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  • il y a 5 mois
Dans son édito du 18/09/2025, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00Alors, ce qui est particulier avec l'ultra-gauche, c'est qu'on doit la traiter à la fois comme un phénomène politique ou idéologique, ce qu'elle est, mais aussi comme un phénomène psychique, en quelque sorte.
00:09Alors, Charlotte faisait référence à un sociologue qui dit que la violence de l'ultra-gauche est une violence au service d'un grand idéal, la violence à l'ultra-droite, en guillemets, est une violence autoréférentielle.
00:19Sauf que, si on prend la peine d'étudier un peu l'ultra-gauche, ses pratiques, sa manière de fonctionner, la violence y est autoréférentielle, la violence y est vue comme un mode de vie.
00:28Et si on ne comprend pas ça, d'abord et avant tout, on ne comprend pas qu'on est devant un type de population.
00:34Dans toute société, il y en a toujours eu, il y a toujours une partie de la société qui rejette le confort ordinaire des classes moyennes, qui refuse le labeur paysan, qui refuse la vie tranquille du fonctionnaire, qui refuse la vie difficile de l'artisan, qui refuse la vie difficile de la famille.
00:50Une petite partie qui veut vivre dans l'exaltation permanente.
00:53Et l'ultra-gauche, dans la société qui est la nôtre, tout comme le fascisme dans ses franges les plus extrêmes auparavant, l'ultra-gauche offre ce mode de vie sur le mode de l'exaltation permanente,
01:04où elle dit, à celui qui s'y engage, « Tu n'es pas simplement un individu comme les autres, tu appartiens à une aristocratie nouvelle. »
01:11Tu appartiens à cette aristocratie nouvelle qui est appelée à faire naître une société nouvelle, qui vivra en permanence dans un conflit ouvert et définitif contre une société injuste.
01:23Dès lors, le policier est la cible principale. Pourquoi?
01:26Parce que le policier est vu comme le gardien, en uniforme, d'un ordre absolument injuste.
01:33Donc, il faut attaquer le policier dans un moment qui relève de ce que j'appelle, quant à moi, depuis longtemps, une forme d'érotisation de la violence.
01:40C'est-à-dire que la violence est recherchée en elle-même sous le signe de l'exaltation.
01:44La violence est vue comme le moment où on vit pleinement, où on met, je démembre la formule, si on met sa peau au bout de ses idées,
01:51comme disait Drieu Larochelle, qui a probablement, de ce point de vue, l'idéologie de ces gens-là.
01:57Drieu, qui était fasciste, c'est le moins qu'on puisse dire, eh bien, il avait dit ça.
02:00On est devant des gens qui ont une psychologie fascisante, quelquefois, ou communiste, ces gens-là se parlent.
02:05Sur le fond des choses, on est devant des gens qui croient à la révolution permanente.
02:09Donc, on se demande quelquefois qu'est-ce qu'ils veulent exactement.
02:12Qu'est-ce qu'ils veulent...
02:13Ils savent bien qu'ils ne vont pas gagner.
02:14On a vu des Black Blocs venir d'un peu partout en Europe.
02:16Ils gagnent quand même.
02:18Ben voilà. Alors, qu'est-ce que ça veut dire gagner pour eux?
02:20On comprend qu'ils ne se sont pas dit, on va arriver à Paris, on va faire tomber le régime,
02:24on va établir une société communiste demain matin.
02:26On comprend que ce n'est pas ça.
02:27Pour eux, qu'est-ce que c'est une réussite?
02:29C'est confisquer une manifestation.
02:31Pour eux, une réussite, c'est être capable de mettre en scène l'affrontement avec les policiers
02:35et faire en sorte qu'on ne voit que ça avec toujours l'hypothèse suivante.
02:39Ça, c'est cultivé chez ces gens-là.
02:41Le commun des mortels, vous, moi, les gens ordinaires, on serait endoctriné par un ordre social toxique.
02:47Mais devant les violences policières qui viendraient...
02:49C'est pour ça qu'il faut toujours provoquer les policiers, provoquer les policiers, les agresser, les violenter.
02:54Le jour où les policiers se défendent, on espère que le commun des mortels il verra une violence policière dévoilant sa nature fasciste.
03:01Et là, ça provoquerait une forme de réveil des masses et le début de quelque chose qui s'appellerait la révolution.
03:07Il y a aussi, là-dedans, pourquoi il y a autant d'affrontements?
03:09Parce qu'on les voit, ces affrontements. Pourquoi?
03:10C'est aussi un rituel de recrutement.
03:13C'est un rituel de recrutement qui consiste à dire, eh bien, vous voyez, prouvez votre courage, remarquez avec vous.
03:17Un rituel plus franc que le recrutement peut-être de la police.
03:20Bien, c'est qu'à tout le moment, on vous promet la violence tous les jours et vous pouvez taper comme vous le souhaitez.
03:24Et en plus, vous avez la justice révolutionnaire majusculaire à votre service.
03:28Ajoutons un élément, et là, c'est intéressant, où recrutent les antifas?
03:32Où recrutent? Le but reviendra sur les antifas directement dans une seconde.
03:34Où recrutent-ils? Eh bien, aux deux extrêmes de la pyramide sociale.
03:38C'est assez intéressant.
03:39En France, en Europe, souvent, on a pris la peine de le dire, c'est souvent des fils de bourgeois qui vont s'en canailler.
03:44Ce qui n'est pas faux. Il y a une partie de ça.
03:46Mais la nouvelle vague antifas qui date des années 2000-2010, on trouve souvent des individus qui viennent véritablement les éléments les plus désocialisés,
03:55les effondrés psychiques des temps présents, des individus désaxés, qui ne savent plus rien,
04:00et qui trouvent justement dans la violence, le port de la cagoule, la possibilité de l'affrontement, qui trouvent une raison de vivre.
04:06Donc, on doit traiter ces gens-là comme un phénomène, je l'ai dit, politique, mais aussi comme un phénomène psychiatrique, quelquefois.
04:12Un phénomène, à tout le moins, d'effondrement psychique. On l'a devant nous.
04:15Je voudrais garder peut-être une petite minute à la fin pour qu'on puisse revenir sur l'audiovisuel public pour terminer cette émission en attendant l'intervention de Bruno Rotaillot.
04:25Dernière question, Mathieu. On en a parlé un peu, que Donald Trump veut déclarer les antifas à l'organisation terroriste.
04:31Est-ce qu'il faut y voir une vraie riposte, selon vous, contre cette mouvance?
04:34À tout le moins, on vient de nommer la chose importante, et Charlotte a fait un remarquable exposé.
04:38Je le complète en disant une chose, eh bien, il faut savoir d'où vient l'argent qui permet à ces gens de s'organiser.
04:44D'où vient l'argent qui permet à ces gens d'organiser des véritables milices.
04:50D'où viennent, quelquefois, d'où viennent les consignes? Parce qu'il y en a.
04:53J'ai eu l'occasion de parler au fil de ma vie à des policiers des deux côtés de l'Atlantique qui, souvent, nous disent, on sait exactement qui ils sont.
04:59On sait, lorsqu'ils arrivent, on pourrait presque les identifier pour mille et une raisons.
05:03On n'y va pas. Si on était devant des classeurs d'extrême droite, des fascistes, il n'y a pas de doute que la répression serait au rendez-vous.
05:08Donc, quelle est la fonction de ces antifères dans nos sociétés?
05:11Est-ce qu'ils ne sont pas, finalement, l'espèce de bras armés d'une idéologie dominante qui dit que ce sont des monstres, des fascistes, de l'extrême droite, etc.?
05:18Eh bien, eux ont la permission et même le devoir d'aller les cogner physiquement.
05:21Ils sont la sanction physique milicienne d'une idéologie dominante.
05:24Alors, si on peut savoir d'où vient l'argent, si on peut savoir d'où vient le financement, si on peut savoir qui sont les réseaux, parce qu'on voit ça en Amérique du Nord, quelquefois,
05:32telle branche obscure dissimulée dans un syndicat va donner, par exemple, 10 000 $, 20 000, 30 000, etc., accumuler ça, c'est le financement d'une milice.
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