Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 mois
La Fabrique Centre d'Art accueille la 8ème rencontre de l'A.A.A.U. et expose 3 artistes (Meaghan Matthews, Judith Mourgue et Lucas Ngo) sur le thème de la métamorphose.
Transcription
00:00Les formes de la mémoire qui sont derrière, oui, là elles sont...
00:28En fait, je travaille soit avec du verre, soit avec de la résine, et ce sont des racines de mangrove.
00:35Donc il y a cette idée aussi de...
00:37Nature et...
00:40Nature et un matériau qui fait partie de la nature, qui est très organique, qu'il y ait le verre.
00:47Un matériau...
00:50C'est justement dans cette transformation de la matière, le verre vient du sable,
00:55et c'est une matière qui reste en mutation perpétuelle.
01:00Il suffit qu'elle soit chauffée pour qu'elle se...
01:03Vous sculptez le verre, si j'ose dire.
01:06Oui, oui, oui, je sculpte...
01:08Enfin, avec justement un artisan souffleur de verre, qui s'appelle Thomas Sego, de 1994,
01:16qui est super, et ça fait plusieurs années qu'on voulait travailler ensemble,
01:21et là ça fait deux ans qu'on a commencé à mettre en place justement différentes pièces.
01:26Donc moi je découvre aussi ce matériau magnifique.
01:29Et donc là, il n'y a que le verre comme matériau, mais vous y ajoutez comme ça par exemple ?
01:35Alors justement, là il n'y a que le verre, mais c'est des matériaux que je vais...
01:40Par exemple, je vais souffler sur des pierres, donc là ce sont par exemple des roches volcaniques
01:46que j'ai ramassées au Maroc.
01:49Donc il y a vraiment cette idée, justement, on parlait de métamorphose et de temps.
01:54Donc en fait, disons que là, on va avoir l'empreinte de ces roches.
02:01D'accord.
02:01Donc là, elles sont présentées de cette manière-là, mais en général, justement, je les fais dialoguer.
02:07Donc là, c'est un peu comme dans l'atelier, donc tout est un petit peu éclaté.
02:12Mais justement, il y a ces dialogues entre deux matériaux.
02:16Donc entre le verre et l'éclairant.
02:18Les choses qui m'intéressent sont vraiment les rapports d'échelle.
02:23Donc ça, c'est quelque chose que j'ai beaucoup développé en peinture.
02:26Notamment, comme je vous le disais tout à l'heure, entre le microcosme et le macrocosme,
02:32dans le sens où on ne sait pas vraiment si...
02:37Donc il y a cette idée de forme, et de forme qui sont très organiques.
02:42On ne sait pas vraiment si on est à l'intérieur d'une cellule ou si c'est une vue cartographique.
02:46Donc il y a cette idée de perte d'échelle.
02:49Cette expérimentation, elle prend plusieurs formes.
02:51Elle est un peu protéiforme.
02:53Donc là, elle s'exprime en peinture.
02:56Et à travers la sculpture, justement, quand j'ai fait mon trek au Maroc,
03:02j'ai été, je ne sais pas comment dire, un peu saisie par les notions d'échelle,
03:06mais ne serait-ce que les échelles temporelles.
03:07C'est-à-dire que je ramassais des pierres ou des fossiles, par exemple, des choses comme ça.
03:17Bien sûr.
03:18Et en fait, j'étais très touchée, justement, par cette notion d'échelle,
03:22de me dire que ça, ça a 500 millions d'années.
03:26Donc en fait, c'est vertigineux.
03:28Et donc voilà, il y a ces échelles entre microcosme, macrocosme,
03:33ces échelles, pardon.
03:36De temps, oui.
03:37De temps.
03:37Qui se réunissent dans un rêve, dans une progression.
03:40C'est ça.
03:41Donc il y a cette transformation perpétuelle de la matière.
03:44Et ça, c'est quelque chose qui, avec le verre, fige ça.
03:49Elle fige un moment.
03:50Et elle peut se déliter rapidement, si elle change d'état aussi.
03:57Et c'est vrai que ça se fait au fil de la création.
04:00Et c'est là que je tisse, petit à petit, des formes, des liens entre eux.
04:06Et il y a vraiment cette exploration de la matière.
04:08Oui, oui, oui.
04:09Donc c'est vrai que c'est elle qui...
04:11Qui vous mène.
04:12C'est elle qui me mène.
04:13L'échelle 1 est grande comme ça.
04:15D'accord.
04:15Donc il y a cette idée de mise en lumière, justement, d'une matière qui a été figée à un instant.
04:26Et voilà, donc je travaille avec...
04:30Ça fait presque un processus qui est assez clinique, avec des pipettes au-dessus d'une loupe.
04:36Donc voilà, il y a quelque chose de clinique, en même temps de très organique.
04:41Et il y a vraiment cette idée de figer la matière en mouvement.
04:44Et tu savais que tu étais enceinte ?
04:47Je ne savais pas que j'étais enceinte.
04:48Oh, merveilleux !
04:49Je ne savais pas que j'étais enceinte, mais en fait, en voyant...
04:52L'inconscient est puissant.
04:53C'est ça.
04:53Mais c'est en le voyant, je me suis dit, oh, on dirait un foetus.
04:56À moi, c'est la première chose que j'ai pensée.
05:00Et j'ai découvert que j'étais enceinte bien après avoir fait l'œuvre.
05:04Et l'avoir nommée.
05:05C'est joli.
05:06En fait, l'art, quelque part, est une préscience, enfin, une révélation de soi-même, mais plus que soi-même.
05:19Mais même, on parlait de l'inconscient.
05:20Et notamment, par exemple, sur ces séries, que j'ai mis du temps à sortir, parce que j'avais envie de faire communiquer ces matériaux, j'ai gardé ces racines.
05:30Ça, je trouve que c'est une écriture.
05:33Mais justement, il y a tout un...
05:36Parce que c'est des racines de mangrove de Martinique, et il y a tout un rapport, on parlait de métissage tout à l'heure.
05:41Donc, il y a aussi tout un rapport, un passé colonial...
05:44Parce que quel est ton métissage ?
05:47Martinique et Angleterre.
05:49D'accord.
05:49Et quelque part, le côté antillais, et c'est...
05:55Je ne connais pas trop cette part-là.
05:57En anglaise, j'ai toujours été en Angleterre.
06:00Martinique, j'ai été la première fois à quasiment 30 ans.
06:03Donc, je n'ai pas ce rapport.
06:05Donc, justement, c'est quelque chose de plus malaisant.
06:08Oui.
06:08Sur certaines choses.
06:09Il vient maintenant.
06:10Et justement, c'est quand l'art vient parler sur des choses très personnelles, enfouies, enfouies, qui ne sont pas forcément révélées.
06:21Non, bien sûr.
06:21Donc, même pas encore verbalisées.
06:24Oui.
06:24Ces racines, en fait, elles sont une forme qui est en mutation.
06:28Et c'est à partir du moment où elles sont coupées qu'elles se figent.
06:31Qu'elles se figent.
06:32Et donc, il y a ce rapport-là aussi qui est intéressant dans cette transformation de la matière.
06:37Elles se transforment jusqu'où ? Jusqu'au moment où il y a un point de rupture.
06:41Et là, ça se fige.
06:42Je travaille sur la mémoire depuis que je suis au Beaux-Arts.
06:54Et je me suis aperçu d'un truc que je n'avais jamais fait.
06:56Parfois, quand j'ai un doute, je regarde les définitions dans les dictionnaires ou sur Internet ou maintenant sur Tchatt-GPT.
07:02Du coup, j'ai tapé pour la première fois mémoire, définition sur Tchatt-GPT.
07:06Mémoire.
07:06Oui, la définition de mémoire, alors que c'était un de mes sujets de travail depuis les Beaux-Arts.
07:11Et la mémoire, au final, c'est ce qui se conserve.
07:15La conservation des informations parmi toutes les définitions.
07:19Et moi, dans la question de la mémoire, j'ai un geste d'effacement quand je peins.
07:24J'arrive par une forme de flou, d'effacement, comme vous avez dit, de ne pas peur en arrivant ici.
07:28Oui, oui, oui.
07:29Et dans ce geste d'effacement, il y a la question de voir qu'est-ce qui résiste à l'effacement.
07:32D'ailleurs, c'est le titre d'un podcast auquel j'ai participé, qui s'appelle le podcast La couleur de l'art.
07:38Et qui le titre est Ce qui résiste à l'effacement.
07:41Ce qui résiste.
07:42Donc, vous résistez.
07:44C'est la question de voir qu'est-ce qui résiste.
07:46Oui, je résiste parce que là, actuellement, j'ai des heures de sommeil.
07:49Mais voilà.
07:50Et au final, mon tableau de coup de peinture en coup de peinture, de gestuelle en gestuelle, devient comme une mémoire de tout ça.
07:58Alors, vous faites en effaçant, alors que la mémoire, elle, persiste.
08:07Oui.
08:07Donc, il y a une double force, je dirais.
08:10C'est ça, oui.
08:10Mais au final, ce qui m'intéresse dans mon dos, quand je peins, c'est un paradoxe.
08:16Dans le sens que j'aime capturer ce qui est fugace et le rendre permanent, alors que, par définition, ce qui est évanescent, ce qui va disparaître.
08:25Et qu'est-ce qui disparaît pour vous, alors, dans la représentation de ces corps ?
08:30Moi, justement, j'aime être dans une hésitation entre est-ce que cela apparaît ou disparaît.
08:35Il y a la notion de ce qu'on ne sait pas qu'est-ce qu'il y a à l'avant-plan, à l'arrière-plan.
08:39On ne sait pas qui est qui.
08:41C'est cette question de faire apparaître, de disparaître en même temps.
08:44Il y a une citation, parce qu'au bout d'heure, j'ai dû écrire un mémoire, qu'il était sur la mémoire.
08:49Et je m'en veux encore aujourd'hui de ne pas avoir noté la référence, que je suis tombé sur une phrase qui disait
08:55« Le portrait est la présence d'une absence ».
08:59Et quand je demande à chat de répéter, quand je regarde sur Google, à chaque fois, j'ai plein de références différentes.
09:04Et du coup, on ne sait pas qui a dit quoi, le dissonner le vrai du faux.
09:07Mais c'est, encore une fois, travailler sur cette question d'hésitation.
09:10Et je me souviens, ma professeure au Beaux-Arts m'avait dit, parce que je lui avais fait la remarque à trois semaines du diplôme,
09:17« Je préfère passer un mauvais moment avec le jury plutôt que de leur mentir ».
09:21Et du coup, à un moment, on est arrivé à un stade où elle m'avait dit « En fait, il y a des conceptuels,
09:28toi, tu es plutôt sensible, c'est ça à sa place.
09:32Et mais toi, en fait, ce flou, cette brume, ce geste effacement ».
09:35C'est un concept, comme un autre.
09:37C'est ton approche picturale, ton exprimé, et si tu te sens à l'aise avec ça, que tu peux poursuivre là-dedans, c'est OK.
09:43Et dis ça au jury, et puis point à la ligne.
09:46Si ça ne les intéresse pas, bonne journée.
09:48Oui, bien sûr.
09:49Et comment vous vous inscrivez dans cette thématique de la métamorphose ?
09:55Je vois des corps, je vois de la couleur, je vois de l'effacement, ou de l'apparition d'ailleurs, comme vous le dites.
10:03C'est une peinture très dialectique.
10:05J'ai deux réponses à donner.
10:07La première, que j'ai un peu donné au début de la vidéo, c'est que quand j'ai réfléchi en quoi je pouvais m'inscrire actuellement dans la question de la métamorphose,
10:14c'est que le critique d'art qu'il y avait écrit sur mon travail disait qu'ils devenaient des fantômes.
10:20Donc c'est la question de passer du fantôme, de passer la présence-absence,
10:25et qu'on me demande toujours qui sont mes modèles, et que c'est quelque chose que je n'ai pas envie de dire à chaque fois,
10:29parce que comme il y a, ça aussi, mais après, parfois on peut le dire, il n'y a pas de débat,
10:35mais c'est la question de, ça enlève le récit qu'on se crée derrière.
10:40C'est-à-dire que ça, c'est telle personne.
10:44Oui, ce n'est pas des portraits, en fait.
10:45Non.
10:46C'est de la peinture, ce n'est pas des portraits.
10:48Oui, on peut voir ça comme ça, mais c'est aussi que, moi, au niveau de mes sources d'inspiration,
10:52je travaille beaucoup avec des photographies, de manière générale,
10:54et quand j'ai plein de photos, je suis peut-être un peu archiviste sur les portes.
10:59Oui, ce n'est pas des modèles.
11:01Non.
11:02J'ai plein de photographies, de manière générale, que je prends au fil de mes déplacements,
11:05et quand je vois une photo qui m'inspire une peinture, je vais travailler avec,
11:13et au niveau de mes sources d'inspiration, il y a toujours les mythes, les légendes,
11:16les autérimces, de manière générale, l'astrologie, la cartomancie, et ça...
11:21Oui, ça, ce n'est pas apparent, tous les cas.
11:23Ah, d'accord.
11:24Mais en tout cas, c'est en mes sources d'inspiration,
11:28et la métamorphose arrive là, quand il y a une référence à des mythes,
11:32à des légendes, d'expression de manière générale.
11:34Oui, bien sûr.
11:36Ça, c'est le côté littéraire de la figuration.
11:39Possiblement, oui.
11:41Mais après, peut-être qu'on pourrait terminer sur parler sur la question du fantomatique, peut-être.
11:45Parce que moi, j'ai écrit mon mémoire sur la mémoire,
11:47et je me suis intéressé aux questions de mémoire transgénérationnelle.
11:50Moi, sur la question de la métamorphose,
11:52parce que moi, ce qui m'avait travaillé le plus,
11:55c'était la question de comment on passe du fantôme, en fait.
11:59C'est une métamorphose, et que, au final,
12:01tout sujet que je représente devient fantomatique, et que...
12:06Donc, vous ne vous en débarrassez pas.
12:07Non, mais c'est le paradoxe de figer ce qui est fugace, en fait, de le rendre permanent.
12:12Le fantôme, c'est fait penser en premier à la mort.
12:14Mais moi, je reviens sur cette phrase, le portrait, la présence d'une absence.
12:18Le fantôme, c'est peut-être tout simplement une absence de quelqu'un,
12:21de quelque chose, une rémanence, une nostalgie de quelque chose.
12:24Voilà.
12:31Donc, j'avais le poids en dessous sur les épaules d'un papa créatif,
12:35parce qu'elle m'avait des chaises, d'ailleurs, chez vous.
12:40Ah oui, c'est la lune d'argent !
12:42Ah, c'est que nous n'en avions pas fait.
12:43Et à côté de ça, il n'était pas que designer,
12:46il était aussi artiste et très prolifique, vraiment.
12:49Ça m'a beaucoup nourrie, en fait, pendant mon compte.
12:54Et donc, ça, plus en même temps la naissance de ma vie,
12:57oui, j'ai pris...
12:58Vraiment, ça a été brutal et tardif,
13:01mais de prendre conscience que la vie n'est pas éternelle, en fait.
13:05C'est un constat basique, en plus, je fais.
13:07Non, non, mais c'est sûr que c'est ce qui nous fait faire des choses.
13:10Et voilà.
13:11Et donc, je me suis dit, là, il faut y aller.
13:13Il faut y aller, il faut essayer.
13:15Même si je suis un peu en retard, il faut y aller.
13:19Ça n'existe pas.
13:20J'avais 40 ans.
13:21Oui.
13:22Et je ne remis pas du tout toute ma formation de communication visuelle.
13:26Oui, bien sûr.
13:27C'est pour ça que je pense que j'ai une certaine rigueur dans mon travail.
13:30Oui, c'est vrai.
13:31C'est juste.
13:33L'école Penningham m'a enseigné quelque chose de très...
13:36Carré.
13:38Voilà, ce que je n'aurais sûrement pas fait si j'étais passée par la formation Beaux-Heures.
13:42Ouf.
13:43A priori.
13:44Enfin, je ne sais pas.
13:45Après, on a quelque chose en monde.
13:46Oui, bien sûr.
13:47Bien sûr.
13:48Et donc, c'est cette succession de Bessels qui m'a amenée, enfin, à la création.
13:54Ça, c'est le sein ?
13:55Relativement.
13:56Oui, en fait, j'ai fait beaucoup de calligraphie il y a une vingtaine d'années avec un prof
14:04qui m'a beaucoup marquée.
14:06Et puis, en parallèle, j'ai une maman qui parle écrit chinois.
14:10D'accord.
14:11Mes voyages, enfin, tout ça m'a nourrie.
14:13Et petit à petit, voilà, c'est une sortie comme ça, comme une sorte d'écriture.
14:18Oui, on ne sait pas très bien si c'est un alphabet inconnu ou si il y a un message caché.
14:25Non, on ne sait pas.
14:26Mais, en fait, oui, c'est une écriture un peu en floppement.
14:34Et j'aime bien cette idée, voilà, de, contrairement à l'encre qui pénètre le papier, ce que j'aime toujours faire.
14:40Elle est en relief, oui.
14:41Voilà, elle est en relief.
14:42Et j'avais commencé il y a quelques années, les premiers travaux vraiment artistiques, ça a été le papier.
14:51Alors, j'ai commencé par des bijoux, je cherchais, je ne savais pas trop où j'allais.
14:56La limite entre le bijou maasai et un peu quelque chose d'art déco, un peu un croisement.
15:02Et puis, petit à petit, mes petits bijoux, c'était quand même très géométrique, m'ont amené à ça.
15:07Je travaille là, j'ai fait toute une série de papiers tissés et c'était très plat, mais il y avait un contraste de matière mat et brillante.
15:20Et progressivement, déjà pour moi, il y avait un rythme, il y avait comme une musicalité.
15:26Je ne suis pas du tout musicienne, mais je la vois.
15:28Une écriture musicale.
15:31Voilà, comme une partition.
15:32Oui, oui, oui, oui, avec des rythmes, avec des niveaux de force ou pas.
15:40Et c'est vrai aussi, là, oui, oui, oui, oui.
15:44Ah, bien, peut-être.
15:48C'est bien, mais quand même, comme dans toutes les cultures d'ailleurs, c'est...
15:52Et tout ça, il y a de la coquille d'œuf.
15:54Et tout ça, il y a de la coquille d'œuf.
15:56Et on me demande parfois pourquoi la coquille, c'est...
16:02Je ne sais pas, ça m'imposait à moi, en fait.
16:04Je me souviens d'une phrase de mon dame, il y a 20 000 d'années, qui disait,
16:08« Mais regarde autour de toi, il n'y a pas besoin de faire des grandes choses, parfois. »
16:12Et je me souviens, déjà, je faisais de la photo dans ma cuisine.
16:15Je faisais des petites choses très simples.
16:18Et là, ça s'est imposé à moi dans ma cuisine, en fait.
16:21C'est pas dans un poulailler.
16:24Non.
16:26Quoique-le, j'ai déjà été chercher les œufs dans le poulailler, mais là, non.
16:30Et puis après, pour toute la symbolique, il y a l'œuf que ça apporte, évidemment.
16:35Pour moi, c'est vraiment une grande vie.
16:36Quel âge est-là, votre fille ?
16:38Pas sûr, c'est 10 ans.
16:4010 ans, vraiment.
16:41Oui, oui, oui.
16:41Parce que ça aussi, ça compte, la maternité.
16:44Complètement.
16:44Je pense que c'est quelque chose qui déclenche.
16:48Oui.
16:50Oui.
16:51Il y a presque un côté psychanalisé.
16:54Bien sûr, on donne la vie.
16:55La vie, c'est quand même, c'est miraculeux, non ?
16:58J'en ai une qui, mais oui, ça a été très fort.
17:00Oui, oui, oui.
17:03Et voilà, donc, j'ai cette coquille, en fait.
17:08Il y a le côté un peu comme une écriture du passé.
17:11Oui.
17:12Enfin, un truc un peu, ouais.
17:14Et d'ailleurs.
17:15D'ailleurs, c'est ça.
17:16D'ailleurs et du passé, un peu comme des fragments,
17:20Ouais, d'une civilisation ancienne.
17:25Je ne sais pas pourquoi, mais je le ressens comme ça.
17:28En fait.
17:29Et cette série-là, alors j'en ai pas mis beaucoup aujourd'hui.
17:33Ça, c'est plus bijou, je trouve.
17:34C'est plus bijou, c'est vrai.
17:36Ouais, mais pour moi, elle a un lien avec cette oeuvre-là et tous mes disques-là que je peins.
17:46C'est comme une trace de croissance, enfin quelque chose qui s'élève, un élan, un envol, je sais pas.
17:54Et, ouais, qui fait écho à la nature, un peu, je sais pas comment l'expliquer, mais je travaille beaucoup la verticalité, je remarque.
18:04Comme quelque chose, ouais, qui a besoin de s'étirer, d'aller dans le haut, je sais pas.
18:12Voilà.
18:13C'est pour ça que je vous parlais des métamorphoses de vide.
18:16Ouais.
18:16En fait, c'est ce qui permet d'être quelqu'un d'autre, enfin, bien sûr.
18:23Vous avez fait une métamorphose.
18:26Ouais, une renaissance.
18:28Oui.
18:28J'ai un trait aussi.
18:30Bon, donc c'est très positif.
18:31Très positif, ouais, ouais.
18:33Non, c'est vraiment le corps qui tourne pour faire le disque.
18:39Et puis, je les ai assemblées par une couture au film.
18:46Et, ouais, c'est comme une succession de cycles.
18:50Enfin, moi, je vois comme ça.
18:54Nos vies sont que des cycles, voilà, qui se rencontrent, qui se croisent.
19:01Et, il y a sûrement aussi une influence pour moi africaine, aussi,
19:08un espèce de fantasme de l'Afrique.
19:10Je ne connais que la Côte d'Ivoire, mais j'avais passé un certain temps.
19:16Et j'étais jeune.
19:18Et voilà, ça, ça m'avait beaucoup marquée.
19:19Et voilà, ça m'avait beaucoup marquée.
19:21Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations