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00:00Le carrefour de l'info sur Arabelle.
00:06Et dans votre carrefour de l'information, aujourd'hui on vous emmène à la découverte d'une initiative essentielle pour une société plus inclusive,
00:14Bibliothèque sans frontières Belgique, c'est ASBL qui oeuvre pour rendre l'éducation, la lecture et le numérique accessibles à toutes et à tous,
00:21et en particulier aux plus vulnérables.
00:22A Bruxelles, elle déploie un projet innovant, la brigade numérique mobile, des bénévoles formés qui vont se déplacer à domicile dans des structures partenaires
00:33pour aider à mieux maîtriser les outils IJUTO.
00:35Voilà pour l'introduction et pour nous en parler, nous recevons Maëté Montuire qui est chargée de projet inclusion numérique.
00:42Bonjour.
00:42Bonjour.
00:43Merci d'être avec nous sur Arabelle.
00:44Peut-être avant d'aller dans le détail, faire une petite présentation de Bibliothèque sans frontières en Belgique.
00:50Quelle est un petit peu sa mission en quelques mots ?
00:52Oui, bien sûr. Alors, Bibliothèque sans frontières Belgique est une association qui organise des programmes pédagogiques innovants
01:00pour soutenir le développement de la citoyenneté et l'autonomisation des publics.
01:08On travaille essentiellement autour de trois piliers qui sont l'inclusion et la citoyenneté numérique,
01:15la promotion de la lecture et la maîtrise de la langue et l'éducation.
01:18D'accord. Comment ça se traduit, disons un peu concrètement sur le terrain ?
01:21Alors, ça se traduit par plein plein d'activités et de projets. On développe des formations pour des
01:28acteurs de première ligne et des professionnels. On forme aussi des volontaires pour soutenir nos
01:35activités autour de nos trois piliers principaux. On organise aussi des activités comme des permanences
01:40numériques et des visites à domicile. Et on organise par exemple aussi des moments de lecture pour soutenir la promotion
01:48pour des tout-petits.
01:49Alors, vous avez lancé donc ce projet, la brigade numérique mobile. De quoi s'agit-il exactement ?
01:55Alors, la brigade numérique mobile, c'est un projet qui est soutenu par le SPP intégration sociale,
02:03LAB et l'Union européenne. Et c'est un service d'accompagnement numérique de proximité où, en fait, on se déplace à Bruxelles,
02:10à domicile ou via des permanences numériques organisées dans des structures partenaires où nos volontaires, qu'on appelle Digital Buddies,
02:19vont venir accompagner les personnes qui ont des questions numériques, des problématiques numériques pour pouvoir les aider et les autonomiser au maximum.
02:29Est-ce qu'il y a un profil particulier de ces personnes que vous accompagnez ?
02:33Alors, pas vraiment, parce qu'on pourrait dire que c'est toute personne, tout citoyen qui rencontre une problématique numérique.
02:41Et, mais par contre, on travaille vraiment avec un profil très varié de personnes. On a des personnes seniors, des jeunes, des parents.
02:52On a pas mal de personnes en perte d'autonomie et en situation de handicap. On a des personnes en situation de sans-abri, mais en grande précarité.
03:01Donc, c'est très varié les profils qu'on rencontre à travers nos activités.
03:04Vous avez parlé il y a quelques instants de Digital Buddies. On va y revenir un petit moment pour parler de leur rôle dans ce projet.
03:11Comment, disons, sont-ils formés et préparés, justement, pour accompagner ce public plutôt vulnérable de façon numérique ?
03:18Alors, les Digital Buddies, on les recrute et on les forme et on les encadre tout au long de leur volontariat.
03:25Premièrement, on les forme pour intégrer le projet où, vraiment, la formation consiste à les préparer au rôle du Digital Buddies,
03:33à leur donner les tips de la posture du Digital Buddies, à l'écoute active, à la bienveillance,
03:41à comment va se passer en accompagnement numérique et tous les outils pour pouvoir orienter les personnes.
03:46On développe aussi, tout au long de leur volontariat, des modules de formation complémentaires
03:53où, en fait, après, ils rejoignent notre communauté de Digital Buddies
03:57et, vraiment, là, ils peuvent participer à toutes nos activités et peuvent faire remonter aussi leurs besoins de formation.
04:04Est-ce que vous avez quelques retours de la part de ces personnes que vous accompagnez, justement ?
04:10On a pas mal de retours des personnes qu'on accompagne, que ce soit via les partenaires ou directement via nos visites à domicile
04:19où on remarque qu'on a des très bons retours sur la posture des volontaires
04:24où ils trouvent que les volontaires sont très bienveillants.
04:29Il y a de la bienveillance, du non-jugement et ça, ça fait vraiment beaucoup de bien aux personnes
04:34où ils ne se sentent pas jugées et peuvent poser vraiment toutes leurs questions
04:38et n'ont pas peur de se sentir, on pourrait dire, stupides à poser des questions très basiques
04:44en disant, en fait, je ne sais pas appeler sur mon téléphone, c'est déjà compliqué.
04:49Et donc, ça, c'est très positif pour nous d'avoir des retours comme ça.
04:53Alors, vous avez mené une évaluation de l'impact pour 2025.
04:57Est-ce que vous pouvez partager avec nous quelques chiffres clés pour illustrer un petit peu tout ça ?
05:02Oui, j'ai quelques chiffres par rapport aux répondants qu'on a eus.
05:06On a eu quand même 98% des personnes, des répondants qui ont dit qu'ils recommanderaient notre service à une connaissance.
05:13Donc, c'est quand même un chiffre merveilleux, je trouve.
05:16On a 77% des répondants qui sont beaucoup plus à l'aise face aux outils numériques après l'accompagnement reçu.
05:24Et ce qu'ils trouvent vraiment pertinent et en plus dans notre projet,
05:28ce sont la posture et le temps donné par le Digital Buddy, la gratuité et le fait que le service se déplace à domicile
05:38ou vers des structures de proximité, de quartier près de chez eux.
05:44On m'a été monté. Est-ce que vous avez une petite anecdote ou un témoignage qui marque ou qui illustre bien toute l'importance de votre action ?
05:51Moi, un truc qui m'a vraiment marqué, c'était il y a quelques mois, j'avais reçu une demande de visite d'une personne
05:57qui voulait avoir une visite à domicile en fait pour apprendre à comment éviter une arnaque en ligne
06:04parce qu'il avait eu une arnaque et avait perdu de l'argent.
06:09Donc, on a organisé une visite avec un de nos Digital Buddy qui a été sur place pour donner des outils,
06:15apprendre à se poser les bonnes questions pour éviter ce genre d'arnaque.
06:18Et la personne a vraiment beaucoup apprécié cette initiative et s'est sentie plus rassurée pour éviter à l'avenir ce genre d'arnaque.
06:28Et je trouve que c'est essentiel de pouvoir donner les informations aux personnes pour qu'elles puissent en fait vraiment trouver les informations
06:37pour éviter ce genre de situation à l'avenir.
06:40Alors, vous avez plusieurs partenaires comme la CSD Bruxelles ou le SPP Intégration Sociale.
06:45Comment ces partenaires soutiennent votre projet ?
06:48Alors, la CSD, la centrale de services de soins à domicile, c'est notre partenaire pour les visites à domicile.
06:55Donc, c'est grâce à eux qu'on peut organiser les visites à domicile.
07:00Donc, toute personne qui veut une visite à domicile peut appeler leur call center.
07:04Donc, je vais dire le numéro de téléphone s'il y a des gens intéressés.
07:07C'est le 02 537 98 66.
07:10Et donc là, la personne peut demander une visite à domicile.
07:13Et nous, BSF, nous rappelons quelques jours plus tard pour organiser un rendez-vous.
07:18Donc, c'est vraiment notre partenaire opérationnel.
07:21Et le SPP Intégration Sociale nous finance depuis le début du projet jusqu'à mi-2026.
07:29Alors, je suis, par exemple, intéressé par votre travail.
07:32Comment je fais pour m'inscrire ?
07:33Et est-ce que je dois remplir quelques conditions ?
07:35Non. Alors, la condition, c'est d'avoir une demande numérique ou une problématique numérique.
07:41Mais par contre, si vous voulez un rendez-vous pour une visite à domicile,
07:46il suffit d'appeler le call center et donc de faire une demande numérique.
07:51Même chose pour devenir Digital Buddy ?
07:53Alors, pour devenir Digital Buddy, vous pouvez rejoindre l'aventure.
07:57Ça, il suffit d'aller sur notre site internet où vous trouverez toutes les informations.
08:01Et c'est le www.biblio-sans-frontières.be.
08:04Une dernière question avant de nous quitter, peut-être, en guise de conclusion,
08:08vos prochains objectifs pour BSF Belgique et la brigade numérique mobile.
08:13Des projets à venir, peut-être, dans les tiroirs ?
08:14Mais déjà, on aimerait bien continuer notre action après 2026
08:19pour pouvoir vraiment continuer nos activités qui fonctionnent bien.
08:25On le voit avec nos publics qui reviennent, nos partenaires qui veulent continuer l'aventure.
08:30et nous aimerions bien, en fait, proposer cette initiative en dehors de Bruxelles,
08:37aux autres régions également en Belgique.
08:40Voilà, donc avec la brigade numérique mobile,
08:42BSF Belgique prouve que solidarité numérique peuvent aller de pair.
08:46Merci Maïté Montuirre.
08:48Je rappelle que vous êtes chargée de projet inclusion numérique.
08:51Merci d'avoir été avec nous.
08:52Merci beaucoup.
08:52On se retrouve dans quelques instants pour la deuxième partie du votre Carrefour de l'Info.
08:55A tout de suite.
08:56Et tout de suite, la suite de votre Carrefour de l'Information
09:07face à une précarité galopante chez nous.
09:10Les Restos du Coeur Belgique tirent la sonnette d'alarme.
09:12Plus de demandes, moins de moyens, des fils qui s'allongent, des ressources qui s'épuisent.
09:17Aujourd'hui, nous avons le plaisir de recevoir Guy Stekens, vice-président des Restos du Coeur Belgique.
09:21Bonjour.
09:22Bonjour.
09:22Vous êtes là pour nous parler, bien sûr, de l'urgence sociale et de l'appel à la solidarité.
09:27Guy Stekens, tout d'abord, avant d'entrer dans le détail, si vous voulez, pour nous présenter et présenter à nos auditeurs
09:32un peu les Restos du Coeur Belgique.
09:34Qui êtes-vous et quelle est votre mission actuellement en Belgique francophone ?
09:37D'accord.
09:38Alors, comme vous l'avez dit, je suis Guy Stekens.
09:41Je suis d'ailleurs né à Scarbic, donc pas loin de votre radio.
09:44Et j'ai terminé en tant que patron d'une PME d'Améroise.
09:53Et voilà, je me suis dit à un moment donné qu'il était temps de faire du social.
09:57Et j'ai rejoint en 2019 les Restos du Coeur via le Restos du Coeur de Wavre.
10:02Justement, à propos des Restos du Coeur, comment l'association a-t-elle un petit peu évolué au cours de ces dernières années ?
10:09Alors, l'association des Restos du Coeur, d'abord, on en compte 21 aujourd'hui.
10:1321 Restos du Coeur a des endroits différents, des localités différentes,
10:18avec d'ailleurs des spécificités un peu différentes, mais avec une charte commune
10:21qui est effectivement de venir en aide aux personnes démunies ou aux personnes en pauvreté même,
10:28notamment les sans domicile, mais pas uniquement.
10:32On en parlera sans doute après.
10:33Le public a fortement évolué au cours des dernières années.
10:37Et nous avons notamment distribué en 2024 pas moins d'un 640 ou un 650 repas.
10:44C'est dire l'ampleur de la situation actuellement.
10:48Alors, il y a la distribution des repas, mais pas que.
10:50Concrètement, il y a d'autres services ?
10:52Oui, absolument.
10:52Non, donc, Coluche en 85, avec son appel, avait d'abord travaillé sur l'aide alimentaire,
11:00qui était effectivement un vrai souci, et qui l'est encore toujours aujourd'hui d'ailleurs,
11:04parce que quand on a en pauvreté financière,
11:08eh bien forcément, on n'a pas toujours l'occasion d'avoir son frigo suffisamment plein
11:12pour pouvoir se nourrir, et pire encore, nourrir sa famille ou ses enfants.
11:17Et donc, effectivement, l'aide alimentaire reste la base de tout le système,
11:23parce que les gens qui n'ont pas les moyens de manger correctement,
11:26ils n'ont probablement pas non plus les moyens de se soigner correctement.
11:31Les enfants n'ont pas les moyens de se développer correctement.
11:35Et bon, c'est un enchaînement, un genre de boule de neige qui se met en place.
11:38Donc, les restes du cœur, aujourd'hui, font plus que l'aide alimentaire.
11:42Il y a souvent un suivi administratif et social par un travailleur social.
11:49Il y a, dans certains cas aussi, une aide aux devoirs.
11:53Il y a une aide à l'alimentation saine, donc avec des cours de cuisine.
11:59Il y a, dans certains cas d'ailleurs, une relation étroite avec une petite maison médicale.
12:05Et donc, il y a effectivement tout un tas de services qui se sont développés autour,
12:09et qui ont pour but, d'abord, de sortir les gens de la pauvreté,
12:14si nous en avons les moyens, en tout cas de diminuer les effets de la pauvreté sur la personne,
12:18et leur redonner dignité, et leur redonner in fine de l'autonomie,
12:22et aussi pour retrouver éventuellement un emploi, parce que c'est par là qu'on sort de la précarité.
12:27Tout est lié quelque part.
12:28Vous avez évoqué tout à l'heure les profils de personnes qui viennent frapper à votre porte.
12:33Est-ce que vous avez observé, justement, un changement récent dans les publics que vous accompagnez ?
12:39Oui, donc effectivement, nous avons aujourd'hui un public, deux nouveaux publics, on va dire.
12:47Il y a un public jeune, qu'on n'a pas dans tous les restos du cœur,
12:52parce que pour avoir le public jeune, il faut être à côté d'une école supérieure,
12:57ou d'une université, ou de choses comme ça.
12:59Et il y a de plus en plus d'étudiants qui ont difficile, on en a parlé, ils en parlent eux-mêmes.
13:02Il y en a beaucoup qui doivent travailler, quitte à rater des cours pour payer leurs études.
13:09Et puis il y a aussi un public nouveau qui est inquiétant, qui est angoissant.
13:13Ce sont des gens qui travaillent, ce sont souvent des familles monoparentales,
13:18souvent des mamans avec enfants qui travaillent, et qui travaillent beaucoup,
13:23mais qui ont un trop petit salaire que pour payer tous les frais qui sont liés à l'alimentation,
13:30à la scolarité, aux soins médicaux, plus le loyer, le coût de l'énergie.
13:36On y reviendra sans doute, il y a eu différentes crises.
13:38La dernière, c'est notamment le coût de l'énergie et une inflation galopante.
13:42Et là, les petits salaires ne suivent pas.
13:47L'indexation a un côté injuste aujourd'hui, à mon sens,
13:51c'est que quel que soit votre niveau de rémunération,
13:53le pourcentage d'indexation est identique pour tous.
13:56Alors si vous avez un gros salaire, le pourcentage d'indexation va vous aider beaucoup,
14:01et même à la limite presque superflu.
14:03Si vous avez un petit salaire, ça ne va pas vraiment vous aider beaucoup.
14:07Parce que dans les magasins, les coûts augmentent aussi,
14:10et vous n'allez pas pouvoir faire face.
14:11Alors, Guy Stekens, je rappelle que vous êtes vice-président des Restos du Coeur à Belgique.
14:16Quel est votre rôle spécifique dans l'organisation,
14:19et un peu, quelle est la responsabilité que vous assumez ?
14:21D'accord. Alors je vais peut-être venir rapidement au fait que la Fédération des Restos du Coeur de Belgique,
14:28étant une fédération, ça veut dire qu'elle a été créée par les Restos du Coeur,
14:32et elle a été fondée en 1991.
14:35Elle se trouve à Fernellmont, c'est près de l'autoroute de Namur vers...
14:40Enfin, c'est plus près de Namur, donc Namur-Liège.
14:43Et là, nous avons la Fédération avec surtout une grosse logistique.
14:49La Fédération est contrôlée, si je puis dire, par un conseil d'administration,
14:55qui sont eux-mêmes des Restos du Coeur de Belgique.
14:58Je suis représentant du Restos du Coeur de Wavre au sein de la Fédération,
15:03et j'ai été nommé depuis maintenant deux ans vice-président.
15:07Alors le rôle d'un vice-président, c'est effectivement aussi de communiquer.
15:12J'ai la chance d'être trilingue, français, néerlandais, anglais.
15:15L'anglais ne compte pas beaucoup, mais enfin, le néerlandais compte aussi beaucoup.
15:18Et mon rôle est donc de tâcher de sensibiliser au maximum aussi le monde politique
15:25à la précarité, à la pauvreté.
15:28Ce monde politique qui a de grands défis devant lui,
15:33avec la dette abyssale de la Belgique,
15:36et qui doit faire des coupes, mais les coupes sont, à mon sens,
15:39pas toujours bien dirigées, et vont, à mon sens aussi,
15:43surtout impacter les gens qui sont dans la précarité.
15:45Il y a différentes raisons, on va peut-être y venir après.
15:48On va parler du contexte et des réalités.
15:51Les chiffres montrent que la demande d'aide continue d'augmenter.
15:54Exemple, plus de 1,6 million de repas distribués en 2023,
15:57plus 18% par rapport à l'année précédente.
15:59Alors, double question, comment vous expliquez cette montée de la précarité,
16:04et dans le même temps, vous déplorez une baisse des dons de denrées,
16:07gratuite ou invendue, des grandes surfaces qui vous obligent à acheter,
16:10bien évidemment, davantage ?
16:11Ok, donc vous me posez en fait deux questions.
16:13Je vais répondre d'abord à la première, qui est, pourquoi cette augmentation ?
16:20Cette augmentation vient, à mon avis, de facteurs successifs, en cascades.
16:26Le premier a été la pandémie du Covid,
16:29où énormément de gens se sont retrouvés chez eux, cloîtrés.
16:33Ça a entraîné des problèmes sociaux, je veux dire d'isolement social,
16:36mais ça a aussi créé une précarité financière,
16:39parce que parmi tous ces gens, vous vous souvenez, dans l'horeca,
16:43l'horeca était fermé, les coiffeurs ne coiffaient plus.
16:46Donc, il y a toute une série aussi d'indépendants et de personnes qui dépendaient de l'horeca
16:51qui se sont retrouvées sur le carreau.
16:53Ces personnes ont tenu le coup un petit temps,
16:55et puis sont venues frapper au CPS, à la porte des Restos du Coeur de Belgique,
17:00et là, on a une première très grosse croissance de la demande.
17:03En 2021, on a encore eu un côté de pandémie,
17:09et puis on a aussi, après coup, eu les inondations, en juillet 2022,
17:14où il y a quand même eu énormément de dégâts,
17:17aussi des villes qui ont été partiellement inondées,
17:21des habitations affectées,
17:24et des gens, en plus, se sont de nouveau retrouvés dans la précarité,
17:27et ont également venu frapper au reste du cœur.
17:31Et puis, ce n'est pas tout, parce qu'après, il y a eu la crise énergétique,
17:33avec les prix qui ont flambé, vous vous souvenez,
17:36le prix de l'électricité, le prix du gaz, et tout ça.
17:39Et voilà, tout ça impacte terriblement,
17:41et puis maintenant, in fine, on a encore eu la Russie,
17:43qui a envahi les crènes, qui a encore posé de nouveaux problèmes.
17:47Donc, on va de problème en problème.
17:49Ça entraîne, effectivement, de plus en plus de gens
17:51qui ont des problèmes, qui tombent dans la précarité,
17:53et qui vont, qui sont...
17:55Ils ne vont jamais avec plaisir frapper à la porte du CPS,
17:58ils ne vont pas avec plaisir toquer à la porte des Restos du Coeur de Belgique,
18:01mais ils y sont amenés.
18:02La deuxième question que vous aviez, vous pouvez me la rappeler.
18:06Alors, plus de demandes, moins de moyens,
18:09vous défendrez une baisse des dons, vous d'envie gratuite.
18:12Alors, la baisse des dons, elle vient de plusieurs facteurs.
18:16Le premier facteur qu'on ne peut pas discuter,
18:20c'est peut-être une meilleure gestion des stocks.
18:22Un des facteurs qui joue là, c'est aussi pour certaines grandes chaînes,
18:28la franchisation, si je peux m'exprimer comme ça,
18:31de magasins, qui font qu'il y a un patron sur place
18:34qui est obligé pour lui-même de gérer ses stocks
18:39et de tâcher de ne pas avoir trop d'invendus,
18:42parce que des invendus, c'est de la perte sèche.
18:43Voilà, je pense aussi que leurs marges ne sont pas énormes
18:47et qu'ils sont donc tenus aussi à essayer d'avoir le moins d'invendus possible.
18:52Mais à ça s'ajoute un élément que j'apprécie beaucoup moins,
18:55c'est le fait que des business, j'appelle ça des business,
19:01je ne vais pas citer des noms, mais s'installent dans la revente d'invendus.
19:06Donc en fait, ils achètent notamment des invendus au magasin,
19:10à très faible prix, et ils les vendent par Internet avec un bénéfice.
19:15Il est clair que tous ces invendus échappent aux associations d'aide alimentaire
19:20et il est tout aussi clair que tous ces invendus échappent à ceux qui en ont besoin.
19:23Donc tout ça fait effectivement quoi ? Qu'on est obligé d'acheter.
19:27Mais pour acheter, il faut des euros.
19:29Et pour avoir des euros, il faut avoir des dons.
19:32Alors justement, ceci nous amène à la question suivante.
19:35Le contexte actuel, c'était l'information de ces dernières semaines.
19:38Le gouvernement Arizona, les différentes coupes budgétaires à droite à gauche,
19:42le budget fédéral pour l'aide alimentaire en Belgique va baisser fortement pour 2026,
19:46passant de 27 à 15 millions d'euros d'après les estimations.
19:51Bien sûr, tout cela aura un impact sur votre action.
19:53En fait, c'est catastrophique.
19:56Pourquoi c'est catastrophique ? Parce que c'est...
19:58Autant on a eu une cascade de crises,
20:00et bien maintenant il y a une cascade de mesures qui vont nous tomber sur la tête
20:03et qui vont amener des gens encore en plus au niveau des restos du cœur de Belgique.
20:09La première donnée, c'est la toute première qui était sortie à l'époque,
20:13c'est... moi j'appelle ça taxer les dons.
20:16Certains diront non, c'est pas taxer, c'est diminuer la déduction.
20:19Oui, mais enfin ça revient un peu au même.
20:21Il y avait 45% de déduction fiscale sur les dons à partir de 40 euros.
20:27Et bien ce sera ramené, en tout cas c'est le projet, à 30%.
20:30Il n'est pas sûr que ça ait un impact important,
20:34mais en tout cas ça n'aura certainement pas un impact favorable.
20:37Donc ça c'est une première mesure.
20:38La deuxième mesure, c'est effectivement le fait que le fédéral va couper dans son budget d'achat d'aide alimentaire européenne.
20:51Et ça c'est catastrophique parce qu'on parlait par le passé l'année dernière de 27 millions d'euros d'achat d'aide alimentaire.
20:58Et bien ça va devenir 15 millions.
21:01Mais entre 27 et 15, ça fait pratiquement 44% de diminution.
21:05Et il y a des associations d'aide alimentaire qui ne distribuent que ces produits-là.
21:10Donc en fait ce sont tous des produits qu'on appelle secs, dans notre jargon, des produits non périssables.
21:15C'est de la farine, du riz, du café, des confitures, enfin bon voilà, tout ce genre de choses-là.
21:20Mais il y a beaucoup d'associations qui n'ont jamais que ça et qui ne peuvent distribuer que ça à leurs bénéficiaires.
21:26Au niveau des restos du cœur, on a aussi des invendus de magasins,
21:29on achète aussi assez bien de produits frais.
21:31Donc l'impact est là. C'est-à-dire que si aujourd'hui on doit déjà acheter,
21:36et bien demain on devra acheter plus.
21:38Mais pour acheter plus, il faut plus de dons.
21:40Et donc on tourne en rond.
21:41Un troisième élément qui n'est pas négligeable,
21:45c'est sur le principe, il n'y a pas à discuter je pense,
21:48mais c'est la limitation de la durée du chômage.
21:52Il y a des gens qui vont se retrouver effectivement en janvier, février, mars,
21:55tout au long de l'année, avec plus rien sauf le CPAS.
22:01Le CPAS va probablement pour une partie d'entre eux les envoyer chez nous.
22:06Mais on est déjà à sa duration.
22:08Et on aura moins de vivres.
22:09Donc comment va-t-on faire, je n'en sais rien.
22:11Alors justement, ce qui nous amène aux appels à l'aide et aux solutions,
22:14vous lancez régulièrement des appels aux dons,
22:17tant financiers que des denrées ou des fournitures scolaires,
22:20près de 4000 enfants pour cette année.
22:21Mais quelles sont, disons, questions pratico-pratiques,
22:24vos urgences les plus prioritaires aujourd'hui ?
22:27L'urgence la plus prioritaire, je dirais que c'est des dons, des dons financiers.
22:35Les dons financiers nous servent à pouvoir acheter des vivres,
22:38nous servent à pouvoir acheter des produits de première nécessité.
22:41On n'en a pas encore parlé, mais des produits d'hygiène font partie,
22:45évidemment, de la base de la pyramide,
22:47on l'appelle la pyramide de Maslow,
22:49les besoins élémentaires humains,
22:52il y a ça aussi.
22:54Ça ne se retrouve pas dans les invendus,
22:56les produits d'hygiène, ça doit s'acheter.
22:59La deuxième chose dont nous avons besoin,
23:02si des producteurs nous écoutent,
23:05ce sont des vivres frais.
23:06Donc là, je parle de fruits, de légumes,
23:10nous devrions, à ce moment-là,
23:12acheter un peu moins de ces produits frais,
23:14parce que nous tenons vraiment à les mettre dans nos colis alimentaires,
23:17parce que nous avons à peu près 40% de nos bénéficiaires
23:21sont des ados, des enfants et des bébés.
23:25Ces personnes-là, si j'utilise le mot personne,
23:28ont vraiment droit à une alimentation saine,
23:31c'est hyper important pour eux,
23:33et c'est un apprentissage aussi pour la vie.
23:36À peu près 60% de nos bénéficiaires sont des femmes et des enfants.
23:40– Alors, quelles sont vos attentes vis-à-vis des pouvoirs publics,
23:45des subventions logistiques, des partenariats ?
23:47Qu'est-ce que vous demandez aujourd'hui pour éviter que tous vos moyens,
23:50finalement, s'effondrent ?
23:52– Il n'y a qu'une seule demande qui vraiment est importante là-dedans,
23:57et c'est se décider, au niveau politique,
24:02à soutenir les associations d'aide alimentaire.
24:05Je parle évidemment ici des Restos du Coeur,
24:07mais j'imagine que c'est pareil pour les autres associations d'aide alimentaire.
24:11Nous n'avons pas, et nous n'avons en fait jamais eu,
24:14de subsides structurels de la part des pouvoirs publics,
24:19qu'ils soient fédéraux ou régionaux.
24:21C'est quelque chose où j'ai l'impression qu'au niveau politique,
24:27on se dit, ils ont toujours fait comme ça,
24:29ils arrivent à s'en sortir, ils s'en sortiraient encore bien demain.
24:32Ils trouveront une manière de s'en sortir.
24:34Ça ne nous coûte rien, ils ont des bénévoles,
24:37ils ont des invendus, et puis c'est tout.
24:39Mais à un moment, ça va s'arrêter.
24:41À un moment donné, on ne saura plus faire face.
24:43Il y a des restos qui vont devoir fermer.
24:45Ils vont avoir des choix impossibles,
24:48avec la quantité d'aliments qu'ils ont,
24:50ils vont devoir choisir à qui les donner.
24:52Or, c'est horrible.
24:54Alors, un peu de baume au cœur à l'aube de l'hiver et des fêtes.
24:58Vous proposez d'offrir plus de 8000 menus de fête aux personnes démenues.
25:03Une opération qui est la bienvenue en ces périodes compliquées et difficiles.
25:07Alors, comment vous mobilisez-vous pour cette solidarité
25:09à cette période cruciale de l'année ?
25:11Alors, c'est via la Fédération des restos du cœur, effectivement,
25:15que je pense que c'est la quatrième fois consécutive,
25:19qu'on distribue à chacun des restos du cœur de Belgique
25:24des repas de fête qui sont composés d'une entrée ou d'un potage,
25:29un plat principal et un dessert,
25:31de manière à offrir, effectivement, un peu de sourire, un peu de bonheur
25:35aux gens qui, soit se trouvent seuls,
25:38parce que c'est également une pauvreté,
25:40la pauvreté d'être socialement isolés,
25:43et des gens, des familles,
25:44qui n'ont pas de quoi se faire un beau repas festif
25:46et qui vont devoir manger, voilà, quelque chose de très, très simple.
25:51Alors, effectivement, la manière dont on le fait,
25:54c'est qu'on commande chez des traiteurs
25:57et qui, pour un prix très bas, forcément,
26:01préparent ces 8000 repas qui sont ensuite distribués.
26:05Comment nous finançons ça ?
26:06Nous espérons, encore une fois,
26:08recevoir des dons, souvent de particuliers,
26:12et on peut y souscrire via le site web,
26:14à mon avis, de la Fédération des Restos du Coeur,
26:17et on peut, là, donner un, deux, trois repas
26:20aux personnes qui en bénéficieront.
26:23Alors, une dernière question avant de nous quitter.
26:26Aguille Stukens, le temps passe très, très vite,
26:28disons, à plus long terme.
26:29Est-ce que vous avez des projets ou des espoirs
26:31pour les Restos du Coeur Belgique
26:32pour anticiper, justement, et répondre
26:35à cette crise qui semble interminable, finalement ?
26:38L'espoir que j'ai, c'est qu'on serait soutenu
26:42le plus rapidement possible,
26:45et en tout cas pas à long terme,
26:47par les pouvoirs publics,
26:48de manière à pouvoir, effectivement,
26:50aider les gens à se sortir de la misère,
26:52parce qu'aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait ?
26:54On met un pansement sur une plaie.
26:56On ne sait pas faire plus.
26:58On ne pourrait pas soigner plus.
27:00Et on espère, avec des subsides
27:01et des partenariats,
27:05arriver à être un contributeur,
27:07effectivement,
27:08objectif dans la lutte contre la pauvreté.
27:11Voilà, on l'a compris,
27:11les Restos du Coeur ont besoin
27:13de chacun d'entre nous.
27:14La solidarité, on le sait,
27:15n'est pas un luxe,
27:16mais une nécessité.
27:17Guy Stukens,
27:18vice-président des Restos du Coeur Belgique,
27:20merci d'avoir été avec nous.
27:22Merci à vous, et bonne journée.
27:23Merci.
27:23On se retrouve dans quelques instants
27:24pour la suite du Carrefour de l'Info.
27:26Sous-titrage Société Radio-Canada
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