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  • il y a 7 minutes
Dans son édito du 16/02/2026, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00D'une tentative de falsification médiatique et politique à grande échelle.
00:06Oui, nous sommes témoins de cela.
00:08Alors, racontons la manière dont les événements nous ont été présentés depuis samedi,
00:15on pourrait même dire un peu avant,
00:16et surtout, comment les différents camps se sont positionnés dans cette histoire.
00:21Premièrement, nous sommes frappés.
00:22Un jeune militant identitaire a été tué tout simplement.
00:25On comprend tout de suite qu'il s'agit d'une bande d'antifa.
00:28Reste à savoir laquelle.
00:29Mais on comprend, ce sont les méthodes des antifas qui revendiquent d'ailleurs leur violence légitime
00:34contre ce qu'ils appellent les fascistes.
00:36Donc, on le comprend.
00:37Mais au début, vous le noterez, on en parle sur CNews, et on en parle très peu ailleurs.
00:41Il faut pourtant, c'est tellement gros, qu'on ne peut pas durablement occulter les événements.
00:47De quelle manière va-t-on ensuite nous les raconter, plus largement ?
00:51Comme une rixe, c'est la théorie de la rixe.
00:53Rappelez-vous, c'est la même chose avec Crépole à l'époque.
00:55Donc, la théorie de la rixe, ça consiste à dissoudre dans un même récit l'agresseur et l'agressé.
01:03Donc, les deux deviennent interchangeables dans une rixe.
01:06Un affrontement entre militants, nous dit-on.
01:09Donc, les responsabilités seraient partagées.
01:11Et à la fin, celui qui est mort, c'est bien triste sa mort, mais peut-être l'a-t
01:16-il quand même cherché.
01:17Il a participé à la rixe.
01:19Ensuite, il y a un autre élément, on rajoute à cela.
01:22On dira que c'est le retour de la violence politique, au sens large.
01:26Sans savoir qui théorise la violence nécessaire aujourd'hui, les antifas.
01:31Sans noter que ces antifas sont considérés comme un élément de la coalition à gauche aujourd'hui.
01:36Quand on nous parle du retour de la haine aussi, c'est encore une fois un terme très générique.
01:41Et ça, j'ai noté ça dans le traitement médiatique de la chose.
01:43On nous parle, on met beaucoup d'indignation.
01:45Sa mort est terrible, c'est atroce cette mort, c'est absolument scandaleux cette mort.
01:49Pour ensuite, donc on met très fort l'indignation pour neutraliser ensuite l'explication.
01:53Donc, on met de l'avant son émotion pour ne pas parler des faits.
01:57Encore une fois, la violence des milices d'ultra-gauche aujourd'hui.
02:01À travers cela, on nous dit, d'ailleurs, si c'est la faute de tous les extrêmes,
02:04ça permet au bloc central de se ramener au premier rang à la manière de la force raisonnable et rationnelle.
02:11Donc, il y aurait l'extrême gauche cette fois.
02:13Mais l'extrême droite, trop souvent, ces gens-là conduiraient inévitablement à la violence.
02:17Donc, finalement, le bloc central est le gardien contre les extrêmes qui, aujourd'hui, s'empareraient de notre vie.
02:25Ensuite, il y a aussi la théorie.
02:26Ça, c'est un élément, c'est pour avoir l'air sophistiqué et intelligent.
02:29C'est la théorie du contexte lyonnais.
02:31Donc, on dirait, vous savez, à Lyon, il y a des bandes politiques très militantes, violentes quelquefois,
02:35ce qui n'est pas complètement faux.
02:36Mais on rajoute le contexte lyonnais pour dissoudre, ce qui est visible partout sur le territoire,
02:41les milices antifa d'ultra-gauche qui usent de la violence de manière décomplexée.
02:46Mais là, ce récit choque un peu LFI.
02:48Et pas seulement LFI, mais la gauche radicale.
02:50Donc, qu'est-ce que LFI nous dit?
02:51Qu'est-ce que la gauche radicale nous dit?
02:53En fait, les vraies victimes, c'est nous.
02:55Oui, bon, Quentin est passé par là, sa mort est triste, certes.
02:58Mais les vraies victimes, c'est nous.
03:00Et là, nous sommes, raconte-t-il, sans gêne, sans honte.
03:03C'est assez fascinant.
03:03Manquer du sens de la honte à ce point-là, franchement, c'est fascinant.
03:07Donc, on nous explique que l'ultra-droite serait en fait la vraie force de violence en France aujourd'hui.
03:13On nous explique que la Jeune Garde, par exemple, et les milices des antifa
03:17seraient en fait des groupes d'autodéfense contre la violence de l'ultra-droite.
03:21Donc, le récit est retourné en moins de 24 heures.
03:24Le principal acteur de cette histoire, c'est l'extrême-droite qui tue,
03:27même si c'est le jeune Quentin qui est mort.
03:30Et quant à la violence d'ultra-gauche, elle ne serait qu'une violence d'autodéfense.
03:34Je cite d'ailleurs M. Mélenchon qui disait hier, si je ne me trompe pas,
03:37c'est nous qui sommes agressés, réunion après réunion.
03:40Tout a été truqué, arrangé pour faire croire une sorte d'expédition du service d'ordre insoumis
03:44pour traquer un pauvre malheureux.
03:46Fin de la citation.
03:47À quel moment l'accusera-t-on de complotisme?
03:49Alors, la presse de gauche en rajoute.
03:51J'entre dans la presse de gauche, le service public.
03:54Par exemple, on va entendre des journalistes de Libé faire une histoire un peu fantasque et délirante
03:59des morts de l'extrême-gauche ou de l'extrême-droite depuis les années 80
04:02et au final, pour nous expliquer que l'extrême-gauche ne tuerait que par accident
04:06alors que ce qu'ils appellent l'extrême-droite tuerait par principe.
04:09Donc, le vrai danger, encore une fois, Quentin vient de mourir,
04:12mais le danger, c'est ce qu'ils appellent l'extrême-droite.
04:14Sur le service public apparaissent alors les experts.
04:17Vous noterez les experts, ce sont normalement ce qu'on appelle des spécialistes de l'extrême-droite
04:20qui sont normalement des militants d'extrême-gauche, maquillés en universitaire.
04:24Je pense, certains d'entre eux, je permets de le dire quelquefois avec un l'air crasseux, c'est terrible,
04:28parce qu'il y a quand même des limites à un moment donné, je ne le nommerai pas,
04:30mais il y a quand même des limites quand même à envoyer des militants hargneux à la télévision
04:34pour expliquer que la victime, dans les circonstances, l'a quand même un peu cherché,
04:39avec des idées comme les siennes.
04:40Et là, rappelez-vous, je ne me rappelle plus lequel dit,
04:42il faudra en savoir un peu plus, celui qui est mort,
04:44quelles étaient ses idées, quels étaient ses réseaux, quels étaient ses engagements.
04:48Autrement dit, c'est la culpabilisation de la victime.
04:51S'il est mort, c'est parce qu'il l'a bien cherché.
04:53Et de ce point de vue, je pense que c'est une vraie question
04:55pour le traitement de l'information en France aujourd'hui.
04:58Les experts mobilisés par le service public
05:01pour parler de ce qu'ils appellent l'extrême-droite
05:03sont presque toujours des militants décomplexés
05:06qui sont là pour renverser le sens du sujet,
05:09pour inverser le récit, pour falsifier la réalité.
05:13Alors, au terme de cela, je l'ai dit,
05:15on a réfléchi les extrêmes,
05:16qui nous disent, il est mort, c'est triste,
05:18mais franchement, c'est quand même nous, les vraies victimes.
05:21De toute façon, il est mort.
05:22Est-ce que c'est si triste que ça, avec les idées qui étaient les siennes,
05:25sa mort, non seulement on ne va pas la pleurer,
05:27on pourrait peut-être sourire.
05:31Mathieu, on semble quand même découvrir la violence des antifas,
05:35je dis bien ensemble.
05:36En quoi s'agit-il d'une violence politique d'une nature particulière ?
05:40Parce que les antifas réclament un permis de frapper.
05:43Ils réclament même presque un permis de tuer.
05:46Presque, je dis.
05:47Pas tous les antifas.
05:48Mais la mouvance antifas nous dit globalement,
05:51contre les fascistes, il ne faut pas argumenter.
05:54Puisqu'ils voient des fascistes partout,
05:55contre les fascistes, il est légitime de mobiliser la violence sans gêne.
05:59Que nous disent les théoriciens antifas ?
06:01Parce qu'ils en ont, ils écrivent leurs trucs.
06:03Ils disent, il faut rendre le coût de certaines idées si élevées,
06:07donc le coût social, le coût financier, le coût physique,
06:10que vous n'oserez plus avancer certaines idées
06:12parce que vous savez qu'on va vous péter la gueule.
06:15Ils le disent.
06:16Et de ce point de vue, la violence est utilisée
06:18comme un instrument d'intimidation
06:21de ceux avec lesquels ils sont en désaccord.
06:23Donc, ils ont un permis de frapper.
06:25Il ne faut pas oublier que dans leur esprit, je le redis pour eux,
06:27le fascisme commence avec tout ce qu'ils seraient à droite de la gauche radicale.
06:31Oui, tout ce qui est à droite du centre-gauche, de la gauche radicale,
06:33c'est le fascisme pour eux.
06:35Et là, ce qui est assez fascinant dans cette séquence,
06:38c'est que si vous vous interdisez, vous vous dites
06:39« c'est un fasciste, c'est un nazi »,
06:41bien effectivement, on ne va pas discuter avec un nazi.
06:43Si Hitler est vraiment de retour, je me joins à eux pour lui taper dessus.
06:46Mais le problème, c'est que quand vous hitlérisez tout le monde,
06:48vous vous donnez le droit de martyriser politiquement,
06:51de violenter, de censurer, d'espionner.
06:54Parce qu'il ne faut pas oublier que les antifas se comportent comme des milices.
06:56Ils espionnent les militants de ce qu'ils appellent l'extrême droite.
06:59Ils se permettent de les traquer avec l'idée quelquefois
07:01qu'il faut que ça vienne au point.
07:02Et tout, je dirais que c'est une mouvance qui attire son lot de désaccès.
07:06Vous me permettrez de le dire ainsi.
07:07On est devant des gens.
07:08Vous savez, dans toute société, il y a des gens qui ont envie de violence,
07:10qui ont envie de frapper, qui ont envie d'aller jusqu'au bout.
07:12Ils ont envie d'humilier, ils ont envie de mettre leur pied au visage de quelqu'un.
07:15Ces mouvances, ces gens-là existent.
07:17Eh bien, la mouvance antifa aujourd'hui canalise politiquement
07:20et justifie théoriquement des comportements
07:23qui sont ceux d'individus fondamentalement violents.
07:26Et ces enfants, souvent, si je peux me permettre, les militants,
07:29viennent souvent de la haute société,
07:30qui vont pas toujours, mais souvent,
07:32qui vont s'encanailler en jouant à la révolution.
07:34Et à la fin, il peut y avoir un mort.
07:36On l'a eu samedi.
07:38On répète que les antifascistes sont, eux, les vrais fascistes.
07:42Selon vous, est-ce que c'est le cas?
07:44J'ai beaucoup entendu ça de la part de gens que j'estime,
07:46mais ça me semble radicalement faux.
07:48C'est une formule facile qui nous donne l'impression
07:50qu'on retourne ça en disant qu'on lance l'accusation méchante
07:52au visage de l'autre.
07:54Elle est historiquement fausse. Je m'explique.
07:57Ça semble dire qu'au sommet du mal se trouve le fascisme.
08:01Donc, le communisme qui devient vraiment méchant devient fascisme.
08:04L'extrême-gauche qui devient vraiment atroce devient extrême-droite.
08:08C'est l'argument quand on dit la LFI, c'est la vraie extrême-droite.
08:10Quand l'ultra-gauche devient vraiment violente,
08:13elle n'est plus de gauche, elle devient l'ultra-droite.
08:15Cette analyse reconduit la prédeminence morale de la gauche sur la droite.
08:18La gauche ne peut pas faire le mal.
08:21La gauche qui fait le mal devient la droite.
08:23Et c'est historiquement faux.
08:24Si je peux me permettre, Trotsky, Lénine,
08:26toutes les grandes figures de l'histoire du communisme au XXe siècle
08:29ont théorisé la violence légitime et nécessaire
08:31et l'extermination physique, s'il le faut, des ennemis
08:34pour s'en débarrasser s'ils font obstacle à la révolution.
08:36Quand on s'est réclamé dans sa vie de Trotsky ou de Lénine,
08:38il faut au moins savoir qu'on a un jour adoré des gens
08:41qui légitimaient la violence la pire.
08:43Dans l'histoire des totalitarismes,
08:44les ministres fascistes ou communistes s'affrontaient très violemment.
08:49Le communisme a aussi tué par millions,
08:51si je peux me permettre,
08:52et ce ne sont pas des morts accidentelles dans l'histoire du communisme.
08:54Le communisme, c'est négationniste aujourd'hui.
08:56Dans l'université, des gens qui expliquent que Mao, Pol Pot,
08:59les régimes communistes, la RDA,
09:01ce n'était pas si mal que ça, finalement.
09:03Donc, à travers tout cela, je me permettrais de dire
09:04que l'antifascisme est parfaitement capable de tuer par lui-même
09:07sans passer par le chemin du fascisme.
09:09Le fascisme est atroce, assurément,
09:11mais l'antifasciste, qui est aujourd'hui l'héritier militant du communisme,
09:15il frappe et tous se permettent aujourd'hui de détourner le regard
09:18parce qu'ils ne veulent pas assumer ce qui s'est passé.
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