- il y a 6 mois
Avec Bérangère Couillard, Présidente du Haut Conseil à l'Égalité entre les Femmes et les Hommes (HCE)
Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 15h pour son émission "La force de l'engagement" sur Sud Radio.
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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2025-10-05##
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NewsTranscription
00:00Retrouvez la force de l'engagement.
00:02Avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:09Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement,
00:19l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:23Aujourd'hui, je reçois Bérangère Couillard, président du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes,
00:28pour parler d'un rapport implacable sur l'impunité des viols et des agressions sexuelles en France.
00:35Mais avant cela, comme chaque semaine, je vous propose de nous engager contre un système
00:39qui fabrique du silence, du déni et de l'injustice.
00:42Chaque année en France, 153 000 personnes sont violées ou subissent une tentative de viol.
00:48Parmi elles, seules 19 000 portent plainte.
00:51Autrement dit, 9 victimes sur 10 se taisent ou sont réduites au silence.
00:54Sur ces 19 000 plaintes, moins d'un tiers va donner lieu à des poursuites.
00:59In fine, tout au bout du parcours judiciaire, seuls 636 auteurs seront condamnés.
01:04Ce chiffre nous donne la mesure du déni et de l'impunité collective révélés dans le dernier rapport du Haut Conseil à l'égalité.
01:11Une victime de viol sur 300 obtient justice.
01:150,4% des agresseurs sont condamnés.
01:17Alors pourquoi une telle faillite ?
01:20Eh bien parce que dès le dépôt de plainte, les obstacles se dressent.
01:23Les victimes redoutent de ne pas être crues.
01:25Elles choisissent parfois la main courante, qui n'a aucune valeur judiciaire, pas peur des conséquences d'une plainte.
01:30Certaines se voient découragées, d'autres entendront que leurs propos ne tiendront pas devant un magistrat.
01:36Parce que les parquets classent sans suite plus de deux affaires sur trois,
01:39souvent sans explication, souvent sans avoir entendu l'agresseur.
01:42Parce que trop de viols sont correctionnalisés.
01:46On rabaisse le crime en délit, on évite les cours d'assises,
01:49on économise du temps, de l'argent, des moyens,
01:51et on nie aux victimes la reconnaissance de ce qu'elles ont subi, un crime.
01:55Parce que la culture du viol est partout,
01:57dans les commissariats où persistent les stéréotypes sexistes,
02:00dans les expertises psychiatriques qui minimisent les traumatismes,
02:04dans les salles d'audience où la victime doit encore prouver qu'elle est crédible,
02:08qu'elle est une bonne victime.
02:09Parce que le parcours judiciaire réactive la douleur,
02:12répéter son histoire, encore et encore,
02:15être confronté à son agresseur,
02:16être examiné, décortiqué, parfois humilié.
02:19Tout cela au nom de la justice, mais sans justice à l'arrivée.
02:23Et parce que les moyens manquent cruellement.
02:25Trop peu d'unités médico-judiciaires,
02:27trop peu de formations sur le psychotraumatisme,
02:29trop peu de structures spécialisées pour accueillir et accompagner les victimes.
02:34Sans oublier les associations de terrain, en première ligne,
02:36condamnées à survivre avec des budgets qui se réduisent d'année en année.
02:39Voilà pourquoi seulement 0,4% des agresseurs de viol sont condamnés.
02:45Non pas parce que les victimes mentent,
02:46non pas parce que les faits sont flous,
02:48mais parce qu'à chaque étape,
02:50notre système fabrique du silence, du déni et de l'injustice.
02:53En France, le viol est le crime le plus jugé aux assises.
02:57Rapporté au nombre massif de victimes,
02:59il est aussi celui qui reste le plus impuni.
03:01La France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme
03:05pour traitements inhumains et dégradants.
03:07Il est temps que demain, ce ne soit plus l'Europe qui nous rappelle à nos manquements,
03:11mais que le rapport du Haut Conseil à l'égalité oblige enfin notre justice.
03:16Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Réus.
03:20Aujourd'hui dans la force de l'engagement,
03:21je donne la parole à Bérangère Couillard,
03:23président du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes.
03:26Un Haut Conseil qui vient de publier un rapport implacable
03:29sur l'impunité des viols en France,
03:31avec 61 recommandations pour en finir avec le déni et l'injustice.
03:36Bonjour Bérangère.
03:37Bonjour Muriel, merci pour l'invitation.
03:38Merci d'être là avec nous.
03:40Ce rapport, mettre fin au déni face aux viols et aux agressions sexuelles,
03:44publié la semaine dernière,
03:45met en lumière un système où je sois qu'années 153 000 victimes
03:49n'obtiennent pas réparation réellement.
03:52Seules 636 obtiennent une condamnation pour leur agresseur.
03:58Alors, vous vous attendiez à un tel constat ?
04:01En fait, c'est un rapport qui est glaçant,
04:04mais qui est absolument essentiel,
04:05qui repose sur des chiffres très concrets
04:07des ministères de l'Intérieur et de la Justice.
04:11Ce qu'il faut faire comprendre à vos auditeurs
04:14qui n'ont pas encore pris connaissance du rapport,
04:17c'est qu'en fait, ce sont des violences
04:19qui touchent exclusivement des femmes,
04:22parce que les victimes sont 96% de femmes majeures,
04:25elles sont 87% des filles,
04:29enfin des victimes sont des filles,
04:31et les violences sont perpétrées majoritairement par des hommes,
04:3697% des mises en cause sont des hommes.
04:38Donc ça, c'est important de montrer et de faire le constat.
04:41Ensuite, du coup, c'est un, vous l'avez rappelé,
04:44c'est un crime de masse.
04:46Un crime massif, parce que ça représente 63%
04:49des crimes jugés en France en 2023.
04:52À titre comparaison, 25% des...
04:56Les homicides représentent 25% des crimes.
04:58Et on a une baisse d'efficacité, quelque part,
05:03parce qu'en fait, on se retrouve avec une plainte sur 30
05:08qui est aujourd'hui condamnée,
05:10alors qu'en 2016, c'était une plainte sur 15.
05:14Donc on voit bien, en fait, en plus,
05:15qu'on est moins efficace qu'on a pu l'être,
05:18parce qu'aussi, on a une augmentation du nombre de plaintes.
05:21Les plaintes ont été multipliées par 3,
05:23alors que nous avons des condamnations
05:25qui ont seulement augmenté de 30%.
05:27Donc il y a une décorrélation très importante
05:30entre le besoin de justice et la justice rendue.
05:34Et donc, le Haut Conseil de l'égalité dénonce quoi ?
05:36Dénonce, en fait, le fait que la justice d'aujourd'hui
05:41manque à ses devoirs fondamentaux,
05:42c'est-à-dire de protéger les victimes
05:44et de condamner les agresseurs.
05:46Ce rapport, il est extrêmement important.
05:48Il faut absolument que vous le lisiez.
05:50D'ailleurs, il est disponible sur le site En Libre Accès,
05:52le site du H&E.
05:53Vous parlez d'une véritable faillite collective.
05:56Alors, où se situe, selon vous, le cœur de cette faillite ?
05:59Qu'est-ce que ça dit de notre justice
06:00quand plus de deux plaintes pour viol sur trois
06:03sont classées sans suite
06:04et que seulement 0,4% des agresseurs sont condamnés ?
06:09Qu'est-ce que ça dit de notre justice ?
06:11En fait, je pense que ce qu'il est important d'expliquer
06:12à vos auditeurs, c'est qu'il y a une déperdition
06:16à chaque étape du parcours de la victime.
06:18D'abord, au moment de la révélation des faits,
06:21de l'accueil de la parole.
06:22Il faut savoir que les victimes ont du mal
06:24à mettre le mot « viol » sur ce qu'elles ont vécu.
06:27En fait, il faut sortir du mythe du viol actuel,
06:31c'est-à-dire de penser que chaque victime
06:33ne connaît pas son agresseur,
06:35c'est un agresseur inconnu
06:36qui agit la nuit dans une ruelle sombre.
06:40En fait, la plupart, la grande majorité des victimes
06:42connaissent leur agresseur.
06:44Et donc, en fait, il y a aujourd'hui
06:46trois raisons principales
06:48sur le fait que les victimes
06:50n'osent pas parler
06:52et ne mettent pas le mot « viol »
06:53sur ce qu'elles ont vécu.
06:54C'est trois raisons principales.
06:56C'est la stratégie de l'agresseur.
06:58Il s'agit d'isoler la victime,
07:01de la dévaloriser,
07:03de faire en sorte aussi qu'elle culpabilise
07:05et également le fait qu'il y ait
07:08presque de la peur,
07:11en tous les cas incité à la peur.
07:13Également aussi la culture du viol
07:14qui est extrêmement présente dans notre pays
07:16et la silenciation des victimes.
07:19Aujourd'hui, une victime ne parle pas.
07:22Elle ne parle pas parce qu'en fait,
07:23on lui laisse penser ou on lui dit
07:25qu'elle l'a bien cherché
07:26et qu'elle le méritait.
07:27Donc ça, c'est quelque chose
07:28qui est très ancré.
07:29Et ce qui aide la stratégie de l'agresseur,
07:32c'est en fait qu'on a une vision
07:34très archaïque dans notre société
07:35de la sexualité.
07:37Il faut savoir encore en France,
07:38en 2025, 20% des Français
07:40pensent qu'une femme aime être forcée.
07:44Et donc, tout ça aggloméré,
07:46ça finit par passer
07:48de 153 000 victimes déclarées
07:50à 19 000 flintes.
07:51Et donc, du coup, on a une baisse colossale
07:53entre les victimes déclarées
07:54et les plaintes qui sont déposées.
07:56Qui sont déposées.
07:57Ça pose aussi la question du viol conjugal,
07:59dont on parle de plus en plus,
08:01qui est intégré dans les chiffres
08:03que l'on donne là aujourd'hui.
08:04On a beaucoup de mal à identifier
08:06les viols conjugaux.
08:07Alors, on a beaucoup de mal, bien sûr,
08:08à les identifier.
08:09En plus, quand je vous disais
08:10que la victime connaît son agresseur,
08:12en général, c'est dans son entourage
08:13et c'est particulièrement son conjoint.
08:15Et donc, oui,
08:17le viol conjugal est très présent
08:21dans notre société
08:22et c'est un viol qui est particulièrement
08:24difficile à prouver.
08:26Et c'est aussi très difficile
08:28de se faire entendre.
08:30Quand on est victime,
08:32aujourd'hui, il y a une forme
08:33d'impunité,
08:35même pendant longtemps,
08:37le devoir conjugal,
08:38c'était aussi d'avoir des relations sexuelles
08:40avec son conjoint.
08:41Alors, c'est un système quand même
08:44qui navigue dans le silence,
08:46dans l'injustice,
08:47dans le déni.
08:48Alors, ce rapport, il est important
08:49parce que vous dénoncez ces faits,
08:52mais il est aussi important
08:53parce qu'il y a des recommandations.
08:54Il y en a beaucoup,
08:55il y en a 61
08:56et on espère qu'elles vont venir
08:59briser ce cercle de l'impunité
09:01et pouvoir changer la vie des victimes.
09:03Donc, je vous propose,
09:04dans un instant,
09:05de revenir sur ces recommandations.
09:06A tout de suite sur Sud Radio.
09:11Avec Agipi, épargne, retraite,
09:13assurance emprunteur,
09:15prévoyance, santé.
09:18Sud Radio, la force de l'engagement,
09:2015h, 15h30, Muriel Rius.
09:24Donnez la parole à celles et ceux
09:25qui font bouger la société,
09:27c'est sur Sud Radio
09:28et c'est la force de l'engagement.
09:29Aujourd'hui, avec Bérangère Couillard,
09:31président du Haut Conseil à l'égalité,
09:33nous nous engageons
09:34contre le déni
09:35et l'impunité des viols.
09:37Bérangère, face à cet échec systémique
09:39de la prise de parole
09:40et de la réponse judiciaire
09:41des viols et des agressions sexuelles
09:43en France,
09:44votre rapport
09:45formule 61 recommandations.
09:47Quelles sont, selon vous,
09:49celles qui peuvent vraiment briser
09:50ce cercle de l'impunité
09:52et changer la vie des victimes ?
09:54Il faut d'abord,
09:55et je le disais
09:56et j'ai précisé
09:57sur la précédente question,
09:58qu'il faut absolument
09:59permettre la révélation des faits.
10:01Et pour ça,
10:02il faut déconstruire
10:03la culture de viol
10:04dans notre pays
10:05et ça passe par des campagnes
10:06de sensibilisation massive
10:08et également la mise en place
10:10des cours à la vie affective,
10:11relationnelle et à la sexualité
10:12auprès de nos plus jeunes,
10:14à toutes les classes d'âge
10:16pour que ça puisse infuser
10:17et qu'on arrête
10:18d'avoir cette culture du viol
10:20qui soit aussi présente
10:20dans notre pays.
10:21Aussi, qu'on ait davantage
10:23d'unités pluridisciplinaires.
10:25C'est très important
10:25qu'on ait davantage
10:26de maisons des femmes,
10:27au moins une par département.
10:29Également des CRP
10:29qui sont les centres régionaux
10:31de gestion des psychotraumas.
10:33Absolument indispensable
10:33parce qu'il n'est pas rare
10:34d'avoir des victimes
10:36qui du coup souffrent
10:37de dissociation
10:38ou d'amnésie.
10:39Et donc,
10:40ça a des conséquences aussi
10:41après pour la révélation
10:42des faits.
10:43Et puis également
10:44d'avoir des UMJ,
10:45des unités médico-judiciaires.
10:47Tout ça,
10:47c'est très important
10:48pour que les victimes
10:50puissent être bien accompagnées
10:51avec l'aide des associations
10:52qui font un travail formidable
10:53sur le terrain
10:54mais aussi
10:55qu'ils puissent y avoir
10:56un bon recueil
10:58des preuves
10:58parce que c'est grâce
11:00à ces preuves
11:00qu'elles vont pouvoir
11:01constituer le dossier
11:02qui vont permettre
11:03après
11:03de permettre
11:05la condamnation
11:07de l'auteur
11:07parce que sans preuve
11:08c'est souvent comme ça
11:10malheureusement
11:10qu'il y a des classements
11:11sans suite.
11:12Donc c'est indispensable.
11:13Ensuite,
11:14ce qu'il faut
11:14c'est améliorer aussi
11:15la gestion,
11:17la prise en charge
11:18j'ai envie de dire
11:19de la police
11:20et de la gendarmerie.
11:22On a des manquements
11:23très importants
11:24sur l'accueil des victimes.
11:26Une victime
11:27elle subit souvent
11:28des questionnements
11:29avec des biais
11:30genrés,
11:31des biais sexistes
11:32et c'est pour ça
11:34qu'il faut absolument
11:35qu'on ait des trames
11:36des trames d'audition
11:38qui puissent être similaires
11:39pour toutes les victimes
11:41de violences sexuelles
11:42afin d'éviter
11:42évidemment ces biais.
11:43Et puis la formation
11:44ça passe évidemment
11:46la formation
11:46des policiers et gendarmes
11:47qui est un indispensable
11:48mais au-delà
11:49aussi tous les personnels
11:51qui ont contact
11:53avec les victimes
11:53je pense aux avocats
11:55je pense aux personnels
11:56de santé
11:57de l'action sociale
11:58les experts psychiatriques
11:59aussi
12:00qui aujourd'hui
12:00ne sont pas formés
12:01alors qu'ils font
12:02des expertises psychiatriques
12:03et qu'on remet beaucoup
12:03en cause
12:04d'ailleurs un certain nombre
12:06de profils ont été repérés
12:07et notamment des plaintes
12:08ont été déposées
12:09par des associations féministes
12:10contre un certain nombre
12:11qui ont toujours tendance
12:12à aller contre la victime
12:13alors qu'ils sont là
12:14pour rendre des expertises psychiatriques
12:15évidemment extrêmement professionnelles
12:17et on leur demande de le faire
12:18donc ça c'est très important
12:19et puis ensuite
12:20c'est comment on fait en sorte
12:22de protéger aussi la victime
12:24lors du procès
12:24c'est à dire
12:25de l'audience
12:26jusqu'au jugement
12:28pourquoi ?
12:29parce qu'en fait
12:29il n'est pas rare
12:30d'avoir des victimes
12:31qui se retrouvent
12:32avec des plaidoiries adverses
12:34qui sont humiliantes
12:35on a vécu
12:36dernièrement
12:37des très très importants
12:38notamment dans le procès
12:39de Bardieu
12:40avec une condamnation
12:41pour victimisation secondaire
12:42exactement
12:43ou même Gisèle Pellicot
12:44qui a dit qu'elle se sentait
12:45elle-même coupable
12:46en fait
12:47dans la façon
12:47dont elle est traitée
12:48donc c'est très important
12:49et c'est pas rare
12:51d'avoir donc des victimes
12:52qui se retrouvent
12:53à avoir des remises en cause
12:54de leur façon
12:56de se comporter
12:57de la remise en cause
12:57du récit
12:58la remise en cause
12:59de
12:59on parle de leur nombre
13:02de partenaires sexuels
13:03donc c'est très humiliant
13:05et c'est aussi
13:06très douloureux
13:07pour elle
13:07d'aller répéter
13:08maintes et maintes fois
13:09aussi les faits
13:10qui ont été
13:10particulièrement traumatisants
13:11il faut savoir
13:12que la France
13:13a été condamnée
13:14à quatre reprises
13:15en 2025
13:15entre avril et septembre
13:17pour
13:18et vous le dites
13:19notamment
13:19sur la revictimisation
13:21secondaire
13:21ça consiste en quoi
13:23dans ces quatre procès
13:24c'est que
13:25vous avez notamment
13:26le fait de ne pas
13:27prendre en compte
13:28les propos de la victime
13:29alors qu'il y a
13:30des éléments matériels
13:31qui sont extrêmement probants
13:33c'est des délais
13:34qui sont absolument
13:35colossaux
13:36par rapport
13:37du coup
13:37à la situation
13:38de la victime
13:39on ne peut pas faire attendre
13:40de façon
13:41indéfinie
13:43la victime
13:44ou même aussi
13:45d'avoir eu
13:45un interrogatoire
13:47qui était
13:48emprunt
13:49de culture du viol
13:50et donc
13:50à cause de tout ça
13:52on se retrouve
13:53avec 153 victimes
13:55qui se transforment
13:56en 19 000 plaintes
13:58qui se transforment
13:59ensuite
13:59en
14:00même pas
14:025 500
14:02poursuites
14:04après on a
14:052465 procès seulement
14:07et vous le disiez
14:08vous-même
14:08636 condamnations
14:09donc en fait
14:10on a une déperdition
14:11à chaque étape
14:12du parcours
14:13de la victime
14:13qui est
14:14abyssal
14:15et qui
14:17je le disais
14:17tout à l'heure
14:18le HCA
14:19dénonce
14:19vraiment
14:20que la justice
14:21manque
14:22à ses
14:23obligations
14:25fondamentales
14:25c'est-à-dire
14:26de condamner
14:27les auteurs
14:28et de protéger
14:29les victimes
14:29et là aujourd'hui
14:30ce n'est pas le cas
14:31et on a une situation
14:32qui est
14:33je le disais
14:34glaçante
14:34mais je crois
14:36que ce rapport
14:37est absolument
14:37essentiel
14:38pour justement
14:39montrer
14:40là où il y a
14:41des failles
14:42dans tout le parcours
14:42des victimes
14:43ce rapport
14:44il est vraiment
14:45essentiel
14:45vous le dites
14:46et je partage
14:46totalement
14:47ce propos
14:48il a
14:49un avantage
14:50si je peux m'exprimer
14:51ainsi
14:51c'est vraiment
14:52de pointer
14:52cette déperdition
14:53des victimes
14:53ce qu'on n'avait pas
14:54analysé
14:55réellement
14:55jusqu'à présent
14:56on disait
14:56il y a très peu
14:57de condamnations
14:58mais l'analyse
14:59sur toutes les étapes
15:01que vous avez décrites
15:01tout à l'heure
15:02est vraiment fondamentale
15:03mais vous êtes une experte
15:05Bérangère
15:06vous avez été ministre
15:07aujourd'hui vous dirigez
15:08vous présidez le HCE
15:09vous n'avez pas le sentiment
15:11que quand on regarde
15:13des mesures
15:13qui sont évoquées
15:14à nouveau
15:14ce sont des mesures
15:15qu'on a déjà abordées
15:16mais pourquoi
15:17on n'y arrive pas ?
15:19pourquoi on n'arrive pas
15:19à les mettre en place
15:20ces mesures ?
15:21honnêtement
15:21il y a une non prise
15:23de conscience
15:23de la société
15:24au-delà d'aller mettre
15:26en place
15:26un certain nombre
15:27de modifier les lois
15:28de mettre en place
15:29des politiques publiques
15:30il faut les faire
15:31bien sûr
15:31il faut accompagner
15:33tous les acteurs
15:33pour mieux faire
15:34par contre
15:35et je le disais
15:37c'est la différence
15:37entre les 153 000
15:39victimes déclarées
15:40de viol
15:40et les 19 000 plaintes
15:42c'est là qu'on a
15:43la plus grande baisse
15:45et donc c'est
15:45parce que notre société
15:47est emprunt
15:47de sexisme
15:49est emprunt
15:50de la culture du viol
15:51et que c'est vraiment
15:52sur ce sujet
15:53qu'on doit s'atteler
15:54je crois
15:55en premier lieu
15:56c'est plus facile
15:57d'aller mettre en place
15:58un certain nombre
15:58de politiques publiques
15:59pour les gouvernants
16:00mais il faut aussi
16:02s'attaquer à quelque chose
16:03qui est complètement
16:04emprunt
16:05dans notre société
16:06et sur lequel
16:07il nous faut agir
16:08absolument
16:08pour justement
16:09faire en sorte
16:10qu'il y ait
16:10moins de sexisme
16:11moins de culture du viol
16:12et donc
16:13in fine
16:13moins de violence
16:14on a un peu de mal
16:15parce que le programme
16:16ébarce
16:16donc vous parliez tout à l'heure
16:17qu'il y a un programme
16:17totalement indispensable
16:18qu'on soutient
16:19que je soutiens
16:20enfin que les associations soutiennent
16:21on a du mal
16:22à le mettre en place
16:23deux séances par an
16:24c'est pas suffisant
16:25c'est pas suffisant
16:25pour combattre
16:27les stéréotypes
16:28que d'ailleurs
16:29le rapport
16:29sur le sexisme
16:30décrit
16:31du HCE
16:31décrit régulièrement
16:32il faut
16:33donc
16:34est-ce que ça veut pas dire
16:35que derrière aussi
16:36il y a quand même
16:36peut-être un manque
16:37de volonté politique
16:38face à ces questions
16:39alors moi je suis assez
16:41confiante
16:42pourquoi
16:43parce qu'il y a eu
16:43des annonces
16:44j'espère qu'elles vont être
16:45suivies des faits
16:45avec le gouvernement
16:46qui est en passe
16:48d'être nommé
16:48il y a eu des annonces
16:50importantes
16:50parce qu'en fait
16:51ce qui manquait
16:52jusqu'alors
16:52dans la mise en place
16:53des évars
16:55c'est qu'on n'avait pas
16:56de programme
16:58qui était identique
16:59à tous les élèves
17:01d'une même tranche d'âge
17:02et aujourd'hui
17:03c'est le cas
17:03donc c'est déjà
17:04une avancée
17:04très importante
17:05parce qu'en fait
17:06on sait parfaitement
17:08ce que vont avoir
17:10en cours
17:11nos élèves
17:12et donc du coup
17:13un certain nombre
17:14de choses
17:14qui vont leur être données
17:15tout au long
17:15de leur scolarité
17:17ça c'est une première chose
17:18et maintenant
17:19ce qu'il faut
17:19c'est la mise en oeuvre
17:20donc là il faudra voir
17:21avec évidemment
17:22l'éducation nationale
17:24le rectorat
17:25et voir en local
17:26comment ils vont être
17:28comment vont être choisis
17:29les référents égalité
17:30qui vont justement
17:31donner ces cours
17:32ça peut être
17:33le CPE
17:34ça peut être
17:35le professeur principal
17:37l'infirmière scolaire
17:39voilà ça peut être
17:40divers acteurs
17:42qui peuvent intervenir
17:44évidemment il faut qu'ils soient
17:45volontaires pour le faire
17:46auprès des élèves
17:47alors vous parliez tout à l'heure
17:49des associations
17:49des associations de terrain
17:51souvent les premières
17:52à accueillir la parole
17:53des victimes
17:53sur ces questions
17:54de violences sexuelles
17:55et de viol
17:55et vous rappeliez aussi
17:57qu'elles manquent
17:58cruellement de moyens
17:59est-ce qu'on peut vraiment
18:00lutter contre l'impunité
18:02le déni des viols
18:03des agressions sexuelles
18:05sans un financement
18:06pérenne des associations
18:07non elles ont besoin
18:08d'un financement
18:09déjà qui ne baisse pas
18:11mais surtout
18:11qui augmente
18:12il faut être très clair
18:13je le disais tout à l'heure
18:15on a
18:15pour aider
18:17et accompagner les victimes
18:19il faut absolument
18:19pouvoir les accompagner
18:21sur
18:22déjà
18:22la gestion des psychotraumas
18:24je vous disais
18:25les victimes
18:25souvent
18:26souffrent d'amnésie
18:28souffrent
18:28souffrent de dissociation
18:30elles ont besoin
18:31qu'on remette
18:31quelque part
18:32d'équerre
18:32leur récit
18:33pour pouvoir
18:34se sentir victime
18:35elle-même
18:36ne pas culpabiliser
18:37et de pouvoir mettre
18:38le mot viol
18:39ou agression sexuelle
18:40sur ce qu'elles ont vécu
18:41pour pouvoir le formuler
18:42et donc aller déposer plainte
18:44ce gap
18:45entre les 153 000
18:46victimes déclarées
18:47et les 19 000 plaintes
18:48sont absolument
18:48ça devrait
18:51tous nous mettre
18:52dans la rue
18:52enfin je veux dire
18:53c'est quelque chose
18:54qui est absolument colossal
18:55et donc pour ça
18:56il faut que les associations
18:57puissent continuer
18:58à avoir des moyens
18:59d'agir
18:59pour pouvoir accompagner
19:01ces victimes
19:01parce qu'en fait
19:02quand ces personnes
19:03ces victimes sont accompagnées
19:05elles ont plus de facilité
19:06à déposer plainte
19:07elles ont plus de facilité
19:08aussi à aller au procès
19:09nous défendons notamment
19:11aussi le fait
19:12qu'il y ait une aide juridictionnelle
19:14qui puisse être donnée
19:15sans condition de ressources
19:16et dès le dépôt de plainte
19:17comment on peut justifier
19:19encore
19:19dans notre pays
19:20qu'un agresseur
19:21ait le droit à un avocat
19:21commis d'office
19:22quelles que soient
19:22ses conditions de revenus
19:23et que du coup
19:24la victime
19:25elle
19:26ne pourrait avoir
19:28une aide juridictionnelle
19:29que grâce
19:30à des critères
19:32mais qui sont des critères
19:33extrêmement drastiques
19:34donc en fait
19:35elles doivent avancer
19:36de toute façon
19:38leurs frais
19:38d'avocat
19:39oui bien sûr
19:39ça coûte très cher
19:40parfois
19:4030 000, 40 000, 50 000 euros
19:42et largement aussi
19:43une grande majorité d'entre elles
19:44doivent les payer
19:45donc en fait
19:47c'est extrêmement compliqué
19:48et pour ça
19:49il y en a beaucoup
19:49qui renoncent
19:50elles n'ont pas les moyens
19:51et surtout
19:52ne savent pas exactement
19:53au final
19:54elles ne savent pas
19:54où les trouver d'ailleurs
19:55voilà
19:55exactement
19:56alors le Haut Conseil
19:57à l'égalité
19:58ce sont des rapports
19:59très importants
20:00chaque année
20:00il y a celui
20:01qui est très attendu
20:02sur l'état du sexisme
20:03en France
20:04où j'imagine
20:06que cette année
20:07on va balayer
20:07aussi les incels
20:09on balayera
20:10le masculinisme
20:11enfin tous ces sujets
20:12qui perturbent
20:13très frontalement
20:13notre société
20:14vous l'avez dit
20:15le sexisme quotidien
20:16nourrit la culture
20:17du viol
20:18est-ce que pour vous
20:20au-delà de nourrir
20:21la culture du vol
20:22il alimente
20:23les violences sexuelles
20:24il alimente aussi
20:25les viols
20:25en fait le sexisme
20:27c'est une idéologie
20:28qui est basée
20:29sur une différenciation
20:32qui est en fait
20:33basée sur le genre
20:34considérant
20:35qu'il puisse y avoir
20:36un genre
20:37qui soit supérieur
20:38à l'autre
20:38et parfois
20:40on a des formes
20:41plus extrêmes
20:43qui appellent
20:45au harcèlement
20:46au viol
20:47voire même
20:47à toute forme
20:48de violence
20:49et on a la culture
20:50du viol
20:51qui elle
20:51pour le coup
20:52est une attitude
20:53des comportements
20:54dans un groupe
20:55dans une société
20:56où pour le coup
20:57on a
20:58une attitude
21:02de minimisation
21:03des viols
21:04voire même
21:05une normalisation
21:06voire même
21:07à une incitation
21:08et voire dans des cas
21:09plus graves
21:09et même plus pervers
21:10ça amène
21:12à des railleries
21:14voire même
21:15du divertissement
21:16et donc
21:17on voit bien
21:18qu'en fait
21:18tout trouvait sens
21:20dans le sexisme
21:20cette idée
21:22qu'il puisse y avoir
21:23un genre supérieur
21:24à l'autre
21:25mais que
21:26très facilement
21:27en fait
21:28on a des formes
21:30extrémistes
21:30et c'est ce qu'on
21:32traitera
21:32je ne vais pas
21:34pour l'instant
21:34en donner davantage
21:35parce qu'on est au début
21:36de la rédaction
21:37de ce rapport
21:38pour 2026
21:38donc un rapport
21:39qui est rendu
21:40tous les ans
21:40qui fait état
21:41du sexisme
21:42en France
21:42et en effet
21:44on a la montée
21:45des masculinismes
21:46qui du coup
21:47défendent cette idée
21:48de la supériorité
21:50du genre masculin
21:51sur le genre féminin
21:51et qui
21:52pour le coup
21:53pour ceux qui sont
21:54dans un masculinisme
21:55les plus extrêmes
21:56amènent
21:57appellent
21:58en tous les cas
21:59à avoir
22:00une main ferme
22:01sur les femmes
22:02voire même
22:03à faire un certain
22:04nombre de violences
22:05envers les femmes
22:06et donc les violences
22:07sexuelles ne sont
22:08pas de côté
22:08évidemment
22:09elles sont comprises
22:10dans ces appels
22:11aux violences
22:12Merci Bérangère
22:14Merci Bérangère Couillard
22:15d'avoir été avec nous
22:17ce matin
22:17Merci au Conseil
22:18à l'égalité
22:19qui à travers
22:19ces six commissions
22:20produit des rapports
22:21essentiels
22:22pour éclairer
22:22et faire avancer
22:23notre société
22:24Je rappelle que
22:24le rapport
22:25dont nous avons parlé
22:25ce matin
22:26est disponible
22:27sur le site
22:27du HCE
22:28Je rappelle aussi
22:30que le viol
22:30est le crime
22:31le plus jugé
22:31aux assises
22:32et que rapporté
22:32au nombre massif
22:33de victimes
22:33il est aussi
22:34celui qui reste
22:35le plus impuni
22:37La force de l'engagement
22:38c'est chaque dimanche
22:40à 15h
22:40sur Sud Radio
22:41et en podcast
22:41sur sudradio.fr
22:43Je vous retrouve dimanche
22:44prochain même heure
22:45même énergie
22:45pour une nouvelle rencontre
22:46avec celles et ceux
22:47qui font bouger la société
22:48et tout de suite
22:49je vous laisse en compagnie
22:50de John
22:50pour le meilleur
22:51de Sud Radio
22:52C'était la force
22:53de l'engagement
22:54avec AJP
22:56Épargne
22:57Retraite
22:57Assurance emprunteur
22:59Prévoyance
22:59Santé
23:00AJP
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