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  • il y a 10 mois
Cyril Bennasar, journaliste au magazine Causeur, est un écrivain français atypique, ancien chef de projet informatique devenu artisan menuisier. Son parcours singulier, entre technologie, artisanat et littérature, nourrit sa vision critique de la société contemporaine. Avec "L’affranchi", il propose un roman percutant et provocateur centré sur Pierre Schwab, un quinquagénaire qui rompt avec les normes sociales, fiscales et morales et entre en dissidence totale et violente avec la société. Le livre dont "la lecture est déconseillée aux enfants et aux demi-sels du front républicain", explore des thèmes sensibles : antiracisme, néo-féminisme, liberté individuelle et sexualité la plus crue, avec un ton provocateur, humoristique et même caustique.
Cyril Bennasar se revendique "anarcho-réactionnaire", mêlant subversion et critique des conventions modernes. Son style est souvent comparé à celui de Michel Houellebecq, peut être en plus vif, satirique et direct. Le livre peut choquer et cherche à faire scandale. Ainsi dans sa préface, Renaud Camus s’écrie "Cyril Bennasar est fou ! Et ajoute : Avec ma préface, il veut s’assurer que ce livre sera bien maudit".
A ne pas mettre entre toutes les mains.

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00:04Chroniqueur pour le mensuel et le site Causeur,
00:09Cyril Benassar publie un livre à scandale, La Franchie.
00:13Bonjour Cyril Benassar.
00:14Bonjour Martial Bild.
00:15J'ai évoqué le terme scandale dans sa préface.
00:18L'écrivain Renaud Camus, qui n'a pas peur du scandale provoqué par les bien-pensants,
00:22s'écrit dès la première ligne.
00:24Cyril Benassar est fou et il ajoute, et il ajoute,
00:27« Avec ma préface, il veut s'assurer que ce livre sera bien maudit ».
00:31C'est un suicide en direct ?
00:33Ah non, non, ce n'est pas un suicide.
00:34D'abord, quand je l'ai écrit, je ne pensais pas à la préface de Renaud Camus.
00:38Je ne voulais pas faire un livre particulièrement à scandale, en réalité.
00:41S'il fait scandale, je m'en fiche, mais ce n'est pas du tout mon but.
00:45Je crois que si on dit la vérité d'un homme et de ce qu'on ressent dans notre époque,
00:51ça tourne vite au scandale.
00:53D'ailleurs, on l'a vu pour Renaud Camus, qui est un esthète,
00:55un être absolument délicieux et qui pâtit d'un scandale absolument ignoble
01:01sur une affaire où on a tronqué ses écrits,
01:08on a usulé quelques mots et voilà où on en est.
01:10Condamné pour deux mots, grand et remplacement.
01:12Vous le dites vous-même, le personnage de ce livre,
01:14Pierre Schwab, est un Français ordinaire,
01:18qui défend la civilisation française, son territoire, sa peau.
01:22Renaud Camus affirme de son côté,
01:24Pierre Schwab n'est pas Cyril Benassar,
01:27même s'il me semble qu'ils ont un certain nombre de points communs.
01:30Schwab, personnage de roman ou Benassar en action ?
01:33– En réalité, moi j'écris, mais je pense que je ne suis pas le seul,
01:39je ne peux parler que de ce que je connais,
01:40de mon environnement, de mon mode de vie.
01:42Donc j'ai créé un personnage qui me ressemble dans sa situation.
01:46Je suis artisan, il est artisan, parce que je ne sais parler que de ça.
01:49Quand Patrice Jean a écrit un roman, ce sont souvent des anciens profs
01:52ou des gens qui travaillent dans le tertiaire, des intellectuels.
01:54Houellebecq c'est un peu pareil, au départ c'était des ingénieurs.
01:59Pour situer une action, un personnage et que ce soit crédible,
02:02il me semble qu'on est obligé de parler de ce qu'on connaît parfaitement.
02:05Après, pour le reste, le personnage ne me ressemble pas,
02:08c'est quelqu'un qui s'affranchit, c'est d'ailleurs le sens du titre,
02:10qui s'affranchit de tout ce qui me retient moi d'agir dans la société,
02:14c'est-à-dire la politesse, la décence, la morale, la loi,
02:18un certain nombre de valeurs auxquelles je suis attaché
02:20pour qu'on puisse vivre en société.
02:22Le personnage s'en affranchit, donc là ce n'est plus moi du tout.
02:25– Ce qui s'affranchit, c'est quand même un peu vous.
02:27– Oui, c'est un peu vous.
02:30– Vous n'avez pas été chercher loin le nom.
02:31– C'est vrai, parce que je l'inscris aussi dans une histoire plus longue que la mienne,
02:34et je suis parti de mon histoire familiale
02:36pour expliquer ce qu'il fait en France et ce qu'il ressent en France.
02:41Ça s'entend en résonance avec un passé d'une famille au destin un peu chahuté,
02:46un peu exilé, assez souvent.
02:49– Est-ce que vous partagez les opinions ?
02:51Les opinions qui sont défendues par le personnage,
02:53car Pierre Schwab incarnent le rejet total des normes sociales actuelles
02:57dont il s'affranchit, d'où le titre, vous avez raison, du livre.
03:01– Oui, naturellement, je ne serais pas honnête
03:03si je disais que je ne partage pas certaines des opinions de mon personnage.
03:06C'est le point de départ, c'est-à-dire ce que j'appellerais,
03:09c'est un mot très délicat à employer, mais une certaine forme d'islamophobie.
03:14Pour moi, l'islamophobie, ce n'est pas la haine des musulmans,
03:17c'est se méfier de l'islam comme de la peste.
03:19Et ça, je partage ça avec le personnage, c'est ce qui motive beaucoup son action.
03:23Je partage ça parce que je constate que dans l'histoire et dans le monde,
03:26aujourd'hui, les sociétés islamiques,
03:29enfin, les cultures islamiques produisent des sociétés qui me terrifient.
03:34– On va voir si votre personnage est bien défendable.
03:38Parce que, premier point important, votre héros, votre personnage principal,
03:42se libère de ses obligations fiscales et sociales.
03:46Il refuse, par exemple, le contrôle technique de son véhicule, symbolique.
03:50Il refuse le système du permis à point, symbolique.
03:53Il refuse de voir dans les radars, sur les routes, autre chose que des machines à cache, symbolique.
03:58Est-ce que c'est une forme de résistance, qu'on connaît bien, les uns et les autres,
04:03même si on ne passe pas à l'action, ou une fuite face à une société qu'il juge décadente ?
04:08– Oui, alors, ce n'est pas tout à fait juste pour le contrôle technique, pour le permis à point.
04:12En réalité, il est victime de ça.
04:14C'est-à-dire que si son camion est trop âgé pour passer au contrôle technique,
04:17il faudrait qu'il en achète un neuf.
04:19Or, il fonctionne très bien.
04:20Donc, il a décidé de préférer payer l'amende plutôt que…
04:24Mais ça n'est pas un acte politique, c'est une façon de s'arranger avec la réalité.
04:27– En revanche, là où il rompt avec les normes sociales,
04:30c'est qu'en tant qu'artisan, il cesse de cotiser,
04:33en expliquant que les cotisations, notamment les cotisations URSAF,
04:36les deux dernières lettres d'URSAF, c'est allocation familiale,
04:40qu'en région parisienne, les allocations familiales financent le grand remplacement,
04:45on prend des raccourcis, mais c'est un peu ça,
04:48qu'il a décidé que pour lui, le grand placement, c'était terminé.
04:50Il ne contribuerait plus, il ne financerait plus.
04:53Donc, c'est ça qui est à l'origine d'un certain séparatisme,
04:56d'une façon de s'affranchir, des obligations contribuables,
05:00enfin contribuables.
05:02Il paye le reste de ses impôts comme tout le monde, simplement…
05:04– Est-ce qu'il s'est ribénait ?
05:04– Il y a beaucoup de gens qui font cela maintenant, aujourd'hui.
05:06Vous avez bien cette réalité de gens qui se mettent en dehors de la société
05:10parce qu'ils ne la supportent plus ou parce qu'ils la combattent.
05:13C'est toujours ma question, est-ce que c'est parce qu'il l'a subi,
05:17il n'a plus envie de la subir ou parce qu'il souhaite passer à l'action et la combattre ?
05:20On va le voir quand même que c'est plutôt ça, non ?
05:22– Je dirais que ça vient doucement.
05:23Il commence par s'affranchir de ses obligations contribuables,
05:26pour cette raison-là, et puis qu'ensuite, une fois affranchie de cela,
05:29petit à petit, un certain nombre d'événements l'amènent
05:32à se séparer de ses compatriotes.
05:35Il y a quelque chose quand même à l'origine du roman,
05:36c'est la défaite d'Éric Zemmour, puis de Marine Le Pen
05:39aux dernières élections présidentielles.
05:41– C'est détonateur.
05:41– Pour lui, c'est la rupture, c'est-à-dire que si la politique ne change pas,
05:46si le grand placement de l'invasion migratoire continue,
05:49et avec tous les fléaux que ça engendre,
05:52il décide de se détacher de cette société, de ne plus contribuer.
05:58Mais ça n'est pas un être totalement asocial, totalement autonome,
06:01il garde des relations correctes avec des tas de gens,
06:05enfin, ce n'est pas un marginal.
06:08– Ce n'est pas un marginal.
06:08– Non, c'est un type qui gagne sa vie, qui est autonome,
06:11qui subit bien ses besoins.
06:13– Un Français ordinaire.
06:13– Dans le sens le plus noble du terme, comme nous.
06:17Autre point tout aussi important, le roman aborde souvent,
06:20avec humour d'ailleurs, des thèmes tels que l'antiracisme,
06:24ou le féminisme, alors un féminisme à la Sandrine Rousseau quand même.
06:27Votre position à ces sujets sont la confrontation,
06:30la provocation et parfois même la violence.
06:32Est-ce que ce sont des outils efficaces pour susciter la réflexion ?
06:36– Oui, moi je pense que ce sont des outils efficaces pour toutes sortes,
06:39pour susciter la réflexion aussi.
06:41C'est-à-dire, quelquefois, une blague vulgaire et machiste
06:46peut être un bon remède contre le féminisme castrateur d'aujourd'hui.
06:49Je le crois, oui.
06:50Une blague raciste de la même façon.
06:52C'est d'ailleurs l'un des chapitres du personnage.
06:55Il y a une action à partir de ça.
06:56– Cette provocation, elle est attendue par l'adversaire.
06:59– Oui, alors c'est ce qu'on entend beaucoup.
07:01L'argument du contre-productif,
07:03de donner à l'adversaire l'occasion de la victimisation
07:07et donc de perdre la partie, moi je ne crois pas.
07:10Je crois que si on le fait avec humour,
07:12on peut être assez violent, assez provocateur,
07:14assez rendre les coups, simplement rendre les coups,
07:17et ne pas s'écraser.
07:18Et je pense que ça peut créer de la sympathie,
07:21de l'adhésion, plus que si on s'écrase en disant
07:23je ne vais pas faire le jeu de l'adversaire.
07:26Je crois que le contre-productif,
07:27depuis le temps que l'invasion migratoire a commencé
07:34et puis qu'elle continue,
07:35tout ce qu'on essaye de faire,
07:36tout ce qu'on nous parle du contre-productif,
07:39je veux dire, je ne vois pas contre quoi
07:41on a produit quoi que ce soit.
07:43Je ne suis pas très clair,
07:44je crois que je me suis un peu embrouillé.
07:46– Non, c'est vrai.
07:46– Par contre, vous parliez d'humour,
07:48j'y suis très attaché,
07:49on me dit beaucoup que ce roman est drôle,
07:51et c'est pour moi quelque chose qui me fait plaisir,
07:54caustique, oui, mais j'y suis attaché.
07:57Il voulait faire quelque chose de marrant.
07:58En réalité, à un moment,
07:59Renaud Camus le dit dans sa préface
08:01que ça appréhende la réalité
08:04avec beaucoup plus d'acuité
08:05que mille essais sur la question.
08:06On a oublié beaucoup d'essais sur le déclin français,
08:09qui sont parfois brillants,
08:11parfois très intéressants.
08:13J'ai ressenti une forme de lassitude
08:15à toujours voir le même constat revenir
08:16et puis pas tellement d'espoir,
08:18pas tellement d'humour,
08:19pas tellement de combat.
08:21Là, je suis content qu'on trouve ce livre drôle.
08:25– Drôle et provocateur et scandaleux.
08:28L'affranchissement aux règles et aux normes sociales,
08:30il va très loin puisque votre personnage principal
08:32se fait activiste.
08:34Détournement de publicité pour Justice,
08:36pour Adama,
08:38alors là c'est un passage caustique et drôle.
08:40Incendiaire en s'en prenant au chantier
08:41d'une école coranique
08:42et aussi meurtrier,
08:45certes d'une crapule ignoble,
08:47mais meurtrier quand même.
08:48Et on pense au personnage de la série Dexter,
08:50qui tue sans remords,
08:51mais avec la conscience de devoir accompli
08:53contre des criminels impunés.
08:55– Alors, pour la dernière partie,
08:58pour l'aspect meurtrier,
09:00non, pour moi ce n'est pas Dexter.
09:02Parce que Dexter est au départ un assassin,
09:03un serial killer qui ensuite,
09:05je ne me souviens pas vraiment de la série,
09:08mais il me semble que,
09:09je ne sais pas comment,
09:10il se retrouve vengeur en réalité.
09:12– Mon personnage,
09:13c'est plus Charles Bronson
09:17dans Injusticier dans la ville,
09:18je ne sais pas si vous vous souvenez de ce film.
09:20C'est un architecte,
09:21quelqu'un d'extrêmement pacifiste,
09:22très humain,
09:23très généreux,
09:24très gentil,
09:25et puis sa femme et sa fille
09:25sont victimes de crapules,
09:28et il devient un vengeur.
09:30Je crois que mon personnage est un type
09:31qui est totalement innocent,
09:34au sens camusien du terme,
09:35qui ne cherche pas à nuire aux autres,
09:38au départ de sa trajectoire,
09:39et puis qui finit par commettre un meurtre
09:41par simple esprit de vengeance.
09:44C'est un vengeur,
09:45mais ça n'est pas un assassin.
09:47Il devient meurtrier par la force des choses,
09:49oui,
09:49les circonstances ont fait de lui un meurtrier.
09:52Mais est-ce qu'on dirait que,
09:53pendant l'occupation,
09:54des résistants étaient des assassins ?
09:56Je ne crois pas.
09:57Ils étaient poussés au meurtre
09:58et puis ensuite,
09:59ils ont retrouvé une vie d'homme honnête,
10:02normal,
10:03loin du crime,
10:04loin de la noissance.
10:05– C'est-à-dire qu'il fait son devoir, alors ?
10:06– Il fait ce qui lui semblait être…
10:08– Ça peut être en quoi ça ?
10:09– Ça peut être scandaleux, ce que vous dites.
10:10– Oui, oui, oui.
10:11C'est une conception de l'autodéfense,
10:14qui peut être effectivement contestée.
10:19Maintenant, ça se passe quand même
10:20dans le contexte d'une société
10:21où, précisément,
10:22c'est un assassin qui est resté totalement impuni.
10:26Et je crois que, quelquefois,
10:27nous sommes…
10:28En réalité,
10:29ce n'est pas tant des positions politiques
10:31que je défends dans ce livre,
10:32c'est simplement quelqu'un
10:33qui s'affranchit de ce qui nous retient, nous.
10:35C'est-à-dire qu'effectivement,
10:36on a tous conscience
10:38que si tout le monde se met
10:38à se défendre lui-même
10:40à coups de pistolet,
10:41ça devient le Far West.
10:43Et c'est une société totalement invivable.
10:45C'est vrai.
10:46C'est vrai dans le principe,
10:48dans le cadre.
10:49Maintenant, il y a certaines circonstances
10:51dans lesquelles ce personnage
10:52s'affranchit de ça.
10:54– Cyril Benassar.
10:54– Maintenant, je suis loin
10:55de commettre un meurtre,
10:56je n'en ai jamais eu l'idée
10:57et c'est très loin de moi.
10:58– C'est exactement ma question,
11:00figurez-vous.
11:01Perchab est-il vraiment
11:03la projection de votre propre désir
11:04de rupture totale,
11:06définitive,
11:07irrémédiable avec le système
11:08ou bien un personnage
11:10que vous avez volontairement
11:11passé à l'extrême
11:12pour provoquer le lecteur,
11:14pour me provoquer, moi,
11:14le lecteur ?
11:15– Je dirais que c'est un peu les deux.
11:17Peut-être pas un désir,
11:18mais peut-être un fantasme.
11:19Je crois qu'on a tous,
11:20quelquefois,
11:20le fantasme
11:21de se libérer
11:23de ce qui nous empêche
11:24de nous défendre
11:25face à ce qu'on appelle
11:26les incivilités,
11:28face à une justice laxiste,
11:29face à un certain nombre
11:30d'agressions
11:32qu'on subit
11:33tout le temps,
11:34tout le temps.
11:34On a envie de se défendre,
11:35quelquefois avec violence,
11:37avec provocation,
11:38et puis,
11:39comme on est des gens délicats,
11:40polis,
11:41civilisés,
11:42on compte sur la loi
11:43pour nous défendre,
11:45sur le…
11:46Souvent,
11:47on est gêné
11:48par quelqu'un dans le métro
11:49qui a une musique forte,
11:50qui parle fort,
11:51et puis,
11:51on s'écrase,
11:52on souffre en silence.
11:53Le personnage décide
11:54de ne plus souffrir en silence.
11:56Il affronte les choses,
11:57les gens
11:57qu'il gêne.
11:59Je crois que c'est un fantôme
12:01qui nous traverse tous,
12:02enfin,
12:02en réalité,
12:03qui me traverse moi,
12:04certainement,
12:04mais ça n'est pas…
12:05ça n'est pas…
12:07plus mon personnage
12:09que cela.
12:10– Alors,
12:11on va parler de désir,
12:12de désir,
12:13de désir,
12:15avec un dernier point
12:16qui est quand même important aussi,
12:17c'est la compréhension du livre,
12:18cette fois-ci,
12:19qui est le sexe.
12:20– Un sexe des pages érotiques,
12:24cru,
12:25même un peu cruel d'ailleurs,
12:27elles occupent une place très importante
12:29dans l'ouvrage.
12:31Et là encore,
12:31je me suis posé la question
12:32de savoir s'il s'agit
12:33d'un outil littéraire
12:35pour dévoiler
12:36les hypocrisies contemporaines
12:38ou une manière d'affirmer
12:39la liberté absolue
12:40de l'individu
12:41face au néo-féminisme
12:42et aux politiquement correctes.
12:44– Oui,
12:44c'est les deux,
12:45c'est tout à fait ça.
12:45– Encore un fois.
12:46– Oui,
12:46c'est tout à fait ça.
12:47Ce n'est pas totalement gratuit.
12:48D'abord,
12:49le sexe…
12:50– Ça donne un peu l'impression
12:51que ça l'est quand même.
12:52– Oui,
12:52ça revient peut-être souvent,
12:54disons que…
12:54– À tous les chapitres.
12:55– Non,
12:57pas tous les chapitres.
12:57– Un chapitre sur deux,
12:58donc.
12:59– Tant que ça,
13:00je n'ai pas estimé autant,
13:03mais c'est vrai
13:04que c'est très présent.
13:05Mais dans un souci
13:06de vérité de mon personnage,
13:07c'est très présent
13:08dans la tête d'un homme,
13:09quoi qu'on en dise
13:10et quoi qu'on le nie.
13:14On est tout le temps sollicité,
13:16on est tout le temps provoqué.
13:21– Ça ne s'en fait pas
13:23un romantique ?
13:23– Non,
13:24ah non,
13:24ce n'est pas du tout un romantique.
13:26Justement,
13:26il y a un passage
13:27où il oppose
13:29le fantasme romantique
13:30des femmes
13:31au fantasme pornographique
13:32des hommes.
13:33Je crois que là-dessus,
13:35sur la sexualité,
13:36on a des sexualités différentes
13:37et j'ai voulu le rappeler
13:38dans un monde féministe
13:39et puis un monde dégenré
13:41où on a l'impression
13:43que tout serait aplani
13:44par des relations amoureuses,
13:46égalitaires,
13:47tout ce qu'on veut.
13:47En réalité,
13:47il y a des sexualités
13:48assez différentes
13:49qui peuvent être, oui,
13:50cruelles,
13:50qui peuvent être
13:51tout ce qu'on veut.
13:52Et d'ailleurs,
13:54avec les scènes de sexe,
13:55il y a toujours quelque chose
13:56sur la relation
13:57entre les hommes
13:58et les femmes.
13:59Les attentes de l'un,
14:00les frustrations,
14:02il y a toujours quelque chose
14:04de cet ordre-là.
14:05qui t'aime de ne pas
14:06le rendre sympathique.
14:07Oui, peut-être,
14:08sans doute,
14:09sans doute,
14:09sans doute un peu effrayant.
14:11Je pense qu'aujourd'hui,
14:12il y a aussi une façon,
14:13pour moi,
14:14de vouloir réhabiliter
14:15le désir masculin,
14:16c'est-à-dire dans ce qu'il a
14:17de vrai,
14:18tout simplement,
14:19de brut,
14:20quelquefois de choquant,
14:21mais qui est une vraie réalité
14:23qui nous habite tous
14:24et qui est en train
14:25d'être gommée
14:26et d'être criminalisée
14:27par le féminisme aujourd'hui,
14:29par le wokisme.
14:30Le désir masculin,
14:31c'est devenu
14:31quelque chose
14:33de très effrayant,
14:33qui effraie les jeunes filles.
14:36Moi, j'ai voulu
14:37un personnage
14:38qui n'ait aucune inhibition
14:40là-dessus.
14:40C'est exact.
14:41Qui livre
14:41tel qu'il vit les choses
14:43avec les femmes
14:44ou sans les femmes.
14:46Je dis un peu cruel,
14:46je dis que c'est une forme
14:47de sexe aussi un peu triste,
14:49un peu obsessionnel aussi,
14:50qui permet de faire un lien
14:52avec un autre écrivain,
14:54c'est facilement le lien
14:55d'ailleurs,
14:55avec Houellebecq.
14:56Peut-on qualifier
14:57votre roman
14:58d'Houellebecquien ?
14:59Ça, franchement,
15:00je n'en sais rien du tout.
15:01C'est Renaud Camus
15:02qui a...
15:02Le caractère caustique
15:02humoristique en plus,
15:03peut-être.
15:03Oui,
15:04qui a émis cette idée
15:05et je l'ai suivie
15:06parce que j'en serais très honoré
15:08si je me rapprochais
15:09de cet écrivain.
15:11Maintenant...
15:11Est-ce que vous vous reconnaissez
15:12dans cette filiation littérieure ?
15:13Oui, tout à fait.
15:14Ah oui,
15:15c'est un écrivain
15:16que je lis régulièrement
15:17et que j'apprécie beaucoup.
15:19Mais pour moi,
15:20il y a quand même
15:21une différence
15:21et qui est peut-être
15:23à la naissance
15:24de ce roman,
15:25il y a une frustration.
15:27Et la frustration,
15:28c'est de trouver
15:29dans les personnages
15:30de Houellebecq,
15:31comme dans ceux
15:31de Patrice Jean,
15:32comme dans ceux
15:33d'un certain nombre
15:34qui décrivent la réalité
15:36d'un mâle occidental
15:37au bout du rouleau,
15:38à bout de souffle,
15:39qui est humilié
15:40par sa femme,
15:41méprisé par ses enfants,
15:42qui est écarté
15:43de son boulot
15:44pour un mot.
15:45C'est vraiment
15:45le dernier roman
15:46de Patrice Jean.
15:47Oui, mais dans plusieurs,
15:49il se fait casser la gueule
15:50par des racailles.
15:51Enfin, il y a quelque chose
15:52d'un homme occidental
15:54qui subit.
15:55Cette frustration
15:56m'a poussé
15:57à écrire ce truc
15:58en voulant faire
15:59un personnage
16:00qui reprend le dessus,
16:01qui rend les coups,
16:02à la fois dans la rue,
16:03face à des racailles,
16:04et à la fois avec les femmes,
16:05c'est-à-dire
16:06qu'il ne subit pas
16:06le féminisme
16:09et le romantisme
16:10en étant soumis.
16:11il se défend
16:14avec son désir.
16:17Et je ne sais plus
16:17sur quoi on était parti.
16:18Alors par contre,
16:19Houellebecq,
16:21écoutez, moi j'en serais
16:21très honoré.
16:23Vous êtes peut-être
16:23d'autres sources d'inspiration
16:24d'ailleurs.
16:25J'en ai quelques-unes.
16:27Je n'ai pas été
16:28un très grand lecteur.
16:29Je dois dire
16:29que je ne suis pas
16:30très bon public,
16:31très facile.
16:31Beaucoup de livres
16:32me sont tombés des mains.
16:33Mais pour ce qui est
16:35du ton, du style,
16:36de la façon crue,
16:37mes premières là-dessus,
16:38ça a été Cavana
16:39et ça m'a beaucoup marqué.
16:41Et puis ensuite,
16:41quelqu'un qui est
16:41assez méconnu
16:42mais dont j'aime
16:43beaucoup les romans
16:43qui est Jacqui Béroyer
16:44qui a une autre carrière
16:45d'acteur.
16:46Ses romans sont
16:47absolument extraordinaires.
16:49Ensuite, j'aime
16:50Yasmina Reza.
16:51J'aime beaucoup
16:51de romanciers.
16:53Mais je me retrouve,
16:54oui, dans les personnages
16:55de Houellebecq,
16:56dans leur façon
16:56de voir les choses
16:57mais pas de les subir.
16:59Après l'échec
17:00d'Éric Zemmour
17:01en 2022,
17:02vous l'avez évoqué,
17:02un affranchi décrit
17:04une France
17:04qui est quand même
17:04désabusée,
17:06en fait résignée
17:07à ce que Renaud Camus
17:08a appelé
17:08le grand remplacement.
17:10Et l'on a vu
17:11constamment
17:11dans l'ouvrage
17:12ce combat
17:13un peu désespéré
17:15mais aussi
17:16un appel
17:16à la révolte.
17:19Là aussi,
17:20quelle est la bonne mesure ?
17:21Oui, alors là,
17:22c'est vrai que le roman
17:23commence par l'échec
17:24d'Éric Zemmour
17:25puis celui de Marine Le Pen
17:26au dernier présidentiel
17:27et une certaine forme
17:28de désespoir
17:29du personnage.
17:30C'est-à-dire qu'on a l'impression
17:32que cette fois-ci,
17:33ça va être la bonne.
17:34Après tout ce qu'on a entendu,
17:35tout ce qu'on a vécu,
17:36après le Bataclan,
17:37après, enfin bon,
17:37je ne vais pas faire la liste
17:38mais on se dit, cette fois,
17:39les gens ont compris.
17:40Ils vont quand même
17:40changer de politique,
17:41ils vont élire quelqu'un
17:42qui va faire le ménage
17:43et puis paf,
17:44le Front Républicain arrive
17:45et puis c'est l'échec
17:47à quelques pourcents.
17:48Donc, le désespoir
17:49fait qu'il décide
17:50de se défendre tout seul.
17:53Lui est dans son environnement.
17:54C'est-à-dire que c'est…
17:55Vous parliez tout à l'heure,
17:56vous aviez un mot,
17:57c'était un activiste.
17:58Je ne le vois pas
17:58comme un activiste,
17:59je le vois comme un solitaire.
18:00D'ailleurs, il est absolument seul
18:02dans son activisme,
18:05mais qui décide de prendre
18:07le dessus sur son environnement,
18:08proche et puis de plus en plus lointain.
18:11Quelque chose le gêne.
18:12Oui, il a une action
18:14qui pourrait être qualifiée
18:15d'action terroriste
18:16sur un radar au bord d'une route,
18:18sur un activiste.
18:20Je ne crois pas,
18:21il est assez isolé,
18:22il ne rejoint aucun mouvement
18:23ni identitaire,
18:25même s'il a de la sympathie,
18:26mais il n'est pas très entouré.
18:28Mais oui, c'est quelqu'un
18:30qui se défend.
18:31Ma dernière question,
18:32Cyril Benassar,
18:33elle est simple.
18:34Dans une époque
18:34qui est marquée
18:35par la censure,
18:37l'autocensure aussi,
18:38le contrôle,
18:39croyez-vous encore
18:40au pouvoir subversif
18:41d'un ouvrage de la littérature
18:43ou bien ce que c'est
18:45qu'un simple exutoire
18:46pour des lecteurs
18:47comme moi déjà convaincus ?
18:50Moi, je pense que ça peut être les deux.
18:51On peut se faire plaisir
18:52en les lisant
18:53parce que vous le disiez,
18:54c'est drôle.
18:55Renaud Camus disait
18:56que c'est sexy.
18:57Je trouvais ça…
18:57le compliment absolument adorable.
19:01Oui, ça peut être ça.
19:02Ça peut être aussi,
19:03oui,
19:05quelque chose qui,
19:07en passant par la fiction,
19:08un roman,
19:09une histoire
19:09où tout est permis,
19:11puisque c'est la formule
19:12de Kundera,
19:14la littérature
19:15et le territoire
19:15où le jugement moral
19:16est suspendu.
19:17Donc là,
19:17on peut tout se permettre.
19:19Et je pense que ça peut être
19:20une lueur d'espoir,
19:21quelque chose
19:21qui peut donner envie,
19:23d'agir,
19:26de s'épanouir,
19:27de se défendre
19:28quand la politique
19:31nous désespère.
19:33Je ne veux qu'inviter
19:34que nos téléspectateurs
19:35à découvrir cet ouvrage,
19:36La Franchie,
19:37Cyril Benassar,
19:38aux éditions périphériques
19:39et en vente
19:40sur le site TVL.fr,
19:41à la boutique TVL.
19:42J'espère que maintenant
19:43chacun connaît le chemin
19:44pour se rendre
19:45à la boutique de TVL
19:46sur Internet.
19:48Vous avez mis
19:48un avertissement
19:49à cet ouvrage.
19:51La lecture de ce livre
19:52est déconseillée
19:52aux enfants,
19:53c'est un livre pour adultes,
19:55et aux demi-celles
19:55du Front Républicain.
19:57Oui.
19:58Je les mets ensemble,
19:58déjà,
19:59ce qui était un peu humiliant,
20:00un peu infantilisant.
20:02Mais c'est vrai
20:02que j'en ai ma claque
20:04de ce Front Républicain
20:05qui revient à chaque fois.
20:06Et quand j'écoute
20:07autour de moi
20:07les arguments,
20:09c'est d'une pauvreté,
20:10d'une bêtise.
20:11On ne va pas plus loin
20:13qu'on ne va quand même
20:14pas voter pour les extrêmes.
20:15Et à chaque fois,
20:16ce Front Républicain
20:17qui n'a aucun sens
20:18empêche qu'une politique
20:20soit vraiment menée
20:20et qu'une politique
20:23que, paradoxalement,
20:2480% des Français veulent,
20:26par exemple sur l'immigration,
20:27échoue à chaque fois.
20:28Donc, ce Républicain,
20:29c'est vraiment la plaie,
20:30c'est vraiment le fléau,
20:31c'est vraiment...
20:33Quand j'entends les gens
20:34le défendre,
20:34je suis consterné.
20:35Ce sont des arguments
20:36nuls, minables,
20:38bourgeois, parfois.
20:40Ça fait peur.
20:41Ça fait peur les extrêmes.
20:42Donc, on se réunit...
20:44Cyril Benassar,
20:45c'est quand même
20:45quelle évolution.
20:46Quelle évolution.
20:47On est un artisan
20:48un peu de gauche,
20:49quand même.
20:50Dans ces références
20:51que vous donnez,
20:53vous restez marqués
20:53par cette empreinte-là.
20:55Et aujourd'hui,
20:56on vous retrouve écrivain,
20:58éditorialiste, bien sûr,
20:59et journaliste pour causeurs,
21:01écrivain,
21:02étonnant ce propos-là.
21:04Quelle évolution.
21:05Oui, quelle évolution.
21:06Écoutez, je ne sais pas.
21:08Non, pour moi,
21:09c'est plutôt porteur d'espoir
21:10qu'on peut changer,
21:11qu'on peut...
21:12Disons que j'ai eu
21:12une jeunesse gauchiste
21:14et libertaire
21:15parce que je suis né
21:16dans mon époque,
21:17je crois,
21:17plus qu'autre chose.
21:19Quel regard, vous avez ?
21:20Vous êtes trompé ?
21:20Non, je ne crois pas
21:21que je me sois trompé.
21:23Je crois qu'à l'époque,
21:23j'avais un idéal libertaire
21:25que je n'ai pas perdu, d'ailleurs.
21:26Le rêve d'une société harmonieuse
21:29dans laquelle on aurait
21:29moins besoin de police,
21:30moins besoin de répression.
21:31C'est d'ailleurs la société
21:32d'où on vient.
21:33Quand on regarde
21:34il y a 40, 50, 60 ans,
21:37les anecdotes sont nombreuses.
21:39On pouvait laisser
21:39sa voiture ouverte.
21:40On pouvait laisser...
21:41Voilà, c'est fini,
21:42c'est terminé.
21:43Donc, une société qui...
21:45Et réac, maintenant.
21:46C'était mieux avant.
21:46Oui, oui, oui.
21:47C'était mieux avant.
21:48Le schiste.
21:49Le schiste.
21:49Le schiste.
21:50Disons que l'idéal libertaire,
21:53c'était un peu une utopie
21:54que je visais.
21:55Et puis la réalité,
21:56peut-être l'entrée
21:58dans le monde du travail
21:59et dans l'artisanat encore plus
22:00où on est totalement seul,
22:02libre et on doit
22:03se débrouiller pour tout.
22:04Cette confrontation
22:05à la réalité,
22:06ça a ébranlé
22:06un certain nombre
22:07des idéologies
22:08qui m'habitaient
22:10sans vraiment
22:11que j'y ai réfléchi.
22:12Et que je trouve encore
22:13chez des professeurs
22:15d'université
22:15qui sont de grands intellectuels,
22:17mais dont on sent
22:18qu'il leur manque
22:18le choc avec la réalité
22:20pour sortir autre chose
22:21que des âneries
22:22walkistes
22:22ou sur l'économie.
22:25Donc je crois que c'est ça.
22:26Je crois que c'est
22:26d'avoir été père de famille
22:28assez jeune
22:29et puis artisan
22:30à mon compte,
22:31très jeune,
22:32qui a fait que,
22:33oui,
22:34j'ai ouvert les oeufs
22:35sur certaines réalités.
22:36Et puis ensuite,
22:37il y a autre chose.
22:37Il y a le monde
22:38qui a changé.
22:38Il y a le 11 septembre,
22:39notamment,
22:40qui a beaucoup changé les choses.
22:41Il y a eu une rupture
22:42avec les milieux anarchistes
22:44que je fréquentais
22:44à partir de ce moment-là.
22:46Et puis tout ce qui...
22:47Charlie Hebdo,
22:48et puis tout ce qui fait
22:49qu'aujourd'hui,
22:50je me rends compte
22:51que notre problème,
22:54ce n'est pas l'État,
22:54le capitalisme,
22:55la police,
22:56machin,
22:56c'est l'immigration,
22:58c'est l'insécurité,
22:59c'est l'Europe,
23:00c'est d'autres choses.
23:03Merci Cyril Benassar.
23:04On vous retrouve.
23:04Alors,
23:05ce aspect un peu plus politique
23:06souvent dans l'émission
23:07Tête à Clash sur TVL.
23:09Mais sinon,
23:09on vous retrouve pour cet ouvrage
23:11La Franchie,
23:12dont nous avons longuement parlé
23:14et qui est largement
23:16au-delà de la politique,
23:18mais définit aujourd'hui
23:18des attitudes face à une société
23:20qui nous oppresse.
23:22Merci à vous, Cyril.
23:23Merci de m'avoir reçu.
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