00:00Le débat aujourd'hui c'est entre Raphaël Legendre et Éric Delannoy.
00:03Bonjour Éric, on va parler du rassemblement national.
00:06Il y en a un qui n'a pas perdu son temps pendant la commission des finances.
00:08Parfois on se demande à quoi ça sert vu qu'on va recommencer les débats à partir d'aujourd'hui.
00:11Mais il y en a peut-être un qui ça a servi, c'est le rassemblement national
00:14qui continue la stratégie de la cravate si on peut dire.
00:17Est-ce que pour vous Éric, le programme économique du RN est crédible ?
00:24Globalement le programme économique du RN c'est Noël.
00:26Donc on augmente le pouvoir d'achat et on baisse les déficits publics.
00:30On promet la baie, d'ailleurs il n'est pas très clair sur le sort des retraites dans cette histoire-là.
00:37Parce que dans leur programme des législatifs c'était ce qui provoquait un séisme sur le déficit public.
00:43Donc est-ce qu'il est crédible ? En tout cas il est dans leur stratégie.
00:47Aujourd'hui on voit bien que sur le budget on a le spectacle affligeant des obsessions des populistes.
00:52On a eu l'attaque Zuckman à gauche, on a maintenant un arrow sur l'immigration à droite,
00:57enfin à l'extrême droite pardon.
00:59Et donc on a en fait le budget sert à remettre sur le devant de la scène les idéologies
01:06qui vont préparer en fait la suite.
01:07Donc moi je ne crois pas une demi-seconde que les mesures du RN et le contre-budget du RN
01:11sera adopté.
01:12En revanche comme l'attaque Zuckman à l'extrême gauche,
01:15je pense que le contre-budget du RN va remettre sur la scène des débats
01:20qu'on n'a pas du tout entendus aujourd'hui sur le budget,
01:23notamment qu'est-ce qu'on fait de l'immigration et des budgets de l'immigration.
01:25Ce qui serait très intéressant d'ailleurs, c'est qu'on les prenne à leur propre jeu,
01:29c'est-à-dire qu'on fasse un bilan économique de l'immigration,
01:32ce qui n'a rarement été fait dans les médias.
01:34Ici pas mal quand même.
01:35Oui, mais dans les médias, j'ai envie de dire sur les réseaux sociaux notamment.
01:40Les autres.
01:40Les autres, voilà.
01:42Ceux qui ne font pas d'écho.
01:43On s'aperçera très vite que certes, il y a des problèmes à résoudre,
01:47mais quand même, le bilan économique de l'immigration
01:49est aujourd'hui positif sur l'économie française.
01:51Raphaël, ce qu'il faut dire, Eric a raison,
01:53c'est que par exemple sur les retraites, ça a quand même beaucoup changé.
01:55Il y a quand même un pivot du RN.
01:58Mais bien sûr, et on voit que ce pivot, en fait,
02:00il est opéré depuis pas mal d'années, depuis 2017 en réalité.
02:03Le grand pivot, ça a été l'élection présidentielle de 2017.
02:06C'est-à-dire qu'au fur et à mesure que le RN se rapproche du pouvoir,
02:10ils sont obligés d'être de plus en plus crédibles.
02:13La réalité, c'est qu'ils ont très peur d'un effet listreuse
02:16s'il devait être nommé à Matignon.
02:18Vous vous souvenez, listreuse, l'ancienne première ministre britannique
02:20qui s'était fait balayer du 10 Downing Street en trois semaines
02:23parce que son budget n'était pas crédible.
02:25Ils n'avaient pas l'Europe.
02:26Alors, ils n'avaient pas l'Europe pour les protéger, certes.
02:28Ils sont un peu plus...
02:29Ils sont protégés par le filet de l'euro et de l'Allemagne.
02:31Mais quand même, quand même, quand même, plus ils se rapprochent du pouvoir,
02:35plus ils rationalisent, ils nettoient un peu les irritants de leur programme économique.
02:39Ils sont arrivés par ça.
02:40Dont les retraites.
02:40par des têtes pour centaines économiques comme Sterrin et Durvi.
02:47Mais évidemment, sur les retraites, c'est très net.
02:50Il y a encore très peu de temps.
02:51Il parlait d'un retour à 60 ans.
02:53Les mesures populistes y allaient très largement.
02:56C'est terminé.
02:57Je veux dire, les derniers messages de Jordan Bardella sur les retraites,
03:01c'est qu'on fera des tout petits amendements d'un milliard d'euros, pas plus,
03:05c'est dire si ça n'ira pas très loin, sur la pénibilité, notamment les carnières longues.
03:11Mais c'est fini, on rase gratis sur les retraites.
03:15Il y a une véritable...
03:17Il y a un tournant d'un RN assez étatiste, celui de Marine Le Pen,
03:23vers un RN plus pro-business dernièrement, plus libéral.
03:27Mais attention, encore une fois, le RN est très attrape-tout.
03:31C'est-à-dire qu'il vous promet, il y en a pour tout le monde.
03:34Sur les riches, c'est quand même un très clair.
03:35Sur les multinationales, non ?
03:36Sur les grands groupes nationaux, les grands groupes du CAC 40 notamment,
03:41c'est quand même des taxes sur les super dividendes,
03:43c'est le rétablissement d'un impôt sur la fortune financière,
03:45c'est beaucoup, beaucoup de hausse d'impôt sur les plus riches.
03:48Éric ?
03:49Ils sont sur des vieilles recettes.
03:50Alors, il y a un flou également qui témoigne quand même de leurs obsessions,
03:53c'est le rapport à l'Europe,
03:54puisque dans ce contre-budget, il y a 8,7 milliards de réduction
03:59de la contribution française de l'Europe.
04:00On ne sait pas du tout comment ça va se passer, cette histoire-là,
04:02puisque ça représente un quart de la contribution européenne française.
04:04Ça fait plaisir aux Allemands ?
04:05Mais c'est juste impossible à négocier en réalité.
04:08Donc, on est quand même, si on devait les prendre au sérieux,
04:10ce qui est nécessaire, parce que ça représente quand même une force politique
04:13aujourd'hui qui est incontournable,
04:14il faut les prendre au sérieux.
04:15Et donc, il faut aller vers les mesures techniques
04:17de qu'est-ce que ça veut dire vis-à-vis du Conseil constitutionnel,
04:19vis-à-vis de l'Europe, ce fameux contre-budget.
04:22Il y a une chose qui est certaine dans cette espèce de stratégie de la cravate
04:25et le fait qu'au fur et à mesure qu'ils se rapprochent du pouvoir,
04:27ils deviennent de plus en plus sérieux,
04:28c'est qu'ils ont fait les yeux doux au patronat et au patron
04:31de manière absolument incroyable.
04:34En fait, ils essaient de suivre la trajectoire de Mélanie,
04:36quelque part sur cette...
04:37Mélanie a quand même été soutenue par les grands patrons italiens
04:40et c'est la stratégie que cherche Marine Le Pen.
04:43Mais justement, sur les grands patrons,
04:44souvent, ils appuient quand même beaucoup sur l'opposition.
04:47Il y a la PME qui n'a rien à voir avec la grande entreprise.
04:49Les méchants, les gentils sont toujours quand même dans ce discours-là.
04:52C'est quasiment poujadiste comme discours.
04:54C'est-à-dire qu'on est très anti-impôt de défense de la petite PME,
04:57mais le grand capital, on va le taxer,
04:59les méchants riches, on va les taxer.
05:00Il faut se souvenir que Jean-Marie Le Pen a commencé sa carrière
05:04chez Pouzade à la fin de la 4ème République.
05:06Ils dissocient les deux, en fait.
05:07Ils dissocient les deux.
05:08En fait, sur la partie sociétale,
05:10ils ont un discours poujidiste.
05:11Sur la partie économique, ils ne parlent que d'impôts de production.
05:15Donc, en gros, sur la partie économique,
05:16ils draguent l'intégralité du système économique français.
05:19On ne va pas rouagner les avantages d'entreprise.
05:20Les avantages, d'ailleurs, on ne sait pas ce que c'est.
05:22Les 211 milliards, ils ont été totalement décomposés
05:25comme étant, encore une fois, un discours populiste.
05:27Ils reprennent ce discours populiste des avantages d'entreprise
05:30en disant qu'on ne va plus y toucher.
05:32Donc, sur la partie économique, ils sont très pro-business.
05:34Sur la partie sociétale, ils restent très poujadistes.
05:37Merci à tous les deux d'être venus débattre ce matin
05:39dans la matinale de l'économie.
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