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  • il y a 3 mois
Avec Élisabeth Moreno, présidente de Ring Capital et Présidente de la Fondation Femmes@numérique et de La Puissance du Lien

Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 15h30 pour son émission "La force de l'engagement" sur Sud Radio.

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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2025-10-26##

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Transcription
00:00Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement,
00:19l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:24Aujourd'hui, j'ai eu le plaisir de recevoir Elisabeth Moreno,
00:27ex-ministre délégué chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances.
00:33De la direction de grandes entreprises internationales à l'engagement politique,
00:37en passant par la société civile et la philanthropie, Elisabeth Moreno incarne une trajectoire plurielle.
00:43Mais avant d'entamer cette conversation avec elle, comme chaque semaine, je vous propose un édito.
00:48Et ce matin, engageons-nous pour la puissance du lien.
00:52S'engager pour la puissance du lien, c'est s'engager contre la distance.
00:55Pas seulement celle des kilomètres, évidemment, mais celle qui s'installe entre les êtres,
00:59entre les générations, les classes sociales, entre ceux qui réussissent et celles qui décrochent.
01:04C'est comprendre que la société se construit aussi par ce tissu invisible du quotidien,
01:09une main tendue, une écoute sincère, une parole donnée.
01:12C'est ce lien-là qui transforme un groupe d'individus en une communauté de destin.
01:16Pourtant, ce lien se fragilise chaque jour un peu plus.
01:19Notre époque crée du réseau, mais efface les rencontres.
01:22Nous sommes connectés, mais isolés, entourés, mais souvent seuls.
01:26Les échanges s'accélèrent, mais l'écoute disparaît.
01:28Pourtant, dans cette société fragmentée, chaque mot, chaque regard, chaque signe,
01:32est une manière de reconstruire la confiance.
01:35Parce que derrière le lien, il y a cette vérité simple.
01:38Il nous sauve de la solitude et du cynisme.
01:40Il nous ramène à l'essentiel, au regard qu'on pose sur l'autre,
01:43à la place qu'on lui accorde, à la confiance qu'on lui fait.
01:45Il nous empêche de devenir indifférents, à la peine et la souffrance, bien sûr,
01:49mais aussi à la joie, à la réussite, à la vie des autres.
01:52Et ce lien, il se vit, il se construit, il peut se tisser chaque jour, partout.
01:57Dans les familles, dans les écoles, dans les entreprises, dans les associations,
02:01jusque dans la République elle-même.
02:02Partout où des femmes et des hommes choisissent la rencontre.
02:05Chaque fois qu'on choisit la coopération plutôt que la compétition,
02:09l'écoute plutôt que le jugement.
02:11Retisser le lien, c'est évidemment redonner du sens.
02:13C'est se souvenir que la solidarité n'est pas une faiblesse mais une force,
02:16que recréer du lien n'est pas une mission secondaire,
02:19c'est une responsabilité partagée, c'est un acte politique.
02:22Parce qu'au fond, derrière chaque politique publique,
02:25chaque décision économique, chaque engagement individuel,
02:28il y a une seule question qui compte.
02:30Qu'est-ce qui nous relie encore ?
02:31Alors oui, le lien se cultive, se protège, se réinvente,
02:35il demande du temps, de la patience, du courage.
02:38On le reconnaît dans une école qui refuse l'exclusion.
02:40Il se révèle dans une entreprise qui choisit la coopération,
02:43dans une association qui redonne confiance à ceux qu'on n'écoute plus.
02:46Il se glit chez un voisin qui aide, dans un collègue qui tend la main,
02:49il s'incarne dans tous ceux qui croient au pouvoir d'un regard bienveillant.
02:53La force du lien, c'est cette force discrète mais essentielle
02:55qui relie toutes celles et ceux qui croient encore
02:58que l'humain doit rester la boussole de nos actions.
03:00Et peut-être qu'au fond, la vraie révolution,
03:03ce n'est pas d'inventer un monde nouveau,
03:04c'est de reprendre à faire société ensemble.
03:07Alors aujourd'hui dans la force du lien, je donne la parole à Elisabeth Moreno,
03:14une femme qui a choisi d'agir de l'entreprise à la politique en passant par la société civile.
03:19Elle a traversé plusieurs univers sans jamais perdre le fil de son engagement.
03:24Aujourd'hui, elle met cette expérience plurielle au service d'un même cap,
03:28créée de l'impact social et environnemental,
03:31là où les frontières entre public, privé et associatif s'effacent.
03:34Bonjour Elisabeth.
03:36Bonjour Muriel Réus, bonjour à tous et à tous.
03:38Alors quand on regarde votre parcours, on comprend vite, très rapidement,
03:42que votre moteur c'est l'action utile,
03:44chercher à transformer le concret face aux défis de notre temps.
03:48Qu'est-ce qui vous guide Elisabeth ?
03:50Ce qui me guide, j'étais très sensible à votre édito.
03:54D'abord il est magnifique, merci.
03:56On dit que le 21e siècle est le siècle de la solitude.
04:01On est plus de 8 milliards d'êtres humains sur la planète
04:07et pourtant on n'a jamais été aussi seul tout en étant connecté.
04:11Et ça touche toutes les générations, les étudiants, les adultes, nos seniors.
04:16Et je pense qu'une société qui se sent seule est une société malade.
04:21Et rappeler que nous avons tous la possibilité de faire ce lien, c'est extrêmement important.
04:25Et la force de mon engagement tient à cette volonté que j'ai chevillée au corps
04:32de vouloir être utile.
04:33Parce que je crois que le vrai pouvoir, celui qui sert, devrait servir l'intérêt général.
04:40Et aujourd'hui, on a de plus en plus de femmes et d'hommes qui s'engagent silencieusement,
04:45qui ne font pas de bruit, mais qui font du bien à la société.
04:48Et on ne parle pas de ces gens-là.
04:49On parle de tout ce qui fracture, on parle de tout ce qui divise.
04:52Et moi, je crois qu'au contraire, l'engagement, c'est tout le contraire de la résignation.
04:59Je ne veux pas me résigner à voir cette société se défaire.
05:03Et c'est pour ça qu'à la force des expériences qui ont été les miennes,
05:06dans le monde public, dans le monde privé, dans le monde économique,
05:09dans le monde associatif, entre l'Afrique, l'Europe,
05:13eh bien, je crois que ma passion, c'est de créer du lien entre les gens.
05:17Alors l'engagement, on en parle ici toutes les semaines dans la force de l'engagement.
05:20C'est vrai, maintenant, ça fait la quatrième saison
05:22et on a reçu des dizaines de personnalités engagées.
05:26Alors, j'avais un peu envie de revenir sur votre parcours
05:29quand vous étiez ministre déléguée à l'égalité entre les femmes et les hommes.
05:32Vous avez mené un travail déterminant dans la lutte contre les violences faites aux femmes.
05:36Cette lutte qui continue, qui perdure, avec des chiffres qui ne baissent pas.
05:40Ça devient même un petit peu désespérant,
05:42en dépit des dispositifs mis en place.
05:44Ces dispositifs, vous avez été au cœur de leur mise en œuvre.
05:50Les ordonnances de protection, le déploiement du bracelet anti-rapprochement,
05:55l'augmentation des financements aux associations.
05:58Quel est votre regard aujourd'hui sur cet héritage et sur cette efficacité ?
06:03Je crois que le combat contre les violences faites aux femmes est le plus grand...
06:09C'est un combat civilisationnel.
06:11Et c'est le plus grand combat de notre humanité.
06:14D'abord parce qu'il touche 50% de la population mondiale
06:17et que sans ces 50%, l'autre 50% n'existe pas.
06:22Et on a beau être en 2025...
06:24Moi, je me souviens, quand je suis rentrée au gouvernement,
06:26tous les trois jours, une femme mourait sous les coups de son conjoint et de son ex-conjoint.
06:30Et je ne voulais pas me résoudre à ça.
06:32Je ne voulais pas me résigner à compter nos mortes.
06:37Et d'autant que ce sont des morts qui peuvent, je pense, être évitées.
06:42Avec de l'éducation, avec de la formation, avec de l'anticipation,
06:45avec des mesures de politique publique solides,
06:49avec le travail des associations.
06:51Et je veux saluer notamment le travail que vous faites avec l'association Femmes.
06:56Parce que finalement, c'est un sujet qui nécessite l'engagement de toute la société.
07:03Les politiques publiques seules ne suffisent pas.
07:06Les associations seules ne peuvent pas y arriver.
07:09Et c'est pour ça que j'ai énormément travaillé
07:11pour multiplier les ressources qui leur étaient données.
07:15Parce que nous sommes l'un des pays au monde qui a le plus de bénévoles.
07:19Mais le bénévolat ne suffit pas.
07:21Il faut toujours aller plus loin.
07:22Les bracelets en tri-rapprochement,
07:23le fait de pouvoir déposer plainte rapidement,
07:25d'être accompagné par les forces de l'ordre, etc.
07:28C'est bien.
07:29Mais ça n'est pas suffisant si vous avez un voisin
07:31qui entend une femme battue tous les jours
07:33et qui ne dénonce pas cette violence.
07:35Ou si vous avez un membre de la famille qui dit à la femme
07:38« Ne pars pas, tu vas déstabiliser ta famille ».
07:41Le problème, c'est que ce « ne pars pas » peut conduire à la mort.
07:44Donc le fait d'avoir travaillé sur ces politiques publiques
07:47pour permettre une prise en compte de ce sujet,
07:51parce qu'encore beaucoup de gens disent
07:53« Mais il n'y a plus de problème d'égalité
07:55entre les femmes et les hommes dans notre pays. »
07:57Mais que si.
07:57Sinon, nous n'aurions pas des chiffres aussi dramatiques.
08:00Et sans même parler des violences.
08:01Les violences ne s'appliquent pas que physiquement.
08:04Elles s'appliquent administrativement.
08:05Elles s'appliquent économiquement.
08:06Il y a donc encore énormément de choses à faire.
08:09J'ai fait beaucoup.
08:11Mais c'est loin de ce que nous avons encore à réaliser
08:14pour faire en sorte que l'égalité réelle contre Crète soit là.
08:17Mais s'il y a un pays au monde qui peut y arriver,
08:20c'est bien la France.
08:22Eh bien, c'est un message d'espoir.
08:23D'autant plus que vous citiez ce chiffre
08:25d'une femme tous les trois jours.
08:27Et aujourd'hui, avec les suicides forcés
08:29qu'on comptabilise aujourd'hui avec les féminicides,
08:32c'est trois femmes par jour
08:32qui décèdent des coups de leurs compagnons
08:34ou de ces actes qui les conduisent.
08:36Enfin, de ce climat psychologique
08:38et de ces violences psychologiques
08:40qui les conduisent à se donner la mort.
08:41Et vous avez raison, Muriel.
08:42On ne parle pas de celles qui sont estropiées.
08:44On ne parle pas de celles qui survivent,
08:46qui sont brûlées, qui ne meurent pas.
08:47On ne parle pas.
08:48Les chiffres ne disent pas toujours toute la vérité.
08:51Et heureusement qu'il y a le travail
08:53des associations, notamment sur le terrain,
08:55qui permet de continuer de sensibiliser
08:57à tous les âges.
08:59Moi, j'étais choquée de constater
09:00que c'était souvent des enfants
09:03qui appelaient la police
09:04pour protéger leurs parents.
09:06Vous voyez, c'est la société
09:07dans laquelle nous vivons aujourd'hui.
09:08Et j'aimerais tant que tout le monde
09:10se sente concerné par ce sujet.
09:12C'est la meilleure manière, je crois,
09:14de le résoudre.
09:14Et qui des entreprises ?
09:16Alors, on a vu AXA,
09:17avec l'hébergement d'urgence
09:18qui a été mis en place.
09:20Angie, qui s'est aussi fortement engagée
09:21sur ces sujets.
09:22La Maïf, qui a créé une solution spécifique
09:24également d'assurance
09:25pour les femmes victimes de violences.
09:27Agipi, qui a été le premier à la créer.
09:29Absolument.
09:30Vous diriez quoi, vous,
09:31qui êtes dans ce monde de l'entreprise aussi ?
09:32Leur engagement est majeur ?
09:35D'abord, je salue ces entreprises
09:37qui s'engagent sur ces sujets.
09:38Beaucoup de chefs d'entreprise
09:39me disaient il y a quelques années,
09:41mais ça fait partie de la sphère privée.
09:43Je ne peux pas m'immiscer sur ce sujet-là.
09:46Jusqu'à ce qu'un jour,
09:47le président d'une grande compagnie,
09:50d'une grande entreprise,
09:51me dise, moi j'avais décidé
09:52de ne pas m'en occuper
09:53jusqu'à ce qu'un jour,
09:55la police vienne chercher
09:56l'un de mes collaborateurs
09:57parce qu'il avait tabassé sa femme.
10:00Et là, tout d'un coup,
10:01on se rend compte
10:02que c'est un fait de société
10:03et qu'on ne peut pas
10:04fermer les yeux dessus.
10:06Et aujourd'hui,
10:06je salue toutes les entreprises
10:08qui s'engagent
10:09parce qu'il faut du courage,
10:10parce qu'il faut de la volonté.
10:11On ne peut pas en faire
10:12un discours de marketing.
10:14Il y a énormément de gens
10:15qui font des choses réelles
10:16et concrètes
10:17en termes d'accompagnement,
10:19en termes de sensibilisation,
10:20en termes de solutions
10:21internes et externes.
10:23Ce que peut-être je déplorerais,
10:25c'est que ce soit toujours
10:26les mêmes entreprises.
10:27Il y en a de plus en plus.
10:28Là, il y en a une nouvelle,
10:30par exemple,
10:30Vérissure qui a décidé
10:31de former ses 4000 collaborateurs.
10:33Alors, vous avez aussi défendu
10:35l'égalité professionnelle
10:36en renforçant l'index de parité
10:38dans les entreprises.
10:39Cinq ans après la mise en œuvre
10:41de cet index égalité,
10:42est-ce qu'on avance vraiment
10:44en entreprise
10:45ou est-ce que c'est encore
10:46un mirage pour beaucoup de femmes ?
10:48On en parle dans quelques instants
10:49avec vous.
10:50Vous êtes toujours sur Sud Radio
11:07dans la force de l'engagement,
11:08l'émission qui donne la parole
11:09à celles et ceux
11:10qui font bouger la société.
11:11Aujourd'hui,
11:12je reçois Elisabeth Moreno,
11:14ancienne ministre déléguée
11:15chargée d'égalité
11:16entre les femmes et les hommes
11:17de la diversité
11:18et de l'égalité des chances.
11:19Nous évoquions,
11:20il y a quelques instants,
11:21l'égalité professionnelle.
11:22Alors, Elisabeth,
11:23vous qui avez porté
11:24l'index de parité
11:25et renforcé les dispositifs
11:27pour cette égalité
11:28et la diversité,
11:29cinq ans plus tard,
11:30est-ce qu'on peut dire
11:31que la société a progressé ?
11:32Oui, bien sûr qu'elle a progressé.
11:35Mais peut-être trop lentement.
11:37Trop lentement par rapport
11:38à ce que nous sommes en droit
11:39d'attendre aujourd'hui.
11:40Moi, je pense que
11:41l'index égalité professionnelle
11:43qui avait été mis en place
11:44par Muriel Pénicaud
11:45et dont nous nous sommes saisis
11:47parce que les femmes
11:48sont les premières victimes
11:49des inégalités
11:49dans le monde de l'entreprise,
11:51il a eu le mérite
11:52de mettre des chiffres
11:54sur ces inégalités
11:55parce que ceux
11:55qui ne se mesurent pas
11:57ne progressent pas.
11:58Et moi, je salue
12:00l'humilité de certains
12:01patrons et patronnes
12:02qui m'ont dit
12:03mais en fait,
12:03moi, je ne savais pas
12:04qu'il fallait augmenter
12:05une femme
12:05quand elle partait
12:06en congé maternité.
12:07Donc, cet index
12:09a permis de dialoguer,
12:10de discuter
12:11de certains sujets
12:12qui étaient encore
12:13un peu tabous.
12:13et oui,
12:14il a progressé
12:15parce qu'on a
12:15de plus en plus
12:16d'entreprises
12:17qui atteignent
12:18les bonnes notes.
12:19Cela étant dit,
12:20on ne règle pas
12:21les inégalités
12:22avec des fichiers
12:23et des tableaux Excel.
12:24Et donc,
12:25c'est une bonne impulsion
12:26mais il faut que tout le monde
12:28s'empare de cela.
12:29Il faut que les syndicats
12:30s'emparent de ces sujets-là.
12:31Il faut que les associations
12:32entrepreneuriales
12:34s'emparent de ces sujets-là.
12:35Il faut que les femmes
12:36et les hommes
12:36s'en servent
12:37comme un outil
12:38de performance
12:39n'est pas quelque chose
12:40qui peut freiner
12:41l'entreprise
12:42dans son développement.
12:43J'ai passé suffisamment
12:44de temps dans l'entreprise
12:45pour savoir que
12:46lorsque vous traitez
12:46correctement vos salariés,
12:49lorsqu'ils touchent
12:50le même salaire
12:50à travail égal,
12:52vous n'avez pas besoin
12:53de leur dire
12:53ce qu'ils ont à faire.
12:54Ils savent ce qu'ils ont à faire.
12:55Donc, c'est un vrai outil
12:57d'engagement professionnel
12:59et j'encourage
13:00les entreprises
13:01à continuer de s'en saisir.
13:02Alors,
13:03vous avez souvent dit
13:04que vous ne cochiez
13:05aucune des cases
13:06traditionnellement
13:07associées à la réussite.
13:08On ne peut pas dire
13:09que votre parcours
13:10n'en soit pas là.
13:12Nous sommes en 2025.
13:15Notre France
13:16se veut plus inclusive
13:17mais on constate
13:18chaque jour
13:18que les fractures
13:19demeurent.
13:20À quoi est-ce qu'on
13:21insiste vraiment
13:21aujourd'hui pour vous ?
13:23Je suis très touchée
13:26par votre question
13:26parce qu'hier,
13:27j'ai reçu,
13:28je n'ai pas reçu,
13:29oui, si,
13:30on m'a envoyé
13:30un article de 20 minutes
13:31de ce groupe
13:33de parachutistes
13:34dans l'aube
13:35qui n'a rien trouvé
13:37de mieux
13:38que de se vêtir
13:39comme le Ku Klux Klan
13:40le faisait,
13:41que de se grimer,
13:42de se peinturler
13:43le visage
13:44avec de la peinture noire
13:46et de mimer
13:47une exécution
13:49en 2025
13:50en France.
13:52Alors,
13:52la Fédération
13:53du Parachutisme
13:54a pris
13:55les actions
13:57qui s'imposent
13:57mais vous voyez bien
13:58les chiffres,
13:59l'antisémitisme
14:00grandit,
14:01le racisme grandit.
14:02En fait,
14:02comme toutes les périodes
14:03de crise,
14:05les droits humains
14:05sont les premiers
14:06attaqués
14:07et les personnes
14:09les plus vulnérables,
14:10celles considérées
14:11comme des minorités,
14:12je rappelle au passage
14:12que les femmes
14:13sont la seule majorité
14:14considérée comme
14:15une minorité,
14:16ce sont toujours
14:17ces personnes-là
14:18qui souffrent
14:18des périodes
14:19de crise.
14:20Donc,
14:20nous avons la chance
14:22de vivre dans un pays
14:23qui est la patrie
14:24des droits de l'homme,
14:24c'est ici que la signature
14:26de la Déclaration universelle
14:27des droits de l'homme
14:28a été signée
14:29en France,
14:31à Versailles.
14:31On a toujours porté ça
14:32comme un étendard,
14:33mais il faut faire
14:34la distinction
14:35entre l'idéal
14:36et entre la réalité.
14:37Alors,
14:37il manque quoi ?
14:38Une volonté politique ?
14:39Vous qui avez été
14:40au cœur du politique,
14:40est-ce que ce politique
14:41a bien pris conscience
14:42de tout cela ?
14:43Pourquoi il n'agit pas
14:44davantage ?
14:44Je pense que les politiques
14:45ont pris conscience
14:47du problème
14:48qu'il y a dans cette société.
14:49Le seul problème
14:51que nous avons,
14:51c'est que ceux
14:52qui en ont pris conscience
14:53l'utilisent
14:54contre les Français
14:55eux-mêmes.
14:56Moi,
14:56quand on me dit
14:56que je suis une Française
14:58de papier,
14:58on cherche à m'exclure.
15:00Je suis suffisamment forte
15:01pour surmonter cela,
15:03mais pensez aux jeunes
15:04issus des secondes,
15:05troisième,
15:05quatrième générations
15:06d'immigration
15:06à qui on rappelle
15:08qu'ils sont encore
15:08des étrangers.
15:10Alors,
15:10on va parler
15:10de la liberté des femmes.
15:11Vous êtes d'accord avec moi,
15:12elle devrait être
15:13au centre de tout.
15:14Cette liberté de parole
15:15que nous avons ce matin,
15:16que vous avez.
15:17La liberté d'action,
15:18la liberté économique,
15:19la liberté de choisir
15:21son propre chemin.
15:22Si on s'amusait
15:23à poser deux postulats,
15:25deux formes de liberté,
15:26l'indépendance
15:27qui permet de garder
15:27une parole libre
15:29et le pouvoir
15:30qui donne
15:31la capacité de décider.
15:32Comment est-ce que
15:33les femmes d'aujourd'hui
15:34peuvent conjuguer les deux ?
15:36Est-ce que vous faites
15:37merveilleusement bien ?
15:38C'est jamais
15:39merveilleusement bien.
15:40Parce que ça nous demande
15:42à nous,
15:42les femmes,
15:43de jongler en permanence.
15:44Nous,
15:44les femmes,
15:45nous avons une vie,
15:46trois vies dans une.
15:48Il y a la vie familiale,
15:50il y a la vie professionnelle
15:52et il y a la vie sociale.
15:53Et je trouve que même
15:57dans notre pays,
15:58en 2025,
15:59ça reste compliqué
16:00et difficile
16:00de concilier les trois.
16:03Moi, je suis une femme
16:04issue du milieu
16:05de l'entreprise.
16:06L'entreprise m'a permis
16:07de m'émanciper,
16:09elle m'a permis
16:09de gagner en liberté
16:11et la liberté,
16:12c'est ce qui vous permet
16:13de devenir
16:14ce que vous avez envie
16:15de devenir.
16:16Et je pense que
16:17lorsque vous gagnez
16:19en émancipation économique,
16:21c'est tout un pays
16:21qui y gagne,
16:22c'est toute une famille,
16:23c'est toute une communauté.
16:25Et donc,
16:25nous devrions favoriser
16:27d'abord le travail
16:28des femmes
16:28parce que le monde
16:29professionnel
16:30tel qu'il existe aujourd'hui,
16:31il a été construit
16:32pour des hommes
16:33qui travaillent
16:34de 9h à 18h.
16:35Si vous êtes une femme
16:37et en plus une femme
16:38qui élève seule ses enfants,
16:40comme c'est le cas
16:40de 85%
16:41des familles monoparentales,
16:43c'est un jonglage permanent.
16:45On devrait avoir
16:46des politiques publiques
16:47qui permettent
16:48une meilleure garde
16:48des enfants.
16:49C'est un cauchemar
16:50aujourd'hui
16:51d'avoir des enfants
16:51de trouver
16:53des systèmes de garde
16:54qui ne vous fassent pas
16:55culpabiliser
16:56si vous terminez
16:57à 20h le soir.
16:58Et en même temps,
16:58il faut avoir
16:59cette possibilité
17:00de pouvoir élever
17:00nos enfants correctement
17:01et de ne pas se dire
17:02qu'en partant
17:03en congé maternité,
17:04on risque d'être placardisé
17:05et d'être oublié
17:06pour les promotions
17:07qui viennent
17:08ou pour les augmentations
17:09de salaires qui viennent.
17:10Alors oui,
17:11c'est un problème de société
17:11mais c'est aussi
17:12un problème d'éducation
17:13et sur ce problème
17:14d'éducation,
17:15vous donnez des cours
17:16à HEC
17:16sur le leadership inclusif.
17:18Donc,
17:19cette indépendance économique
17:20des femmes,
17:21elle est absolument majeure.
17:22C'est grâce
17:22à cette conquête
17:23de l'autonomie économique
17:24que les femmes
17:25peuvent être libres.
17:28Ça se passe comment ?
17:28C'est court ?
17:29Oh mais d'abord,
17:30moi j'ai toujours
17:31adoré travailler
17:33avec les jeunes.
17:34D'abord parce que
17:34c'est là que tout commence.
17:36Quand vous plantez
17:37les graines de l'égalité
17:38dès le plus jeune âge,
17:39eh bien il y a des chances
17:40d'abord pour que
17:41ces jeunes grandissent
17:41en étant solides
17:42sur leurs deux jambes,
17:43en comprenant
17:44qu'on n'a pas besoin
17:45de dominer,
17:46d'humilier
17:46et d'exclure les autres
17:47pour se sentir bien soi.
17:49Ça c'est la première chose.
17:50On a une génération
17:51extrêmement engagée,
17:52extrêmement ouverte
17:53et très sensible
17:54à ces questions d'égalité.
17:55Donc ça c'est du bonheur.
17:56Et les jeunes
17:57sont sans filtre.
17:59Quand vous faites bien,
17:59ils vous le disent
18:00et quand vous faites mal,
18:01ils vous le disent aussi.
18:02Quand vous êtes déconnectés
18:03de la réalité,
18:03ils vous le disent aussi.
18:04J'apprends autant d'eux
18:06que je ne leur apporte
18:07de mon expérience.
18:08Donc c'est absolument passionnant.
18:10Et puis je trouve
18:10que les jeunes
18:11qui entreprennent aujourd'hui
18:12entreprennent
18:13sur des sujets vitaux.
18:15Je suis présidente
18:16du conseil d'administration
18:18de Ring Capital.
18:19C'est un fonds d'investissement
18:20à impact social
18:21et environnemental.
18:22Quand j'entends
18:23les jeunes femmes
18:23et les jeunes hommes
18:24venir pitcher leurs projets,
18:26que ce soit sur la santé,
18:27sur l'éducation,
18:28sur les énergies renouvelables,
18:31sur tous ces sujets
18:32qui sont vitaux pour l'humain,
18:34mais sur lesquels
18:35on ne prête pas toujours
18:36toute l'attention
18:37qu'elle mérite
18:38et sur lesquels
18:38on ne met pas toujours
18:39tous les capitaux
18:40qu'il faudrait investir
18:41pour pouvoir les faire grandir.
18:42Et je crois
18:43que cette jeunesse,
18:44qu'elle soit chez HEC
18:45ou qu'elle n'ait pas fait
18:46de grandes études,
18:47parce qu'il faut dire
18:48que pour entreprendre,
18:49on n'a pas besoin
18:49d'avoir fait Bac plus 43,
18:51eh bien,
18:52elle me donne
18:52beaucoup d'espoir.
18:53Alors,
18:54comment un conseil
18:55pour nos auditeurs,
18:56nos auditrices ?
18:57Comment on devient
18:57patronne de son destin ?
18:59C'est une question magnifique.
19:02Il nous faudrait
19:02à peu près 365 jours
19:04pour en parler.
19:06On ne les a pas malheureusement.
19:07Comment on devient patron
19:08ou patronne de son destin ?
19:10C'est un long chemin.
19:11C'est un très long chemin.
19:13En tout cas,
19:13pour moi,
19:14il a été long.
19:15Vous l'avez dit tout à l'heure,
19:17je ne cochais pas
19:18les cases
19:18de toutes ces personnes
19:20qui sont préparées
19:21dès le plus jeune âge
19:22à réussir.
19:23Toutes ces personnes
19:23qui sont poussées
19:24à devenir la meilleure version
19:26d'elles-mêmes.
19:27Moi, je fais partie
19:27de ces femmes
19:29ou de cette classe sociale
19:31qui ont dit
19:32« Fais le mieux que tu peux. »
19:36Vous avez fait très bien.
19:38Merci.
19:39Mais je ne voulais pas
19:40me contenter du mieux
19:41que je pouvais.
19:42Ça ne me suffisait pas.
19:44Moi, j'avais envie
19:44d'être utile.
19:45J'avais envie de servir.
19:46J'avais envie de construire,
19:47de fabriquer,
19:48d'innover.
19:49Et j'avais envie
19:50de faire avancer la société
19:51avec mes idées,
19:53avec mes convictions.
19:54Et je n'y suis évidemment
19:55pas arrivée seule.
19:57Parce qu'il fut un temps
19:57quand on me disait
19:58que j'étais une self-made woman.
20:00J'en étais fière.
20:01Et puis, en mûrissant
20:03avec l'âge et la sagesse,
20:05aujourd'hui, je dis
20:06« Non, je ne suis pas
20:07une self-made woman. »
20:08Parce que personne
20:09ne se fait seule.
20:10Personne ne réussit seule.
20:12Mes parents ont beau
20:13être illettrés,
20:13mais ils m'ont appris
20:14des choses qu'on n'apprend pas
20:15à l'école.
20:16Ils m'ont appris le courage,
20:17l'intégrité,
20:18la force du travail.
20:19Ils m'ont appris le respect
20:20et la considération de l'autre.
20:22Je le dis à toutes les femmes,
20:23et à tous les hommes
20:24qui nous écoutent.
20:25On ne réussit pas seule
20:26et tout le monde peut réussir.
20:28Et la réussite est quelque chose
20:29de très personnel,
20:31de très subjectif.
20:32Parce que ce qui peut être
20:33une réussite pour vous
20:34peut ne pas l'être pour moi.
20:35Ce qui compte,
20:37c'est que nous suivions
20:37notre chemin
20:38et que nous ne lâchions
20:40jamais nos rêves des yeux.
20:41Alors, merci Elisabeth Moreno
20:43pour cet échange.
20:44Moi, j'adore débattre avec vous.
20:45Et puis, cette exigence
20:46que vous prenez,
20:47enfin, qui est là,
20:48qui est présente,
20:49c'est une exigence
20:50que les femmes s'autorisent
20:52et s'imposent à la fois
20:54en même temps.
20:55Non, mais c'est assez magnifique.
20:57On dit souvent aux femmes
20:57d'oser.
20:58Je voudrais dire à chacune
20:59et à chacun
21:00que les femmes osent.
21:01Le système ne leur permet
21:02pas toujours d'aller
21:03jusqu'où
21:04elles sont capables d'aller.
21:06Alors, Elisabeth Moreno,
21:07de la France à l'Afrique,
21:08des engagements multiples,
21:10la défense d'une idée simple,
21:11la liberté essentielle,
21:12l'engagement n'a pas de frontière.
21:14Qui sait ?
21:15Peut-être qu'un jour,
21:15on vous retrouvera
21:16à la tête d'un pays,
21:17peut-être à la tête du caverre
21:18qui est votre pays de naissance.
21:20La force de l'engagement,
21:21c'est chaque dimanche
21:22à 15h sur Sud Radio
21:23et en podcast
21:24sur sudradio.fr.
21:25Je vous retrouve dimanche prochain,
21:27même heure, même énergie,
21:28pour une nouvelle rencontre
21:29avec ceux et celles
21:31qui font bouger la société.
21:33Et tout de suite,
21:33je vous laisse
21:34en compagnie de John
21:35pour le meilleur de Sud Radio.
21:36C'était la force de l'engagement
21:38avec AJP,
21:41épargne,
21:41retraite,
21:42assurance emprunteur,
21:43prévoyance,
21:44santé.
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