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  • il y a 17 heures
Derrière les discours sur la transition énergétique et la décarbonation, la France est-elle en train de sacrifier son appareil productif ? Fermetures d'usines, explosion des coûts de l'énergie, dépendance aux métaux stratégiques, normes européennes toujours plus contraignantes : pour Benjamin Chalus, consultant en performance industrielle et auteur de "Métallurgie et dépendance", ces choix fragilisent la souveraineté économique du pays.
La France peut-elle encore se réindustrialiser alors qu'elle dépend de plus en plus de la Chine pour ses matières premières et de décisions prises à Bruxelles ? La transition écologique est-elle devenue un facteur de puissance… ou un véritable suicide industriel ? Benjamin Chalus livre son analyse d'une crise qui engage l'avenir de l'industrie française.

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00:58chacun s'en remette non pas à son voisin pour financer les programmes qu'il regarde, mais donne à sa
01:04mesure.
01:04Et je vous le dis, il n'y a pas de petit geste.
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01:36Bonjour à tous, bienvenue dans notre Zoom, aujourd'hui en compagnie de Benjamin Chalut.
01:41Bonjour Benjamin.
01:42Bonjour.
01:43Benjamin, vous êtes chaudronnier soudeur de formation, aujourd'hui consultant en performance industrielle.
01:49Vous étiez venu il y a peu nous présenter votre premier ouvrage, « La civilisation du geste quand le savoir
01:55-faire façonne le destin des peuples ».
01:58Et voici le dernier, « Métallurgie et dépendance, pressions écologiques et recompositions géopolitiques ».
02:07La métallurgie sous pression, donc métallurgie et dépendance.
02:13Quelle est justement la dépendance la plus dangereuse pour la France aujourd'hui ?
02:17Est-ce l'énergie, les technologies, les métaux ?
02:20Finalement, je pense que la première des dépendances, ça reste la dépendance minière.
02:27Aujourd'hui, la France dépend à 98% de pays étrangers pour s'approvisionner en minerais.
02:34Et ça reste la plus grosse dépendance.
02:36Après, il faut bien comprendre aussi, on parle très souvent de l'énergie.
02:40J'ai tendance à dire, le nucléaire et la métallurgie, c'est les deux mamelles industrielles et économiques de notre
02:46pays.
02:46C'est-à-dire qu'une industrie métallurgique sans une énergie compétitive, finalement, c'est une métallurgie qui ne va
02:54pas bien.
02:54Et vice-versa, parce que nos centrales nucléaires, elles dépendent de nombreuses compétences autour de la métallurgie.
03:04Donc finalement, la dépendance, elle est assez générale.
03:08Et si, par exemple, on prend le sujet de l'énergie, on va bien se rendre compte qu'aujourd'hui,
03:13sur un produit métallurgique,
03:15le coût, la part, excusez-moi, sur la valeur d'un produit métallurgique, l'énergie peut représenter jusqu'à 40
03:22% du prix.
03:23Donc vous voyez à quel point l'influence de l'énergie sur la filière métallurgique est extrêmement importante.
03:32Donc je dirais, les mines et l'énergie, les deux mon capitaine.
03:37Alors on a vu pendant la crise du Covid, cette dépendance de la France, c'était le cas pour les
03:43masques, on s'en souvient tous.
03:45Est-ce qu'on a pris conscience depuis que notre dépendance aux métaux stratégiques pourrait être encore plus grave ?
03:51Il y a un début de prise de conscience.
03:54L'Union européenne a mis en place le Critical Road Material Act qui donne en fait des orientations,
04:02une volonté de sortir de cette dépendance étrangère sur l'extraction, le raffinage et également sur la transformation.
04:14Mais pour vous dire, c'est une prise de conscience, mais on vient de tellement loin.
04:18Sur l'extraction, les ambitions du Critical Road Material, il nous dit, c'est 10%, un objectif de 10%
04:29d'extraction.
04:30Ça veut dire qu'on va continuer de dépendre à hauteur de 90%.
04:33Pour vous dire d'où on vient, sur le raffinage, on parle de 40%.
04:39Donc ça veut dire qu'on va encore dépendre à hauteur de 60%.
04:41Ça donne quand même, par rapport à ses objectifs, le niveau de dépendance de l'Europe et de la France
04:48par extension vis-à-vis des pays étrangers.
04:50Alors vous décrivez la montée en puissance industrielle de la Chine comme le résultat d'une stratégie de long terme.
04:59À quel moment, selon vous, l'Europe a perdu cette bataille industrielle ?
05:03Je ne sais pas si elle l'a perdue finalement.
05:06Elle a donné tous les gages à la Chine pour la perdre.
05:10Si on regarde, il y a eu la volonté d'ouvrir la Chine sur le monde en 1978.
05:21Le gouvernement chinois ouvre son marché, rentre à l'OMC en 2001.
05:25Et finalement, a cette ambition de devenir l'usine du monde.
05:32Et les Occidentaux, et entre autres la France qui en fait partie, a pris l'initiative de désindustrialiser.
05:41Et quelque part, on leur a donné la capacité à évoluer sur le plan économique et industriel.
05:50Mais on leur a donné aussi les gages de notre dépendance.
05:53– Tout en leur vendant les brevets français à bas prix.
05:57– Bien sûr, je parlais avec des anciens de Michelin qui ont subi la grande désindustrialisation vers la Chine.
06:04Beaucoup de salariés de Michelin vous disaient, on savait déjà à l'époque qu'on allait vers un transfert de
06:12technologie.
06:12C'était évident.
06:13Donc on leur a donné les gages.
06:15En 2000, la Chine, c'est à peu près 1300 milliards d'euros de PIB.
06:24Aujourd'hui, ils sont à plus de 19 000 milliards.
06:26Donc il y a eu une expansion de la Chine grâce en fait à cette volonté de s'industrialiser, de
06:33devenir l'usine du monde.
06:34Donc on leur a donné les gages, si vous voulez, et on voit très bien que les courbes s'inversent.
06:39C'est-à-dire que quand il y a un décrochage industriel, à partir du décrochage industriel de l'Europe
06:46et de l'Occident,
06:46de l'autre côté, on voit la montée en puissance des courbes économiques de la Chine.
06:52Donc quelque part en fait, tout ça arrive au même moment.
06:55Mais on leur a donné les gages.
06:57Il ne faut pas oublier maintenant que depuis que le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'Information
07:05a mis son nouveau plan quinquennal, issu de ce qu'on appelle le Made in China 2025,
07:13il y avait la volonté chinoise de dire à un moment, on va passer de l'usine monde à grande
07:19puissance industrielle.
07:20Ils ont très bien compris que maintenant qu'ils détiennent la puissance conventionnelle industrielle,
07:27et bien maintenant ils peuvent faire le saut qualitatif sur le plan industriel.
07:33Et là on est vraiment en train de prendre le décrochage technologique parce que l'idée libre-échangiste de l
07:37'époque,
07:38c'était de dire finalement, ils vont faire les industries de grande masse
07:44et nous on va garder les industries technologiques à forte valeur ajoutée.
07:48Bon, raté, maintenant ils ont les deux.
07:50Et là on est vraiment en train de voir le décrochage final.
07:54– On observe aujourd'hui une Europe prise en étau entre le développement industriel chinois
08:01et le protectionnisme américain.
08:04Est-ce que l'Europe a encore les moyens de défendre ses intérêts ?
08:07– Si elle a envie de jouer le jeu du concert des nations.
08:11C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous avez les États-Unis qui avaient une balance commerciale structurelle négative
08:18d'à peu près 900 milliards de dollars.
08:21Donc ils ont mis en place des mesures protectionnistes.
08:27Ce n'est pas à nous de juger si elles sont bonnes ou mauvaises, mais elles sont.
08:32Et ces mesures, elles ont été mises en place dans le but d'inverser cette balance commerciale.
08:38Et nous, on se retrouve entre une Chine très offensive sur le plan commercial
08:42et effectivement les États-Unis qui, comme je le dis dans le livre,
08:48sont cet enclume, ce mur protectionniste.
08:52Et nous aujourd'hui, on subit, on regarde tout ça de loin,
08:58on reste passif et on refuse de jouer ce concert des nations.
09:04Donc, ce qu'on est le continent malade, encore une fois,
09:08comme vous me disiez tout à l'heure avec la Chine et à quel moment ça a basculé,
09:13on a donné les gages.
09:14Là, encore une fois, on continue de donner les gages.
09:16Donc il faut sortir de cette dynamique et retrouver une puissance industrielle.
09:19– La Commission européenne nous rebat les oreilles perpétuellement
09:25avec cette transition énergétique présentée comme une voie vers l'autonomie.
09:30Pourquoi vous vous expliquez qu'elle pourrait être, au contraire,
09:34qu'elle pourrait accroître certaines dépendances ?
09:36– Si vous voulez, la Chine possède aujourd'hui 90% de la filière terres rares.
09:49Les énergies éoliennes, entre autres, et les énergies renouvelables, intermittentes,
09:54sont des énergies qui sont extrêmement consommatrices en métaux rares.
10:00Automatiquement, vous avez une cause à effet du fait de cette dépendance
10:06vis-à-vis de la Chine, de l'extraction et du monopole, si vous voulez, chinois
10:11sur toute la chaîne de valeur des métaux rares.
10:14Donc quand on l'a très bien vu à BYD, 85% des batteries sont fabriquées en Chine.
10:22Dès lors qu'on a lancé le véhicule électrique, on a fait fabriquer méthodiquement nos batteries en Chine.
10:31On leur a légué un enjeu de souveraineté.
10:36Et maintenant, vous voyez sur les marchés français et européens arriver BYD en grand vainqueur de cette dépendance.
10:43Si vous voulez, tout est tout autour de ça.
10:46C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la Chine est le pays qui concentre la plus grosse filière métallurgique
10:54et de transformation des minerais.
10:56Et à la place d'aller chercher nous-mêmes une indépendance vis-à-vis du minerai,
11:01on continue d'accentuer par certaines mesures, sans réfléchir sur la chaîne de valeur
11:06et sur la filière, les moyens de trouver notre indépendance minerai.
11:12– Est-ce qu'on n'est pas au final en train de remplacer une dépendance au pétrole
11:17par une dépendance au lithium, au cobalt, aux terres rares ?
11:20– Complètement, complètement.
11:22Et quand dans l'Allier, vous avez un projet d'extraction de lithium qui se met en place,
11:29vous avez automatiquement les organismes tels que la FNE qui viennent vous expliquer
11:34il ne faut surtout pas creuser un seul trou en France.
11:37C'est-à-dire que d'un côté, on refuse de creuser en France
11:42pour trouver une certaine autonomie minérale,
11:46et de l'autre côté, on veut pousser une transition écologique
11:52qui est extrêmement consommatrice en terres rares, en lithium, en cuivre, vous l'avez dit.
11:57Donc d'un côté, on se refuse une souveraineté chez nous sur le plan minier,
12:02et de l'autre côté, on continue de faire importer massivement ces matières premières.
12:08Donc oui, on est en train de troquer notre dépendance du pétrole
12:11contre une dépendance minérale.
12:13– Vous critiquez, Benjamin Chalut, dans votre ouvrage aussi, la PPE3,
12:17c'est la nouvelle feuille de route énergétique de la France pour les prochaines années
12:21qui fait la part belle à l'accélération de l'éolien.
12:27Pourquoi vous considérez que cette stratégie pourrait encore davantage fragiliser
12:32notre industrie nationale ?
12:33– Je laisserai M. Bouglet expliquer bien mieux que moi certaines réflexions
12:38sur les problématiques techniques que ça engendre sur le réseau.
12:42Par contre, ce qui est important dans la PPE3, c'est cette dichotomie qu'il y a
12:46dans l'idée de dire, d'ici quelques années, on va descendre de 1556 TWh à 1100 TWh,
12:55tout en prenant une réindustrialisation.
12:58C'est-à-dire qu'à un moment, si on veut réindustrialiser,
13:02méthodiquement, on va soit stabiliser notre consommation,
13:06voire augmenter notre consommation, maintenir méthodique.
13:10Vous prenez l'aluminium Dunkerque, c'est le premier consommateur énergétique français,
13:17il consomme la moitié d'un réacteur.
13:19Méthodiquement, si vous commencez à réindustrialiser
13:22et faire l'effort de retrouver une industrie conventionnelle,
13:28automatiquement, vous ne pouvez pas jouer une sobriété aussi draconienne.
13:32Ça me paraît compliqué.
13:36– Et alors, vous parlez de la réindustrialisation.
13:40Le gouvernement Macron nous en parle matin, midi et soir.
13:44Est-ce qu'on peut réellement réindustrialiser la France sans énergie abondante,
13:48bon marché, sans accès sécurisé aux matières premières ?
13:52– C'est absolument impossible.
13:53Ce n'est pas possible.
13:56Si vous voulez, on nous parle de réindustrialisation.
13:59Je pense qu'il est surtout le champion de la désindustrialisation.
14:02On va parler d'emploi, si vous le voulez bien.
14:06La métallurgie, c'est 50% des emplois de l'industrie.
14:09Quand ils ont mis en place le Green Deal au niveau européen,
14:12et M. Macron a été quand même un des grands défenseurs du Green Deal,
14:17avec son propre parti, automatiquement, on a mis fin au thermique.
14:23On a décidé de mettre fin au thermique.
14:24Résultat, vous avez 38 000 emplois qui ont été supprimés dans le secteur automobile,
14:28et on en annonce 100 000 à un horizon 2035.
14:31Donc, ces gens-là ne sont pas les défenseurs d'une réindustrialisation.
14:37Tous les jours, les chiffres prouvent qu'ils continuent la voie
14:42et la pente descendante de la désindustrialisation.
14:45Il faut changer le logiciel de manière globale.
14:48– Alors, vous défendez aussi l'idée d'une relance de l'activité minière en France.
14:54Qu'est-ce que vous diriez à ces Français qui pourraient s'inquiéter
14:57des contraintes environnementales que cela engendre ?
14:59– En fait, si vous voulez, un peu comme le nucléaire
15:02qui a subi une offensive idéologique pendant des années,
15:05la filière minière, elle a exactement subi également cette propagande.
15:15Dans la tête des gens, on leur a fait croire que la mine, c'était germinale.
15:21La mine germinale, c'est terminé.
15:23On a la mine 2.0, 3.0, 4.0.
15:28On fait les choses de manière propre.
15:30– C'est plus non plus d'ailleurs les mines des années 80 en Angleterre.
15:34– On a complètement terminé cette phase-là.
15:36Et puis, je peux même vous dire, encore mieux,
15:39avec le réenchérissement permanent du code minier,
15:46aujourd'hui, seulement 5% des projets d'extraction
15:52passent l'ensemble des mailles administratives et de contraintes.
15:57Donc, ça veut dire qu'aujourd'hui, vous lancez un projet,
15:59vous avez seulement 5% de chance que votre projet voit le jour
16:03sur un projet d'extraction.
16:06Pourquoi ? Parce que les normes environnementales,
16:08les normes économiques et les caractéristiques
16:11et les recommandations qui sont faites,
16:13aujourd'hui, sont tellement contraignantes
16:16qu'aujourd'hui, si on le fait,
16:18si vous voyez l'émergence d'une mine,
16:19c'est qu'elle répond à tous les critères environnementaux.
16:23Donc, ça, il faut bien le faire comprendre aux gens.
16:27Une chose aussi importante,
16:29en France, on a 4 000 sites miniers historiques.
16:32Et ce que ne savent pas les gens,
16:34c'est que pendant ces phases d'extraction antérieures,
16:40historiques, on a extrait des minerais
16:42et il faut savoir que dans une mine,
16:45vous avez plusieurs minerais.
16:46Vous allez extraire de l'aluminium,
16:49vous allez aussi extraire du gallium.
16:51Il n'y a pas un seul minerai à un seul endroit.
16:54Sauf qu'ils n'étaient pas valorisés à l'époque
16:56parce qu'il n'y avait pas la valorisation,
16:59il n'y avait pas un sujet à se servir de ces métaux.
17:03De ce fait, aujourd'hui, on a ce qu'on appelle des stériles,
17:07c'est-à-dire des stocks complets de minerais
17:10qui n'ont pas été exploités.
17:11Et qui souvent sont même la cause de la pollution
17:18de nos nappes phréatiques.
17:20Ré-exploiter ces stériles,
17:23c'est très souvent remettre de l'emploi
17:27dans des territoires qui ont subi très fortement
17:30la fermeture de ces mines.
17:32C'est également une revalorisation économique
17:35de ces minerais et de ces stocks non utilisés.
17:39Et de l'autre côté, c'est bénéfique
17:41pour le plan environnemental.
17:43C'est-à-dire qu'on peut aussi participer
17:45à une dépollution des terrains.
17:47Donc, il faut bien faire comprendre aux gens
17:50que la mine de notre époque,
17:54ce n'est plus celle de l'époque
17:55qu'ont connue nos anciens.
17:58Et puis, pour terminer,
18:00tout projet minier qui voit le jour
18:03doit être provisionné financièrement,
18:07doit déjà avoir dans son business plan
18:10déjà un plan de réhabilitation du terrain.
18:15Donc, tout ça conditionne à une extraction
18:21dans les règles de l'art.
18:22– Mais comment justement protéger
18:27la métallurgie française, l'Union européenne ?
18:31Est-ce qu'elle ne va pas vous dire au fond
18:33« Nous, on préfère acheter du minerai à l'étranger,
18:37ça nous coûte moins cher que de l'extraire en France ? »
18:39– Non, mais aujourd'hui, vous avez la loi Hulot
18:41qui empêche justement de relancer certaines exploitations.
18:46Il faut mettre fin à la loi Hulot.
18:48Voilà, très simplement.
18:50– La loi Hulot qui interdisait par exemple
18:52d'aller rechercher des sites pétroliers
18:55au large de la Guyane française.
18:56– Tout à fait, exactement.
18:58Et aujourd'hui, cette loi,
19:00elle contraint la filière mine.
19:06Et il faut sortir de…
19:07En fait, si vous voulez, on vit encore sous l'idéologie écologiste.
19:11Il faut sortir de cette logique.
19:13Il faut aussi faire la pédagogie auprès de nos concitoyens
19:17pour expliquer que, comme on l'a fait avec le nucléaire,
19:20la mine, c'est propre.
19:22On est capable de faire les choses de manière méthodique,
19:25propre, réfléchie, anticipée.
19:28Et qu'en faisant ceci, on répond à trois enjeux.
19:32Le premier, la souveraineté nationale.
19:34Le deuxième, l'enjeu économique dans une situation économique française
19:43plus que catastrophique.
19:44Et le troisième, même sur le plan environnemental.
19:47Ce qu'on voit, c'est que quand on réindustrialise,
19:49quand on travaille la souveraineté économique et industrielle,
19:52méthodiquement, très souvent, par extension,
19:54on travaille aussi sur l'enjeu environnemental.
19:56Vous avez 52% aujourd'hui des émissions de gaz à FCR
19:59produites par la France qui sont importées.
20:02Ce qui veut dire, méthodiquement, que si vous réindustrialisez,
20:05vous passez petit à petit de ces 52% d'émissions de gaz à effet de serre.
20:11Donc, quand on travaille souveraineté, économie et environnement,
20:13c'est le cercle vertueux.
20:15Il ne faut pas oublier que la transition est énergétique
20:17et environnementale, on dit qu'elle doit être durable.
20:20Mais si sur le plan économique et souverain, elle n'est pas durable,
20:23elle ne peut pas être durable dans le temps,
20:24sur le plan environnemental également.
20:26Et si rien ne change dans les dix prochaines années,
20:29Benjamin Chalut, quel est, selon vous, le principal risque pour la métallurgie ?
20:34– Qu'on continue la pente descendante telle qu'on…
20:39C'est gravissime parce que…
20:41– C'est le décrochage économique, c'est la perte de souveraineté,
20:44puis la dépendance à l'égard des puissances étrangères.
20:46– Comme je vous l'ai imagé, en fait, tout ça est une et même chose, finalement.
20:52On a une dépendance minérale, de l'autre côté, on a un décrochage économique,
20:57on a un décrochage également de nos entreprises, on ferme des structures.
21:03Enfin, tout ça, c'est le rouleau compresseur, c'est un effet boule de neige.
21:08On m'a dit, oui, mais c'est quoi ?
21:10Finalement, tout est important, finalement, tout se tient.
21:13– Merci à vous, Benjamin Chalut, d'avoir accepté notre invitation.
21:20Je rappelle le titre de votre ouvrage,
21:22« Métallurgie et dépendance, pressions écologiques et recomposition géopolitique.
21:27La métallurgie sous pression, c'est aux éditions Eurésis,
21:31le nom de votre entreprise de performances industrielles,
21:36un ouvrage à retrouver sur la boutique de TVL.
21:39Merci à vous.
21:39– Merci beaucoup.
21:40– Merci beaucoup.
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