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  • il y a 6 mois
Ce mercredi 24 septembre, dans son édito, Raphaël Legendre est revenu sur l'annonce par le Premier ministre de la suspension de certaines dépenses de communication de l'État. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Le Premier ministre a annoncé hier une coupe de 20% dans les budgets de communication de l'État.
00:03Pendant ce temps-là, les patrons, eux, veulent plus communiquer.
00:06Oui, absolument. C'est peut-être la meilleure nouvelle de la semaine.
00:09Alors, moins de bruit politique et plus de rationalité économique.
00:13Le Premier ministre a en effet décidé de suspendre jusqu'à la fin de l'année 2025
00:18toute nouvelle dépense de communication par les ministères, les agences et les opérateurs de l'État.
00:24Et en 2026, c'est un coup de rabot de 20% sur ces dépenses.
00:27Silence dans les rangs. De toute façon, plus personne n'écoute, comme l'a très bien résumé Jérôme Fourquet.
00:34La vie politique est désormais une pièce de théâtre totalement décalée, se jouant devant une salle vide.
00:39Alors, c'est bien, mais c'est quand même des cacahuètes. Ça ne peut pas redresser les finances publiques.
00:43Oui, bien sûr. En 2024, l'État a dépensé 440 millions d'euros pour ses campagnes.
00:48Ça veut dire 50 millions d'économies, quelques dizaines de plus l'année prochaine.
00:51Ce n'est pas avec ça qu'on va redresser les comptes publics.
00:53Mais c'est symbolique. Encore une fois, le Premier ministre veut montrer l'exemple.
00:58Plus question de vendre du rêve en spot télé.
01:01Dorénavant, chaque euro de communication devra avoir un impact direct pour les Français.
01:08Traduction, fini les campagnes d'auto-célébration.
01:11Place au message utile du type santé public.
01:14Et désormais, un euro dépensé doit être un euro utile.
01:18On ne peut que saluer cette méthode.
01:20Les patrons, eux, veulent monter le son.
01:23On n'a entendu que ça hier à Big.
01:24Il faut parler, dire sa vérité, raconter ce qui se passe dans les boîtes.
01:27Oui, ils ont raison, car les Français les attendent dans un sondage.
01:32Odoxa, pour Confluence et l'opinion publiée récemment,
01:35indiquait que 79% des Français jugent que le débat politique fonctionne mal.
01:42Trop conflictuel, trop manipulé et pas utile.
01:45Et par contre, 7 Français sur 10 attendent que les entreprises prennent davantage la parole.
01:51Message entendu par le MEDEF.
01:52Son président, Patrick Martin, l'a dit à Big.
01:54Vous y étiez lors.
01:56Un énorme meeting du patronat est prévu dans quelques jours,
02:00avec toutes les organisations patronales présentes,
02:03pour prendre la parole face à ce qu'il qualifie de théorie dangereuse.
02:08Évidemment, il faisait allusion à la taxe Zuckman.
02:10Patrick Martin a appelé à revendiquer la contribution des entreprises essentielles aux biens publics,
02:16cette contribution économique et sociale.
02:18La FEP, justement, qui représente les 100 plus grands groupes français,
02:22va la rappeler ce matin dans une enquête auprès de ses membres.
02:25Enquête qui trouve un écho tout particulier dans le débat public en ce moment.
02:30Enquête qui parle des impôts, tout simplement, des impôts que payent les grosses boîtes.
02:34Contribution économique et sociale.
02:35Qu'est-ce qu'elle nous apprend, cette enquête ?
02:38Un, que d'abord, ce sont les salariés, les principaux bénéficiaires des entreprises en France,
02:43des grands groupes.
02:44C'est eux qui touchent 60% de la valeur ajoutée, 164 milliards d'euros.
02:48En numéro deux, ce ne sont pas les actionnaires qui viennent comme on l'entend bien souvent,
02:52mais l'État.
02:53C'est 85 milliards d'euros d'impôts et cotisations payés en 2024,
02:57les grands groupes français.
02:58Et ce sera probablement 10% de plus cette année,
03:00notamment du fait de la surtaxe d'impôts sur les sociétés.
03:04En numéro trois, ce n'est toujours pas les actionnaires, c'est l'investissement.
03:0820% de la valeur ajoutée, c'est 54 milliards d'euros.
03:11Et loin, très loin derrière, viennent les actionnaires.
03:145% seulement, avec 14 milliards d'euros.
03:17On parle des actionnaires français, de l'argent versé aux actionnaires français.
03:20Voilà cette vérité apolitique qu'on n'entend pas assez dans le débat public.
03:24Il est temps de remettre un peu d'économie dans tout ce bazar.
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