00:00Le Premier ministre a annoncé hier une coupe de 20% dans les budgets de communication de l'État.
00:03Pendant ce temps-là, les patrons, eux, veulent plus communiquer.
00:06Oui, absolument. C'est peut-être la meilleure nouvelle de la semaine.
00:09Alors, moins de bruit politique et plus de rationalité économique.
00:13Le Premier ministre a en effet décidé de suspendre jusqu'à la fin de l'année 2025
00:18toute nouvelle dépense de communication par les ministères, les agences et les opérateurs de l'État.
00:24Et en 2026, c'est un coup de rabot de 20% sur ces dépenses.
00:27Silence dans les rangs. De toute façon, plus personne n'écoute, comme l'a très bien résumé Jérôme Fourquet.
00:34La vie politique est désormais une pièce de théâtre totalement décalée, se jouant devant une salle vide.
00:39Alors, c'est bien, mais c'est quand même des cacahuètes. Ça ne peut pas redresser les finances publiques.
00:43Oui, bien sûr. En 2024, l'État a dépensé 440 millions d'euros pour ses campagnes.
00:48Ça veut dire 50 millions d'économies, quelques dizaines de plus l'année prochaine.
00:51Ce n'est pas avec ça qu'on va redresser les comptes publics.
00:53Mais c'est symbolique. Encore une fois, le Premier ministre veut montrer l'exemple.
00:58Plus question de vendre du rêve en spot télé.
01:01Dorénavant, chaque euro de communication devra avoir un impact direct pour les Français.
01:08Traduction, fini les campagnes d'auto-célébration.
01:11Place au message utile du type santé public.
01:14Et désormais, un euro dépensé doit être un euro utile.
01:18On ne peut que saluer cette méthode.
01:20Les patrons, eux, veulent monter le son.
01:23On n'a entendu que ça hier à Big.
01:24Il faut parler, dire sa vérité, raconter ce qui se passe dans les boîtes.
01:27Oui, ils ont raison, car les Français les attendent dans un sondage.
01:32Odoxa, pour Confluence et l'opinion publiée récemment,
01:35indiquait que 79% des Français jugent que le débat politique fonctionne mal.
01:42Trop conflictuel, trop manipulé et pas utile.
01:45Et par contre, 7 Français sur 10 attendent que les entreprises prennent davantage la parole.
01:51Message entendu par le MEDEF.
01:52Son président, Patrick Martin, l'a dit à Big.
01:54Vous y étiez lors.
01:56Un énorme meeting du patronat est prévu dans quelques jours,
02:00avec toutes les organisations patronales présentes,
02:03pour prendre la parole face à ce qu'il qualifie de théorie dangereuse.
02:08Évidemment, il faisait allusion à la taxe Zuckman.
02:10Patrick Martin a appelé à revendiquer la contribution des entreprises essentielles aux biens publics,
02:16cette contribution économique et sociale.
02:18La FEP, justement, qui représente les 100 plus grands groupes français,
02:22va la rappeler ce matin dans une enquête auprès de ses membres.
02:25Enquête qui trouve un écho tout particulier dans le débat public en ce moment.
02:30Enquête qui parle des impôts, tout simplement, des impôts que payent les grosses boîtes.
02:34Contribution économique et sociale.
02:35Qu'est-ce qu'elle nous apprend, cette enquête ?
02:38Un, que d'abord, ce sont les salariés, les principaux bénéficiaires des entreprises en France,
02:43des grands groupes.
02:44C'est eux qui touchent 60% de la valeur ajoutée, 164 milliards d'euros.
02:48En numéro deux, ce ne sont pas les actionnaires qui viennent comme on l'entend bien souvent,
02:52mais l'État.
02:53C'est 85 milliards d'euros d'impôts et cotisations payés en 2024,
02:57les grands groupes français.
02:58Et ce sera probablement 10% de plus cette année,
03:00notamment du fait de la surtaxe d'impôts sur les sociétés.
03:04En numéro trois, ce n'est toujours pas les actionnaires, c'est l'investissement.
03:0820% de la valeur ajoutée, c'est 54 milliards d'euros.
03:11Et loin, très loin derrière, viennent les actionnaires.
03:145% seulement, avec 14 milliards d'euros.
03:17On parle des actionnaires français, de l'argent versé aux actionnaires français.
03:20Voilà cette vérité apolitique qu'on n'entend pas assez dans le débat public.
03:24Il est temps de remettre un peu d'économie dans tout ce bazar.
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