- il y a 4 mois
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NewsTranscription
00:00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états.
00:00:06Bonjour à tous, la France dans tous ses états, bien particulière en ce vendredi 3 octobre.
00:00:12Alors je vous explique en une seconde.
00:00:15Le vendredi, désormais à cette heure-ci, vous aurez André Bercoff et Céline Alonso
00:00:20et du lundi au jeudi, vous aurez Perico Lécasse avec Maude Koffler.
00:00:26Donc voilà, je voulais faire un peu les présentations et c'est ce que nous allons faire en ce vendredi
00:00:30avec à ma droite, ah oui, un certain André Bercoff.
00:00:35Bonjour André.
00:00:37Bonjour Patrick.
00:00:38Qui est là depuis des années au micro de Sud Radio et qui reste 8 ans à Sud Radio.
00:00:43Et un jeune, un petit nouveau, Perico Lécasse, vous connaissez déjà sa voix.
00:00:48Bonjour Perico.
00:00:49Bonjour, bonjour cher Patrick Roger, bonjour André Bercoff, bonjour Maude.
00:00:53Voilà, et donc vous allez dialoguer ensemble pendant quelques minutes, de longues minutes à mon avis.
00:01:01Restez à l'écoute parce que ça va être intéressant.
00:01:03Vous allez découvrir à la fois Perico Lécasse et à la fois André Bercoff.
00:01:07Que vous connaissez ? Non, vous ne le connaissez pas vraiment, pas totalement Perico Lécasse, non ?
00:01:12André Bercoff ou moi-même ?
00:01:15Alors, André Bercoff, même s'il est là tous les jours à l'antenne, je suis certain que les auditeurs ne connaissent pas complètement en fait,
00:01:23parce qu'il a une vie tellement chargée, exceptionnelle.
00:01:26Ils le croyaient le connaître et avec notre échange qui va avoir lieu dans quelques minutes,
00:01:30ils vont savoir tout ce qu'on n'a pas osé dire sur André Bercoff jusqu'à aujourd'hui.
00:01:33Oh là là, c'est ça. Et André Bercoff qui connaît bien aussi Perico Lécasse.
00:01:37Absolument.
00:01:37Vous allez nous révéler quelques secrets ?
00:01:39Je ne vais pas parce que je vais attendre un peu, voir comment Perico Lécasse va exercer.
00:01:44Et ensuite, nous allons non pas l'attaquer, non, on le connaît, vous savez, je vais vous dire,
00:01:49Perico Lécasse, il y a une chose à dire.
00:01:50D'abord, un homme qui aime la nourriture et le vin qui sait en parler ne peut pas être complètement mauvais.
00:01:55Ah bah non, là vous vous rejoignez complètement et je pense que vous avez beaucoup de coins communs
00:02:01parce que vous êtes tous les deux des républicains, c'est chevillé au corps,
00:02:05avec un esprit souverainiste, bien sûr, et une volonté aujourd'hui d'ouvrir les yeux,
00:02:12en tout cas de permettre aux auditeurs d'ouvrir les yeux sur la France, sur ce qu'elle est
00:02:16et ce qu'il faudrait qu'elle devienne quoi.
00:02:18Il y aura dans l'histoire de France, avant et après cette rencontre.
00:02:21Ah bon ?
00:02:22Bon bah très bien. Bon bah en tout cas, c'est à vous, je vais vous laisser dialoguer sur Sud Radio,
00:02:28bien sûr, pour cette émission qui est une première et qui est une forme de transition
00:02:33dans le bon sens du terme, bien sûr, n'est-ce pas, en vrai ?
00:02:37Oui, j'avais peur que vous alliez vers, je vous connais Patrick, vers des chemins mal aisés.
00:02:41Non, non, non, il n'y a pas de chemin détourné et vous allez pouvoir effectivement dialoguer.
00:02:48Et donc je le rappelle, à partir de la semaine prochaine, du lundi au jeudi,
00:02:51de midi à 14h, ce sera Péricolégas avec Maud Koffler et vous, bien sûr, dans la France, tous ses états.
00:02:57Et le vendredi, ce sera André Bercoff et Céline Alonso.
00:03:01Il y a eu Alexandre Jardin, il a fait un petit tour, Alexandre, il est reparti au Jardin.
00:03:06Mais il sera avec nous d'ailleurs à un moment donné pour pouvoir en parler.
00:03:09Allez, la France dans tous ses états, c'est parti.
00:03:12André Bercoff, vous imaginez, bien sûr, mon enthousiasme et ma ferveur, mon émoi, pour ne pas dire mon trac,
00:03:26lorsque Patrick Roger m'appelle pour me dire, il s'agirait de prendre le relais d'André Bercoff,
00:03:32qui va voler maintenant vers d'autres cieux, qui va prendre de la hauteur, maintenant,
00:03:35avec la sagesse qu'il a accumulée au bout de tant de siècles d'expérience,
00:03:38parce que ce sont des siècles intellectuels, et je me dis, moi qui ai 66 ans,
00:03:43bon, j'ai bourlingué aussi dans des radios, où j'ai été remercié pour avoir été un peu trop clivant,
00:03:48un peu trop trubliant, je me suis dit, bon, là-dessus, peut-être à la suite d'André,
00:03:51je pourrais maintenir le niveau de clivage et de trouble.
00:03:56Et je me suis dit, quand même, le défi est gigantesque.
00:04:00Je pense à cette phrase du général de Gaulle, conférence de presse de 1958,
00:04:03on lui dit, est-ce que vous êtes sûr de garantir les libérés fondamentales,
00:04:07et il dit, les libertés fondamentales, pourquoi voulez-vous,
00:04:09pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ?
00:04:12Et je me dis en moi-même, pourquoi voulez-vous qu'à 66 ans, je prenne le relais d'André Bercoff ?
00:04:17Eh bien, voilà, la chose est faite, je suis là, je suis en vase de fous, très fier, bien entendu,
00:04:22et j'espère, dans cette continuité sur Sud Radio, qui est une radio libre,
00:04:26et je voudrais lancer le thème, Sud Radio, ici, Sud Radio,
00:04:30la radio de toute la France qui parle à toute la France,
00:04:33et de tous ceux qui aiment la France, quelle que soit leur origine,
00:04:35ce qu'ils pensent et ce qu'ils croient.
00:04:37Et je crois que nous restons dans ce fil conducteur de la libre pensée,
00:04:41de la libre parole, alors ça va déplaire, ça va plaire,
00:04:44et bien entendu, vous imaginez André, décrypté, décortiqué depuis un mois,
00:04:51toutes les émissions que vous animez avec Maud Coffler,
00:04:55la France dans tous ses états, qui est devenue Bercoff dans ses états,
00:04:58je ne prétends pas et je ne ferai pas la même chose que vous,
00:05:00mais je vais rester dans ce ton et dans ce souci de raconter peut-être
00:05:05ce dont nous avons l'impression que ça ne se dit pas ailleurs.
00:05:09Et bien, bienvenue Périgo, les gars,
00:05:10et je suis sûr que vous serez dans cette voie et dans ce monde-là,
00:05:13je vous connais assez pour le savoir.
00:05:15André Bercoff, je voudrais parler un petit peu de vous.
00:05:20Que dire ?
00:05:21Vous êtes un témoin exceptionnel,
00:05:23comme d'autres personnalités historiques, politiques, intellectuelles,
00:05:27de ce qui s'est passé en France depuis, on peut dire,
00:05:30est-ce que je peux m'apprendre de dire 60 ans, si ce n'est plus ?
00:05:32Vous pouvez, vous pouvez.
00:05:33Voilà, un observateur très original,
00:05:36j'allais dire un marginal au bon sens du terme,
00:05:39vous avez toujours été en deçà ou au-delà
00:05:42des cliveurs habituels, des marques habituelles,
00:05:45des carcans habituels,
00:05:46ça vous vaut d'ailleurs quelquefois des coups de bambou,
00:05:49des coups de grimaces.
00:05:51Vous avez évolué, si l'on peut considérer qu'il y a une évolution
00:05:54dans les discours politiques,
00:05:55dans votre lecture de la vie politique française,
00:05:57de l'évolution de ce pays qui est en souffrance,
00:06:00et j'admire la façon dont vous récupérez cette phrase
00:06:03« Nous sommes en guerre » du président de la République.
00:06:06Je pense que c'est peut-être la phrase la plus vraie
00:06:08qui n'est jamais prononcée.
00:06:09C'est peut-être la seule.
00:06:10Et il l'a menée au sommet,
00:06:11parce qu'effectivement,
00:06:12lui est en guerre avec tout le monde
00:06:13et nous sommes effectivement dans une situation de conflit.
00:06:15Donc avec cette petite phrase,
00:06:17vous êtes arrivé à faire plusieurs centaines d'ouvertures à l'émission
00:06:20et ça, ça m'impressionne toujours.
00:06:23Je voudrais parler de vous un peu plus précisément,
00:06:25André Bercoff.
00:06:27Je vais faire votre portée,
00:06:29non pas au vitriol,
00:06:30parce que le vitriol,
00:06:31ce n'est pas suffisant pour que ça soit corrosif.
00:06:34Je vais le faire à vodka et mosquatelle.
00:06:37Non pas au vitriol,
00:06:38vodka et mosquatelle,
00:06:39parce que vous êtes le fils d'Edouard Bercoff
00:06:43et d'Edna Ferrara,
00:06:45un russe et une espagnole,
00:06:47qui se sont aimés
00:06:48et vous ont donné naissance
00:06:49à Beyrouth,
00:06:51le 12 décembre 1940.
00:06:54Naître à Beyrouth,
00:06:55le 12 décembre 1940,
00:06:57d'Edouard Bercoff et d'Edna Ferrara,
00:07:00c'est en soi une leçon d'histoire.
00:07:02Qu'est-ce que le Liban,
00:07:03en 1940,
00:07:04le 12 décembre,
00:07:05nous sommes à la fin,
00:07:07j'allais dire,
00:07:08de l'année 40,
00:07:08où la France a connu la défaite,
00:07:10le régime des Vichy s'est installé,
00:07:12nous sommes au Levant,
00:07:12qui est une possession française,
00:07:14on ne va pas raconter l'histoire,
00:07:15l'histoire de la République,
00:07:16pourquoi le Liban et la Syrie
00:07:16sont une possession française,
00:07:19en forme de protectorat,
00:07:20alors que la Palestine
00:07:21est sous domination.
00:07:22– Sous mandat français.
00:07:23– Sous mandat français,
00:07:24avec le général Catroux
00:07:25qui va être responsable,
00:07:27et cette partie du monde
00:07:29va devenir très vite
00:07:30le terrain de traumatisme
00:07:31et, j'allais dire,
00:07:33de séisme historique et politique
00:07:35dont la continuité
00:07:37est encore une réalité.
00:07:38Donc vous naissez à cet endroit-là,
00:07:40dans l'ancienne Phénicie,
00:07:42dans l'ancienne Phénicie,
00:07:43l'ancienne Phénicie
00:07:44qui va donner un jour
00:07:45la naissance à la grande cité de Carthage.
00:07:48Et Carthage devient tellement puissante
00:07:49que les Romains disent
00:07:50à un moment donné,
00:07:50il faut la détruire.
00:07:51Et il y a un sénateur romain,
00:07:53Caton l'ancien,
00:07:54et qui dit,
00:07:55le doigt levé,
00:07:56d'Hélène d'Arcarthago,
00:07:57il faut détruire Carthage.
00:07:59Carthage,
00:08:00qui était donc né de la Phénicie,
00:08:01dont Beyrouth,
00:08:02entre Biblos, Sidon et Tyre,
00:08:04était un déo-mégal.
00:08:05– Il y a la capitale, on peut dire.
00:08:06– Et un jour,
00:08:08il y a quelqu'un
00:08:08qui prend le pseudonyme de Caton
00:08:09pour réécrire un petit peu
00:08:12l'histoire de la gauche.
00:08:13Alors là, c'est formidable,
00:08:13on ne va pas rentrer
00:08:14dans la définition
00:08:15de ce qu'est le situationnisme,
00:08:16c'est une lecture de la gauche.
00:08:18Et peut-être qu'on vous reprochera
00:08:19entre Bercoff
00:08:20d'avoir essayé de marier,
00:08:22j'allais dire,
00:08:22la gauche avec les valeurs
00:08:23du libéralisme,
00:08:24du libre-échange.
00:08:26Mitterrand a réconcilié
00:08:27la gauche et l'argent,
00:08:28ça n'a pas forcément donné
00:08:29de bons résultats,
00:08:30mais vous êtes à ce moment-là
00:08:31au cœur de l'histoire
00:08:32de la gauche en 80,
00:08:33vous êtes proche
00:08:33de François Mitterrand,
00:08:35vous êtes proche de l'Elysée,
00:08:36vous êtes proche
00:08:36de toute cette mouvance.
00:08:37La gauche arrive au pouvoir,
00:08:38c'est quand même
00:08:38un séisme politique formidable,
00:08:40c'est un renouveau,
00:08:42et en tant que Caton,
00:08:43vous faites une proposition,
00:08:45une définition
00:08:45de ce que peut être
00:08:46la gauche moderne
00:08:47dans le monde actuel,
00:08:48mais comme vous voulez garder
00:08:49votre secret,
00:08:51ce pseudonyme,
00:08:52vous ne voulez pas
00:08:52révéler votre visage,
00:08:54évidemment France Inter
00:08:55est toujours là,
00:08:56il y a une émission
00:08:56sur France Inter
00:08:57et qui va vous représenter
00:08:58pour raconter
00:08:59ce qu'est Caton
00:09:00et ce que veut dire Caton ?
00:09:01Un certain député
00:09:02de la Corée,
00:09:02ce qui s'appelle
00:09:03François Hollande.
00:09:04L'anecdote est pétillante,
00:09:05vous êtes d'accord ?
00:09:06Vous vous en souvenez
00:09:07comme si c'était hier ?
00:09:08Oui, c'est clair,
00:09:09c'est clair.
00:09:10Je vous raconterai d'ailleurs
00:09:11par rapport,
00:09:12juste un mot là-dessus,
00:09:13je connaissais effectivement,
00:09:15parce que je connaissais bien
00:09:17que j'ai connu François Hollande
00:09:18et j'avais besoin
00:09:19en écrivant Caton
00:09:20de chiffres.
00:09:21Il m'a dit,
00:09:21tiens, j'ai un jeune mec,
00:09:23il est très bon
00:09:23pour les chiffres
00:09:24et quand il s'est agi
00:09:26de parler à la radio
00:09:27parce que tout le monde
00:09:27se demandait
00:09:28qu'il était Caton,
00:09:29j'étais beaucoup plus connu
00:09:30que lui à l'époque,
00:09:31je parle de François Hollande
00:09:32et il m'a dit,
00:09:34pourquoi tu ne passerais pas
00:09:35à la radio ?
00:09:35Et c'est là où il y a eu,
00:09:36il est passé sur Europe 1
00:09:37et sur France Inter
00:09:38pour proclamer
00:09:40nous autres gens de droite.
00:09:41C'était bien vu.
00:09:42Quel était le projet de Caton ?
00:09:44Quel message
00:09:45que vous aviez voulu apporter ?
00:09:46Alors je vais vous dire,
00:09:47d'abord merci Perico
00:09:49pour ce que vous avez dit
00:09:50parce qu'effectivement
00:09:51Beyrouth, le Liban,
00:09:53on en parlera peut-être,
00:09:54mais c'est quelque chose
00:09:57qui s'est passé
00:09:57et je ne pouvais pas le dire
00:09:59à ce moment-là,
00:10:00on a fait un détournement
00:10:01de commande.
00:10:01En deux mots,
00:10:02si vous voulez,
00:10:03on m'a dit,
00:10:04oui, ce serait bien,
00:10:05tiens,
00:10:05parce que j'avais fait,
00:10:06je dois en raconter ça rapidement,
00:10:08j'avais fait un livre
00:10:09qui s'appelait
00:10:10180 jours de Mitterrand
00:10:11en 1977.
00:10:13C'était le moment
00:10:13où tout le monde pensait
00:10:14que la gauche allait gagner
00:10:15les élections légitatives
00:10:17de 118.
00:10:17118.
00:10:18C'est ça.
00:10:19Et on s'est dit,
00:10:20alors ce serait évidemment,
00:10:21jusqu'à ayant accepté
00:10:22la cohabitation,
00:10:23ce serait un gouvernement
00:10:24Mitterrand,
00:10:25Mitterrand Premier ministre.
00:10:26Et je vous raconte ça
00:10:27parce que c'est très intéressant
00:10:28de voir comment ça se passe,
00:10:29y compris dans l'édition.
00:10:30Je fais le bouquin,
00:10:32je l'écris
00:10:32et on le publie
00:10:33en août 1977.
00:10:35On vend 200 000 exemplaires
00:10:36en deux mois
00:10:37parce que tout le monde,
00:10:37soit ceux qui avaient peur
00:10:39que la gauche arrive au pouvoir,
00:10:40soit ceux qui espéraient.
00:10:41Et je dois dire
00:10:42qu'on avait fait
00:10:43le gouvernement Mitterrand
00:10:44avec Badinter,
00:10:45Morois,
00:10:45et j'ai fait effectivement
00:10:47la fortune de Jacques Lang
00:10:47puisque je l'ai placé
00:10:48à l'époque
00:10:49au ministère de la Culture.
00:10:50Alors que tout le monde disait
00:10:51Jacques Lang,
00:10:51ça ne sert à rien,
00:10:52enfin etc.
00:10:53Donc, le bouquin fait un malheur
00:10:55mais quand le programme commun
00:10:57se casse
00:10:58puisqu'ils se sont séparés
00:11:00un marché et Mitterrand,
00:11:02je me rappelle très bien
00:11:03que le bouquin se vendait
00:11:04à 10 000 exemplaires par jour,
00:11:06la perspective de la gauche
00:11:07au pouvoir,
00:11:08c'est philoche,
00:11:08la vente de bouquins tombe.
00:11:10Et c'est après ça,
00:11:12si vous voyez après,
00:11:12que Attali m'appelle,
00:11:13je me dis,
00:11:14tu sais Mitterrand,
00:11:15il rappelle son bouquin,
00:11:16il l'adore,
00:11:17pourquoi tu ne ferais pas,
00:11:18me dit Attali,
00:11:20en 82,
00:11:20donc en 83,
00:11:21moi, un bouquin sur les municipales
00:11:23et par les municipales,
00:11:24j'ai dit, écoute,
00:11:25Héraclite disait
00:11:26on ne se baigne pas
00:11:27deux fois dans le même fleuve,
00:11:29je ne vais pas refaire
00:11:29un bouquin de politique fiction,
00:11:31mais en revanche,
00:11:31laisse-moi réfléchir.
00:11:32Et je me suis dit,
00:11:33et c'est là,
00:11:34et vous avez tout à fait raison
00:11:35Péricault de le citer,
00:11:36c'est là au situationnisme
00:11:37qui m'a beaucoup,
00:11:39beaucoup forgé,
00:11:39je dois aller dans les années 60.
00:11:41En deux mots,
00:11:42il faut expliquer,
00:11:42le situationnisme
00:11:43est une lecture
00:11:44un petit peu
00:11:44d'une gauche extrême
00:11:45repensée par un Italien
00:11:48qui s'appelle Sanguinetti,
00:11:49je crois un peu.
00:11:49Voilà, alors c'était Guy Debord
00:11:51et Raoul Belleghem surtout,
00:11:53et je dois dire
00:11:54que les sociétistes,
00:11:55il faut le dire
00:11:55parce qu'il faut rendre hommage
00:11:57pour ceux qui ne connaissent pas,
00:11:58ce sont les seuls
00:11:59dans la galaxie de gauche
00:12:00des années 60
00:12:01qui ont dit des choses intéressantes,
00:12:03vraiment,
00:12:03sur le maoïsme,
00:12:04alors que tout le monde était,
00:12:05vous savez, maoïste,
00:12:06trotskiste, tout ça,
00:12:07il disait ça suffit,
00:12:08ces appareils,
00:12:09ces bureaucrates,
00:12:10ce sont tous des dictateurs,
00:12:11enfin, passons.
00:12:12Donc, qu'est-ce que j'ai dit ?
00:12:13J'ai dit, voilà,
00:12:14il faut qu'un aristocrate,
00:12:16un hiérarche de droite,
00:12:18Giscardien, raconte,
00:12:20la gauche vient de passer,
00:12:21donc c'était deux mois après,
00:12:24et j'ai dit,
00:12:25vraiment,
00:12:25c'est là où le bouquin a marché,
00:12:26d'abord,
00:12:27je ne pouvais pas parler
00:12:27en tant qu'André Mercoff,
00:12:29étant un journaliste
00:12:30plus ou moins classé à gauche,
00:12:31ça n'avait aucun sens,
00:12:32et puis ça n'avait...
00:12:33Donc, je faisais croire
00:12:34que c'était
00:12:35un grand hiérarche Giscardien,
00:12:37on la barre, etc.,
00:12:38Raymond Aubariste,
00:12:39qui disait,
00:12:40voilà ce que la gauche,
00:12:41et j'ai dit,
00:12:42pour vaincre la gauche,
00:12:43il faudra se débarrasser de la droite.
00:12:44De la reconquête.
00:12:45Voilà.
00:12:45Pour vaincre la gauche,
00:12:46il faudra se débarrasser de la droite.
00:12:47Et vous avez marqué
00:12:48de la reconquête,
00:12:49et j'ai écrit un autre bouquin,
00:12:50sous le même pseudonyme,
00:12:51Perico,
00:12:51qui s'appelle
00:12:52De la Renaissance,
00:12:53comme par hasard
00:12:53sont les noms
00:12:54de deux partis politiques aujourd'hui.
00:12:55Incroyable.
00:12:56De la reconquête et de la Renaissance.
00:12:57Quelle prémonition.
00:12:58De la reconquête et de la Renaissance.
00:13:00Donc, si vous voulez,
00:13:01j'ai raconté,
00:13:01et vraiment,
00:13:02j'ai raconté quoi ?
00:13:02J'ai raconté
00:13:03la véritable
00:13:04« trahison »
00:13:05de la gauche.
00:13:06C'est l'air que Mitterrand,
00:13:07qui est de gauche,
00:13:07comme moi,
00:13:08je suis Léon XIII,
00:13:09il s'est dit,
00:13:11bon,
00:13:11il savait très bien
00:13:12que pour le pouvoir,
00:13:13il fallait que ça soit à gauche.
00:13:14Et qu'est-ce qu'il a fait après ?
00:13:16Eh bien,
00:13:17il a fait une politique
00:13:18de bon capitaliste.
00:13:19En disant,
00:13:19jamais,
00:13:20ça va être la rupture
00:13:21avec le capitaliste
00:13:22pendant dix ans.
00:13:23Et il a dit que ça.
00:13:24Et puis,
00:13:24on a vu le résultat.
00:13:25Et en fait,
00:13:26c'est très intéressant,
00:13:28c'est que c'est là
00:13:28où la gauche,
00:13:29enfin,
00:13:29la gauche que moi,
00:13:30j'aime,
00:13:31je ne l'ai plus vue.
00:13:32En fait,
00:13:33la gauche s'est dissoute
00:13:34dans quelque chose,
00:13:35mais on en reparlera
00:13:36si vous voulez.
00:13:37Et donc,
00:13:37j'ai regardé ça
00:13:38et pourquoi
00:13:39ça a très fortement marché,
00:13:42Cato ?
00:13:42Parce qu'il disait,
00:13:43c'est drôle,
00:13:44il est dans les allées du pouvoir
00:13:45et il est en train de dire,
00:13:46laissons faire la gauche,
00:13:47elle va gérer le capitalisme
00:13:49encore mieux que nous.
00:13:50Et c'est ce qui s'est passé.
00:13:51Alors,
00:13:52vous qui témoignez
00:13:53de cette période,
00:13:54il y avait une euphorie
00:13:55à l'époque en 81.
00:13:56Total.
00:13:57Vous êtes,
00:13:58j'allais dire,
00:13:59très jeune à l'époque.
00:14:00Vous incarnez,
00:14:02j'allais dire,
00:14:02un espoir intellectuel
00:14:03sur le fait
00:14:03qu'il y avait eu
00:14:04du changement,
00:14:05une redistribution des cartes.
00:14:06Quand on vous écoute
00:14:07aujourd'hui,
00:14:08on sent en vous
00:14:09une amertume terrible,
00:14:11pas une tristesse,
00:14:13mais on sent
00:14:14que l'espoir
00:14:15qui avait été suscité
00:14:16à l'époque
00:14:16n'a pas abouti
00:14:18à ce qui faisait rêver.
00:14:20à ce qui faisait rêver.
00:14:21Oui, honnêtement,
00:14:22ni amertume,
00:14:23ni amertume,
00:14:25ni tristesse.
00:14:26Franchement,
00:14:27parce que,
00:14:28encore une fois,
00:14:28moi,
00:14:29à ton raison,
00:14:30je n'ai jamais appartenu
00:14:31à un parti
00:14:31à une mouvance politique.
00:14:32Je n'ai jamais été,
00:14:33je n'ai jamais choisi,
00:14:35suivi la ligne
00:14:36juste d'une partie.
00:14:37C'est clair.
00:14:37Jamais.
00:14:38Mais,
00:14:38c'est vrai que c'était passionnant
00:14:39de voir ce théâtre,
00:14:41ce théâtre non pas d'aube
00:14:42ou de lumière,
00:14:43rappelons-le comme on veut.
00:14:44Et,
00:14:45simplement,
00:14:45c'est vrai
00:14:45où j'ai quelque chose
00:14:47qui m'a...
00:14:48Je n'ai pas indigné,
00:14:50mais c'est vrai
00:14:50que la gauche
00:14:51qui était la mienne,
00:14:52enfin,
00:14:52la gauche de Jaurès,
00:14:54la gauche de...
00:14:55Vous savez,
00:14:55des anarchistes de gauche.
00:14:56La gauche qui est
00:14:57la gauche du vraiment...
00:14:59Celle-là,
00:15:00je ne la retrouvais plus du tout.
00:15:01Elle était vraiment...
00:15:02Si vous voulez,
00:15:02la lutte des places
00:15:03avait remplacé
00:15:04la lutte des classes.
00:15:04Bien sûr.
00:15:05Mais complètement.
00:15:06Donc,
00:15:06à partir de là,
00:15:07c'est vrai que j'ai regardé ça
00:15:08et sans passer du tout
00:15:11de l'autre côté
00:15:11ou d'un autre côté,
00:15:13j'ai pensé
00:15:13que c'était ça
00:15:14et d'ailleurs,
00:15:15la raccource à la radio
00:15:17dans les écrits.
00:15:18J'ai écrit un certain nombre
00:15:18de bouquins.
00:15:19Vous savez,
00:15:20qu'est-ce que c'est
00:15:20que le bon sens ?
00:15:21Le bon sens,
00:15:21il n'est ni de droite
00:15:22ni de gauche.
00:15:22On regarde et voilà,
00:15:23il y a les faits.
00:15:25Il faut arrêter le narratif,
00:15:27penser contre soi-même.
00:15:28J'essaye,
00:15:29je ne dis pas,
00:15:30de penser contre moi-même
00:15:31et regarder un peu
00:15:32les faits,
00:15:33les narratifs
00:15:33et qu'est-ce qu'on peut en tirer.
00:15:36Donc,
00:15:36non,
00:15:37vraiment pas l'amertume
00:15:38mais plus,
00:15:38vous savez,
00:15:39c'est le côté,
00:15:40le guet savoir.
00:15:41La vie est très belle,
00:15:42la vie est superbe,
00:15:43profitons-en
00:15:47de ne pas se régner
00:15:47et de ne pas renier
00:15:49les constances.
00:15:51Voilà.
00:15:51On est pour la vie
00:15:52contre la mort,
00:15:53même si on sait
00:15:54qu'on va finir un jour.
00:15:55Il n'empêche,
00:15:56vous laissez comprendre
00:15:58à l'époque,
00:15:59entrevoir qu'à un moment donné,
00:16:00la gauche va se couper
00:16:00du peuple,
00:16:01de son peuple.
00:16:02Tout à fait.
00:16:03Et le fait est
00:16:04qu'elle le paye cher aujourd'hui
00:16:05et qu'elle essaie
00:16:06de se retrouver
00:16:06un nouveau peuple.
00:16:07On pourra en discuter
00:16:08sur d'autres paramètres
00:16:10sociologiques.
00:16:11Mais vous présentez
00:16:12que les valeurs fondamentales
00:16:13qu'ont fait
00:16:14la gauche française,
00:16:15vous dites celle de Jaurès,
00:16:16celle de Blum,
00:16:17même celle de Mendes-France.
00:16:19Aujourd'hui,
00:16:19on laissait un petit peu
00:16:20des récupérés
00:16:20puisque c'est un classique
00:16:22de récupérer
00:16:22les enseignements du passé.
00:16:24Et vous repensez
00:16:25la politique française
00:16:26sur des bases
00:16:26totalement nouvelles
00:16:27qu'on va comprendre
00:16:28quand vous avez travaillé
00:16:30et vous avez œuvré
00:16:30dans tous les médias
00:16:31qui comptent en France,
00:16:33que ce soit imprimé,
00:16:34que ce soit de la radio,
00:16:35que ce soit de la télévision,
00:16:36toujours avec le même ton,
00:16:37un côté quelque part
00:16:38insupportable pour certains
00:16:39puisque vous rentrez
00:16:40dans un camoule.
00:16:41Aujourd'hui,
00:16:42on cherche absolument
00:16:43à vous cataloguer
00:16:44dans la fachosphère,
00:16:45mais ça arrive
00:16:46à tellement de gens
00:16:46qui sont juste
00:16:47des libre-penseurs
00:16:48et souvent des anciens
00:16:49personnes de gauche.
00:16:50Ils sont durs quand même
00:16:51avec vous aujourd'hui.
00:16:52Écoutez,
00:16:52je vais vous dire
00:16:53et je vais vous répéter
00:16:54la phrase de quelqu'un
00:16:56que vous connaissez bien
00:16:56qui s'appelle Courteline
00:16:57qui disait
00:16:58« Passer pour un idiot
00:16:59aux yeux d'un imbécile
00:17:00est une volupté
00:17:01de fin gourmet. »
00:17:02Moi, je dis « Passer pour un facho
00:17:04aux yeux d'un bobo gaucho
00:17:05est une volupté
00:17:06de pas tellement gourmet
00:17:08parce que c'est tellement bon. »
00:17:09Non, honnêtement,
00:17:10honnêtement,
00:17:11à un moment donné,
00:17:12ça me touchait.
00:17:13Maintenant,
00:17:13je m'en fous complètement.
00:17:14Pourquoi ?
00:17:15Parce qu'au fond,
00:17:16vous savez,
00:17:17la réalité frappe à la porte
00:17:18et à un moment donné,
00:17:20elle apparaît.
00:17:20Donc,
00:17:21on peut faire
00:17:21tout le truc qu'on veut,
00:17:22qu'on traite.
00:17:23Vous savez,
00:17:23on est tous,
00:17:24on est un certain nombre
00:17:25à avoir traité
00:17:26de tous les noms.
00:17:27C'est pas très grave.
00:17:28Le problème aujourd'hui,
00:17:29c'est qu'on voit très très bien
00:17:30que cette gauche
00:17:31est en lambeaux,
00:17:32que cette droite,
00:17:32d'ailleurs,
00:17:32n'est pas mieux.
00:17:33Elle est sidérée,
00:17:34elle est complètement perdue.
00:17:35Regardez ces magouilles
00:17:37hallucinantes.
00:17:38Vous savez,
00:17:38quand j'ai vu,
00:17:39moi,
00:17:39ça m'a vraiment frappé,
00:17:40quand j'ai vu
00:17:41au second tour
00:17:41des législatives,
00:17:42des dernières législatives,
00:17:43M. Attal appeler
00:17:44à voter pour la France insoumise,
00:17:46je me suis dit
00:17:47que c'est intéressant
00:17:48parce que bon appétit
00:17:49aux ministres intègres,
00:17:51ça reste totalement ça.
00:17:52Et ça nous a valu
00:17:53l'ingouvernabilité
00:17:54de la République
00:17:55avec une Assemblée nationale
00:17:56qui est absolument
00:17:57irréconciliable
00:17:58et qui,
00:17:59à mon avis,
00:18:00ingouvernable.
00:18:01Et je ne pense pas
00:18:01que de cette montagne
00:18:03sorte ne serait-ce
00:18:04qu'une souris.
00:18:05C'est quoi le réel
00:18:07pour vous ?
00:18:07Parce qu'on dit toujours
00:18:08qu'ils ont été attaplés
00:18:09par le réel.
00:18:09Le réel,
00:18:10c'est quoi ?
00:18:10Le réel aujourd'hui,
00:18:12c'est plusieurs choses.
00:18:13Si on ne veut pas voir
00:18:14ce qui se passe économiquement
00:18:15avec une Europe
00:18:16qui s'est enfoncée,
00:18:17je parle de l'Europe occidentale,
00:18:19dans une mouise totale
00:18:20par elle-même,
00:18:21qui s'est tirée
00:18:21une balle dans le ventre
00:18:23ou dans les pieds
00:18:23ou ailleurs,
00:18:24si on ne voit pas
00:18:25que le communautarisme
00:18:26et un certain extrémisme
00:18:28qui soit religieux
00:18:29ou qui soit ethnique
00:18:30ne posent pas
00:18:31des problèmes majeurs,
00:18:33si on ne voit pas
00:18:34qu'on se laisse aller
00:18:35au nom du politiquement correct
00:18:36et de l'éthiquement correct
00:18:38pour ne pas parler du woke
00:18:39à des excès
00:18:42complètement imbéciles,
00:18:44aberrants,
00:18:44c'est-à-dire,
00:18:45pour être un truc très simple,
00:18:47quand on arrive au point,
00:18:48Péricault Légas,
00:18:49et que je dis,
00:18:49écoutez,
00:18:50c'est très simple,
00:18:50Péricault Légas,
00:18:51moi je suis un seul pleureur
00:18:53et si vous ne me considérez pas
00:18:55comme un seul pleureur,
00:18:56vous êtes raciste,
00:18:57vous êtes un bigot
00:18:58et vous êtes homophobe
00:18:59et vous êtes...
00:19:00Voilà,
00:19:01je veux dire,
00:19:01quand on arrive à ce stade
00:19:02où on supprime la réalité,
00:19:05on supprime toute réalité,
00:19:06tout fait,
00:19:07même scientifique,
00:19:08au nom de son narratif
00:19:09complètement délirant,
00:19:10il y a un problème.
00:19:11Le réel,
00:19:12c'est le réel.
00:19:12Moi je vous vois
00:19:13comme un seul rieur,
00:19:14je suis désolé,
00:19:14on garde les images
00:19:15que l'on veut.
00:19:16André Bercoff,
00:19:17on a contacté
00:19:18un de vos anciens camarades
00:19:19qui vous apprécie beaucoup,
00:19:21vous avez vécu
00:19:22de grandes heures avec lui,
00:19:23il s'agit du citoyen
00:19:24Jacques Lang
00:19:25qui est avec nous
00:19:27à l'antenne.
00:19:28Monsieur le ministre,
00:19:28vous m'entendez ?
00:19:30Je vous entends
00:19:31et je viens d'entendre
00:19:32à l'instant
00:19:32la philippique d'André.
00:19:35Justement,
00:19:36merci monsieur le ministre,
00:19:36merci Jacques Lang
00:19:37d'avoir pris
00:19:38votre précieux temps
00:19:39pour participer
00:19:40à ce passage de relais
00:19:41entre André Bercoff
00:19:43et moi-même.
00:19:43Il prétend
00:19:44qu'il a été de gauche.
00:19:46Est-ce que c'est un souvenir
00:19:47qui vaut quelque chose
00:19:48pour vous ?
00:19:48Racontez-nous ça.
00:19:51Disons,
00:19:52oui,
00:19:53il était,
00:19:54en tout cas,
00:19:54il n'exprimait pas
00:19:58une pensée
00:19:59comme celle
00:19:59qu'il vient
00:20:00à l'instant
00:20:01de proclamer.
00:20:02Bien sûr.
00:20:02Oui,
00:20:02il était de gauche,
00:20:04comme vous le savez,
00:20:05la gauche
00:20:06est aux mille couleurs,
00:20:08donc il était
00:20:09une des couleurs
00:20:09de la gauche.
00:20:11Monsieur le ministre,
00:20:12est-ce que,
00:20:13à l'époque,
00:20:14vous étiez dans l'euphorie
00:20:151981,
00:20:15j'avais juste 20 ans
00:20:18et je me souviens
00:20:19avoir célébré
00:20:19ces cérémonies
00:20:21et je vous vois
00:20:22encore à l'image
00:20:22et ensuite
00:20:23les débuts
00:20:24de la gauche.
00:20:26Vu ce qu'elle est
00:20:26devenue aujourd'hui,
00:20:28est-ce qu'avec vos mots
00:20:29à vous,
00:20:29avec vos émotions
00:20:30à vous,
00:20:30vous êtes,
00:20:31comme André Bercoff,
00:20:32une certaine perplexité,
00:20:35je vais être très prudent
00:20:35dans mes mots,
00:20:36pour ne pas parler
00:20:36de déception,
00:20:37on a pris un peu
00:20:38de recul.
00:20:39Est-ce que ça a évolué
00:20:40exactement tel qu'André Bercoff,
00:20:42François Mitterrand
00:20:42et vous-même
00:20:43l'aviez envisagé en 1981 ?
00:20:45Évidemment pas,
00:20:47une autre époque,
00:20:49une autre société,
00:20:50une autre atmosphère,
00:20:52c'est évident.
00:20:54Mais comme je suis
00:20:55un optimiste inoxydable
00:20:58ou indécrottable,
00:20:59comme on voudrait,
00:21:00je ne désespère pas
00:21:02qu'un jour,
00:21:03ce jour n'est pas venu,
00:21:05une gauche nouvelle
00:21:07puisse surgir,
00:21:08une gauche humaine,
00:21:10une gauche imaginative,
00:21:12surtout créatrice.
00:21:14Bon,
00:21:14tel n'est pas le cas
00:21:15aujourd'hui.
00:21:16Est-ce que vous estimez,
00:21:18comme André Bercoff,
00:21:19qu'un des défauts
00:21:21de la gauche,
00:21:22de la gauche sociale-démocrate,
00:21:23est d'avoir trop voulu
00:21:24s'aligner sur le libéralisme
00:21:27ou le néolibéralisme
00:21:29pour prouver justement
00:21:30que vous n'étiez pas
00:21:30des bolcheviques
00:21:31avec le couteau entre les dents
00:21:32et qu'à force de faire
00:21:33des consensus et des compromis,
00:21:35on finit par perdre son âme ?
00:21:37Est-ce que vous pensez
00:21:37que c'est ça qui a pu se passer
00:21:38à un moment donné ?
00:21:39Oui,
00:21:40c'est peut-être une des raisons,
00:21:42mais ce n'est pas la seule.
00:21:44Je crois qu'à un moment,
00:21:46je n'arrive pas bien à la situer,
00:21:48la gauche a cessé de penser,
00:21:50de réfléchir,
00:21:51de s'interroger.
00:21:52Je ne veux pas idéaliser
00:21:54l'époque de François Mitterrand,
00:21:56mais le Parti Socialiste
00:21:57à ce moment-là
00:21:58était une véritable ruche
00:22:00à l'idée.
00:22:01On discutait,
00:22:02on confrontait
00:22:03les points de vue,
00:22:05on imaginait,
00:22:06et surtout,
00:22:07on cultivait
00:22:08des projets concrets.
00:22:11Aujourd'hui,
00:22:12bon,
00:22:13je ne veux pas être trop sévère
00:22:14à l'égard de ceux
00:22:15qui ont cette responsabilité,
00:22:17on ne peut pas dire
00:22:18que leur rêve
00:22:18soit porté au pinacle.
00:22:23Mais vous savez,
00:22:23vous avez André Bercoff
00:22:25avec vous.
00:22:26André Bercoff,
00:22:27pour moi,
00:22:28ce n'est pas d'abord
00:22:29une personnalité engagée
00:22:31en politique.
00:22:33C'est un homme
00:22:33d'une intelligence extrême
00:22:35et surtout,
00:22:37et par ailleurs,
00:22:39je pense que la radio
00:22:40l'a fait ressentir,
00:22:43c'est un homme
00:22:44d'une drôlerie
00:22:46exceptionnelle.
00:22:48Avec André,
00:22:49j'ai passé des moments,
00:22:51des soirées
00:22:51au Liban,
00:22:53dans ce merveilleux pays
00:22:54d'origine
00:22:55où nous allons
00:22:56dans quelques jours,
00:22:57Lima,
00:22:57présenter l'exposition
00:22:58Les Divas du monde arabe
00:23:00au musée Sursoc,
00:23:02au Liban,
00:23:02je l'ai d'abord connu,
00:23:04nous étions petits
00:23:05à ce moment-là,
00:23:06et ensuite à Paris.
00:23:07André est d'une intelligence
00:23:09éclatante,
00:23:11éblouissante,
00:23:12parfois il en abuse,
00:23:13mais surtout,
00:23:14il est tellement drôle,
00:23:16mais tellement drôle.
00:23:17Et alors,
00:23:18je lui dois
00:23:19une grande reconnaissance.
00:23:23J'ai le droit
00:23:24de parler un instant.
00:23:24Bien sûr,
00:23:25M. le ministre,
00:23:25vous avez fait bien,
00:23:26vous étiez chez vous.
00:23:27Je sais que lorsque
00:23:28la gauche,
00:23:30en 1970,
00:23:3217,
00:23:34a éclaté déjà,
00:23:38c'est-à-dire que
00:23:38le programme
00:23:39dit commun
00:23:39entre les communistes
00:23:41et les socialistes
00:23:42a...
00:23:43Le virage à droite
00:23:44du Parti Socialiste,
00:23:45vous vous souvenez
00:23:45de Georges Marchais ?
00:23:46Ce n'est pas un virage,
00:23:47ce n'est pas un virage.
00:23:48Mais c'est ce que disait
00:23:49Georges Marchais,
00:23:50le virage à droite
00:23:51du Parti Socialiste.
00:23:51C'est ça,
00:23:52Georges Marchais.
00:23:53C'est ça.
00:23:53Donc, cette année,
00:23:54bref,
00:23:55le programme commun
00:23:56a éclaté,
00:23:57et malgré tout,
00:23:58on donnait la gauche
00:24:00gagnante aux élections
00:24:01législatives.
00:24:03Et André a commis
00:24:04un bouquin
00:24:05qui s'appelait,
00:24:06je crois,
00:24:06Les premiers mois...
00:24:08Les 180 jours
00:24:08de Mitterrand.
00:24:10Les 180 jours
00:24:11de Mitterrand.
00:24:13Et alors,
00:24:13il m'a rendu
00:24:14un immense service
00:24:14parce qu'il est
00:24:16amical,
00:24:17parce qu'il le pensait
00:24:18peut-être,
00:24:20mais il est amical.
00:24:20Et alors,
00:24:21il avait constitué
00:24:22dans ce livre
00:24:22une liste des membres
00:24:24du futur gouvernement
00:24:25de gauche.
00:24:26Et il avait eu
00:24:27l'idée
00:24:28de me coller
00:24:29déjà à ce moment-là
00:24:30ministre de la Culture
00:24:32dans son gouvernement
00:24:33purement théorique.
00:24:34la grande idée
00:24:35et nous nous rejouissons
00:24:36de cette décision
00:24:37qui nous vaut
00:24:38la fin de la musique
00:24:39encore aujourd'hui,
00:24:39tous les ans.
00:24:40Jacques Lang,
00:24:41André Bercoff,
00:24:41une petite pause
00:24:42et on continue
00:24:43cet échange passionnant
00:24:43dans quelques instants.
00:24:46Midi 14h,
00:24:47Sud Radio,
00:24:49la France
00:24:49dans tous ses états.
00:24:50Nous sommes sur Sud Radio
00:24:52avec André Bercoff,
00:24:53passage de relais
00:24:54avec moi-même
00:24:55et nous avons à l'antenne
00:24:56Jacques Lang,
00:24:57ministre éternel
00:24:57de la Culture
00:24:58qui évoque des souvenirs
00:24:59de guerre
00:24:59avec André Bercoff
00:25:00à qui je pose la question.
00:25:02À qui je pose la question.
00:25:03André Bercoff,
00:25:04avant que vous deveniez
00:25:05une diva du bon arabe
00:25:06sous la bénédiction
00:25:07de Jacques Lang,
00:25:09êtes-vous prêt avec lui
00:25:09à repenser,
00:25:11vous qui êtes
00:25:11de jeunes espoirs,
00:25:12à repenser
00:25:13une nouvelle gauche ?
00:25:14Est-ce que vous pourriez
00:25:14vous rencontrer
00:25:15ne serait-ce que pour
00:25:16redonner de l'espoir
00:25:18à ceux qui n'en ont plus ?
00:25:19Écoutez, je crois que
00:25:20ceux qui ont de l'espoir
00:25:22n'ont pas besoin de nous
00:25:23pour repenser.
00:25:24Je pense que chacun
00:25:25fait à sa manière
00:25:27je dirais
00:25:29les orientations
00:25:30qu'il a à dire.
00:25:31Moi je crois,
00:25:31je vais vous dire
00:25:32très franchement
00:25:33et ce n'est pas nouveau.
00:25:35Ça fait des années
00:25:36que je ne pense plus
00:25:37en matière de gauche
00:25:38et de droite
00:25:39parce que je pense
00:25:40que le clivage
00:25:41aujourd'hui
00:25:42à l'heure mondiale
00:25:43il est entre
00:25:44patriote
00:25:45et mondialiste.
00:25:48Et je pense que
00:25:49vraiment
00:25:49il a repensé ça
00:25:50et je regrette
00:25:51que la gauche
00:25:51dès qu'on entend
00:25:52le mot patriote
00:25:53enfin la gauche
00:25:55je parle de la gauche
00:25:56officielle
00:25:56soyons clairs
00:25:57pas du tout
00:25:58parce que
00:25:59la gauche pour moi
00:26:00si vous voulez
00:26:00en deux mots
00:26:01je vais vous dire
00:26:02moi je me sens
00:26:02profondément de gauche
00:26:04et je ne comprends pas
00:26:05qu'on ait abandonné
00:26:06le peuple
00:26:06comme on l'a abandonné.
00:26:07Voilà.
00:26:08Ça c'est extrêmement
00:26:09important de savoir
00:26:10pourquoi le peuple
00:26:11aujourd'hui
00:26:11qui votait
00:26:12communiste et socialiste
00:26:13à 50-55%
00:26:15aujourd'hui
00:26:15c'est à 1,5-2%.
00:26:17Si on ne va pas
00:26:18et on ne creuse pas ça
00:26:19on n'a rien compris
00:26:20à ce qui se passe
00:26:21je ne parle pas que de la France
00:26:22je crois qu'aujourd'hui
00:26:23ce qui est très important
00:26:24je dirais
00:26:25sans renvoyer les compliments
00:26:26à Jacques Lang
00:26:27Jacques Lang
00:26:27ça a été pour moi
00:26:29je veux dire
00:26:30au-delà du ministère
00:26:30tout ça
00:26:31mais il est resté
00:26:31un agitateur
00:26:32formidable
00:26:33c'est un agitateur
00:26:34c'est quelqu'un
00:26:35un agitateur
00:26:35au bon sens du terme
00:26:36c'est-à-dire
00:26:37c'est quelqu'un
00:26:37qui prend une situation
00:26:38moi je l'ai connu
00:26:39au théâtre
00:26:40au festival du théâtre
00:26:40de Nancy
00:26:41vous voyez
00:26:41du théâtre Nancy
00:26:42à ce moment-là
00:26:43et je me rappelle très bien
00:26:44que les pièces du théâtre
00:26:46que j'avais vues
00:26:46à Nancy
00:26:47c'était vraiment
00:26:48des bouleversements
00:26:49après il est allé à Chaillot
00:26:50etc.
00:26:51et puis il a suivi
00:26:53Mitterrand
00:26:53et avec la carrière
00:26:56que l'on sait
00:26:56mais c'est très important
00:26:58d'avoir
00:26:59quel que soit
00:26:59ce qui peut
00:27:01nous faire diverger
00:27:02pour moi ce qui est
00:27:03extra important
00:27:03d'avoir des hommes
00:27:04et des femmes
00:27:05qui font des choses
00:27:07c'est-à-dire
00:27:07qui ne se contentent pas
00:27:08de vaticiner
00:27:09sur les concepts
00:27:11magnifiques
00:27:12de la planète Mars
00:27:13qui font des choses
00:27:14et qui agissent
00:27:15quels qu'ils soient
00:27:16et je ne dis pas
00:27:17dans n'importe quel sens
00:27:18mais c'est tellement
00:27:19facile de faire des mots
00:27:21vous savez
00:27:21Perroquet
00:27:21on est l'émissaire de la parole
00:27:22c'est bien l'émissaire de la parole
00:27:23bien sûr
00:27:24mais il faut aller plus loin
00:27:25il faut quand même provoquer
00:27:26et je crois que
00:27:27ce qui est très important
00:27:28aujourd'hui
00:27:29c'est que ce n'est pas
00:27:30en termes de gauche
00:27:31qu'est-ce qui fait
00:27:33que les peuples
00:27:33sont plus ou moins heureux
00:27:35qu'est-ce qui fait
00:27:36que vous fassent
00:27:36avancer la population
00:27:38et pas penser
00:27:39à la prochaine élection
00:27:40pas penser
00:27:41à son portefeuille
00:27:42électoral
00:27:42ou argenté
00:27:43pas penser uniquement
00:27:45à son petit
00:27:46quant à soi
00:27:47familial
00:27:48ou etc
00:27:48pensez plus fort
00:27:50pensez ailleurs
00:27:51alors au départ
00:27:51évidemment vous êtes
00:27:52vilipendé
00:27:53vous êtes traité
00:27:53de tous les noms
00:27:54et après
00:27:55et après
00:27:55moi vous voyez
00:27:56par exemple
00:27:56aujourd'hui
00:27:57je vois très bien
00:27:58quand je dis que
00:27:59personnellement
00:28:00j'aime beaucoup Trump
00:28:01je me fais
00:28:02évidemment
00:28:02comment tu peux aimer
00:28:05un type comme ça
00:28:05j'ai dit oui d'accord
00:28:06mais je veux dire
00:28:07il faut comparer
00:28:08vous savez
00:28:08on n'est pas seul
00:28:09c'est pas les planètes marches
00:28:10si je compare Trump
00:28:12à Biden
00:28:12et à l'administration Biden
00:28:14pour moi
00:28:14c'est la désolation
00:28:16et la honte
00:28:17je préfère dix fois
00:28:18des gens comme ça
00:28:19qui font
00:28:20et qui font
00:28:20et qui font
00:28:21vraiment
00:28:21on le voit encore
00:28:22en ce moment
00:28:22plutôt que des gens
00:28:24qui se bavassent
00:28:25moi écoutez
00:28:25quand je vois
00:28:26un président de la République
00:28:27comme on a
00:28:28qui vaticine
00:28:30et qui parle
00:28:31d'envoyer des troupes
00:28:32en Ukraine
00:28:32et qui parle
00:28:33de faire
00:28:34l'état palestinien
00:28:34sans savoir
00:28:35qui en comment
00:28:36et quand je vois
00:28:36qu'en même temps
00:28:37du Qatar
00:28:38à l'Arabie Saoudite
00:28:39en passant
00:28:40par l'Erdonésie
00:28:41et ailleurs
00:28:41tous vont vers le plan Trump
00:28:43je me pose des questions
00:28:44c'est ça que j'appelle
00:28:45le réel
00:28:46il y a
00:28:47la formidable salivation
00:28:49oui oui
00:28:50alors salivation
00:28:50on peut faire ça
00:28:51et après
00:28:52il y a ce qui se passe
00:28:53c'est pas du tout
00:28:54la même chose
00:28:54Jacques Lang
00:28:55Jacques Lang
00:28:55on va pas faire parler
00:28:56des morts
00:28:57mais si
00:28:58si le général de Gaulle
00:28:59et François Mitterrand
00:29:01avaient eu à gérer
00:29:02la situation actuelle
00:29:04le conflit
00:29:04russo-ukrainien
00:29:06et les relations
00:29:07avec les Etats-Unis
00:29:08est-ce que vous pensez
00:29:09qu'il s'y serait pris
00:29:09de façon radicalement différente
00:29:11ou est-ce que la marge
00:29:13de manœuvrer
00:29:13est si restreinte
00:29:14que finalement
00:29:15il n'y a pas d'autre solution
00:29:16que de s'incliner
00:29:17devant les Etats-Unis
00:29:18pourtant le général de Gaulle
00:29:19et Mitterrand
00:29:20avaient toujours été soucieux
00:29:21de l'indépendance
00:29:22de la France
00:29:22notamment sur le plan militaire
00:29:24énergique
00:29:24alors je ne veux pas
00:29:26rentrer en débat
00:29:27avec le cher André
00:29:28parce que
00:29:28ce n'est pas l'heure
00:29:31ce n'est pas le lieu
00:29:31il faudrait une émission
00:29:33complète pour vous réconcilier
00:29:34et peut-être une émission
00:29:35parce qu'il a réussi
00:29:38à reconstruire le monde
00:29:40mais vous imaginez bien
00:29:43que je ne partage pas
00:29:44une partie de ses idées
00:29:45c'est le moins compliqué
00:29:46c'est clair
00:29:47ses idées actuelles
00:29:48vous avez raison tout à l'heure
00:29:49je l'ai connu progressif
00:29:51je l'ai connu
00:29:52beaucoup plus orienté
00:29:54en effet à gauche
00:29:55mais chacun a le droit
00:29:56d'évoluer
00:29:57de se transformer
00:29:58mais ce que j'espère
00:30:00surtout
00:30:00puisqu'on parle de lui
00:30:02l'émission
00:30:02elle lui est dédiée
00:30:03j'espère que André
00:30:05conservera
00:30:06son humour
00:30:07sa drôlerie
00:30:08sa vivacité
00:30:09sa capacité
00:30:10d'improvisation
00:30:11c'est un improvisateur
00:30:13extraordinaire
00:30:15digne de la comédie
00:30:16et pour moi
00:30:17c'est un grand compliment
00:30:19reconnaissez monsieur le ministre
00:30:20que l'actualité
00:30:21et la situation politique française
00:30:22facilite énormément
00:30:23cette tâche
00:30:24pour pouvoir rire
00:30:24de la situation
00:30:25il faut dire que
00:30:26le spectacle
00:30:27ne manque pas de personnages
00:30:28je pense que le président
00:30:29de la république
00:30:30François Mitterrand
00:30:31aurait ri aussi
00:30:32de cette situation
00:30:32puisque André Bercoff
00:30:34me disait
00:30:34c'est un homme
00:30:34qui aime et rire
00:30:35plus qu'on ne pense
00:30:36dans le privé
00:30:37beaucoup
00:30:37il aimait les farces
00:30:40mais parfois
00:30:40il prenait quand même
00:30:42au sérieux
00:30:42les choses
00:30:43notamment de la paix
00:30:44de la guerre
00:30:45et des relations internationales
00:30:48je ne vais pas parler
00:30:49à sa place
00:30:49ni à la place
00:30:50du général de Gaulle
00:30:51je ne suis pas en mesure
00:30:52de le faire
00:30:52disons que
00:30:54c'est vrai que
00:30:55leur autorité personnelle
00:30:57en imposait beaucoup
00:30:59et permettait
00:31:00de résoudre
00:31:01des questions
00:31:01très difficiles
00:31:02bon je vois que
00:31:03vos souvenirs
00:31:03d'enfance mutuelle
00:31:04vous ont gardé
00:31:05du souffle
00:31:06et de la ferveur
00:31:07par rapport
00:31:07à l'avenir
00:31:09est-ce qu'il faut croire
00:31:10encore en la France
00:31:11est-ce qu'elle pourra retrouver
00:31:12ce que vous avez vous connu
00:31:13son brio
00:31:15son prestige
00:31:15son génie
00:31:16mais oui
00:31:17écoutez
00:31:18quand on parle de la France
00:31:19ce n'est pas seulement
00:31:20la politique française
00:31:21la France
00:31:23c'est les français
00:31:24c'est la réalité
00:31:25partout à travers le pays
00:31:27il y a des trésors
00:31:28d'imagination
00:31:29des trésors
00:31:30d'invention
00:31:30quand vous allez
00:31:32de ville en ville
00:31:33des universités brillantes
00:31:35des laboratoires
00:31:36de recherche scientifique
00:31:37des jeunes
00:31:38qui créent
00:31:38des entreprises
00:31:39nouvelles
00:31:40non
00:31:40c'est un pays
00:31:42qui
00:31:42malgré
00:31:44une situation politique
00:31:45extravagante
00:31:46il faut dire
00:31:47surréaliste
00:31:48très original
00:31:48très original
00:31:49très original
00:31:50disons-le
00:31:51le peuple
00:31:54les gens
00:31:55ont gardé
00:31:56une capacité
00:31:56ils sont un peu
00:31:57parfois déboussolés
00:31:58démoralisés aussi
00:32:00mais quand même
00:32:01dans la jeunesse
00:32:02il y a des gens
00:32:02qui créent
00:32:03qui inventent
00:32:04qui vont de l'avant
00:32:05et on devrait
00:32:05davantage
00:32:06les mettre
00:32:08en lumière
00:32:08plus qu'on ne fait
00:32:10parler
00:32:11du schnock
00:32:12ou du machin
00:32:12de tel ou tel
00:32:14parti politique
00:32:14André Berco
00:32:15vous partagez
00:32:16cet optimisme
00:32:16moi je voulais dire
00:32:17quelque chose
00:32:18à Jacques Lang
00:32:18Jacques
00:32:19en tout cas
00:32:20on pourrait se poser
00:32:22la question
00:32:23que reste-t-il
00:32:24de notre humour
00:32:24et bien il reste
00:32:25c'est ça le plus important
00:32:27il a raison
00:32:27de parler de cela
00:32:28parce qu'au-delà
00:32:29au-delà
00:32:30de nos divergences
00:32:32ou nos différences
00:32:33etc
00:32:33pour moi
00:32:35encore et je viens
00:32:35vous savez
00:32:36c'était Samuel Beckett
00:32:37je crois que tu l'avais décoré
00:32:38Jacques
00:32:39quand tu étais ministre
00:32:40de la culture
00:32:40je ne sais pas
00:32:41en tout cas
00:32:42Samuel Beckett
00:32:43a écrit un livre
00:32:45qui résume absolument
00:32:46ce que je pense
00:32:47de Jacques
00:32:48de ce point de vue
00:32:48dans sa partie
00:32:50la plus créatrice
00:32:51il disait
00:32:52imagination morte
00:32:53imaginée
00:32:54et ça
00:32:55c'est vraiment ça
00:32:56c'est Samuel Beckett
00:32:57vous savez
00:32:57c'est le même
00:32:57qui disait
00:32:58un jour Libération
00:32:59fait un grand
00:33:00grand numéro spécial
00:33:01pourquoi écrire
00:33:03pourquoi écrivez-vous
00:33:04il y a 150 écrivains
00:33:05les écrivains
00:33:06se répandent
00:33:07et tout ça
00:33:07et Samuel Beckett
00:33:09a répondu
00:33:11en trois mots
00:33:12quels étaient
00:33:13ces trois mots
00:33:14alors pourquoi
00:33:14écrivez-vous
00:33:15il disait
00:33:16bon cas ça
00:33:16et bien écoutez
00:33:18c'est un message
00:33:18je vais citer
00:33:19Georges Bernard Shaw
00:33:20je vais citer
00:33:21Georges Bernard Shaw
00:33:22qui disait
00:33:22quand on est enfermé
00:33:23dans les quatre murs
00:33:23d'une prison
00:33:24l'humour reste encore
00:33:26le meilleur moyen
00:33:27pour s'évader
00:33:27voilà
00:33:28tout à fait
00:33:28Jacques Lang
00:33:29merci d'avoir témoigné
00:33:30merci à vous
00:33:31salut à André
00:33:32et si André
00:33:33par hasard
00:33:33était libre
00:33:35le 17 octobre prochain
00:33:36on aimerait l'accueillir
00:33:37dans son pays
00:33:39dans la ville
00:33:40voilà
00:33:40et bien avec plaisir
00:33:41j'y serai le 17 octobre
00:33:43Jacques
00:33:44j'y serai
00:33:44ah formidable
00:33:45on fera une grande fête
00:33:47autour de toi
00:33:48l'espoir
00:33:48l'espoir reste en orient
00:33:50et nous irons tous
00:33:51vers le levant
00:33:51merci Jacques Lang
00:33:52merci André Bercoff
00:33:53on vous retrouve tous les vendredis
00:33:54et là nous attendons
00:33:55un petit coup de fil
00:33:56d'Alexandre Jardin
00:33:57Sud Radio
00:33:59la France dans tous ses états
00:34:02Péricault Légas
00:34:03Maud Koffler
00:34:04voilà
00:34:05nous attendons
00:34:06un appel
00:34:06d'Alexandre Jardin
00:34:07qui est peut-être déjà en ligne
00:34:08qui est en ligne je crois
00:34:09oui
00:34:09oui
00:34:10bonjour
00:34:11bonjour Alexandre
00:34:12Alexandre Jardin
00:34:13de la plume
00:34:14au panache
00:34:14vous aurez fait un petit tour
00:34:16sur Sud Radio
00:34:17pour donner la parole
00:34:18aux français
00:34:19émission importante
00:34:20j'allais dire
00:34:21votre mandat
00:34:21était encore plus court
00:34:22que celui d'un premier ministre
00:34:23de l'actuelle cinquième république
00:34:25mais votre passage
00:34:26a été remarqué
00:34:27vous continuez évidemment
00:34:28à donner la parole
00:34:29aux français
00:34:29au gueux
00:34:30dont vous représentez
00:34:31aujourd'hui les intérêts
00:34:33justement
00:34:34je suis
00:34:36je suis à Calhuire
00:34:38là où Jean Moulin
00:34:39a été arrêté
00:34:40chez le docteur Dubougeon
00:34:41absolument
00:34:42je suis
00:34:44je suis avec Bastien Jouin
00:34:45le maire de Calhuire
00:34:46qui est en face de moi
00:34:47et on est en train
00:34:49de parler des gueux
00:34:50dans l'épicentre
00:34:52de l'esprit
00:34:52de la résistance
00:34:53Calhuire
00:34:54et au fond
00:34:56c'est toute cette France
00:34:58à qui on a envie
00:35:00de donner la parole
00:35:01c'est-à-dire les gens
00:35:02qui se prennent
00:35:02eux-mêmes
00:35:03comme point d'appui
00:35:04qui sont courageux
00:35:05les gueux
00:35:07c'était le terme
00:35:08des paysans du Moyen-Âge
00:35:10ensuite on a eu
00:35:11le prolétariat
00:35:12Raffarin a parlé
00:35:14de la France d'en bas
00:35:14et en fait
00:35:15les gueux
00:35:15ils existent bien
00:35:16et ils sont vraiment
00:35:17têtés comme des gueux
00:35:17et on est en train
00:35:19d'avoir la peau
00:35:20des ZFE
00:35:21d'ici 15 jours
00:35:24on saura
00:35:25si
00:35:25si on a vraiment
00:35:27enterré
00:35:27cette espèce
00:35:28de système
00:35:29épouvantable
00:35:30d'exclusion sociale
00:35:31et une des raisons
00:35:32pour lesquelles
00:35:33je suis revenu
00:35:33à Calhuire
00:35:34c'est qu'au moment
00:35:35où on se battait
00:35:36il y avait des maires
00:35:37dont le maire
00:35:38qui est en face de moi
00:35:39Bastien Jouin
00:35:40qui se battait
00:35:41et on ne savait pas
00:35:43si on arriverait
00:35:44à les faire tomber
00:35:44par les mairies
00:35:45par l'action locale
00:35:47ou par le Parlement
00:35:50mais les gueux
00:35:53ils ne lâchent rien
00:35:54alors justement Alexandre
00:35:56est-ce que vous pensez
00:35:56un jour que les gueux
00:35:57pourraient se constituer
00:35:58je ne vais pas dire
00:35:59en mouvement politique
00:35:59mais dans une forme
00:36:01sociale
00:36:01je pense un peu
00:36:02aux gilets jaunes
00:36:03c'était une forme
00:36:04de gueuxerie
00:36:05de jacquerie
00:36:05est-ce que ça pourrait
00:36:06donner suite
00:36:07à un mouvement
00:36:08qui influerait
00:36:09sur la vie politique
00:36:09française ?
00:36:11Monsieur le maire
00:36:12de Calhuire
00:36:13qu'est-ce que vous en pensez ?
00:36:15Bonjour
00:36:16Péricault-Légaz
00:36:17Bonjour monsieur le maire
00:36:18Écoutez
00:36:20ça n'était pas prévu
00:36:21mais en tout cas
00:36:21c'est vrai que c'est
00:36:22un bonheur absolu
00:36:23de pouvoir recevoir
00:36:24aujourd'hui Alexandre Jardin
00:36:25à Calhuire
00:36:25puisqu'effectivement
00:36:26nous avons mené
00:36:27ce combat ensemble
00:36:27contre les ZFE
00:36:28pour vous raconter
00:36:30l'histoire
00:36:31si vous voulez
00:36:31dans ma commune
00:36:32il y a 21 000 véhicules
00:36:34et 10 000
00:36:35promettaient d'être exclus
00:36:36et évidemment
00:36:37ça n'était pas acceptable
00:36:38nous en avons discuté
00:36:40avec un certain nombre
00:36:41d'habitants
00:36:41et nous nous sommes dit
00:36:42qu'il fallait que nous
00:36:43issions nous lever
00:36:43par rapport à tout ça
00:36:44d'autant plus
00:36:45que dans l'agglomération lyonnaise
00:36:46toutes les politiques
00:36:47menées depuis
00:36:48un certain nombre d'années
00:36:49montrent que la qualité
00:36:51de l'air
00:36:51s'améliore
00:36:52continuellement
00:36:53et donc on s'est livré
00:36:54à ce combat
00:36:55et aujourd'hui
00:36:55on attend beaucoup
00:36:56effectivement du
00:36:57public institutionnel
00:36:58et également
00:36:59des derniers débats
00:37:00au Parlement
00:37:00pour faire en sorte
00:37:01que ce dispositif-là
00:37:04puisse cesser
00:37:05donc les yeux
00:37:06se battent
00:37:07notre logique
00:37:08c'est toujours
00:37:08le lien entre
00:37:09l'hyperlocal
00:37:11et le national
00:37:12et je vous rappellerai
00:37:15au moment
00:37:15où on lancera
00:37:16une série
00:37:17de référendums
00:37:18parce que
00:37:20c'est évident
00:37:21que dans la crise
00:37:22politique actuelle
00:37:24on ne peut pas
00:37:24laisser les partis
00:37:25se dépatouiller
00:37:26ils n'y arrivent pas
00:37:27donc on va
00:37:28on va inclure
00:37:29les français
00:37:29en leur posant
00:37:31directement des questions
00:37:32avec des outils
00:37:33référendaires
00:37:33qui ne passeront pas
00:37:34par l'état
00:37:35Alexandre Jardin
00:37:36un petit rappel
00:37:37les gueux
00:37:38c'était bien le nom
00:37:39que l'on donnait
00:37:39j'allais dire
00:37:40à la population
00:37:41à l'époque
00:37:42où les souverains
00:37:42de la France
00:37:43étaient les rois
00:37:43il me semble
00:37:44c'était la monarchie
00:37:45est-ce qu'on serait revenu
00:37:46un petit peu
00:37:47à un système politique
00:37:48qui fait que les gueux
00:37:49seraient confrontés
00:37:50à une forme de monarchie
00:37:51avec des souverains
00:37:52glorieux
00:37:53dans leur palais
00:37:54dans leur tour d'ivoire
00:37:56oui
00:37:58équipés
00:37:58d'une bureaucratie
00:37:59souveraine
00:38:00bureaucratie française
00:38:02européenne
00:38:04qui est très
00:38:05très inaccessible
00:38:06au bulletin de vote
00:38:07et qui prend
00:38:08des décisions
00:38:09insensées
00:38:10et donc
00:38:11tout le problème
00:38:13que vous soulevez
00:38:14en parlant
00:38:15de la cour
00:38:15et du prince
00:38:16c'est le problème
00:38:17de la déconnexion
00:38:18et si des mouvements
00:38:22comme les gueux
00:38:22se battent
00:38:23sur des causes
00:38:24aussi concrètes
00:38:24que les ZFE
00:38:25aujourd'hui
00:38:26que la facture
00:38:28d'électricité
00:38:28parce que ça nous prend
00:38:29au nez
00:38:29si l'actuel premier ministre
00:38:32signe le décret
00:38:33on est parti
00:38:34pour un doublement
00:38:35à nouveau
00:38:35de la facture
00:38:36mais ça
00:38:37les gueux
00:38:38ne peuvent pas
00:38:39la payer
00:38:40donc on ne lâchera pas
00:38:42et on va les défendre
00:38:44mais
00:38:44mais c'est vrai
00:38:46que c'est
00:38:46quand on y pense
00:38:48c'est incroyable
00:38:49que ce mot
00:38:50les gueux
00:38:50est pris
00:38:51soit devenu un hashtag
00:38:52parce qu'au début
00:38:53j'avais lancé
00:38:54une boutade
00:38:55j'avais juste fait un poste
00:38:56en disant
00:38:57mais on s'en fout
00:38:57c'est les gueux
00:38:58mais j'avais pas imaginé
00:38:59que la France
00:39:00en fera un étendard
00:39:01alors question très importante
00:39:03Alexandre Germain
00:39:04est-ce que les gueux
00:39:04votent
00:39:05ou est-ce qu'ils font partie
00:39:06de ces français
00:39:07qui ne croient plus
00:39:08dans nos institutions
00:39:09et dans la politique
00:39:10et qui s'abstiennent
00:39:10au moment des élections
00:39:11est-ce que vous avez
00:39:12les moyens de leur dire
00:39:13allez voter
00:39:14allez exercer
00:39:15votre droit civique
00:39:16alors
00:39:18d'abord
00:39:19évidemment
00:39:20puisqu'on est fondamentalement
00:39:21républicain
00:39:22mais on va aussi
00:39:23les inciter
00:39:24à voter
00:39:25dans nos procédures
00:39:26référendaires
00:39:27qu'on va lancer
00:39:27nous-mêmes bientôt
00:39:28parce que
00:39:30il y a deux manières
00:39:31de voter
00:39:31ou bien
00:39:32vous votez
00:39:33en 2025
00:39:34et vous considérez
00:39:35que vous êtes viré
00:39:36pour 5 ans
00:39:37c'est-à-dire
00:39:38est-ce que le peuple
00:39:39est là pour donner
00:39:40des chèques en blanc
00:39:41ou est-ce qu'il va
00:39:43conserver une parcelle
00:39:44de sa souveraineté
00:39:45si on met en place
00:39:47des procédures référendaires
00:39:49à la Suisse
00:39:49bien sûr
00:39:51ça sera des votes
00:39:52alors ce seront
00:39:53des votations
00:39:54comme on appelle
00:39:54en confédération helvétique
00:39:56ça sera
00:39:56échelle municipale
00:39:57Alexandre
00:39:58à tous les échelons
00:40:01à tous les échelons
00:40:01mais nous
00:40:02ce qu'on va lancer
00:40:03au départ
00:40:04bientôt
00:40:04on est en train
00:40:05de construire
00:40:06les outils
00:40:06on va probablement
00:40:09commencer par
00:40:105 questions fondamentales
00:40:12fondamentales
00:40:13et on va refaire
00:40:14des grandes majorités
00:40:15c'est-à-dire que
00:40:16si on pose les questions
00:40:17de manière
00:40:18à répondre
00:40:20aux aspirations
00:40:21profondes
00:40:22du pays
00:40:22on devrait
00:40:23rejoindre
00:40:24les majorités
00:40:25de 8 sur 10
00:40:26qui nous ont permis
00:40:27de renverser
00:40:27les ZFE
00:40:28on était arrivé
00:40:29à 78%
00:40:30des français
00:40:31qui étaient
00:40:31pour les gueux
00:40:32et c'est ce qui a permis
00:40:35au moment du vote
00:40:36vous avez toujours
00:40:38plein de députés
00:40:38qui à ce moment là
00:40:39votent pour vous
00:40:40et tous ceux
00:40:41qui sont contre vous
00:40:42ils vont faire pipi
00:40:43ils foutent le camp
00:40:44à la buvette
00:40:45ils viennent pas
00:40:46parce qu'ils ont peur
00:40:47de prendre des claques
00:40:48sur le marché
00:40:48en fait
00:40:50si je comprends bien
00:40:52vous revenez un petit peu
00:40:53au principe
00:40:53des cahiers de doléance
00:40:54sauf que là
00:40:55ça sera exprimé
00:40:56très concrètement
00:40:56par un suffrage
00:40:57voilà
00:40:59ça sera objectivé
00:41:01Alexandre
00:41:02je suis très touché
00:41:03vous soyez à Caluire
00:41:04quand je vais à Lyon
00:41:05avec mes enfants
00:41:06je vais leur montrer
00:41:07la maison
00:41:08où Jean Moulin
00:41:09a été arrêté
00:41:10avant d'être torturé
00:41:11symbole de la résistance française
00:41:12du conseil national
00:41:13de la résistance
00:41:14et de toutes les valeurs
00:41:15qui en a découlé
00:41:16et je le rappelle toujours
00:41:17le merveilleux discours
00:41:19d'André Malraux
00:41:19lorsque les cendres
00:41:20de Jean Moulin
00:41:21furent portés au Panthéon
00:41:22et il rappelait
00:41:23que le visage
00:41:24torturé
00:41:25de Jean Moulin
00:41:26était à l'époque
00:41:27le visage de la France
00:41:28il avait le visage
00:41:30de la France
00:41:30c'était le visage
00:41:31de la France
00:41:32les gueux aujourd'hui
00:41:33portent le visage
00:41:35de la France
00:41:35et nous sommes tous
00:41:37très sensibles
00:41:37à votre formidable
00:41:38initiative
00:41:38et nous savons
00:41:40qu'un jour
00:41:40les gueux
00:41:41retrouvons dans ce pays
00:41:42le poids
00:41:43le poids qu'il porte
00:41:43je me souviens
00:41:44quand François Mitterrand
00:41:45a été investi
00:41:47président de la république
00:41:48en 1981
00:41:50par le conseil constitutionnel
00:41:51il déclare au moment
00:41:52de son investiture
00:41:53la France
00:41:54redevient conforme
00:41:56à sa majorité sociale
00:41:57la majorité politique
00:41:58redevient conforme
00:41:59à sa majorité sociale
00:42:00les gueux
00:42:02est-ce qu'on peut dire
00:42:03que nous sommes la France
00:42:04c'est la France
00:42:05Alexandre Germain
00:42:07Clairement
00:42:07Clairement
00:42:09parce que nous ne sommes pas
00:42:10dans une logique
00:42:11de pouvoir
00:42:11on est dans une logique
00:42:13c'est tout l'inverse
00:42:14on est dans une logique
00:42:16où on essaye
00:42:17de rassembler
00:42:188 Français sur 10
00:42:20sur des majorités
00:42:21d'intérêt général
00:42:22et vous allez voir
00:42:24que les 5 premières questions
00:42:25qu'on posera
00:42:26j'espère qu'on obtiendra
00:42:28des millions
00:42:29et des millions
00:42:30et des millions
00:42:30de votes
00:42:31pour refabriquer
00:42:36de l'unité
00:42:37on n'en doute pas
00:42:38Alexandre
00:42:39avec des partis
00:42:40qui fragmentent
00:42:41vous viendrez
00:42:41dans la France
00:42:42dans tous les états
00:42:43pour nous expliquer
00:42:44ce formidable projet
00:42:45et je vous dis
00:42:46vive la République
00:42:46et vive la France
00:42:47et vive les gueux
00:42:48à bientôt Alexandre
00:42:49et vive Calhuire
00:42:50et vive Calhuire
00:42:50et restez bien avec nous
00:42:51dans un instant
00:42:52nous parlerons
00:42:53de nos aînés
00:42:54de nos aînés
00:42:55souvent abandonnés
00:42:56par leurs propres enfants
00:42:57par la société
00:42:58ce sera le thème
00:42:59de ce triple
00:43:00quadruple
00:43:01entretien même
00:43:01avec Yann Lagné
00:43:02Laurent Permas
00:43:03et Sabine Gré-Saguel
00:43:04à tout de suite
00:43:05sur Soudradio
00:43:05les vieux
00:43:06ne bougent plus
00:43:08leurs gestes
00:43:10ont trop de rites
00:43:11leur monde
00:43:12est trop
00:43:14petit
00:43:15du lit
00:43:17à la fenêtre
00:43:20puis du lit
00:43:22au fauteuil
00:43:23puis
00:43:24du lit
00:43:26au lit
00:43:28et s'ils sortent
00:43:31encore
00:43:31bras
00:43:33sur ces paroles
00:43:35sublimes
00:43:35et bouleversantes
00:43:36du grand Jacques Brel
00:43:37quelle chanson
00:43:38magnifique
00:43:39nous lançons
00:43:40un appel solennel
00:43:41aujourd'hui
00:43:41sur Sud Radio
00:43:42n'abandonnons pas
00:43:44nos aînés
00:43:45aimons et respectons
00:43:47nos vieux
00:43:47on use de formules
00:43:48pudiques
00:43:49les seniors
00:43:50les anciens
00:43:50les aînés
00:43:51mais notre société
00:43:53se donne-t-elle
00:43:53vraiment les moyens
00:43:54du respect
00:43:55qu'elle prétend apporter
00:43:56à cette génération
00:43:57à laquelle nous devons
00:43:58tout
00:43:59le symbole gravé
00:44:01sur le fronton
00:44:02de nos mairies
00:44:02liberté, égalité, fraternité
00:44:04concerne-t-il aussi
00:44:06cette considérable minorité
00:44:07on parle beaucoup
00:44:08des autres
00:44:09et que dit-on
00:44:11des vieux
00:44:12et bien aujourd'hui
00:44:13pour en
00:44:14en discourir
00:44:15pour décrypter
00:44:18cette réalité
00:44:19qui touche la France
00:44:20parce que
00:44:21les vieux
00:44:22c'est quelque chose
00:44:22d'essentiel
00:44:23j'ai 66 ans
00:44:24donc j'en suis
00:44:25je parle à titre personnel
00:44:26je ne savais pas
00:44:27qu'un jour
00:44:28j'aurais cet âge là
00:44:29quand j'étais gamin
00:44:31je rêvais d'être vieux
00:44:32parce que je disais
00:44:32il n'y a que les vieux
00:44:33et mes amis
00:44:34c'est terrible
00:44:35parce que je les perds
00:44:36j'avais des amis
00:44:37qui avaient 30 ou 40 ans
00:44:38de plus que moi
00:44:38ils s'en vont les uns
00:44:40après les autres
00:44:40et je me retrouvais
00:44:42comme un dernier
00:44:43petit vieux
00:44:44pour en discuter avec nous
00:44:45trois sommités
00:44:46sur le sujet
00:44:47Sabine Gré-Saguel
00:44:49femme de télévision
00:44:51réalisatrice
00:44:52de documentaires
00:44:52rédac-chef à la télévision
00:44:53vous êtes devenue aidante
00:44:56lorsque votre papa
00:44:57a été touché
00:44:58par une maladie
00:44:58neurodégénérative
00:45:00très connue
00:45:00vous êtes tombé
00:45:01en plein dedans
00:45:02vous avez été confronté
00:45:03à cette réalité
00:45:04j'ai lu votre livre
00:45:07nos prochaines années
00:45:08récits pour bien vieillir
00:45:09qui m'ont tiré des larmes
00:45:11j'ai partagé ces instants
00:45:12avec vous
00:45:13parce que vous écrivez
00:45:14comme si vous y étiez
00:45:15et vous transmettez
00:45:17un message très fort
00:45:17nos prochaines années
00:45:18récits pour bien vieillir
00:45:20aux éditions de l'atelier
00:45:21dont je recommande
00:45:22évidemment
00:45:22la lecture
00:45:23à côté de vous
00:45:24Laurent Permas
00:45:25bien connu
00:45:25sur cette antenne
00:45:27parce que
00:45:27il anime l'émission
00:45:29La vie devant nous
00:45:30c'est un petit peu
00:45:31le thème de cette émission
00:45:32absolument
00:45:33La vie devant nous
00:45:34mais vous n'êtes pas que ça
00:45:35vous êtes un spécialiste
00:45:35du monde de l'entreprise
00:45:36vous avez consulté
00:45:38qui est social
00:45:39autrement dit
00:45:40le CESU préfinancé
00:45:41formidable
00:45:42quelle idée géniale
00:45:43donc vous êtes
00:45:44un économiste
00:45:44un financier
00:45:45et qui pense d'abord
00:45:46par le social
00:45:47c'est peut-être le secret
00:45:48de notre société
00:45:50vous militez
00:45:52pour une prise
00:45:52de conscience collective
00:45:54de l'inadaptation
00:45:56de notre société
00:45:56à la nouvelle longévité
00:45:57c'est un concept
00:45:58et pour un traitement
00:45:59juste
00:46:00de nos aînés
00:46:02et vous avez écrit
00:46:03le manifeste
00:46:04pour la liberté
00:46:05de vieillir chez soi
00:46:06aux cherche-midi
00:46:07je vous disais avant
00:46:08qu'on prenne l'antenne
00:46:09c'est un véritable
00:46:10programme politique
00:46:11et je vois pas pourquoi
00:46:12lors d'une élection
00:46:13présidentielle
00:46:14vous ne pourriez pas
00:46:15vous ou quelqu'un d'autre
00:46:16porter ce projet
00:46:17qui concerne quand même
00:46:18une part essentielle
00:46:19de notre population
00:46:20et enfin
00:46:20à mes côtés
00:46:22Yann Lagné
00:46:24j'allais dire ça
00:46:25Yann Lagné
00:46:26délégué général
00:46:28chez les petits frères
00:46:29des pauvres
00:46:30je vous en parle
00:46:32personnellement
00:46:32parce que j'ai quelqu'un
00:46:33de ma famille
00:46:33qui donnait toujours
00:46:34tous les ans
00:46:35un chèque
00:46:36aux petits frères
00:46:36des pauvres
00:46:37et il me disait
00:46:38à l'époque
00:46:38alors j'ai dit
00:46:39c'est quoi
00:46:39c'est des enfants
00:46:40non c'est des petits vieux
00:46:41c'est des petits vieux
00:46:42ils connaissaient
00:46:43et en partant
00:46:44il m'a dit
00:46:44est-ce que quand je serai plus là
00:46:45tu peux continuer
00:46:46à assurer cette donation
00:46:48et je l'assume
00:46:49avec assiduité
00:46:50donc je suis à la fois
00:46:51très ému
00:46:51et très fier
00:46:52de vous avoir
00:46:53à mes côtés
00:46:55je commence avec vous
00:46:57Sabine Cressaguet
00:46:59votre témoignage
00:47:00touchant
00:47:01bouleversant
00:47:02votre papa est touché
00:47:03un jour par Parkinson
00:47:04Parkinson
00:47:06style Richardson
00:47:07qui n'est pas tout à fait
00:47:08le Parkinson
00:47:08on va faire un petit peu
00:47:10de médecine
00:47:11donnez-nous cette nuance
00:47:12et puis ensuite
00:47:13on viendra au vif
00:47:14de votre sujet
00:47:15en fait c'est une maladie
00:47:16neurodégénérative sévère
00:47:18qui ressemble
00:47:18sur les symptômes
00:47:20ce sont exactement
00:47:21les mêmes que la maladie
00:47:21de Charcot
00:47:22qui est un petit peu
00:47:22plus connue
00:47:23la maladie de mon papa
00:47:24en l'occurrence
00:47:25c'était Parkinson
00:47:26style Richardson
00:47:26c'est une maladie
00:47:28qui fait que la personne
00:47:30décline au fur et à mesure
00:47:32petit à petit
00:47:32perd l'usage
00:47:34de la marche
00:47:35puis de la parole
00:47:37puis de la vue
00:47:37puis de la déglutition
00:47:38c'est une maladie
00:47:39extrêmement difficile
00:47:40évidemment principalement
00:47:41pour le malade
00:47:43mais aussi pour son entourage
00:47:44et moi j'avais
00:47:4645 ans
00:47:47quand il est tombé malade
00:47:48enfin 40-45 ans
00:47:49c'est un petit peu difficile
00:47:50de savoir exactement
00:47:51quand ça a commencé
00:47:52parce que ça commence
00:47:53d'abord par une chute
00:47:55puis une chute
00:47:55deux mois plus tard
00:47:56enfin bon
00:47:56voilà
00:47:57et petit à petit
00:47:58en fait on fait
00:47:59ce que j'appelle
00:48:00des deuils blancs
00:48:00c'est-à-dire qu'il y a des choses
00:48:01qu'on ne peut plus faire
00:48:02avec la personne
00:48:03j'en parle dans mon livre
00:48:04parce que son monde
00:48:06se rétrécit
00:48:07le monde de la mobilité
00:48:08le monde de la vue
00:48:08le monde de la parole
00:48:09le plus dur
00:48:10c'est l'isolement
00:48:11enfin nous en l'occurrence
00:48:12ça a été l'isolement
00:48:12de la parole
00:48:13dans mon expérience
00:48:14et il m'a fait rentrer
00:48:17de manière fracassante
00:48:18dans le monde
00:48:19de la dépendance
00:48:21et de mon intérêt
00:48:22pour l'accompagnement
00:48:25des personnes âgées
00:48:25j'allais dire à bras le corps
00:48:26c'est presque l'expression
00:48:28vous rentrez
00:48:29et on sent que
00:48:30alors c'est la réalité
00:48:31de tous les enfants
00:48:33qui aident à maman
00:48:34dans leurs parents
00:48:34c'est nous qui devenons
00:48:35les parents
00:48:35on les aide
00:48:36on les gronde
00:48:37on les accompagne
00:48:38mais là
00:48:39vous vous substituez
00:48:40presque à sa personne physique
00:48:41vous êtes un peu
00:48:43ses jambes et ses bras
00:48:44il y a des instants intimes
00:48:45de toilette
00:48:45d'hygiène
00:48:46et en même temps
00:48:47vous suppliez également
00:48:48à l'intellect
00:48:50vous dites à sa place
00:48:51les mots qu'il a envie
00:48:52de vous dire
00:48:53vous contribuez
00:48:54à ce que son esprit
00:48:55continue à vivre
00:48:55ça c'est bouleversant
00:48:57mais il faut une très forte
00:48:58j'allais dire promiscuité
00:48:59avec tous les enfants
00:49:00n'ont pas ce lien
00:49:01avec les parents
00:49:02c'est vrai que non
00:49:02j'ai eu la chance
00:49:03de grandir avec des parents aimants
00:49:05donc du coup
00:49:06évidemment ça facilite
00:49:07l'accompagnement
00:49:07ce que je voudrais quand même dire
00:49:09c'est que ma mère
00:49:10était en première ligne
00:49:10évidemment
00:49:11puisqu'elle l'accompagnait
00:49:12au quotidien
00:49:12et j'avais la chance
00:49:13en plus d'avoir deux frères
00:49:14qui habitaient pas loin non plus
00:49:15je parlais à l'imparfait
00:49:17parce qu'il n'est plus là
00:49:18aujourd'hui
00:49:18et du coup
00:49:20j'étais pas seule
00:49:23je me considérais pas
00:49:24comme aidante
00:49:25d'ailleurs comme
00:49:26la moitié des aidants
00:49:28ne se savent pas aidants
00:49:29et j'ai même du mal
00:49:31à m'autodéfinir aidante
00:49:32parce que j'ai l'impression
00:49:33aussi d'avoir fait
00:49:34mon devoir de fille
00:49:36en l'occurrence
00:49:37ça a bouleversé ma vie
00:49:39ça a bouleversé
00:49:40mon travail
00:49:42mes choix
00:49:42même professionnels
00:49:43parce que
00:49:45ça bouleverse tout
00:49:46on peut plus
00:49:48partir d'abord en vacances
00:49:50sans culpabiliser
00:49:51puis après en week-end
00:49:52sans culpabiliser
00:49:53parce qu'on a toujours
00:49:53peur qu'il se passe quelque chose
00:49:54mais comme un enfant finalement
00:49:55on dort avec le téléphone allumé
00:49:57bien sûr
00:49:58si ce n'est que chez vous
00:49:59il y avait une solidarité familiale
00:50:00oui
00:50:01très forte
00:50:02qui n'est pas générale
00:50:03dans ce pays
00:50:03non mais voilà
00:50:04on a eu de la chance
00:50:06sur ce noyau là
00:50:08mais parce qu'il était super
00:50:09mais c'est vous qui portiez
00:50:10c'est quand même vous
00:50:11qui portiez
00:50:12cette mission
00:50:13non non
00:50:16je pense que c'est vraiment
00:50:17ma mère
00:50:18qui était vraiment
00:50:19il faut reconnaître
00:50:20mais vous la vivez intensément
00:50:22mais je la vis intensément
00:50:23parce qu'elle vous porte
00:50:25à réfléchir ensuite
00:50:25et à disserter
00:50:27votre ouvrage
00:50:28c'est un document
00:50:28à la fois sociologique
00:50:30et culturel
00:50:31sur l'approche
00:50:32qu'on a aujourd'hui
00:50:33de la façon
00:50:34dont on a de traiter
00:50:35les personnes âgées
00:50:36voilà
00:50:37en fait
00:50:37cette expérience
00:50:39m'a donc sensibilisé
00:50:41à ce monde là
00:50:42évidemment
00:50:43et avec l'heurec
00:50:44je me suis rendu compte
00:50:45que c'était aussi
00:50:46une expérience
00:50:46pas seulement difficile
00:50:48mais aussi lumineuse
00:50:49et c'est ça
00:50:50que j'ai voulu partager
00:50:51je ne vais pas vous laisser
00:50:52tout dire tout de suite
00:50:52parce qu'on a une heure d'émission
00:50:54on va y aller par séquence
00:50:55mais là voilà
00:50:55je voulais camper le décor
00:50:57c'était un papa formidable
00:50:58ah bah oui
00:50:59moi je trouve
00:51:00on le sent
00:51:01Laurent Permas
00:51:03votre ouvrage
00:51:03commence avec
00:51:04un dessin
00:51:05extraordinaire
00:51:06il y a quatre vieux
00:51:07autour d'une table basse
00:51:08c'est un dessin
00:51:09de Xavier Gorse
00:51:11c'est ça
00:51:11et alors
00:51:13il y en a un
00:51:13qui dit autre pas autre
00:51:14maintenant que tu n'as pas eu
00:51:15le temps d'y réfléchir
00:51:16tu veux faire quoi
00:51:17dans la vie
00:51:18c'est formidable
00:51:19et ensuite
00:51:20vous développez
00:51:21dans votre ouvrage
00:51:22tout ce qu'on peut faire
00:51:23dans la vie
00:51:24pour avoir une vieillesse
00:51:26heureuse
00:51:27pour avoir une continuité
00:51:28voilà
00:51:29en fait
00:51:29vous expliquez
00:51:30la vieillesse
00:51:31elle commence
00:51:32dès le départ de la vie
00:51:33il faut commencer
00:51:33à la préparer
00:51:34il faut la penser
00:51:35surtout dans une société
00:51:37où quand même
00:51:38l'unilatéralisme
00:51:40l'individualisme
00:51:40l'égocentrisme
00:51:41est quand même
00:51:42un élément dominant
00:51:43et on le voit
00:51:44dans tous les effets
00:51:45y compris en politique
00:51:46et les personnes âgées
00:51:49et là vous avez un programme
00:51:49je vous disais tout à l'heure
00:51:50un programme politique
00:51:51vous détaillez
00:51:51avec des éléments
00:51:53extrêmement précis
00:51:54des codes
00:51:55des pratiques
00:51:56vous donnez toutes les informations
00:51:58sur les possibilités administratives
00:51:59financières
00:52:00sociales
00:52:01comment vous est venue
00:52:02cette idée tout d'un coup
00:52:03de vous occuper de cette
00:52:04vous soucier de cette partie
00:52:05de la population
00:52:06qu'en général
00:52:06on dit bon ça y est
00:52:07ils sont à l'EHPAD
00:52:08c'est terminé
00:52:08bon débarras
00:52:09je rappelle une anecdote
00:52:11en 2003
00:52:12vous vous souvenez
00:52:13de l'épisode du docteur
00:52:14Mathéi
00:52:14ministre de la santé
00:52:15qui est en t-shirt
00:52:16dans le sud
00:52:17qui dit je contrôle la situation
00:52:18et puis en septembre
00:52:20on a le bilan
00:52:20des mortalités
00:52:21et quelque chose
00:52:22qui m'avait absolument
00:52:23effaré
00:52:25et à la fois
00:52:25je ne vais pas dire réjoui
00:52:27les mortalités
00:52:29les plus fortes
00:52:29étaient dans les quartiers
00:52:30chics des grandes villes
00:52:31dans le 16ème arrondissement
00:52:33de Paris
00:52:33la grand-mère
00:52:35très élégante
00:52:35dans son 600 mètres carrés
00:52:36elle avait fait le chèque
00:52:37au mois de juin
00:52:37pour que les petits-enfants
00:52:38aient la vacances
00:52:39et quand on était revenu
00:52:40elle était desséchée
00:52:41de chaleur
00:52:42dans son fauteuil
00:52:43et les quartiers
00:52:44où les vieux
00:52:45avaient été le plus préservés
00:52:46c'était 13ème
00:52:4714ème arrondissement
00:52:47de Marseille
00:52:48là où justement
00:52:49il y a
00:52:50soi-disant
00:52:50les territoires perdus
00:52:51de la République
00:52:52mais les valeurs familiales
00:52:54des Arabes
00:52:55des Maghrébins
00:52:55fait qu'on gardait
00:52:57les personnes âgées
00:52:57qu'on les hydratait
00:52:58qu'on les garde avec nous
00:52:59vous voyez
00:53:00le choc des civilisations
00:53:01là il est dans le bon sens
00:53:03on est en plein dedans
00:53:04on est en plein dedans
00:53:04donc moi ça m'est venu
00:53:06et ça ne me quitte plus
00:53:07depuis 18 ans en fait
00:53:09j'avais l'âge de 18 ans
00:53:11je voulais tout simplement
00:53:11faire des études de médecine
00:53:12pour être médecin urgentiste
00:53:14j'ai une passion du SAMU
00:53:15qui est toujours là d'ailleurs
00:53:16et j'ai fait un job d'été
00:53:17pour commencer
00:53:18et en fait
00:53:20je me suis retrouvé
00:53:20dans un service de gériatrie
00:53:21dans les hôpitaux de Paris
00:53:23et ce service de gériatrie
00:53:25il y avait des jeunes
00:53:27et des moins jeunes
00:53:28qui tout simplement
00:53:31se laissaient mourir
00:53:32et donc je faisais la nuit
00:53:33et j'avais des échanges
00:53:35extraordinaires
00:53:36quel que soit d'ailleurs l'âge
00:53:38mais des échanges
00:53:39juste avant de passer
00:53:40ailleurs
00:53:41avec des femmes
00:53:43et des hommes
00:53:44et je leur posais des questions
00:53:45je leur disais
00:53:46alors qu'est-ce que vous regrettez
00:53:48dans la vie
00:53:48et donc
00:53:49il y a une femme
00:53:50qui m'a marqué
00:53:51ça m'a toujours suivi
00:53:52elle m'a dit
00:53:52moi je ne regrette rien
00:53:54mais si ce n'est
00:53:54d'essayer
00:53:56sur les moments
00:53:56de joie que j'ai eu
00:53:57des moments extraordinaires
00:53:59d'étendre le temps
00:54:00et c'est la vie au présent
00:54:01et donc pour moi
00:54:02retraité
00:54:03il faut l'enlever
00:54:04du dictionnaire
00:54:05ça ne doit plus exister
00:54:06pourquoi ?
00:54:07parce qu'on a pris
00:54:0830 ans
00:54:08de longévité
00:54:09en l'espace d'un siècle
00:54:11et donc
00:54:12opposer
00:54:13les générations
00:54:14c'est scandaleux
00:54:15oublions pas que la retraite
00:54:17c'est un symbole militaire
00:54:18qui suit la défaite
00:54:19en retraite
00:54:21absolument
00:54:21et le troisième âge
00:54:23non seulement
00:54:24ce n'est pas une retraite
00:54:25je parlais tout à l'heure
00:54:26j'ai écouté une émission
00:54:27sur France Inter
00:54:28l'an dernier
00:54:28Régis Debray
00:54:29expliqué
00:54:30il a écrit un roman
00:54:31qui est bref
00:54:31et il dit
00:54:32mais non
00:54:32d'accord
00:54:33le général de Gaulle
00:54:34a dit
00:54:34la vieillie c'est un naufrage
00:54:35à propos du maréchal Pétain
00:54:36la vieillie c'est un sauvetage
00:54:38parce que c'est l'occasion
00:54:39de dire
00:54:40ce qu'on n'a jamais eu
00:54:40l'occasion de dire
00:54:41ou le courage de dire
00:54:42on est libéré
00:54:43de toutes les contraintes
00:54:44et intellectuellement
00:54:45on peut faire court en plus
00:54:46on n'a pas besoin
00:54:47de mettre des fioritures
00:54:48et on peut aller l'essentiel
00:54:49exactement
00:54:50et donc
00:54:50on enlève ce mot retraité
00:54:52on a en fait
00:54:53une utilité sociale
00:54:54puisque ce que j'ai vu
00:54:55dans les hôpitaux
00:54:56c'est le fait
00:54:58qu'ils étaient inutiles
00:54:59et donc
00:55:00enlever ce mot
00:55:01rendre en fait
00:55:02une possibilité
00:55:03pour une personne
00:55:05qui part en retraite
00:55:06de choisir en fait
00:55:07une nouvelle vie
00:55:07d'apprendre
00:55:08de repasser des diplômes
00:55:10certes il y a du bénévolat
00:55:12on parle beaucoup du bénévolat
00:55:13et heureusement
00:55:13en fait que les bénévoles
00:55:14et notamment des retraités
00:55:15sont là
00:55:1625 millions
00:55:17parce que sinon la France
00:55:18rien que les mairies
00:55:19les communes
00:55:20ne tiendraient pas
00:55:21alors vous savez
00:55:21qu'il y a une autre expression
00:55:22de la retraite
00:55:23c'est Pierre-Emmanuel Tétinger
00:55:24le patron des Champagnes
00:55:25que j'ai rencontré
00:55:26l'autre jour
00:55:26il dit mais ce mot
00:55:27retraite est terrible
00:55:28pourquoi nous n'utiliserions pas
00:55:29la formule de l'espagnol
00:55:31qui est la juillation
00:55:32le jubilé
00:55:33absolument
00:55:34voilà
00:55:34c'est jubilatoire
00:55:35on va partir
00:55:36à la traite
00:55:37on va partir en jubilation
00:55:38est-ce que vous pensez
00:55:39qu'aujourd'hui
00:55:40la République
00:55:40peut apporter
00:55:41de la jubilation
00:55:42à le retraité
00:55:43alors vous avez
00:55:43un concept très précis
00:55:44vous êtes dans
00:55:45le vieillir chez soi
00:55:46mais vous parlez
00:55:47d'une révolution
00:55:48des mentalités
00:55:48quelle révolution
00:55:50la révolution
00:55:50c'est le lien social
00:55:51en fait vous avez
00:55:52quatre colonnes
00:55:55en fait
00:55:56c'est le logement
00:55:58qu'il faut revisiter
00:55:59le logement
00:55:59parce qu'en fait
00:56:00il y a seulement
00:56:006% des logements
00:56:01qui sont adaptés
00:56:03et il faut adapter
00:56:04son logement
00:56:04ça ne veut pas dire
00:56:05qu'on stigmatise
00:56:06une partie de la population
00:56:07parce qu'on met
00:56:08des barres médicales
00:56:10cette pratique existe
00:56:11il y a des techniques
00:56:11il y a des protocoles
00:56:12pour qu'on met ça en place
00:56:13n'oublions pas
00:56:13nos maisons
00:56:14l'architecture
00:56:15qui était auparavant
00:56:16où on vivait
00:56:17entre générations
00:56:18il y avait le sage
00:56:19qui était notamment
00:56:21les grands-parents
00:56:21qui gardait d'ailleurs
00:56:22les petits-enfants
00:56:23pour que les parents
00:56:24aillent travailler
00:56:25dans les champs
00:56:26etc
00:56:26on retrouve en fait
00:56:27cette organisation
00:56:28de société
00:56:28dans des pays
00:56:29notamment d'Afrique
00:56:31des pays d'Asie
00:56:32où il y a
00:56:33encore cette culture
00:56:34aujourd'hui
00:56:35on l'a perdue en France
00:56:36on fait une petite pause
00:56:37et on reprend ça
00:56:38c'est un sujet
00:56:41qui nous concerne tous
00:56:42qui vous concerne sans doute
00:56:43alors n'hésitez pas
00:56:44à témoigner
00:56:440826 300 300
00:56:46à tout de suite
00:56:47Et nous sommes toujours
00:56:53avec Yann Lagné
00:56:55Laurent Permas
00:56:56et Sabine Gressaguel
00:56:57au sujet
00:56:57donc toujours
00:56:58de nos aînés
00:56:59souvent abandonnés
00:57:00souvent maltraités
00:57:01d'une certaine manière
00:57:02je rappelle juste
00:57:02quelques chiffres
00:57:03Péricolégas
00:57:03750 000 seniors
00:57:05c'est 4% des 60 ans
00:57:07ce sont des chiffres
00:57:08des petits frères
00:57:09des pauvres
00:57:09qui ont été publiés
00:57:10par ce baromètre
00:57:12vivent en mort sociale
00:57:14sans aucun lien familial
00:57:15amical
00:57:15ou de voisinage
00:57:16on a du mal
00:57:17à imaginer tout ça
00:57:19et on se demande surtout
00:57:19comment on a pu en arriver là
00:57:20et comment inverser la courbe
00:57:23surtout
00:57:23Yann Lagné peut-être
00:57:24Péricol ?
00:57:24Alors justement
00:57:25Yann Lagné
00:57:25vous êtes un ancien
00:57:26de la fédération
00:57:27Léo Lagrange
00:57:28un mouvement d'éducation populaire
00:57:29et entreprise
00:57:29de l'économie sociale
00:57:30vous connaissez bien
00:57:31la réalité sociale
00:57:32de ce pays
00:57:32les petits frères des pauvres
00:57:35c'est
00:57:35allez est-ce que c'est
00:57:35la croix rouvre française
00:57:37des personnes âgées
00:57:37mais pas seulement ça
00:57:38il y a du sentimental
00:57:40il y a du social
00:57:41il y a du culturel
00:57:42vous les accompagnez
00:57:43depuis très longtemps
00:57:44est-ce que
00:57:46il y en a plus
00:57:47qu'on pense
00:57:48des gens dans cette détresse ?
00:57:50Merci Perico
00:57:51les petits frères des pauvres
00:57:53fêteront leurs 80 ans
00:57:54l'année prochaine
00:57:54et depuis 80 ans
00:57:56ils luttent
00:57:57inlassablement
00:57:58pour
00:57:59contre l'isolement social
00:58:01des personnes âgées
00:58:02et pour promouvoir
00:58:03le fait de vieillir
00:58:04Laurent le disait
00:58:05la démographie change
00:58:07beaucoup dans notre pays
00:58:08et nous publions
00:58:09cette semaine
00:58:10notre troisième baromètre
00:58:11de l'isolement social
00:58:12Rappelez-nous rapidement
00:58:13l'essence
00:58:14au départ
00:58:15la naissance
00:58:15des petits frères des pauvres
00:58:17ça part de quelle initiative ?
00:58:18Alors
00:58:18ça part d'un monsieur
00:58:21qui s'appelait
00:58:21Armand Marquiset
00:58:22qui est décédé en 1980
00:58:24et qui au sortir de la guerre
00:58:26a souhaité
00:58:27abandonner
00:58:28sa carrière
00:58:29de pianiste
00:58:30puisqu'il se destinait
00:58:31il se destinait
00:58:33à être
00:58:33c'était un élève
00:58:34de Nadia Boulanger
00:58:34il se destinait
00:58:36à être pianiste
00:58:37pour s'occuper
00:58:37des plus pauvres
00:58:38et les plus pauvres
00:58:39au sortir de la guerre
00:58:40c'était
00:58:40les personnes âgées
00:58:42c'était ces arrondissements
00:58:43de Paris
00:58:43les petits frères
00:58:44sont nés dans le 11ème
00:58:45arrondissement de Paris
00:58:46c'était ces personnes
00:58:48qui
00:58:48on a beaucoup de mal
00:58:50aujourd'hui
00:58:50avec des photos poignantes
00:58:51de l'époque
00:58:51quand on voit
00:58:52vraiment le vieux
00:58:53isolé
00:58:54on a du mal
00:58:55à comprendre
00:58:57ce qu'ont pu être
00:58:58ces années d'immédiate
00:58:59après-guerre
00:59:00ces 10 années
00:59:00de reconstruction
00:59:01du pays
00:59:02avant les Trente Glorieuses
00:59:03où effectivement
00:59:04les personnes âgées
00:59:05même avec une espérance
00:59:07de vie beaucoup moindre
00:59:07qu'aujourd'hui
00:59:08vivaient dans des taudis
00:59:10et donc
00:59:11Armand Marquiset
00:59:12a levé
00:59:13une armée
00:59:15en quelque sorte
00:59:15de jeunes
00:59:16pour aller
00:59:18porter des repas
00:59:19porter des seaux de charbon
00:59:20et puis
00:59:21les petits frères
00:59:21ensuite
00:59:22ont beaucoup
00:59:23travaillé sur un concept
00:59:24qui
00:59:25moi
00:59:25mes très chers
00:59:26vous avez rappelé
00:59:27mon passage long
00:59:30dans l'éducation populaire
00:59:32et la figure
00:59:33de Léo Lagrange
00:59:34que j'admire beaucoup
00:59:35Armand Marquiset
00:59:36parlait des fleurs
00:59:37avant le pain
00:59:38c'est-à-dire
00:59:38comment au-delà
00:59:39des besoins matériels
00:59:41d'une personne
00:59:41le lien social
00:59:43la culture
00:59:43la convivialité
00:59:45sont consubstantielles
00:59:46de la vie
00:59:47on peut parler
00:59:48de prolétariat
00:59:48d'une certaine façon
00:59:50même du nouveau prolétariat
00:59:52parce qu'on cherche
00:59:52des prolétariats
00:59:53partout aujourd'hui
00:59:54pour se créer
00:59:55des causes politiques
00:59:56et des motifs électoraux
00:59:57là on en a un vrai
00:59:58pour le coup
00:59:58alors ça a peut-être évolué
00:59:59depuis 1946
01:00:0147, 48
01:00:01mais il y a quand même
01:00:02aujourd'hui
01:00:03je le vois
01:00:03et on le sait
01:00:04en permanence
01:00:04il y a des situations
01:00:05de détresse
01:00:05qui sont extrêmes
01:00:06et qui sont un peu
01:00:07la honte de la république
01:00:08la honte de la république
01:00:10et surtout
01:00:11moi je suis
01:00:12particulièrement inquiet
01:00:14par la génération
01:00:15d'ailleurs
01:00:15à laquelle j'appartiens
01:00:16aujourd'hui
01:00:17les gens qui ne sont pas
01:00:18encore sexagénaires
01:00:19mais qui vont arriver
01:00:20à la retraite
01:00:21dans les 5-10 années
01:00:22à venir
01:00:22avec des conditions
01:00:24matérielles
01:00:24des conditions familiales
01:00:26beaucoup plus altérées
01:00:27que les générations
01:00:28qui sont déjà
01:00:29dans la difficulté
01:00:30aujourd'hui
01:00:30je parle en masse
01:00:31de générations
01:00:33aujourd'hui
01:00:33et je crois vraiment
01:00:35que malheureusement
01:00:36notre société
01:00:37doit se préparer
01:00:38à avoir
01:00:40de plus en plus
01:00:40de personnes
01:00:41qui vivent
01:00:41des situations
01:00:42de pauvreté
01:00:42le rapport
01:00:43des petits frères
01:00:44des pauvres
01:00:44l'année dernière
01:00:44c'était
01:00:45et vous avez parlé
01:00:46d'agisme tout à l'heure
01:00:48que l'élu
01:00:48puisque je reçois
01:00:49la documentation
01:00:49c'était de dire
01:00:51certes
01:00:53quand vous ne vivez
01:00:55que dans les chiffres
01:00:55et dans les pourcentages
01:00:57les personnes âgées
01:00:58dans notre pays
01:00:59sont moins pauvres
01:01:00que la population générale
01:01:01pour autant
01:01:02il y a 2 millions
01:01:03de personnes
01:01:04de plus de 60 ans
01:01:04dans notre pays
01:01:05qui vivent
01:01:06sous le seuil
01:01:07de pauvreté
01:01:07c'est un débat
01:01:08d'actualité
01:01:09alors il y a peut-être
01:01:10des retraités nantis
01:01:11enfin nous sommes d'accord
01:01:12que la majorité
01:01:13ne sont pas nantis
01:01:14et certains sont
01:01:14dans une situation
01:01:15de précarité
01:01:16absolue
01:01:16vous allez à leur rencontre
01:01:18où ils viennent
01:01:19je me dis toujours
01:01:20je les vois
01:01:21il a pudeur
01:01:21on ne va pas se plaindre
01:01:22est-ce que quelquefois
01:01:23il y en a certains
01:01:24qu'il faut aller chercher
01:01:25sans ça ils ne bougeraient pas
01:01:26dans les chiffres
01:01:27que vous citiez tout à l'heure
01:01:29sur les 750 000 personnes
01:01:30en situation de mort sociale
01:01:32que nous recensons
01:01:33dans le baromètre
01:01:34c'était 530 000 en 2021
01:01:36c'était 350 000 en 2017
01:01:38donc vous voyez
01:01:39140% d'augmentation
01:01:40en à peine 8 ans
01:01:41et il y aura 2 millions
01:01:43de plus de 60 ans
01:01:44en plus dans notre pays
01:01:45en 2030
01:01:47par rapport à aujourd'hui
01:01:48donc si nous tirons les courbes
01:01:49simplement de manière
01:01:51assez mathématique
01:01:51considérant avec 1%
01:01:53d'évolution de la mort sociale
01:01:55nous aurons 1 million
01:01:56d'aînés
01:01:57en situation de mort sociale
01:01:58en 2030
01:01:59moi personnellement
01:02:00je ne veux pas vivre
01:02:00dans ce pays là
01:02:01je ne veux pas vivre
01:02:02dans un pays
01:02:02où la question du lien social
01:02:04est complètement altérée
01:02:05et où on n'apprend pas
01:02:07le continuum
01:02:08entre les générations
01:02:09et où sur des hashtags
01:02:12de Nicolas Paye
01:02:14ou d'autres
01:02:15on braque les générations
01:02:17les unes contre les autres
01:02:18on n'est même plus au point
01:02:19de savoir
01:02:19si nous aurons assez
01:02:20de cotisants
01:02:21pour piler nos retraites
01:02:21là on est carrément
01:02:22pour savoir
01:02:22qui va donner à manger
01:02:23à cette population
01:02:25donnez-moi un exemple
01:02:27il y a aujourd'hui
01:02:28des personnes âgées
01:02:29qui vivent
01:02:30donnez-moi le chiffre minimum
01:02:31qui vivent avec combien
01:02:32ça peut descendre à combien
01:02:33vous avez des gens
01:02:36qui vivent avec 500
01:02:37ou 600 euros par mois
01:02:38et ça il y en a
01:02:39des centaines de milliers
01:02:41dans notre pays
01:02:41vous avez des gens
01:02:42qui ne demandent pas
01:02:43le fameux minimum vieillesse
01:02:44puisque comme il est récupéré
01:02:46alors faute soit
01:02:47de faire valoir ses droits
01:02:48on le pointe encore
01:02:50dans le rapport aujourd'hui
01:02:51exercer sa citoyenneté
01:02:52c'est d'abord maîtriser
01:02:53le numérique
01:02:54aujourd'hui dans notre pays
01:02:55c'est d'abord maîtriser
01:02:56le numérique
01:02:56et aujourd'hui
01:02:57c'est une folie
01:02:58de dire que la fracture numérique
01:03:00ne serait plus existante
01:03:01vous avez des personnes
01:03:03qui aujourd'hui
01:03:04n'exercent pas
01:03:05la majorité de leurs droits
01:03:06simplement parce qu'elles
01:03:07ne savent plus
01:03:08comment y avoir accès
01:03:09et puis demander
01:03:10un minimum vieillesse
01:03:11c'est aussi
01:03:12cette espèce
01:03:14des fois de fausses croyances
01:03:17autour de la récupération
01:03:18sur succession
01:03:19qui fait que
01:03:20même s'il y a des seuils
01:03:21les gens veulent quand même
01:03:22quand ils ont un petit patrimoine
01:03:24le laisser à leurs enfants
01:03:25et préfèrent vivre
01:03:26parfois dans un dénuement
01:03:27les bénévoles
01:03:28des petits frères des pauvres
01:03:29que je salue
01:03:29et que je remercie
01:03:30pour leur engagement
01:03:31le vivre au quotidien
01:03:34nous avons des situations
01:03:35dans ce pays
01:03:36qui sont à proprement parler
01:03:37intolérables
01:03:37Sabine et Grasselle
01:03:39vous vous abordez
01:03:40puisque vous êtes investie
01:03:42l'habitat partagé
01:03:42le lieu d'activité
01:03:43les jeunes qui s'engagent
01:03:45pour leurs aînés
01:03:46ces personnes qui changent
01:03:47la vie
01:03:48des personnes âgées
01:03:49votre livre est très complémentaire
01:03:50à nos prochaines années
01:03:51du manifeste
01:03:52pour la liberté
01:03:53de vieillir chez soi
01:03:54parce que vous
01:03:54vous campez le contexte
01:03:56et vous dommez
01:03:56les dimensions humaines
01:03:58de la problématique
01:03:59et Laurent apporte
01:04:00des solutions pratiques
01:04:02si on fusionnait
01:04:03vos deux ouvrages
01:04:04je pense qu'on a
01:04:05une petite partie
01:04:06de la solution
01:04:07mais quand même
01:04:07une ébauche
01:04:08l'habitat partagé
01:04:10comment on voit
01:04:11alors vous avez
01:04:11vous avez vous pratiqué
01:04:13l'habitat partagé
01:04:14oui en fait je suis allée
01:04:15effectivement pour ce livre
01:04:16je suis allée à la rencontre
01:04:17c'est un livre
01:04:17qu'on peut aller picorer
01:04:18on n'est même pas obligé
01:04:19de le lire
01:04:19du début à la fin
01:04:23on peut aller
01:04:24tout à fait
01:04:25par où qu'on rentre
01:04:26mais ça se fait comme si
01:04:28donc effectivement
01:04:31je suis allée à la rencontre
01:04:33de tous ces gens
01:04:34qui avaient trouvé
01:04:34leurs solutions
01:04:35pour bien vieillir
01:04:36qui peuvent être
01:04:36des solutions simples
01:04:38qui sont envisagées
01:04:39à la carte
01:04:39en fonction de
01:04:40où on habite
01:04:41de ses envies
01:04:41de ses moyens financiers
01:04:43aussi
01:04:43donc il y a notamment
01:04:44l'habitat partagé
01:04:45mais je voulais revenir
01:04:46justement sur cette histoire
01:04:47de lien social
01:04:48finalement
01:04:48le mot qui nous réunit
01:04:50tous les trois
01:04:51on a tous cité
01:04:52le lien social
01:04:53parce qu'en fait
01:04:54en allant à la recherche
01:04:55de ces solutions
01:04:56pour bien vieillir
01:04:57et pour accompagner
01:04:58les personnes âgées
01:04:58qui vont être
01:04:5910 millions en 2030
01:05:01dont 2 millions
01:05:02qui auront des troubles
01:05:03neurodégénératifs
01:05:04donc on est vraiment
01:05:05tous concernés
01:05:06par ce sujet
01:05:07je me suis rendu compte
01:05:09que ce qui unissait
01:05:10les gens
01:05:10qui vivaient
01:05:12la prise de l'âge
01:05:14ou la prise de la dépendance
01:05:15un peu plus sereinement
01:05:16que les autres
01:05:16c'était le lien social
01:05:18et que hélas
01:05:19hélas
01:05:19ce lien social
01:05:21c'est un sujet politique
01:05:23et il a été cassé
01:05:25mais vraiment
01:05:25cassé
01:05:26ces dernières années
01:05:28à plein d'égards
01:05:30je peux vous donner
01:05:30un exemple
01:05:31si vous voulez
01:05:31le train
01:05:32voilà
01:05:33avant
01:05:34c'était facile
01:05:36d'aller voir ses parents
01:05:36qui habitaient éventuellement
01:05:38si on habitait dans le nord
01:05:38d'aller dans le sud
01:05:39de la France
01:05:40il y a 1000 lignes
01:05:41de train
01:05:42qui ont été
01:05:42supprimées
01:05:45ces 20 dernières années
01:05:46il y a encore 15 ans
01:05:49ça a coûté
01:05:49à peu près 50 ou 80 euros
01:05:51de descendre dans le sud
01:05:52voir ses parents
01:05:53aujourd'hui
01:05:54on est sur des
01:05:55ça a pris 150%
01:05:57on descend 30 secondes
01:05:58du train
01:05:58pour une petite pause
01:05:59et on le reprend après
01:06:00pour poursuivre
01:06:01votre démonstration
01:06:02N'abandonnez pas
01:06:11vous aînés
01:06:12c'est le thème
01:06:12de cet entretien
01:06:13on est ensemble
01:06:14jusqu'à 14h
01:06:14avec Yann Lagné
01:06:15Laurent Permas
01:06:16et Sabine Gré-Saguel
01:06:17Perico-Légas
01:06:18Sabine on remonte
01:06:19dans le train
01:06:20qui est un TER
01:06:20parce que voilà
01:06:21c'est pas un TGV
01:06:22c'est un train
01:06:23qui traverse
01:06:24la réalité
01:06:24du pays réel
01:06:26vous disiez
01:06:27que
01:06:27j'allais dire
01:06:29la part sociale
01:06:30de ce qui est en France
01:06:32n'est pas forcément
01:06:32à l'écoute
01:06:33des besoins
01:06:34des personnes âgées
01:06:35oui
01:06:36et en fait
01:06:37le fait que par exemple
01:06:38ce soit difficile
01:06:39de prendre le train
01:06:40que ce soit cher
01:06:40à titre personnel
01:06:41avec mes trois enfants
01:06:42mon conjoint
01:06:42c'est 1000 euros
01:06:43l'aller-retour
01:06:44parce que les prix
01:06:45augmentent pendant
01:06:45les vacances scolaires
01:06:46c'est un vrai sujet
01:06:46c'est quand même un sujet
01:06:48parce que pour s'occuper
01:06:49de nos aînés
01:06:50il faut aussi
01:06:51être aidé
01:06:53les bistrots qui ferment
01:06:54c'est pareil
01:06:55c'est du lien social
01:06:56il y a quasiment 50%
01:06:57des bistrots
01:06:58qui ont fermé en France
01:06:59encore un sujet
01:07:00pour la France
01:07:01dans tous ses états
01:07:02ce que je veux dire
01:07:04c'est qu'en fait
01:07:04on dit que ce sont
01:07:06les
01:07:06moi je trouve
01:07:07que justement
01:07:08les jeunes donnent beaucoup
01:07:09il y a un jeune sur 10
01:07:10qui est aidant
01:07:11donc vraiment
01:07:12les personnes âgées
01:07:15ne sont pas abandonnées
01:07:16du tout
01:07:16à mon sens
01:07:17par la jeunesse
01:07:18on a cette image pourtant
01:07:19on a cette image
01:07:20mais justement
01:07:20je suis là pour la casser
01:07:21parce que je trouve
01:07:22que justement
01:07:23la jeunesse est formidable
01:07:24la jeunesse donne beaucoup
01:07:25une partie
01:07:25une partie de la jeunesse
01:07:26il y en a énormément
01:07:29qui sont investis
01:07:30dans le bénévolat
01:07:31je pense notamment
01:07:32à une association
01:07:34qui s'appelle Paris en Compagnie
01:07:35qui s'occupe des personnes âgées
01:07:36ils ont 30%
01:07:38de moins de 34 ans
01:07:40parmi les personnes
01:07:40qui veulent bien s'occuper
01:07:42des autres personnes âgées
01:07:43ça pourrait être
01:07:44pourquoi pas
01:07:45les plus de 64 ans
01:07:45qui sont encore valides
01:07:46qui s'occupent des autres
01:07:47non
01:07:47ce sont principalement
01:07:48les jeunes
01:07:49il y a le service civique
01:07:51il y a de plus en plus
01:07:51d'écoles
01:07:52et de grandes écoles
01:07:53qui participent aussi
01:07:56à l'accompagnement
01:07:57des personnes âgées
01:07:58il y a de plus en plus
01:07:59de crèches
01:08:01intergénérationnelles
01:08:04en fait ce que je veux dire
01:08:05c'est qu'il faut justement
01:08:05casser cette image
01:08:06qu'il y a des choses
01:08:08qui ne sont pas facilitées
01:08:09parce que le lien social
01:08:10par souci d'économie
01:08:11a été cassé
01:08:12ces 20 dernières années
01:08:13et qu'aujourd'hui
01:08:14on dit
01:08:14qu'est-ce qui se passe
01:08:15il n'y a personne
01:08:16pour s'occuper
01:08:16vous n'allez pas nous dire
01:08:17que la vieillie
01:08:17c'est un ressenti
01:08:18on est d'accord
01:08:19c'est une
01:08:19comme l'ancien garde des sceaux
01:08:21on est bien d'accord
01:08:23ce que je veux dire
01:08:24c'est qu'en fait
01:08:26cet exemple du train
01:08:28ou de la poste
01:08:30par exemple
01:08:30du postier
01:08:31qui ne peut plus rentrer
01:08:32dans les maisons
01:08:33j'en parle dans mon livre
01:08:34c'est quelque chose
01:08:35de l'ordre du lien social
01:08:36qui se délite
01:08:37peu à peu
01:08:38et qui aujourd'hui
01:08:39crée ce sentiment
01:08:40de solitude
01:08:41d'isolement social
01:08:42dont l'OMS
01:08:43se préoccupe particulièrement
01:08:44puisqu'en 2023
01:08:44ils ont dit
01:08:45que c'était un problème
01:08:46de santé publique majeur
01:08:47parce que ça crée
01:08:48des problèmes
01:08:48même des troubles
01:08:50neurodégénératifs
01:08:51et des troubles cardiaques
01:08:52vous voulez dire
01:08:53que les pouvoirs publics
01:08:54et que nos instances dirigeantes
01:08:56ont mis en place
01:08:57souvent des secrétaires
01:08:58pour les personnes
01:08:59en situation de handicap
01:09:00dont on s'occupe réellement
01:09:02et en permanence
01:09:03on essaie d'adapter
01:09:04et de faire évoluer
01:09:05et qu'il n'y a pas
01:09:06ce même effort
01:09:07cette même prise de conscience
01:09:08pour les personnes âgées
01:09:09si je comprends bien
01:09:09je ne suis pas en train
01:09:10de comparer
01:09:11ce qui a été fait
01:09:13donc on peut faire
01:09:14ce qu'on peut faire là
01:09:14on peut le faire aussi
01:09:15on peut prendre conscience
01:09:16qu'il y a aussi
01:09:17une réalité pratique
01:09:18et qu'on pourrait adapter
01:09:19que ce soit les modes
01:09:20de transport
01:09:20d'accessibilité
01:09:21de déplacement
01:09:22de mobilité
01:09:22pensez aussi
01:09:23personnes âgées
01:09:24qui ne sont pas forcément
01:09:25en situation de handicap
01:09:26mais qui ont besoin
01:09:26d'une assistance
01:09:27en fait c'est agir
01:09:29par anticipation
01:09:29et en fait
01:09:30plutôt que de voir
01:09:31le gagne petit
01:09:32je reprends l'exemple
01:09:34du train
01:09:34ou des hôpitaux
01:09:35de fermer
01:09:36des lignes
01:09:37ou des lits d'hôpitaux
01:09:38en se disant
01:09:39on va faire des économies
01:09:40tout de suite
01:09:40en fait on voit
01:09:41aujourd'hui qu'à terme
01:09:42ça ne fonctionne pas
01:09:43puisque les gens
01:09:44ne sont plus
01:09:44pris en charge
01:09:45comme ils pourraient l'être
01:09:47et c'est une vraie souffrance
01:09:49par exemple
01:09:50quand on a
01:09:50nos âges
01:09:52de ne pas pouvoir
01:09:53aller voir ses parents
01:09:53comme ça
01:09:54sur un week-end
01:09:55parce qu'on sait
01:09:55que ça va nous coûter
01:09:5610% de notre salaire
01:09:59c'est une réalité
01:09:59Laurent Permas
01:10:01le modèle social français
01:10:02tant vanté
01:10:03tant revendiqué
01:10:05tant défendu
01:10:06qui est au coeur
01:10:07de notre débat politique
01:10:08aujourd'hui
01:10:08va-t-on le préserver
01:10:09coûte-t-il trop cher
01:10:10à tort encore
01:10:11les moyens
01:10:11de l'entretenir
01:10:12ce modèle social français
01:10:14quel pas réel
01:10:15laisse-t-il finalement
01:10:15aux personnes âgées
01:10:16est-ce qu'elles sont pas
01:10:18la partie délaissée
01:10:20je pense
01:10:21la portion congrue
01:10:22comme on disait
01:10:23dans la révolution
01:10:24il faut le réécrire
01:10:24plutôt que d'aller chercher
01:10:25en fait
01:10:26une poche de richesse
01:10:28qui est une richesse
01:10:28immobilière
01:10:29qui n'est pas
01:10:29du coup
01:10:30fongible
01:10:31c'est-à-dire que
01:10:31voilà
01:10:32on ne peut pas
01:10:33il y a 75%
01:10:35des plus de 70 ans
01:10:37qui sont propriétaires
01:10:38certes
01:10:39ils sont propriétaires
01:10:39mais en fait
01:10:41ils ont une pension
01:10:42qui est beaucoup plus faible
01:10:44pour pouvoir aller ensuite
01:10:46chercher des services
01:10:47et pouvoir rester chez soi
01:10:48donc en fait
01:10:48pour moi
01:10:49il faut réécrire
01:10:50avec 4 priorités
01:10:52il y a la priorité
01:10:53du logement
01:10:53avec l'adaptation
01:10:54du logement
01:10:55et bien il faut accélérer
01:10:56parce qu'on est trop loin
01:10:57il y a plus de 2 millions
01:10:59de logements
01:10:59qu'il faut adapter
01:11:00pour rester chez soi
01:11:01et donc pour avoir
01:11:03ce plaisir
01:11:05de rester chez soi
01:11:06il faut aussi avoir
01:11:07de la mobilité
01:11:08parce que si on n'a pas
01:11:08de mobilité
01:11:09il n'y a pas de lien social
01:11:10la mobilité
01:11:10c'est les voitures
01:11:11plus de 75%
01:11:13des français
01:11:14à nouveau
01:11:14sont propriétaires
01:11:16d'une voiture
01:11:16ou en tout cas
01:11:16une voiture
01:11:17qu'est-ce qui se passe
01:11:18lorsqu'ils perdent le permis
01:11:18et ensuite
01:11:19donc ça c'est le travail
01:11:20avec les maires
01:11:22avec la conduite partagée
01:11:26et ensuite
01:11:27on parle de revenus
01:11:28ça c'est un sujet
01:11:29qui est tout de suite
01:11:30mal défendu
01:11:32pourquoi ?
01:11:32parce qu'il y a
01:11:333 000 milliards
01:11:34d'immobiliers
01:11:35détenus
01:11:36par les plus de 65 ans
01:11:383 000 milliards
01:11:393 000 milliards d'euros
01:11:40de détenus
01:11:40de ces mobiliers
01:11:42de fonciers
01:11:43enfin de biens fonciers
01:11:43détenus par les...
01:11:45c'est un cadeau fiscal
01:11:46extraordinaire
01:11:47pour le budget de l'Etat
01:11:48or
01:11:49ces 3 000 milliards
01:11:50on ne peut pas
01:11:52les utiliser
01:11:52lorsqu'on a fini
01:11:53en fait
01:11:53de rembourser
01:11:54son emprunt
01:11:55parce qu'on est certes
01:11:57propriétaire
01:11:57on nous a tous expliqué
01:11:59qu'il fallait être propriétaire
01:12:00c'est bien pour la retraite
01:12:01sauf qu'avec la longévité
01:12:02de la vie
01:12:03et bien lorsqu'on va
01:12:0490 ans à 100 ans
01:12:05qu'est-ce qui se passe ?
01:12:07on a une pension
01:12:07qui n'est pas forcément rêvée à lui
01:12:09mais qui n'est pas suffisante
01:12:10parce qu'on ne peut pas
01:12:11utiliser son immobilier
01:12:12il est pour la transmission
01:12:13et ça c'est le 3ème point
01:12:14il faut revoir
01:12:15les sujets de transmission
01:12:17c'est-à-dire qu'on hérite
01:12:19on hérite aujourd'hui
01:12:20à 60 ans
01:12:21et donc il faut sauter
01:12:23une génération
01:12:24c'est-à-dire que c'est les petits-enfants
01:12:25puisque à 60 ans
01:12:26on a déjà fait sa vie
01:12:27on a quasiment remboursé
01:12:28son prêt immobilier
01:12:29on se retrouve avec un héritage
01:12:30qui ne correspond à plus rien
01:12:31et en fait
01:12:33nos parents
01:12:34nos grands-parents
01:12:35n'ont pas utilisé
01:12:36parce qu'ils n'ont pas la capacité
01:12:37d'utiliser
01:12:37il faut revoir en fait
01:12:39l'approche financière
01:12:41avec les banques
01:12:41pour dire
01:12:42eh bien on va prêter
01:12:44on va considérer
01:12:45qu'on va faire une avance
01:12:46sur héritage
01:12:47et cette avance
01:12:48sur héritage
01:12:49eh bien elle va être utilisée
01:12:50tout simplement
01:12:51par monsieur, madame
01:12:53pour continuer à vivre
01:12:54et pour avoir
01:12:55des services à domicile
01:12:56parce que les services à domicile
01:12:57pour créer de l'emploi
01:12:58il faut les acheter
01:12:59on ne peut pas seulement se dire
01:13:01c'est l'État qui va payer
01:13:02et pour les acheter
01:13:03eh bien il faut avoir
01:13:04tout simplement un peu d'argent
01:13:05donc là on en aura un peu plus
01:13:07parce qu'on aura une pension supplémentaire
01:13:08et ces services à la personne
01:13:10il faut les revaloriser
01:13:12c'est inadmissible aujourd'hui en France
01:13:14d'avoir des personnes
01:13:16d'accord
01:13:16qui ne sont pas formées
01:13:17parce qu'on ne les considère pas
01:13:18sur un métier
01:13:20qui est le plus beau métier du monde
01:13:22c'est-à-dire aider
01:13:23d'accord
01:13:23aider avec un salaire
01:13:25parce qu'on parle des aidants
01:13:26ces 15 millions
01:13:27ils n'ont pas de salaire
01:13:27bien sûr
01:13:28et en plus
01:13:29ils sont en difficulté
01:13:30auprès de leur entreprise
01:13:31parce qu'ils ne peuvent pas revenir
01:13:33la tête bien faite
01:13:34si vous voulez
01:13:34avec une toilette
01:13:36qu'on a dû faire
01:13:37à sa maman
01:13:37ou à son papa
01:13:38on ne peut pas revenir
01:13:39dans la même heure
01:13:39Laurent Permas
01:13:40qu'est-ce qu'on peut dire
01:13:41je rencontre beaucoup de gens
01:13:42qui me disent
01:13:42mes parents
01:13:44ma mère
01:13:44mon père
01:13:45avaient laissé
01:13:45un petit pactole
01:13:46tout a été avalé
01:13:48par soit les pâtes
01:13:50soit les soins à domicile
01:13:51on a dû hypothéquer
01:13:52la petite maison
01:13:52évidemment
01:13:53ce n'est pas des grosses fortunes
01:13:55et finalement
01:13:55je ne me retrouve rien
01:13:56parce que ça a été
01:13:57ça a été mangé
01:13:57par la naissance
01:13:58alors il y en a qui le disent
01:13:59c'était heureusement
01:13:59qu'il y a eu ça
01:14:00pour pouvoir l'aider
01:14:01et d'autres qui disent
01:14:02elle aurait bien voulu
01:14:03me laisser quelque chose
01:14:04et la pauvre
01:14:05elle se rendait compte
01:14:05que tout était avalé
01:14:06est-ce qu'il y a une solution
01:14:08j'allais dire
01:14:08politico-financière
01:14:09pour remédier à cette situation
01:14:12qui sont terribles
01:14:13tout à fait
01:14:13il faut le travailler
01:14:14avec les générations
01:14:15puisque vous avez
01:14:16l'entreprise
01:14:16qui peut jouer un rôle
01:14:17les entreprises
01:14:18elles font de l'épargne-retraite
01:14:19collective
01:14:20cette épargne-retraite
01:14:21elle peut aussi être
01:14:23enfin elle peut servir
01:14:25pour notamment parler
01:14:26d'assurance de dépendance
01:14:28les assurances de dépendance
01:14:29en France ça n'existe pas
01:14:30ou elles sont très mal perçues
01:14:31et donc il faut les souscrire
01:14:32à 40 ans
01:14:33ça peut être une aide
01:14:34qui est tout simplement
01:14:35prise en charge
01:14:36par l'entreprise
01:14:37au même titre
01:14:37que la santé
01:14:38la mutuelle
01:14:39et dans ce cadre là
01:14:40vous voyez on a perdu
01:14:41juste 40 ans en fait
01:14:42on a perdu 40 ans
01:14:43alors qu'on aurait pu les faire
01:14:44c'est ce que j'ai réalisé
01:14:44c'est gigantesque
01:14:45Yann Lagné
01:14:47la société de longévité
01:14:48peut-elle remplacer
01:14:50la société
01:14:50de l'individualisme égotique
01:14:53ça c'est le thème
01:14:54de Laurent Permas
01:14:56mais je vous pose la question
01:14:57est-ce qu'on était là
01:14:58est-ce que les pouvoirs publics
01:15:00est-ce que la classe politique
01:15:01est-ce que notre société
01:15:02a pensé
01:15:03cette situation
01:15:04et est-ce que vous
01:15:05vous êtes
01:15:06en tant qu'association
01:15:07est-ce que vous avez déjà vu
01:15:09des élus
01:15:09des députés
01:15:10des sénateurs
01:15:10des parlementaires
01:15:12des hommes politiques
01:15:13venir vous voir
01:15:13en disant
01:15:14qu'est-ce qu'on peut faire de plus
01:15:15pour vous
01:15:15pour les petits frères des pauvres
01:15:16et toutes les associations
01:15:17qui s'occupent
01:15:18des personnes âgées
01:15:19ça fait cinq ans
01:15:20que j'ai le plaisir
01:15:21et l'honneur
01:15:22de diriger
01:15:22les petits frères des pauvres
01:15:24madame Charlotte Parmentier-Lecoq
01:15:26ministre démissionnaire
01:15:27était ma septième ministre
01:15:28en cinq ans
01:15:29je les ai tous vus
01:15:30depuis cinq ans
01:15:31on est reçu
01:15:32assez facilement
01:15:33ils reçoivent
01:15:34pour ça
01:15:34ils reçoivent
01:15:35ils écoutent
01:15:36ils écoutent
01:15:36certains sont restés
01:15:38comme monsieur Christophe
01:15:40par exemple
01:15:40est resté six semaines
01:15:41je crois
01:15:42trois mois peut-être
01:15:43j'ai un doute
01:15:45et malheureusement
01:15:48beaucoup d'autres secteurs
01:15:49de la vie publique
01:15:50sont également
01:15:50dans ce cas-là
01:15:51deux autres petites anecdotes
01:15:53il y a cinq ans
01:15:53quand je suis arrivé
01:15:54j'ai demandé à un collaborateur
01:15:55de me trouver
01:15:56le fichier des maires adjoints
01:15:58aux aînés
01:15:59aux seniors
01:15:59etc.
01:16:00dans les communes de France
01:16:01ce fichier même à l'AMF
01:16:02n'existe pas
01:16:03et troisième
01:16:05petite anecdote
01:16:06au moment de la présidentielle
01:16:07de 2022
01:16:08on a regardé
01:16:10qui dans les partis politiques
01:16:11qui étaient chargés de l'âge
01:16:13impossible de trouver
01:16:14les personnes
01:16:14et dans le programme
01:16:15du président de la république
01:16:17il n'y avait
01:16:17une seule mesure
01:16:18les deux heures
01:16:19dans les plans d'aide
01:16:20les deux heures supplémentaires
01:16:22pour les aides à domicile
01:16:23pour faire du lien social
01:16:24on va y revenir Yann
01:16:25et en plus
01:16:26on va avoir une parlementaire
01:16:27de Vendée
01:16:28à qui
01:16:29Maud va poser des questions
01:16:32à tout de suite
01:16:32Véronique Bess
01:16:33est avec nous
01:16:33dans un petit instant
01:16:34puis si vous aussi
01:16:35vous souhaitez réagir
01:16:35témoignez
01:16:360826 300 300
01:16:38à tout de suite
01:16:39midi 14h
01:16:41Sud Radio
01:16:42la France
01:16:43dans tous ses états
01:16:44nous sommes toujours avec
01:16:46Yann Lagné
01:16:46Laurent Permas
01:16:47Sabine Gré-Saguel
01:16:48et Véronique Bess
01:16:49bonjour
01:16:50bonjour
01:16:51Véronique Bess
01:16:51vous êtes députée
01:16:52non inscrite de Vendée
01:16:53le vieillissement
01:16:54vous en avez fait
01:16:55l'un des thèmes majeurs
01:16:56de votre engagement politique
01:16:57vous avez adressé une lettre
01:16:58au nouveau premier ministre
01:17:00Sébastien Lecornu
01:17:01pour lui demander
01:17:02d'élever le vieillissement
01:17:03au rang de priorité stratégique
01:17:05de l'état
01:17:05on parlait des solutions politiques
01:17:06à l'instant
01:17:07avec nos invités
01:17:07qu'est-ce que ça signifie
01:17:09concrètement
01:17:09Véronique Bess
01:17:10écoutez ça signifie
01:17:12tout simplement
01:17:12qu'il ne faut pas
01:17:13oublier nos anciens
01:17:14puisqu'on a tendance
01:17:15un petit peu
01:17:16dans le tumulte politique
01:17:17du moment
01:17:18à oublier
01:17:20que nos anciens
01:17:22ont le droit à la parole
01:17:23qu'il ne faut pas
01:17:24les oublier
01:17:24qu'ils soient
01:17:25du grand âge
01:17:27ou tout simplement
01:17:28juste à la retraite
01:17:29et que
01:17:30c'est une priorité
01:17:32pour moi
01:17:32parce que
01:17:33quand on regarde
01:17:33un peu la courbe démographique
01:17:35on se rend compte
01:17:35que la population
01:17:37vieillit
01:17:38et d'ailleurs
01:17:38j'ai l'honneur
01:17:40de présider
01:17:41à l'Assemblée
01:17:42un groupe d'études
01:17:42sur le vieillissement
01:17:43de la population
01:17:44on se rend compte
01:17:45que le temps passe
01:17:47et qu'on est toujours
01:17:50dans le colmatage
01:17:52si je puis dire
01:17:52et pas du tout
01:17:53dans l'anticipation
01:17:55et donc
01:17:56on colmate
01:17:57quand il y a des demandes
01:17:58etc
01:17:58mais en fait
01:18:00on n'a pas
01:18:00une vraie politique
01:18:02du vieillissement
01:18:03en France
01:18:04et c'est un peu
01:18:05j'allais dire
01:18:06ce sujet
01:18:07c'est un peu
01:18:07le parent pauvre
01:18:08de toutes les politiques
01:18:10publiques
01:18:10et ça c'est un petit peu
01:18:11dommage
01:18:12Justement
01:18:12sans parler d'indifférence
01:18:13vraiment
01:18:14avec nos invités
01:18:15on se demandait
01:18:16justement
01:18:17est-ce qu'il y a
01:18:17des réponses politiques
01:18:18quelles sont ces réponses
01:18:19politiques
01:18:19dans la lettre
01:18:20que vous adressez
01:18:21au Premier ministre
01:18:21il y a
01:18:22le fait d'élever
01:18:24le vieillissement
01:18:25au rang de la priorité
01:18:25stratégique de l'État
01:18:26d'abord
01:18:27qu'est-ce que ça va changer
01:18:28est-ce que
01:18:29vous avez déjà eu
01:18:30cette conversation
01:18:30avec le précédent
01:18:31Premier ministre
01:18:32peut-être déjà
01:18:33les précédents gouvernements
01:18:34En fait
01:18:35on n'a pas forcément
01:18:36vu les changements
01:18:38en cours
01:18:38on n'a pas forcément
01:18:39le temps
01:18:39de parler
01:18:40avec le Premier ministre
01:18:42et les ministres
01:18:42concernés
01:18:43de ces sujets
01:18:44alors bon
01:18:44voilà
01:18:44on essaie quand même
01:18:45moi cette lettre
01:18:47c'est une manière
01:18:48de dire
01:18:48attention
01:18:49ça doit devenir
01:18:50une priorité
01:18:51puisqu'on demande
01:18:52depuis longtemps
01:18:53on n'est plus
01:18:53à demander
01:18:54une loi de programmation
01:18:55pluriannuelle
01:18:56pour le grand âge
01:18:57en fait
01:18:58on sait qu'on ne l'aura pas
01:18:59forcément
01:18:59parce qu'on voit
01:19:00toujours le problème
01:19:01par le petit bout
01:19:02de la lorgnette
01:19:03financier
01:19:04donc c'est-à-dire
01:19:05qu'on pense
01:19:06que toujours
01:19:07que le grand âge
01:19:08ou le vieillissement
01:19:08de la population
01:19:09ça coûte cher
01:19:10moi je dis
01:19:11qu'il faut partir
01:19:11du terrain
01:19:12et en fait
01:19:12il y a plein de choses
01:19:13qui existent
01:19:13sur le terrain
01:19:14les collectivités
01:19:16il y a des associations
01:19:17il y a du privé
01:19:19qui font des choses
01:19:19remarquables
01:19:20des petites choses
01:19:21qui peuvent être
01:19:22complètement dupliquées
01:19:23ailleurs
01:19:24et dont il faut
01:19:25s'inspirer
01:19:26c'est pas forcément
01:19:27tout chambouler
01:19:28mais je crois
01:19:29qu'aujourd'hui
01:19:30que ce soit
01:19:31pour les EHPAD
01:19:32que ce soit
01:19:33pour le domicile
01:19:33on a atteint
01:19:35un niveau
01:19:36où il faut
01:19:37tout remettre
01:19:38en cause
01:19:39et prendre le problème
01:19:40par la base
01:19:41et pas forcément
01:19:42alors bien sûr
01:19:42si on a une grande loi
01:19:44ce serait encore
01:19:45encore mieux
01:19:46mais il faut
01:19:47complètement changer
01:19:48le concept
01:19:49et partir du terrain
01:19:50et s'inspirer
01:19:52de ce qui se passe
01:19:53parce qu'il faut
01:19:54de toute façon
01:19:55nos anciens
01:19:56et compte tenu
01:19:56encore une fois
01:19:57de la cour démographique
01:19:58il va bien falloir
01:19:59s'en occuper
01:20:00dignement
01:20:01il faut les replacer
01:20:02au coeur
01:20:03de notre réflexion
01:20:04et pas forcément
01:20:05faire à la place
01:20:06à leur place
01:20:06et vous savez aussi
01:20:07en fait nos anciens
01:20:09les familles
01:20:09tout ça
01:20:10c'est pas des gens
01:20:10qui manifestent
01:20:12c'est pas des gens
01:20:12qui sont sur les ronds-points
01:20:13ce sont pas des gens
01:20:14qui font grève
01:20:14c'est une majorité silencieuse
01:20:17qui ne dit rien
01:20:18mais il faut quand même
01:20:20avoir un oeil
01:20:21averti
01:20:22attentionné
01:20:23bienveillant
01:20:24sur cette population
01:20:26qui représente
01:20:27beaucoup
01:20:28dans la population française
01:20:29Véronique Bess
01:20:31une de vos consoeurs
01:20:32la députée Audrey Dufeu
01:20:33avait utilisé la formule
01:20:35la discrimination
01:20:35par l'âge
01:20:36reste un angle mort
01:20:38je vois que vous menez
01:20:39le même combat
01:20:40est-ce que vous concevez
01:20:40qu'aujourd'hui
01:20:41il y a une discrimination
01:20:42en France
01:20:42si on combat les discriminations
01:20:44c'est au coeur du débat politique
01:20:45avec quelquefois
01:20:46de la véhémence
01:20:47pour ne pas dire
01:20:47de la violence
01:20:48est-ce que nos personnes âgées
01:20:50ne sont pas aujourd'hui
01:20:50la catégorie sociale
01:20:51la plus discriminée
01:20:52en République française ?
01:20:54Moi je pense que oui
01:20:56vous avez raison
01:20:56de dire ça
01:20:57parce que c'est une population
01:20:58dont on ne s'occupe pas
01:21:00ou peu
01:21:01on se donne quelquefois
01:21:03bonne conscience
01:21:03en faisant des petites lois
01:21:05où il y a trois fois rien dedans
01:21:07mais on ne respecte pas
01:21:10la dignité des personnes âgées
01:21:11d'une manière générale
01:21:12on fait peu de prévention aussi
01:21:15parce que c'est aussi un sujet
01:21:17la prévention pour éviter
01:21:20un vieillissement trop rapide
01:21:22il y a plein de choses
01:21:23à mettre en place
01:21:24en plus c'est un sujet transpartisan
01:21:26c'est un sujet aussi transversal
01:21:29parce qu'il touche
01:21:29à la santé
01:21:30au logement
01:21:31à la fonction
01:21:33aux mobilités
01:21:34aux loisirs
01:21:35etc.
01:21:36mais c'est un sujet
01:21:37qu'on ne veut pas voir
01:21:38et en fait même
01:21:39ce n'est pas un sujet
01:21:41par exemple
01:21:41à l'Assemblée nationale
01:21:42parce qu'on n'en parle
01:21:45que d'une manière budgétaire
01:21:46ce n'est pas un sujet
01:21:47aussi forcément
01:21:48dans les médias
01:21:49et merci d'en parler
01:21:50parce que
01:21:50en fait j'ai l'impression
01:21:51que ça renvoie à tout le monde
01:21:53l'image du vieillissement
01:21:54et de son propre vieillissement
01:21:55donc c'est un sujet
01:21:56un peu noir
01:21:57mais non
01:21:57il faut en parler
01:21:58d'une manière assez positive
01:22:00il y a plein de choses
01:22:00qui existent
01:22:01qui sont totalement positives
01:22:02et pourtant
01:22:03les personnes âgées votent
01:22:04madame la députée
01:22:05c'est pas encore
01:22:06un lobby électoral
01:22:07imaginez que ça le devienne
01:22:08non mais
01:22:10les personnes âgées votent aussi
01:22:11mais il y a aussi
01:22:12il y a des familles
01:22:13enfin il y a tout un écosystème
01:22:15si je puis dire
01:22:15autour des personnes âgées
01:22:16et en fait
01:22:17il y a plein de choses
01:22:18super qui se passent
01:22:19et sans parler du grand âge
01:22:21qui est un vrai sujet
01:22:22mais on ne s'occupe pas assez
01:22:24des jeunes retraités
01:22:25dans notre vie de tous les jours
01:22:27il y a des gens
01:22:28qui ont une expérience
01:22:29une expertise
01:22:29et qui du jour au lendemain
01:22:31quand ils partent à la retraite
01:22:32on ne s'en occupe pas
01:22:33et moi je me dis
01:22:34que sur la base du volontariat
01:22:35on pourrait dans nos communes
01:22:36leur faire signe
01:22:38ils pourraient avoir un rôle
01:22:40hyper important
01:22:41hyper enrichissant
01:22:43et c'est des gens
01:22:43souvent qui
01:22:44du jour au lendemain
01:22:46quand ils n'ont plus de travail
01:22:47ils se sentent inutiles
01:22:48et vous savez
01:22:49quand on se sent inutile
01:22:50la dépendance s'installe très vite
01:22:51et on voit des gens
01:22:52qui ont occupé des postes
01:22:54très importants
01:22:55dans les collectivités
01:22:56dans les entreprises
01:22:57etc.
01:22:58qui ont eu plein d'idées
01:22:58du jour au lendemain
01:22:59ils ne deviennent plus rien
01:23:02dans la société
01:23:02et tout le monde est perdant
01:23:04ça arrive aussi
01:23:05des hommes politiques
01:23:06et des femmes politiques
01:23:06sur un autre terrain
01:23:07exactement
01:23:07je passe la parole
01:23:10à Laurent Permas
01:23:10qui va vous poser une question
01:23:11ensuite c'est Yann Lannier
01:23:12qui vous interpellera
01:23:13oui madame la députée
01:23:15bonjour
01:23:15en fait
01:23:16moi je suis prêt
01:23:17à travailler avec vous
01:23:19sur un programme
01:23:20il faut écrire un programme
01:23:21pourquoi ?
01:23:21parce que ce n'est pas une charge
01:23:23les retraités
01:23:24ne sont pas une charge
01:23:25c'est 53%
01:23:26de la consommation
01:23:27en France
01:23:27ils sont créateurs d'emplois
01:23:30d'accord
01:23:30et vous voyez
01:23:32si on parle
01:23:32notamment des services
01:23:33à la personne
01:23:34c'est un million d'emplois
01:23:35donc
01:23:36et c'est
01:23:37plus de 12 milliards
01:23:39par an
01:23:39de succession
01:23:41de donations
01:23:41qui génèrent
01:23:42en fait
01:23:42qui génèrent
01:23:43une taxe
01:23:45il faut le dire
01:23:45donc je pense
01:23:46qu'il faut prendre
01:23:47le problème
01:23:47en disant
01:23:47mais si
01:23:48ils n'étaient pas là
01:23:50le pays serait
01:23:52dans une grande difficulté
01:23:53budgétaire
01:23:54déjà
01:23:54je ne parle pas
01:23:55du lien social
01:23:56donc
01:23:56ce n'est plus possible
01:23:58d'entendre
01:23:58cette notion
01:23:59de budget de charge
01:24:00on peut le démontrer
01:24:02on peut le démontrer
01:24:03et si on enlève
01:24:04les 53%
01:24:05de la consommation
01:24:06on va vite en parler
01:24:06de la taxe
01:24:08à la TBA
01:24:08au-delà
01:24:09donc
01:24:10voilà
01:24:11moi je suis prêt
01:24:11à travailler avec vous
01:24:13pour concrètement
01:24:14il y ait en fait
01:24:15des incitatifs
01:24:16et qu'on
01:24:16qu'on arrête
01:24:17de parler
01:24:17de cette classe
01:24:18d'aînés
01:24:20qui ne servent plus
01:24:21à rien
01:24:21alors qu'en fait
01:24:22ils tiennent
01:24:23la France debout
01:24:23ils tiennent la France debout
01:24:25il y a la notion aussi
01:24:26de transmission
01:24:27ils ont des choses
01:24:29plein de choses
01:24:29à nous apprendre
01:24:30ils consomment
01:24:31c'est eux qui voyagent
01:24:32c'est eux qui vont
01:24:32dans les restaurants
01:24:33c'est eux qui vont au cinéma
01:24:34entre autres etc
01:24:34non mais je suis totalement
01:24:35d'accord avec vous
01:24:36mais on les compartimente
01:24:39et on ne veut presque
01:24:41pas les voir
01:24:41donc de temps en temps
01:24:42c'est un peu
01:24:43condescendant
01:24:45comme démarche
01:24:45Madame la députée
01:24:47c'est une catégorie sociale
01:24:49qui fait aussi l'objet
01:24:50d'un ménagement fiscal
01:24:51parce que justement
01:24:52il ne faut pas les froisser
01:24:53là nous parlons vraiment
01:24:54des personnes âgées
01:24:55en détresse
01:24:55Yann Lannier
01:24:56à qui je demandais
01:24:57est-ce que la république
01:24:58s'occupe de ses vieux
01:24:59aujourd'hui
01:24:59il y a une question
01:25:00à vous poser
01:25:00Bonjour Madame
01:25:02la députée
01:25:04vous avez employé
01:25:08le mot
01:25:09le mot de prévention
01:25:11pour moi
01:25:12c'est vraiment
01:25:12le maître mot
01:25:13des années à venir
01:25:13puisque sous ce thème là
01:25:15on va pouvoir aussi
01:25:16comme Sabine le disait
01:25:19aider aussi
01:25:20des personnes
01:25:20à vieillir
01:25:22et non plus
01:25:24à vivre
01:25:24dans une éternelle
01:25:25éternelle jeunesse
01:25:27et je crois
01:25:27qu'il y a vraiment
01:25:27beaucoup à faire
01:25:28sur la question
01:25:29de la prévention
01:25:30la prévention
01:25:31ça va être aussi
01:25:32des moyens
01:25:32à mettre
01:25:33alors vous avez
01:25:34vu cette semaine
01:25:36le baromètre
01:25:36de l'isolement social
01:25:37des petits frères
01:25:38des pauvres
01:25:38et les préconisations
01:25:40la première
01:25:41de nos préconisations
01:25:42c'était justement
01:25:43de mesurer
01:25:43le coût
01:25:44de l'isolement social
01:25:45dans ce pays
01:25:45on a une inspection
01:25:48générale
01:25:48des affaires sociales
01:25:50des finances
01:25:50qui est tout à fait
01:25:51capable de le faire
01:25:52en mesurant
01:25:53et en additionnant
01:25:54des coûts
01:25:55tels que
01:25:55les non-recours
01:25:56aux soins
01:25:57des coûts
01:25:58de consommation
01:25:59médicale
01:25:59etc
01:26:00et moi
01:26:00je présage
01:26:02que nous allons
01:26:03si c'est fait
01:26:04arriver à des milliards
01:26:05d'euros
01:26:05et que ça permettra
01:26:06de poser
01:26:07une politique
01:26:08de prévention
01:26:09qui permettra
01:26:10à terme
01:26:10d'éviter
01:26:11des coûts
01:26:11pour la société
01:26:12donc je voulais savoir
01:26:13si vous étiez aussi
01:26:15prête avec
01:26:16les collègues parlementaires
01:26:17parce que le premier ministre
01:26:19parlait ce matin
01:26:20d'une nouvelle méthode
01:26:21de travail à l'assemblée
01:26:22et vous avez employé
01:26:23le terme de transpartisan
01:26:24sur ces questions
01:26:25auxquelles je souscris
01:26:26j'espère que
01:26:27votre groupe de travail
01:26:29à l'assemblée
01:26:29fera naître aussi
01:26:30des initiatives
01:26:31transpartisanes
01:26:32pour faire
01:26:33avancer
01:26:35vraiment
01:26:36ces questions
01:26:37et bien voilà
01:26:38Véronique Bell
01:26:39vous ne serez pas venu
01:26:39pour rien
01:26:40vous repartez
01:26:40avec une très belle thématique
01:26:42merci
01:26:42merci madame la députée
01:26:44d'être intervenue
01:26:44et j'espère vous retrouver
01:26:45bientôt sur cette antenne
01:26:46pour continuer à disserter
01:26:48sur cet important sujet
01:26:49on se retrouve
01:26:49dans quelques secondes
01:26:50merci
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