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00:00Nous sommes en ligne à propos du Fonds avec Erwann Balanant.
00:04Bonjour, merci de nous rejoindre sur l'antenne de France 24.
00:10Vous êtes député du Finistère.
00:14Quand, j'imagine que vous avez écouté l'allocution du Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu,
00:21quand il fustige l'incapacité du compromis, les ambitions personnelles avant le bien commun,
00:28l'absence de sens de l'intérêt général, est-ce que vous, en tant que responsable politique,
00:35vous vous sentez concerné par de tels propos ?
00:39Moi, j'avoue que j'ai un sentiment quasi de honte d'appartenir au cirque que nous vivons depuis hier soir.
00:49Il y a un certain nombre de sujets de préoccupation des Français
00:53et un certain nombre de personnes politiques, personnalités politiques, ne pensent qu'à la présidentielle.
01:01Qui, selon vous, vous pensez à Bruno Retailleau ?
01:05Je ne vais pas nommer parce que je ne vais pas participer à ce petit jeu politique ridicule.
01:15Mais vous voyez bien qu'un certain nombre de familles politiques sont aujourd'hui dans l'irresponsabilité.
01:21Et c'est compliqué aujourd'hui de se dire...
01:28J'avoue, je suis sidéré, en fait.
01:30Comment on fait pour répondre aux préoccupations des Français dans la situation actuelle
01:35quand vous avez des personnalités politiques qui ne pensent qu'à la présidentielle ?
01:41Comment on fait ?
01:42Bon, moi, j'avoue que je n'ai pas de solution.
01:44Le retour aux urnes, je n'y crois pas beaucoup parce que ça serait précipité.
01:48Ça ne réglerait rien des problèmes de fond.
01:53Donc, comment on sort du blocage ?
01:56Je pense par une prise de conscience des hommes et des femmes politiques
02:00qu'ils ne sont pas là pour se faire plaisir.
02:02Ils sont là tout simplement pour rendre service aux Français.
02:04Et donc, que chacun se dise à un moment, moi, si je suis élu, si je fais de la politique,
02:11c'est pour être sur le terrain, pour proposer des amendements,
02:14pour effectivement faire un budget, proposer les solutions que je porte pour le pays
02:20dans un esprit de dialogue et de construction.
02:23Parce que ce qui me sidère, c'est que, et le Premier ministre le dit,
02:27c'est qu'il suffit de peu et que dans le huis clos des conciliabules,
02:32on voit souvent que des accords sont possibles.
02:34Donc, faisons ces accords, répondons aux questions auxquelles les Français nous demandent de répondre,
02:42et urgemment, parce que sinon, effectivement, nous allons au devant d'une catastrophe.
02:46Et cette catastrophe, c'est la montée des extrêmes,
02:51le populisme qui laisse croire qu'il va répondre à tout,
02:54et qui en répond, et en réalité, casse tout,
02:57et pourrait casser notre modèle républicain et notre modèle social,
03:00qui est un beau modèle en réalité.
03:01– On entend que vous parlez de votre honte, des questions que vous vous posez,
03:07mais si vous, vous êtes élu depuis une petite dizaine d'années, je crois,
03:11si vous, vous n'avez pas la réponse à la question que se posent les Français aujourd'hui,
03:15de où va-t-on, comment on va s'en sortir,
03:18qui a la réponse ?
03:20– Mais si, on a des réponses.
03:23On a des réponses.
03:24Moi, ça fait huit ans que je suis élu, vous l'avez signalé.
03:28Avant, j'ai été responsable associatif et élu local.
03:33On est un certain nombre d'hommes et de femmes politiques dans cette Assemblée
03:38à chercher du compromis et du consensus tous les jours.
03:42Vous voyez, on est un certain nombre à ne pas penser à la présidentielle
03:45et à tenter d'être des parlementaires scrupuleux de nos territoires,
03:51scrupuleux des attentes des Français.
03:52Et nous sommes dans un temps, et le Premier ministre des missionnaires l'avait dit,
03:57nous sommes dans un temps où le pouvoir est au Parlement.
04:01Mais pour que le pouvoir soit au Parlement,
04:04il faut quelque part des adultes dans les hémicycles
04:08et des gens qui ne pensent pas à la présidentielle,
04:11des gens qui pensent tout simplement à régler un certain nombre de problèmes.
04:15Et il y a des solutions.
04:16Il y a la question de la justice devant l'impôt
04:19et des questions d'imposition équitable ou de justice fiscale,
04:26comme certains le disent.
04:27– Pardon, je vous interromps,
04:29mais est-ce que c'est audible aujourd'hui de tenir un discours ?
04:32On entend votre désarroi, votre honte, vous avez dit,
04:35de dire qu'il faudrait qu'il y ait des adultes dans l'hémicycle.
04:37À un temps, en un temps, on demande tellement d'efforts aux Français
04:41de se serrer la ceinture.
04:44Il y a quelque chose qui paraît peut-être tout à fait inaudible
04:49de dire, voilà, responsabilisez-vous,
04:52faites passer l'intérêt de la nation avant vos ambitions personnelles.
04:58En ce moment, on demande tant d'efforts aux électeurs.
05:02– Mais moi, je n'entends que ça de la part des Français que l'on rencontre.
05:07Je n'entends que travailler ensemble.
05:10J'étais, au moment de la démission du Premier ministre,
05:17j'étais à l'hôpital de Quimperlé, chez moi, dans ma circonscription,
05:23dans une réunion avec la CGT pour parler de l'avenir de la psychiatrie.
05:30Bon, on était en train d'essayer de trouver des solutions collectivement,
05:34en discutant, moi, élu centristes, avec la CGT,
05:39en disant on va essayer de trouver des solutions concrètes.
05:44C'est ça la politique, ce n'est pas autre chose.
05:47Et il y a des solutions.
05:49Il y a dans l'hémicycle des gens qui sont prêts à travailler ensemble.
05:53Ils sont nombreux, mais il faut qu'ils sortent des postures.
05:56Et il faut qu'ils sortent des intérêts partisans, comme l'a dit le Premier ministre.
06:01– Et vous, aujourd'hui, s'il y a un effort à faire,
06:03de quel côté doit-il venir ?
06:06Alors, vous allez me dire de tous les côtés,
06:07mais est-ce que vous trouvez qu'il y a un parti, une formation,
06:11qui est plus responsable aujourd'hui du blocage que vous dénoncez ?
06:16– Vous avez dit, c'est un blocage.
06:19Et quand tout le monde est bloqué, il faut à un moment donné
06:23que certains fassent des pas vers les autres.
06:27Moi, je le dis avec humilité, il me semble que notre famille politique,
06:32les démocrates, nous avons fait des pas.
06:34Nous avons ouvert des pistes, nous avons parlé de la question de l'impôt sur la fortune
06:40qui a été un vrai irritant dans ce pays et nous sommes prêts à y revenir.
06:44Nous sommes pour un transfert des cotisations sociales vers le capital
06:51pour rééquilibrer les flux et pour permettre aux personnes qui travaillent,
06:57pardon, aux salariés, de gagner plus.
06:59Voilà, et donc ça, ce sont des efforts effectivement plus vers la gauche.
07:04Mais à côté de ça, nous faisons aussi des pas vers la droite en disant
07:08nous devons régler la question des déficits
07:11et nous devons trouver des moyens de réduire ce déficit.
07:14Donc vous voyez, mais il faut que chacun fasse un pas vers l'autre.
07:19Et ce qui est sidérant, c'est que si l'on croit le Premier ministre,
07:22il n'y a pas de raison de ne pas le croire,
07:24c'est quand il nous dit que dans le huis clos des négociations,
07:27il y a des choses qui avancent.
07:28D'ailleurs, on l'a vu sur le conclave des retraites.
07:30On était à quelques millimètres d'un accord.
07:33Bon, eh bien, sortons de nos postures et travaillons pour les Français.
07:38C'est tout ce que moi j'ai à dire à ce stade et c'est ce que je vais faire
07:41pour les peut-être peu de temps qu'il me reste de parlementaire
07:44dans cette législature en tout cas.
07:47Oui, merci beaucoup Erwann Balanant, député ex-Modem,
07:52député Les Démocrates, parti centriste du Finistère.
07:56Toujours Modem.
07:57Ah, toujours Modem.
07:58C'est juste que notre nom, c'est Les Démocrates.
07:59Pardonnez-moi, pardonnez-moi.
08:00Nous sommes Les Démocrates.
08:01Oui, oui, Les Démocrates du Finistère.
08:03Merci beaucoup d'avoir répondu à nos questions.
08:05Gautier et Gautier-Ribinski.
08:07Oui, je trouve particulièrement intéressant ce qu'a dit votre invité,
08:11notre invité à l'instant.
08:12Parce que c'est vrai que la classe politique,
08:14bon, on l'a explicité,
08:17la classe politique française est très friande
08:19de, justement, de ces oppositions catégoriques
08:23auxquelles on pourrait souscrire
08:25si elles signifiaient vraiment quelque chose.
08:27Là, le problème, c'est qu'elles signifient pas grand-chose.
08:29Mais je dois dire aussi que leur incurie et leur indigence
08:35à ces partis politiques français
08:36est grandement facilité par une attitude consumériste
08:39qui est la nôtre.
08:40C'est-à-dire que nous choisissons des partis
08:44comme on choisit au supermarché,
08:45telle ou telle marchandise,
08:47puis on dit non, celle-là je la prends, celle-là je la prends pas.
08:49C'est-à-dire, en gros, que les Français ont tendance,
08:52pas tous, loin de là,
08:53mais ils ont tendance quand même majoritairement
08:55à se contenter de l'élection présidentielle,
08:58et de la législative, pour exprimer et participer à la vie.
09:01À la vie politique et à la vie de la nation.
09:04Alors qu'il y a quantité de possibilités,
09:07alors d'abord associatives,
09:09pour, c'est pour ça que ce que disait notre invité
09:12était intéressant,
09:13pour justement être dans le coup,
09:15dans le mouvement,
09:16des idées qu'il faut promouvoir
09:18pour obtenir telle ou telle chose,
09:20ou tel ou tel compromis.
09:22À la décharge des Français, à l'inverse,
09:24et je m'arrêterai là,
09:25c'est qu'il faut bien reconnaître
09:26qu'à part certains partis,
09:28et malheureusement aux extrêmes,
09:29à part certains partis,
09:30vous n'avez plus ce type de partis populaires
09:34et de masses
09:34qui permettaient ce genre d'engagement.
09:37Regardez encore une fois,
09:38alors là, je ne serai pas d'accord
09:39avec ce que disait notre invité,
09:41regardez encore une fois
09:42ce qu'on appelle le bloc central,
09:45à l'exception, à la limite,
09:46je veux bien le concéder,
09:48à l'exception peut-être du modem
09:49où il y a vraiment des gens engagés.
09:51Regardez, le parti Renaissance, c'est quoi ?
09:53C'est un parti de, finalement,
09:56de représentation,
09:57c'est un parti presque de notable,
09:59et je me souviens même d'une fois
10:00où dans un texte important
10:02à l'Assemblée nationale,
10:03et qui était important
10:04pour le président de la République,
10:07eh bien tous les députés
10:08de sa formation n'étaient pas présents.
10:10Ça veut dire qu'il y a aussi
10:11un côté très dilettante
10:13dans cette classe politique.
10:15Évidemment, ça n'est pas un constat général,
10:18mais si vous voulez,
10:19pour qu'il y ait un rapprochement
10:20avec les Français,
10:21et que les Français s'engagent
10:23justement à leur échelon,
10:24il faut aussi que les partis
10:26fassent un bout du chemin
10:27et que les Français se disent
10:28qu'ils ne sont pas là uniquement
10:29pour voter à la présidentielle
10:31ou au législateur.
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