- il y a 1 semaine
Dans ces lectures, il y a l’idée de lire les textes des poètes dans leur langue d’origine, leur langue maternelle. Donc en prévision de la lecture d’aujourd’hui je me suis mis à la recherche de textes en langue maternelle pour Etel Adnan et pour Patrick Chamoiseau, une recherche du texte originel, du texte princeps. Et je comprends très vite que ces deux poètes ont des langues maternelles-fantômes.
Etel Adnan est née en 1925, au Liban, d’une mère grecque chrétienne et d’un père turco-syrien musulman, et ni l’un ni l’autre ne lui apprendront leur langue maternelle. Elle sera scolarisée dans un couvent français, et fera toutes ses études, jusqu’à la Sorbonne, dans cette langue. Dans les années 60, elle abandonne le français pour adopter « l’anglo-américain », précisait-elle, et s’installe en Californie. Après ses 80 ans, elle « adopte » la peinture et dira : « j’ai écrit en français, j’ai écrit en anglais, mais je peins en arabe ». Ses textes, même les plus connus dans le monde arabe, sont en fait des traductions du français ou de l’anglais.
Pour Patrick Chamoiseau, né en 1953 en Martinique, sa langue maternelle est le créole. Il s’impose comme écrivain et poète en langue française, de langue française. Pour caractériser son rapport aux deux langues, il faut citer un texte de lui écrit en hommage à Saint John Perse : « Perse, vous aviez deux langues. Deux langues maternelles : la langue créole, la langue française. Alexis Léger ne retiendra que la langue française. Le Poète…utilisera la matrice de la langue délaissée… une langue matricielle. »
Donc pour Etel Adnan, au moins une langue-fantôme (l’arabe ? Le grec ? le turc ?). Pour Patrick Chamoiseau, le créole. Essayons d’entendre ces langues-fantômes sous les textes en langue française.
Hocine Tandjaoui
Etel Adnan est née en 1925, au Liban, d’une mère grecque chrétienne et d’un père turco-syrien musulman, et ni l’un ni l’autre ne lui apprendront leur langue maternelle. Elle sera scolarisée dans un couvent français, et fera toutes ses études, jusqu’à la Sorbonne, dans cette langue. Dans les années 60, elle abandonne le français pour adopter « l’anglo-américain », précisait-elle, et s’installe en Californie. Après ses 80 ans, elle « adopte » la peinture et dira : « j’ai écrit en français, j’ai écrit en anglais, mais je peins en arabe ». Ses textes, même les plus connus dans le monde arabe, sont en fait des traductions du français ou de l’anglais.
Pour Patrick Chamoiseau, né en 1953 en Martinique, sa langue maternelle est le créole. Il s’impose comme écrivain et poète en langue française, de langue française. Pour caractériser son rapport aux deux langues, il faut citer un texte de lui écrit en hommage à Saint John Perse : « Perse, vous aviez deux langues. Deux langues maternelles : la langue créole, la langue française. Alexis Léger ne retiendra que la langue française. Le Poète…utilisera la matrice de la langue délaissée… une langue matricielle. »
Donc pour Etel Adnan, au moins une langue-fantôme (l’arabe ? Le grec ? le turc ?). Pour Patrick Chamoiseau, le créole. Essayons d’entendre ces langues-fantômes sous les textes en langue française.
Hocine Tandjaoui
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00:00Musique
00:15Donc, Etanadna, qui a été mise dans une école qui était à couvent,
00:25sa langue première c'était le français.
00:27Donc, et ce sera sa langue jusqu'à la fin de ses études supérieures,
00:36puisqu'elle viendra finir un doctorat de philosophie à l'Assemblée.
00:42Dans les années 60, elle abandonne le français pour adopter l'anglais,
00:50et elle précise l'anglo-américain, et ça se parle en coliformie.
00:57Après ses 80 ans, elle adopte la peinture et dira « j'ai écrit en français, j'ai écrit en anglais,
01:06mais je peins en arabe ». Je comprends alors que les textes que ces textes
01:15n'avaient plus connus dans le monde arabe sont en fait des traductions du français et de l'anglais.
01:20Pour Patrick Chamoiseau, martiniquais, de langue maternelle, le créole, qui donc s'est imposé comme écrivain de langue française et d'écrivain français,
01:35la situation est presque aussi compliquée.
01:44Pour dire comment les deux langues, créole et français, cohabisent en lui,
01:49je vais citer un texte qu'il a écrit en hommage à Saint John Perse.
01:53« Perse, vous aviez deux langues, deux langues maternelles, la langue créole et la langue française.
02:06Alexis Léger ne retiendra que la langue française.
02:10Le poète utilisera la matrice de la langue délaissée, une langue matricielle. »
02:20Donc, le créole.
02:24Donc, pourrait-elle, Adnan, au moins une langue fantôme, l'arabe, le grec, le turc ?
02:31Pour Patrick Chamoiseau, le créole.
02:36Par cette lecture, nous allons essayer de faire entendre ces langues fantômes en langue française.
02:50« Il n'y a pas lieu de craindre ceux qui insultent notre insoumission.
03:02Les vaincus auront toujours le dernier mot.
03:04J'habite un invisible qui n'a ni salle de vin, ni entrée.
03:13L'invisible n'a pas de propriétaire.
03:17Le rêve n'a jamais de mur.
03:20Et il n'y fait jamais froid.
03:23Et mes ombres s'allongent sur mon corps quand il dort.
03:27Et le ciel cesse d'être bleu.
03:31Et la lumière attend.
03:36Nous n'avons pas de grandes actrices dans nos petites épiceries.
03:40Et nous sommes exportés par la faim sur presse,
03:44dans l'acier de l'hiver.
03:45Je ne suis pas d'un fantôme longeant le fleuve étranger,
03:55ni léopard ou chouette.
03:59Je suis un courant d'air.
04:05Si on écrit, c'est qu'on ne peut pas chanter.
04:10Si on dort, c'est qu'on ne peut pas vivre.
04:15La plupart du temps, la mémoire ne sert à rien.
04:22Les hôtels où j'ai attendu ont disparu.
04:32Nul mort ne peut.
04:35Pour Derek Walcott,
04:39dans le départ de Chaboiseau.
04:40Il y a tant de chaînes à Atlanta
04:45qui gémissent encore.
04:49Des chants qui pleurent,
04:51qui chantent aussi.
04:53Et qui impriment
04:55aux capsules du coton
04:58des torsions incroyables.
05:00C'est ce mélange,
05:04c'est cette torsion,
05:06ce plus insoutenable
05:08qui habille l'envol des belles
05:11et seules images.
05:12Que la mer,
05:17mieux,
05:19qu'histoire
05:20te soit douce,
05:22que te fasse mémoire,
05:25que l'archipel,
05:26mieux,
05:27que pays te fasse collier,
05:29que ce qui se mélange
05:34dans l'aquarelle
05:35et dans Shakespeare,
05:38dans les contes,
05:40le théâtre
05:40et les livres,
05:43t'organise le trône d'écume
05:45où tu viendras t'asseoir
05:47avec le monde au vert
05:49des au-delà du jour.
05:51Ô seul langage du sel
05:56à la paupière touchée,
05:59ô rire dans l'amitié sémée,
06:02que poésie ne tremble,
06:06que poésie ne passe.
06:10Frères,
06:12à vos dire,
06:13à vos frères,
06:15nulle mort ne sait
06:17quand ce qui reste se maille
06:21à tout ce qui s'élève,
06:25qui accueille,
06:26qui embrasse
06:27et qui nous,
06:30en nous,
06:33nulle mort ne peut.
06:42La lune a fermé un ou deux minutes.
06:46Une cuisine à ta faire.
06:51Je mesure
06:52ma mémoire des choses,
06:55mais non pas
06:56la mémoire elle-même,
06:58puisque le présent
06:59est aussi en train
07:00de déborder.
07:04Nous créons
07:05la réalité
07:06rien qu'en existant.
07:10Ceci est tout aussi vrai
07:11pour la chouette
07:12qui somnole
07:13en ce moment
07:14sur une branche.
07:14un tigre dompté
07:18est aussi insignifiant
07:20que les gens
07:20qui prennent l'escalator
07:22de ce bâtiment.
07:25L'angoisse
07:26noyée dans le vin rouge
07:28revient
07:29comme le coucher
07:30de soleil.
07:30En bas,
07:36dans la vallée,
07:38la guerre
07:39déploie sa logique.
07:42De l'autre côté
07:43du ranch,
07:45l'océan
07:45fait monter
07:46sa colère.
07:47mon père
07:54est né
07:54l'année
07:55où l'idée
07:56de l'éternel retour
07:57vint à l'esprit
07:59de Nietzsche.
08:04Probablement
08:04le même jour.
08:09Un arbre
08:10a toujours du courage.
08:14D'ailleurs,
08:15nous sommes juste
08:16une fenêtre
08:17sur le monde.
08:22Nous avons besoin
08:23d'un buisson de rose
08:24sur le balcon
08:25et que le téléphone
08:27ne sonne pas.
08:31J'ai vécu
08:32uniquement
08:33par mes propres moyens.
08:37Voilà pourquoi
08:37je suis un fleuve.
08:42La mort n'était
08:43ni chaude
08:44ni froide
08:45lorsqu'elle
08:46touchait
08:46ta peau.
08:49La volonté
08:50n'est jamais
08:51affrêtée.
08:53La matière
08:54est frustrée
08:54par ses limites.
08:55je voudrais
09:01que tu me vois
09:02étendue
09:03sur l'empreinte
09:03laissée
09:04par ton corps
09:05sur le lit.
09:07Mais dans nos âmes
09:08la chaleur
09:08t'appartient.
09:13C'est arrivé
09:14dans des années
09:14dont personne
09:16ne se souvient.
09:18Je n'ai pas tenté
09:19de faire quoi que ce soit
09:20de plus.
09:23Ma propre
09:24disparition
09:26suivit un nuage
09:28qui m'avait trouvé
09:29assise
09:30dans un jardin.
09:36Les tunnels
09:37reproduisent
09:37les schémas
09:38des artères.
09:40Il y a un verre
09:41dans le cœur
09:42qui se nourrit
09:43de sa pittance
09:44et dans la cour
09:46des oiseaux
09:47pour qui l'histoire
09:47en porte peu
09:48bien qu'elle ait
09:51brisé nos vies.
09:59Un jour
10:00le soleil
10:02ne se lèvera pas
10:02à son heure
10:03alors le jour
10:06ne sera pas
10:07et en l'absence
10:11de jour
10:11il n'y aura
10:13pas de nuit
10:14non plus.
10:14Ainsi
10:19la révélation
10:21se sera accomplie.
10:26Toute horreur
10:27crée son bouffre.
10:30Ainsi
10:31celle
10:32de la traite
10:33à l'aigle
10:33qui fit
10:35de l'Atlantique
10:35le plus grand
10:37oublié
10:38des cimetières
10:39du monde.
10:42Crâne
10:42et boulet
10:43relit
10:45les îles
10:46entre elles
10:46et les amas
10:48aux tragédies
10:49du continent.
10:50Le bouffre
10:53chante
10:55d'oubli
10:55d'oubli
10:55en brûlis
10:57des marais
10:58en mots
11:00de sel
11:01pour Glissant
11:02pour Walcott
11:03et pour Camo
11:05Brathwaite
11:06fascine des siècles
11:09dans l'infini
11:09de ce présent
11:11où tout reste possible.
11:13celui de l'Atlantique
11:17s'est réveillé
11:18clameur
11:20au Méditerranée
11:21l'absurde
11:23des richesses
11:24solitaires
11:25les guerres
11:26économiques
11:27les tranchées
11:29des conflits
11:30les meutes
11:31et les sectes
11:33d'actionnaires
11:34agences sécurité
11:36et agences frontières
11:38rabats
11:40ébarbelés
11:40et la folie
11:43des murs
11:45qui damn
11:46ceux qui protègent.
11:52Chaussures neuves
11:53et crânes jeunes
11:54font exploser
11:56les vieilles concentrations.
11:59Les gouffres
11:59appellent le monde
12:00les gouffres
12:02appellent au monde
12:03l'assise
12:05ouverte
12:06les vents
12:08qui donnent l'humain
12:09l'humain
12:11qui va au vent
12:13l'humain
12:15qui va au vent
12:16les aventures
12:18des peurs
12:19et des désirs
12:19la seule richesse
12:21des expériences
12:22menées
12:24à la rencontre
12:25les solidarités
12:27qui se construisent
12:28et qui construisent
12:30les coopérations
12:32qui ouvrent
12:32qui assemblent
12:34et le suc
12:35et le sel
12:37de l'accueil
12:38qui ose.
12:41L'enfant
12:41a eu raison
12:43de mettre
12:44des chaussures neuves.
12:46Ce qu'il
12:46arpente
12:47au-delà
12:49de nos montres
12:49c'est le tranchant
12:52des gouffres
12:52génériques
12:53qui signalent
12:55sous l'horreur
12:57et qui fixent
12:58sans paupières
12:59l'autre possible
13:01ouvert
13:02du meilleur
13:05de nous.
13:12En ondes
13:13en foudre
13:14en oeuvre
13:15les gouffres
13:17enseignent
13:18longtemps
13:19toute douleur
13:21et apprendre
13:24et se chant
13:25et connaître
13:27chant partagé
13:29d'une même
13:30planète.
13:32Convoi
13:32pour
13:33Henri Corbin
13:34Patrick Chamoiseau
13:35Ce sont
13:40maintenant
13:41les routes
13:41qui s'ouvrent
13:42Plénière
13:44Elles disent
13:47les énergies
13:48de l'archipel
13:49les chaires
13:50aimantes
13:51du continent
13:52Ce sont
13:54les langues
13:55qui chantent
13:55créole
13:56dépitations
13:57et les langues
13:58de France
13:59gâchées
13:59dans ce que
14:00l'Amérique
14:00a fait
14:01de l'espagnol
14:01C'est
14:04cette force
14:05tremblante
14:06cette solitude
14:07en liberté
14:08qui empoignait
14:09d'emblée
14:09tous les rivages
14:10connus
14:11Toutes
14:14les saisons
14:15Tous
14:18les possibles
14:18Du soleil
14:21de Marseille
14:21au sentiment
14:22de Saint-Domingue
14:23des profonds
14:25de l'ici
14:25jusqu'aux passions
14:26vénézuéliennes
14:27le lieu
14:29mis
14:29sans bornage
14:30sous l'étendard
14:31des Amériques
14:32Le lieu
14:35mis
14:36solidaire
14:37René Char
14:43disait
14:43que pour un poète
14:44ce sont les traces
14:45et non les preuves
14:46qui font rêver
14:47Ami
14:51J'ai connu
14:57ta tendresse
14:58pour notre soleil
14:59commun
14:59J'ai su
15:02entendre
15:03dans le recoin
15:04des confidences
15:04le chant
15:05des femmes
15:05captives
15:06et l'incroyable
15:07des aventures
15:08chevelures
15:10dominées
15:11et couteaux
15:11de voyons
15:12Rien de fixe
15:15ou de banal
15:16dans cette vie
15:16soumise
15:17à poésie
15:18très pure
15:18Tu plongeais
15:21dans les ombres
15:22et vivais
15:22de lumière
15:23Pas de tombeaux
15:26Les tombeaux
15:28de l'exil
15:29sont tristes
15:29disait Dieu
15:30Pas de tombeaux
15:33quand l'exil
15:34est vaincu
15:35et que les rangs
15:35sont ouverts
15:36sa relation
15:36Juste l'éclair
15:40qui dure
15:41et qui se renouvelle
15:42et qui laboure
15:44ainsi
15:44En nous
15:47pour nous
15:47dans les exigences
15:49amicales
15:50de l'ouvert
15:51L'offrande
15:55Des orages
15:57du passage
15:58sur douze
15:59cent mille racines
16:00Le labile
16:01d'une présence
16:02qui forge
16:03son alphabet
16:04L'inuit
16:09presque
16:09invisible
16:10la majesté
16:13d'une trace
16:14de Tel Adnan
16:17Oh
16:23douce
16:24sauvagerie
16:25du cœur
16:26Le jour
16:27où
16:28Mérout
16:28mourut
16:30Sous une averse
16:32de fleurs
16:34rouges
16:35Om Keltoun
16:37est parti
16:38la première
16:39Elle chantait
16:41pour les anges
16:42et les chevaux
16:43Puis
16:44les palestiniens
16:46l'ont suivi
16:47en silence
16:48en procession
16:50comme
16:51sur les fresques
16:53de leurs ancêtres
16:55Les bêtes
16:57sauvages
16:58ne sont pas
16:59dans les eaux
17:00B
17:02comme
17:02Béguine
17:03qui est entrée
17:05dans la mythologie
17:06du mal
17:06avec
17:07trois milliards
17:08de dollars
17:09pour tuer
17:10un enfant
17:12pour tuer
17:14une forêt humaine
17:15Le temps
17:18est venu
17:20pour les maux
17:20d'emprunt
17:21de ne pas
17:23quitter
17:23l'abîme
17:24de notre tristesse
17:25Je n'aurais
17:29jamais cru
17:29que la vengeance
17:31soit un arbre
17:32qui pousse
17:33dans mon jardin
17:34Les arbres
17:36poussent
17:37dans toutes les directions
17:38comme
17:39les palestiniens
17:40déracinés
17:43et
17:45à la différence
17:47des papillons
17:47sans elles
17:49liées à la terre
17:52lourds d'amour
17:54pour leurs frontières
17:56et leurs misères
17:57Aucun peuple
18:01ne peut vivre
18:02éternellement
18:03derrière les grilles
18:05ou sous la pluie
18:08Leurs compagnons
18:11sont les poètes
18:12de Russie
18:13et d'Amérique
18:14et les Indiens
18:15du Guatemala
18:16ou
18:18volcans éteints
18:20Où sont vos murs
18:23s'ils n'ont pas brûlé
18:25et le feu
18:26qui ronge
18:28les montagnes
18:28plus amèrement
18:30que le déluge
18:31Nous ne pleurons pas
18:36des larmes
18:36mais du sang
18:38Quand nous avons créé
18:40l'ange
18:41du désert syrien
18:43il est apparu
18:45vêtu
18:46de vent
18:47Il n'y avait plus
18:50de feuilles
18:51au buisson
18:52desséché
18:52de la rame
18:53Alors
18:55nous avons appelé
18:57le joueur de flûte
18:58de la tribu
18:59et nous lui avons demandé
19:02de charmer
19:03les mâles
19:04de la Méditerranée
19:04Elle a répondu
19:06par un chant funèbre
19:08Nous avons assisté
19:10à tant de funérailles
19:12pendant tant d'années
19:14que seule la neige
19:16peut effacer nos traces
19:18Il n'y a pas
19:20de neige
19:21à gérer
19:21Le ciel
19:23est gris
19:25d'acier
19:25Aussi gris
19:27que les navires
19:28de guerre
19:29Et les arbres
19:31sont désespérément
19:32ouverts
19:33Nous sommes
19:34entourés
19:36d'une grande
19:37étendue d'eau
19:38La volonté divine
19:42ne parle plus
19:43avec du feu
19:44et des mots
19:45Il y a longtemps
19:47que nous avons donné
19:48Ce n'est pas
19:52dans les cimetières
19:54que nous planterons
19:55le blé
19:56ni dans la paume
19:58de ma main
19:58Nous sommes
20:00furieux
20:01comme la tempête