- il y a 4 mois
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00:00:00Ici Sud Radio, toute la France parle à toute la France et à tous ceux qui aiment la France, d'où qu'ils viennent, quoi qu'ils pensent et quoi qu'ils croient.
00:00:10Nous sommes donc sur Sud Radio aujourd'hui en ce mardi 7 octobre, la situation politique est dans le tourment.
00:00:17Je voudrais qu'on fasse une pause, j'allais dire on en soupe de l'actualité politique depuis hier, ça va un peu dans tous les sens.
00:00:24Il en sortira forcément quelque chose. Je voudrais qu'on s'intéresse à la France, celle qui trime, celle qui produit, celle qui se lève de bonheur le matin, celle qui pense à la fin du mois plus qu'à la fin du monde.
00:00:38Et à tous ces entrepreneurs, ces petits entrepreneurs, ces petits patrons, eh bien qui se lèvent de bonheur, comme je le disais à l'instant, pour continuer à créer des richesses, à préserver des emplois, à préserver des territoires.
00:00:50Voilà, cette France sans laquelle, eh bien celle du sommet ne ferait rien, ne pourrait rien, n'obtiendrait rien.
00:00:57Si on n'avait pas au fond de la soute, c'est un peu l'image que l'on a, ceux qui triment pour que la machine continue à tourner.
00:01:04C'est le réseau, j'allais dire c'est le réseau social, le vrai, c'est le tissu des profondeurs.
00:01:10Ce sont nos territoires, nos villages, nos communes, des artisans, des commerçants, des chefs d'entreprise qui ont pris des risques,
00:01:16qui continuent à aimer leur pays, qui continuent à aimer leur métier, qui veulent jouer la transmission
00:01:20et qui sont là pour préserver l'essentiel de ce qui fait qu'il fait encore bon vivre en France.
00:01:26Ces gens-là souffrent, ces gens-là sont maltraités, ils se sentent incompris, que ce soit la gauche, la droite, le centre, quelles que soient les époques,
00:01:33et bien on les entend toujours expliquer qu'on ne les écoute pas, on ne comprend pas les enjeux
00:01:37et qu'ils sont bons finalement à alimenter, qu'ils sont la vache à lait, à alimenter la pompe Afrique de l'État
00:01:44en voyant beaucoup de factures passer pour les prestations et qu'ils ont peu de retours, et ils ont peu de retours en échange.
00:01:52Les représentants de cette France qui fait vivre la France et qui fournit l'essentiel de l'énergie économique
00:01:58qui nous permet encore d'être un pays qui tient la route.
00:02:03Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:02:08Et bien pour évoquer justement cet état dans lequel est la France, nous sommes avec Marc Sanchez,
00:02:14directeur général du syndicat des indépendants et des DPE, les très petites entreprises.
00:02:19C'est très important, TPE, c'est ça qui est aujourd'hui l'énergie essentielle de notre économie.
00:02:26Marc Sanchez, je pense que c'est un observateur évidemment, avisé de la situation politique.
00:02:31On est d'accord, on ne va pas parler de la polémique du moment.
00:02:35Je voudrais que l'on parle avec vous, Marc Sanchez, de ce que vous attendez des pouvoirs publics,
00:02:40de la classe politique, du sommet de l'État, pour que ce pays puisse sauver ce tissu formidable
00:02:46qui est celui de la très petite entreprise.
00:02:49Écoutez, déjà, dans un premier temps, merci de m'avoir invité.
00:02:54Ce qu'il faut souligner dans un premier temps, c'est que cette instabilité, elle a un coût économique réel
00:03:00pour nos commerçants, pour nos artisans et nos dirigeants de TPE.
00:03:04Chaque fois qu'un gouvernement tombe, ce sont des mois perdus pour nos entreprises.
00:03:09Il n'y a pas de décision, il n'y a pas d'arbitrage, il n'y a pas de visibilité sur les charges,
00:03:13sur les aides qui vont être supprimées ou qui vont être réintégrées.
00:03:17Et pour une TPE, trois mois d'attente, c'est parfois la différence que vous pouvez avoir
00:03:21entre survivre et déposer le bilan.
00:03:24Donc, cette instabilité que nous dénonçons depuis déjà et que nous subissons depuis déjà
00:03:29un certain nombre de mois, il faut bien considérer aujourd'hui qu'elle a des impacts,
00:03:34des impacts économiques, des impacts sociaux dans notre économie réelle de proximité
00:03:39et que souvent, quand on est à Paris, on ne le mesure pas vraiment.
00:03:43Est-ce que je voudrais bien faire passer comme message en introduction ?
00:03:47C'est bien celui-ci.
00:03:48L'entreprise française est en souffrance depuis, j'allais dire, bien plus longtemps
00:03:52que la récente crise politique.
00:03:55Est-ce que le système de fonctionnement de l'État, avec ses normes administratives,
00:04:00j'allais dire des énarques aux leviers de commandes dont ils ne connaissent pas forcément
00:04:05les tenants et les aboutissants, l'incompréhension de la classe politique
00:04:09qui est souvent enfermée dans des bureaux, de ces élus qui n'ont jamais
00:04:13et dirige une entreprise, a fini par créer un fossé énorme
00:04:16entre la réalité à laquelle vous êtes confrontés, vous, petite entreprise,
00:04:20et le pouvoir de décision qui se situe à Paris ?
00:04:22Bien évidemment, c'est plus qu'un fossé, c'est un abîme, c'est un gouffre.
00:04:28Aujourd'hui, on a pu le constater dans nos baromètres depuis le début de l'année,
00:04:32le degré de confiance quasiment de nos indépendants par rapport à nos dirigeants,
00:04:39il doit osciller à peu près entre 0 et 4%.
00:04:42C'est la première fois qu'on voit effectivement un chiffre aussi bas
00:04:45et ça démontre l'inadaptation des politiques publiques
00:04:48et surtout le fait qu'elles n'ont quasiment aucun relais
00:04:51au niveau de la très petite entreprise.
00:04:55Je vais vous donner un exemple concret.
00:04:57On doit passer d'ici à l'année prochaine à la facturation électronique.
00:05:01Quand vous n'avez pas de pilote dans l'avion,
00:05:03quand on vous explique que tout va bien se passer,
00:05:05comment vous voulez aujourd'hui que quasiment 2,1 millions de TPE
00:05:09puissent être rassurés sur la mise en place de ce dispositif
00:05:13qui aura des conséquences importantes dans nos fonctionnements ?
00:05:16Voilà un exemple concret qui fait qu'aujourd'hui,
00:05:18cette instabilité, si elle n'est pas réglée,
00:05:21si on ne montre pas effectivement qu'il y a une orientation,
00:05:23qu'il y a un cap clair à définir,
00:05:25fera en sorte qu'elle créera beaucoup de problématiques de gestion
00:05:29pour nos entreprises.
00:05:30Et ça, c'est un vrai handicap, oui.
00:05:32Marc Sanchez, vous avez l'impression que l'État s'occupe de qui,
00:05:35en fait, en priorité ?
00:05:36Qui est bien traité par la République aujourd'hui
00:05:38au niveau de l'entreprise française ?
00:05:40Qui sont les chouchous ?
00:05:41Aujourd'hui, la vision qu'on peut en avoir,
00:05:43c'est déjà que l'État s'occupe bien de lui,
00:05:46s'occupe bien de son microcosme, on va dire,
00:05:49politique de manière générale.
00:05:51On est plutôt dans des considérations partisanes.
00:05:55Qui va avoir tel poste de ministre
00:05:57qui aura effectivement une possibilité
00:06:00d'influence sur telle ou telle partie.
00:06:04On est dans des arcanes, on va dire,
00:06:06politico-politiciens qui sont très, très loin du compte
00:06:09de nos réalités, de nos problématiques.
00:06:12La vision, en fait, aujourd'hui,
00:06:13et c'est ça qui est important,
00:06:15elle va d'ailleurs, ou ce constat,
00:06:17il va d'ailleurs de la très grande entreprise
00:06:18à la toute petite.
00:06:20On veut dire que de ce point de vue-là,
00:06:21il y a une sorte d'unanimité.
00:06:22Alors, il n'y a pas forcément
00:06:23les mêmes intérêts représentatifs,
00:06:25mais globalement, effectivement,
00:06:26aujourd'hui, le monde entrepreneurial
00:06:27est quand même très circonspect,
00:06:30voire même très en alerte sur cette situation.
00:06:33Qui pourrait faire un peu par ailleurs,
00:06:35mais pour ce qui nous concerne,
00:06:36elle est loin de nous faire rire.
00:06:37Marc Sanchez, je rappelle que vous êtes
00:06:38directeur général du syndicat des indépendants
00:06:40et des TPE.
00:06:42Votre propos rejoint sur cette instabilité générale,
00:06:45rejoint un peu les propos de nos invités d'hier.
00:06:47On était en pleine crise politique.
00:06:49Ils parlaient de cette instabilité
00:06:50et de ce système qui ne fonctionne plus.
00:06:52Est-ce que vous faites partie de ces Français
00:06:53qui estiment que ce système
00:06:55doit être totalement revu en profondeur ?
00:06:59Je dirais que revu, je ne sais pas.
00:07:01Je ne suis pas suffisamment expert en la matière.
00:07:03Moi, ce que je peux vous dire,
00:07:05c'est que tant que la France et ses institutions
00:07:07resteront bloquées dans ces jeux d'appareils,
00:07:10elle laisseront ou elle laissera,
00:07:11mon point c'était que quand les TPE tombent,
00:07:14c'est l'économie réelle qui s'effondre.
00:07:15À partir de là,
00:07:17quelles sont les meilleures solutions
00:07:19à mettre en place
00:07:20pour qu'on retrouve non seulement une stabilité,
00:07:24mais aussi un cap.
00:07:25Parce que c'est important d'avoir un budget,
00:07:27c'est important de savoir
00:07:28sur les deux ou trois prochaines années
00:07:29à quelle sauce nos entreprises vont être mangées
00:07:32d'un point de vue fiscal,
00:07:33d'un point de vue social,
00:07:35d'un point de vue réglementaire.
00:07:36Et aujourd'hui, la responsabilité des élus,
00:07:39qu'ils soient notamment nationaux ou locaux,
00:07:41c'est justement de définir ce cap
00:07:43et de prendre de manière tout aussi importante que nous
00:07:46le sens de l'intérêt général.
00:07:48Et ce qu'on constate,
00:07:50notamment depuis hier avec ce qui s'est passé,
00:07:52ça nous montre quand même
00:07:53qu'on a beaucoup de craintes à avoir
00:07:55plutôt que des espoirs, malheureusement.
00:07:58Marc Sanchez, pour que nos auditeurs comprennent bien,
00:08:01aujourd'hui quand on est chef d'entreprise,
00:08:03qu'on crée une entreprise en France,
00:08:05je vais schématiser,
00:08:06mais je pense que vous allez confirmer ce que je vous dis,
00:08:07« L'État vous dit,
00:08:09« Bonjour, je suis co-actionnaire de ta société dès aujourd'hui,
00:08:13j'ai la moitié des bénéfices,
00:08:15alors je ne vais pas investir,
00:08:17je ne vais pas t'aider,
00:08:18je ne vais pas t'encourager,
00:08:20si tu as des emmerdes,
00:08:21je vais te tomber sur le poil tout de suite
00:08:22pour te prendre ton fric,
00:08:24par contre tu te démerdes,
00:08:25mais la moitié du flouze, du talbin,
00:08:27c'est pour moi.
00:08:27Est-ce que ma caricature est conforme à la réalité ? »
00:08:30C'est une caricature qui a un vrai vécu.
00:08:34Effectivement, aujourd'hui,
00:08:36beaucoup d'entrepreneurs
00:08:37qui ont deux ou trois salariés
00:08:39qui sont complètement dans cette logique-là
00:08:42et dans ce vécu,
00:08:44oui, complètement.
00:08:45Je confirme.
00:08:46Et alors, quand vous êtes censé,
00:08:48en plus on vous dit maintenant,
00:08:49« C'est vous qui allez prélever l'impôt. »
00:08:51En plus, vous êtes percepteur,
00:08:52c'est formidable ça.
00:08:54Vous savez,
00:08:55on publie des baromètres
00:08:57tous les trimestres
00:09:00et sur les deux premiers baromètres
00:09:01de l'exercice 2025,
00:09:03on a constaté qu'on avait
00:09:05quasiment un dirigeant sur deux
00:09:08qui gagnait moins d'un SMIC
00:09:10pour 50 heures par semaine.
00:09:12C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:09:13vous avez effectivement
00:09:14des forçats de l'entreprise.
00:09:16C'est les commerçants,
00:09:17c'est les artisans,
00:09:17c'est les dirigeants
00:09:18de petites structures
00:09:19qui essayent de préserver
00:09:21effectivement un savoir-faire,
00:09:23qui essayent de faire vivre
00:09:24une économie locale
00:09:25et qui aujourd'hui
00:09:26sont à bout de souffle.
00:09:27Donc forcément,
00:09:29quand ils constatent le spectacle
00:09:30qu'ils nous ont présenté actuellement,
00:09:32ils sont soit dans un certain désarroi,
00:09:35voire même un très certain désarroi,
00:09:37soit dans une colère
00:09:38qui effectivement est sourde,
00:09:40mais qui commence vraiment à monter.
00:09:42Vous voulez dire que
00:09:43si on fait une transposition
00:09:44au salaire horaire,
00:09:45ils ne sont même pas
00:09:46à la moitié du SMIC,
00:09:47si je comprends bien,
00:09:48à la fin du mois ?
00:09:49Non, non, complètement,
00:09:50oui, oui.
00:09:50C'est-à-dire que
00:09:51ce qui est intéressant
00:09:52dans ce chiffre,
00:09:52c'est de voir que pour
00:09:53à peu près 1200 euros par mois
00:09:55travailler à 50 heures semaine,
00:09:57soit à peu près 200 heures par mois,
00:09:59effectivement,
00:10:00on est très très loin du compte
00:10:01et c'est ce qui fait d'ailleurs
00:10:03que ces situations économiques
00:10:05viennent grossir
00:10:06le volume important
00:10:07de procédures collectives.
00:10:09Il faut savoir quand même
00:10:10que quels que soient les instituts,
00:10:12on est sur des défaillances
00:10:13annoncées
00:10:14de quasiment 70 000 entreprises,
00:10:17dont 98 % de TPE
00:10:18d'ici à la fin de cette année,
00:10:20que ce chiffre-là,
00:10:22effectivement,
00:10:22il est record
00:10:23par rapport à l'année dernière
00:10:24où on nous expliquait déjà
00:10:26qu'on était dans une année record.
00:10:28Donc en fait,
00:10:29on a l'impression
00:10:29d'année en année
00:10:30qu'on bat les records
00:10:31de la défaillance,
00:10:33qu'on bat les records
00:10:33de la cessation volontaire d'activité
00:10:35et ça,
00:10:36aujourd'hui,
00:10:36dans le contexte
00:10:37que nous vivons
00:10:38d'un point de vue politique,
00:10:39il va bien falloir
00:10:40à un certain moment
00:10:40que les pouvoirs publics
00:10:42en prennent plus que conscience
00:10:43et agissent
00:10:44pour pouvoir préserver ce tissu
00:10:46qui représente quand même
00:10:47aujourd'hui,
00:10:48je le rappelle,
00:10:49presque 6 millions d'actifs.
00:10:51Hallucinant,
00:10:516 millions d'actifs.
00:10:52Alors les gens ont du mal
00:10:53à comprendre
00:10:53en quoi une instabilité politique
00:10:56ou un trouble international,
00:10:57que ça peut être une guerre.
00:10:58Je me souviens,
00:10:59en 1991,
00:11:00première guerre d'Irak,
00:11:01il y avait des entrepreneurs,
00:11:03des restaurateurs,
00:11:03des hôteliers,
00:11:04des commerçants
00:11:04qui me disaient
00:11:05il y a un trouble,
00:11:05il y a une inquiétude,
00:11:07nos ventes baissent.
00:11:08Est-ce qu'aujourd'hui,
00:11:09une instabilité politique
00:11:10comme on la connaît en France,
00:11:11allez,
00:11:12on va dire depuis les gilets jaunes,
00:11:13il y a eu des instabilités
00:11:14en permanence,
00:11:15plus le Covid
00:11:15qui a été là carrément,
00:11:17un coup près de guillotine
00:11:17qui est tombé
00:11:18sur la dynamique économique française,
00:11:20mais là,
00:11:20par exemple,
00:11:21l'instabilité gouvernementale
00:11:22depuis la dissolution.
00:11:24Est-ce que vous pouvez
00:11:25me expliquer en quoi
00:11:26il y a une incidence directe
00:11:28sur le bon de commande ?
00:11:29À quel niveau ça se joue ?
00:11:31Il y a d'abord
00:11:33un sentiment
00:11:34au niveau des consommateurs,
00:11:35donc des citoyens français
00:11:37qui sont effectivement
00:11:38dans une espèce
00:11:39de statut quo,
00:11:40soit parce que
00:11:41leur pouvoir d'achat
00:11:42est en baisse,
00:11:43soit parce qu'effectivement
00:11:44ils décident
00:11:44de ne plus investir,
00:11:46ils décident,
00:11:47par exemple,
00:11:47de ne plus faire
00:11:48d'aménagement de travaux
00:11:49pour leur maison,
00:11:50pour leur appartement.
00:11:51Donc,
00:11:51il y a des implications
00:11:52au niveau du moral
00:11:53des Français
00:11:54de manière générale
00:11:55sur l'économie réelle
00:11:56et ça,
00:11:57on le subit
00:11:57depuis déjà
00:11:58un certain nombre de mois,
00:11:59je dirais même
00:12:00voire un certain nombre d'années.
00:12:02Le deuxième élément,
00:12:03il est conjoncturel.
00:12:04Il faut bien savoir aujourd'hui,
00:12:05on nous l'a rabâché
00:12:06depuis un certain nombre de mois,
00:12:08qu'il va falloir
00:12:09qu'on fasse des efforts.
00:12:11Il va falloir effectivement
00:12:12qu'on essaye de résorber
00:12:14cette dette abyssale
00:12:15qui a été concrète
00:12:16depuis un certain nombre d'années.
00:12:18À partir du moment
00:12:18où vous n'avez pas
00:12:20un capitaine
00:12:21à bord du Pac-Bou France,
00:12:25vous ne savez pas
00:12:26à quelle sauce
00:12:27vous allez être mangé.
00:12:27Aujourd'hui,
00:12:28je ne pourrais pas vous dire,
00:12:29par exemple,
00:12:30si les aides
00:12:31sur, par exemple,
00:12:33l'apprentissage,
00:12:34notamment,
00:12:35vont baisser,
00:12:36vont monter,
00:12:36alors ils auraient plutôt
00:12:37tendance à baisser,
00:12:38mais ça a une conséquence,
00:12:39cette non-visibilité
00:12:40sur le recrutement
00:12:41d'apprentis,
00:12:42sur le recrutement
00:12:43d'alternants.
00:12:44Les taux d'intérêt
00:12:45montent aujourd'hui
00:12:45par cette instabilité aussi,
00:12:47c'est un facteur déterminant.
00:12:49Quand les taux d'intérêt
00:12:50montent,
00:12:51effectivement,
00:12:51dans le domaine
00:12:52du bâtiment
00:12:53pour la construction
00:12:53de nouvelles maisons
00:12:54ou pour l'aménagement,
00:12:56effectivement,
00:12:57je ne sais pas moi,
00:12:57d'un commerce
00:12:58ou pour un boulanger
00:12:59qui décide d'acheter un four,
00:13:01il va reculer
00:13:02ses investissements.
00:13:03Quand vous avez
00:13:04effectivement une situation
00:13:05dégradée,
00:13:06qu'est-ce que vous faites ?
00:13:06Vous recrutez moins,
00:13:08vous avez effectivement
00:13:09des embauches
00:13:09que vous différez
00:13:10et tous ces éléments-là,
00:13:12à partir du moment
00:13:13où il n'y a pas
00:13:13de cap clair
00:13:14qui est défini,
00:13:15tous ces éléments-là
00:13:15font effectivement
00:13:16que notre économie
00:13:18tourne au ralenti
00:13:18et de manière
00:13:19beaucoup plus importante
00:13:20pour les plus petites entreprises.
00:13:22Et vous nous citez
00:13:23des exemples concrets.
00:13:25Marc Sanchez,
00:13:25vous parliez tout à l'heure
00:13:27plus de crainte
00:13:28que d'espoir
00:13:29dans l'avenir
00:13:29pour les entrepreneurs,
00:13:31les petits entrepreneurs,
00:13:32les auto-entrepreneurs.
00:13:33On a eu l'occasion
00:13:34d'en parler beaucoup
00:13:34sur Sud Radio récemment.
00:13:37Qu'est-ce que vous dites,
00:13:38vous,
00:13:38en tant que directeur général
00:13:39du syndicat des indépendants
00:13:40et des TPE,
00:13:41qu'est-ce que vous dites
00:13:42aux entrepreneurs,
00:13:43y compris à ceux
00:13:44qui veulent se lancer
00:13:45dans l'entreprenariat ?
00:13:46Est-ce qu'ils peuvent
00:13:48être découragés
00:13:48assez rapidement ?
00:13:49Qu'est-ce que vous leur dites ?
00:13:51C'est une excellente question
00:13:53qui me met dans l'embarras.
00:13:55Et je dois vous dire d'ailleurs
00:13:56que sur ce sujet,
00:13:57je suis assez plus souvent
00:13:58dans l'embarras.
00:13:59Mais ce que je pourrais vous répondre,
00:14:00c'est que je leur dirais
00:14:01d'attendre aujourd'hui.
00:14:02Parce que tant qu'ils n'auront pas
00:14:04de visibilité,
00:14:04même s'ils ont un bon business plan,
00:14:07à ce stade,
00:14:08c'est très risqué
00:14:08de créer sa boîte.
00:14:10C'est très risqué, effectivement,
00:14:11d'avoir des investissements
00:14:12quand on peut en avoir,
00:14:14que ce soit des crédits trésoriers
00:14:15ou des crédits d'investissement,
00:14:17quand on va devoir,
00:14:18effectivement, investir
00:14:19sur son patrimoine personnel
00:14:21pour pouvoir lancer
00:14:22son entreprise,
00:14:24ce n'est peut-être pas
00:14:25vraiment le moment.
00:14:26Alors, justement,
00:14:28je vais vous poser
00:14:28la question facile
00:14:29qu'on a envie
00:14:30de vous poser.
00:14:31Quand on voit,
00:14:32en même temps,
00:14:33votre détermination,
00:14:34votre lucidité,
00:14:35je crois que vous avez
00:14:36encore du courage,
00:14:37un soupçon d'espoir,
00:14:38même si le tableau
00:14:39que vous venez de faire
00:14:40est quand même pas rassurant.
00:14:42imaginez que demain,
00:14:44la classe politique
00:14:45devienne géniale,
00:14:47pertinente,
00:14:48intelligente
00:14:49et courageuse.
00:14:50Ils vous prennent
00:14:51comme interlocuteurs.
00:14:53Voilà,
00:14:53ils viennent vous voir
00:14:54parce que vous représentez
00:14:54une réalité de l'économie française
00:14:56que le président de la République
00:14:57ou le premier ministre
00:14:58ou le ministre des Finances
00:14:59vient vous voir
00:14:59et dit
00:14:59« Monsieur Sanchez ! »
00:15:01Voilà,
00:15:01on a tout raté,
00:15:04on a une mesure,
00:15:05on veut prendre une mesure
00:15:06tout de suite efficace,
00:15:09courageuse,
00:15:10pertinente
00:15:10pour aider les TPE
00:15:12à s'en sortir.
00:15:13Qu'est-ce qu'on peut faire
00:15:14immédiatement ?
00:15:16Abaissement de charge,
00:15:18exonération de TVA,
00:15:20qu'est-ce que l'État
00:15:21aujourd'hui
00:15:21a comme moyen précis,
00:15:23concret, rapide
00:15:24à appliquer
00:15:25en appuyant sur un bouton,
00:15:26en prenant une décision politique
00:15:27pour que les TPE comprennent
00:15:30que l'État est à leur côté,
00:15:31enfin.
00:15:33Alors,
00:15:33il y a plusieurs choses.
00:15:35Effectivement,
00:15:35le poids
00:15:36de la pression fiscale
00:15:38sur les entreprises,
00:15:39ce qu'on appelle
00:15:40plus communément
00:15:41les prélèvements obligatoires,
00:15:43il est effectivement
00:15:44très conséquent
00:15:45dans notre pays.
00:15:46Ça a été démontré
00:15:47en point de comparaison
00:15:48avec des pays membres
00:15:50de l'Union européenne.
00:15:51On est quasiment au sommet.
00:15:52Quel pourcentage ?
00:15:53Donnez-moi une idée,
00:15:54un pourcentage.
00:15:56Aujourd'hui,
00:15:56on doit être à peu près
00:15:57à 47-48%.
00:15:59Entre la taxe profonde,
00:16:00professionnelle,
00:16:01sur les dividendes,
00:16:02les charges sociales,
00:16:03près de la moitié.
00:16:05Oui,
00:16:05quasiment.
00:16:07Donc,
00:16:07si vous voulez,
00:16:07de ce point de vue-là,
00:16:08le premier élément,
00:16:10en fait,
00:16:10il n'est pas de dire
00:16:11aujourd'hui
00:16:12qu'on a besoin
00:16:13d'avoir des subventions
00:16:14ou des aides.
00:16:15Il est qu'on a besoin
00:16:16d'avoir de l'air,
00:16:17on a besoin d'avoir
00:16:17de la souplesse.
00:16:19On a besoin d'avoir
00:16:19de la souplesse,
00:16:20par exemple,
00:16:21sur le temps de travail
00:16:21de nos salariés.
00:16:23On veut pouvoir,
00:16:24en fonction de nos activités,
00:16:25de pouvoir les faire,
00:16:26travailler plus
00:16:27sans qu'on soit
00:16:28dans un carcan
00:16:29et pouvoir aussi,
00:16:30par là même,
00:16:31augmenter leur pouvoir d'achat.
00:16:32On a besoin aussi
00:16:33d'avoir,
00:16:34au niveau du poids des charges
00:16:35qui pèsent,
00:16:36à savoir sur le brut
00:16:37du salarié,
00:16:38mais aussi sur les cotisations patronales,
00:16:40de transférer cette charge
00:16:42de financement,
00:16:43finalement,
00:16:44de la protection sociale
00:16:45sur d'autres éléments
00:16:46que le travail
00:16:47et que nos TPE aujourd'hui.
00:16:49Ça permettrait effectivement
00:16:50de relancer,
00:16:51comment dirais-je,
00:16:52le pouvoir d'achat
00:16:53des salariés,
00:16:54de renoncer une dynamique
00:16:56aussi en termes d'emplois
00:16:58dans nos entreprises,
00:16:59de monter nos rémunérations.
00:17:01Un autre élément aussi,
00:17:03c'est surtout,
00:17:03quelque part,
00:17:04je vous dirais,
00:17:04qu'on puisse nous foutre la paix,
00:17:06pour être très clair,
00:17:08sur la partie administrative
00:17:09et réglementaire.
00:17:11On arrête systématiquement
00:17:12de nous expliquer
00:17:13qu'on doit être
00:17:14dans des processus
00:17:16de simplification administrative.
00:17:18Ça fait dix ans,
00:17:19à peu près,
00:17:20que je m'intéresse vraiment
00:17:21à ce sujet.
00:17:21Ça fait dix ans
00:17:22qu'on nous parle
00:17:22de simplification administrative.
00:17:24Et chaque année,
00:17:25au lieu de simplifier,
00:17:26on augmente les obligations,
00:17:28on augmente les couches,
00:17:29que ce soit dans les règlements,
00:17:30dans les directives.
00:17:31La dernière en date,
00:17:32par exemple,
00:17:33qui nous a été mise en place
00:17:35concernant les fameux
00:17:37arrêts maladie
00:17:38pendant les congés payés,
00:17:39allez vous imaginer aujourd'hui
00:17:41avec une certaine rétroactivité,
00:17:44comment on va gérer ça ?
00:17:45Un boulanger
00:17:45qui avait deux salariés
00:17:47dont un salarié
00:17:48a été effectivement
00:17:49en arrêt maladie
00:17:49et qui va lui demander
00:17:50maintenant de pouvoir les payer
00:17:51parce qu'on n'a pas
00:17:52de visibilité juridique
00:17:54sur ce sujet,
00:17:55parce qu'on a mis
00:17:56presque 15 ans
00:17:57ou 20 ans
00:17:58à mettre en place
00:17:59une directive
00:17:59qu'on connaissait.
00:18:01Donc, si vous voulez,
00:18:01tous ces éléments-là
00:18:02font aujourd'hui...
00:18:03Il n'y a pas de besoin.
00:18:05On ne demande pas
00:18:05d'assistance,
00:18:06on ne demande pas d'aide.
00:18:07On demande quelque part
00:18:08un air...
00:18:10À travailler.
00:18:10Vous demandez
00:18:11de pouvoir travailler.
00:18:13Exactement.
00:18:13De pouvoir avoir
00:18:14des bouffées d'oxygène
00:18:15parce que la volonté,
00:18:17au final,
00:18:18sans être totalement négatif
00:18:19dans mon propos,
00:18:20la volonté d'entreprendre
00:18:22aujourd'hui,
00:18:22elle est toujours...
00:18:24Enfin,
00:18:24elle est toujours existante
00:18:25au niveau
00:18:26de nos chefs d'entreprise.
00:18:27Le seul ratio aujourd'hui,
00:18:29c'est que j'ai cette volonté
00:18:30de continuer
00:18:31pour ne pas mourir.
00:18:33Et la différence
00:18:34qu'on avait avant,
00:18:34c'est que j'avais
00:18:35cette volonté
00:18:35de continuer
00:18:37pour développer
00:18:39mon activité,
00:18:40pour créer de la richesse.
00:18:41On est passé aujourd'hui
00:18:42dans le scope
00:18:43où j'ai une volonté
00:18:44de continuer
00:18:44pour éviter,
00:18:45comme saisissent,
00:18:46ma maison,
00:18:47que je sois dans le rouge
00:18:48au niveau de la banque
00:18:49parce qu'au final,
00:18:50on a tellement pressé
00:18:51mon activité
00:18:52qu'à ce stade,
00:18:53je n'ai plus d'autres moyens.
00:18:54Est-ce que vous avez déjà
00:18:55songé, Marc Sanchez,
00:18:56à vous délocaliser carrément ?
00:18:58On voit de nombreux
00:18:58entrepreneurs,
00:18:59entrepreneurs tout courts,
00:19:00qui décident
00:19:01de quitter la France
00:19:02et d'aller monter
00:19:02leur entreprise ailleurs.
00:19:04Non, non,
00:19:05on n'est pas dans cette logique.
00:19:06Il y a beaucoup
00:19:06de déclarations,
00:19:10on va dire,
00:19:11fondamentales
00:19:12là-dessus.
00:19:14Très clairement,
00:19:15aujourd'hui,
00:19:15au niveau de nos boîtes,
00:19:17quand vous avez
00:19:18deux ou trois salariés,
00:19:19c'est des boîtes
00:19:20qui sont énormément
00:19:21ancrées à leur territoire.
00:19:22Elles n'ont pas envie
00:19:22de partir.
00:19:24Un boulanger en Dordogne,
00:19:26il n'a pas envie
00:19:26d'aller s'installer
00:19:27au Portugal,
00:19:28il a envie
00:19:28de rester en France,
00:19:29il a de très bons contacts
00:19:31avec ses clients
00:19:33qui sont souvent des amis.
00:19:35Cet élément de proximité
00:19:36en lui-même
00:19:37ne disparaît pas,
00:19:38on n'a pas envie
00:19:39effectivement
00:19:39qu'il soit supprimé
00:19:40et ce n'est pas
00:19:41la volonté
00:19:41de beaucoup d'entrepreneurs.
00:19:43Il y a encore
00:19:43beaucoup aujourd'hui
00:19:44de chefs d'entreprise,
00:19:46même si ça a un petit peu
00:19:47tendance à baisser,
00:19:48mais qui ont cette volonté
00:19:49de créer des entreprises
00:19:50de proximité
00:19:51pour qu'elles prospèrent.
00:19:52Le seul point aujourd'hui
00:19:54effectivement
00:19:54qui peut être mis en avant,
00:19:56ce discours en tout cas,
00:19:58c'est pour les grandes boîtes
00:19:59parce que la grande boîte
00:19:59a aussi des moyens économiques
00:20:01de se délocaliser.
00:20:03Mais mon boulanger de Dordogne,
00:20:04je peux vous dire
00:20:04qu'il n'a pas les moyens
00:20:05de le faire.
00:20:05Il est obligé,
00:20:06alors il le veut,
00:20:08mais aussi il est dans l'obligation
00:20:09de rester sur son territoire.
00:20:12Et c'est à la fois
00:20:13effectivement un gros avantage,
00:20:15mais c'est aussi un poids.
00:20:16Merci beaucoup Marc Sanchez.
00:20:20Je rappelle que vous êtes
00:20:21directeur général du syndicat
00:20:22des indépendants et des TPE.
00:20:24On vous souhaite
00:20:25et on nous souhaite à tous
00:20:26que cette crise politique
00:20:28enfonde d'une situation
00:20:29un peu plus stable,
00:20:30y compris pour les très
00:20:31petits entrepreneurs.
00:20:32A bientôt Marc Sanchez.
00:20:35Midi 14h, Sud Radio,
00:20:37la France dans tous ses états,
00:20:39Péricault-Légas,
00:20:41Maud Koffler.
00:20:42La Chine est-elle en train
00:20:43de dévorer l'industrie française ?
00:20:45C'est la question
00:20:46à laquelle nous allons tenter
00:20:47de répondre avec notre invité
00:20:48Laurent Michelon,
00:20:49auteur de Comprendre
00:20:50la relation Chine-Occident.
00:20:51Péricault.
00:20:51Laurent Michelon,
00:20:52merci d'être dans ce studio
00:20:55de Sud Radio
00:20:57au moment où la vie politique
00:20:59française est dans l'émoi
00:21:00et qui dit émoi politique
00:21:02dit trouble au niveau économique.
00:21:05On va parler avec vous
00:21:06d'un sujet brûlant
00:21:08qui est la relation économique
00:21:10entre la Chine et la France.
00:21:12D'abord en un mot,
00:21:13est-ce que le péril jaune
00:21:14est une réalité ?
00:21:16Est-ce que la Chine
00:21:17dont on pense pique-pendre
00:21:18et dont on sait
00:21:19qu'il y a de façon avérée
00:21:20des dégâts sur l'économie française,
00:21:23est-ce qu'il n'y a plus rien
00:21:24à attendre de la Chine
00:21:24ou est-ce qu'on peut repenser
00:21:26la relation franco-chinoise
00:21:27pour développer une économie
00:21:29qui profiterait à tout le monde ?
00:21:30Alors, il faut s'attacher,
00:21:32il faut s'arrimer très solidement
00:21:34à la Chine
00:21:35parce que c'est déjà
00:21:36une des dernières grandes puissances
00:21:38à nous tendre la main.
00:21:39On a vu que, bon,
00:21:40on a brûlé des ponts
00:21:41avec la Russie.
00:21:42Les États-Unis
00:21:42ont pris des positions
00:21:45qui nous ont tous surprises.
00:21:47On est lentement sortis d'Afrique.
00:21:49Finalement, il ne reste plus que la Chine
00:21:50qui nous tord encore la main
00:21:51malgré toutes les digressions
00:21:55des gouvernements précédents.
00:21:57On se rappelle
00:21:58des pirouettes
00:22:00de Bruno Le Maire
00:22:00sur la Chine
00:22:02qui invitaient
00:22:02les grandes marques
00:22:04d'automobiles chinoises électriques
00:22:06à se rendre en France
00:22:07et puis qui, six mois plus tard,
00:22:08leur annonçaient des tarifs
00:22:09douaniers spécialement
00:22:11designés pour elles.
00:22:12Donc, ces marques-là
00:22:13sont parties toutes en Hongrie
00:22:14comme la plupart
00:22:15des investissements chinois
00:22:17qui ne trouvent pas
00:22:18finalement de satisfaction
00:22:19sur le marché français.
00:22:21Donc, non,
00:22:21il faut s'attacher à la Chine.
00:22:23De toute façon,
00:22:24il est vrai que
00:22:25quand on parle de péril jaune,
00:22:26c'est quelque chose
00:22:27qui est agité
00:22:28depuis 150 ans
00:22:29dans les différents
00:22:30gouvernements occidentaux
00:22:31et on se rend compte
00:22:32qu'en fait, souvent,
00:22:33c'est au moment
00:22:34où les gouvernements
00:22:35perdent un peu les pédales,
00:22:36n'arrivent plus
00:22:36à contrôler leur population
00:22:37et tout d'un coup,
00:22:38il y a une menace extérieure
00:22:40qui vient
00:22:40et c'est bien pratique
00:22:41le péril jaune
00:22:42parce que c'est très lointain.
00:22:43On ne peut pas vérifier
00:22:44ce qui est raconté dessus.
00:22:45Là, maintenant,
00:22:46à l'heure de la mondialisation,
00:22:48il n'y a qu'à regarder
00:22:49ce que font les entreprises françaises
00:22:50et européennes en général.
00:22:51Elles sont toutes en Chine.
00:22:52Elles continuent d'investir
00:22:53massivement en Chine.
00:22:54Donc, on voit vraiment
00:22:55une dichotomie
00:22:55qui s'installe
00:22:56entre le discours
00:22:57des médias de masse
00:22:58qui racontent effectivement
00:22:59que la Chine est un ogre
00:23:01qui va tout dévorer,
00:23:02les ressources,
00:23:02qui polluent,
00:23:04qui profitent
00:23:04de la faiblesse
00:23:05du tissu industriel français
00:23:06pour investir.
00:23:07Donc, c'est tout
00:23:08systématiquement négatif
00:23:09même quand il y a
00:23:09des choses positives
00:23:10à rapporter
00:23:11parce qu'on ne peut pas
00:23:12les ignorer complètement.
00:23:16C'est toujours suivi
00:23:16de la phrase
00:23:17« Oui, mais à quel prix ? »
00:23:18Vous-même, concrètement,
00:23:20quelle est votre activité ?
00:23:20Quel est votre rapport
00:23:21avec la Chine ?
00:23:22Justement, ça tombe bien
00:23:22parce que
00:23:23mon activité principale,
00:23:25c'est d'accompagner
00:23:26les entreprises chinoises
00:23:27qui viennent investir
00:23:27dans les pays européens.
00:23:29Pas seulement la France,
00:23:30mais beaucoup la France,
00:23:31évidemment.
00:23:32Et je fais ça depuis
00:23:32une dizaine d'années
00:23:33et j'ai vraiment vu l'évolution
00:23:35où, au départ,
00:23:36les entreprises chinoises
00:23:37venaient investir
00:23:38en France.
00:23:39C'était plus
00:23:39une opération de prestige,
00:23:41en fait.
00:23:41Il s'agissait de montrer
00:23:42qu'ils avaient des bureaux
00:23:43en France.
00:23:44Mais là, maintenant,
00:23:45avec la saturation
00:23:45du marché chinois,
00:23:47la sortie vers l'extérieur
00:23:48est vraiment primordiale
00:23:50pour eux.
00:23:51Et on voit donc
00:23:52que l'Asie du Sud-Est
00:23:53est devenue
00:23:53le premier partenaire commercial
00:23:54de la Chine.
00:23:55C'était l'Union européenne avant.
00:23:57Mais là, maintenant,
00:23:57c'est l'Asie du Sud-Est.
00:23:58Saturation avec une population
00:24:00d'un milliard et demi d'habitants,
00:24:01donc de clients potentiels.
00:24:02Et malgré tout,
00:24:04ils ont encore
00:24:05d'autres produits à vendre
00:24:06que ceux qui fournissent
00:24:07le marché intérieur.
00:24:08Bien sûr.
00:24:10Là aussi,
00:24:10on voit dans les médias
00:24:11de masse
00:24:12où on parle
00:24:12de surcapacité chinoise.
00:24:16Ce qu'on appelle
00:24:16chez nous
00:24:17des exportations.
00:24:18L'exportation,
00:24:18c'est une surcapacité.
00:24:20Mais donc,
00:24:21les exports,
00:24:22quand ils augmentent
00:24:23de l'Occident
00:24:24vers la Chine,
00:24:24c'est bien.
00:24:25Quand ils augmentent
00:24:26de la Chine vers l'Occident,
00:24:27on appelle ça
00:24:28une surcapacité
00:24:28et c'est négatif.
00:24:29Alors,
00:24:30est-ce que l'Europe
00:24:31et la Chine,
00:24:32la France en particulier,
00:24:34et c'est le sujet
00:24:35qui blesse
00:24:36et qui est à l'origine
00:24:36des polémiques
00:24:37et des malentendus,
00:24:39est-ce qu'on joue bien
00:24:40dans la même cour
00:24:41avec les mêmes règles du jeu ?
00:24:42L'économie chinoise
00:24:44est une économie dirigiste,
00:24:45c'est un parti communiste
00:24:46qui est à la tête
00:24:48de cette grande puissance,
00:24:50de cette grande nation,
00:24:51parce que la Chine,
00:24:52c'est un géant
00:24:53à tous les sens du terme.
00:24:54Est-ce qu'ils arrivent
00:24:57chez nous quand même
00:24:58avec des avantages
00:24:59concurrentiels
00:25:00que nous n'avons pas ?
00:25:01Est-ce qu'ils ont droit
00:25:02de procéder
00:25:03avec des protocoles
00:25:05industriels ou sociaux
00:25:06que nous nous interdisons
00:25:08en Europe
00:25:08et qui créerait du coup
00:25:09un déséquilibre
00:25:10et un désavantage
00:25:11pour l'économie européenne ?
00:25:12Alors, il est certain
00:25:13que la Chine démarre
00:25:15avec un avantage
00:25:16comparatif par rapport
00:25:17à nous,
00:25:17parce que d'abord,
00:25:18nous, on s'est désindustrialisé
00:25:20massivement,
00:25:21on a délocalisé
00:25:22vers la Chine.
00:25:22Parce qu'on aura délégué
00:25:24la production de produits
00:25:25dont on estimait
00:25:26qu'on avait pu aller faire,
00:25:27la grande distribution
00:25:28est très contente
00:25:28de les importer
00:25:29et on dit
00:25:29mais grâce à ça,
00:25:30ce n'est pas cher.
00:25:31Exactement.
00:25:31Mais il y a une facture à ça.
00:25:32Bien sûr.
00:25:33Et en fait,
00:25:33pendant des dizaines d'années,
00:25:35pendant environ trois décennies,
00:25:37ce sont les grandes entreprises françaises
00:25:39qui ont augmenté leur marge
00:25:40en délocalisant en Chine,
00:25:43donc en bénéficiant
00:25:44des coûts de travail
00:25:44bien inférieurs
00:25:45et en continuant à vendre
00:25:46de plus en plus cher chez nous.
00:25:47Dans ce seul but,
00:25:48on est d'accord.
00:25:48Bien sûr.
00:25:49C'était de faire de la marge
00:25:49sur le social.
00:25:50Et donc maintenant,
00:25:51d'aller dire aux Chinois
00:25:53vous avez profité
00:25:54des localisations,
00:25:57c'est assez malhonnête.
00:25:58Effectivement,
00:25:58les Chinois en ont tiré
00:25:59un bénéfice,
00:26:00notamment en transfert
00:26:01de technologie
00:26:01et des choses comme ça.
00:26:02Mais maintenant,
00:26:03on se rend compte
00:26:04que c'est nous
00:26:04qui leur demandons
00:26:05de procéder
00:26:05à des transferts
00:26:06de technologie
00:26:06pour leur redonner
00:26:09accès au marché européen.
00:26:10Donc il faut bien voir
00:26:11que, par exemple,
00:26:11je vais prendre l'exemple
00:26:12des voitures électriques chinoises.
00:26:13Oui, justement.
00:26:14Voilà.
00:26:15J'ai eu rapidement un exemple.
00:26:16C'est le sujet
00:26:16qui blesse le plus.
00:26:17Oui, parce que malheureusement,
00:26:19on va le faire maintenant
00:26:20en Europe, principalement.
00:26:21Je crois que les véhicules électriques,
00:26:25c'est 70% des investissements
00:26:26chinois en Europe.
00:26:27Tout à fait.
00:26:28Voilà.
00:26:28Donc il faut voir
00:26:29qu'on a fermé notre marché
00:26:31puisqu'en 2016,
00:26:32c'était l'apogée
00:26:34des investissements chinois
00:26:36dans le monde,
00:26:36dont en Europe.
00:26:37Ensuite,
00:26:37ça s'est effondré depuis
00:26:38parce qu'on a mis
00:26:40des barrières partout,
00:26:40des barrières tarifaires
00:26:42et puis des barrières environnementales,
00:26:44des barrières en termes de travail.
00:26:46Et petit à petit,
00:26:47c'est pour ça
00:26:47que le changement
00:26:49en fait s'est opéré.
00:26:50Les entreprises chinoises
00:26:51depuis quelques années
00:26:52ne viennent plus investir,
00:26:55c'est-à-dire acheter
00:26:55des sociétés françaises
00:26:57ou investir,
00:26:58prendre une participation
00:26:59majoritaire ou minoritaire.
00:27:01Et maintenant,
00:27:01elles font des projets
00:27:02à partir de zéro,
00:27:03ce qu'on appelle
00:27:03des greenfield projects.
00:27:04Et en fait,
00:27:05elles viennent monter
00:27:06des usines
00:27:07à partir de rien
00:27:08pour faire des panneaux solaires,
00:27:10des batteries,
00:27:11des voitures,
00:27:11des choses comme ça.
00:27:12Donc le risque
00:27:12de colonisation économique
00:27:14est moindre
00:27:15que ce qu'il a pu être
00:27:16à un moment donné.
00:27:17Qu'est-ce qu'il est mieux ?
00:27:18Que la Chine
00:27:19rentre dans le capital
00:27:19de nos sociétés
00:27:20et se les approprie,
00:27:21j'allais dire,
00:27:22surmoisement
00:27:22comme on l'a soupçonné,
00:27:24ou qu'ils viennent carrément
00:27:25créer une activité
00:27:26chinoise en Europe ?
00:27:28Je pense que
00:27:29la réponse est assez évidente,
00:27:31c'est la deuxième solution
00:27:32que vous proposez,
00:27:33c'est ce qu'ils sont en train
00:27:33de faire majoritairement
00:27:34en ce moment,
00:27:35c'est des projets
00:27:35à partir de rien.
00:27:36Ils viennent avec
00:27:37leur propre marque,
00:27:38ils créent des usines,
00:27:39ils créent des emplois,
00:27:42par contre dans l'autre sens,
00:27:43on voit que ce sont
00:27:44les Etats-Unis
00:27:44qui eux font l'acquisition
00:27:46de marques françaises
00:27:47et la dernière en date
00:27:49c'était Petit Bateau,
00:27:50donc c'est des marques
00:27:50assez iconiques
00:27:51et on se rend compte
00:27:53que l'investissement américain
00:27:55en France
00:27:55est bien supérieur
00:27:56à l'investissement chinois
00:27:57mais c'est toujours
00:27:58l'investissement chinois
00:27:59qu'on pointe du doigt
00:27:59en disant
00:28:00ils profitent de notre faiblesse,
00:28:01de notre tissu industriel
00:28:03et des choses comme ça.
00:28:04Mais certainement,
00:28:04on a besoin de la Chine
00:28:06pour les transferts de technologies
00:28:07pendant que les Etats-Unis
00:28:07eux nous prennent nos pépites
00:28:09et les emmènent
00:28:10aux Etats-Unis,
00:28:11on se rappelle
00:28:11l'Alstom et General Electric
00:28:13pour dans ce site et qu'un,
00:28:14et bien les Chinois
00:28:14eux viennent
00:28:15avec des nouvelles technologies,
00:28:17des partenariats,
00:28:18il faut bien se rappeler
00:28:19que par exemple
00:28:19Renault a un partenariat
00:28:20en Chine
00:28:21et ils sont revenus
00:28:22en disant
00:28:23mais nous on a besoin
00:28:23de notre partenaire chinois
00:28:24parce que c'est eux
00:28:25qui font la recherche
00:28:26et le développement
00:28:26pour les nouveaux matériaux,
00:28:28les techniques de production
00:28:29c'est eux
00:28:30qui nous les inculquent,
00:28:31les techniques de vente
00:28:32nouvelles
00:28:32ce sont eux
00:28:33qui nous les inculquent aussi
00:28:34et en fait
00:28:34la vraie question maintenant
00:28:35c'est
00:28:36on a appris aux Chinois
00:28:37pendant 40 ans
00:28:38est-ce qu'on est prêt
00:28:38à apprendre des Chinois maintenant ?
00:28:39Beaucoup de Françaises
00:28:40et de Français
00:28:40roulent en voiture chinoise
00:28:41sans le savoir
00:28:42sans le savoir
00:28:42au niveau de la fabrication
00:28:44exactement
00:28:45la 2008
00:28:45est-ce qu'on peut considérer
00:28:47que nos partenaires allemands
00:28:50ont tiré les barons du feu
00:28:51c'est-à-dire que
00:28:52eux exportent vers la Chine
00:28:53des produits allemands
00:28:55dont les Chinois ont besoin
00:28:57en échange de quoi
00:28:58ils nous disent
00:28:58ah mais il faut ouvrir
00:29:00le marché à la Chine
00:29:01parce que
00:29:01ils ont besoin d'exporter
00:29:03et en fait
00:29:03c'est eux qui bénéficient
00:29:04de cet avantage
00:29:05cette réalité
00:29:05est toujours un fait
00:29:06c'est plus la réalité
00:29:08aujourd'hui
00:29:09les Allemands souffrent
00:29:10autant que la France
00:29:12ou que l'Italie
00:29:12ou que l'Espagne
00:29:13dans ce domaine-là
00:29:14parce qu'ils ont fait
00:29:14les mêmes erreurs
00:29:15que nous finalement
00:29:15ils ont aussi délocalisé
00:29:17massivement
00:29:17moi je me rappelle
00:29:18il y a une dizaine d'années
00:29:19je discutais avec des gens
00:29:20d'une grande marque
00:29:20automobile allemande
00:29:21et je leur demandais
00:29:22si dans 10 ans
00:29:23ils ne seraient pas dépassés
00:29:24par leur partenaire chinois
00:29:26avec qui ils avaient signé
00:29:26des joint ventures
00:29:27ils m'ont dit
00:29:28non ce ne sera pas 10 ans
00:29:28ce sera 5
00:29:29donc c'est arrivé
00:29:30les chinois
00:29:31les entreprises chinoises
00:29:33ont racheté quelques pépites
00:29:34et maintenant
00:29:36est ouvert aux grandes marques
00:29:37un Mercedes BMW
00:29:38mais le problème
00:29:39c'est que ce ne sont plus
00:29:40elles qui tiennent
00:29:41le haut du pavé
00:29:42maintenant elles sont
00:29:43une marque parmi d'autres
00:29:44et les gens qui ont
00:29:46on va dire
00:29:46un certain niveau de revenu
00:29:47en Chine
00:29:47maintenant ne privilégient plus
00:29:50les grandes marques
00:29:51allemandes d'automobiles
00:29:51ils vont regarder
00:29:52les voitures chinoises
00:29:53ils vont garder
00:29:54voilà
00:29:54donc c'est
00:29:55les Allemands
00:29:56sont dans la même
00:29:57situation que nous
00:29:58ils ont effectivement
00:29:59de par leur tissu industriel
00:30:00on va dire un avantage
00:30:02par rapport à la France
00:30:04mais ils souffrent
00:30:05des mêmes problèmes
00:30:06les grandes marques
00:30:07Audi ne vend plus en Chine
00:30:08par exemple
00:30:09ah bon
00:30:09voilà
00:30:10et BMW
00:30:10refuse de participer
00:30:13à la course
00:30:14enfin la concurrence
00:30:16sur les prix
00:30:17pourquoi ?
00:30:19parce qu'en Chine
00:30:19ce qui se passe en ce moment
00:30:20c'est une sorte de déflation
00:30:22en fait
00:30:22il y a une telle concurrence
00:30:23c'est une telle concurrence
00:30:25entre les marques chinoises
00:30:27et les marques occidentales
00:30:28que les prix sont à la baisse
00:30:29et BMW
00:30:30dont je connais
00:30:32certains cadres
00:30:33on dit
00:30:33ça sert à rien
00:30:34de faire des voitures
00:30:35pour gagner 5000 euros
00:30:35oui bien sûr
00:30:36voilà
00:30:37donc ils ont dit
00:30:37on arrête de baisser nos prix
00:30:38mais du coup
00:30:39ils ne vendent plus
00:30:39la marge est dérisoire
00:30:40voilà
00:30:40et donc il faut conquérir
00:30:42des parts de marché ailleurs
00:30:43ailleurs
00:30:43et puis repenser
00:30:44repenser sa méthode de travail
00:30:46repenser
00:30:46repenser beaucoup de choses
00:30:48les chinois
00:30:49ont intérêt
00:30:50à trouver
00:30:51j'allais dire
00:30:52un modus vivendi
00:30:52avec l'économie européenne
00:30:54où on sera toujours
00:30:54dans une concurrence
00:30:55un peu brutale
00:30:56non ils ont besoin
00:30:57d'un modus vivendi
00:30:59parce que c'est un marché
00:31:00qui est important pour eux
00:31:01c'est un marché
00:31:01qu'ils respectent
00:31:02alors il faut toujours
00:31:03faire la différence
00:31:04entre la relation
00:31:05entre la Chine et l'UE
00:31:06et la Chine
00:31:06et les pays
00:31:07les pays
00:31:07enfin les pays
00:31:08souverains
00:31:09encore souverains
00:31:09c'est à dire qu'il y a
00:31:11une très bonne relation
00:31:12avec la France
00:31:12avec l'Allemagne
00:31:13avec l'Italie
00:31:13avec l'Espagne
00:31:14mais ce n'est pas du tout
00:31:15le cas avec l'Union Européenne
00:31:16qui leur met systématiquement
00:31:17des bâtons dans les roues
00:31:18mais après il faut voir
00:31:18la différence
00:31:19c'est que nous
00:31:19la France
00:31:20Emmanuel Macron
00:31:21a soutenu
00:31:23Ursula von der Leyen
00:31:24dans sa croisade
00:31:26anti-chinoise
00:31:27sur les droits de douane
00:31:28alors que d'autres pays
00:31:29n'ont pas fait
00:31:29résultat
00:31:30c'est l'Espagne
00:31:31qui a reçu une usine
00:31:32CATL de batterie
00:31:34c'est la Hongrie
00:31:35c'est la Croatie
00:31:37c'est des pays comme ça
00:31:38Vous restez bien avec nous
00:31:39on est ensemble
00:31:40jusqu'à 14h
00:31:41et nous sommes avec
00:31:42Laurent Michelon
00:31:43en ce moment
00:31:43auteur de Comprendre
00:31:44la relation Chine-Occident
00:31:45à tout de suite
00:31:46La Chine est-elle en train
00:31:56de dévorer l'industrie française ?
00:31:58C'est le thème de cette émission
00:31:59avec Laurent Michelon
00:32:00auteur de Comprendre
00:32:01la relation Chine-Occident
00:32:02Est-ce qu'un jour
00:32:03l'industrie
00:32:05l'économie européenne
00:32:06dévorera l'économie chinoise ?
00:32:08Non, je ne vous pose
00:32:09même pas la question
00:32:09parce que vous vous avez répondu
00:32:11si vous voulez
00:32:11Non, je reviens à ce titre
00:32:16quand j'étais adolescent
00:32:17quand la Chine s'éveillera
00:32:19le monde tremblera
00:32:20c'est une phrase bateau
00:32:21tout le monde l'a sortie
00:32:22aujourd'hui dans une réalité
00:32:23qui dépasse
00:32:25ce qu'on pouvait supposer
00:32:26à l'époque
00:32:27c'est normal
00:32:27c'est une grande puissance
00:32:29quel est le secteur d'activité
00:32:31où la Chine
00:32:32est devenue
00:32:33monstrueuse ?
00:32:35Monstrueuse
00:32:35on va dire
00:32:36au sens volume
00:32:37prédominante
00:32:38l'industrie
00:32:39de l'automobile électrique
00:32:40mais ce qu'il faut
00:32:42voir
00:32:42c'est un exemple
00:32:43pour la France
00:32:44c'est tout
00:32:44le message
00:32:46de mon ouvrage
00:32:47c'est
00:32:48inspirons-nous
00:32:49de ce qui marche en Chine
00:32:50et pourquoi
00:32:51on ne devrait pas
00:32:52avoir peur de la Chine
00:32:53on ne doit pas avoir peur
00:32:54d'être en concurrence
00:32:55avec la Chine
00:32:55c'est parce que la Chine
00:32:56est devenue
00:32:56le pays numéro 1
00:32:59dans l'automobile électrique
00:33:01il faut se rappeler
00:33:01que BYD
00:33:02la marque BYD
00:33:03est devenue
00:33:03le plus grand producteur
00:33:04au monde de véhicules
00:33:05l'année dernière
00:33:05devant Toyota
00:33:06et c'est parce qu'ils ont
00:33:08laissé rentrer Tesla
00:33:09sur leur marché
00:33:09et en fait en 2018
00:33:10le gouvernement chinois
00:33:12qui se rendait compte
00:33:13que le véhicule électrique
00:33:14ne décollait pas en Chine
00:33:15il y avait des problèmes
00:33:16de design
00:33:16il y avait des problèmes
00:33:17de sécurité
00:33:19il y avait des problèmes
00:33:19dans tous les sens
00:33:20et ils ont dit
00:33:21ce qu'on va faire
00:33:21c'est qu'on va laisser rentrer
00:33:22le leader
00:33:23sur le marché chinois
00:33:24sans joint venture
00:33:25donc c'est-à-dire
00:33:26vraiment les mains libres
00:33:28et avec des subventions
00:33:29il faut savoir que Tesla
00:33:30il était le deuxième
00:33:31bénéficiaire des subventions
00:33:32du gouvernement chinois
00:33:33dans les véhicules électriques
00:33:34devant les marques chinoises
00:33:35et en fait
00:33:36ce qu'ils ont fait
00:33:37c'est qu'ils ont activé
00:33:37le chinois
00:33:38ce qu'on appelle
00:33:38l'effet du poisson chat
00:33:40et en fait
00:33:41c'est de pousser
00:33:42tout un écosystème
00:33:43en fait
00:33:44à concurrencer
00:33:45à s'améliorer
00:33:46par la concurrence
00:33:47et en fait
00:33:47on s'améliore
00:33:49ou on meurt
00:33:49et à partir de là
00:33:51ça c'était en 2018
00:33:52à partir de là
00:33:52il y a un certain nombre
00:33:53de marques chinoises
00:33:54qui se sont intégrées
00:33:56entre elles
00:33:56il en reste encore 108
00:33:57ça c'est une logique d'état
00:33:59on est d'accord
00:33:59que c'est
00:34:00ce qu'on appelle
00:34:01une économie dirigée
00:34:02c'est que ce protocole
00:34:03il est inspiré
00:34:04par la classe politique
00:34:05vous allez faire comme ça
00:34:06absolument
00:34:06absolument
00:34:07et donc les banques
00:34:08on n'a pas du tout
00:34:08chez nous
00:34:09c'est ce qu'on appelle
00:34:10la planification
00:34:11on est du temps
00:34:12du général de Gaulle
00:34:13qui a donné des résultats
00:34:14bien sûr
00:34:14et là maintenant
00:34:15on laisse libre cours
00:34:16alors qu'eux les chinois
00:34:17continuent à savoir
00:34:18où est-ce qu'il faut investir
00:34:19de quelle façon
00:34:19et avec quels moyens
00:34:20à tous les 5 ans
00:34:20il y a un plan
00:34:21qui en plus de ça
00:34:22peut être légèrement modifié
00:34:23et donc les marques chinoises
00:34:25se sont toutes mises en concurrence
00:34:26les unes avec les autres
00:34:27on a vu un bon qualitatif
00:34:29hallucinant
00:34:29avant et après la période Covid
00:34:31les véhicules électriques chinois
00:34:32ce n'est plus la même chose
00:34:33vous voulez dire
00:34:34qu'il y a une dérégulation
00:34:35ce qui pour nous est un fléau
00:34:36à l'intérieur même
00:34:37de l'économie chinoise
00:34:38alors ce que fait
00:34:39le gouvernement chinois
00:34:40quand il intervient
00:34:41dans un secteur
00:34:42pas juste l'automobiliste
00:34:42enfin il intervient
00:34:43il légifère
00:34:44il va dire
00:34:44voilà les règles c'est ça
00:34:45l'objectif c'est ça
00:34:47les banques vont vous suivre
00:34:48pour les financements
00:34:50la législation va suivre
00:34:51et ensuite l'état se retire
00:34:53et laisse le privé
00:34:54reprendre le dessus
00:34:55et c'est là où la concurrence commence
00:34:57exactement
00:34:57et c'est une concurrence féroce
00:34:58elle porte sur quoi la concurrence
00:35:00c'est sur des tarifs
00:35:01sur des méthodes de production
00:35:02sur l'exportation
00:35:03surtout sur le design
00:35:04alors on a vu des grandes marques chinoises
00:35:06qui ont invité
00:35:07des designers français
00:35:08de Renault
00:35:09de certaines marques comme ça
00:35:10pour venir faire le design
00:35:11de leur voiture
00:35:11mais ça va être aussi sur le prix
00:35:13et c'est ce qui se passe en ce moment
00:35:14en Chine
00:35:14c'est que toutes les grandes marques
00:35:15chinoises de véhicules
00:35:16qui ont des très beaux designs
00:35:18maintenant
00:35:18ils ont pris des designers
00:35:19un peu partout dans le monde
00:35:20ils ont travaillé sur des nouvelles
00:35:21méthodes de production
00:35:22et maintenant la concurrence
00:35:23est sur le prix
00:35:24à tel point que
00:35:25récemment Xi Jinping
00:35:26a fait un discours
00:35:27en disant
00:35:28il faut mettre un terme
00:35:30à cette concurrence
00:35:30qui n'est basée que sur le prix
00:35:32parce que ça va mener
00:35:33en fait à une autodestruction
00:35:34de l'industrie
00:35:34vous voulez dire que c'est Tesla
00:35:36qui les a inspirés
00:35:38ou qui a stimulé en eux
00:35:39ce besoin de conquérir
00:35:41de part de marché à l'extérieur
00:35:42autrement dit
00:35:43ils n'ont pas fait rentrer
00:35:44le loup dans la bergerie
00:35:45ils ont fait rentrer
00:35:46l'agneau
00:35:47qui leur a donné
00:35:47la stimulation
00:35:50exactement
00:35:51c'est en fait
00:35:51ce qu'on appelle
00:35:52l'effet du poisson chat
00:35:55c'était cette fable
00:35:56où il y avait
00:35:57un Norvégien
00:35:58qui était le seul bateau
00:36:00à ramener des sardines
00:36:01qui étaient encore vivantes
00:36:02quand ils arrivaient au port
00:36:02et il s'était rendu compte
00:36:03que le capitaine
00:36:04mettait un poisson chat
00:36:05dans les bassines
00:36:06et donc les sardines
00:36:07continuaient de nager
00:36:08tout le temps
00:36:08pendant le voyage
00:36:09et elles arrivaient vivantes
00:36:10au port
00:36:10donc c'est en fait
00:36:11de stimuler
00:36:13la compétition
00:36:15de faire peur
00:36:15à tous les concurrents
00:36:16de façon à ce qu'ils donnent
00:36:18leur maximum
00:36:19comment se porte Tesla
00:36:20en Chine aujourd'hui ?
00:36:21très mal
00:36:21maintenant
00:36:22ils étaient numéro 1
00:36:23Tesla était numéro 1
00:36:25des ventes
00:36:25quand ils sont rentrés
00:36:26sur le marché chinois
00:36:27donc ils ont fait du profit
00:36:27à un moment donné
00:36:28énormément
00:36:28et puis ils continuent de le faire
00:36:30parce qu'en fait
00:36:30ils ne vendent pas beaucoup
00:36:32en Chine
00:36:32mais maintenant
00:36:32leurs mégas usines chinoises
00:36:34vendent énormément
00:36:35dans le reste du monde
00:36:36donc ils sont très contents
00:36:37mais sur le marché chinois
00:36:38ils sont plus majoritaires
00:36:40parce qu'il y a tellement
00:36:41de marques chinoises
00:36:42et puis il y a un facteur
00:36:43on va dire
00:36:43patriotique
00:36:45chinois
00:36:45ils préfèrent
00:36:46à qualité égale
00:36:47ils vont préférer
00:36:48un véhicule chinois
00:36:49quel est le pourcentage
00:36:51des marques chinoises
00:36:52aujourd'hui en France ?
00:36:52je regardais les chiffres
00:36:53avant de vous recevoir
00:36:55ce sont quand même
00:36:55des marques françaises
00:36:56qui restent en tête
00:36:57au niveau du moteur électrique
00:36:58c'est en train de reculer
00:36:59tout doucement
00:37:00et sûrement
00:37:01ou on peut maintenir
00:37:02à un moment donné
00:37:02un niveau de production française ?
00:37:05petit à petit
00:37:05mais déjà
00:37:06même sans parler
00:37:07des marques chinoises
00:37:08on regarde
00:37:08je me suis aperçu récemment
00:37:10j'ai loué une Peugeot 2008
00:37:11et je me suis rendu compte
00:37:12qu'elle était faite partout
00:37:13sauf en France quasiment
00:37:14voilà
00:37:14elle est faite en Chine
00:37:15elle est faite en Espagne
00:37:16elle est faite au Maghreb
00:37:17elle est faite en Amérique du Chine
00:37:18mais elle n'est pas faite en France
00:37:19donc il y a deux échelles
00:37:20il y a les marques françaises
00:37:22qui fabriquent en Chine
00:37:22parce que c'est moins cher
00:37:23mais il y a aussi
00:37:24des sociétés
00:37:25qui importent directement
00:37:26du moteur
00:37:26ou de la voiture chinoise
00:37:27bien sûr
00:37:28et puis il faut voir que
00:37:29sur 50% des véhicules
00:37:31qui sont importés
00:37:32des véhicules électriques
00:37:33qui sont importés
00:37:34de Chine vers l'Europe
00:37:3550% sont des marques européennes
00:37:37c'est ça
00:37:37ce sont des marques européennes
00:37:39qui fabriquent en Chine
00:37:40oui mais alors
00:37:41est-ce qu'on peut dire
00:37:42à ces marques là
00:37:43vous n'êtes pas patriote
00:37:44vous allez chercher
00:37:45du profit à l'extérieur
00:37:47vous pourriez rapatrier
00:37:48est-ce qu'ils pourraient
00:37:48rapatrier la production
00:37:49en Europe ?
00:37:52c'est une histoire de technologie
00:37:53ils pourraient
00:37:54et ils vont devoir
00:37:54je pense
00:37:55mais la question
00:37:56c'est surtout
00:37:57pourquoi est-ce que
00:37:58le prix est tellement différent
00:37:59au départ
00:38:00l'arrivée
00:38:00je donne un exemple
00:38:01la Smart
00:38:01qui était faite
00:38:02avant en France
00:38:03et qui maintenant
00:38:04est faite en Chine
00:38:04elle coûte
00:38:05le modèle de base
00:38:07coûte 20 000 euros
00:38:08en Chine
00:38:09quand elle arrive en Europe
00:38:10c'est 42 000
00:38:11le prix d'entrée
00:38:12ah oui le double
00:38:12ça c'est pas le transport
00:38:14et c'est pas les assurances
00:38:15alors c'est la marge quoi
00:38:16c'est la marge
00:38:16c'est la marge
00:38:17des groupes
00:38:19européens
00:38:20qui se disent
00:38:20mais de toute façon
00:38:21le consommateur est habitué
00:38:22à payer ce niveau de prix
00:38:23il n'y a pas de raison
00:38:24qu'on le descende
00:38:24et donc l'Union Européenne
00:38:26ce qu'elle fait
00:38:26c'est qu'elle impose
00:38:27aux marques chinoises
00:38:28d'augmenter leur prix
00:38:29si elle va avoir accès
00:38:30au marché
00:38:30on pourrait avoir
00:38:31des véhicules chinois
00:38:32encore beaucoup moins chers
00:38:33que ce qu'ils sont actuellement
00:38:34mais c'est l'Union Européenne
00:38:35qui impose des taxes
00:38:36pour que ça arrive
00:38:37au même niveau
00:38:38que les marques européennes
00:38:38au départ on va dire
00:38:40que c'est un protectionnisme
00:38:41sain et légitime
00:38:42mais l'incidence économique
00:38:44n'est pas si profitable
00:38:45que ça finalement
00:38:45non parce qu'il y a
00:38:46un problème de
00:38:48on va dire
00:38:48il y a un problème de marge
00:38:50en fait
00:38:50les marges sont
00:38:51trop élevées
00:38:52par rapport à ce qu'elles veulent être
00:38:53et c'est uniquement sur le fait
00:38:54que le consommateur
00:38:55est habitué à le payer
00:38:56quelles sont les marques chinoises
00:38:57purement chinoises
00:38:58non françaises
00:38:59qui sont aujourd'hui
00:39:00distribuées sur le marché français
00:39:02BYD
00:39:02qui vient d'ouvrir
00:39:03son cinquantième concessionnaire
00:39:05en France
00:39:05et trois centièmes en Europe
00:39:06cinquantième concessionnaire
00:39:07déjà
00:39:07on parle beaucoup en négatif
00:39:09mais en fait
00:39:09si on regarde réellement
00:39:10ce qui se passe
00:39:11les gens achètent
00:39:12ça a beau être chinois
00:39:13on a beau dire du mal
00:39:14de la Chine en permanence
00:39:14les gens achètent quand même
00:39:15parce que ce sont des véhicules
00:39:16de très bonne qualité
00:39:17très bonne facture
00:39:18il paraît que c'est
00:39:18des performances incroyables
00:39:19performances incroyables
00:39:20BYD vient de battre
00:39:22le record du monde de vitesse
00:39:23496 kmh
00:39:24qui a dépassé la billet de Cichyron
00:39:26sur un circuit en Allemagne
00:39:28et il y a Xpeng
00:39:30il y a Xiaomi
00:39:31qui arrive
00:39:32avec des très très bons véhicules
00:39:33à des prix
00:39:34défiant toute l'occurrence
00:39:35aujourd'hui c'est
00:39:36quelle part de marché
00:39:36on est au-dessous de 10%
00:39:38des ventes de voitures
00:39:3813 en dessous
00:39:3913 en dessous
00:39:406-7 je crois
00:39:417%
00:39:41j'ai quelque chose
00:39:427,7
00:39:42et ça va inévitablement augmenter
00:39:45ça va augmenter
00:39:46mais tout comme Tesla
00:39:49Tesla a pris 10%
00:39:51des parts de marché chinoises
00:39:52quand ils sont arrivés
00:39:52sur le marché chinois
00:39:53ça n'a pas mis les chinois
00:39:54dans un
00:39:55si tout d'un coup
00:39:57l'union européenne
00:39:58les instances européennes
00:39:59décidaient de frapper
00:40:01un grand coup
00:40:01et de dire
00:40:02on va faire à la Trump
00:40:03on taxe de 40%
00:40:05c'est ce qu'ils ont fait
00:40:06on est pas à 40%
00:40:07on est à 35%
00:40:09alors si on monte à 50%
00:40:10par exemple
00:40:11quelle est l'incidence
00:40:12qui peut venir
00:40:12est-ce qu'on protège vraiment
00:40:13l'économie ?
00:40:14on ne protège pas
00:40:14parce que
00:40:15pourquoi ?
00:40:15parce que les chinois
00:40:16peuvent encore descendre
00:40:17leur marge
00:40:18ah oui
00:40:18ils ont de la marge
00:40:20sur la marge
00:40:20ils ont de la marge
00:40:21sur la marge
00:40:21malgré tout ce que se mettront
00:40:23les différents
00:40:25fisques
00:40:27enfin on va dire
00:40:28bien sûr
00:40:28la fiscalité
00:40:29les prélèvements
00:40:30il y a encore de la marge
00:40:31et puis ensuite
00:40:32on vient produire en France
00:40:33et donc BYD
00:40:34alors là le problème
00:40:35c'est la réception
00:40:36en fait
00:40:37qu'ont fait
00:40:37les gouvernements locaux
00:40:38donc on voit Bruno Le Maire
00:40:39qui va courtiser
00:40:40les marques chinoises
00:40:41pour ouvrir des usines
00:40:42dans les Hauts-de-France
00:40:43et 6 mois plus tard
00:40:44il leur dit
00:40:44on va leur mettre
00:40:44des tarifs douaniers spéciaux
00:40:46sans les avoir prévenus
00:40:49qu'est-ce que fait BYD
00:40:51immédiatement
00:40:51ils disent
00:40:51bon ben on va en Hongrie
00:40:52il faut voir
00:40:53qu'il y avait déjà
00:40:53la même chose
00:40:54qui s'était passée
00:40:54il y a 3 ans
00:40:55il y avait BYD
00:40:56pour les bus électriques
00:40:57qui avait monté une usine
00:40:58qui pour le coup
00:40:58opérait dans les Hauts-de-France
00:41:01et le problème
00:41:02c'est qu'avec la
00:41:02on va dire
00:41:03la cynophobie ambiante
00:41:04dans les médias de masse
00:41:05en France
00:41:05et bien BYD
00:41:07n'a trouvé aucun contrat
00:41:08d'une municipalité
00:41:09qui voulait acheter
00:41:10ses autobus
00:41:11donc au bout d'un moment
00:41:11ils se sont dit
00:41:12on va la déplacer en Hongrie
00:41:13sachant qu'en Hongrie
00:41:14ils ont accès
00:41:15à tout le marché européen
00:41:15de toute façon
00:41:16le dossier automobile est clair
00:41:17vous avez fait
00:41:18une description précise
00:41:19des enjeux
00:41:20des tonneuses aboutissants
00:41:21est-ce qu'il y a quand même
00:41:22des importations chinoises
00:41:23qui continuent
00:41:23à nous faire du mal
00:41:25ou des fabrications
00:41:26européennes
00:41:27en Chine
00:41:28qui continuent
00:41:29à détruire
00:41:30des emplois
00:41:30à détruire de l'industrie
00:41:32à détruire des activités
00:41:33je ne pense pas
00:41:34que ça en détruise
00:41:34à cause des chinoises
00:41:36on a délocalisé
00:41:37des secteurs entiers
00:41:37qui maintenant
00:41:38effectivement
00:41:38on a du mal
00:41:39à les redémarrer
00:41:40je pourrais penser
00:41:41par exemple au solaire
00:41:42je sais que le solaire
00:41:43est quelque chose
00:41:44qui est vraiment
00:41:45primordial
00:41:47pour beaucoup de municipalités
00:41:48en France
00:41:48et ça ne peut venir
00:41:49que de Chine
00:41:50il n'y a plus d'offres
00:41:51en France
00:41:53donc on n'est pas
00:41:54sur la destruction
00:41:54d'emplois
00:41:55on est sur
00:41:55l'impossibilité pour nous
00:41:57d'entrer en concurrence
00:41:59parce qu'on n'a plus
00:41:59le tissu industriel
00:42:00qui va avec
00:42:01est-ce qu'il y a
00:42:02un scandale Chine ?
00:42:04ah
00:42:04ben là oui
00:42:05j'en discutais récemment
00:42:07je trouvais un petit peu bizarre
00:42:08qu'on dise que Chine
00:42:10soit pas chère
00:42:12quand on ne fait pas
00:42:13un scandale pour Zara
00:42:14et pour H&M
00:42:15je ne vois pas la différence
00:42:15avec Chine
00:42:16sauf qu'il y a deux marques
00:42:17qui sont européennes
00:42:18donc on ne dit rien
00:42:19il y a une marque
00:42:19qui est chinoise
00:42:20et on dit quelque chose
00:42:21c'est un peu toujours
00:42:21le même procédé
00:42:24que je trouve un peu injuste
00:42:25parce que moi
00:42:25je n'ai pas d'affection
00:42:26particulière pour Chine
00:42:27ou pour H&M
00:42:28je trouve que c'est la même chose
00:42:29mais il faut dire
00:42:29que c'est la même chose
00:42:30il ne faut pas faire
00:42:30un deux poids deux mesures
00:42:31donc aux instances européennes
00:42:32à repenser un petit peu
00:42:34leur philosophie économique
00:42:35parce que c'est fait partout
00:42:36c'est fait partout pareil
00:42:37Zara et H&M
00:42:42un énorme gâchis
00:42:43qu'on va pouvoir réparer
00:42:44je pense quand même
00:42:45oui oui
00:42:45on va devoir s'y mettre
00:42:46à lire vos différents ouvrages
00:42:49pour qu'on comprenne
00:42:50parce que pour les français
00:42:51c'est une nébuleuse
00:42:52et pourtant vous semblez
00:42:53apporter une explication
00:42:54assez rationnelle
00:42:55à le mystère
00:42:56de l'économie chinoise
00:42:57du mieux que je peux
00:42:58merci
00:42:58merci Laurent Michelon
00:42:59d'avoir été avec nous
00:43:00sur Sud Radio aujourd'hui
00:43:01et restez bien avec nous
00:43:02dans un instant
00:43:03Denis Olivene
00:43:04sera votre invité
00:43:05Péricolegas pour son livre
00:43:06le dictionnaire amoureux
00:43:08des juifs de France
00:43:08sous édition Plon
00:43:09un monument historique
00:43:11il y a beaucoup de choses à dire
00:43:11merci à tout de suite
00:43:12midi 14h
00:43:15Sud Radio
00:43:16la France dans tous ses états
00:43:18le face à face
00:43:20oui vous êtes toujours
00:43:21sur Sud Radio
00:43:22Sud Radio
00:43:23la France qui parle
00:43:24à toute la France
00:43:25et à tous ceux
00:43:26qui aiment la France
00:43:26d'où qu'ils viennent
00:43:28quoi qu'ils croient
00:43:29et quoi qu'ils pensent
00:43:29ça tombe bien
00:43:30parce que nous sommes
00:43:31avec Denis Olivene
00:43:32qui est l'auteur
00:43:32d'une somme
00:43:33le dictionnaire amoureux
00:43:35des juifs de France
00:43:37je peux vous dire
00:43:37que c'est pas une simple affaire
00:43:39merci Denis Olivene
00:43:41j'ai pas eu de week-end
00:43:41parce que j'ai voulu finir
00:43:42absolument le livre
00:43:43avant de vous recevoir
00:43:44je l'avais commencé
00:43:46il y a quelques jours
00:43:46et c'est un livre
00:43:47dont on peut dire
00:43:49qu'on est soumis
00:43:50à une addiction
00:43:50parce qu'on n'a pas envie
00:43:51de l'abandonner
00:43:52et d'intégrer la totalité
00:43:54des informations
00:43:56et des savoirs
00:43:57que vous transmettez
00:43:58dictionnaire amoureux
00:44:00des juifs de la France
00:44:00chez Plon
00:44:01c'est pas seulement
00:44:02c'est non seulement
00:44:04un document
00:44:04historique
00:44:06c'est un traité
00:44:08c'est un traité politique
00:44:10c'est une encyclopédie
00:44:12parfaite
00:44:13sur ce que sont
00:44:14les juifs de France
00:44:15et c'est même une lecture
00:44:17de l'histoire de France
00:44:17nouvelle
00:44:18et on apprend des dimensions
00:44:19énormes
00:44:21sur le rôle
00:44:22des français
00:44:23des français
00:44:24on n'utilisera pas
00:44:25le terme communauté juive
00:44:26dans cette émission
00:44:27vous en êtes d'accord
00:44:28on parle bien
00:44:28des citoyens français
00:44:29de confession juive
00:44:31on disait
00:44:32les israélites
00:44:33et vous vous dites bien
00:44:35les juifs
00:44:35de France
00:44:36voilà
00:44:36la publication
00:44:40de cet ouvrage
00:44:41je vous soupçonne
00:44:42de l'avoir écrit maintenant
00:44:43parce qu'il y avait urgence
00:44:45à rétablir certaines vérités
00:44:46à repositionner
00:44:47les juifs de France
00:44:48dans l'actualité
00:44:49est-ce que
00:44:51le drame de Gaza
00:44:52l'antisémitisme
00:44:54fulgurant
00:44:56véhément
00:44:57qui a surgi
00:44:58qui était déjà
00:44:59un petit peu ancien
00:45:00qui a surgi
00:45:01du conflit
00:45:01israélo-palestinien
00:45:03et de la tragédie de Gaza
00:45:04vous a poussé
00:45:05à vouloir
00:45:06lancer
00:45:07cette
00:45:08c'est pas un cri
00:45:09que vous lancez
00:45:09mais vous rappelez
00:45:10ce que sont
00:45:10les juifs de France
00:45:11absolument
00:45:13c'est d'ailleurs
00:45:13un 7 octobre
00:45:15nous célébrons
00:45:17aujourd'hui
00:45:17le deuxième anniversaire
00:45:18de cette abomination
00:45:20c'est même pas une tragédie
00:45:21c'est même pas
00:45:21c'est le 7 octobre 2023
00:45:23qui m'a conduit
00:45:24à écrire ce dictionnaire
00:45:27parce que
00:45:28je me suis aperçu
00:45:29à cette occasion
00:45:30de l'incroyable ignorance
00:45:34dans laquelle nous étions
00:45:35nous les français
00:45:36juifs ou non juifs
00:45:37de notre histoire
00:45:38parce qu'en effet
00:45:39il y a des juifs
00:45:41en France
00:45:41l'histoire
00:45:43de la France
00:45:44avec les juifs
00:45:45et des juifs
00:45:45avec la France
00:45:46c'est absolument
00:45:47exceptionnel
00:45:48extraordinaire
00:45:49il n'y a pas
00:45:49d'exemple au monde
00:45:50c'est d'ailleurs
00:45:51une incroyable preuve
00:45:53du génie français
00:45:54du modèle français
00:45:55du creuset français
00:45:57de l'humanisme français
00:45:58la façon dont la France
00:45:59a accueilli
00:46:00et assimilé
00:46:01les juifs
00:46:01et on l'a oublié
00:46:03or cette histoire
00:46:04est vieille
00:46:04elle a 2000 ans
00:46:05les premiers juifs
00:46:07arrivent en Provence
00:46:08au premier siècle
00:46:09de notre ère
00:46:10il y a des juifs
00:46:11en Alsace-Lorraine
00:46:12depuis le 9ème siècle
00:46:13il y a des juifs
00:46:14dans le sud-ouest
00:46:14depuis le 16ème siècle
00:46:15c'est une histoire
00:46:16ancienne
00:46:17et c'est une histoire
00:46:18extraordinaire
00:46:19parce que
00:46:20et notamment
00:46:22à partir de la révolution
00:46:231791
00:46:25au moment où
00:46:26on donne
00:46:26la pleine citoyenneté
00:46:27aux juifs
00:46:28c'est le premier pays
00:46:29au monde
00:46:29qui fait ça
00:46:30et puis ensuite
00:46:31il y aura toute une série
00:46:32d'événements
00:46:32qui vont conforter
00:46:33ce modèle
00:46:34la France
00:46:35est le pays
00:46:36le moins antisémite
00:46:37du monde
00:46:38et elle propose
00:46:38aux juifs
00:46:39de devenir
00:46:39des citoyens
00:46:41à part entière
00:46:42et le modèle
00:46:43qu'elle applique
00:46:43aux juifs
00:46:44d'ailleurs
00:46:44s'applique plus généralement
00:46:45c'est celui
00:46:46que Clermont-Tonnerre
00:46:47avait défini
00:46:48tout aux juifs
00:46:49au monde de la révolution
00:46:50tout aux juifs
00:46:51en tant qu'individus
00:46:52et rien en tant que nation
00:46:53au sens de communauté
00:46:55donc
00:46:56vous avez le droit
00:46:57de confesser
00:46:58votre religion
00:46:59catholique
00:47:00protestante
00:47:01juive
00:47:02mais vous avez le droit
00:47:03ça va vous intéresser
00:47:04aussi
00:47:05d'avoir
00:47:06un certain goût
00:47:06pour vos origines
00:47:07régionales
00:47:08pour être provençal
00:47:09corse
00:47:09que sais-je
00:47:10basque
00:47:10mais
00:47:11ça c'est le privé
00:47:13en tant que citoyen
00:47:15vous êtes comme les autres
00:47:16et il n'y a pas de particularisme
00:47:18et ça a fabriqué
00:47:19une histoire absolument
00:47:20exceptionnelle
00:47:20qui a permis aux juifs
00:47:21de s'accomplir
00:47:22vous imaginez
00:47:24moi j'ai voulu faire ça
00:47:26à travers des personnages
00:47:29qui illustrent cela
00:47:31la France a fait sa place
00:47:33à Montaigne
00:47:35Proust
00:47:36Léon Blum
00:47:36Mendes France
00:47:37qui sont des grands français
00:47:38quoi qu'ils aient été juifs
00:47:40il n'y a pas beaucoup d'autres pays
00:47:41qui ont été comme ça
00:47:42alors justement
00:47:42on va mettre un petit peu
00:47:43les pieds dans le plat
00:47:45intégration
00:47:48et même assimilation
00:47:49on est sur un phénomène
00:47:50qui joint les deux
00:47:51concepts
00:47:52est-ce que je me trompe
00:47:53j'ai passé
00:47:54des heures
00:47:56à chercher
00:47:56un chapitre
00:47:57sur l'abbé Grégoire
00:47:58il est cité
00:47:59vous ne faites pas
00:48:00un chapitre
00:48:01sur l'abbé Grégoire
00:48:02alors
00:48:02on rappelle
00:48:03qu'il avait Grégoire
00:48:04donc c'est un prélat
00:48:04sous la révolution
00:48:05un curé très évolué
00:48:07très humaniste
00:48:08il écrit
00:48:10est-il moyen
00:48:10de rendre les juifs
00:48:11plus utiles
00:48:11et plus heureux
00:48:12en France
00:48:12demande l'abbé Grégoire
00:48:14je demande qu'il soit décrété
00:48:15que les juifs
00:48:16jouiront en France
00:48:18des mêmes droits
00:48:19que les citoyens actifs
00:48:20la motion est votée
00:48:22par l'Assemblée Constituante
00:48:23le 28 septembre 1791
00:48:25nous sommes encore
00:48:26en monarchie
00:48:26et le 13 novembre 1791
00:48:29le roi Louis XVI ratifie
00:48:30les juifs de France
00:48:31deviennent des citoyens
00:48:32à part entière
00:48:33c'est le début
00:48:34d'une nouvelle histoire
00:48:35les juifs sont là
00:48:36depuis très longtemps
00:48:37il y a des personnages
00:48:38fabuleux
00:48:39dans l'histoire de France
00:48:40avec les juifs
00:48:41je pense le plus ancien
00:48:42va être Serachie
00:48:42mais il y en a d'autres
00:48:43qui est à Troyes
00:48:44est-ce qu'il y a vraiment
00:48:45une prise de conscience
00:48:46de la part des juifs
00:48:47de France
00:48:47qu'ils font désormais
00:48:48partie intégrale
00:48:49de la nation
00:48:50j'aurais pu consacrer
00:48:52en effet
00:48:52est-ce que dans ce dictionnaire
00:48:53vous parlez de français
00:48:55qui ne sont pas juifs
00:48:56qui ont fait des choses
00:48:57bien sûr
00:48:57et lui il n'a pas le droit
00:48:58à son chapitre
00:48:58dans ce dictionnaire
00:48:59il y a des
00:49:00je vais vous dire pourquoi
00:49:00dans ce dictionnaire
00:49:01il y a des juifs
00:49:02il y a des descendants
00:49:03de juifs
00:49:04Montaigne
00:49:05Proust
00:49:06Nostradamus
00:49:07et puis il y a des français
00:49:09non juifs
00:49:09mais qui se sont illustrés
00:49:11par leur aménité
00:49:12à l'égard des juifs
00:49:13depuis Abélard
00:49:14ou le pape Grégoire
00:49:16ou Bernard de Clairvaux
00:49:18jusqu'à Renan
00:49:19Sartre
00:49:20ou même
00:49:20le dernier Barès
00:49:22un philo-sémiétisme
00:49:23avant l'heure
00:49:23et puis
00:49:24mais c'est vrai
00:49:25que j'ai consacré
00:49:26une entrée
00:49:27à l'émancipation
00:49:29parce qu'il y a
00:49:30plusieurs personnages
00:49:31fantastiques
00:49:32extraordinaires
00:49:33qui vont
00:49:34inventer un modèle
00:49:35que d'autres pays
00:49:36accompliront après
00:49:37c'est Mirabeau
00:49:39c'est l'abbé Grégoire
00:49:41vous l'avez dit
00:49:42et c'est
00:49:42Clermont-Tonnerre
00:49:43un aristocrate
00:49:44qui vont
00:49:45ensemble
00:49:46considérer
00:49:48que
00:49:48la citoyenneté
00:49:50l'égalité
00:49:51des droits
00:49:52entre les citoyens
00:49:53doit incorporer
00:49:54tout le monde
00:49:54y compris les juifs
00:49:55et
00:49:56la France fait ça
00:49:57bien avant
00:49:58d'autres pays
00:50:00bien avant l'Angleterre
00:50:01bien avant l'Allemagne
00:50:01bien avant d'autres pays
00:50:02c'est l'exception française
00:50:03et
00:50:04ça va
00:50:05en effet
00:50:06se renforcer
00:50:07ensuite
00:50:07après la révolution
00:50:09notamment
00:50:10avec Napoléon
00:50:11mais là
00:50:12c'est le lancement
00:50:12en effet
00:50:13d'un nouveau paradigme
00:50:14qui va
00:50:15caractériser la France
00:50:17et que d'autres pays
00:50:18suivront plus tard
00:50:19malgré la méfiance
00:50:20ancienne
00:50:21qu'il y avait
00:50:21envers les juifs
00:50:22depuis le haut Moyen-Âge
00:50:23il y a eu des programmes français
00:50:24il y a eu des massacres
00:50:26Saint Louis
00:50:26qu'on dit
00:50:27et d'un antisémitisme
00:50:29virulent
00:50:30Philippe le Bel aussi
00:50:31pourquoi
00:50:32cette
00:50:33méfiance
00:50:34des juifs
00:50:34vous allez me dire
00:50:35elle est la même
00:50:35dans toute Europe occidentale
00:50:36après la diaspora
00:50:37ils vivent en communauté
00:50:39ils font de l'usure
00:50:40mais pourquoi en France
00:50:41tout d'un coup
00:50:42cette virulence
00:50:44de l'antisémitisme
00:50:44par étapes
00:50:45comme ça
00:50:46en fait il y a
00:50:47traditionnellement
00:50:48l'anti-judaïsme
00:50:49chrétien
00:50:49les juifs
00:50:50sont le peuple
00:50:50déicide
00:50:51mais jusqu'à peu près
00:50:53au 14ème siècle
00:50:53jusqu'aux croisades
00:50:54c'est une situation
00:50:56ambiguë
00:50:56parce que d'un autre côté
00:50:57l'église
00:50:58protège les juifs
00:50:59je cite Abélard
00:51:01je cite Bernard de Clairvaux
00:51:03je cite le pape Grégoire
00:51:04qui est français
00:51:05il protège les juifs
00:51:06parce que les juifs
00:51:07sont le peuple témoin
00:51:08comme dit saint Augustin
00:51:09ils sont les témoins
00:51:11de la vérité
00:51:13du Nouveau Testament
00:51:14de la vérité
00:51:15du christianisme
00:51:17de la vérité
00:51:18de l'incarnation
00:51:20par le Christ
00:51:22telle qu'elle va fonder
00:51:24le christianisme
00:51:25les juifs
00:51:26sont ce peuple
00:51:27qui s'est aveuglé
00:51:29à son propre messie
00:51:31mais qui en même temps
00:51:33sont le témoin
00:51:33de sa vérité
00:51:34et il faut les protéger
00:51:35au moment des croisades
00:51:37ça va s'inverser
00:51:38parce que l'anti-judaïsme
00:51:39va devenir violent
00:51:40et d'ailleurs
00:51:41la France va expulser
00:51:43les juifs
00:51:43je cite les rois
00:51:44que vous avez évoqués
00:51:45c'est une des entrées
00:51:46mais c'est vrai
00:51:48partout en Europe
00:51:49ils sont expulsés
00:51:50d'Angleterre
00:51:50la différence en France
00:51:52c'est que d'abord
00:51:54en raison de l'existence
00:51:56des états du pape
00:51:57ils ne sont pas
00:51:58expulsés de Provence
00:51:59il y a les juifs du pape
00:52:00qui sont connus
00:52:00la famille Carcassonne
00:52:02est un exemple
00:52:02d'autre part
00:52:03ils demeurent en Alsace-Lorraine
00:52:05ils ne sont pas expulsés
00:52:06quand l'Alsace-Lorraine
00:52:07va devenir française
00:52:07ils sont français
00:52:08et puis ils vont revenir
00:52:10au XVIe siècle
00:52:11dans le Sud-Ouest
00:52:12alors que par exemple
00:52:12en Espagne
00:52:13ils ne sont jamais revenus
00:52:15en Angleterre
00:52:16ils ne sont revenus
00:52:17qu'au XIXe siècle
00:52:18donc la France
00:52:19même dans cette époque
00:52:21d'anti-judaïsme chrétien
00:52:22la France se caractérise
00:52:24par une aménité
00:52:25que les autres pays n'ont pas
00:52:26la première diaspora
00:52:27est directement venu
00:52:28d'Israël
00:52:29après le sac
00:52:30de Jérusalem
00:52:31Partitus
00:52:32progressivement
00:52:33ils arrivent en France
00:52:34on va dire
00:52:35que c'est la racine
00:52:35des Ashkénazes
00:52:36est-ce qu'il y a aussi
00:52:37une diaspora
00:52:37après 1492
00:52:39quand les juifs
00:52:39sont expulsés d'Espagne
00:52:40est-ce qu'il y en a
00:52:41qui remontent vers la France ?
00:52:42alors absolument
00:52:43c'est au XVIe siècle
00:52:45les juifs
00:52:46qui se sont apparemment
00:52:47convertis au christianisme
00:52:48vont venir
00:52:49à Bordeaux
00:52:50au Pays Basque
00:52:51à Bayonne
00:52:52où ils vont prospérer
00:52:53et puis finalement
00:52:55recevoir des lettres patentes
00:52:57et confesser
00:52:58leur vraie religion
00:52:59quelques décennies après
00:53:02ils ont confessé
00:53:04leur religion
00:53:04de manière secrète
00:53:06mais toute une série
00:53:07de gens
00:53:08les frères Perrer
00:53:08les grands industriels
00:53:09Pierre Mendès France
00:53:11et tant d'autres
00:53:12la maison Gradis
00:53:13qui est une grande maison
00:53:14de commerce
00:53:15notamment de commerce
00:53:16de traite négrière
00:53:17c'est de grandes communautés
00:53:19et au moment de la révolution
00:53:21d'ailleurs
00:53:21ces juifs
00:53:22venus d'Espagne
00:53:23ou du Portugal
00:53:23arrivés en France
00:53:25comme nouveaux chrétiens
00:53:26au XVe siècle
00:53:27au XVIe siècle
00:53:27pardon
00:53:28et redevenus eux-mêmes
00:53:30au XVIIe
00:53:31c'est l'élite
00:53:32c'est l'aristocratie
00:53:33du monde juif français
00:53:34c'est eux qui sont
00:53:36l'élite
00:53:37du judaïsme français
00:53:38plus français
00:53:39que tous les autres
00:53:40Mendès France
00:53:40est d'origine portugaise
00:53:42et d'ailleurs
00:53:42il paraît que le mot
00:53:43sfaradis
00:53:43désigne non pas
00:53:44les juifs d'Espagne
00:53:45au départ
00:53:45mais les juifs
00:53:46du Portugal
00:53:47et en a étendu
00:53:48quant à Bayonne
00:53:48je suis basque
00:53:49le secret du chocolat
00:53:51a été apporté
00:53:51par les juifs
00:53:52merci Isabelle
00:53:53la catholique
00:53:53et Ferdinand
00:53:54d'avoir expulsé
00:53:55les juifs
00:53:55ça nous a valu
00:53:56à Bayonne
00:53:56d'avoir le premier
00:53:57secret de la transformation
00:53:58du chocolat
00:53:59et j'ai même découvert
00:54:00que cette communauté
00:54:01juive de Bayonne
00:54:02de Pont-Saint-Esprit
00:54:03était si bien
00:54:05intégrée
00:54:06qu'elle a financé
00:54:07pour le compte
00:54:08du roi
00:54:09la course
00:54:11des corsaires
00:54:11elle a contribué
00:54:13à la course française
00:54:14et par ailleurs
00:54:16elle a aussi contribué
00:54:17au développement
00:54:19des Antilles françaises
00:54:21et ça
00:54:21ça venait
00:54:22de ces juifs
00:54:24de Bordeaux
00:54:24on reprend la suite
00:54:25de cette conversation
00:54:26Denis Oliven
00:54:26dans quelques instants
00:54:27restez bien avec nous
00:54:28on est ensemble
00:54:28jusqu'à 14h
00:54:29avec Denis Oliven
00:54:30auteur du dictionnaire
00:54:31amoureux
00:54:31des juifs de France
00:54:32aux éditions Plon
00:54:33à tout de suite
00:54:33Midi 14h
00:54:36Sud Radio
00:54:37la France dans tous ses états
00:54:39le face à face
00:54:41Denis Oliven
00:54:43dictionnaire amoureux
00:54:44des juifs de France
00:54:45fait plomb
00:54:46je disais
00:54:46c'est un document historique
00:54:48un traité encyploquédique
00:54:50et un projet
00:54:50un projet politique
00:54:51parce que vous définissez
00:54:52globalement
00:54:53le rôle
00:54:54de cette population
00:54:56c'est indéfinissable
00:54:57parce qu'ils sont
00:54:58totalement français
00:54:59il n'y a aucun problème
00:55:00alors certains vont arriver
00:55:01ensuite
00:55:02et ça sera le drame
00:55:02des années 30
00:55:03quand le régime
00:55:04des Vichy
00:55:04considéra
00:55:05qu'il y a les juifs
00:55:05de France
00:55:06et les juifs
00:55:06qui sont étrangers
00:55:08philosophiquement
00:55:10est-ce que
00:55:11les juifs de France
00:55:13ont déteint
00:55:14sur la France
00:55:15pour donner
00:55:15cette spécificité
00:55:16ou est-ce qu'ils se sont
00:55:17imprégnés
00:55:18j'allais dire
00:55:19d'un certain esprit français
00:55:20dans quel sens
00:55:21est allée la symbiose
00:55:22il me semble
00:55:24que c'est plutôt
00:55:25eux
00:55:26qui se sont imprégnés
00:55:27de l'esprit français
00:55:28mais en même temps
00:55:29c'est assez curieux
00:55:29de voir que
00:55:30Montaigne
00:55:32même s'il est plus juif
00:55:33mais il est descendant
00:55:34de juifs
00:55:35venus du Portugal
00:55:36d'Espagne
00:55:37Bergson
00:55:39autre grand philosophe
00:55:41on va revenir
00:55:41à ceux
00:55:42les grands noms
00:55:42mais ce sont des gens
00:55:45Proust
00:55:45ce sont des gens
00:55:46qui sont
00:55:47pour les français
00:55:48des incarnations
00:55:49de l'esprit français
00:55:50quand Paul Valéry
00:55:51prononce
00:55:52l'éloge funèbre
00:55:53à l'académie française
00:55:54de Bergson
00:55:55en 1942
00:55:55sous l'occupation
00:55:56il le dépeint
00:55:59comme le
00:56:00parangon
00:56:01de la philosophie
00:56:02française
00:56:03donc ce sont
00:56:04des juifs
00:56:05qui ont épousé
00:56:06profondément
00:56:07la France
00:56:07et je crois que
00:56:08surtout après la révolution
00:56:09il y a une raison
00:56:10très très
00:56:11décisive à ça
00:56:13que Renan a expliqué
00:56:14quelque chose
00:56:16dans l'essence
00:56:18du judaïsme
00:56:19s'exprime
00:56:20parfaitement
00:56:21dans la France
00:56:22de la révolution française
00:56:23parce que
00:56:24c'est Renan
00:56:25qui le dit
00:56:25et puis
00:56:27il n'est pas le seul
00:56:28il y a
00:56:29dans le rêve
00:56:30universaliste
00:56:31du dieu unique
00:56:33et dans
00:56:34d'autre part
00:56:35le rêve
00:56:35messianique
00:56:36du progrès
00:56:37qui est
00:56:38un des fondements
00:56:39du judaïsme
00:56:40quelque chose
00:56:40qui entre en résonance
00:56:42avec
00:56:43les lumières françaises
00:56:44et donc
00:56:45l'intégration
00:56:46des juifs
00:56:47à la France
00:56:47va se faire
00:56:48très naturellement
00:56:49mais ils vont se dépouiller
00:56:50quand même
00:56:51de leur particularisme
00:56:52tout au long
00:56:53quand on dit
00:56:54les israélites
00:56:55c'est précisément
00:56:57pour dire
00:56:57il y avait avant
00:56:58les juifs
00:56:59c'est à dire
00:57:00une communauté particulière
00:57:01et maintenant
00:57:01il y a les israélites
00:57:02c'est comme une confession
00:57:03ils sont français
00:57:05pleinement français
00:57:06et ils ont une confession
00:57:07comme il y a des protestants
00:57:09donc on a forgé
00:57:10le mot israélite
00:57:11pour les distinguer
00:57:12d'une communauté à part
00:57:13ils sont partie intégrante
00:57:15de la nation
00:57:15ils se pensent comme tels
00:57:16ils sacrifient leur vie
00:57:18lors des guerres
00:57:20je cite
00:57:21parce que ça m'a amusé
00:57:23parmi les généraux
00:57:24dont le nom figure
00:57:25sous les arcades
00:57:26les généraux napoléoniens
00:57:27dont le nom figure
00:57:28sous les arcades
00:57:29de l'arc de triomphe
00:57:30il y a le général Wolf
00:57:31qui est juif
00:57:32la France
00:57:34c'est le premier pays au monde
00:57:35qui fabrique
00:57:36des généraux juifs
00:57:37à la fin du 18ème
00:57:39donc il y a une intégration
00:57:41pleine et entière
00:57:42et c'est pas prémédité
00:57:44il est considéré
00:57:45comme français
00:57:45il s'avère qu'il est juif
00:57:47mais ça ne rentre pas
00:57:47aux lignes de compte
00:57:48dans sa nomination
00:57:48on s'en fiche
00:57:49il se convertira finalement
00:57:51sous la restauration
00:57:52mais on s'en fiche
00:57:53il a donné
00:57:55il a sacrifié
00:57:57il s'est engagé
00:57:59il a combattu
00:57:59il a été courageux
00:58:00il est monté dans l'armée
00:58:02et peu importe
00:58:03d'où il vient
00:58:03ça c'est l'esprit
00:58:04de la révolution
00:58:04alors il y a un épisode
00:58:05quand même
00:58:06qui est douloureux
00:58:07de la part
00:58:08dans le siècle des Lumières
00:58:08on a quand même
00:58:09le grand penseur
00:58:10j'allais dire
00:58:11pré-humaniste
00:58:12défenseur des libertés
00:58:13qui est Voltaire
00:58:14avec des textes violents
00:58:15sur les juifs
00:58:17on me dit
00:58:18c'est pas forcément
00:58:19un antisémitisme
00:58:20en tant qu'antisémitisme
00:58:21racial
00:58:21c'était peut-être
00:58:22par un comportement social
00:58:23ou par la religion
00:58:25par...
00:58:26je lui consacre une entrée
00:58:27parce qu'en effet
00:58:28il est très violent
00:58:29très très bien fait
00:58:29très étrange
00:58:30les très étranges
00:58:31les Lumières
00:58:32parce qu'il y a les deux
00:58:32il y a Diderot
00:58:34ou il y a Voltaire
00:58:37ils sont brutaux
00:58:38dans leurs termes
00:58:39et pourtant
00:58:39ce n'est pas un indigrement
00:58:40en fait
00:58:41Voltaire
00:58:42c'est l'anti
00:58:44l'anticléricalisme
00:58:46de Voltaire
00:58:46Voltaire combat
00:58:48l'obscurantisme
00:58:49chrétien
00:58:49et il pense que
00:58:50la racine
00:58:50de l'obscurantisme
00:58:52chrétien
00:58:52c'est
00:58:53son origine
00:58:54hébreu
00:58:56juive
00:58:56donc il voit
00:58:58le christianisme
00:58:59qu'il combat
00:59:00comme la prolongation
00:59:01l'accélération
00:59:03d'un judaïsme
00:59:04et il les combat
00:59:05de la même manière
00:59:05donc il combat
00:59:06les juifs
00:59:07en tant que religion
00:59:08obscurantiste
00:59:09et je cite d'ailleurs
00:59:10des propos
00:59:11qu'il a en privé
00:59:12parce qu'un certain nombre
00:59:13de...
00:59:15un de ses contemporains
00:59:16qu'il admire
00:59:16mais qui est juif
00:59:17lui dit
00:59:17vous êtes injustes
00:59:18à l'égard des juifs
00:59:19et Voltaire se défend
00:59:20en expliquant
00:59:21que ce n'est pas
00:59:21les juifs d'aujourd'hui
00:59:22qu'il condamne
00:59:24c'est la religion juive
00:59:25comme il condamne
00:59:26la religion chrétienne
00:59:27donc il y a
00:59:28une confusion
00:59:29il ne faut pas
00:59:31qu'on juge
00:59:32avec un regard
00:59:33rétrospectif
00:59:34les penseurs
00:59:37du 18ème
00:59:37la définition
00:59:38n'est pas la même
00:59:39effectivement
00:59:40ils considèrent
00:59:40que les rabbins
00:59:41participent
00:59:42comme les curés
00:59:42à un obturant
00:59:43qui
00:59:43exactement
00:59:44Balzac aussi
00:59:46dans ses textes
00:59:47sur une autre
00:59:48vous le citez
00:59:48Balzac c'est merveilleux
00:59:49merveilleux
00:59:50alors il parle
00:59:52il s'agit d'un usurier
00:59:53saisirez-vous bien
00:59:54cette figure
00:59:55palible à phare
00:59:55dans laquelle je voudrais
00:59:56que l'académie
00:59:57me permît de donner
00:59:58le nom de face lunaire
00:59:59elle ressemblait
01:00:00à du vermeil dédoré
01:00:02les cheveux
01:00:03de mon usurier
01:00:03étaient plats
01:00:04soigneusement peignés
01:00:05et d'un gris cendré
01:00:06les traits de son visage
01:00:08impassible
01:00:08autant que celui de Talleyrand
01:00:09paraissaient avoir été
01:00:10coulés en bronze
01:00:11jaunes comme ceux
01:00:13d'une fouine
01:00:13ses petits yeux
01:00:14n'avaient presque
01:00:15point de cils
01:00:15et craignaient la lumière
01:00:17mais l'abat-jour
01:00:18d'une vieille casquette
01:00:19les en garantissait
01:00:19son nez pointu
01:00:21était si grêlé
01:00:22dans le bout
01:00:22que vous l'eussiez comparé
01:00:24à une vrille
01:00:24il avait lèvres minces
01:00:25de ces jalsimistes
01:00:26et de ces petits vieillards
01:00:28peints par Rembrandt
01:00:29ou par Métzu
01:00:29cet homme parlait bas
01:00:31d'un ton doux
01:00:32et ne s'en portait jamais
01:00:33son âge était un problème
01:00:34on ne pouvait pas savoir
01:00:36s'il était vieux
01:00:36avant le temps
01:00:37ou s'il avait
01:00:38ménagé sa jeunesse
01:00:40avant qu'elle lui servit toujours
01:00:41si vous touchez
01:00:43un cloporte
01:00:43cheminant sur un papier
01:00:44il s'arrête
01:00:45et fait le mort
01:00:46de même
01:00:47cet homme
01:00:47s'interrompait
01:00:48au milieu de son discours
01:00:49et se taisait au passage
01:00:51d'une voiture
01:00:51afin de ne pas forcer sa voix
01:00:53c'est un texte
01:00:54d'une violence
01:00:55dans la description antisémite
01:00:56et pourtant
01:00:57pour Balzac
01:00:58ce n'est pas non plus
01:00:59j'allais dire
01:00:59un dénigrement
01:01:00social
01:01:01Balzac est très contrairement
01:01:03d'abord une fois encore
01:01:03il ne faut pas qu'on juge
01:01:04il est conservateur
01:01:05attention
01:01:05il ne faut pas qu'on juge
01:01:06avec le regard d'aujourd'hui
01:01:08et notamment
01:01:09le regard post-hitlérien
01:01:10il y a un préjuge
01:01:12même dans cette France
01:01:13qui accueille les juifs
01:01:14et qui leur permet
01:01:15de se déployer
01:01:16au 19ème siècle
01:01:17et Balzac
01:01:18est le contemporain
01:01:18de ce déploiement
01:01:19il y a des préjugés
01:01:20antisémites
01:01:21mais Balzac
01:01:22qui est le merveilleux romancier
01:01:24qui décrit
01:01:25la vérité sociale
01:01:27du pays
01:01:28décrit
01:01:29l'assimilation
01:01:30des juifs
01:01:31à la société française
01:01:32et il a des personnages
01:01:33Gobsek
01:01:34c'est l'usurier
01:01:35bien sûr
01:01:36ou Nussingen
01:01:37qui est Rothschild
01:01:38là il parle de Gobsek
01:01:38bien sûr
01:01:39mais ces personnages
01:01:40ne sont jamais monochrome
01:01:42ils sont toujours
01:01:43ils font partie
01:01:44de la comédie humaine
01:01:45Gobsek va sauver
01:01:48sa nièce
01:01:48Nussingen
01:01:50est capable
01:01:50de tomber amoureux
01:01:51ils sont des êtres
01:01:53humains
01:01:54trop humains
01:01:54ce que décrit
01:01:55en fait
01:01:56Balzac
01:01:57c'est le changement
01:01:58de régime
01:01:59et il identifie
01:02:00le capitalisme
01:02:02financier
01:02:03dont il comprend
01:02:04qu'il est en train
01:02:04de naître
01:02:05il l'identifie
01:02:07pour une part
01:02:07aux juifs
01:02:08mais
01:02:08il ne condamne pas
01:02:09les personnages
01:02:10sont toujours complexes
01:02:11chez Balzac
01:02:11c'est pas
01:02:12que Dickens
01:02:13décrit des personnages
01:02:14de juifs
01:02:15qui sont épouvantables
01:02:16chez Balzac
01:02:17ils sont humains
01:02:17trop humains
01:02:18vous l'expliquez bien
01:02:19donc pas de confusion
01:02:20avec l'antisémitisme
01:02:21on dit toujours
01:02:22la France a toujours été antisémite
01:02:23c'est un antisémitisme
01:02:25qui est lié à des phénomènes
01:02:26qui n'ont rien à voir
01:02:27ensuite vraiment
01:02:28avec la haine raciale
01:02:29que l'extrême droite
01:02:30le fascisme
01:02:31et le nazisme
01:02:31va engendrer
01:02:32l'antisémitisme racial
01:02:34est tardif
01:02:34en fait
01:02:35il y a
01:02:36jusqu'à notre antisémitisme
01:02:38contemporain
01:02:39dont on parlera peut-être
01:02:40il y a d'abord
01:02:40l'antijudaïsme chrétien
01:02:41le peuple déicide
01:02:43et ça
01:02:43l'église va se purger
01:02:45de ça
01:02:46après la guerre
01:02:46il y a ensuite
01:02:47l'antisémitisme
01:02:49socialiste
01:02:50si j'ose dire
01:02:50c'est les juifs
01:02:52rois de l'argent
01:02:53et ça
01:02:54c'est Balzac
01:02:54c'est le 19ème
01:02:55il se trouve que
01:02:56l'assimilation des juifs
01:02:58dans le cliché aussi
01:02:58un petit peu
01:02:59dans le cliché bien sûr
01:03:00mais parce que
01:03:00l'assimilation des juifs
01:03:01au 19ème
01:03:02fait que les juifs
01:03:03notamment
01:03:04développent des banques
01:03:05pas seulement
01:03:05rappelez
01:03:06les chrétiens n'ont pas le droit
01:03:07à l'usure
01:03:07les juifs y ont le droit
01:03:08donc c'est à eux
01:03:09qu'on emprunte l'argent
01:03:09et quand on ne peut pas rembourser
01:03:11le plus facile
01:03:11c'est de les accuser
01:03:12d'avoir empoisonné les puits
01:03:13et on les massacre
01:03:14et au 19ème siècle
01:03:15ils vont créer des banques
01:03:16mais ils ne feront pas que ça
01:03:17il y aura des grands intellectuels
01:03:18des grands médecins
01:03:19mais il y a aussi des banquiers
01:03:20donc Balzac identifie
01:03:21comme une bonne partie
01:03:22de ses contemporains
01:03:23les juifs et l'argent
01:03:25ça c'est
01:03:25c'est le 19ème
01:03:27il va y avoir ensuite
01:03:28l'antisémitisme
01:03:30mais
01:03:30il n'y a pas que Balzac
01:03:32Marx
01:03:32qui est juif
01:03:33pourtant
01:03:33fait la même chose
01:03:34au 19ème
01:03:35à la fin du 19ème
01:03:37au début du 20ème
01:03:38c'est l'antisémitisme racial
01:03:40c'est les juifs
01:03:41race inférieure
01:03:41celui-là
01:03:42il va être définitivement
01:03:43déconsidéré
01:03:44par la barbarie nazie
01:03:45et puis
01:03:45on apparaît maintenant
01:03:47un nouvel antisémitisme
01:03:48on en parlera peut-être
01:03:48mais donc Balzac
01:03:49il est contemporain
01:03:51de l'assimilation des juifs
01:03:53notamment de leur développement
01:03:54dans la société industrielle
01:03:56et financière
01:03:57il le pointe du doigt
01:03:58mais jamais
01:03:58jamais d'une manière monochrome
01:04:01comment les juifs
01:04:02en 1791
01:04:03ils avaient conscience
01:04:06d'être appartenant
01:04:07au royaume de France
01:04:08sans être totalement intégrés
01:04:10est-ce que
01:04:11dans cette population
01:04:14parce qu'il y a différents
01:04:15stades sociaux et culturels
01:04:16ils vivent cette émancipation
01:04:18obtenue par la Brégrégoire
01:04:19comme une vraie
01:04:20nouvelle étape
01:04:20dans leur lien
01:04:21à la France
01:04:22énorme
01:04:23ils redoutent
01:04:24énorme étape
01:04:25alors ils sont
01:04:25évidemment
01:04:26il y a une grande bourgeoisie
01:04:28à Bordeaux
01:04:29il y a plutôt
01:04:30un judaïsme rural
01:04:31et pauvre
01:04:32en Alsace
01:04:33ils craignent
01:04:35au départ
01:04:35de devoir
01:04:36abandonner
01:04:37leur particularité
01:04:40et
01:04:41avec Napoléon
01:04:42d'ailleurs
01:04:42on va les forcer
01:04:43à aller loin
01:04:44dans l'intégration
01:04:45tout à fait
01:04:46et ils l'accepteront
01:04:47parce que
01:04:48finalement
01:04:49c'est ça qui est merveilleux
01:04:50dans le modèle français
01:04:51et dans l'émancipation
01:04:53c'est qu'on ne demande pas
01:04:54aux juifs
01:04:55pour devenir français
01:04:56de cesser d'être juifs
01:04:57on leur demande
01:04:58de ramener le judaïsme
01:05:00à leur intimité
01:05:02à leur monde privé
01:05:04c'est le principe
01:05:04de la laïcité
01:05:05avant l'heure
01:05:05c'est la loi commune
01:05:07c'est la république
01:05:08c'est la république
01:05:09et ça
01:05:10ils l'acceptent volontiers
01:05:11et ils seront d'ailleurs
01:05:12des militants
01:05:13ils seront d'abord
01:05:15beaucoup d'entre eux
01:05:16seront républicains
01:05:16ensuite ils seront radicaux
01:05:18ils seront socialistes
01:05:19et puis même
01:05:21ils seront communistes
01:05:21parce qu'il y a un rêve
01:05:22d'émancipation
01:05:23du genre humain
01:05:24de ces juifs
01:05:25qui veulent un monde
01:05:26sans race
01:05:27dans lequel
01:05:29on ne vous distingue plus
01:05:30donc ils seront
01:05:31très souvent
01:05:31à gauche
01:05:32au cours
01:05:34des siècles
01:05:36à partir de la révolution
01:05:36au point de sublimer
01:05:37ce qu'on appelle
01:05:38l'esprit français
01:05:39Denis Oliven
01:05:40on continue cet échange
01:05:40passionnant
01:05:41dans quelques instants
01:05:42midi 14h
01:05:44Sud Radio
01:05:45la France dans tous ses états
01:05:48car pour moi
01:05:48tu ne ressembles à personne
01:05:50sais-tu que le vrai bonheur
01:05:54se prend comme ça
01:05:57comme on cueille
01:05:58une fleur
01:06:00ici ou là
01:06:03si d'être avec toi
01:06:05ça me suffit à moi
01:06:07et si toute ma vie
01:06:08je n'ai qu'une seule envie
01:06:10c'est te voir comme ça
01:06:12et t'aimer pour ça
01:06:13car vois-tu
01:06:14tu ne ressembles à personne
01:06:16nous écoutions Nathan Corb
01:06:18on savait qui c'est Nathan Corb
01:06:20Francis Lemarque
01:06:21alors là il y a beaucoup
01:06:22moi je le savais depuis longtemps
01:06:23mais il y a beaucoup de gens
01:06:24à qui j'en ai parlé
01:06:25Francis Lemarque
01:06:26qui était juif
01:06:27j'ai consacré une entrée
01:06:28aux chanteurs juifs
01:06:29parce que
01:06:30Francis Lemar
01:06:31Gainsbourg
01:06:32Jean Ferrat
01:06:33paragraphe formidable
01:06:34Barbara
01:06:34Barbara
01:06:35pourquoi ?
01:06:35parce que la musique
01:06:36pourquoi est-ce qu'il y a eu
01:06:38tant de juifs dans la musique
01:06:39je crois que c'est parce que
01:06:41la musique
01:06:41pour devenir une star de la musique
01:06:43et une vedette
01:06:44on ne vous demandait rien
01:06:45on ne vous demandait pas
01:06:46qui vous étiez
01:06:47c'est pour ça qu'il y a aussi
01:06:48des Arméniens
01:06:49comme Aznavour
01:06:49vous êtes un immigré
01:06:51de fraîche date
01:06:51ou vous appartenez
01:06:52à une communauté minoritaire
01:06:53entre guillemets
01:06:54on s'en fiche
01:06:55si vous avez du talent
01:06:56les français
01:06:57vous aiment et vous chantent
01:06:59alors
01:06:59ces chanteurs
01:07:00ne manifesteront pas
01:07:02leur judaïsme
01:07:03on chercherait en vain
01:07:05chez Lemarque
01:07:06chez Ferrat
01:07:06un tout petit peu
01:07:07chez Gainsbourg
01:07:08chez Barbara
01:07:08et chez tant d'autres
01:07:09non
01:07:09c'est de la chanson
01:07:10française pure
01:07:11mais c'est pour eux
01:07:12le moyen d'entrer
01:07:13dans la société française
01:07:14à partir de leur talent
01:07:16c'est l'incroyable
01:07:17c'est ça qui est si beau
01:07:19dans notre pays
01:07:19c'est vous avez du talent
01:07:21je me fiche de savoir
01:07:22d'où vous venez
01:07:22je me fiche de savoir
01:07:24votre religion
01:07:25la porte vous est ouverte
01:07:26et eux-mêmes
01:07:26se vivent comme français
01:07:27même s'ils sont parfaitement
01:07:28conscients
01:07:29et dans le privé
01:07:30revendiquent leur origine
01:07:31mais c'est vrai
01:07:32Francis Lemarque
01:07:32ça me fait penser
01:07:33à la scène de De Funès
01:07:34dans Rabbi Jacob
01:07:35quoi Solomon
01:07:36vous êtes juif
01:07:36et votre père aussi
01:07:37et votre grand-père aussi
01:07:38et ils se sentent
01:07:39les héritiers
01:07:40de l'histoire
01:07:40de la chanson française
01:07:41alors des juifs
01:07:43j'allais dire musiciens
01:07:45au niveau des instruments
01:07:46formidable
01:07:47on fait le tour du monde
01:07:49peu de compositeurs
01:07:52est-ce que vous connaissez
01:07:53vous pouvez me donner le nom
01:07:54de deux grands compositeurs
01:07:55qui sont juifs
01:07:56au 19ème siècle
01:07:57à partir du moment
01:07:58où les juifs ont
01:07:59en dehors de Mondelson
01:08:00mais au 19ème siècle
01:08:01en France
01:08:02vous avez Offenbach
01:08:03vous avez Alevi
01:08:05vous avez Meyerberg
01:08:07donc il va y avoir
01:08:08au 19ème siècle
01:08:09au moment où la citoyenneté
01:08:10est offerte aux juifs
01:08:11donc ils peuvent rentrer
01:08:12dans la société
01:08:13leur talent va éclore
01:08:15et c'est incroyable
01:08:16de penser là encore
01:08:17c'est la beauté de la France
01:08:17l'homme de l'opérette française
01:08:22de l'esprit français
01:08:23du plaisir français
01:08:26du bon vivre français
01:08:27c'est Offenbach
01:08:27Jacques Offenbach
01:08:28qui a un accent en plus allemand
01:08:30à l'ésacien terrible
01:08:31et pourtant il porte
01:08:32l'esprit français
01:08:34et il est l'esprit français
01:08:35et voilà une preuve
01:08:35de l'incroyable coagulation
01:08:38de l'accueil de la France
01:08:40et de l'adhésion
01:08:41des juifs à la France
01:08:42synthèse de l'intégration
01:08:43et de l'assimilation
01:08:44absolument
01:08:45oui l'autre musicien
01:08:47à lequel je faisais allusion
01:08:47Mendelssohn
01:08:48vous l'avez cité
01:08:48vous le saviez
01:08:49il y a un autre très grand musicien
01:08:50qui est juif
01:08:51et son patronyme
01:08:52devrait vous inciter
01:08:53à le comprendre
01:08:54Brahms
01:08:54Abraham
01:08:56voilà
01:08:56mais voilà
01:08:57ils sont moins nombreux
01:08:58que par contre
01:08:59les interprètes
01:09:00les musiciens
01:09:00sont fabuleux
01:09:02Denis Oliven
01:09:03on va rentrer dans le sujet
01:09:04un petit peu plus
01:09:05qu'il nous dit
01:09:05à l'actualité
01:09:06les juifs de France
01:09:07aujourd'hui
01:09:08comment ils vivent
01:09:09leur judaïté
01:09:10les liens avec Israël
01:09:11vous commencez
01:09:12votre introduction
01:09:13avec ce titre étonnant
01:09:14nous nous sommes tant aimés
01:09:16est-ce que cela signifierait
01:09:17qu'il y aurait un peu
01:09:18de désamour ?
01:09:20ben non
01:09:22enfin j'observe
01:09:23que je crois
01:09:24que majoritairement pas
01:09:25mais les événements récents
01:09:27qui sont liés
01:09:28pour moi
01:09:29à des phénomènes extérieurs
01:09:30à notre pays
01:09:31et notamment
01:09:31à l'islamisme
01:09:32bien sûr
01:09:33il y a eu une dizaine
01:09:35de juifs
01:09:35assassinés
01:09:36français assassinés
01:09:38depuis 20 ans
01:09:39ça ne s'était pas produit
01:09:40Alimi
01:09:41Mera
01:09:41enfin
01:09:42les crimes de Mera
01:09:44et parce qu'ils étaient juifs
01:09:46parce qu'ils étaient juifs
01:09:47mais c'était
01:09:48le fait de l'islamisme
01:09:49les difficultés
01:09:51que rencontrent
01:09:51certains juifs
01:09:52notamment religieux
01:09:53dans les banlieues françaises
01:09:55ont créé un climat
01:09:56et
01:09:57et l'effet
01:09:58extrêmement abrasif
01:10:01du conflit
01:10:02au Proche-Orient
01:10:03ont créé une situation
01:10:04qui est tout à fait atypique
01:10:06dans notre pays
01:10:06qui à mon avis
01:10:07n'est pas représentative
01:10:08de ce qu'est notre pays
01:10:09on va en parler
01:10:10mais du coup
01:10:11pour une partie des juifs
01:10:12il y a un sentiment
01:10:13d'insécurité
01:10:14je ne crois pas
01:10:15que ce soit la majorité
01:10:16des juifs
01:10:17et il me semble
01:10:18que ce sentiment
01:10:19d'insécurité
01:10:20mérite d'être
01:10:22commenté
01:10:23discuté
01:10:24parce qu'on n'est pas
01:10:25du tout
01:10:26dans les années 30
01:10:26et pour moi
01:10:28ça n'invalide pas du tout
01:10:29le caractère
01:10:30incroyablement
01:10:31non antisémite
01:10:31de notre pays
01:10:32mais ça existe
01:10:33en tout cas
01:10:34le modèle français
01:10:35qui s'est développé
01:10:37entre 1791
01:10:38et disons
01:10:38les années 50
01:10:39s'est érodé
01:10:42sous l'effet
01:10:42de plusieurs phénomènes
01:10:43la Shoah
01:10:45même si une fois encore
01:10:46la France
01:10:47les juifs de France
01:10:48ont bénéficié
01:10:49notamment des justes
01:10:51moi si je suis là
01:10:53et que je vous parle
01:10:53c'est parce que
01:10:54mon père
01:10:55a été caché
01:10:56par un médecin
01:10:57catholique
01:10:58français
01:10:58et toute une équipe
01:10:59médicale
01:11:00dans un sanatorium
01:11:01de Chamonix
01:11:01quel est votre patronime
01:11:02originel ?
01:11:03mes parents
01:11:05mais mon père
01:11:05était allemand
01:11:06il s'appelait
01:11:06Olivenstein
01:11:07il est devenu
01:11:08Oliven
01:11:08parce qu'il voulait
01:11:09être français
01:11:09vous êtes de la famille
01:11:10du grand médecin
01:11:11c'est mon oncle
01:11:12et donc
01:11:1375% des juifs français
01:11:16ont survécu
01:11:18à l'extermination
01:11:19alors que
01:11:20dans toute l'Europe
01:11:20occupée
01:11:2170
01:11:2275
01:11:2285%
01:11:23des juifs
01:11:24ont été exterminés
01:11:25il y a une exception
01:11:26française
01:11:26donc
01:11:26je dis ça
01:11:28pour dire
01:11:28qu'on doit parler
01:11:29de ce qui se passe
01:11:30aujourd'hui
01:11:30mais ça n'invalide pas
01:11:32à mes yeux
01:11:33la caractéristique française
01:11:35Denis Oliven
01:11:36on prend un instant
01:11:37on a un auditeur
01:11:37un auditeur
01:11:38Samuel
01:11:38qui nous appelle de Paris
01:11:39bonjour Samuel
01:11:40oui bonjour
01:11:41bonjour à tous
01:11:42vous voulez réagir
01:11:43Samuel
01:11:43aux propos
01:11:45qui ont été tenus
01:11:46sur
01:11:47le sujet
01:11:49que soulève
01:11:50Denis Oliven
01:11:50à travers son dictionnaire
01:11:51amoureux des juifs
01:11:53de France
01:11:54on vous écoute
01:11:55alors oui
01:11:56alors tout d'abord
01:11:57vraiment c'est un travail
01:11:58qui est
01:11:59pousse soufflant
01:11:59parce que c'est vrai
01:12:00qu'aujourd'hui
01:12:01on peut avoir
01:12:02un certain recul
01:12:04concernant l'apport
01:12:05qu'a apporté
01:12:06les français juifs
01:12:07à l'histoire de France
01:12:09à l'évolution
01:12:10de la France
01:12:11dans différents domaines
01:12:12et je pense que
01:12:13aujourd'hui
01:12:14contrairement à l'époque
01:12:15c'est que
01:12:17on peut voir
01:12:18tout au fil du temps
01:12:19dans
01:12:22plusieurs situations
01:12:23auxquelles les français juifs
01:12:24ont été
01:12:25soit exclus
01:12:26de la France
01:12:27et ont été exilés
01:12:28ou bien
01:12:28et ont été
01:12:30totalement intégrés
01:12:31et ont pu se développer
01:12:32et c'est justement
01:12:33par rapport
01:12:33à ce phénomène
01:12:35qui est intéressant
01:12:36avec ce qui se passe
01:12:37aujourd'hui
01:12:38on voit bien
01:12:38qu'aujourd'hui
01:12:39si vous parlez
01:12:40nous français juifs
01:12:42lorsqu'on parle
01:12:43entre nous
01:12:44il y a une idée
01:12:46qui revient souvent
01:12:47c'est de se dire
01:12:47est-ce qu'on doit partir
01:12:50est-ce qu'on doit partir
01:12:51ou on doit rester
01:12:51justement
01:12:52pour pouvoir
01:12:52se développer
01:12:54développer
01:12:54actuellement
01:12:55et surtout
01:12:56développer
01:12:56la France
01:12:58à travers
01:12:59les réalisations
01:13:01des français juifs
01:13:02et donc je pense
01:13:03que contrairement à l'époque
01:13:04ils n'avaient pas
01:13:04cette vision antérieure
01:13:05en se disant
01:13:06l'histoire est revenue
01:13:07aujourd'hui
01:13:08on peut se dire
01:13:09que c'est le cas
01:13:09et c'est ça
01:13:10qui est assez inquiétant
01:13:12je ne crois pas
01:13:14que l'histoire
01:13:15que ce soit
01:13:16le retour
01:13:17du passé
01:13:18d'abord
01:13:19il y a plusieurs choses
01:13:21qui font une différence
01:13:22très importante
01:13:23la première
01:13:24c'est que les lois
01:13:26françaises
01:13:27protègent
01:13:27contre le racisme
01:13:29et protègent
01:13:29contre l'antisémitisme
01:13:30on n'est pas
01:13:31dans les années 30
01:13:32on a l'arsenal
01:13:35législatif
01:13:36probablement
01:13:37le plus puissant
01:13:38de répression
01:13:39de l'antisémitisme
01:13:39deuxième chose
01:13:41il y a un consensus
01:13:42des partis politiques
01:13:43à l'exception
01:13:44de LFI
01:13:45je vais en parler
01:13:46qui est un phénomène
01:13:47nouveau et dramatique
01:13:48parce que
01:13:49la gauche
01:13:49depuis l'affaire Dreyfus
01:13:50était le premier avocat
01:13:52de la lutte
01:13:52contre l'antisémitisme
01:13:53elle est aujourd'hui
01:13:53le premier propagateur
01:13:55de l'antisémitisme
01:13:56et il y a un consensus
01:13:57des partis politiques
01:13:58même le rassemblement
01:14:00national
01:14:00à travers sa dédiabolisation
01:14:03a abandonné
01:14:04son antisémitisme
01:14:05traditionnel
01:14:06je ne dis pas
01:14:07que tous ses électeurs
01:14:08l'ont abandonné
01:14:08mais même
01:14:09l'extrême droite
01:14:11a rompu
01:14:12avec la tradition
01:14:13qui était la sienne
01:14:14de l'antisémitisme
01:14:15donc on a
01:14:15un consensus politique
01:14:18contre l'antisémitisme
01:14:19avec une exception dramatique
01:14:21qui est LFI
01:14:21et puis
01:14:22l'opinion
01:14:23que la loi
01:14:24réprime l'antisémitisme
01:14:25les partis
01:14:27sont consensuels
01:14:28contre l'antisémitisme
01:14:30et l'opinion
01:14:31les enquêtes d'opinion
01:14:32montrent que
01:14:32le niveau d'antisémitisme
01:14:34de l'opinion française
01:14:34est très faible
01:14:35c'est de l'ordre
01:14:36de 10%
01:14:37et encore
01:14:38dans cet antisémitisme
01:14:39il y a une partie
01:14:39d'antisémitisme
01:14:40de préjugés
01:14:41mais qui ne conduit pas
01:14:42à des actions violentes
01:14:43il y a
01:14:44trois secteurs
01:14:45de l'opinion
01:14:46qui sont
01:14:47touchés
01:14:48par un nouvel
01:14:48antisémitisme
01:14:49lié au Proche-Orient
01:14:50il y a
01:14:51la communauté
01:14:51arabo-musulmane
01:14:53parce que
01:14:54disons
01:14:55un tiers d'entre elles
01:14:56à peu près
01:14:57d'après les enquêtes
01:14:57a des préjugés
01:15:00antisémites
01:15:00ça veut dire quand même
01:15:01que la majorité
01:15:02ne l'est pas
01:15:02mais un tiers
01:15:03donc c'est trois fois plus
01:15:05que la moyenne des français
01:15:06deuxième point
01:15:07l'électorat
01:15:08d'extrême-gauche
01:15:09là encore
01:15:11c'est entre deux et trois fois plus
01:15:12que la moyenne des français
01:15:14et puis
01:15:14il y a un phénomène
01:15:15qui est un peu inquiétant
01:15:16qui est la jeunesse
01:15:17et notamment
01:15:18la jeunesse éduquée
01:15:19et ça
01:15:19c'est lié
01:15:20complètement
01:15:21à la question
01:15:22du Proche-Orient
01:15:22donc
01:15:23on est
01:15:24mais
01:15:25globalement
01:15:26les français
01:15:26majoritairement
01:15:27se sont purgés
01:15:30de l'antisémitisme
01:15:31de préjugés
01:15:32qui existait encore
01:15:33avant la guerre
01:15:33je vous donne juste un exemple
01:15:34lorsqu'on posait la question
01:15:36au lendemain de la guerre
01:15:38est-ce que vous seriez embêté
01:15:39si votre fille
01:15:40ou votre fils
01:15:41épousait un juif
01:15:42je crois qu'il y avait
01:15:4360 ou 70% des français
01:15:45ou 80% des français
01:15:46qui disaient oui
01:15:46aujourd'hui
01:15:47quand on pose la question
01:15:48c'est moins de 10%
01:15:49donc
01:15:50alors évidemment
01:15:51ces deux segments
01:15:52que j'ai évoqué
01:15:53l'extrême-gauche
01:15:54la communauté arabo-musulmane
01:15:55et la jeunesse française
01:15:56qui traverse les deux
01:15:58c'est un sujet
01:15:59mais c'est un sujet
01:16:00qui est circonscrit
01:16:01qu'on peut
01:16:02à la fois
01:16:03on doit faire
01:16:05un effort
01:16:05d'éducation
01:16:07vers
01:16:07cette jeunesse
01:16:09ou vers
01:16:09la communauté arabo-musulmane
01:16:10et on doit
01:16:11combattre politiquement
01:16:12les partis
01:16:14qui font preuve
01:16:15d'antisémitisme
01:16:16je pense à LFI
01:16:17Denis Oliven
01:16:18on va reprendre
01:16:19cette conversation
01:16:21dans quelques instants
01:16:22et on va aborder
01:16:23la crise
01:16:24la crise de Gaza
01:16:25midi 14h
01:16:28Sud Radio
01:16:29la France
01:16:30dans tous ses états
01:16:31le face-à-face
01:16:33Denis Oliven
01:16:35auteur du dictionnaire
01:16:36amoureux
01:16:38des Juifs de France
01:16:39est là
01:16:39sur Sud Radio
01:16:40aujourd'hui
01:16:41pour débattre
01:16:42avec nous
01:16:43de
01:16:43l'histoire
01:16:45des Juifs de France
01:16:46leur implication
01:16:47dans la conscience française
01:16:49et le rôle
01:16:50qu'ils peuvent avoir
01:16:50aujourd'hui
01:16:51dans
01:16:51j'allais dire
01:16:52l'essor de cette république
01:16:53qui est bien troublée
01:16:54je cite une phrase
01:16:55d'Emmanuel Berle
01:16:56que vous citez
01:16:56les non-juifs
01:16:58quand ils succombent
01:16:59à l'antisémitisme
01:17:00et les juifs
01:17:00quand ils le suscitent
01:17:02causent en moi
01:17:02la même panique
01:17:03qu'est-ce qu'il a voulu dire
01:17:04par là
01:17:04Emmanuel Berle
01:17:05Emmanuel Berle
01:17:06c'est un drôle de personnage
01:17:07c'est un français
01:17:08d'origine 100% juive
01:17:10il est alsacien
01:17:11fondateur de Marianne
01:17:12le premier Marianne de 1938
01:17:14et auteur
01:17:15de deux phrases célèbres
01:17:16du maréchal Pé
01:17:17exactement
01:17:18c'est un israélite
01:17:19parfait
01:17:20tellement parfait
01:17:21il a un peu
01:17:23un problème
01:17:23avec ses origines
01:17:25il est tellement
01:17:26tellement israélite
01:17:28tellement français
01:17:28qui sera
01:17:30le premier
01:17:32à écrire
01:17:33comment dirais-je
01:17:34écrivain
01:17:35des discours
01:17:36du maréchal Pé
01:17:36la France
01:17:37elle ne ment pas
01:17:38c'est lui
01:17:39la terre
01:17:40elle ne ment pas
01:17:41pardon
01:17:41et je vais
01:17:42ces mensonges
01:17:43qui vous ont fait
01:17:44en normal
01:17:44c'est lui
01:17:45donc Emmanuel Berle
01:17:46c'est un type
01:17:46un peu spécial
01:17:47il exprime
01:17:52on voit ça
01:17:52au 19ème siècle
01:17:53c'est très frappant
01:17:54et au début du 20ème
01:17:55il y a des juifs
01:17:55qui sont tellement français
01:17:57c'est le personnage
01:17:58de Bloch
01:17:58dans la recherche
01:17:59de Proust
01:18:00qu'ils en deviennent
01:18:01presque eux-mêmes
01:18:02antisémites
01:18:03donc lui
01:18:04il essaie de se mettre
01:18:05à distance
01:18:05d'un côté
01:18:06en disant
01:18:06je déteste
01:18:07les antisémites
01:18:08mais je considère
01:18:09que les juifs
01:18:09causent l'antisémitisme
01:18:10quand ils sont
01:18:11trop ostentatoires
01:18:12dans leur judaïsme
01:18:13j'imagine
01:18:14alors il y a un phénomène
01:18:15qui aujourd'hui
01:18:16est au coeur
01:18:17de la polémique
01:18:18tragique
01:18:19que nous vivons
01:18:21en France
01:18:21parce que l'antisémite
01:18:22il y a une résurgence
01:18:23je ne sais pas
01:18:24si c'est la même
01:18:25bête immonde
01:18:26que celle des années 30
01:18:27mais c'est une bête
01:18:28et elle est immonde
01:18:29et on le voit
01:18:30et quand on voit
01:18:30aujourd'hui
01:18:30dans des manifestations
01:18:31le panneau
01:18:33mort aux juifs
01:18:34dans les rues de Paris
01:18:34en 2023, 2024
01:18:36ou 2025
01:18:37on se demande
01:18:37dans quel monde
01:18:38on habite
01:18:39Denis Oliven
01:18:40les étrangers
01:18:42venus d'autres pays
01:18:43en France
01:18:44italiens, espagnols
01:18:46yougoslaves
01:18:46qui venaient de loin
01:18:47gardent une attache
01:18:49à leur pays d'origine
01:18:50ils sont parfaits français
01:18:52et on le voit
01:18:52parfaitement intégrés
01:18:53on garde une sympathie nationale
01:18:55peut-être au moment
01:18:56du football
01:18:56et quand on repart
01:18:57en vacances
01:18:58on garde les racines
01:18:59même pour les maghrébins
01:19:00vous avez des marocains
01:19:01des algériens
01:19:01des tunisiens
01:19:02qui sont parfaitement
01:19:03intégrés
01:19:04assimilés
01:19:05et qui gardent
01:19:06quand même un souvenir
01:19:06qui gardent leurs origines
01:19:07dans leur coeur
01:19:08les juifs
01:19:09c'est différent
01:19:10vous avez les juifs
01:19:10de la diaspora
01:19:11qui venaient évidemment
01:19:12de Palestine
01:19:13au Moyen-Âge
01:19:14qui sont des français
01:19:15plus qu'à part entière
01:19:16est-ce que la création
01:19:18de l'état d'Israël
01:19:19qui est une conquête
01:19:21j'allais dire
01:19:22de l'humanité
01:19:23on donne aux juifs
01:19:24qui ont été persécutés
01:19:25après la Shoah
01:19:26le droit d'avoir leur territoire
01:19:28le problème est toujours
01:19:29pas résolu
01:19:29et on le sait aujourd'hui
01:19:31est-ce que le fait
01:19:33de la création
01:19:34de l'état d'Israël
01:19:34suscite dans certains
01:19:36juifs de France
01:19:37la notion
01:19:38a posteriori
01:19:40qu'ils ont enfin
01:19:41une patrie
01:19:42d'origine
01:19:43qu'ils n'avaient pas
01:19:44voyée
01:19:44l'anachronie
01:19:45du système
01:19:46est peu
01:19:46du coup engendrée
01:19:47des malentendus
01:19:48quand on voit
01:19:50le Premier ministre
01:19:51israélien
01:19:51qui disait
01:19:52fuyez la France
01:19:53on est presque
01:19:54au retour
01:19:54de Vichy
01:19:55revenez dans
01:19:56votre mère patrie
01:19:57il y a des citoyens
01:19:59français
01:19:59qui succombent
01:20:01à la tentation
01:20:01bien sûr
01:20:02parce qu'ils estiment
01:20:02qu'ils sont sincèrement
01:20:03en danger
01:20:04et puis il y en a
01:20:05d'autres qui disent
01:20:05mais moi je me pose
01:20:06même pas la question
01:20:06je suis français
01:20:07je reste en France
01:20:08j'assumerai cette tragédie
01:20:10et je me bats
01:20:11pour établir la vérité
01:20:12et la justice
01:20:13que faut-il en penser ?
01:20:15cette question
01:20:17s'est posée évidemment
01:20:18c'est pour ça
01:20:18que le judaïsme français
01:20:19a été au départ
01:20:21au moment où est apparu
01:20:23le sionisme
01:20:23je consacre une entrée
01:20:24à ça
01:20:24dans mon dictionnaire
01:20:26hostile au sionisme
01:20:27et puis finalement
01:20:29il s'est rangé
01:20:30à l'idée du sionisme
01:20:31mais de la manière suivante
01:20:32les juifs français
01:20:34dans leur grande majorité
01:20:35ont considéré
01:20:36que le sionisme
01:20:37c'était la possibilité
01:20:38d'un refuge
01:20:39pour les juifs
01:20:41qui n'avaient plus
01:20:41de patrie
01:20:42pour les juifs
01:20:43d'Europe de l'Est
01:20:44qui étaient persécutés
01:20:45ensuite pour les juifs
01:20:46du monde arabe
01:20:47qui ont été chassés
01:20:47mais pour eux français
01:20:49la question ne se posait pas
01:20:51ils avaient une patrie
01:20:52ils étaient français
01:20:52donc ils ne voyaient pas
01:20:54leur destin
01:20:55en Israël
01:20:56ils se voyaient
01:20:57comme français
01:20:57il n'empêche
01:20:58qu'ils avaient
01:20:59à l'égard d'Israël
01:21:00c'est ce qu'a dit
01:21:00Raymond Aron
01:21:02Raymond Aron a dit
01:21:03les français juifs
01:21:05ont avec Israël
01:21:06un lien spirituel
01:21:07comme les français catholiques
01:21:09l'ont avec le Vatican
01:21:10où Emmanuel Lévinas
01:21:12grand philosophe
01:21:13a dit
01:21:15nous sommes liés
01:21:16quoique français
01:21:18nous sommes liés
01:21:19avec Israël
01:21:20par le pacte d'Auschwitz
01:21:22par le fait
01:21:23que nous considérons
01:21:24qu'il est bon
01:21:25qu'il existe un refuge
01:21:26pour des juifs
01:21:26qui n'ont pas la chance
01:21:27comme nous
01:21:28français
01:21:28d'avoir leur patrie
01:21:29donc je crois
01:21:30que la vérité
01:21:32il y a quelques juifs
01:21:34qui ont quitté
01:21:35la France
01:21:36très peu en fait
01:21:36quand on regarde
01:21:37la proportion
01:21:38des juifs
01:21:39qui ont quitté la France
01:21:40pour faire
01:21:41comme on dit
01:21:42leur alia
01:21:43pour aller en Israël
01:21:44devenir des citoyens israéliens
01:21:45est très petite
01:21:46et même ceux-là
01:21:48quand on les rencontre
01:21:49en Israël
01:21:49continuent de se sentir français
01:21:51donc je crois
01:21:52que l'idée
01:21:53de la double allégeance
01:21:54ne se pose pas
01:21:57c'est vrai que les juifs
01:21:58en général
01:21:59ont une affection
01:22:02pour Israël
01:22:03et sont attachés
01:22:04au droit
01:22:04à l'existence
01:22:05de l'état d'Israël
01:22:06moi je suis un
01:22:07français patriote
01:22:08j'ai été élevé
01:22:09dans une famille
01:22:09non religieuse
01:22:10non communautaire
01:22:11très patriote
01:22:12et très républicaine
01:22:14mais j'ai un attachement
01:22:16à l'existence
01:22:18de l'état d'Israël
01:22:18en revanche
01:22:19je me sens libre
01:22:21de toute critique
01:22:22que j'aurais envie
01:22:23de formuler
01:22:24à l'égard du gouvernement
01:22:25d'Israël
01:22:25on est bien d'accord
01:22:26justement
01:22:26vous avez vu le débat
01:22:28ces derniers temps
01:22:29vous avez vu
01:22:30que différentes voies
01:22:31d'abord en Israël
01:22:33même
01:22:3385% de la population
01:22:36est désormais hostile
01:22:36à son gouvernement
01:22:37mais
01:22:37dans toutes les diasporas
01:22:40parmi les juifs
01:22:41en Angleterre
01:22:42aux Etats-Unis
01:22:42et même en France
01:22:43il y a eu
01:22:43toutes les positions possibles
01:22:44j'y viens
01:22:45le conflit isroélo-palestinien
01:22:47et particulièrement
01:22:48la tragédie de Gaza
01:22:49s'est invité
01:22:50dans la vie politique française
01:22:51pas seulement
01:22:52au niveau de la relation
01:22:53avec les juifs de France
01:22:54l'extrême-gauche
01:22:55s'en est emparée
01:22:57Gaza est une vraie tragédie
01:22:59que ce soit Delphine
01:23:01Romiller
01:23:01ou Anne Sinclair
01:23:02ou Marc Nobel
01:23:04et Alain Finkielkraut
01:23:05et Elie Bernabé
01:23:05se sont positionnés
01:23:06de façon très courageuse
01:23:07vous-même
01:23:07vous êtes insoupçonnable
01:23:09de confusion
01:23:10sur cette histoire
01:23:12le drame aujourd'hui
01:23:13c'est que ça a engendré
01:23:14un antisémitisme
01:23:16j'allais dire
01:23:16voulu penser
01:23:18par l'extrême-gauche
01:23:19et le paradoxe
01:23:20auquel nous sommes
01:23:21aujourd'hui confrontés
01:23:22c'est que
01:23:23les partis d'extrême-droite
01:23:25qui il y a quelques années
01:23:26symbolisaient plus tôt
01:23:27la méfiance envers les juifs
01:23:28et l'antisémitisme
01:23:29sont ceux qui soutiennent
01:23:30les juifs de France
01:23:31au prétexte
01:23:33qu'à Gaza
01:23:34il faut éradiquer le Hamas
01:23:35et que c'est au contraire
01:23:37l'extrême-gauche
01:23:38qui fustige
01:23:38les juifs de France
01:23:39comme étant des complices
01:23:40du gouvernement israélien
01:23:43et de Baniabin et Tanaou
01:23:45comment juifs de France
01:23:46vous pouvez vivre
01:23:47cette dichotomie
01:23:48cette anomalie
01:23:49le syllogisme
01:23:52que l'extrême-gauche
01:23:53a réussi à imposer
01:23:56plus ou moins
01:23:57est le suivant
01:23:57tout juif
01:23:58est comptable d'Israël
01:24:00tout Israël
01:24:02est comptable
01:24:03du gouvernement israélien
01:24:04et le gouvernement israélien
01:24:06est génocidaire
01:24:07donc tout juif français
01:24:08est complice du génocide
01:24:09donc tout juif est génocidaire
01:24:11d'abord tout juif
01:24:12n'est pas comptable d'Israël
01:24:13bien sûr
01:24:14tout Israélien
01:24:15n'est pas comptable
01:24:16du gouvernement
01:24:17aujourd'hui
01:24:18ce gouvernement
01:24:19est minoritaire
01:24:19dans l'opinion israélienne
01:24:22l'opinion israélienne
01:24:22conteste
01:24:23la politique
01:24:24du gouvernement Netanyahou
01:24:26notamment sur les otages
01:24:27et même une partie
01:24:28de l'administration israélienne
01:24:30le chef d'état-major
01:24:32des armées
01:24:32a contesté
01:24:33les opérations militaires
01:24:34donc il y a
01:24:35300 anciens dirigeants
01:24:37de l'armée
01:24:39des services secrets israéliens
01:24:40qui ont écrit
01:24:41contre le gouvernement
01:24:42de Netanyahou
01:24:43il y a 4 ou 5 anciens
01:24:44premiers ministres israéliens
01:24:46qui ont contesté
01:24:46donc la deuxième partie
01:24:48du syllogisme
01:24:48n'est pas vraie
01:24:49et troisièmement
01:24:50l'utilisation du mot génocide
01:24:51même pour ceux
01:24:52qui vous avaient cité
01:24:53Anne Sinclair
01:24:54Alain Finkielkraut
01:24:55le terme génocide
01:24:59est inapproprié
01:25:00pourquoi ?
01:25:01j'explique d'un mot
01:25:02parce que
01:25:03imposer ça
01:25:03ça ne veut pas dire
01:25:04qu'on accepte
01:25:05ce qui se passe à Gaza
01:25:06mais même ceux
01:25:07qui contestent absolument
01:25:08la guerre
01:25:09telle qu'elle se déroule
01:25:09à Gaza
01:25:10contestent le mot génocide
01:25:11parce que
01:25:12ce mot génocide
01:25:13suppose qu'il y a
01:25:14l'intention
01:25:14des autorités israéliennes
01:25:16pas de telle ou telle ministre
01:25:17des autorités israéliennes
01:25:19du gouvernement
01:25:20de l'armée
01:25:20de la population
01:25:21d'exterminer
01:25:22les palestiniens
01:25:23or
01:25:23si l'Israël
01:25:25avait voulu exterminer
01:25:25les palestiniens
01:25:26compte tenu de sa
01:25:27disproportion des forces
01:25:28il l'aurait fait
01:25:29donc ça n'est pas
01:25:30un génocide
01:25:31ça ne veut pas dire
01:25:32qu'on accepte
01:25:33la guerre à Gaza
01:25:33ni la façon
01:25:35de telle est conduite
01:25:35mais ça n'est pas
01:25:36un génocide
01:25:36l'utilisation du mot génocide
01:25:39est le signal
01:25:39d'une intention
01:25:40maléfique
01:25:42qui consiste à
01:25:43incriminer les juifs
01:25:44en leur disant
01:25:46vous faites ce qu'on
01:25:46vous a fait
01:25:47et ça n'est pas vrai
01:25:49appuyé par les islamistes
01:25:51de France
01:25:52qui évidemment
01:25:52se réjouissent
01:25:53de cette polémique
01:25:54et qui font cause commune
01:25:55du coup
01:25:55et pour moi
01:25:56sur ce conflit
01:25:57il y a deux catégories
01:25:58de gens
01:25:59il y a les gens
01:25:59de bonne volonté
01:26:00qui veulent la paix
01:26:01qui considèrent que
01:26:03les israéliens
01:26:04et les palestiniens
01:26:05ont le droit
01:26:06à un état
01:26:07peuvent vivre
01:26:08sur cette terre
01:26:08qu'ils ont
01:26:09tous les deux
01:26:10légitimement le droit
01:26:11de revendiquer
01:26:12il y a de la place
01:26:12ils peuvent le faire
01:26:13Jean-François Canadi
01:26:15quiconque refuse
01:26:17à l'état d'Israël
01:26:18d'avoir
01:26:19les frontières garanties
01:26:20est un salaud
01:26:21quiconque refuse
01:26:22à la Palestine
01:26:22de créer un état souverain
01:26:23est un salaud
01:26:24voilà
01:26:24donc
01:26:25les gens de bonne volonté
01:26:27sont ceux-là
01:26:28ceux-là
01:26:28ils ne mettent pas
01:26:29de l'huile sur le feu
01:26:30ils ne prononcent pas
01:26:31des anathèmes
01:26:32ils ne disent pas
01:26:32que les palestiniens
01:26:33sont des nazis
01:26:34ils ne disent pas
01:26:35que les israéliens
01:26:35sont des génocidaires
01:26:36ils cherchent
01:26:37les voies de la paix
01:26:37et par exemple
01:26:38quand Trump
01:26:39que je n'aime pas
01:26:40propose un plan de paix
01:26:42même si c'est Trump
01:26:43ils se disent
01:26:44essayons
01:26:44ça ce sont les gens
01:26:45qui sont favorables
01:26:46à la paix
01:26:47ceux-là
01:26:48on les reconnait
01:26:49tout de suite
01:26:49parce qu'ils sont
01:26:50ils ont des doutes
01:26:53ce sont des palestiniens
01:26:54qui se mettent
01:26:55à la place des israéliens
01:26:56ou des israéliens
01:26:57qui se mettent
01:26:57à la place des palestiniens
01:26:58ou ce sont des observateurs
01:26:59qui comme nous
01:27:00se mettent à la place
01:27:01des uns et des autres
01:27:02et cherchent une solution
01:27:03je vous cite une phrase
01:27:03en hébreu
01:27:04ça vous dit quelque chose ?
01:27:07non
01:27:07ne te réjouis jamais
01:27:08du malheur de ton ennemi
01:27:09voilà
01:27:09Denis Oliven
01:27:10merci d'avoir été
01:27:11aujourd'hui présent
01:27:12sur Sud Radio
01:27:13pour nous apporter
01:27:13ce témoignage essentiel
01:27:14à très bientôt
01:27:15merci à vous
01:27:15pour écouter cette émission
01:27:16rendez-vous sur
01:27:17sudradio.fr
01:27:18youtube
01:27:18spotify
01:27:18deezer
01:27:19toutes nos plateformes
01:27:20merci à tous
01:27:21merci Perico
01:27:21et à demain
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