanche soir.
13:41C'était des sets interminables.
13:42Il fallait chanter
13:42quatre sets de une heure.
13:44J'avais la voix
13:45mais cassée.
13:46J'en étais malade
13:47et tout ça.
13:47Mais bon,
13:48c'est en résistant,
13:49en résistant,
13:50en insistant,
13:50en insistant
13:51que me disait
13:51le grand Taj Mahal
13:52qui est un grand musicien
13:53américain
13:55et qu'on crée ses muscles.
13:57Donc il fallait passer
13:57par là, sans doute.
13:58Surtout que les maisons
13:59de disques,
14:00vous jetez les unes
14:00après les autres au départ.
14:01Oui, ça a été galère
14:03pour eux de comprendre
14:04où je voulais en venir.
14:05Je ne leur en veux pas.
14:06Je pense qu'ils ne comprenaient
14:06pas trop où je voulais en venir.
14:08Moi, je savais un peu intimement
14:09mais ils ne me le soufflaient pas.
14:11Dès que j'allais déjà
14:13vers le blues,
14:14dès que j'allais vers des choses
14:15finalement assez authentiques,
14:17effectivement peut-être
14:18un peu old school
14:19qui n'appartenait pas
14:20véritablement à ma génération,
14:22mais ça m'appelait
14:23et ça,
14:24ça ne se calcule pas.
14:25C'est vrai que je prenais,
14:27on me fermait les portes.
14:28Oui, en même temps,
14:29il fallait trouver votre style,
14:30ce n'était pas évident.
14:31C'est ça.
14:32Alors, vous avez fait
14:32des petits métiers,
14:33je crois que vous avez vendu
14:33des chaussures américaines,
14:35des boissons énergissantes
14:36et vous avez été
14:37barman au folie pigale.
14:38Oui, pour Serge Kruger
14:40qui était un oiseau de nuit
14:42un peu connu
14:42dans le milieu là-bas parisien.
14:45Et ben oui,
14:45il fallait payer
14:46les cordes de guitare
14:47et puis il fallait payer
14:48mon petit loyer
14:49que j'avais dans le 17ème.
14:51J'étais à la fourche,
14:53l'essence pour la voiture
14:54et puis de temps en temps,
14:56quand j'étais libéré,
14:58je pouvais aller jouer,
14:59je pouvais aller tenter
15:00mon histoire
15:00là où je pouvais
15:01brancher ma guitare.
15:02Et les folies pigales
15:03qui appartenaient à l'époque
15:04à Hélène Martini,
15:05la reine de la nuit,
15:06il y avait une histoire
15:06c'est qu'il y avait toujours
15:07devant la porte,
15:08devant la façade
15:09des dames de mauvaise vie.
15:10Donc elle ne supportait pas
15:11pour les clients.
15:11Donc elle a fait mettre
15:12des luminaires verts
15:13ce qui fait que les dames
15:14de mauvaise vie
15:15ne pouvaient plus se mettre
15:15sous ces luminaires
15:16parce que personne
15:17les regardait.
15:19Madame Martini
15:20avait beaucoup d'établissements
15:22dans Pigale.
15:23J'avais le Moloco aussi,
15:25je crois,
15:26beaucoup de petits cabarets
15:27et ainsi de suite.
15:27Son histoire,
15:28elle est passionnante.
15:29Elle a commencé
15:30comme danseuse nue
15:32aux faunes bergères
15:32en arrivant de Pologne.
15:34Moi, je l'ai connue.
15:35C'est vrai ?
15:36Oui, j'allais prendre
15:37un thé avec elle,
15:38une tisane
15:39au Rasputin
15:42et après,
15:42à une heure du matin,
15:43elle prenait
15:44son taxi blindé
15:45pour faire le tour
15:46des barres de Pigale
15:47et voir les recettes.
15:48Mais c'est exactement
15:49ce qui se passait
15:49parce que moi,
15:50quand je travaillais,
15:50elle passait avec son taxi
15:52pour rencontrer
15:53les managers des lieux
15:54où j'étais moins employé.
15:55Parce que j'ai travaillé
15:56au Folies Pigale
15:56mais j'ai travaillé aussi
15:57au Monoco.
15:58Exactement.
15:58Alors il se trouve
15:59que Paul Pearson
16:00a été important
16:01car il vous avait
16:02beaucoup de conseils
16:03Manu Envin.
16:04Oui, la première fois
16:05il est venu écouter
16:06cet album,
16:07le premier album
16:07et il m'a dit
16:08quelque chose
16:09qui a fait recette
16:11peut-être
16:11mais un peu dans le temps
16:12et il me dit
16:13attention Manu
16:13de ne pas trop écouter
16:14les autres
16:15et les maisons de disques
16:16même si elles ont
16:16peut-être des conseils
16:17qui sont bons
16:18mais peut-être pas pour toi
16:19parce que c'est ton nom
16:20sur l'album.
16:21Oui, oui.
16:21C'est quand même ton pénigré
16:23c'est toi qui va le défendre
16:24alors là il me disait
16:25toi t'es guitariste
16:26je t'ai connu
16:27tout môme
16:28c'était toujours
16:29la guitare la guitare
16:30et dans l'album
16:30j'en entends pas beaucoup
16:31j'entends pas beaucoup
16:32ce que tu sais faire
16:33et ça le dérangeait.
16:34Il a fallu
16:35beaucoup d'années
16:37et surtout de l'indépendance
16:38et lorsque je suis devenu
16:39autonome finalement
16:39que tout s'est produit.
16:40Oui, et en même temps
16:41il vous a conseillé
16:42de connaître vos classiques
16:44et là c'était vraiment
16:45un chemin
16:45un chemin total.
16:46Oui, oui
16:47je pense que pour connaître
16:48connaître à jouer
16:50pour jouer de son instrument
16:51il faut connaître
16:52l'histoire de son instrument
16:53et puis de toute façon
16:54je pense qu'on n'a pas fait
16:55réellement mieux
16:56alors même si aujourd'hui
16:57il y a des mecs
16:58au niveau démonstration
16:59guitaristique
17:00qui sont impressionnants
17:00mais dans les années 70
17:02tous les guitar-héros
17:03ont inventé
17:04comment jouer
17:04de cette guitare là
17:05on ne peut pas faire mieux
17:06ils ont donné les règles
17:07en fait
17:07et si on remonte plus loin
17:09si on remonte aux pionniers
17:10les chanteurs
17:11et les guitaristes du Delta
17:12les piquings
17:14et ainsi de suite
17:15c'est eux
17:16qui ont inventé
17:17ce savoir-faire
17:18Oui et puis il y a
17:19quelqu'un de totalement
17:19oublié
17:20qui est Robert Johnson
17:21qui a inventé
17:22la légende du blues
17:23et il leur est donné
17:25au bord d'une route
17:26son
17:26sa main au diable
17:29pour le
17:29son âme au diable
17:30il est allé à Crossroad
17:32et moi je me rappelle
17:32avant d'y aller
17:33sur cette route 61
17:34de m'amuser
17:35avec Google Earth
17:37à essayer de savoir
17:38où il avait pu donner
17:39son âme au diable
17:40cette histoire
17:41me passionnait
17:42Oui parce qu'en plus
17:42il a enregistré 29 morceaux
17:44nous sont inspirés
17:45Clapton, Hendrix
17:46et tous les autres
17:46Mais si vous parlez
17:47à tous ces gars-là
17:48si vous les ambiancez
17:50sur Robert Johnson
17:51à mon avis
17:52vous les tenez
17:54en conversation
17:55pendant 2-3 heures
17:56Mais son nom
17:56est totalement inconnu
17:57du grand public
17:58Alors du grand public
17:59non mais il est guitariste
18:00il l'est
18:01et oui effectivement
18:01nous on sait que c'est
18:02un des patrons
18:03c'est un des grands maîtres
18:04puis il y a aussi
18:04la légende qui va avec
18:05on va pas se mentir
18:06un mec qui était mauvais guitariste
18:07qui dit
18:08vous allez voir
18:08moi je serai une légende
18:10dans peu de temps
18:10qui revient deux mois
18:11dans les mêmes bars
18:12et qui jouent comme un dieu
18:13ça bluffait tout le monde
18:15les Sun House
18:16et tout ça
18:16on disait
18:16mais comment t'as pu faire
18:17et je sais pas
18:18s'il a inventé cette histoire
18:19il a dit
18:20j'étais à Crossroads
18:21j'ai donné mon âme au diable
18:22et en échange
18:23le diable m'a donné le blues
18:24il y a des très jolies photos
18:25souvent qu'on voit des dessins
18:26pas de lui
18:26parce qu'il y a juste
18:27deux portraits de Robert Johnson
18:28où on voit le diable
18:30qui passe par-dessus son épaule
18:31et qui lui accorde sa guitare
18:32il avait 27 ans
18:34quand il est mort
18:34c'est très très jeune
18:35c'est la légende des 27
18:37c'est le premier
18:37il fait partie du club des 27
18:39alors il se trouve
18:39que le blues
18:40vraiment ça a changé votre vie
18:41parce que vous êtes aperçu
18:43que ça permettait
18:44pendant des heures
18:45de chanter
18:45ses joies et ses pènes
18:46Manu Lovain
18:47ouais je trouve
18:48que c'est un modèle
18:49intéressant
18:51de toute façon
18:52les chansons
18:52c'est construit souvent
18:53sur des ritournelles
18:54sur des répétitions
18:55moi il y a quelque chose
18:56de très hypnotique
18:58que crée le blues
18:58je trouve
18:59puisque c'est des formats
19:00effectivement rigides
19:01et qui tournent sur eux-mêmes
19:03pendant très longtemps
19:04le temps d'une chanson
19:05et je trouve
19:06que c'est intéressant
19:07parce qu'après
19:08qu'est-ce qu'on peut y mettre
19:09on peut y mettre
19:09que son émotion
19:10une belle histoire
19:11et tout est dans
19:13l'interprétation
19:14tout devient dans
19:15l'interprétation
19:16on ne peut plus parler
19:17comment dire
19:18d'exploit mélodique
19:20et il ne s'agit plus
19:22d'être un très bon mélodiste
19:23il s'agit de
19:24de s'offrir
19:25entièrement
19:26lorsqu'on
19:26performe du blues
19:27on vit sa mélodie
19:29et on la partage
19:29avec le public
19:30voilà
19:30alors il se trouve
19:31que vous avez
19:32fait trois albums
19:33mais surtout
19:34vous avez fait aussi
19:34des musiques de films
19:35et la première
19:36est quand même étonnante
19:37parce que c'est
19:37vous avez écrit
19:38la musique d'un film
19:39qui raconte
19:40l'histoire d'un acteur
19:41de film X
19:42qui veut se convertir
19:43dans le cinéma grand public
19:44un film présenté à Cannes
19:45quand même
19:45ouais
19:46à la quinzaine des réalisateurs
19:47qui a failli gagner
19:48d'ailleurs
19:48je me rappelle
19:49non mais bon
19:50on essayait les choses
19:51vous savez
19:52quand on vous offre pas
19:54la highway
19:56l'autoroute
19:57vous prenez
19:57des chemins de traverse
19:58et là c'était juste
20:00effectivement
20:00cet acteur
20:01qui était très sollicité
20:04par les chaînes de télé
20:04pour faire des documentaires
20:06en fait
20:06sur un peu les back-sages
20:07de tout ça
20:07et il avait écrit
20:09un film complètement loufoque
20:10mais complètement loufoque
20:12mais pas du tout pornographique
20:14vraiment
20:14et puis on s'était rencontré
20:16par hasard
20:17et puis
20:17c'est une histoire dingue
20:18quand même
20:19j'avais fait aussi
20:20entre temps
20:20un album pour les enfants
20:21pour une marque junior
20:23et puis
20:24il voulait pas m'embaucher
20:25au début
20:26pour la musique de son film
20:27puis un jour
20:27il passe au studio
20:28je lui joue
20:29l'album
20:30pour enfants
20:31que j'ai fait
20:31il me rappelle le lendemain
20:33il me dit
20:33on a tellement pleuré
20:34avec ma femme
20:34que je veux que ça soit toi
20:35qui fasse la musique
20:36de mon film
20:36un acteur
20:37producteur de pornographie
20:39qui te dit ça
20:39là tu dis
20:40là je suis avec un cinglé
20:41rien que pour l'expérience
20:42que ça va procurer
20:43je veux faire la musique
20:44de son film
20:45et c'est ce que j'ai fait
20:46pour l'histoire
20:46il s'appelait HPG
20:47et il a tourné quand même
20:48600 films érotiques
20:50c'est quand même extraordinaire
20:51érotiques
20:51vous êtes sûr
20:52vraiment érotiques ?
20:53je vais dire érotiques
20:53parce que je suis poli
20:54voilà
20:54érotiques plus plus
20:56exactement
20:57et puis il y a aussi
20:58la bande originale
20:59d'un autre film
20:59bienvenue dans ma ville
21:01une femme a mis un jour
21:02un nom sur ta tête
21:03Lucky Luke
21:04ah oui
21:04Lucky Luke
21:05avec Jean Dujardin
21:07là aussi
21:08c'est un autre univers
21:09ouais mais là c'était
21:10là c'était
21:11ça commençait à
21:11je commençais à me rapprocher
21:13de moi
21:13puisqu'il s'agissait
21:15on m'a demandé
21:16de reprendre un morceau
21:17de
21:17oh j'ai plus l'artiste
21:19original
21:19qui est un artiste de boost
21:20très connu aux Etats-Unis
21:22I'm a soldier of love
21:24et on devait le transformer
21:26en Lucky Luke
21:27l'adapter
21:28pour l'intro
21:29lorsque Jean Dujardin
21:31s'habille en Lucky Luke
21:33et j'ai pu convier
21:34Kevin Russell
21:35qui est un artiste
21:36pour qui je travaillais
21:36qui interprète cette chanson
21:38et ben voilà
21:39Kevin Russell
21:39justement on va en parler
21:40tout à l'heure
21:41à travers une autre date
21:42qui est le 15 août 2015
21:44à tout de suite
21:45sur Sud Radio
21:46avec Manu Lanvin
21:47Sud Radio
21:48les clés d'une vie
21:49Jacques Pessis
21:50Sud Radio
21:51les clés d'une vie
21:51mon invité Manu Lanvin
21:53nous parlons tout à l'heure
21:54du Bataclan
21:54et puis de cet album
21:55Man on Mission
21:56qui vient de sortir
21:57et qui intéresse déjà
21:58beaucoup de gens
21:59qui a beaucoup de succès
22:00on a évoqué vos débuts
22:01et si je parle
22:02du 15 août 2015
22:04c'est que ce jour-là
22:05vous êtes sur l'île
22:06de Saint-Barthélemy
22:07au Tzibarts
22:08et qu'il y a un bœuf historique
22:09avec Johnny
22:10ouais
22:11on m'invitait souvent
22:12pour jouer sur ce festival
22:13c'est un festival
22:14qui a lieu chaque été
22:15sur 2-3 semaines
22:16et il y avait toujours
22:17une soirée à thématique
22:18un peu rock
22:19et blues
22:20on va dire
22:20et donc on m'y a convié
22:22on m'a convié là-bas
22:23pour jouer
22:23et c'était devenu
22:25un rendez-vous presque récurrent
22:26j'y allais chaque année
22:28et dès la première fois
22:29dès la première édition
22:30dès que
22:31Johnny qui vivait
22:33sur l'île
22:34a su que j'y jouais
22:35il a réservé sa table
22:36il est venu
22:37donc ça a été
22:38tout le monde
22:38il veut voir Manu
22:39tout le monde
22:39bref
22:40et puis c'était devenu
22:42notre rendez-vous
22:42estival
22:43lui et moi
22:44je savais qu'en août
22:44il y était
22:45puis comme moi
22:45on me bouquait à chaque fois
22:46pour jouer sur ce festival
22:48il venait
22:49et bien évidemment
22:51à chaque fois
22:51tu ne pouvais pas l'empêcher
22:53il fallait qu'il monte sur scène
22:54pour faire un ou deux titres
22:55et c'était toujours
22:56avec grand plaisir
22:57qu'on ne jamais
22:58comme on dit ensemble
22:59voilà
23:00histoire d'amuser
23:01de nous amuser
23:02puis d'amuser les gens
23:02qui venaient nous voir
23:03oui
23:04il faisait des bœufs
23:05le bœuf d'ailleurs
23:06on a toujours oublié
23:07que ça vient d'un cabaret
23:08le bœuf sur le toit
23:09où les musiciens se réunissaient
23:11à la fin du spectacle
23:11pour jouer ensemble
23:12ils faisaient un bœuf
23:13c'est comme ça que c'est né
23:15et Johnny aimait faire
23:16ces moments d'improvisation
23:18moi je me souviens
23:18d'une soirée
23:19à l'Élysée Matignon
23:20où il arrive avec
23:21Michel Sardou
23:22qui fait son anniversaire
23:23il y avait des musiciens classiques
23:24ils les jettent
23:25et ils ont fait un concert
23:26de trois heures
23:26de rock'n'roll
23:27oh non mais c'était ça
23:28de toute façon
23:29il était fait pour ça
23:30c'est indéniable
23:32mais ce qui m'a beaucoup touché
23:34dans ce rendez-vous
23:36qu'on avait chaque été
23:36c'est que le dernier été
23:38qu'il a passé à Saint-Barthes
23:39il commençait à être
23:40bien évidemment très fatigué
23:41comme nous le savons
23:42et moi je ne pensais pas
23:43qu'il allait venir
23:44on me dit
23:44si si
23:45il se peut qu'il vienne
23:46et tout ça
23:46dès qu'il est arrivé
23:47qu'il est rentré dans ce restaurant
23:49qui était un peu un restaurant
23:50parce que l'île était devenue
23:51un peu mondaine
23:52quand même
23:52un peu people
23:53malheureusement
23:54au début il y avait été
23:55pour se cacher
23:55il avait quitté Saint-Tropez
23:56il me disait
23:57c'était pour me barrer
23:59de tous les cons
23:59et je retrouve les mêmes
24:00à Saint-Barthes
24:01il me disait
24:01et bref
24:02il est rentré
24:03et c'était terrible
24:04parce que tout le monde
24:04a sorti ce poison de téléphone
24:06à le photographier
24:07à le filmer
24:08alors que c'était quelqu'un
24:09qui n'était plus très en forme
24:10même s'il restait
24:11voilà
24:11la bonne gueule
24:12qu'on lui connaît
24:16après le concert
24:16j'étais le voir
24:17j'ai dit
24:17mais pourquoi t'es venu ?
24:18il fallait pas venir
24:19et Laetitia et lui
24:20m'ont dit
24:21enfin Laetitia
24:22m'a assez confiée
24:22elle m'a dit
24:23mais pour rien le monde
24:24il aurait loupé ton concert
24:25moi ce qui était fascinant
24:26avec Johnny
24:27et il n'en parlait peu
24:28c'est sa culture musicale
24:29il connaissait le blues
24:30Greg Slab
24:31que j'ai reçu il n'y a pas longtemps
24:32il était incollable
24:33sur l'harmonica
24:34c'était extraordinaire
24:35sa culture
24:36même sur le niveau des guitaristes
24:37il a eu les meilleurs
24:38il les a tous croisés
24:39il les a tous vus
24:40il était bien évidemment
24:42mordu par cette musique là
24:43il a traversé tellement d'époques
24:45il les a connus
24:46les bonnes époques
24:47en fait
24:47où il y avait
24:48les super prods anglo-saxonnes
24:50donc bien évidemment
24:52nous français
24:52eux français en tout cas
24:53parce que moi j'étais pas né
24:54mais eux français
24:55ont essayé de s'accaparer
24:57cette musique au maximum
24:58et puis Emmanuel Envin
24:59il faut savoir
25:00qu'un jour
25:01il vous glisse à l'oreille
25:02tu viens dans ma prochaine tournée
25:03ouais
25:04ça c'était un peu avant
25:06oui c'est ça
25:06c'était l'ordre
25:08d'un de ses bêtes
25:08justement
25:09il m'a dit
25:09tu fais beaucoup de dates
25:11l'année prochaine
25:11alors avec mon groupe
25:13David Blue
25:13ça commençait un peu
25:14à fonctionner
25:14j'écoute
25:15je fais pas mal de dates
25:16bah tu vas en faire
25:1615 autres de plus
25:17tu vas appeler mon producteur
25:19et puis tu t'arranges avec lui
25:20bien évidemment
25:22on se quitte
25:23et moi j'ai plus son numéro
25:25ou je sais pas
25:26je me dis bon
25:27j'en parle même à ma maison
25:28je dis
25:28ouais mais tu sais
25:29Manu dans le show business
25:30toutes ces choses là
25:31ça se perd
25:32mais t'inquiète pas
25:33et je suis à New York
25:35et qui m'appelle
25:36Johnny
25:38et qui me dit
25:38tu peux l'appeler maintenant
25:39mon producteur s'il te plaît
25:40parce que tu vas venir
25:41faire tes 15 dates avec moi
25:43et ça fait partie
25:45des rares personnes
25:46dans ce métier là
25:46qui avaient une parole
25:48moi j'ai été élevé avec ça
25:49j'ai eu cette transmission
25:52mon père est très
25:53est très
25:54comment dire
25:55c'est très important
25:56pour lui la parole donnée
25:58et je lui ai dit
25:59d'ailleurs
25:59on était étonné
26:00Johnny
26:00il m'a dit
26:00mais bien sûr
26:01moi quand je dis un truc
26:02je fais quoi
26:03mais votre père d'ailleurs
26:04il vous obligeait enfant
26:05à serrer la main des gens
26:07en regardant dans les yeux
26:08ce qui ne vous faisait pas
26:08plus dire toujours
26:09mais il avait raison
26:10parce que la timidité
26:12souvent le fait
26:13de ne pas vouloir aller
26:14au contact des autres
26:15nous met souvent dans des postures
26:16qui sont finalement
26:17pas très respectueuses
26:18ça peut être traduit comme ça
26:20regarder quelqu'un dans les yeux
26:21en disant
26:21tu vas bien
26:21vous allez bien
26:22c'est vrai
26:23qu'il y a une démarche
26:24qu'il y a une démarche
26:25de quelqu'un qui est prêt
26:26pour faire quelque chose
26:27avec l'autre
26:27mais bon
26:29mon père a été vendeur
26:31de jeans
26:33dans les puces
26:35donc il fallait aller
26:35au contact des autres
26:36donc il avait déjà
26:37appris ça sur le terrain
26:38mais il me l'a transmis
26:39et puis la parole
26:41aussi beaucoup
26:41c'est à dire
26:42moi un jour
26:42je me rappelle
26:43j'ai été chercher
26:44un truc de céréales
26:45pour lui
26:46il m'a demandé
26:46le matin très tôt
26:47et le magasin
26:48je vous assure
26:49je veux vraiment
26:49faites mon avocat là-dessus
26:51le magasin n'était pas ouvert
26:52je suis rentré
26:53sans ce paquet
26:54de cornflakes
26:55ou je ne sais pas
26:55ce qu'il voulait
26:56et il m'a pourri
26:57il m'a dit
26:58mais quand je te demande
26:59un truc
26:59tu le fais
27:00et je lui ai dit
27:01mais le magasin
27:01était fermé
27:02mais non
27:02il n'était pas fermé
27:03sauf que l'épicier
27:03c'était vraiment
27:04levé en retard
27:04donc ça
27:06toutes ces petits accros
27:08avec nos parents
27:08quand on est jeune
27:09ils font leur chemin
27:11après
27:11on ne refait plus
27:12la même erreur
27:13plus jamais
27:13et pour l'histoire
27:14la tournée
27:16que vous avez fait
27:17avec Johnny
27:17c'était cette chanson
27:18de vouloir
27:20s'aventurer
27:22c'est dur
27:23restez vivant
27:25restez vivant
27:26c'est ça
27:26mais ce qui était étonnant
27:28Johnny
27:28c'est que
27:28quand il se préparait
27:30en deux minutes
27:31je ne sais pas si vous avez remarqué ça
27:32surtout sur la dernière tournée
27:34moi je le voyais
27:35assez éteint
27:36et sans doute fatigué
27:37par les prémices
27:39de tout ce qui lui est arrivé
27:41et c'était comme un jukebox
27:44ou un casino
27:44dès lors qu'il s'agissait
27:46de monter sur scène
27:47il y avait toutes les lumières
27:49qui s'allumaient de partout
27:51le mec il montait
27:52il faisait deux heures et demie de chaud
27:54avec la transpiration
27:55la même passion
27:57la même énergie
27:58à un âge
27:58qui n'était plus non plus
27:59c'était plus un adolescent
28:00et après le concert
28:03pareil
28:04j'ai vécu la même chose
28:04avec Kevin Russell
28:05ils avaient ce même truc là
28:07c'est à dire qu'en dehors
28:08du moment de monter sur scène
28:10ils étaient très absents en fait
28:12à tel point que je me demandais même
28:14s'il allait pouvoir se rappeler
28:15de ses textes
28:15je me rappelle Kevin Russell
28:16avec qui j'ai travaillé
28:17je n'y arriverai jamais
28:18c'est trop neuf l'album
28:19et puis il ne se souvenait pas de moi
28:21souvent la journée même
28:22on ne va pas y arriver
28:23ces mecs là
28:25ils montent sur scène
28:25c'est bon
28:26ça devient des très très bons
28:27et vous aviez avec Johnny
28:29une passion commune
28:29c'est la moto
28:30ouais
28:31c'était tout pour lui
28:33et pour vous
28:33la moto et les tatouages
28:34surtout les tatouages
28:36on parlait beaucoup de tatouages
28:37alors est-ce qu'il avait
28:39l'art de converser
28:41qui faisait qu'il savait toujours
28:42quel sujet
28:43ciblé pour pouvoir
28:44pour pouvoir discuter
28:45en tout cas
28:46on s'est retrouvé sur la bécane
28:48la guitare
28:49mais beaucoup le tatouage
28:50mais la musique aussi
28:52et il y a une chanson
28:53qu'il aurait pu interpréter
28:54comme un train
28:55qui dévaille
28:58sur la route 61
28:59c'est bon ça
29:01la route 61
29:04bon lui il a fait la route 66
29:06on se serait croisés
29:08on se serait croisés
29:08sur cette route
29:09elle se croise les deux routes
29:10exactement
29:10et vous avez tourné
29:11les clips aux Etats-Unis
29:12quand même
29:12ouais ouais
29:13c'est quand j'étais faire
29:14ce pèlerinage
29:14et que j'étais encore
29:15à la recherche
29:16de ce crossroad
29:17et de Robert Johnson
29:18quelque part
29:19je crois que c'est
29:20quand Kevin Russell
29:22est parti
29:22avec qui j'ai beaucoup
29:23collaboré
29:24j'ai eu envie
29:24de faire ce pèlerinage
29:25là-bas
29:26je voulais savoir
29:26où je devais aller
29:27je venais de faire
29:28un album avec lui
29:29qui avait bien fonctionné
29:29son dernier album studio
29:30Doggy Dog
29:31mais moi j'étais un peu perdu
29:32parce qu'il est parti subitement
29:34et on avait tellement
29:35de choses à faire
29:36on avait une tournée
29:37qui était sold out
29:38et tout ça
29:38donc j'étais un peu perdu
29:39j'ai dit tiens
29:39c'est peut-être le moment
29:40pour moi de faire
29:40un petit voyage initiatique
29:42donc je suis parti
29:42sur la route 61
29:43et vraiment pour le coup
29:45dans le berceau du blues
29:46Clark Zell Mississippi
29:47c'est vraiment le cradle
29:49le berceau du Mississippi
29:51la Nouvelle Orléans
29:52et on est parti
29:55faire ce clip
29:56parce qu'il y avait
29:57une chanson déjà
29:58que j'avais initiée
30:00un peu en hommage
30:01à la route 61
30:02et puis il y a quelqu'un
30:03qui est aussi beaucoup
30:04compté dans votre parcours
30:05Manu Lanvin
30:07c'est Quincy Jones
30:08au Festival de Montreux
30:10ouais
30:10au Festival de Montreux
30:12ça ça s'est passé
30:13c'est un peu le début
30:14du Devil Blues
30:15c'est après d'ailleurs
30:16la sortie du mauvais casting
30:17le morceau qu'on écoutait
30:18c'était sur la route 61
30:19mais il faisait partie
30:20de ce premier album
30:21où là j'ai repris
30:22enfin le chemin
30:23là où j'aurais dû le commencer
30:24voilà
30:25j'avais décidé de ne plus faire
30:26de concessions
30:27j'étais devenu autonome
30:28j'étais devenu autoproducteur
30:29un vrai indé
30:31et je me rappelle
30:32faire une scène de film
30:33en jouant avec mon groupe
30:34pour un réalisateur suisse
30:35et j'ai l'assistant
30:37de Claude Nobs
30:38Claude Nobs
30:38qui était le fondateur
30:39du Montreux Jazz Festival
30:41qui me dit
30:41il faut que je parle de toi
30:43à Claude Nobs
30:44parce qu'il va adorer
30:45ce que tu fais
30:45et tout ça
30:46ils m'ont rappelé
30:46une semaine après
30:47il est resté encore
30:48un spot
30:49pour pouvoir jouer
30:50sur le festival
30:51je fais le concert
30:52à la fin du concert
30:53Claude Nobs vient me voir
30:54et il me dit
30:54tu ne pourrais pas
30:55jouer quelques morceaux
30:56pour l'after party
30:57de Quincy Jones
30:58alors moi à ce moment là
30:59je me sens tout petit
31:00dans un grand festival de jazz
31:01je dis non
31:01mais là j'avoue tout
31:02dans ces moments là
31:03je dis mais moi
31:03je suis un escroc à la musique
31:05moi je suis juste un bluesman
31:06un frenchy
31:07je ne vais rien pouvoir leur faire
31:09il me dit non non
31:10s'il te plaît
31:10joue 15 minutes
31:11je veux absolument
31:12qu'ils voient ce que tu fais
31:13et donc je me retrouve
31:15dans ce club
31:16ce grand club
31:17où tous les gens
31:18des autres salles
31:19étaient invités pour venir
31:20les musiciens
31:21tous les artistes du soir
31:22et puis il y a Quincy Jones
31:24qui s'assoit juste
31:25à côté de moi
31:25avec son groupe
31:26et sa communauté de musiciens
31:28je devais jouer 15 minutes
31:29j'ai joué jusqu'à 5h du matin
31:31et voilà
31:31et après sans concert directement
31:33et après ça a
31:34ça a revenu
31:35comme un boomerang en France
31:36je pense que les France
31:37ont senti
31:38que peut-être
31:39ils allaient me perdre
31:39et donc d'un seul coup
31:41c'est vrai que le démarrage
31:43est parti sur les chapeaux de roue
31:45et on a enquillé
31:46voilà toutes ces quantités
31:48hallucinantes de concerts
31:49souvent à monter à 150
31:51voire 200 concerts par an
31:52parfois
31:52c'est fou
31:53alors vous avez parlé
31:54de Calvin Russel
31:54il faut quand même
31:55qu'on explique à celles
31:56et ceux qui ne le savent pas
31:57que c'est un musicien américain
31:58qui a passé presque
31:59autant de temps en prison
32:00que sur les scènes
32:01ah oui
32:02il a fait quelques séjours
32:03en prison
32:04mais honnêtement
32:05pour des délits mineurs
32:06mais le Texas
32:07c'est un anabys
32:07ouais
32:07le Texas étant tellement
32:09tellement un état difficile
32:10puis frontalier aussi
32:12avec le Mexique
32:13donc il y avait des choses
32:13voilà
32:14il y avait effectivement
32:15du trafic de drogue
32:16qui se faisait
32:17mais moi
32:17qui ai beaucoup passé de temps
32:19à Austin Texas
32:20ils faisaient vraiment partie
32:20de cette communauté
32:21de hippies en fait
32:22d'artistes
32:23qui étaient juste
32:24dans l'exploration
32:24ils ont besoin d'explorer
32:25malheureusement
32:26ou heureusement
32:26je ne sais pas
32:27certains produits
32:28faisaient partie
32:29de leur mode de vie
32:30il n'y avait pas de vice
32:31comme il y a aujourd'hui
32:31lorsqu'on parle de drogue
32:33on prend ça comme
32:34on voit ça comme un vice
32:35c'est quelque chose
32:36qu'il faut absolument enrayer
32:37eux c'était
32:37une toute autre approche
32:38oui et en plus
32:39vous l'avez connu je crois
32:40à La Seagal
32:41en 2007
32:42et vous êtes devenu tellement complice
32:43que vous avez co-écrit
32:45et co-produit cet album
32:46je crois que cet album
32:57est entre Paris et Marrakech
32:59avec quelques séjours
33:00chez vous
33:01bah oui
33:02parce que
33:02parce que
33:03j'ai la mère de ma fille
33:05qui était enceinte
33:06de ma fille
33:07et que l'organisation
33:08à la maison
33:09tout le studio à côté
33:10mon studio est mitoyen
33:11ça devenait compliqué
33:12donc j'ai dit à Calvin
33:13écoute finalement
33:14tu ne vas pas faire
33:14un Austin pareil
33:15tu vas faire un Austin Marrakech
33:17et il a débarqué
33:19en plein hiver
33:20dans la Médina de Marrakech
33:21c'était juste extraordinaire
33:23on avait un petit riad
33:24qui était top
33:25pour pouvoir travailler
33:26on est parti pré-produire
33:27l'album au début
33:27juste pré-produire
33:28on ne s'agissait pas de produire
33:29on voulait être sur des chansons
33:30et puis finalement
33:31on a écrit tout l'album
33:33et on l'a produit
33:33à 80%
33:34et en même temps
33:35il a disparu
33:36après sa dernière tournée
33:38mais vous lui avez rendu hommage
33:39quelques temps plus tard
33:41c'est marrant
33:46parce que 10 ans après
33:47ce qui est extraordinaire
33:48Calvin Russel
33:49il avait fait un tribute
33:50et ce tribute
33:51avait eu un énorme succès
33:52le tribute a eu un énorme succès
33:54parce qu'en fait
33:55la musique de Calvin
33:55était encore très ancrée
33:57dans les gens
33:57qui aiment cette musique là
33:58moi je sais que
33:59lorsqu'on m'a proposé
34:00de faire une soirée
34:00en hommage à Calvin
34:01c'est une salle
34:02qui s'appelle La Traverse
34:03qui est assez estampillée
34:04blues rock
34:05artistes internationaux
34:06et tout ça
34:07en scène maritime
34:07ouais c'est ça
34:08à Cléon
34:10et en deux jours
34:12en l'espace de deux jours
34:13c'était sold out
34:14mais comment expliquer
34:15justement ce phénomène
34:16ce tribute
34:16parce que tous les musiciens
34:18étaient là
34:18il lui rend dommage
34:19tout le monde le connaissait
34:20finalement
34:20il était plus connu
34:22en France qu'aux Etats-Unis
34:22ah oui il l'était
34:23parce que c'était un producteur
34:24à l'époque
34:25il y avait un label
34:25New Rose en France
34:26qui était un disquaire
34:27à la base
34:28c'était comme à la belle époque
34:29parce que les maisondis
34:30souvent se sont constituées
34:31à côté d'un disquaire
34:34ils testaient leur white label
34:36et si ça prenait
34:37ils disaient bon
34:37cet artiste on le signe
34:38et c'est ce qui se passait
34:39avec ce directeur de label
34:42qui donc avait repéré
34:44qu'aux Etats-Unis
34:44il y avait un vivier de musiciens
34:45qui était mal promotionné
34:46aux Etats-Unis
34:47parce qu'il y a une concurrence
34:48énorme aux Etats-Unis
34:48il ne faut pas se mentir
34:49et il en a ramené certains
34:51dont Kevin Russell
34:52mais les français
34:55ont tout de suite adhéré
34:56ils ont tout de suite aimé
34:57des mecs comme Popat Chubby
34:59Kevin Russell
35:00et je pense que c'est aussi
35:01dû à l'attitude
35:02et puis si à l'histoire
35:03il y avait du storytelling énorme
35:04un mec qui avait été
35:05deux fois en prison
35:06qui avait des histoires
35:07hallucinantes à raconter
35:08après Kevin il avait une force
35:10c'était l'écriture
35:11c'est que moi quand j'ai composé
35:13j'ai réalisé l'album Hommage
35:15je me suis rendu compte
35:16en fait
35:17ce qui a dû fonctionner
35:17c'est qu'il avait un anglais
35:18un américain très simple
35:20donc des choses
35:21très simples à comprendre
35:22mais avec toujours
35:24une deuxième lecture
35:25beaucoup plus dense
35:26et beaucoup plus profonde
35:28et je pense que c'est pour ça
35:30que l'écriture de Calvin
35:31parce que les français
35:32ne sont pas des experts
35:33en anglais
35:34mais ont accroché
35:35à son songwriting
35:36oui ça a marché
35:37et puis maintenant
35:38ça c'est le passé
35:39le présent c'est un album
35:41qui est sorti le 10 octobre 2025
35:43à tout de suite
35:43sur Sud Radio
35:44avec Manu Land
35:45Sud Radio
35:47les clés d'une vie
35:47Jacques Pessis
35:48Sud Radio
35:49les clés d'une vie
35:50mon invité
35:51Manu Land
35:51on a évoqué votre parcours
35:53et le 10 octobre 2025
35:55est sorti un nouvel album
35:57dont le titre
35:58est Man on a Mission
35:59et c'est aussi
36:00le titre d'une chanson
36:01Alors c'est vrai que vous chantez en anglais
36:17que finalement c'est presque grâce à Calvin Russell
36:19que vous avez compris
36:21que c'était votre voix
36:22il m'a décomplexé totalement
36:24au moment où les maisons de disques
36:26m'avaient rendu
36:27mes derniers contrats
36:28on voyait qu'ils n'arrivaient pas du tout
36:30à capter là où je voulais aller
36:32c'est vrai qu'il m'a mis en confiance
36:34faire un album avec lui
36:35il m'a permis de co-écrire en plus l'album
36:37pas juste le produire
36:38ça m'a rendu fort
36:40et je me rappelle qu'avant de partir
36:41il m'a dit
36:41tu vois cet album
36:42Doggy Dog
36:43il est autant le mien que le tien
36:45donc ton chemin
36:46tu l'as trouvé
36:47il faut que tu poursuives
36:49cette histoire là
36:50et c'est ce que j'essaye de faire
36:52jusqu'à aujourd'hui
36:52et votre mission justement
36:54que vous évoquez dans cet album
36:55c'est de rendre les gens heureux
36:57avec une guitare
36:58un ampli et un micro
36:59ouais nous on changera pas le monde
37:01je pense que
37:02ça c'est un peu une utopie
37:04de penser que la musique
37:05changera le monde
37:06par contre je reste persuadé
37:07que nous entertainers
37:08notre rôle dans un monde
37:10très compliqué aujourd'hui
37:11bousculé par tellement de choses
37:13nous on offre juste
37:14deux heures de pause
37:16là dedans
37:18c'est vrai
37:18une trêve dans le marasme
37:19comme je le dis dans une des chansons
37:21et je sais que cette musique là
37:23elle véhicule de quelque chose
37:24d'assez thérapeutique
37:25c'est peut-être une thérapie pour moi
37:26mais combien de gens
37:27viennent me voir souvent
37:28même certaines personnes
37:29qui sont malades
37:29quand je vais signer les disques
37:30au Merchonizing
37:31et qui me confient
37:32qu'ils ont oublié
37:34l'instant du concert
37:35leur maladie
37:37et je me dis
37:38c'est une chouette mission
37:39que je fais quoi
37:40et vous êtes en quelque sorte
37:41Manuel Envin
37:42un ambassadeur du blues
37:43aujourd'hui
37:44c'est vous qui le dites
37:45peut-être
37:46oui
37:46d'autres le disent aussi
37:48en même temps
37:48oui mais alors à moi
37:51après les décorations
37:52les prix
37:53j'ai du mal à les assumer
37:55c'est aussi une forme de pudeur
37:56qui fait que je peux dire
37:56oui je suis un ambassadeur
37:57l'ambassadeur de morale
37:59mais par contre
37:59oui j'essaie en tout cas
38:02de continuer l'histoire
38:03de ceux qui m'ont permis
38:05qui m'ont montré le chemin
38:06je pense à Hallyday
38:08je pense à Kevin Russell
38:09je pense à Quentin Jones
38:10que vous m'avez amené
38:12sur cette table aujourd'hui
38:14lors de cette discussion là
38:15effectivement
38:15je me dis il faut continuer
38:17cette belle histoire
38:17c'est ce que j'essaye de faire
38:19en même temps
38:20moi je suis un peu renseigné
38:20sur les origines du blues
38:21on sait pas trop
38:22on sait simplement
38:23qu'un archéologue du Mississippi
38:25en 1901
38:26décrit les chansons
38:27des ouvriers
38:28des esclaves noirs
38:29dont les chants reposent
38:30sur des thèmes
38:31et des éléments techniques
38:31caractéristiques du blues
38:32parce que c'est très flou
38:34l'origine
38:35ouais c'est très flou
38:36je crois même
38:37qu'il y a deux journalistes
38:38qui étaient partis
38:39faire une étude sociologique
38:40carrément
38:41dans le sud des Etats-Unis
38:42juste pour faire
38:43les interviews
38:44ils se sont rendu compte
38:45qu'il y avait des mecs
38:45qui chantaient
38:46et que c'était des trucs super
38:47donc ils ont arrêté
38:47l'idée du documentaire
38:49qu'ils devaient faire
38:49et ils se sont dit
38:50on va les enregistrer
38:51avec leur magnéto
38:51et carrément
38:52en pleine campagne
38:53et ainsi de suite
38:54d'ailleurs
38:54ils ont enregistré
38:55Muddy Waters
38:56qui est aussi un grand du blues
38:57dans ces conditions là
38:58alors cet album
39:00Man on the Mission
39:00c'est une aventure familiale
39:02vous avez travaillé
39:03avec un copain
39:03qui est un musicien irlandais
39:06qui s'appelle Craig Walker
39:07qui est connu dans le monde entier
39:08oui parce qu'ils ont fait
39:10un tel carton
39:11dans un groupe
39:12qui s'appelait Archive
39:12il y a quelques années
39:13une dizaine d'années
39:14ou une quinzaine d'années
39:15et on a fait un titre
39:17mais il y a d'autres collaborateurs
39:19sur cet album
39:19Neil Black aussi
39:20un texan
39:21avec qui j'aime bien travailler
39:22et Craig Walker
39:23oui j'étais en Floride
39:24faire deux titres
39:26sur cet album
39:26et d'ailleurs c'est lui
39:27qui vous a suggéré
39:28le titre de l'album
39:28parce qu'en fait
39:30il m'observait depuis très très longtemps
39:31on se connait depuis longtemps
39:32et on s'était retrouvé
39:34sur un projet électro
39:35The Avener
39:36qui a aussi beaucoup cartonné
39:37et c'était lui
39:37qui était à l'origine du texte
39:39on s'était retrouvé
39:39sur un plateau de télé
39:40et puis on était très content
39:42de se retrouver
39:43et puis on s'était dit
39:44qu'un jour
39:44on travaillera ensemble
39:45donc on s'observait beaucoup
39:46on se suivait beaucoup
39:47on s'observait non
39:47on se suivait beaucoup
39:48et puis quand il est arrivé
39:50en Floride
39:50il dit Manu
39:51je ne sais pas pourquoi
39:52là le morceau
39:52tu m'as envoyé une maquette
39:53d'un truc
39:54pour moi
39:55tu as toujours été
39:55un mec en mission
39:56je t'ai toujours vu
39:57quand je voyais tes affiches
39:59en France
39:59et ainsi de suite
40:00toi et ton bâton de pèlerin
40:02ou je ne sais pas quoi
40:03ta guitare
40:04comme une arme finalement
40:05à essayer de monter
40:09en mission
40:09comme un missionnaire
40:10oui en mission
40:11et en même temps
40:13cette mission
40:14ça vous entraîne
40:15sur les scènes
40:15vous repartez en tournée
40:16et puis il y a le Bataclan
40:17ça c'est important pour vous
40:19je crois que c'est le 24 novembre
40:20ouais
40:20c'est pas loin
40:22c'est pas loin
40:22de ma date d'anniversaire
40:23mais c'était pas calculé
40:25allez peut-être un petit peu
40:26allez pour que ça
40:27mais disons que
40:29c'était le 21 novembre
40:30oui
40:30le 21 novembre
40:31non mais c'est vrai
40:32mais c'est très proche
40:32de mon anniversaire le 24
40:33mais c'est vrai que c'est le 21
40:34on avait fait
40:36sur la sortie de Grand Casino
40:37l'album précédent
40:38on avait fait une très belle soirée
40:40à La Cigale
40:40qui était sold out
40:41et je m'étais dit
40:42qu'il fallait se challenger
40:43un peu plus encore
40:44sur cet album
40:45le Bataclan c'est plus grand
40:46c'était ma cour de récréation
40:48moi lorsque j'étais adolescent
40:49que j'allais voir des groupes là-bas
40:50bah oui
40:51parce que j'étais voir des pôles personnes
40:52et FFF
40:52j'ai eu tellement de groupes
40:53dans ce groupe
40:54et il y a eu ces moments tragiques
40:57cette soirée tragique
40:59malheureusement
40:59et abominable
41:00mais cette salle
41:04continue à exister
41:05d'ailleurs il y a des artistes
41:05qui y passent tous les jours
41:06et c'est à nous aussi
41:07de résister
41:08contre la bêtise humaine
41:09donc je suis très content
41:11de retourner
41:12dans cette salle
41:13parce que j'ai beaucoup écrit
41:14sur un album précédent
41:15sur ce qui s'y est passé
41:17et j'ai vu Dany
41:18c'était son dernier concert
41:20ma tante
41:20c'était comme ma tata
41:21Dany
41:21la chanteuse Dany
41:22et je me rappelle
41:24j'avais une petite appréhension
41:24pour aller dans cette salle
41:25mais lorsque je suis rentré
41:26la musique
41:27son aura à elle
41:28sa gentillesse
41:29sa bienveillance
41:30l'avait toute la salle
41:32c'était
41:33on se sentait
41:34tellement en sécurité
41:35avec elle
41:36tellement bien
41:37parce que c'était une femme
41:38très chaleureuse
41:39qui était très vers les autres
41:40justement
41:41et c'est aussi pour ça
41:43que je veux retourner
41:44jouer dans cette salle
41:45moi je me souviens
41:46moi je me souviens
41:46de ses débuts
41:46d'Alcazar de Paris
41:47elle passait tous les soirs
41:49en chantant
41:49papa vient déposer la bonne
41:50ce qui n'avait rien à voir
41:51avec ce qu'elle a fait ensuite
41:52mais qui a été son premier grand succès
41:54alors il se trouve que
41:56cet album aussi
41:57et ce que vous chanterez au Bataclan
41:58pour la première fois
42:00vous vous livrez
42:01alors que vous êtes un homme de pudeur
42:03ouais mais parce que
42:05je commence à avoir pris
42:07de la peu de bouteille
42:08je me dis
42:08je suis plus proche de la fin
42:11que du début
42:11vous avez encore le temps
42:12je sais mais je me le dis quand même
42:14il faut être lucide
42:16et je pense que
42:17lorsqu'on prend de l'âge
42:18on a plus peur du jugement des autres
42:21je ne sais pas si ça vous fait la même chose
42:24on s'en fout des autres
42:26et du coup
42:27on arrive à se libérer
42:28de pas mal de choses
42:29et on a plus peur
42:31d'aller explorer des choses
42:32qu'on a un peu cachées
42:33ou dissimulées
42:33puis des choses qui étaient dissimulées
42:34depuis très très très longtemps
42:36donc ces trucs là
42:37étaient un peu enterrés
42:38mais j'ai utilisé pas mal
42:41de choses
42:42de mon enfance
42:43mais pour en même temps
42:45un peu romancer
42:46parce que l'idée
42:46lorsqu'on fait une chanson
42:47lorsqu'on fait une chanson
42:48c'est que ça touche au plus grand nombre
42:49donc on romance aussi
42:50parce qu'on espère
42:51que notre histoire
42:52dans notre histoire
42:53les autres vont s'y reconnaître
42:55Victor Hugo disait
42:56quand je parle de vous
42:57je parle de moi
42:58et on est bien évidemment
42:59que nous romantiques que nous sommes
43:01parce qu'un bluesman
43:01c'est un romantique en fait
43:03lorsqu'on écrit des chansons d'amour
43:04et des choses comme ça
43:05c'est pour
43:05aider les autres
43:08à
43:09comment dire
43:10se désenvoûter
43:12des peines de coeur
43:13des douleurs
43:14et de ce genre de choses
43:16et parmi les chansons de cet album
43:18il y a
43:18Change My Ways
43:19ça c'est du blues pur et dur
43:34c'est du blues
43:35mêlé de sol aussi
43:36parce que moi
43:37ce morceau
43:38me fait penser beaucoup
43:39à aussi beaucoup d'artistes
43:41et beaucoup de crooners
43:42que j'ai écoutés
43:43comme Otis Redding
43:44Rufus Thomas
43:46il y a un peu
43:48cette couleur de Memphis
43:48c'est ce que j'ai essayé d'y faire
43:50mais bien évidemment
43:50là on
43:51on se met à genoux
43:52devant une femme
43:53et on lui dit
43:53reprends-moi
43:54j'ai totalement merdé
43:56je sais
43:56j'ai vraiment fait le con
43:57ça c'est vraiment
43:59des thèmes de bluesman
44:00exactement
44:01c'est la tristesse
44:02de bluesman
44:03oui c'est ça
44:04et alors cet album
44:04vous l'avez commencé
44:05en Normandie
44:06avant de partir
44:07vers d'autres pays
44:07en Normandie
44:08c'est votre petit studio portable
44:09pour tout préparer
44:10ouais
44:11disons qu'on a
44:12j'ai un petit
44:12on produit pas mal
44:14j'ai un petit studio à Paris
44:15mais chez un de mes musiciens
44:16en Normandie
44:16dans le Perche
44:17exactement
44:17on peut enregistrer en live
44:18il a une grande salle de prise
44:19qui nous permet de travailler
44:20beaucoup en live
44:21et moi j'aime travailler un peu
44:22avec les recettes de l'époque
44:24et puis après
44:25une fois qu'on avait
44:26toutes les bases rythmiques
44:27comme j'avais envie
44:27de collaborer avec d'autres
44:28mais il fallait aller
44:29à leur rencontre
44:30j'ai pris ma petite lunchbox
44:32et un petit studio portable
44:33vraiment
44:33qui tenait dans mon site
44:34alors je ne l'enregistrais jamais
44:35je le prenais avec moi
44:36à bord
44:37et avec deux petites enceintes
44:38un casse
44:39même mon micro
44:39un SM7
44:40un peu comme celui
44:41dans lequel je vous parle
44:42et puis
44:43j'ai été enregistrer
44:45toutes les dernières parties
44:46d'orchestre
44:46et les voir un peu dans le monde
44:47un peu partout
44:48il y a un studio fétiche
44:50que vous avez à Paris
44:51qui s'appelle
44:51la chocolaterie
44:52qu'est-ce que c'est ?
44:53nous sommes fous
44:54du chocolat langue
44:55mais justement
44:55c'est normal
44:58et vous savez que
44:59Danny a fait cette pub
45:00qui a fait plus pour lui
45:01dans sa notoriété
45:03que tous ses tableaux
45:04et en même temps
45:05ce qu'on ne sait pas
45:06c'est que
45:06les bonbons Haribo
45:07c'est lui qui a fait le design
45:09je ne savais pas
45:10c'est dingue
45:10et c'est vrai que ce studio
45:12pour vous
45:12c'est un studio fétiche ?
45:13oui parce que
45:14c'est un truc
45:16j'aime bien moi
45:18les mots
45:18les noms ludiques
45:19comme ça
45:19qui rappellent à l'enfance
45:20à ce sujet d'enregistrement
45:21il faut qu'on y soit bien
45:22donc le chocolat
45:23on est tous un peu friands
45:24et c'est surtout
45:25Steve Prestige
45:26aussi un ingénieur du sang
45:27qui a beaucoup travaillé
45:28avec moi au début
45:28dans ce studio là
45:29et qui passait sa journée
45:30à manger
45:31à défoncer
45:32des plaquettes de chocolat
45:33et quand on a cherché le nom
45:34on s'est dit
45:35on va l'appeler la chocolaterie
45:36parce que c'est cool
45:37alors il se trouve
45:38que vous avez choisi
45:39ces villes
45:39Nashville, Montréal, Sheffield
45:41parce que ça correspondait
45:42musicalement
45:43ce que vous cherchiez
45:43Emmanuel Orvin
45:44il y avait de ça
45:45en tout cas Nashville oui
45:46puisque la musique
45:47que j'ai beaucoup écoutée
45:48est née là-bas
45:49et je me suis dit
45:50que pour choper la vibration
45:51pour trouver aussi
45:52le savoir-faire
45:53avec un ingénieur du son
45:54j'avais besoin d'être
45:54un peu coaché
45:55sur les voix
45:56il faut que j'aille là
45:57où ils connaissent
45:58cette musique
45:59où elle ne leur est pas
46:00étrangère du tout
46:01en France
46:01on a des très bons réalisateurs
46:03mais je pense que c'était bien
46:04d'aller vers les autres
46:05puis aussi un peu
46:06de s'exiler de Paris
46:08pour être vraiment
46:09dans un environnement neutre
46:10sortir un peu
46:11de ma zone de confort
46:12mon celui où je connais bien
46:13et pareil
46:13quand j'étais à Sheffield
46:14qui est en Angleterre
46:15la ville natale
46:16de Joe Cocker
46:17j'étais dans un studio aussi
46:18pour arranger les cuivres
46:20et tout ça
46:20j'avais envie
46:21d'aller vers les autres
46:21après
46:22parce que je sais
46:24que ça a apporté
46:24quelque chose
46:25de très positif
46:27dans cet album
46:28il y a eu aussi
46:28la maison du pianiste
46:30d'Elvis Presté
46:30David Briggs
46:31incroyable
46:32j'ai choisi un studio
46:34à Nashville
46:34sur Google
46:35sans savoir où j'atterris
46:36j'ai du mal d'ailleurs
46:38à réserver ce studio
46:39j'ai du mal
46:39à communiquer
46:40avec l'ingénieur maison
46:41donc jusqu'au dernier moment
46:43je ne sais pas
46:44si on va m'ouvrir la porte
46:45pourtant je crois
46:45avoir envoyé un à compte
46:47non j'ai même pas envoyé
46:47la compte
46:48les américains
46:48généralement
46:48money is money
46:50il faut envoyer un à compte
46:51donc je vous dis
46:51qu'à mon avis
46:52je vais vous montrer
46:52devant la porte
46:53et il ne s'y passera rien
46:54je rentre dans une vieille maison
46:55comme ça
46:56avec un vieux studio
46:56mais dans son jus
46:57donc bien évidemment
46:58je me sens dans mon élément
47:00c'est totalement les codes
47:01que je voulais trouver
47:02et puis en parlant
47:03avec l'ingénieur du son maison
47:04je lui posais question
47:06je lui dis
47:06qui est David Briggs
47:07il me dit
47:08c'était le clavier
47:08le pianiste d'Alvin Presley
47:10je dis
47:10mais ce monsieur
47:11existe encore
47:12il est mort
47:13pas du tout
47:13il est encore vivant
47:14bon il a 85 ans
47:15je dis mais il vit où
47:15il vit au dessus
47:16au premier étage
47:18c'est son studio
47:18je dis mais tu plaisantes là
47:20et Brandon
47:22il s'appelait
47:22mon ingénieur du son
47:23il me dit
47:24et en plus
47:24comme il sait
47:25qu'il y a un Frenchy
47:26qui est venu travailler ici
47:27tu peux être sûr
47:29que dans la semaine
47:29il va venir
47:30ça a pas loupé
47:31le lendemain
47:31il m'attendait de pied ferme
47:32sur son canapé
47:34le pauvre monsieur
47:35était en traitement
47:36et tout ça
47:37et on a parlé de 3h
47:38il était très copain
47:39avec Eddie Barclay
47:40Eddie Barclay
47:41lui a ramené
47:42tous ses artistes
47:43à l'époque
47:43et il s'occupait
47:44de la production exécutive
47:45de tous ses artistes
47:46c'est pas un truc de dingue ça
47:47c'est fou ça
47:48comme Quitty Jones
47:48qui a commencé
47:49avec Eddie Barclay
47:50alors cet album
47:51on va être
47:52de Nashville, Montréal
47:53mais aussi curieusement
47:54de Savigny-sur-Or
47:55à mon avis
48:18avec cet album
48:19vous allez franchir
48:19l'Atlantique et la Manche
48:21parce que c'est exactement
48:21dans le style
48:22on va tout faire pour
48:23et pourquoi Savigny-sur-Or
48:25parce que j'ai un petit événement
48:27de ma jeune jeune enfance
48:29qui s'est produit là-bas
48:30donc ma mère
48:32étant encore vivante
48:34il y a des choses
48:35dont on n'a jamais
48:36osé s'avouer
48:37et elle a toujours
48:40une expression
48:41Jennifer
48:41qui dit
48:42il faut laisser
48:43ses petits mouchoirs
48:44en dehors de nos vies
48:46de la porte
48:46quand tu rentres une maison
48:47laisser tous ses sacs
48:48de vieux os
48:49bien loin
48:50mais en même temps
48:51elle a tendance
48:52quand même
48:52à les garder
48:53ses sacs
48:53de vieux os
48:54avec tout le respect
48:55que je lui dois
48:55et j'avais envie
48:57d'écrire
48:57quelques scènes de vie
48:59qu'on a vécues ensemble
49:00et lui dire
49:01que bien évidemment
49:01que dans cette vie
49:02je ne retiendrai
49:03que les très belles choses
49:05qu'il y a eu entre elle et moi
49:05il y a eu beaucoup d'amour
49:06depuis le début
49:06je n'en ai aucun doute
49:08et d'ailleurs
49:08dans cette vie
49:09de Savigny-sur-Orange
49:10il y a quelqu'un
49:10qui a écrit
49:11un livre très célèbre
49:12le génie du christianisme
49:13c'est Chateaubriand
49:14ah oui
49:14je ne le savais pas
49:15et d'ailleurs
49:16il parle de Savigny-sur-Orange
49:18dans les mémoires
49:18d'outre-tombe
49:19alors ça
49:20c'est l'album
49:21et ce Bataclan
49:23donc le 21 novembre
49:24et une tournée ensuite
49:25parce que vous n'allez pas
49:26vous arrêter là
49:27Manu Janvin
49:27ah non
49:28mais là je sais que maintenant
49:30j'ai signé
49:30jusqu'à mon dernier souffle
49:33comme les vieux bluesman
49:35comme
49:35comme BB King
49:36et tout ça
49:37donc oui
49:372026
49:38on va repartir sur les routes
49:39le Bataclan
49:3921 novembre
49:40déjà la tournée
49:412026
49:42est en train
49:42de se construire
49:42on joue de plus en plus
49:43en Europe
49:44en Allemagne
49:44dans les Balkans
49:46en Pologne
49:47aux Etats-Unis parfois
49:48on va pousser jusqu'à la Scandinavie
49:50en 2026
49:52ouais
49:53moi je vais là où les gens
49:54ont envie de m'écouter
49:55votre mission est loin
49:57d'être accomplie
49:57si j'ose dire
49:58c'est ça
49:58en tout cas il y a cet album
50:00Man on a Mission
50:01il y a le Bataclan
50:01le 21 novembre
50:03oui
50:03le 24 c'est votre anniversaire
50:05exact
50:05et il y a la tournée en France
50:07et puis vous avez tellement
50:08de choses à dire
50:08que vous revenez
50:09quand vous voulez
50:10dans l'écriture d'une vie
50:10c'est adorable Jacques
50:11merci pour ce chouette moment
50:12ensemble
50:13merci Manuil
50:14on va l'écriture d'une vie
50:14c'est terminé pour aujourd'hui
50:15on se retrouve bientôt
50:16restez fidèles
50:17à l'écoute de Sud Radio
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