Seulement deux jour après l’annonce du Premier ministre concernant la suspension de la réforme des retraites, Emmanuel Macron a tenu à réunir, ce jeudi 16 octobre, onze députés de l'ancienne majorité. Entouré d’Élisabeth Borne et d’Olivier Dussopt, le chef de l’État a tenu à justifier ce compromis, insistant sur le fait que "ce combat était juste" et nécessaire pour garantir la stabilité du pays.
00:00Le gouvernement a sauvé sa peau, Anne, mais il en a payé le prix des concessions aux socialistes qui passent mal auprès d'un certain nombre de députés de cadres du Bloc central.
00:08Emmanuel Macron les a réunis hier soir, pour leur dire quoi ?
00:12Écoutez, deux heures de réunion pour dire en substance merci d'avoir porté la réforme des retraites, mais tant pis, dommage.
00:19Avec Elisabeth Borne, qui était première ministre au moment de cette réforme, Olivier Ducey, qui était alors son ministre du Travail, et des députés en première ligne sur le sujet.
00:26Et Gabriel Attal était absent pour cause de déplacements prévus de longue date.
00:31Quand même, c'est contrainte d'agenda.
00:33Objectif de la réunion, une calinothérapie du président de la République, que je cite, c'est douloureux pour nous tous, nous ont dit les participants qui l'ont entendu.
00:41Je sais ce que vous coûte la suspension, ce que vous a coûté aussi de défendre cette réforme, les menaces, parfois la violence, et le chef de l'État de poursuivre.
00:49Ce combat était juste et le reste, mais il fallait ce compromis pour permettre la stabilité.
00:53À la sortie de cette réunion, donc de plus de deux heures, écoutez les députés, aucune unanimité, aucune position commune arrêtée.
01:01Ce qu'on a surtout dit, c'est qu'il fallait qu'on ait une position de groupe.
01:06Et la position de groupe, elle se prend aussi avec notre président Gabriel Attal, et qu'aujourd'hui, la position, elle n'est pas prise.
01:12Mais il y a un débat qui est en cours.
01:14Et donc, le groupe auquel j'appartiens, qui est le groupe EPR, qui est le groupe de Gabriel Attal, on définira une position de groupe en temps voulu.
01:22Il y a même eu un sacré débat.
01:23Certains sont même allés plus loin que ceux que vous venez d'entendre.
01:26Cette ancienne majorité, soudée comme un seul homme derrière le président de la République, au point que les oppositions les qualifiaient avec ironie.
01:33Vous vous souvenez peut-être de Godillo.
01:34Eh bien, désormais, elle répond face à face au président de la République.
01:39Le compromis, peut-être.
01:41Les mains tendues du Premier ministre pour éviter la censure passent encore.
01:44Mais la suspension de la réforme des retraites, ils ne la voteront pas.
01:48On parle là d'une véritable rébellion de ces députés autrefois Godillo.
01:53Comment vous l'expliquez, ça ?
01:54Eh bien, parce que cette majorité, à force d'être, et en même temps, non seulement sur plusieurs sujets, mais aussi dans le temps,
01:59a fini par avoir le tournis et même la nausée.
02:02Elle est désormais scindée en deux.
02:04Ceux qui sont toujours derrière le président, et ils sont de plus en plus rares, quoi qu'il arrive,
02:08et ceux qui se mettent en retraite du « et en même temps ».
02:11J'ai eu l'un d'entre eux au téléphone qui me disait hier soir, cette réforme, c'est le symbole de ce qu'on est.
02:15On était une majorité centriste de droite et de gauche.
02:17On nous a fait voter une réforme de droite qu'il faudrait maintenant suspendre pour plaire à la gauche.
02:23Et un cadre de conclure, ça n'est plus du « et en même temps », c'est de la schizophrénie.
02:28Alors voilà ce que pensent les députés les plus remontés.
02:31Chacun doit maintenant retourner à ses amours d'origine.
02:34Ceux qui ont toujours eu une sensibilité de droite pensent que désormais, il faut aller plus loin,
02:38proposer comme l'avait fait Edouard Philippe, on en parle ce matin d'ailleurs, d'aller vers la retraite à point,
02:43voire de relever l'âge au-delà de 64 ans.
02:45Ceux qui ont toujours eu, en revanche, une sensibilité de gauche,
02:47je pense que cette réforme, ils le pensaient déjà à l'époque, sauf que maintenant, ils le disent,
02:51eh bien, elle est injuste, elle est trop dure, elle ne passera jamais.
02:53Il faut trouver le financement du système ailleurs.
02:56La prochaine présidentielle devra trancher ce débat en attendant.
02:59Les macronistes eux-mêmes sont en train de partir à la retraite du « et en même temps ».
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