00:00Alors par le responsabilité, il y a Bruno Retailleau qui s'est expliqué en début d'après-midi chez nos confrères de TF1 au journal de 13h,
00:07parce qu'évidemment, immédiatement après ce tweet et donc la démission de Sébastien Lecornu ce matin, beaucoup ont pointé du doigt sa responsabilité.
00:14Bruno Retailleau, responsable de cette crise dans laquelle la France s'enfonce, lui répond non, absolument pas, écoutez-le.
00:24Hier, j'ai été reçu pendant une heure et demie par le Premier ministre.
00:28Quelques minutes avant que la composition du gouvernement ne soit donnée.
00:33Jamais il ne m'a dit, il m'a caché, qu'il y aurait la nomination de Bruno Le Maire.
00:38Donc un problème de confiance et ensuite la rupture.
00:40Premier ministre, vous l'avez entendu comme moi, il voulait cette rupture.
00:44Et on se retrouve avec un gouvernement où il y a le retour, peu importe Bruno Le Maire, c'est pas pour ce qu'il est lui, c'est sans doute une personne estimable.
00:53Mais c'est quand même lui qui a déclenché votre tweet incendiaire d'hier soir.
00:57Pour ce qu'il représente.
01:00Voilà, Bruno Retailleau, on attendait le son et l'image, Roselyne, tout à l'heure.
01:04Mais pour résumer en substance, c'est pas ma faute, c'est la leur, c'est pas moi, c'est l'autre.
01:10On m'a caché la vérité, j'avais d'autres choix.
01:12Vous qui commentez la vie politique française depuis...
01:15Oui, et vous m'envoyez navrer, vous m'envoyez navrer d'ailleurs.
01:18Est-ce que justement, vous avez un regard global quand même sur les choses, est-ce que vous avez de mémoire le souvenir d'avoir déjà vécu, commenté, pareille situation ?
01:27À chaque épisode, on dit ça, mais là, on a quand même atteint un stade.
01:30C'est la quatrième et que j'étais jeune sous la cinquième.
01:33Moi, j'étais même pas née quand elle a été faite.
01:36Mais non, franchement, un tel désastre, à la fois, puisqu'on peut dire démocratique, à la fois un spectacle affligeant et surtout digne d'une cour de récréation.
01:48Monsieur, monsieur, madame, c'est pas moi, c'est l'autre.
01:50Mais là, ce genre d'explication comme ça, au journal de 13h sur TF1, ça vous évoque quoi, vous ?
01:55Oui, alors justement, pourquoi il s'invite au journal de 13h pour dire « c'est pas ma faute » et pourquoi ce serait lui et pas un autre qui serait invité au journal de 13h et qui est au gouvernement ?
02:04Pourquoi pas madame Borne ? Pourquoi pas ? C'est vrai qu'il a fait son tweet.
02:07C'est son tweet quand même, toutes les parties du tweet.
02:09D'ailleurs, mais donc en fait, il vient dire à TF1 que tout ça n'est pas de sa faute.
02:14Tout en sachant avoir provoqué la démission.
02:16Et bien, il le sait pertinemment puisqu'il vient de se défendre et dire que ce n'est pas la sienne.
02:22Donc forcément, il y a un moment où il a une mauvaise conscience, monsieur Retailleau.
02:27Mais cela dit, il a le droit de refuser de ne pas... que c'est une confiance.
02:35On lui aurait mis un communiste dans son gouvernement.
02:40Bon, on peut comprendre où un socialiste un peu très à gauche, on comprend qu'il veut la taxe Zutman ou autre chose, ou faire payer les riches, ou plus d'impôts, etc.
02:53On comprend qu'il veuille démissionner et il dit « non, je ne veux pas de ce gouvernement ».
02:57Mais là, c'est Bruno Le Maire qui a été pendant 7 ans ministre d'Emmanuel Macron.
03:02Donc, où est le problème ? Il dit que ce n'est pas le sujet de Bruno Le Maire.
03:05On ne comprend pas vraiment qu'au côté de Bruno Le Maire, ça puisse lui poser problème.
03:08C'est quoi ? C'est des histoires d'égo, de personnalité ?
03:10Peut-être un calcul qui est fait sur le plus long terme.
03:13Si. Écoutez...
03:14Parce que la présence de Bruno Le Maire a été beaucoup commentée dans les premiers instants.
03:17Bien sûr.
03:18Son visage était apparu quand même sur les écrans français.
03:20Non mais, on peut tous se désoler du spectacle affligeant, je reprends exactement le terme qui nous est donné, c'est sûr,
03:30et manifestement tout le monde a sa part de responsabilité dans ce chaos, toutes les forces politiques, qu'elles soient partisanes ou gouvernementales, exécutives.
03:39Mais chacun a de bonnes raisons quand même qu'on peut redire.
03:46Qu'il le veuille ou non, M. Le Maire a été 7 ans ministre de l'économie et des finances.
03:52Et pendant ces 7 ans, il y a eu 1 000 milliards d'euros de plus de déficit.
03:59Donc, que ça lui plaise ou non, parce qu'il s'est répandu partout que ce n'était pas de sa faute,
04:05il a été entendu par une commission parlementaire là-dessus sur le déficit, etc.
04:09Il en est le comptable. Il en est le comptable officiel, avec Emmanuel Macron, bien sûr,
04:15et les premiers ministres qui étaient sous sa direction.
04:18Aujourd'hui, rappelez-vous qu'à l'époque, tout le monde applaudissait le quoi qu'il en coûte, quand même.
04:23Mais il y a eu avant le quoi qu'il en coûte, il y a eu après le quoi qu'il en coûte.
04:27Une fois de plus, je ne rentre même pas dans le débat de savoir si c'était bon ou pas.
04:31Et donc, LR fait de M. Maire un totem qui est le symbole de ce qu'ils vont considérer comme étant la dérive des déficits publics.
04:45Donc, pour eux, c'est vraiment le chat noir.
04:49Oui, et par rapport à...
04:51J'abonde dans le sens de ce que dit Rosset.
04:53Écoutez, non seulement il n'y a pas eu de communisme, mais même mieux, le ministre de l'économie et finances,
04:58le seul qui était issu du parti socialiste, il a été viré.
05:02Donc, il a été remis par un macronien.
05:05Donc, franchement, il n'y avait pas lieu de s'offenser que c'était un virage à gauche du gouvernement.
05:10Loin sans faux, quoi.
05:11Non, mais ils n'ont pas la même notion de la rupture.
05:13Moi, je pense qu'en fait, il y avait une forme de chantage qui s'organisait sur le mode
05:18« on va gonfler les muscles, on va mettre un peu le conseil stratégique, ça va vous mettre un peu la pression »
05:24et que Bruno Retailleau, il est pris à son propre piège.
05:28Parce que, finalement, le Premier ministre a dit, bon, avec l'accord visiblement d'Emmanuel Macron,
05:34a dit « bon, si c'est comme ça, de toute façon, on ne va pas rester dans leurs mains ».
05:38Donc, et si vous regardez, tout ça a été fait à fleurer, moucheter et tout,
05:42mais le discours du Premier ministre, des missionnaires, donc,
05:47c'est quand même plein de petites piques aux uns et aux autres.
05:51Rejeter la responsabilité sur les autres partis politiques.
05:53Oui, mais sur des conflits d'égo, sur des ceci, sur des cela.
05:57Bon, voilà.
05:58Donc, effectivement, je pense que chacun, maintenant, cherche à se protéger en disant
06:04« c'est pas de ma faute, moi j'étais prêt, c'est les autres, etc. »
06:08« C'est pas moi, c'est les autres. »
06:08« C'est pas moi, c'est les autres, et c'est pas de ma faute. »
06:11Quoi qu'il se passe, quel est le risque ?
06:14C'est pas ce que les Français vont penser.
06:16Quel est le risque ? Les Français, on les a entendus tout à l'heure,
06:19et effectivement, ils sont plutôt remontés.
06:23Absolument. Là, ils vont forcément être sur un principe de responsabilité,
06:26en disant « écoutez, toutes vos balivernes sur le fait que c'est jamais vous,
06:30c'est toujours les autres, nous, on n'achète plus,
06:32vous êtes autant responsables les uns que les autres. »
06:33Vous voyez, c'est vraiment, je pense que c'est ça.
06:35C'était peut-être aussi, à un moment, le calcul de Macron, peut-être pas jusque-là,
06:38mais le calcul de Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu,
06:41c'était de dire « je remets les clés de la responsabilité entre vos mains,
06:45puisque je suis sous la tutelle du Parlement,
06:48et que c'est les parlementaires qui vont faire le budget. »
06:52Donc c'est vous qui allez décider, c'est vous qui allez trouver des espaces de compromis.
06:56« Maintenant, moi, je suis... »
06:59Non mais si, c'est ça.
07:00Oui, bien sûr.
07:01Et quand il dit « le 49-3... »
07:03Parce qu'on n'en a pas parlé, mais le budget, c'est quand même la prochaine...
07:04C'est la réalité, c'est la prochaine étape.
07:06Quand il dit « je ne serais pas le 49-3, les gars, vous vous débrouillez. »
07:09Vous débrouillez, vous nous formez ce budget, vous avez de quoi discuter.
07:14Et quelque part, aujourd'hui, il peut dire...
07:18Alors pour le coup, Sébastien Lecornu pourrait dire...
07:20Il peut dire aussi que ce n'est pas de ma faute.
07:25Mais celui qui ne peut pas le dire, c'est Emmanuel Macron.
07:29Oui, c'est de sa faute.
07:30Tout part de la dissolution ratée,
07:33qui était une bombe à fragmentation lente et qui explose désormais.
Be the first to comment