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  • il y a 5 mois
Olympe Racana-Weiller est interrogée en son atelier par Evelyne Artaud, critique d'art.
Transcription
00:00Donc on a fait un semestre de gravure à chaud.
00:30Et là on rentre d'où je vous laisse, je vous laisse, je vous laisse, je vous laisse, je vous
00:48laisse, je vous laisse.
01:00Tu aimes ce côté précieux pour dire des horreurs ?
01:23Il y a quelque chose d'ambigu dans le rendu, ça tient du catalogue de papier peint, si j'ose dire,
01:35de luxe bien sûr, et ça tient de tout ce qui est sourd et ne peut pas s'exprimer autrement
01:51qu'avec cette délicatesse, enfin pour toi.
01:56Pour moi, je ne sais pas, en tout cas c'est le premier objet livre que je fais.
02:02Oui, oui, c'est bon, c'est très bon.
02:04Et en tout cas, ce qui me semble très intéressant...
02:09Et tu résous quelquefois des choses, par exemple ces doubles pages avec les personnages, on a
02:19le sentiment qu'il y a derrière tout un parcours, toute une histoire de ton propre rapport avec
02:28avec ces fantômes.
02:31Avec ces fantômes-là et avec le fait même de devoir remplir, de devoir faire et de devoir marquer aussi et réagir à ces mots.
02:43Mais après, je crois que ce qui était intéressant, je crois, dans la suite des choses, c'est-à-dire que j'ai voulu...
02:52Parce que pour moi, c'est vrai qu'il y a eu cet objet, cette zone, le papier comme une zone intime où les choses pouvaient avoir lieu.
03:12Ce cahier qui est, enfin, ces petits dessins qui sont des cahiers issus d'un moment assez long...
03:21Enfin, je les ai faits il y a une dizaine d'années, alors que je ne peignais pas...
03:31Oui, tu parles de ces...
03:33Du cahier, du dessin laser, en fait, là, c'est l'impression laser.
03:39D'accord.
03:40Et j'ai gardé ce cahier très longtemps, avec moi, enfin, en pensant vouloir lui trouver une place aussi.
03:49Et c'est un cahier où avait lieu une espèce de germination qui menait à la figure.
03:54Et ces bois, comme je vous le disais, se sont amplifiés.
04:06C'est-à-dire que le chemin de connexion entre ces zones-là se sont fait par le temps.
04:12Et le retour aux mots, ou en tout cas, une envie de retourner d'abord au texte lui-même.
04:21Mais à mes mots, c'était quelque chose qui a eu lieu brièvement à la fin.
04:30À la fin, j'ai fait une sélection des mots de Lacan.
04:33D'accord.
04:34Mais, en fait, il y a cette énergie des corps et de la gravure et des contacts avec la gravure.
04:48Mais mes mots sont encore absents.
04:51Et c'est ça, je trouve, qui est intéressant dans ce que tu dis.
04:54C'est-à-dire qu'il y a cet aspect précieux comme d'une maison, finalement, qu'on traverse et sur lesquels il peut y avoir une discontinuité.
05:11C'est-à-dire qu'il y a réaction.
05:12Moi, je ne vois pas ça comme une maison.
05:14Je vois plutôt ça comme un rêve.
05:16Ou comme un opéra, enfin, comme un espace scénique.
05:18Oui, oui, oui, oui, oui, oui.
05:20Enfin, pour moi, c'est comme un espace scénique.
05:22C'est quelquefois le rêve.
05:23C'est-à-dire qu'on passe d'une atmosphère à l'autre sans comprendre le lien.
05:31Le lien, oui.
05:34Coca-lame, quoi.
05:34Oui, on dit Coca-lame, oui.
05:38Mais c'est les dimensions du regard.
05:42C'est-à-dire qu'entre le mot, la typographie, l'objet, le numéro, ces éléments distincts, c'est vrai que le fil, c'est les dimensions du regard qui sont placées.
06:00Et c'est cette espèce de vacuité devant l'objet, devant ces informations qui m'ont intéressé.
06:11C'est cet empêchement aussi.
06:13Oui, oui, oui.
06:14Ces silences-là.
06:19On dit plus que le texte.
06:20C'est cette traversée-là.
06:21Et ce n'est pas une interprétation du texte ?
06:28Non.
06:32C'est une...
06:33Oui.
06:35Alors ça, on retrouve ce que tu nous as montré.
06:43Et ça apparaît, ça disparaît.
06:45Il y a quelque chose du théâtre d'ombre.
06:52Il y a quelque chose aussi de platonicien dans ton travail.
06:56C'est vrai.
06:56De la caverne.
06:57De la caverne, oui.
07:02Pas que lacanien.
07:04Ça va beaucoup plus...
07:05Enfin, ça va autrement et ailleurs que Lacan.
07:12Je trouve.
07:13J'espère.
07:14Oui.
07:14Oui, oui, oui, je trouve.
07:16Il y a quand même quelque chose qui s'impose par le dessin, par la gravure.
07:27Oui, mais ce n'est pas celui-là qui devait être chanté.
07:31Bien sûr, bien sûr.
07:32C'est mon ombre.
07:33C'est aussi cette poursuite.
07:37Oui, oui, oui.
07:38Et puis cette application...
07:42Oui, de cette masse.
07:44De cette masse, presque.
07:45Oui, oui, oui, oui.
07:45De cette...
07:47Du cadre, du verbal aussi.
07:51Oui, bien sûr.
07:52Et de cet objet tendre et autoritaire aussi.
08:01Enfin, s'autoriser sur ce lieu-là, d'appliquer une aventure qui est mienne, qui est ma méthode.
08:13Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
08:14Bien sûr, bien sûr, de création.
08:15Oui.
08:18C'est aussi quelque chose qui me parle de cet ouvrage, de cette merveille presque, qui est la relation très intime jusqu'à l'enluminure, jusqu'à, tu vois, cette espèce de plongée dans quelque chose qui nous dirait, je ne sais quoi d'autre que je suis là.
08:40Donc, c'est vrai que ça reste énigme, et c'est très bien comme ça.
08:53Ce sont des éléments de recherche, je crois.
08:55Voilà, le caractère-là, c'est de cette foultitude.
09:02D'émotion, bien sûr, bien sûr, bien sûr.
09:09Qu'est-ce que l'être, dirait Heidegger ?
09:11Oui, oui.
09:15Il n'y a pas de réponse.
09:16Qu'est-ce que la technique, enfin, pour Heidegger aussi, parce que, c'est-à-dire que c'est fait totalement, il n'y a pas de réponse, parce qu'ils sont là.
09:25Ils sont dans mes mains, enfin, je veux dire, pendant longtemps, je ne voulais peut-être pas trop les manifester.
09:32Donc, enfin, en tout cas, je...
09:36Mais ils sont là.
09:36Tu les retenais.
09:37Oui, je les retenais un peu.
09:38C'est comme des ombres, hein.
09:41Accepter ses propres ombres, ce n'est pas si simple.
09:43Ce n'est pas simple.
09:45Oui.
09:46Mais vivre avec, c'est très riche.
09:49C'est vrai.
09:50C'est pour ça que je les ai laissés, ceux-là.
09:52Pour être heureuse aussi.
09:55Bien sûr, bien sûr.
09:56C'est cela, oui.
09:59L'ombre n'est pas ce qu'on pense.
10:01Non.
10:01Et surtout, elle est, oui, elle n'est pas là.
10:13Enfin, le danger de l'ombre, c'est autre chose.
10:16Oui, c'est autre chose.
10:21Enfin, elle est suggérée par les superpositions.
10:24Oui.
10:25Dans ton travail, sur le visage, ce n'est pas un visage.
10:30Oui, c'est une constellation qui crée cette zone-là.
10:40Et puis, la rend questionnant.
10:41C'est-à-dire que plus même que l'individu, c'est le vivant.
10:48Oui, ça reste questionnant.
10:51Il n'y a pas de réponse.
10:53Ce n'est pas, voilà un visage.
10:56Et c'est tendre.
11:04Enfin, moi, pour moi, en tout cas.
11:06Oui.
11:06J'aime bien les accueillir là.
11:10J'aime bien qu'ils aient une place, quels qu'ils soient.
11:17Ça va.
11:20Tu joues avec la peur, hein ?
11:22Oui.
11:22Ta propre peur.
11:24Oui.
11:24On l'a tous.
11:25Et à toi.
11:25Et à toi, là-dedans.
11:26Oui, bien sûr, bien sûr.
11:29Et je ne suis pas, je veux dire, j'en suis à 5% de mon...
11:35Je veux dire, on y va, quoi.
11:37Oui.
11:38C'est bon, quoi.
11:39Tu vois ?
11:39Oui, bien sûr, bien sûr.
11:42Bien sûr.
11:44Mais tenir cette interrogation, ce n'est pas facile non plus.
11:50Non.
11:51Parce que tout le monde a tellement d'opinions, surtout.
11:54Oui, là-bas, oui.
11:56Oui, bien sûr.
11:57Y compris sur Lacan, par exemple.
11:59Oui, oui, oui.
12:00Ça devient des blocs d'incompréhension du monde.
12:06Et si on veut rester vivant en soi, on est obligé de brouiller le...
12:13Oui.
12:16Oui, de danser avec ça.
12:18Oui, oui, oui.
12:20Absolument.
12:20Et comme tu le dis, d'en tirer la plaisir.
12:23Oui.
12:24Alors ça, j'étais à Milan.
12:34Et puis j'ai fait une présidence dans une grande imprimerie
12:44où il y a beaucoup, beaucoup de techniques différentes, etc.
12:47qui est complètement drôle et punk.
12:49C'est-à-dire qu'ils ne savent pas du tout faire une édition de 16 exemplaires pareils.
12:55Tu vois, ce n'est pas industriel.
12:57Enfin, tu vois, eux, ils sont...
12:59On fait trois exemplaires de chaque, mais c'est des orthodoxes de la gravure.
13:02Ils sont impeccables.
13:03En à Milan, ce n'est pas ça.
13:07C'est une sale génial.
13:09Et du coup, je suis arrivée avec quatre bois gravés de cet ordre-là.
13:16Tu vois, des espèces de folie graphique, en fait.
13:19Je suis arrivée avec trois bois, tu vois.
13:28Trois bois que j'ai associés comme je sais un petit peu le faire.
13:32Et donc, il y avait une espèce de masque comme ça.
13:39un paysage très cosmique, disons.
13:43Enfin, un peu...
13:44Ah oui, c'est...
13:48Là, il est peint, il est imprimé.
13:51Voilà, c'était ce qui est...
13:52Voilà, c'est le format.
13:55Évidé.
13:56Évidé, voilà.
13:57Une espèce de béance, en fait.
13:59Enfin, de gris silence, de gris muet.
14:03Je n'avais jamais fait de céréographie.
14:05Et j'ai trouvé ce fusain noir très, très dense.
14:09J'ai commencé à dessiner sur l'écran céréographique.
14:12Et il y a plein d'accidents, évidemment, que j'ai adorés.
14:18Et du coup, je n'arrêtais pas de mettre de l'eau,
14:23de refaire les lignes, de revenir, etc.
14:25Et après, on a fait par-dessus ce qu'on appelle les carbo-rondou.
14:33Oui.
14:33Donc vraiment, c'est une méthode de gaufrer presque le papier
14:36avec un plexiglas qui est enduit de sable et de cendre.
14:47Et j'ai bien aimé ça.
14:50Ouais.
14:53Ah, celui-là, je viens de me dire.
14:55Oui, celui-là.
14:55Le brusque-au-récent comme ça.
15:12Autre part.
15:13Oui, la couleur change tout.
15:15Ouais.
15:18Enfin, je vais dire, c'est un autre travail.
15:20C'est un autre travail.
15:21Oui, on sent bien.
15:22T'es dans l'intime d'une matière et de ton trait et de ce qui peut marcher ou pas,
15:32de ce que tu sais fabriquer ou pas.
15:34Mais c'est le boulot d'une petite araignée, quoi.
15:37Et chaque millimètre, c'est des secondes de ta vie.
15:41Donc, il y a un truc aussi qui est en gestation, mais qui, après, tu te dis, bon, ciao, là, plus jamais, je vais peindre et je vais faire ce geste.
15:52C'est aussi une espèce de méthode d'être dans une forme d'empêchement, quelque part.
15:59Parce que, même si tout ça sert à quelque chose, c'est pas absurde, mais ça te met quand même dans des états de...
16:09De souffrance.
16:10De...
16:11Ouais, et de...
16:13Oui, d'envie de respirer, quoi.
16:15Tu vois, c'est quand même...
16:18Mais c'est comme un l'ascétisme ou un truc comme ça, je pense.
16:23Et à un moment donné, j'avais une très grande peinture au mur et j'ai vu cette forme arriver sur la grande peinture que j'arrivais pas à résoudre.
16:33Et j'ai pensé à la parure de l'ange, tu sais, à la peinture comme étant la parure de l'ange et donc l'idée.
16:42L'autre, aimé ou pas aimé, terriblement réputé, j'ai pas.
16:48Pourtant, voilà, tout ange est terrible.
16:51C'est une citation de Rainer Margarich.
16:56Ah ouais ?
16:56Dans les égis, oui.
17:03Ces peintions ont commencé par les dessins.
17:06Et les dessins au fusil.
17:07Il y a encore une question qui est celle de...
17:11On est pris, on n'est pas pris ?
17:13Ouais.
17:14On est où ?
17:15Oui, il y a l'histoire du filet, la pêche, quoi.
17:19Ouais.
17:21La pêche au sens...
17:23La pêche, la ligne, la ligne, la ligne, le dessin, le dessin.
17:27Les dessins, presque.
17:28Les dessins, ouais.
17:30Comment est-ce que...
17:32Comment l'organique et la structure arrivent ?
17:36Oui, il y a une vraie question de peinture, enfin de composition.
17:41C'est intéressant parce que c'est les deux parts de toi qui sont intéressantes à marier, je dirais.
17:56Et le plus difficile.
17:58De les marier, ouais.
18:00Bah oui, c'est la question qui se pose.
18:02Et ça, c'est toute une vie.
18:06Bah, bien sûr.
18:07Bien sûr, bien sûr.
18:10Quel âge ?
18:1135 ans.
18:12Ah oui.
18:15Mais on y va, le champ.
18:17Ah bon, c'est des questions fondamentales, bien sûr.
18:19Pour n'importe quel artiste.
18:22C'est une explosion de vitalité.
18:24C'est l'품 de l'E internssation de qualité.
18:30C'est l'un de la nature.
18:32Sous-titrage FR ?

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