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  • il y a 18 heures
Nous vous invitons à visiter l’exposition "Subversifs ! - Regards actuels sur la Figuration Narrative » que La Fabrique Centre d'Art vient de monter avec toute l’équipe du musée des Beaux Arts de Chambery (Savoie). Cette exposition se tient du 19/12/2025 au 29/03/2026.
Pour vous convaincre des qualités de cette grande exposition et de sa pertinence, autant historique qu’actuelle, nous vous invitons à visionner la présente vidéo dont les qualités « pédagogiques », dues pour l’essentiel aux propos d’accompagnement du conservateur et directeur des musées de Chambery, Nicolas Bousquet, sont un bel accompagnement de la visite en images des oeuvres rassemblées et exposées pour la circonstance.
Belle découverte !
Transcription
00:00L'Europe, c'est quelque chose, c'est cultureux.
00:27Et comme je dis, en fait, c'est comme la culture qui a inventé la démocratie, qui a inventé les droits de l'homme, qui a inventé tout un tas de choses.
00:34Et aujourd'hui, on a l'impression que c'est le temps et partout.
00:37Et en fait, c'est quelque chose qui existe et qui est combattu par un certain nombre de personnes et je trouve que c'est important de réassocier l'art de ce qui se passe, de ces peintres, en fait, à cette culture européenne.
00:48Donc un mouvement de retour à la figuration, alors que la figuration était complètement marginalisée dans les années d'après-guerre.
00:55Et ce retour à la figuration, qu'on appelle la nouvelle figuration, va intégrer des artistes avec des sensibilités différentes.
01:02Et l'exposition de 1964 au musée d'art moderne de la ville de Paris va structurer ce qu'on va appeler la figuration narrative avec des artistes qui sont rassemblés par, notamment, un critique d'art, Gérald Gassiot-Talago,
01:18qui va justement beaucoup écrire et défendre ces artistes qui ont la particularité, parmi tous les artistes figuratifs qui se retournent à la figuration dans les années 60,
01:30d'être vraiment des artistes engagés et engagés de différentes formes.
01:35C'est pour ça qu'on a remis le sous-titre subversif, parce qu'à l'époque, c'est une période...
01:40Sur-titre subversif, effectivement, c'était une période de tension internationale.
01:47On était en pleine guerre froide, une crise des fusées à Cuba, etc., la guerre du Vietnam.
01:53Une période aussi de crise sociétale.
01:56On est dans une période où les mœurs ne sont pas complètement libérés.
02:00On est encore dans un carton d'une société traditionnelle.
02:02C'est une période aussi où se développe la société de consommation,
02:07avec le début des différences sociales et des difficultés sociétales d'organisation de la vie quotidienne.
02:16Et donc, ces artistes vont profiter, finalement, de la médiatisation qui était la leur à l'époque,
02:23et de différentes formes de médiatisation, pour faire passer leurs idées.
02:26Et leurs idées se retrouvent dans leurs émails, dans leurs œuvres.
02:29Aujourd'hui, on a un peu perdu les références.
02:33C'est-à-dire, quand on retrouve des œuvres de la figuration narrative,
02:36on ne comprend pas toujours exactement quel était le message de l'époque,
02:40mais on peut voir que les œuvres, elles nous parlent toujours.
02:43Et c'est ça qui est très intéressant, et c'est pour ça que cette exposition propose de nouveaux regards sur la figuration narrative,
02:49c'est de voir qu'est-ce que ces œuvres nous racontent d'hier,
02:52et qu'est-ce qu'elles nous racontent aujourd'hui par rapport à notre société.
02:55Donc, concrètement, il y a trois parties à l'exposition.
03:02Partie introductive avec la chronologie, les affiches de mai 68,
03:08et quatre œuvres, vraiment des années 60, du début du mouvement,
03:13qui sont présentées dans cette première partie introductive.
03:16Deuxième partie qui est consacrée à l'estampe chez les artistes de la figuration narrative,
03:22avec les collections de l'architecte, mais pas uniquement, avec des œuvres aussi qui sont de la collection de Rart,
03:28et aussi des œuvres de la collection de Dole.
03:31Et puis, troisième et dernière partie, les artistes, avec des œuvres marquantes de la collection Rart,
03:39où on va parcourir 25 artistes au total.
03:42Sur la première exposition de la mythologie quotidienne, il y avait, je crois, une cinquantaine d'artistes, quelque chose comme ça.
03:51Donc, vous voyez, on en a 25 qui sont dans cette exposition, c'est déjà bien.
03:57Les artistes de la figuration narrative réutilisent les codes de la publicité, du cinéma, de la bande dessinée.
04:04Il faut voir qu'à l'époque, ce n'était pas du tout habituel, et que c'était même une forme de contre-culture.
04:10C'est-à-dire que le cinéma qui promouvait, ce n'était pas le cinéma, on va dire, traditionnel français.
04:18C'était vraiment, ils étaient proches de la nouvelle l'art.
04:20Ils avaient une volonté de faire de leur art vraiment quelque chose de subversif, ou le titre.
04:28Mais la bande dessinée était aussi subversif dans ces années-là.
04:31C'est-à-dire qu'il y avait la bande dessinée pour enfants, on connaît avec Tintin,
04:36des figures populaires comme la BD beige, Astérix, qui se développe.
04:43Mais la BD pour adulte, qui naît dans les années 70.
04:46En fait, la BD pour adulte, c'est Barbarella,
04:49donc des figures comme ça, à limite, érotiques, science-fiction, héroïque-fantaisie.
04:55Bref, c'est ça qui va inspirer aussi ces artistes.
04:57Ce n'est pas la bande dessinée pour enfants,
05:00ou bien ça va être la bande dessinée pour enfants américaine,
05:03du style des comics, qui vont être détournées pour, au contraire,
05:07servir un message anti-colonialiste, anti-américain,
05:11et peut-être anti-société de consommation.
05:14Il y avait les outils aussi, l'épiscope, la cérégraphie.
05:19Il y avait les outils aussi pour faire un art que j'appellerais populaire.
05:25Enfin, ce n'est pas un défaut.
05:28Puis va arriver une exposition qui va lancer véritablement aux yeux du public parisien ce mouvement.
05:36C'est l'exposition au musée des arts décoratifs.
05:40Cet art un peu subversif arrive dans un musée.
05:44Et en même temps, c'est une exposition qui s'appelle « Bande dessinée et figuration narrative ».
05:48Et c'est intéressant que ces deux mouvements subversifs commencent à être mis en valeur par les institutions.
05:57Moi, en 68, j'avais 18 ans.
06:00Et donc, je bouillais avec tous ces moments.
06:05J'en avais même inventé un, parce que je faisais ma philo à l'époque.
06:08Et j'aimais beaucoup Sartre, l'existentialisme, l'humanisme, etc.
06:14Donc, Sartre avait dit « plus d'essence qu'est l'existence ».
06:20C'est l'ordre.
06:21Alors, on s'amusait à faire des images, à produire des slogans.
06:29On s'amusait à faire courir les flics, comme ils étaient très, très, très équipés, très lourds.
06:36Et nous, on avait 18 ans, donc on courait dix fois plus vite qu'eux.
06:40Et alors, ça nous amusait beaucoup dans les rues de Paris de faire plus en plus.
06:43Je n'ai pas lancé de papier, parce que j'ai peur de faire mal aux autres.
06:48Il y a plusieurs affiches qui ont été faites d'abord, quelques tirages en lithographie,
06:53et ensuite, qui ont été réalisés en sérigraphie.
06:57Où là, ça allait beaucoup plus vite, il y avait du rendement.
07:00Ce qui fait que, dès le début, la figuration narrative est très présente dans les orthothèques.
07:04Mais ce qu'il faut voir, c'est que c'est une forme d'institutionnalisation de ce mouvement.
07:10Parce qu'en fait, comme c'est un mouvement contestataire,
07:13dès le départ, ils étaient contre, en fait, le pouvoir politique.
07:16Donc, par exemple, en 1972, le président de l'époque,
07:26donc il était Georges Pompidou, qui adorait vraiment l'art contemporain,
07:29c'est-à-dire l'origine de la création du Centre Pompidou,
07:33eh bien, va vouloir faire une grande exposition sur l'art contemporain en France.
07:40Et il a invité les artistes de la figuration narrative à y exposer.
07:43Et finalement, beaucoup d'entre eux vont refuser d'y aller.
07:48La coopérative des Malaisies va être exposée dans cette exposition organisée au Grand Palais,
07:54avec une grande œuvre, le Grand Méchoui.
07:57On l'a appelé l'exposition Pompidou.
07:59L'exposition Pompidou, tout à fait.
08:01Donc, c'était vraiment une volonté politique.
08:02Sauf que, parmi les artistes qui n'ont pas accepté de venir exposer,
08:09comme on signale, on mangeait,
08:12ils sont venus manifester contre l'exposition Pompidou le jour du vernissage.
08:17Donc, il y avait des artistes de la figuration narrative dedans,
08:20d'autres qui avaient leurs amis dehors qui manifestaient.
08:23Mais la police est venue charger pour disperser les manifestants.
08:28Et évidemment, les artistes qui étaient à l'intérieur ne pouvaient pas accepter ça.
08:31Donc, ils ont décidé, notamment les Malaisies, de s'écrocher dans l'heure.
08:34C'est la photo qui est la plus à droite.
08:38Là où on voit les Malaisies sortir avec leurs poils.
08:42Ils s'en servent d'une petite œuvre entre les forces de l'heure.
08:45Donc, tant que vous dire que c'était quand même une scène assez marquante pour la presse.
08:50Ils s'étaient doués quand même, les Malaisies.
08:53C'était des acteurs aussi.
08:56Tout à fait.
08:57À l'époque, Ichiro est une mairie communiste.
08:59Donc, il fait appel à des artistes amis pour faire un décor urbain.
09:03Sauf que les Malaisies s'amusent à détourner un tableau très célèbre,
09:09le Radeau de la Méduse,
09:10qui évoque un naufrage, un naufrage honteux pour l'époque,
09:16puisque c'était un bateau de traite négrière
09:20avec des humains qui étaient emmenés en esclavage.
09:25Alors, il fait un naufrage.
09:27Et finalement, on va retrouver une vingtaine de survivants affamés,
09:32plusieurs passagers blancs.
09:34Et puis, au sommet, un des esclaves noirs
09:37qui fait signe pour qu'il soit sauvé par un bateau qui arrive.
09:41Donc, en fait, on est dans une critique
09:44de la société de négrière de l'époque, par Jericho,
09:48qui est réutilisée par les Malaisies
09:49pour critiquer cette fois-ci
09:50la société de consommation et toutes ses dérives.
09:53Et donc, chacune des images de cette série
09:55conteste un des aspects de la société de consommation.
09:59Ici, c'est les vacances.
10:00Alors, on est bien avant la question de l'empreinte carbone
10:03pour aller aux vacances au soleil.
10:05Mais déjà, on est sur cette dérive,
10:07une société de consommation, de plaisir
10:10qui mène finalement...
10:12Et ça, c'est vraiment un travail collectif.
10:14Ça veut dire qu'ils peignaient ensemble.
10:17Ils n'avaient pas chacun une toile.
10:19Ils peignaient vraiment tous les quatre ensemble.
10:22Et si tu mettais un petit peu de verne,
10:24moi, je les ai vus travailler.
10:27Ils s'engueulaient tout le temps, évidemment.
10:29Mais en même temps, ils travaillaient vraiment ensemble.
10:33Ils peignaient ensemble.
10:34Donc, c'est vraiment un travail collectif.
10:37C'est pas...
10:37C'est pas...
10:38Alors, si vous allez aujourd'hui au centre commercial Grand Place,
10:42vous ne le verrez pas
10:43parce que c'était peut-être trop subversif
10:44même pour la mairie.
10:46Donc, le centre commercial les a fait disparaître.
10:49Mais il en existe encore deux séries.
10:52Une série Petit Fort-Marie
10:55qui est conservée à deux.
10:56Donc, là, vous avez la première version
10:59du naufrage de l'alimentation
11:03avec la magouffe dénoncée par le steak,
11:06le louis.
11:07Il va devenir ensuite...
11:09C'est les frites.
11:09...le emblématique, voilà, avec les frites
11:12qui est toujours associé à ce centre commercial Grand Place.
11:16Donc, première version qui est conservée à Dole.
11:20Puis, deuxième version, dans son intégralité,
11:22qui est conservée au musée de Grenoble
11:24qui n'a pas pu mettre les termes et les prêter.
11:27Ils avaient été présentés à la fois art-top
11:29et ils avaient été restaurés.
11:30Donc, l'occasion de les montrer.
11:32L'idée, c'est aussi d'avoir
11:33cette approche un peu cinématographique
11:35qu'on passe d'une scène à l'autre
11:37et on voit le naufrage des vacances,
11:41le naufrage du couple dans le lit,
11:43la mer de sacs de bouteilles plastiques,
11:48l'enlignement dans le sable
11:49qui est un enlignement culturel.
11:51On est dans le désert culturel
11:53avec ce sable.
11:55Le drame de la société mécanique,
11:58prémisse de l'intelligence artificielle
12:00qui va écraser aussi les artistes.
12:04Ensuite, à un niveau,
12:05la mani-bouffe avec la boîte de concert,
12:08l'emblématique, donc,
12:11Steck qui fait naufrage
12:13et puis, pour terminer,
12:14l'argent, le billet qui coule.
12:16Là, c'est très narratif.
12:19Là, c'est le manifeste.
12:23C'est intéressant de finir par eux aussi
12:26puisque pour le lien, comme je l'ai dit,
12:28avec l'Arthothèque de Grand Place
12:30qui est à l'origine du mouvement des Arthothèques
12:32et avec un mouvement qui rassemble
12:35plusieurs artistes qu'on va retrouver partout.
12:36effectivement, une exposition qui circule
12:44permet l'édition d'un livre d'art
12:47et donc, ça, ça a été le travail de Bruno
12:52qui est caché derrière son téléphone
12:54et puis de montrer à chaque fois
12:59une image différente
13:02en fonction du lieu et de ce qu'il apporte.
13:05Je veux effectivement remercier
13:08mon co-commissaire,
13:10le conservateur,
13:12le conservateur de ce lieu
13:13et toute son équipe.
13:16On a été très heureux de monter cette exposition
13:18en très longtemps,
13:19en fait, en une semaine,
13:20maintenant, cinq jours,
13:22avec une équipe extrêmement investie
13:27et d'une grande professionnalité.

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