- il y a 4 mois
Avec Général Dominique Trinquand, expert en géostratégie
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NewsTranscription
00:00Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:04Doit-on se préparer à la guerre ? C'est en tout cas ce qu'affirme le chef d'état-major des armées.
00:08Mercredi dernier, le général Fabien Mandon a appelé les forces armées à se préparer à un choc potentiel d'ici 3 à 4 ans face à une Russie jugée menaçante.
00:17Même crainte du côté des services secrets allemands, pour eux la Russie pourrait entrer en conflit militaire direct avec l'OTAN avant 2029.
00:24En juillet dernier, rappelez-vous l'ancien chef d'état-major des armées Thierry Burkart évoquait déjà la menace russe.
00:30La Russie a désigné la France comme son premier adversaire en Europe, prévenait-il explicitement.
00:35Pendant ce temps, ça tombe bien, le budget de la défense devrait atteindre les 57,1 milliards d'euros pour 2026, soit une hausse de 13%.
00:42La guerre est-elle à nos portes ? On en parle avec le général Dominique Trinquant. Bonjour général.
00:47Bonjour.
00:48Bonjour mon général, je rappelle que vous êtes l'ancien chef de la mission française auprès de l'ONU.
00:52Je vous propose d'écouter une déclaration du président de la République cet été, avant de discuter.
00:57Je pense que la Russie est devenue durablement une puissance de déstabilisation et une menace potentielle pour beaucoup d'entre nous.
01:05Et donc, y compris pour sa propre survie, il a besoin de continuer de manger.
01:13Voilà.
01:13Et donc, c'est un prédateur. C'est un ogre à nos portes.
01:17Et je ne dis pas que dès demain, c'est la France qui sera attaquée, mais enfin, c'est une menace pour les Européens. Il ne faut pas être naïf.
01:22Alors ça, c'est la déclaration du président de la République, qui, dans notre constitution, est le chef des armées, on le sait.
01:28Mais depuis, des officiers généraux ont pris la parole.
01:31Donc je m'interrogeais en ouverture de l'émission, quand la grande muette ouvre sa gueule.
01:36On est habitués, sur les plateaux de télévision, depuis l'invention de l'Ukraine, à ce que des généraux en active ou à la retraite donnent leur avis, viennent faire des suggestions.
01:43Et puis là, nous avons trois officiers supérieurs, quand même, Fabien Mandon, qui est chef d'état-major des armées, le général Pierre Schill, de son côté, le général Burka l'avait dit également,
01:53qui annoncent carrément qu'il faut se préparer à une guerre avec la Russie d'ici trois ou quatre ans.
01:59Première question, mon général, est-ce que c'est bien aujourd'hui, dans le contexte actuel, aux officiers généraux en place et en titre,
02:06a décidé ou a suggéré la politique de la France, qu'ils fassent cette remarque, eux, aux ministres de la Défense, des armées, aux premiers ministres,
02:15ou au président de la République, je vous comprendrai, mais qu'ils viennent déclarer à la télévision,
02:19j'ai donné instruction aux armées de se préparer à la guerre, est-ce qu'on est bien dans le droit de réserve auxquels les officiers généraux de l'état-major sont tenus ?
02:27On est dans le devoir d'application des consignes qui leur sont données.
02:32Ils ne font que répéter les consignes qui leur sont données.
02:35Vous avez bien fait de passer tout à fait, tout à l'heure, l'intervention du président de la République cet été,
02:41qui, lui, disait clairement qu'il fallait s'y préparer.
02:44Donc, ils ne font que décliner à leur niveau en marquant la façon dont les armées se préparaient à ce choc,
02:53ce qu'a dit le général Mandon, un choc possible dans trois ou quatre ans.
02:56Et donc, ils ne font que décliner leur mission.
02:59Ça me paraît tout à fait normal.
03:01Pourtant, cette déclaration, quand on annonce la probabilité d'une guerre,
03:06que le chef d'état-major des armées dise,
03:08nous sommes prêts au cas où nous recevrions des instructions du pouvoir politique à intervenir, c'est une chose.
03:15Mais le suggérer ou dire qu'il a donné instruction, ça étonne un petit peu.
03:19On n'a jamais été habitués.
03:21Alors, peut-être dans le passé, vous savez,
03:23Georges Clemenceau avait dit, la guerre est une chose trop grave pour la confier aux militaires.
03:26C'était un contexte tout à fait différent, mais jamais sous aucun autre président de la République,
03:32en tout cas pas sous l'autorité du général de Gaulle ou du Georges Pompidou,
03:35et même, j'allais dire, sous Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy.
03:39On a vu des officiers généraux à un tel poste de responsabilité.
03:43On dirait à l'époque qu'il n'y avait pas de conflit de la nature de l'Ukraine.
03:45Mais se prononcer de façon, entre guillemets, aussi politique, en public, vous donnez une explication.
03:50On se souvient de l'épisode où le général Pierre Devilliers, chef d'état-major des armées,
03:56Emmanuel Macron vient d'être élu,
03:58le général Pierre Devilliers interpelle le pouvoir, le président de la République,
04:01en disant que les moyens de l'armée sont insuffisants par rapport aux épreuves qui nous attendent.
04:06Et on sait comment ça s'est terminé.
04:09Le président de la République est allé au ministère des Armées,
04:11a rappelé tout le monde alors en disant, je suis votre chef,
04:13et quelques jours après, le général Pierre Devilliers, courageusement,
04:16alors qu'on lui proposait de rester, a dit non, j'ai un sens de l'honneur qui fait que je m'en vais et il est parti.
04:22Là, on comprend que le pouvoir politique est confronté à un militaire,
04:27à un soldat qui dit, moi, je n'accepte pas d'être rappelé à l'or de cette façon, et il démissionne.
04:32Mais prévoir une guerre, est-ce que d'abord,
04:36est-ce que d'abord, Dominique Trinquant, vous êtes expérimenté sur le terrain,
04:40est-ce que la probabilité de la guerre est aussi réelle que ça ?
04:43Vous savez, l'opinion, ce qu'elle dit, on nous vend la guerre pour nous faire des mesures,
04:47pour proposer des mesures fiscales ou pour nous faire peur.
04:50Est-ce que le risque de conflit avec la Russie, aujourd'hui, en octobre 2025, est une réalité ?
04:56Écoutez, deux points.
04:57D'abord, vous dites, on n'était pas habitués.
05:00Depuis 40 ans, les militaires, leur action, c'était de sauver les vies, si j'ose dire.
05:06On avait des budgets qui déclinaient considérablement,
05:10et les militaires essayaient de sauvegarder ce qui leur permet, aujourd'hui, de remonter en puissance.
05:17Et c'est pour ça qu'à l'époque, évidemment, ils se préoccupaient surtout de la sauvegarde des armées.
05:22Ça, c'est le premier point.
05:23Le deuxième point sur la menace,
05:25le président de la République disait que la Russie était pour longtemps un facteur de déstabilisation.
05:31Je crois qu'on n'a pas assez écouté M. Poutine, qui, depuis 2007, l'a annoncé clairement.
05:37À Munich, d'abord, et ensuite, dans les faits, avec ce qu'il a fait en Georgie,
05:42ce qu'il a fait en Syrie, ce qu'il a fait en Ukraine, en commençant par la Crimée.
05:48C'est une puissance de déstabilisation.
05:50Et quand, aujourd'hui, les chefs des armées se disent, aux ordres du président de la République,
05:55« Nous prenons les moyens pour résister à ce qui risque de se passer »,
06:02je dis bien « ce qui risque de se passer »,
06:04eh bien, ils ne le font que remplir leurs devoirs.
06:07Toutes les agences de renseignement, aujourd'hui, qu'elles soient allemandes, britanniques, françaises,
06:14polonaises, évidemment, qui sont sur la ligne de front, presque,
06:17toutes disent, attention, la montée en puissance de l'appareil russe ne s'arrêtera pas là.
06:23Il y a une machine de guerre qui s'est mise en route.
06:27Croyez-vous qu'elle a y s'arrêté ?
06:29Aujourd'hui, après trois ans et demi de guerre,
06:33M. Poutine ne démord pas de ses objectifs, ne change pas,
06:37malgré la pression qui, maintenant, est mise par les États-Unis.
06:41Donc, il faut s'y préparer.
06:43Si tu veux la paix, prépare la guerre.
06:45Il faut être fort pour être respecté.
06:47Eh bien, c'est exactement ce que font les armées françaises en ce moment.
06:49C'est ce que déclarait le général Pierre Schill.
06:51Pour qu'une armée soit crainte, elle doit être respectée.
06:56Pour être respectée, il faut qu'elle soit crainte.
06:57Et pour qu'elle soit crainte, il faut qu'elle soit forte.
07:00Aujourd'hui, nous sommes confrontés à une réalité géostratégique,
07:02qui est la dépendance de l'Union européenne, de l'Europe et de la France,
07:06par rapport aux États-Unis.
07:07On sait que le général de Gaulle était très soucieux
07:09de l'indépendance militaire de la France.
07:12C'est pour ça qu'il avait d'ailleurs voulu la force de dissuasion nucléaire.
07:16On essaie aujourd'hui de reconstruire une souveraineté européenne en termes de défense.
07:21On a du mal, parce qu'on voit que les États européens ne sont pas toujours solidaires.
07:24Est-ce que la première priorité, mon général,
07:27ce n'est pas de faire en sorte qu'il y ait un jour une véritable armée européenne,
07:30souveraine et indépendante,
07:32qui ne soit pas tributaire des aléas, j'allais dire, de Washington,
07:36et des humeurs du président de la République des États-Unis,
07:40du président des États-Unis en fonction ?
07:41Le président de la République avait envisagé une intervention au sol,
07:45à un moment donné, en Ukraine.
07:47Quels sont aujourd'hui réellement les moyens dont la France et l'Union européenne disposent
07:51pour contrer s'il y avait une agression de la part des Russes ?
07:55Alors, premier point, ne parlons pas d'armée européenne,
07:58parlons de défense européenne.
07:59Défense européenne.
08:00Ne parlons pas d'armée européenne.
08:01C'est le premier point.
08:02Le deuxième point...
08:03Non, non, est-ce que ça sera envisageable, une armée européenne ?
08:06Non, non, une armée européenne, non.
08:08Une défense européenne, oui.
08:10Ce n'est pas la même chose.
08:11Et, si vous voulez, les règles dans les armées sont extrêmement différentes.
08:16Je vous donne un exemple.
08:17La brigade franco-allemande, après 15 ans d'expérimentation,
08:22on n'est toujours pas en mesure de fixer les modalités de la garde
08:26devant le quartier entre les Allemands et les Français.
08:28En effet.
08:29Je rappelle qu'en Allemagne, il y a des syndicats dans les armées.
08:32En France, Dieu soit loi, il n'y en a pas.
08:34En revanche, sur l'autonomie vis-à-vis des États-Unis,
08:38vous avez parfaitement raison.
08:39Sauf que depuis longtemps, depuis 1945 quasiment,
08:44les Européens se sont reposés sur les États-Unis.
08:47Et donc, malgré le fiasco de l'Afghanistan,
08:51les Européens ont du mal à se détacher des États-Unis.
08:54Alors nous, Français, on a l'habitude, vous citiez le général de Gaulle,
08:56depuis le général de Gaulle, on a l'habitude de pouvoir raisonner
08:59et se préparer de façon autonome.
09:02Mais les autres Européens, ils tiennent beaucoup.
09:05Maintenant, il y a des changements actuellement.
09:07Je vais vous donner un exemple simple.
09:09L'Allemagne.
09:10L'Allemagne a décidé, le chancelier Marx a décidé de mettre 350 milliards
09:14pour rééquiper l'armée allemande,
09:16qui a vraiment besoin de remonter en puissance.
09:19Eh bien, sur ces 350 milliards,
09:23il y a 5% consacré aux armements américains.
09:27C'est-à-dire, pour les Allemands, un virage radical.
09:31Le général Burkhardt, avant de quitter son commandement,
09:34est allé à Washington.
09:35Et il a dit à son homologue américain,
09:37écoutez, on a bien compris que l'Europe n'était plus au centre de votre intérêt
09:41et que vous alliez vous dégager progressivement,
09:44mais laissez-nous le temps de monter en puissance.
09:46On ne va pas changer 80 ans en 4 ans.
09:52Donc, il faut monter en puissance.
09:54La France est en position, j'allais dire, favorable pour ça
09:58parce qu'intellectuellement, moralement, elle l'a toujours fait.
10:02Les autres Européens, c'est une autre chose.
10:04Il faut les amener progressivement,
10:06mais aujourd'hui, l'Europe progresse.
10:08Malheureusement, à 27, ça prend toujours beaucoup plus de temps
10:11que quand on décide tout seul.
10:12Vous êtes ancien chef de la mission française auprès de l'OTAN.
10:15Vous vous souvenez qu'en 2008, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy
10:18avaient suggéré de préparer l'entrée de l'Ukraine et de la Géorgie dans l'OTAN.
10:23Les Américains avaient torpillé cette idée.
10:26C'est surréaliste.
10:27Alors qu'aujourd'hui, on se demande si justement,
10:29il n'aurait pas été temps que l'Ukraine et la Géorgie soient dans l'OTAN.
10:32Comment vous expliquez ce cafouillage ?
10:36Juste une rectification, j'ai été chef de la mission auprès de l'ONU,
10:40pas de l'OTAN.
10:40Non, non, excusez-moi.
10:42Absolument.
10:42Mais j'ai travaillé dans l'OTAN également.
10:43Oui, oui, ce qui est très différent.
10:44Écoutez, ce changement, c'est une appréciation de situation.
10:48Aujourd'hui, globalement, les Européens disent,
10:52pas d'Ukraine dans l'OTAN.
10:54Si ça avait pu la protéger avant, peut-être, à étudier,
11:01aujourd'hui, ça serait une provocation.
11:03En revanche, l'Ukraine dans l'Union Européenne,
11:06et je rappelle que dans l'Union Européenne,
11:09il y a l'article 47.2 qui équivaut à l'article 5 de l'OTAN.
11:14Simplement, les Américains n'y sont pas mêlés,
11:17c'est uniquement les Européens.
11:19Donc, l'important, c'est que l'Ukraine rejoigne l'Europe
11:23et que les Européens, je le répète encore une fois,
11:26arrivent à monter en puissance au sein de l'OTAN.
11:30Le pilier européen de l'OTAN,
11:32qui prend toute son ampleur,
11:35à ce moment-là, permettra aux Européens
11:36de pouvoir réagir de façon autonome par rapport aux Américains.
11:40Que pensez-vous, mon général, de ces pays européens
11:44qui, justement, dans ce souci de créer une défense européenne,
11:47renouvellent leur armement en achetant des avions,
11:49non pas à des avions européens,
11:52mais du matériel qui vient des États-Unis ?
11:54Est-ce que là, il n'y a pas un manque de solidarité,
11:56de cohérence et de logique ?
11:58Si on fait une défense européenne,
11:59et s'il y a une industrie d'armement européen,
12:01on se fournit chez nous.
12:02Comment peut-on aller chercher aux États-Unis
12:04l'armement dont on pourrait avoir besoin pour défendre l'Europe ?
12:06Non, vous avez raison, il s'agit du F-35,
12:09qui est une entourloupe, en fait, pardonnez-moi le terme.
12:14Les Américains disent qu'il faut du F-35
12:15parce que vous allez pouvoir porter l'arme nucléaire,
12:18arme nucléaire qui est américaine, avec décision américaine.
12:21Donc, ça veut dire que ça les raccroche,
12:23ces Européens, aux États-Unis.
12:26Mais c'est ce que beaucoup de pays européens veulent.
12:29Ils tiennent absolument à avoir les Américains avec eux dès le départ.
12:33Il faudrait rappeler que pour la Première Guerre mondiale,
12:36les Américains sont intervenus en 1917
12:38et la Deuxième en 1942.
12:40Et bien là, les autres pays européens voudraient
12:42qu'ils démarrent à J-0, vous voyez, dès le départ.
12:46Bon, je pense qu'ils sont en train de réaliser
12:49qu'ils ne peuvent pas dépendre tous les quatre ans
12:52du vote des citoyens du Dakota du Sud ou du Texas
12:56et que donc, il faut qu'ils prennent cette autonomie.
12:59Maintenant, sur les avions,
13:01vous savez que les avions,
13:02il y a trois types d'avions en Europe,
13:03à part les F-35, bien sûr,
13:05il y a le Rafale, il y a les Gripen
13:07et il y a le Tornado, essentiellement britannique.
13:12Eh bien, c'est sur l'avion futur
13:14qu'il faut se placer maintenant
13:16qui, normalement, à la fin de l'année,
13:18on espère que l'ambroglier
13:20entre Dassault et Airbus
13:23va trouver son dénouement
13:26et va nous permettre de viser
13:28vers le prochain avion
13:29qui sera plus européen
13:31avec les Allemands,
13:32les Espagnols
13:33et les Français pour l'instant.
13:34Merci, mon général,
13:35d'avoir accepté cette invitation.
13:37Certainement.
13:37Merci beaucoup.
13:38Bienvenue.
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