00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:03Et à 13h21 sur Europe 1, Clélie Mathias, c'est l'heure d'accueillir vos deux chroniqueurs du jour,
00:06l'ancien magistrat Georges Fenech et le chroniqueur politique Jean-Michel Salvatore.
00:10Bonjour et bienvenue à tous les deux.
00:12Bonjour.
00:14Sébastien Lecornu, le Premier ministre démissionnaire, donc, a pris la parole ce matin à 9h30 sur le perron de Matignon
00:20et il estime que les dernières consultations éloignent le pays d'une dissolution de l'Assemblée nationale. On l'écoute.
00:26J'ai de bonnes raisons de vous dire que, parmi les bonnes nouvelles, l'ensemble des consultations que j'ai pu avoir
00:32avec la présidente de l'Assemblée nationale, Mme Broun-Pivet, avec le président du Sénat, Gérard Larcher,
00:37avec l'ensemble des formations politiques de l'UDI, de l'IOT, des Républicains, de Place Publique, du Modem, d'Horizon de Renaissance et d'autres,
00:45qu'il y a une volonté d'avoir pour la France un budget avant le 31 décembre de cette année.
00:51Et cette volonté crée un mouvement et une convergence, évidemment, qui éloignent les perspectives de dissolution.
00:59Alors, entre ce matin à 9h30 et, là maintenant, 13h22 dans le studio d'Europe 1,
01:05il y a eu des consultations qui se sont poursuivies, notamment avec la gauche, le PS et le PC, qui viennent de sortir.
01:11Ma question est la suivante. Est-ce que la réalité, l'optimisme de 9h30 ce matin est la même réalité à 13h23, désormais, sur Europe 1 ?
01:22Jean-Michel Salvatore, à l'issue de ce qu'on peut dire notamment, à l'aune de ce qu'ont pu dire notamment les communistes et les socialistes ?
01:28Moi, je ne vois pas très bien où pourrait se situer un accord pour constituer un gouvernement,
01:34quand on voit ce qui s'est passé ces derniers jours et ce qui s'est passé ce matin.
01:38Moi, j'ai un peu l'impression que Sébastien Lecornu essaye de gagner du temps en essayant de reculer au maximum la perspective d'une dissolution,
01:47parce que tout le monde voit bien que s'il y a dissolution, le verrou suivant, c'est le président de la République.
01:55Mais très honnêtement, je ne vois pas, dans les bougées, comme on dit chez les macronistes,
01:59je ne vois pas de bouger suffisant pour qu'il y ait possibilité de faire, par exemple, un gouvernement dirigé par un socialiste,
02:06puisqu'on voit bien que c'était quand même un petit peu l'idée, en se disant, les LR ont eu un premier ministre, ça a été Barnier,
02:13les Modem ont eu un premier ministre, c'était Bayrou.
02:17Et puis, franchement, on ne voit pas, si vous voulez, où pourrait se trouver un accord de gouvernement sur les sujets les plus importants,
02:25étant entendu que si on fait trop de concessions aux socialistes, notamment sur la retraite,
02:29on va perdre en route, non seulement les Républicains, qui ont déjà dit qu'ils ne voulaient pas y participer,
02:36mais on va perdre aussi en route une bonne partie des élus Horizons, et même des élus Renaissance.
02:42Donc, franchement, moi j'ai plutôt l'impression que c'est une habileté, c'est du système coué,
02:46mais franchement là, je ne vois pas...
02:47Mais pourquoi ? Pour gagner du temps ?
02:48Pour gagner du temps.
02:50Je ne sais pas ce qu'en pense, Georges, mais...
02:51On va lui poser la question, Georges, mais...
02:52Est-ce que c'est encore possible de ne pas dissoudre l'Assemblée ?
02:55C'est compliqué d'être commentateur, d'un épisode qui change toutes les...
03:01Enfin, d'un feuilleton, dont les épisodes s'enchaînent à la minute près, quoi.
03:05Mais lorsque Sébastien Lecornu dit ce matin, l'hypothèse d'une dissolution s'éloigne,
03:12car nous avons une convergence sur le fait qu'il nous faut un budget pour la France.
03:17Mais tout le monde est pour un budget pour la France.
03:19Ça me rappelle, vous savez, quand Bayrou dit, je demande le vote de confiance pour constater la faillite de la France.
03:24Mais tout le monde fait ce constat.
03:26La question, ce n'est pas de savoir si on veut un budget.
03:28Tout le monde veut un budget.
03:29La question, c'est de savoir quel budget on veut pour la France.
03:32Or, il y a évidemment un écart considérable entre ce que veulent les socialistes, les LFistes, le Rassemblement National, les...
03:40Donc, il n'y a pas de majorité.
03:42Vous pouvez prendre le problème par tous les bouts.
03:45Il n'y a pas de majorité pour voter un budget.
03:48À partir du moment où vous dites qu'il n'y a pas de 49.3, il n'y a plus de budget.
03:51Donc, on va vraiment dans le mur.
03:54On va vraiment dans le mur.
03:56Essayons d'être optimistes, quand même.
03:57Si jamais les consultations aboutissaient...
03:59Mais j'aimerais bien être optimiste.
04:00Mais le problème, c'est qu'ils ne nous rendent pas optimistes.
04:03Ça, c'est vrai.
04:04Ceux qui sont à la manœuvre.
04:05Est-ce que là, quand même, si jamais Sébastien Lecornu, ce soir, annonçait un gouvernement,
04:11est-ce que vous y verriez le succès d'une nouvelle méthode Sébastien Lecornu ?
04:15Ou la peur de la dissolution de la part des partis ?
04:18De toute façon, ce qu'on voit bien, c'est qu'il y a certains partis politiques qui ne volent pas de dissolution.
04:25Parce qu'ils voient bien que s'il y a dissolution, ils reviendront beaucoup moins nombreux.
04:29C'est le cas de Renaissance et c'est le cas d'Horizon.
04:32D'où, d'ailleurs, les deux sorties à la fois de Gabriel Attal et d'Edouard Philippe,
04:38pour expliquer que, finalement, le problème, c'était plus Emmanuel Macron qu'un problème parlementaire.
04:44Donc, là, on voit bien qu'il y a des résistances.
04:46Mais on ne voit pas, si vous voulez...
04:49Il y a des résistances et puis, d'autre côté, on voit que le président de la République, lui, essaye des choses.
04:53Et moi, j'ai quand même le sentiment que la sortie d'Elisabeth Borne dans Le Parisien de ce matin
04:58est quand même une sortie totalement téléguidée par l'Elysée.
05:01Alors, je rappelle qu'Elisabeth Borne...
05:04Qu'est-ce qui est démenti, pardon ?
05:06Alors, d'aller, élément de contexte, Elisabeth Borne qui dit qu'il faut peut-être envisager la suspension
05:10de cette réforme des retraites qu'elle a elle-même portée, on le rappelle.
05:14Non, il semble dire du côté de l'Elysée et de Matignon que c'était une initiative personnelle de Mme Borne.
05:21Moi, j'ai du mal à y croire.
05:22Moi, j'ai du mal à y croire parce que, enfin, c'est pas une personnalité très autonome, politiquement.
05:27Je pense que c'est quelqu'un qui fait son devoir.
05:29Et on n'imagine pas qu'elle lance une bombe pareille sans avoir fait un petit arrêt au stand à l'Elysée.
05:35Enfin, ça me semble absolument impossible.
05:37Moi, j'ai plutôt l'impression que c'est un espèce de ballon d'essai pour voir si ça permet de débloquer quelque chose chez les socialistes
05:44qui ont déjà beaucoup obtenu, puisqu'ils ont obtenu éventuellement une augmentation de la taxation des plus riches.
05:51Et ils ont obtenu également la suspension du 49-3.
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