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Crise politique : «ça donne l'impression d'un petit monde qui n'écoute pas le peuple» juge Sébastien Lignier
Europe 1
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il y a 3 mois
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00:00
Dans ce grand bazar, vous avez la gauche qui sent que c'est son heure, qui surfe sur l'incertitude.
00:06
Ce matin, Marine Tondelier a interpellé le président de la République.
00:09
L'heure d'une gouvernance de gauche et verte a sonné, selon Marine Tondelier.
00:15
Écoutez.
00:15
Gabriel Attal, le président du premier parti de la majorité présidentielle, qui n'est plus de majorité d'ailleurs,
00:22
a dit qu'il était prêt pour un premier ministre de gauche et écologiste.
00:24
Éric Dupond-Moretti dit la même chose hier.
00:26
Alors, Elisabeth Borne dit sur les retraites, peut-être qu'il faut infléchir le truc.
00:30
Je n'ai que des signaux faibles, que c'est en train de bouger dans le camp macroniste,
00:33
y compris d'anciens ministres qui, hier, au Panthéon, venaient nous voir en disant,
00:37
bon, si c'est vous, nous, on comprendrait.
00:38
Mais il n'y a pas eu de signal de l'Élysée, j'entends bien.
00:40
Sauf Emmanuel Macron, c'est, à mon avis, le programme qu'il nous faut pour la journée.
00:44
Et je me suis adressée à lui hier, on a fait une tribune commune avec Fabien Roussel et Olivier Faure.
00:49
Nous sommes prêts et il n'a plus aucune excuse, même plus celle de la prétendue stabilité pour ne pas nous nommer.
00:54
C'est ce que vous direz à 14h30 à l'Élysée ?
00:56
Je vais le dire avec beaucoup de véhémence, beaucoup de conviction et garder tout mon sourire pendant la réunion
01:00
pour leur expliquer pourquoi ils n'ont plus le choix.
01:02
Marine Tondelier qui parle de signaux faibles, ce ne sont pas des signaux faibles,
01:06
ce sont des signaux extrêmement forts de personnes faibles parce qu'elles sont fragilisées.
01:09
Elles ont la trouille d'aller justement se relancer face à des élections législatives anticipées.
01:15
Gabriel Attal qui ne comprenait pas en début de semaine le président de la République,
01:19
hier, ce matin, pardonnez-moi, qui explique que désigner un proche du président n'est pas la bonne solution.
01:25
Donc il met un deuxième tacle et cette fois-ci c'est à Sébastien Lecornu.
01:29
Moi je suis lucide et je dis les choses telles que je les ressens aux Français.
01:32
Je crois que ça a toujours été ce que j'ai fait et je viens de vous dire pourquoi.
01:36
Je pense que depuis un an, désigner un Premier ministre, a fortiori un Premier ministre
01:41
qui est identifié comme étant très proche du président de la République,
01:44
je pense que ça ne facilite pas la discussion ensuite avec les partis politiques de l'opposition.
01:49
Pardonnez-moi, je pense qu'il y a chez Gabriel Attal quelque chose qui est un peu plus profond.
01:56
En une semaine, Sébastien Lecornu, que vous le vouliez ou non, les Français l'ont découvert,
02:01
apprécient sa discrétion, ont apprécié son ton, sa modestie aussi,
02:07
et il a gagné 14 points en l'espace d'une semaine.
02:09
Gabriel Attal, il a fait, lorsqu'il était Premier ministre, des déplacements partout,
02:14
il était nulle part en promettant que l'agriculture c'était la priorité,
02:17
la santé c'était la priorité, la sécurité c'était la priorité.
02:20
Donc il y a aussi ça qui joue.
02:21
Et les Français n'aiment pas, quand vous avez des individus qui étaient au plus près,
02:26
quel que soit d'ailleurs, la fidélité, la loyauté, ça compte.
02:29
Pour le coup, je suis désolé.
02:30
Olivier Vial d'abord et ensuite Sébastien.
02:32
C'est vrai à la condition qu'il y ait un respect qui soit mutuel.
02:36
Je pense qu'aujourd'hui, on vit avec des alliés qui ont été éconduits et sacrifiés,
02:42
et l'attitude de Gabriel Attal, comme celle d'Edouard Philippe,
02:46
sont extrêmement virulentes vis-à-vis du chef de l'État,
02:49
et si Gabriel Attal t'attaque à Lecornu, c'est en réalité pour s'attaquer à Emmanuel Macron.
02:53
Et je pense qu'effectivement, ils ont l'attitude des amoureux éconduits,
02:57
qui sont souvent les plus déçus après la situation.
03:00
Sébastien Ligné.
03:01
Moi je veux bien, mais enfin, cette crise politique part du fait
03:03
de la nomination du gouvernement de Sébastien Lecornu.
03:06
Alors vous allez peut-être me dire que c'est Emmanuel Macron qui a choisi les ministres,
03:08
mais enfin, in fine, c'est quand même les choix de Sébastien Lecornu
03:11
qui ont déclenché cette crise.
03:12
Qui est quoi de transmission avec Macron ?
03:14
Et honnêtement, expliquer à un Français, aux auditeurs qui nous écoutent,
03:16
qui ne sont pas dans le jus politique comme nous,
03:18
qu'en une semaine, on a eu un Premier ministre qui a démissionné,
03:21
qui a été renommé en 48 heures par le Président de la République,
03:24
pour une mission de 48 heures supplémentaires,
03:26
qui au bout de ces 48 heures supplémentaires,
03:27
est renommé Premier ministre alors qu'il était démissionnaire,
03:30
c'est incompréhensible.
03:32
Ça donne l'impression d'un vase clos, d'un petit monde qui s'entretient,
03:35
qui n'écoute absolument pas le peuple.
03:37
Donc je pense que peut-être que politiquement,
03:39
Sébastien Lecornu, renommé, ça pourrait avoir un intérêt,
03:42
mais par rapport aux liens démocratiques avec les Français,
03:44
ce serait dramatique.
03:45
Eh bien justement, on pose la question à Patrick.
03:47
Bonjour Patrick.
03:48
Bonjour, bonjour à vous tous.
03:50
Ravi de vous avoir en direct dans Elliot de Valais-Vous,
03:54
sur Europe 1.
03:55
Oui, moi aussi.
03:56
On est ensemble jusqu'à 13 heures.
03:57
Donc c'est un plaisir d'avoir et de prendre le pouls des Français.
04:00
Il dit, Sébastien Ligné, vous l'avez entendu il y a quelques instants,
04:03
il dit, nommer, pour ensuite renommer un ministre démissionnaire,
04:09
qui d'ailleurs en début de semaine avait dit au Président de la République,
04:12
après ma démission, moi je ne veux pas revenir.
04:15
Vous trouvez quelqu'un d'autre.
04:16
Finalement, c'est peut-être lui qui est dans la shortlist,
04:20
qui est en tête de cette fameuse shortlist.
04:22
Vous en pensez quoi Patrick ?
04:23
J'en pense.
04:25
Alors la première chose, j'ai 68 ans.
04:27
Donc, si vous voulez, des campagnes politiques,
04:30
j'en ai entendu, si vous voulez.
04:32
Donc je vois quand même, si vous voulez,
04:34
il y a un gros défaut, malgré tout, à cette Ve République,
04:38
c'est qu'elle a été faite par un homme honnête,
04:40
pour des hommes honnêtes,
04:42
et après De Gaulle, si vous voulez,
04:44
on n'a plus rien eu qui allait.
04:46
Ça a commencé avec Giscard.
04:48
Bon.
04:48
Maintenant, je vous dis ceci, à vous et ceux qui entendez,
04:52
imaginez, quand même, que le pouvoir, maintenant, on fasse autrement,
04:57
que le pouvoir soit partagé entre l'exécutif et le peuple.
05:02
Vous savez.
05:03
Et que le peuple ait la possibilité d'organiser des référendums locaux et nationaux.
05:09
Ça éviterait peut-être ce marigot des partis politiques que l'on a actuellement,
05:14
parce que il n'y a pas de système parfait, bien sûr,
05:18
mais je ne pense pas que les Français soient complètement fous.
05:20
L'intérêt de la France, il n'y a que les Français, si vous voulez.
05:24
Ce n'est pas l'intérêt des partis politiques,
05:26
ce n'est pas l'intérêt des politiques eux-mêmes.
05:28
Il faudrait quand même qu'ils s'oublient,
05:30
et ça, on voit bien, et j'ai 68 ans, encore une fois,
05:33
je vous dis, j'ai bien vu que les hommes politiques,
05:36
hommes et femmes, ne pensent qu'à leur intérêt.
05:38
Oui, et c'est la formule de Sébastien Lecornu qui dit,
05:42
le pays avant les partis...
05:44
Patrick, il nous reste quelques secondes avant une courte pause.
05:47
Oui, d'accord, mais ça, il faut le faire.
05:50
Pour ne pas le dire, il faut le faire.
05:51
Oui, mais pour le faire, il faut avoir les mains pour le faire,
05:54
et surtout les responsabilités pour le faire.
05:56
Patrick, on a entendu aussi Marine Tondelier qui dit,
06:00
en fait, là, maintenant, il y a des signaux faibles
06:03
qui montrent qu'il faut un gouvernement de gauche.
06:06
Pourtant, j'ai quand même la sensation
06:07
que la France n'a jamais été autant à droite.
06:10
Vous seriez favorable à un gouvernement de gauche, Patrick, en 30 secondes ?
06:13
Pas du tout.
06:14
Et pourquoi ?
06:16
Parce qu'on a vu que la gauche, si vous voulez,
06:19
à chaque fois, vous savez, reprenez les écrits de Gaulle,
06:22
la gauche, ce sont des utopistes qui veulent faire le nivellement
06:25
par le bas.
06:27
Et moi, je l'ai vu depuis Mitterrand, si vous voulez.
06:30
On fait le nivellement par le bas.
06:32
Et on voit bien qu'actuellement, même,
06:35
les Français n'ont plus le droit à la parole.
06:37
Ce serait même plutôt les étrangers qui auraient le droit à la parole en France.
06:40
Donc, si vous voulez, il n'y a pas beaucoup de gens,
06:43
si vous voulez que ce soit même à droite,
06:45
mais il n'y a pas beaucoup de gens.
06:46
Je vois, à part Éric Zemmour, qui aime la France,
06:50
mais qui dit, la France aux Français, si vous voulez.
06:52
Et puis, après, peut-être les autres, on verra bien.
06:56
Mais non, un gouvernement de gauche qui veut donner,
06:59
si vous voulez, on voit bien Macron actuellement,
07:02
si vous voulez, il n'y a pas de culture française.
07:05
Cette personne n'aime pas la France, ni les Français.
07:07
Eh bien, merci, cher Patrick, d'avoir réagi en direct.
07:10
Vous avez donné votre vision des choses.
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