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Avec Jérôme Guedj, député PS de la 6ème circonscription de l'Essonne

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Transcription
00:00Alexandre Jardin
00:01C'est l'heure de votre grand entretien avec le député socialiste Jérôme Guedj
00:05et cette question presque métaphysique
00:07La gauche a-t-elle un avenir face à la radicalisation de ses propres idées face à l'extrême gauche ?
00:13Alexandre, vous avez peut-être vous-même un avis sur la question ?
00:16L'avis, il est simple.
00:19Sociologiquement, nous avons une partie du pays qui est à droite
00:21et une partie qui est à gauche, émotionnellement, historiquement, familialement, j'allais dire.
00:26Bon, est-ce que, s'il n'y a plus de traduction dans les urnes de ces sincérités,
00:33parce que ce sont des sincérités,
00:35si elles ne parviennent pas et qu'elles sont confisquées par des manipulations et des radicalisations,
00:40je ne vois pas bien qui va gouverner la France.
00:43Or, il faut qu'à un moment, un peuple soit connecté à ses élites politiques
00:47et c'est vrai que le parcours de Jérôme Guedj, moi, m'a toujours touché
00:50parce que, d'abord, il est enraciné dans de l'action en banlieue,
00:56donc connecté réellement au terrain,
00:59et il y a toujours eu, chez cet homme, une volonté d'être absolument réglo-éthiquement.
01:05Et au moment où on a vu tous les dérapages d'antisémitisme invraisemblables avec LFI,
01:11j'ai vu une droiture chez lui,
01:14et je suis particulièrement touché par ça,
01:17parce que, moi, familialement, j'ai un grand-père qui était directeur de cabinet de Pierre Laval,
01:22donc qui était aux affaires au moment des grandes rafles, en 1942-1943.
01:26Donc, quand on parle d'antisémitisme meurtrier en France,
01:29familialement, je sais ce que c'est.
01:31Et donc, moi, je pensais qu'on en avait terminé
01:35avec ce truc sordide, absolument glauque,
01:38qui n'a rien à voir avec la France,
01:40et qu'on allait être un peuple qui allait se tenir bien.
01:44Et quand j'ai vu que Jérôme Gage était absolument clair, à gauche,
01:50recadré, ça m'a plu.
01:54Ça m'a plu, cette forme de courage,
01:56parce qu'à un moment, on ne peut pas vivre dans une époque de merde, pardon,
02:00mais à un moment, on doit rester des grands citoyens,
02:03on doit être capable de s'affronter lorsqu'on n'est pas d'accord,
02:06mais dans une forme de dignité.
02:08Qu'est-ce que ça coûte, ce genre de mise au clair ?
02:13Qu'est-ce que ça coûte ?
02:16Alexandre parlait à l'instant du courage,
02:18je ne sais pas si c'est du courage,
02:19moi, celui que je revendique, c'est le courage de la nuance.
02:21Ça me fait penser à un livre de Jean Birnbaum qui porte ce titre,
02:25et dans lequel il y a cette phrase où il dit,
02:27« Dans les périodes de brutalisation, où la mauvaise foi dispute à la haine,
02:31le discours qu'il faut tenir est celui qui vous met tout le monde à dos. »
02:36Je ne dis pas que je cherche à faire ça, mais en tous les cas, je m'astreins à ne pas céder à la facilité
02:42qui consiste à camper des positions les plus radicales,
02:47en se disant que ce sont elles qui vont être entendues,
02:50qui parfois flattent les bas instincts,
02:53s'éloignent d'une forme de, je ne veux pas dire de rationalité,
02:57mais en tous les cas de sincérité dans les choses qui sont dites,
03:02parfois même tout simplement dans le rapport à la vérité,
03:04bref, la période est aux excès et aux outrances.
03:07Alors quand je dis ça, on me dit, ça y est, il devient modéré,
03:09moi, je ne revendique pas une modération,
03:11je revendique juste la politique comme l'espace de la dispute apaisée,
03:14c'est-à-dire d'un endroit dans lequel on peut avoir des idées bien trempées,
03:19mais on les confronte dans le cadre qui est celui démocratique,
03:22de l'élection, de la mobilisation, de la manifestation, etc.,
03:26mais où on n'est pas là à discréditer, délégitimer la parole de l'adversaire
03:30ou du contradicteur à se conforter, vous savez,
03:35dans des zones où on ne parle qu'avec des gens qui pensent comme vous.
03:37Alors les réseaux sociaux, tout ça, ils contribuent,
03:39on évolue dans des espèces de safe zone
03:41où il n'y a que des gens qui pensent comme vous,
03:43et du coup, celui qui dit un petit peu autre chose,
03:46il est perçu comme un intrus, comme un danger.
03:51Et en disant cela, parce qu'Alexandre parlait à l'instant
03:55de la droite, de la gauche,
03:59c'est des concepts qui sont un peu tombés en désuétude,
04:02et moi je revendique que ce n'est pas de la nostalgie,
04:04mais je pense que ce pays a besoin d'une droite républicaine,
04:07et puis il a besoin d'une gauche républicaine,
04:09et que chacun est clair sur ses idées.
04:11On a vu depuis 1981 que l'alternance était possible dans ce pays,
04:14et je préfère des alternances plutôt que des grandes confusions,
04:17fameuses en même temps, dans lesquelles il ne sort plus rien de clair.
04:21Ou des révoltes.
04:22Et évidemment, ça sort des révoltes,
04:25parce qu'il se passe un truc qui est propre à la nature humaine,
04:29quand on a le sentiment, pardonnez-moi l'expression,
04:31d'être cocu, on n'est pas content.
04:34Quand on nous promet qu'on va pouvoir embrasser tous les sujets
04:38sans arrêt, en essayant de satisfaire tout le monde,
04:42alors bien sûr, il faut essayer de produire du consensus,
04:44il faut essayer de produire du compromis,
04:45ce n'est pas un gros mot pour moi dans la politique,
04:47mais en partant de positions qui sont claires,
04:52et pas en pipotant les gens.
04:54Et c'est malheureusement ce qui libère les paroles les plus extrêmes,
04:58et puis sur le sujet que...
05:00Je ne sais pas si on se tutoie ou si on se vouvoie,
05:04on peut se tutoyer, parce qu'on se connaît depuis longtemps,
05:06on a le droit, oui, on peut.
05:07Ce n'est pas de la connivence,
05:09parce que maintenant il paraît qu'on se connaît depuis longtemps.
05:11Moi, ça m'a désespéré de voir que le sujet revenait par la gauche.
05:18Je pensais qu'en effet, on pouvait être clair,
05:22et que dans ce pays, on pouvait, sur quelque chose d'essentiel,
05:25qui soit dans notre pacte républicain,
05:27quand on parle d'antisémitisme, quand on parle de racisme,
05:30bon ben là, on ne cherche pas à instrumentaliser ces questions,
05:32et puis surtout, on ne cherche pas à essentialiser,
05:36à renvoyer chacun à ses origines,
05:39avec l'idée folle,
05:40qui est que le racisme anti-musulman,
05:43ça ne concerne que les arabes et les musulmans,
05:45que l'antisémitisme, ça ne concerne que les juifs,
05:47et qu'on tourne le dos à ce qui fait quand même la force de ce pays,
05:49cette idée d'universalisme,
05:51où on peut avoir des socles communs,
05:54on peut se pouiller sur plein de sujets,
05:56mais il y en a quelques-uns sur lesquels
05:57on ne les jette pas en pâture pour cliver,
06:00en se disant, il y a des gens qui vont être plus sensibles à ce que je dis,
06:04parce que je vais aller titiller ces bas instincts.
06:08Est-ce que vous faites beaucoup engueuler dans votre camp ?
06:11Mais se faire engueuler, c'est le propre du débat politique.
06:14Là où je me fais engueuler, qui est un peu insupportable,
06:16c'est parfois en étant,
06:20en parlant vrai, c'est le titre de cette émission,
06:22c'est-à-dire pas en regardant ailleurs,
06:24parce qu'il y a des contingences premières.
06:26La gauche a fait des accords électoraux à un moment donné,
06:28parce que sa survie passait par là.
06:31Bon, pourquoi pas ?
06:33Moi, j'ai été un fervent défenseur en 2022
06:34de ce qu'on appelait la NUPES,
06:36du Rassemblement de la Gauche et des écologistes.
06:37Sauf qu'à un moment donné,
06:39quand le compte n'y est pas,
06:42et quand certains veulent prendre une sorte d'hégémonie,
06:45imposer leur thème, leur méthode, leur style,
06:48on ne peut pas regarder ailleurs
06:50juste parce qu'on pense à une élection qui pourrait venir,
06:53et avec le risque de la perdre,
06:55en se disant, je pense que ce n'est pas ringard
06:59de parler de valeur dans l'engagement politique.
07:01Moi, je suis allé au bout de cette logique.
07:02En 2024, comme je m'étais fâché avec,
07:05et c'est un doux euphémisme avec la France Insoumise,
07:07avec Jean-Luc Mélenchon,
07:08quand le nouveau Front Populaire s'est reconstitué
07:11après la folle dissolution d'Emmanuel Macron,
07:15moi, j'ai pris mon risque
07:16et j'ai refusé l'investiture de la France Insoumise,
07:18j'ai refusé d'être dans le cadre du nouveau Front Populaire,
07:21j'étais le seul député socialiste à l'époque,
07:22et j'ai pris un risque, puisqu'en face de moi,
07:24du coup, il y a eu une candidature
07:26présentée par la France Insoumise,
07:27et puis à la fin, c'est les électeurs qui ont tranché
07:29et qui m'ont permis d'être élu.
07:32Je pense que le courage, à un moment,
07:34c'est aussi d'aller au bout de ses convictions
07:37en restant dans ce cadre de la dispute apaisée,
07:39parce que sinon, là, c'est la libération,
07:41de la violence,
07:41et moi, ce qui m'effraie,
07:42ce qui m'effraie dans la vie politique,
07:44ici, où on le voit évidemment dans d'autres pays,
07:47ce qui s'est passé aux Etats-Unis récemment,
07:48c'est qu'à force de banaliser cette conflictualisation,
07:53cette brutalisation,
07:54on revient sur ce que la politique avait permis de réguler,
07:58c'est-à-dire à la violence,
08:00comme mode pour trancher les débats.
08:04Et moi, je suis un peu inquiet,
08:05y compris de voir à gauche,
08:06parfois, une sorte de,
08:08pas de fascination,
08:09mais de complaisance avec la violence.
08:11La politique, c'est la dispute apaisée.
08:13On la règle dans le débat,
08:14la confrontation,
08:15le vote,
08:15la discussion,
08:18et pas à coup d'insultes,
08:21voire de coups de poing,
08:24ou pire.
08:24Surtout que votre élection
08:27veut dire qu'on peut courir ce genre de risque.
08:30Mais sans foutre.
08:31On ne peut pas faire confiance à l'autre.
08:33L'autre n'est pas un imbécile.
08:35Surtout, celui auquel je m'adresse,
08:37quand je me présente à une élection,
08:39c'est les électeurs,
08:40c'est le peuple,
08:41c'est les citoyens.
08:42Mais ça montre que le courage peut fonctionner.
08:44Il aurait pu ne pas,
08:47mais dans tous les cas de figure,
08:48c'est après une sorte d'éthique personnelle
08:50qui est de dire,
08:51je ne suis pas prêt à tout sacrifier.
08:53Juste pourquoi d'ailleurs ?
08:54Parce qu'après,
08:55on est pied et point lié dans ce qu'on raconte.
08:58Dans la politique,
08:59il faut avoir une forme de liberté.
09:01Alors, c'est contradictoire,
09:02parce qu'on est lié à un parti politique.
09:04Il y a des règles,
09:05il y a de la solidarité.
09:07Mais il faut en permanence avoir
09:09cette possibilité de dire non.
09:11soyons gaulliens par moments,
09:15dans des moments un peu charnières.
09:17Alors, merci d'être venu dire ça.
09:20Pourquoi ?
09:20Parce qu'évidemment,
09:21on est dans une telle crise de la déconnexion
09:23que le ressentiment envers les élites politiques
09:26fait qu'un Premier ministre qui arrive,
09:29le type n'est même pas là,
09:31que le 66% du peuple ne lui fait pas confiance.
09:34Donc, on a atteint un tel degré
09:36d'inconfiance,
09:40de déconnexion,
09:41qu'il me semble qu'il faut avoir
09:45la possibilité, à nouveau,
09:47sur les ondes, dans le débat public,
09:49de dire, je vais être cash,
09:51je vais être courageux,
09:53je prendrai peut-être une branlée,
09:55peut-être que le peuple va me virer,
09:58mais on peut revenir
10:00au fond à la confiance des autres.
10:03Les autres ne sont pas uniquement des gens
10:06qui se font manipuler par la violence,
10:08manipuler par ceux qu'on a vus dans la rue
10:11il y a deux jours,
10:14et qui n'avaient, au fond,
10:16aucun profit pour personne.
10:18Or, moi, il me semble que
10:20je n'ai pas de couleur politique,
10:23parce que je ne me reconnais pas
10:25dans l'offre politique,
10:27mais je vois bien que
10:29il faut que le peuple puisse exister
10:31à travers ses sincérités.
10:33Jérôme Guedt, je vous propose
10:34de répondre dans un instant,
10:35Alexandre Jardin,
10:36juste après une petite pause,
10:38chers auditeurs,
10:38n'hésitez pas à appeler
10:39que vous soyez de droite, de gauche,
10:41ou ni l'un ni l'autre,
10:42d'ailleurs,
10:43appelez le 0826 300 300,
10:45à tout de suite.
10:45Sud Radio,
10:46midi 14h,
10:47la parole au français,
10:49Alexandre Jardin.
10:50Nous sommes en direct
10:52avec Jérôme Guedt,
10:52député socialiste de l'Essonne.
10:54Monsieur le député,
10:55vous faisiez l'éloge
10:56de la nuance et du débat,
10:58et vous avez souligné
10:59à quel point
11:00c'est devenu compliqué,
11:01en fait, de débattre,
11:02de converser,
11:03assez simplement.
11:04Ça s'est manifesté,
11:05tragiquement,
11:05aux Etats-Unis,
11:06avec l'assassinat
11:07de Charlie Cook.
11:08D'ailleurs,
11:08une petite parenthèse,
11:09est-ce que, justement,
11:10on parle des nuances,
11:11les réactions
11:12de certains politiques,
11:13de certains influenceurs
11:14ou journalistes,
11:15qu'il s'agisse d'Américains
11:16ou de Français,
11:17vous ont choqué ?
11:18Il y a eu des réactions
11:18très enthousiastes,
11:19en fait,
11:20à l'annonce de la mort
11:20de Charlie Cook.
11:21Vous voyez,
11:22je ne comprends même pas
11:23comment,
11:25quelle que soit
11:25l'opinion de la personne,
11:28on puisse se réjouir
11:29de son élimination physique,
11:30de son assassinat.
11:32On est sur le même type
11:33de registre
11:33que ce pays a été capable
11:35de dire
11:35« Je suis Charlie »
11:36quand des dessinateurs
11:37se sont fait trucider
11:39pour leur dessin,
11:40leur opinion.
11:41On peut aimer,
11:41pas aimer,
11:42les caricatures
11:43de Charlie Hebdo,
11:44mais il y a un principe
11:44qui est la liberté d'expression.
11:46Et donc,
11:47le combat politique,
11:47je suis très loin
11:49d'être d'accord
11:50avec ce que racontait
11:52cet influenceur.
11:54Mais concevoir
11:56qu'on puisse se dire
11:56d'une certaine manière
11:57« Il l'a bien cherché
11:58parce qu'il disait des horreurs »,
11:59la régulation,
12:00elle est simple.
12:01S'il dit des horreurs
12:02qui sont attentatoires au droit,
12:03c'est la justice qui tranche.
12:05On poursuit la personne
12:06et c'est le mode,
12:06là aussi,
12:07de régulation des conflits,
12:08c'est la justice.
12:09Mais l'élimination physique,
12:10c'est assumer
12:11et le fait de s'en réjouir,
12:14c'est assumer d'abord
12:15le parallèle.
12:16Ça veut dire que demain,
12:16moi, je peux me faire péter la gueule
12:18dans la rue
12:18parce que les gens
12:19ne sont pas d'accord
12:19avec ce que je dis.
12:20Il y a des gens qui diront
12:20« Gage, il l'a bien cherché. »
12:22Ce que j'ai vécu
12:22dans certaines manifestations
12:23où on a voulu me mettre dehors,
12:26voire aller à la castagne,
12:27juste pour ce que je dis.
12:29C'est le ferment, pardon,
12:31c'est des termes peut-être
12:32grandiloquents,
12:34mais l'étape d'après,
12:35c'est la guerre civile
12:35parce que si on voit des gens
12:37se réjouir d'un meurtre,
12:38alors on se dit
12:39« Je peux faire de même »
12:40et c'est la fuite en avant.
12:42Moi, je suis effaré,
12:44je combats les idées
12:45des uns et des autres,
12:46mais jamais je ne me réjouis
12:47du recours à la violence
12:48et de l'assassinat politique
12:50parce que la réalité,
12:51c'est que ça veut dire
12:52que la violence devient
12:52la norme dans la société
12:54et ça, c'est...
12:56Alors, on parlait du cadre
12:57du débat politique,
12:58il n'y a plus de débat politique
12:59le jour où il y a la violence
12:59parce que c'est lui
13:00qui sera le plus fort,
13:01c'est lui qui aura
13:02la troupe avec lui,
13:03qui aura les gros bras.
13:05C'est le contraire,
13:05encore une fois,
13:07de ce que fait
13:08la régulation citoyenne
13:09du débat démocratique.
13:09Qu'est-ce qui nourrit
13:11selon vous cette violence
13:12qui se manifeste,
13:13dans certains cas,
13:14on peut parler des manifestations
13:15justement d'une militante
13:17de Némésis
13:17qui s'est faite agresser
13:18aux manifestations
13:18du 17 ans,
13:19mais plus globalement
13:20de ces appels
13:21à légitimer parfois
13:22la violence venant
13:23de responsables politiques.
13:25On a de multiples exemples,
13:26on n'est pas obligé
13:27de les nommer.
13:27Ça vient d'où ?
13:28Qu'est-ce qui nourrit
13:29cette chose-là ?
13:30C'est ce qu'on évoquait
13:31tout à l'heure
13:32de l'incapacité
13:33de la défiance
13:36qui se nourrit
13:37de gouvernants
13:38d'abord
13:40qui assument
13:41une part de leur impuissance
13:42qui disent
13:42bon,
13:42je n'arrive pas
13:43à traiter des sujets
13:44et donc je fais des mots,
13:46j'occupe l'espace,
13:47je suis préoccupé
13:48uniquement
13:48par la seule
13:49pérennité et survie
13:51de mon exercice
13:51du pouvoir
13:52et puis aussi
13:56à cette facilité
14:00que certains responsables
14:05publics,
14:05politiques
14:06de ne plus introduire
14:08cette complexité.
14:09Il faut être
14:10le plus maximaliste,
14:13il faut être le plus campé,
14:14il faut être le plus outrancier
14:15et donc quand on est capable
14:18de dire n'importe quoi
14:20dans le débat politique,
14:22alors après on est capable
14:23de faire n'importe quoi
14:24dans la vie de tous les jours.
14:26C'est-à-dire que le rapport
14:26à la vérité,
14:28on a beaucoup parlé
14:28des fake news,
14:30de pouvoir marteler
14:31des choses
14:32qui n'ont plus rien à voir,
14:35encore une fois,
14:36débattons,
14:37vous voyez,
14:37la défiance sur la science
14:38par exemple,
14:39aujourd'hui,
14:40c'est le premier signal
14:42du renoncement
14:43à l'esprit des lumières,
14:44c'est-à-dire on débat,
14:46on discute
14:46sur la base de faits
14:48et puis après
14:48on a l'interprétation
14:49de ceci,
14:50on a la lecture
14:51qu'on en donne,
14:52on a les conséquences
14:53qu'on en tire
14:53mais on ne peut pas
14:56se dire
14:57en fait c'est le pari
14:59de la bêtise
14:59qui est faite.
15:00C'est-à-dire
15:01l'échange,
15:02l'interaction humaine
15:03c'est le pari
15:04de l'intelligence
15:04permanent,
15:05on essaye d'aller chercher
15:05le meilleur.
15:06Là, on se dit
15:07c'est plus simple,
15:07allons chercher la bêtise,
15:09entretenons-la
15:09et ça va passer crème.
15:12Donc tout ça
15:14est assez flippant
15:15ce que vous disiez
15:17sur moi
15:17encore une fois
15:18mais c'est arrivé
15:18à plein de moments
15:20de se réjouir
15:22de cette violence.
15:23Il y a aussi
15:23une fascination
15:24pour la violence
15:25qui normalement
15:26a été contenue
15:27par l'éducation,
15:28par les lumières
15:29et aujourd'hui
15:32mon discours
15:34est un peu
15:34un discours d'impuissance
15:35mais repartons,
15:37il y a du bon sens
15:38et il y a
15:39de l'intelligence
15:40dans les tréfonds
15:43de la société.
15:44C'est une majorité
15:45parfois silencieuse,
15:46je n'aime pas toujours
15:47ce concept
15:47mais il faut qu'elle l'ouvre,
15:49il faut qu'elle dise
15:49que ce n'est plus
15:50en notre nom.
15:52Très important
15:53ce que vous dites.
15:54C'est-à-dire
15:54que la majorité silencieuse
15:56dise
15:57qu'on ne veut pas
15:57d'une inconduite
16:00en France.
16:02On veut rester
16:02un grand peuple.
16:03Mais c'est vrai
16:03que là je reviens
16:05sur des choses
16:05peut-être terre à terre,
16:06il faut quand même
16:07je n'exonère pas,
16:09il faut qu'il y ait aussi
16:10de l'exemplarité
16:11de ceux qui prétendent
16:13conduire les affaires
16:14du pays.
16:15Et là,
16:15la défiance,
16:16le cœur de la défiance
16:17qu'on vit
16:17et qui s'accentue
16:19dans notre pays
16:20en ce moment,
16:21c'est cette situation
16:22à laquelle on n'a pas
16:23été habitués,
16:23c'est-à-dire
16:24d'habitude
16:25c'est la démocratie
16:26et donc le fait majoritaire
16:27qui permet de trancher
16:28les débats.
16:28On aime ou on n'aime pas
16:29mais c'est limpide.
16:30Ce que je disais tout à l'heure,
16:31l'alternance permet de dire
16:32qu'à un moment
16:33c'est la gauche
16:33qui est en responsabilité,
16:34elle a la majorité,
16:35elle fait ses trucs,
16:36si les gens sont contents,
16:37ils les reconduisent au pouvoir,
16:38s'ils ne sont pas contents,
16:39ils les sanctionnent,
16:40c'est ce qui se passe
16:41dans une mairie,
16:41si les gens sont contents
16:42ou pas contents de leur maire,
16:43quelle que soit sa couleur politique.
16:45Là,
16:45pour la première fois,
16:46on se retrouve dans une situation
16:47pour laquelle les institutions
16:48n'étaient pas préparées,
16:49à savoir,
16:49il n'y a pas de majorité nette,
16:50il y a trois grands blocs
16:51qui se regardent
16:52en chien de faïence.
16:53Donc,
16:54soit on se dit
16:55c'est comme ça
16:57et on est dans l'impasse,
16:59soit
16:59on tient compte
17:00un petit peu
17:032024,
17:05c'est que,
17:06et c'est peut-être même avant,
17:08parce que le vote,
17:08il traduit
17:09le fait que
17:10des sujets
17:12ne sont pas pris
17:12à bras-le-corps.
17:14On me posait
17:14la question tout à l'heure,
17:16il faut que la gauche
17:17soit elle-même,
17:18bon,
17:18la gauche,
17:19à un moment,
17:19elle parle
17:20de ce qui fait
17:22les préoccupations,
17:23les vulnérabilités,
17:24les fragilités,
17:26les aides-soignantes,
17:26les aides à domicile,
17:27les personnes âgées,
17:28les personnes handicapées,
17:29le travail
17:29qui doit payer.
17:31Bon,
17:32et quand on ne parle plus
17:33de tout ça,
17:33qu'on a un discours
17:34économiciste
17:35où on parle plus
17:35en milliards
17:36qu'en dizaines d'euros
17:37qui sont le quotidien
17:38des gens,
17:39les gens,
17:40voilà,
17:40ils se disent,
17:40donc déjà,
17:41déjà il y a cette déconnexion
17:42et puis après,
17:43quand il y a un vote
17:44avec cette tripartition
17:46et qu'il y a une espèce
17:47de bras d'honneur
17:48qui est fait en disant
17:49on n'en tient pas compte,
17:50on ne tient pas compte
17:51de ce que ça dit.
17:52C'est pour ça que je disais
17:52tout à l'heure
17:52que le compromis
17:53n'est pas un gros mot
17:54dans la période,
17:54moi je suis un de ceux
17:55qui dit
17:55essayons le compromis,
17:57c'est inédit,
18:03contradictoire
18:03avec des positions tranchées
18:06que j'ai pu avoir
18:06mais il y a un principe
18:07de réalité
18:07parce que s'il n'y a pas
18:08le compromis,
18:08alors,
18:10ça se règle dans la rue
18:13et on ne sait pas comment.
18:15Or là,
18:16d'échec en échec,
18:17ce n'est pas ce qui se passe
18:18et la nomination
18:18du nouveau Premier ministre
18:20peut être vécue
18:23comme une sorte
18:23de perpétuation
18:25de ce refus
18:25de tenir compte
18:26de ce qu'il s'est exprimé.
18:28Il y avait d'autres choses
18:29à faire.
18:29Le chiffre est très impressionnant.
18:32Des 66% des gens
18:33qui n'étaient pas évident.
18:33C'est très impressionnant.
18:35Mais c'est évident.
18:36C'est à peu près
18:36les deux tiers des gens
18:37qui n'ont pas...
18:38Parce que,
18:39vous voyez,
18:39dans d'autres périodes,
18:41des gens pouvaient comprendre
18:42la cohérence
18:43de la nomination de quelqu'un.
18:44Mais là,
18:44le signal qui est envoyé,
18:46c'est...
18:46Il n'est pas cohérent.
18:48Tout ce qui s'est dit,
18:49tout ce qui s'est fait,
18:50on n'en tient pas compte.
18:52Et ça,
18:53ça,
18:54ça ne fonctionne nulle part.
18:55Dans une boîte,
18:56si le patron
18:57ne tient pas compte
18:58de ce que ses salariés
18:59lui disent,
19:00au bout d'un moment,
19:00ça n'a pas fonctionné.
19:02Parce qu'on fait un collectif.
19:04C'est le vrai
19:04dans une association
19:05de quartier,
19:06dans une famille
19:07et encore plus
19:08dans un pays.
19:09Où est-ce que vous êtes
19:10à la fin de la semaine ?
19:12Là ?
19:13Qu'est-ce que vous faites
19:13ce week-end ?
19:14Vous partez
19:17faire une expérience ?
19:19Ah non,
19:19ça,
19:19c'est la semaine prochaine.
19:20C'est ce week-end.
19:21Parce que le week-end dernier,
19:22c'était les fêtes
19:23des associations,
19:23tous les gens
19:24qui viennent s'inscrire.
19:26On en parlait là.
19:26Non,
19:27la semaine prochaine,
19:28c'est prévu
19:29de longue date.
19:31Je deviens auditeur
19:32à l'Institut des Hautes Études
19:33de la Défense Nationale.
19:34Vous faites un stage de commando.
19:35Et c'est un endroit
19:36où des gens
19:37qui ne sont pas des militaires,
19:39mais avec des militaires,
19:40avec des élus,
19:41locaux,
19:42nationaux,
19:43avec des chefs d'entreprise,
19:45s'approprient
19:46les questions
19:46de défense nationale
19:47qui sont essentielles
19:48dans l'histoire d'un pays.
19:49Et donc,
19:50on va avoir des cours,
19:51etc.
19:52Mais chaque mois,
19:52on va faire aussi
19:53une immersion
19:53sur le terrain
19:55avec des militaires.
19:56Et moi,
19:56je ne connais pas bien
19:57ce monde-là.
19:57Et donc,
19:58la semaine prochaine,
19:58je suis en stage commando
19:59à côté de Perpignan
20:01pour voir le quotidien
20:04et les enjeux
20:05de nos militaires.
20:05Moi,
20:06j'ai plus l'habitude
20:06de connaître...
20:08Moi,
20:08je travaille beaucoup
20:08sur les questions de santé,
20:09d'hôpital,
20:10de maison de retraite.
20:11Donc,
20:11c'est un univers
20:11que professionnellement,
20:13je connais mieux.
20:15Et donc,
20:15voilà,
20:16je pense qu'il y a besoin...
20:17On parlait de déconnexion.
20:18Quand on parle de sujet,
20:19il faut quand même
20:20aller se frotter
20:20à la réalité de ceci.
20:21Les questions de défense
20:22vont être cruciales
20:23dans les années et décennies
20:26qui viennent.
20:27Et je pense que c'est bien
20:27si on retisse ce lien
20:29entre l'armée et la nation.
20:30Et je voulais rendre hommage
20:31à l'armée
20:31qui a ce système,
20:33l'IHEDN,
20:34qui est d'une profonde
20:35intelligence d'écoute
20:36de la société.
20:38Mais parce que l'armée...
20:40Je viens de parler
20:40du lien armée-nation.
20:42Je pense qu'il est essentiel.
20:44On n'y pense pas trop
20:46quand on est en temps
20:46de paix et de sérénité.
20:47Mais là,
20:49les cieux mauvais
20:50qui s'accumulent
20:51nous obligent quand même
20:52un peu à tenir compte
20:53de concrètement
20:55comment...
20:56C'est quoi ce concept
20:56de défense nationale
20:57et comment il se décline.
20:59Et en effet,
21:00les militaires,
21:01c'est un des piliers.
21:02C'est vraiment
21:04un truc exemplaire
21:05de la France.
21:06Je trouve,
21:07oui,
21:07parce que ça a introduit...
21:08Là, j'en parle
21:09avant de le découvrir,
21:10mais les précédentes promotions
21:11m'ont un peu expliqué ça.
21:13Il y a besoin
21:15de faire ce lien
21:16en permanence
21:16avec un pilier
21:18aussi essentiel
21:18de notre nation
21:20qu'est l'armée.
21:20Vous faisiez référence
21:22aux 66% de Français
21:23qui ne font pas confiance
21:24en ce nouveau Premier ministre.
21:26L'un des slogans
21:27prononcés
21:29pendant ces manifestations
21:30du 10 septembre,
21:31et d'ailleurs,
21:31on pourra peut-être
21:31en parler dans un instant
21:33de cette récupération,
21:34notamment du 10 septembre,
21:35c'était Macron démission.
21:37C'était le problème,
21:38c'est pas le nouveau Premier ministre,
21:39c'est pas le gouvernement,
21:40c'est Emmanuel Macron.
21:41Vous, Jérôme Guedj,
21:42comment vous voyez,
21:43vous n'êtes pas devin,
21:44bien sûr,
21:44mais comment vous voyez,
21:45là,
21:46c'est un an et demi
21:46qui reste
21:48pour le Président
21:48de la République,
21:49est-ce que selon vous,
21:50Emmanuel Macron
21:51arrive un petit peu
21:52en fin de règne,
21:53mais on le dit
21:53depuis plusieurs années déjà,
21:54ceci dit,
21:55et donc devrait
21:56aboutir à une démission ?
21:58Alors,
21:59je vais partir
22:00de l'option
22:01de la démission
22:01et vous expliquer
22:02pourquoi
22:02c'est pas ma tasse de thé.
22:04Parce que,
22:05s'il y a bien
22:05ce pays,
22:07c'est ainsi,
22:08a fait de l'élection
22:08présidentielle
22:09un peu
22:10l'alpha et l'oméga
22:12de la vie politique.
22:13C'est peut-être
22:13exagéré,
22:15mais c'est ainsi.
22:16Voilà,
22:16il y a ce lien
22:16particulier.
22:17Et donc,
22:18moi,
22:19la pire des choses
22:19qui pourraient se passer là,
22:21c'est,
22:22rentrons dans la logique
22:23d'une démission
22:24du Président de la République,
22:25que certains appellent
22:26de leur vœu,
22:26il y aura même
22:27une motion de destitution
22:27qui va être examinée
22:28à l'Assemblée Nationale,
22:29je ne la voterai pas.
22:31Parce que,
22:31alors,
22:31s'il y a bien une chose
22:32dont on n'a pas besoin,
22:33c'est un débat présidentiel
22:34en 35 jours dans le pays.
22:35Parce que si le jour
22:36où il y a une démission
22:36du Président de la République,
22:37c'est prévu par un des articles
22:39de la Constitution,
22:40si le Président meurt
22:42ou s'il démissionne,
22:42l'élection,
22:43c'est normal,
22:43il faut assurer,
22:44le Président du Sénat
22:45fait l'intérim
22:45pendant 35 ou 40 jours maximum.
22:48Donc,
22:48ça veut dire que
22:48en 35 jours,
22:50il faut faire ce grand débat
22:51démocratique.
22:52Et là,
22:52je pense que c'est la pire.
22:53Alors là,
22:53pour le coup,
22:54si on veut être certain
22:54de renouer avec ce que
22:55j'évoquais tout à l'heure,
22:56à savoir des positions
22:57caricaturales,
22:59antagonistes,
23:00pas capables d'introduire
23:01cette nuance,
23:02de faire vivre des débats
23:03qui sont complexes
23:04et dont on ne parle pas
23:05suffisamment.
23:07Il y a plein de débats
23:08pour lesquels
23:09le coup de projecteur
23:10de l'élection présidentielle,
23:11à mon avis,
23:12et moi,
23:12c'est un des reproches
23:12que je fais aux précédentes
23:13élections présidentielles,
23:15c'est qu'en réalité,
23:16elles n'ont pas mis
23:16des visions de la société,
23:18des projets un peu concrets
23:19ou alors quand ça a été fait,
23:20ils ont été passés
23:21par-dessus bord
23:22assez rapidement.
23:24Et donc,
23:24moi,
23:24je préfère qu'on ait
23:25une année 2026,
23:262027
23:26avec un vrai débat démocratique.
23:28S'il y a concrètement
23:29une élection présidentielle
23:30provoquée rapidement,
23:34alors ça va être
23:35à celui qui aboie le plus fort.
23:36Et je pense que ce n'est pas
23:37ce dont le pays a besoin.
23:39On continue d'en parler
23:39dans un petit instant,
23:40Jérôme Guedj.
23:41Merci d'être avec nous,
23:42chers auditeurs,
23:43si vous voulez nous appeler,
23:44réagir,
23:450826 300 300.
23:47A tout de suite.
23:49Sud Radio.
23:49Sud Radio.
23:50Sud Radio.
23:50Midi 14h,
23:52la parole au français,
23:53Alexandre Jardin.
23:55Nous sommes toujours
23:55avec Jérôme Guedj,
23:56député du Parti Socialiste
23:57de la sixième circonscription
23:59de l'Essonne
23:59et nous sommes en ligne
24:00avec un auditeur,
24:01Karim,
24:02qui nous appelle des Mureaux.
24:03Bonjour Karim.
24:03Bonjour.
24:04Oui, bonjour.
24:04Bonjour Karim.
24:05On vous écoute.
24:07J'ai écouté le débat
24:09depuis tout à l'heure
24:10et puis je suis un auditeur
24:12fidèle de votre radio
24:13qui change un peu
24:14de ce qu'on entend habituellement.
24:17Et en fait,
24:17je me faisais une réflexion
24:18depuis très longtemps,
24:19c'est qu'en fait,
24:20quels que soient
24:20les hommes politiques
24:21qui passent,
24:22quels que soient leurs partis
24:22depuis une vingtaine,
24:24trentaine d'années,
24:25en fait,
24:25je constate qu'ils sont
24:27toujours en train
24:28de réparer les fissures
24:30du mur avec du plâtre.
24:32Il n'y a aucun moment
24:32il y en a qui se posent,
24:34quel que soit le parti,
24:35en se disant,
24:36mais qu'est-ce qui fait
24:36les fissures du mur ?
24:37Moi, je suis du bâtiment
24:39et quand il y a une fuite,
24:41je ne suis pas en train
24:42de mettre du joint
24:42tous les six mois
24:43ou tous les trois ans.
24:44Mais qu'est-ce qui crée
24:45la fuite ?
24:46Et en fait,
24:47de mon point de vue,
24:48personne ne fait ça,
24:49quel que soit le domaine,
24:50que ce soit l'immigration,
24:52le travail,
24:53l'Europe,
24:54la natalité,
24:54l'éducation
24:55et la santé.
24:56En fait,
24:56tout,
24:57monsieur le député,
24:58je ne sais pas vous
24:59que j'incrimine,
25:00mais à partir du moment
25:01où vous êtes partisan
25:03d'un des partis
25:05qui a déjà été au gouvernement
25:06ces 30 dernières années,
25:07en fait,
25:08on sait pertinemment,
25:09enfin,
25:10moi j'ai compris
25:10que vous ne pourrez rien faire
25:11parce que,
25:12en fait,
25:12c'est le serpent
25:13qui se mord la queue.
25:14Quand on veut changer le travail,
25:16on ne peut pas
25:16parce que c'est l'Europe.
25:17Quand on veut changer l'Europe,
25:18on ne peut pas
25:19parce que les entreprises
25:20vont partir.
25:21Quand on parle de travail,
25:23on ne peut rien faire
25:23sinon les entreprises
25:24vont partir à l'étranger.
25:26Et donc,
25:26du coup,
25:26on fait venir
25:27de l'immigration
25:27qui coûte moins cher.
25:28En fait,
25:29il faut que les gens comprennent
25:30que le système représentatif
25:33de démocratie représentative
25:34que l'on a,
25:35en fait,
25:36il est mort,
25:37il est voué à l'échec.
25:38En fait,
25:39il faut vraiment,
25:39je pense,
25:40changer de système.
25:43Jérôme Gage,
25:43est-ce qu'il faut
25:44reconstruire la baraque ?
25:46Oui,
25:47merci Karim
25:48parce que ça fait écho
25:49à ce que je disais tout à l'heure
25:50quand je parlais
25:51de la présidentielle
25:52en disant
25:52c'est intéressant
25:54parce que les sujets
25:55qui sont mis sur la table,
25:56notre rapport
25:57à la construction européenne,
25:58notre rapport au travail
26:00et notre rapport
26:03à une idée de souveraineté,
26:05qu'est-ce que c'est
26:05faire nation ?
26:07C'est des sujets,
26:08en effet,
26:08qui sont regardés
26:10soit par une approche technique,
26:12soit on est impuissanté
26:13immédiatement
26:14en se disant
26:14c'est trop compliqué
26:15d'aborder les sujets.
26:16donc oui,
26:18je pense,
26:20alors moi je ne suis pas
26:20un partisan
26:21de dire
26:21il faut renverser la table
26:23et se dire
26:23il y en a certains
26:25qui disent ça
26:25faisons tout péter,
26:26bloquons tout
26:27et on verra bien
26:28ce qui se passe
26:28mais regardez
26:29sur ces sujets
26:31en sortant des ornières
26:32que les uns et les autres
26:33nous pouvons avoir
26:34et par exemple
26:34et merci d'avoir parlé
26:35de la question européenne
26:37parce que moi je fais partie
26:38de ceux qui pensent
26:39que c'est un projet politique
26:41formidable,
26:42formidable,
26:43a fortiori au moment
26:43où les empires
26:44se construisent
26:45mais à condition
26:45qu'on sache
26:46ce que ça veut dire
26:48être européen
26:48et quel est le sens
26:51d'avoir construit
26:52cette entité politique.
26:54Moi c'était mon premier vote
26:55quand j'avais 20 ans
26:56j'ai voté oui à Maastricht
26:57par contre en 2005
26:5813 ans après
27:00j'ai voté non
27:00parce que j'ai eu le sentiment
27:01que ce qu'on m'avait proposé
27:04à savoir
27:04une intégration monétaire
27:06et économique
27:06qui mécaniquement
27:07allait produire
27:08de l'intégration
27:10citoyenne,
27:11sociale,
27:11etc.
27:12c'est pas ça qui se passait
27:12on a fait un grand marché
27:14mais on a organisé
27:15de la compétition
27:15de tous contre chacun
27:17à l'intérieur même
27:18des frontières
27:18de l'Union Européenne
27:20et quand on a commencé
27:21à avoir des délocalisations
27:23d'industries automobiles
27:24françaises
27:24qui allaient s'installer
27:25en Roumanie
27:26ou en Slovaquie
27:28ou en Pologne
27:28on s'est dit
27:29mais est-ce que c'est ça
27:29l'idée qu'on se fait
27:30qu'on va être ensemble
27:32dans la grande compétition
27:34internationale
27:35et tant que
27:36et comme ça ruisselle
27:39et ça conditionne
27:40beaucoup des sujets
27:42notamment celui
27:42du rapport au travail
27:43de la réindustrialisation
27:45du pays
27:46de la convergence
27:47économique et sociale
27:49enfin
27:49moi je serais
27:50un Européen
27:52heureux
27:52le jour
27:53où on aura
27:53des niveaux économiques
27:54comparables
27:55on a fait des critères
27:57pour faire une monnaie unique
27:58mais on n'a pas fait
28:00des critères
28:00pour faire
28:01un système
28:02de protection sociale
28:03qui soit à peu près
28:04homogène
28:04qui fait que des entreprises
28:05ne vont pas ailleurs
28:06parce que c'est moins cher
28:06on n'a pas
28:07un SMIC européen
28:09qui est comparable
28:09et donc on se retrouve
28:10avec des travailleurs détachés
28:12qui viennent travailler
28:13en France
28:14dans les conditions
28:15catastrophiques
28:16dans les conditions
28:16de travail
28:17et donc ça
28:17on tue même l'idée
28:19du bénéfice européen
28:22et là
28:22on a manqué de courage
28:24parce que
28:25quand je dis on
28:26c'est collectivement
28:27mais y compris
28:27de dire
28:28qu'il ne suffit pas
28:29de dire
28:30on est Européen
28:30Européen
28:31Européen
28:31en sautant sur la chaise
28:32comme un cabri
28:33comme disait le général de Gaulle
28:34si on ne met pas un contenu
28:37et le contenu
28:38c'est la singularité
28:39je le dis
28:40dans la période
28:41de
28:42alors c'est peut-être
28:42un grand mot
28:43d'un modèle social
28:44dans lequel
28:45on est capable
28:46de faire ce
28:46ce compromis
28:47entre le capital
28:48et le travail
28:48d'organiser le partage
28:49des richesses
28:50et de
28:51pas considérer
28:52qu'on sacrifie tout
28:53à
28:54un modèle économique
28:56dominant
28:56qui est celui
28:57d'accaparement
28:57de cupidité
28:58d'accaparement
28:59des richesses
29:00et c'est vrai
29:01sur les autres sujets
29:02qu'a mentionné
29:04Karim
29:05
29:06dès qu'on veut toucher
29:09à quelque chose
29:09on dit
29:10ça va faire tomber
29:12l'édifice
29:12en l'occurrence
29:13la maison
29:13donc moi je ne suis pas
29:14partisan de tout casser
29:15pour pouvoir reconstruire
29:17mais je sais qu'on peut
29:18faire des rénovations
29:19en faisant autre chose
29:20que quand le matériel
29:21est fissure
29:21je suis très sensible
29:23à ce que vous avez dit
29:24Karim
29:24parce que c'est
29:26une de mes très
29:27très grandes différences
29:28avec notre invité
29:29c'est que je considère
29:31que
29:31tous les sujets
29:33que vous évoquez
29:33doivent être traités
29:35et ne sont finalement
29:36on se rend bien compte
29:37on n'arrive pas
29:38par la démocratie représentative
29:40à les traiter
29:40je ne dis pas
29:41que ce ne serait pas
29:42mieux qu'on y arrive
29:43mais c'est quoi
29:43l'alternative
29:44à la démocratie représentative ?
29:46alors nous on a monté
29:48l'alternative
29:49ou le complément ?
29:50oui le complément
29:50puisque évidemment
29:52le complément
29:54nous on a lancé
29:56le mouvement des gueux
29:56pour que
29:57à terme
29:58on puisse vivre
29:59en France
29:59dans une démocratie
30:00aussi directe
30:02en complément
30:03de la démocratie
30:05représentative
30:06et on a un voisin
30:07où le citoyen
30:08la Suisse
30:09où le citoyen
30:10n'est pas viré
30:11le soir de la présidentielle
30:13ou de législative
30:15chez eux
30:15il n'est pas viré
30:17le citoyen existe
30:18pendant les 5 ans
30:19pas tous les 5 ans
30:21c'est-à-dire
30:22que ce sont des gens
30:22qui parient
30:23sur l'intelligence
30:24de tous
30:26qui parient
30:27sur l'intelligence collective
30:28et qui par
30:29les processus référendaires
30:31influencent énormément
30:32le parlement
30:33puisque 93%
30:35des lois
30:35en Suisse fédérale
30:36sortent du parlement fédéral
30:38sauf que
30:39le parlementaire fédéral
30:40écoute
30:41parce qu'il peut
30:42prendre dans les dents
30:42un référendum
30:44le premier qui fait ça
30:45il aura gagné
30:46et bien
30:46je vais vous dire
30:48il y a 500 militants
30:49par jour
30:50supplémentaires
30:51dans le mouvement des gueux
30:52c'est à peu près le rythme
30:53de montée de notre mouvement
30:54parce qu'on ne veut pas
30:56qu'en 2027
30:57qui que ce soit
30:58ait un chèque en blanc
30:59parce que
31:00c'est pas un procès
31:02fait au parti
31:03si ça avait pu marcher
31:04on se recroît
31:06mais pour l'instant
31:07on est dans des situations
31:08de blocage
31:08moi je suis séduit
31:09par l'idée
31:10de mettre la pression
31:11sur
31:12ceux qui jouent
31:13le rôle
31:14qui incarnent
31:16la démocratie représentative
31:17c'est un des effets
31:18voilà
31:18je comprends parfaitement
31:21après
31:22la modalité
31:23parce que la Suisse
31:23c'est pas tout à fait
31:24la taille
31:25de la France
31:26est-ce qu'on est capable
31:27sur ceux des grands sujets
31:29qu'on a
31:30à trancher
31:31de se dire
31:32c'est le référendum
31:35parce que le référendum
31:35à un moment donné
31:36il y a quelqu'un
31:37il y a quelqu'un
31:38qui vient proposer
31:39un texte
31:39je vous prends un exemple
31:40sur un des sujets
31:41on a débattu
31:43de manière intermittente
31:44sur la question
31:44de la fin de vie
31:45et de l'aide
31:46à mourir
31:47bon
31:47là moi j'y ai vu
31:50une qualité
31:51du débat parlementaire
31:52qui a permis
31:53de faire bouger
31:54des curseurs
31:54etc
31:55à la fin
31:56si on avait soumis
31:57au vote
31:58le texte initial
31:59du gouvernement
32:00celui qui avait été
32:01présenté par Emmanuel Macron
32:02et les ministres
32:04à l'époque
32:04et donc la question c'est
32:07est-ce que vous acceptez
32:08ce texte
32:08oui ou non
32:08ou alors ça veut dire
32:09qu'on fait vraiment
32:10du multiple
32:11ou sur chacun des points
32:12est-ce que vous êtes
32:13pour les directives anticipées
32:14est-ce que vous êtes pour
32:1593% des lois fédérales suisses
32:18sortent de la complexité
32:20du travail parlementaire
32:21et de l'écoute
32:22et de l'écoute du peuple
32:24donc ça veut dire
32:24qu'on fait trancher
32:25par un référendum
32:26qui est une question
32:27oui ou non
32:27le parlement fédéral suisse vote
32:30mais simplement
32:31le peuple
32:31si aussi il est mis
32:32devant le fait accompli
32:33d'une absurdité
32:34il peut se défendre
32:36et donc là
32:37c'est plutôt l'idée
32:38du référendum
32:39du référendum
32:40un peu
32:40révocatoire
32:42en disant
32:43le parlement a travaillé
32:44à adopter ce texte
32:45est-ce que vous le
32:46est-ce que vous le confirmez
32:47c'est exactement la proposition
32:48qu'on faisait nous
32:49après la réforme des retraites
32:50parce qu'on voyait bien
32:50qu'il y avait des débats
32:51dans le pays
32:51une fois que la réforme
32:53a été adoptée
32:53de dire aux gens
32:54mais est-ce que vous voulez
32:55vraiment de cette réforme-là
32:56est-ce que vous êtes pour ou contre
32:56en fait
32:57ça revient à se dire
32:58que quand on a une crise politique
33:00c'est peut-être complètement fou
33:01de vouloir le faire
33:02sans le peuple
33:02je suis d'accord
33:03je reprends cet exemple
33:05de la réforme des retraites
33:05il y a eu des débats
33:06elle passe en force
33:07etc
33:08à la fin on demandait
33:09on avait même déposé
33:10pour faire ce qu'on appelle
33:11un référendum
33:12d'initiative partagée
33:13alors comme c'est
33:14super compliqué
33:15de faire le référendum
33:16d'initiative partagée
33:17on n'en a pas fait un seul
33:18c'est quand même assez cocasse
33:19de se dire que c'est un truc
33:21qui a été introduit
33:21c'était Nicolas Sarkozy
33:23qui crée ce dispositif
33:24en 2008
33:25et que donc
33:2617 ans après
33:27on n'a pas usé
33:28d'un article qui a été introduit
33:29dans la constitution
33:30parce qu'il est impraticable
33:31mais pourquoi il est impraticable ?
33:32mais parce qu'il faut
33:33des conditions
33:34il faut que le référendum
33:35porte sur un texte
33:36sur lequel une loi
33:37n'a pas été adoptée
33:38dans l'année qui précède
33:38donc on ne peut même pas
33:39le faire immédiatement
33:40pour supprimer une loi
33:41qui a été adoptée
33:42c'est le contraire
33:42de ce que tu décrives à l'instant
33:44et il faut réunir
33:46le million de signatures
33:48pour le faire
33:50et qu'après
33:50ça soit inscrit
33:52à l'ordre du jour
33:53de l'Assemblée nationale
33:53donc c'est vraiment
33:54d'accord ces enfants
33:55par exemple sur la fin de vie
33:56dans le mouvement des gueux
33:57il y a une réflexion
33:58avec beaucoup de médecins
33:59qui viennent vers nous
34:00et qui disent
34:01une chose très simple
34:02la France fait très attention
34:04à ses bébés
34:05700 000 naissances
34:07on fait attention
34:09à l'arrivée des mamans
34:10aux soins des mamans
34:11et des bébés
34:12quand on meurt en France
34:13on a nos structures
34:14d'accompagnement
34:15de décès
34:16qui couvrent
34:1840% du besoin
34:19ça veut dire
34:20qu'on laisse au secteur privé
34:2260%
34:23la mort
34:23si tu parles
34:25des structures
34:26d'accompagnement
34:26c'est en l'occurrence
34:28les soins palliatifs
34:28pour accompagner
34:30la fin de vie
34:32est-ce qu'on est d'accord
34:33pour
34:33on meurt de manière dégueulasse
34:36dans ce pays
34:36est-ce qu'on est d'accord
34:37et d'ailleurs
34:37on vieillit de manière dégueulasse
34:38tu sais que c'est un des sujets
34:39auxquels je suis attaché
34:41et toi
34:42mettre
34:43c'est une question
34:44des vulnérabilités
34:45moi c'est un des moteurs
34:47de mon engagement en politique
34:48c'est-à-dire
34:49ce qui fait
34:50notre humanité commune
34:52c'est de regarder
34:53les vulnérabilités
34:54on a tous des vulnérabilités
34:55temporaires
34:56ou permanentes
34:56la situation de handicap
34:58la maladie mentale
35:00l'avancée
35:01en âge
35:02la maladie
35:04tout court
35:04à un moment
35:05de sa vie
35:06et
35:06mettre ça au milieu du village
35:08en se disant
35:09qu'en fait
35:09on organise
35:10alors ça les gens disent
35:11oui mais c'est compassionnel
35:12c'est de l'assistanat
35:13mais je veux dire
35:14on est tous frappés
35:15par ces vulnérabilités
35:16et on a une société
35:18qui pense
35:19plutôt
35:19la performance
35:20mais de manière
35:23de manière déconnexion
35:24alors là pour le coup
35:25c'est un truc
35:25de déconnexion
35:26je parle beaucoup
35:27du vieillissement
35:28dans nos sociétés
35:29les valeurs dominantes
35:30c'est la rapidité
35:31la performance
35:32le profit
35:33l'immédiaté
35:33alors que quand on vieillit
35:34et on vieillit de plus en plus
35:36et tant mieux
35:36c'est la lenteur
35:38la tempérance
35:38la sagesse
35:39la transmission
35:40et ça c'est pas du tout valorisé
35:42c'est presque
35:42c'est presque ringard
35:44essayons compris
35:46de changer notre système
35:47de valeur
35:47on continue de reparler
35:48dans un petit instant
35:49Jérôme Gage
35:490826 300 300
35:51pour réagir à cette émission
35:53à tout de suite
35:53nous sommes toujours
35:57avec Jérôme Gage
35:58député socialiste
35:59de la 6ème circonscription
36:00de l'Essonne
36:01et nous accueillons
36:01un second auditeur
36:02Michel
36:03qui nous appelle
36:03de Pontiby
36:04bonjour Michel
36:04bonjour
36:05bonjour monsieur
36:06bonjour Alexandre
36:08et à monsieur Gage
36:09et à toute l'équipe
36:10de Sud Radio
36:10alors c'est une intervention
36:12j'espère qu'il sera
36:13un peu drôle
36:15mais je constate
36:17depuis plusieurs années
36:18que lorsque par exemple
36:21les agriculteurs
36:22les médecins
36:22les pompiers
36:23lors des grands débats
36:24lorsqu'ils quittent
36:26tout ce matin
36:27ils déclarent
36:28devant les journalistes
36:30on ne nous écoute pas
36:32ils disent la messe
36:33et puis terminé
36:34et ils s'en vont tous
36:35avec les dossiers
36:36sous le bras
36:36et la queue entre les jambes
36:38si j'ose dire
36:38alors comme aurait pu
36:40le dire Connuch
36:41ben si c'est comme ça
36:42ben moi je n'y reprends plus
36:43alors malheureusement
36:45le 18 septembre prochain
36:46apparemment
36:48ils seront reçus
36:49à part quelques-uns
36:50qui ne veulent pas y aller
36:51mais j'ai encore l'impression
36:53que quand ils vont être
36:54devant les journalistes
36:55en sortant
36:55ils vont encore déclarer
36:56ben on ne nous a pas écoutés
36:58voilà
36:58Jean Gage
37:00non mais
37:01ce qui est dit là
37:04c'est la contradiction
37:05française
37:06mais qui est
37:07je ne veux pas dire charmante
37:10mais qui est stimulante
37:11c'est que les gens
37:12ont une défiance
37:15envers les politiques
37:15et en même temps
37:16adorent la politique
37:17c'est une défiance
37:18à la mesure
37:18de l'attente
37:19qu'on a
37:20de l'action
37:22de l'action collective
37:23et qui est parfois
37:26un peu
37:26comment dire
37:28oubliée
37:29par ceux
37:30qui
37:30qui ont été choisis
37:33alors il y a
37:35ce discours
37:36on n'est pas content
37:38c'est le côté
37:38gaulois réfractaire
37:40rouspeteur
37:42etc
37:42que moi je trouve
37:43extrêmement positif
37:44parce que ça dit
37:45on attend des choses
37:46de la décision collective
37:47on attend des choses
37:48de la délibération collective
37:50le problème
37:51ça renvoie à la discussion
37:52qu'on avait
37:52juste auparavant
37:53c'est
37:54comment on est assuré
37:56qu'on pèse
37:58dans cette délibération
37:58collective
37:59à toutes les étapes
38:00et pas uniquement
38:00un moment
38:01à l'instant T
38:02d'un vote
38:03et en se disant
38:04le rendez-vous
38:05est 5 ans après
38:06pour sanctionner
38:07donner quittus
38:08ou pas quittus
38:09on n'est pas
38:10dans une assemblée générale
38:11de copropriétaires
38:12et à la limite
38:12dans une assemblée générale
38:13de copropriétaires
38:14on peut peser
38:15tous les ans
38:16pour savoir
38:17si on change les choses
38:18donc
38:20moi je suis
38:21de plus en plus sensible
38:22en effet
38:22à
38:23j'aime pas les débats
38:24pour savoir
38:24s'il faut une 6ème république
38:26mais sortir
38:27de la verticalité
38:28qui est celle
38:29de la 5ème république
38:30qui était adaptée
38:32à un moment
38:32garder quand même
38:34de l'ordre
38:34parce que je pense
38:35qu'il faut
38:35que les choses fonctionnent
38:37et introduire
38:40ce qui manque
38:41c'est-à-dire
38:41des contre-pouvoirs
38:42des contre-pouvoirs
38:44à l'échelle locale
38:44comme des contre-pouvoirs
38:45à l'échelle nationale
38:46d'ailleurs c'est souvent intéressant
38:47à l'échelle locale
38:48il y a un truc
38:50qui fonctionne
38:50dans toutes les villes
38:51et les maires
38:52quand ils disent
38:52qu'ils sont à portée de baffe
38:54ces dernières années
38:55ils ont tous introduit
38:56parce que c'était une demande
38:57des assemblées de quartier
38:59des conseils de quartier
39:00où ils sont obligés
39:00de venir rendre compte
39:02régulièrement
39:02c'était pas le cas
39:03il y a 20 ou 30 ans
39:05dans les municipalités
39:06et puis ils ont fait
39:07des budgets participatifs
39:08en disant aux gens
39:09cette fois-ci
39:10voilà on vous donne
39:11une partie de l'enveloppe
39:12et c'est vous
39:12qui allez décider
39:13de l'affectation
39:14et du choix
39:15parce que c'était pas forcément
39:18voilà on fait un nouveau quartier
39:19qu'est-ce qu'on fait
39:20à tel ou tel endroit
39:21c'était pas prévu
39:22dans les engagements municipaux
39:23ou pas avec ce niveau
39:24de détail
39:24et bien ça pourrait être
39:25source d'inspiration
39:26alors les assemblées de quartier
39:27les conseils de quartier
39:28à l'échelle nationale
39:29ça n'existe pas
39:30c'est pour ça que l'idée
39:31de faire valider
39:32le travail du national
39:34des parlementaires
39:35du gouvernement
39:36par une sanction
39:37ce que tu évoquais
39:37sur les référendums
39:38je trouve que c'est intéressant
39:40je voudrais vous répondre
39:43exactement
39:44pour contraindre un système
39:48à la vertu
39:49de l'écoute
39:51il faut que le citoyen pèse
39:52et réellement
39:54une capacité
39:55une capacité référendaire
39:56ça ne veut pas dire
39:58empêcher les exécutifs
39:59de bosser
40:00ça veut dire que
40:01s'il n'y a vraiment pas
40:02d'écoute
40:02s'il n'y a pas de
40:03si on ne sort pas
40:06de la culture du mépris
40:07en fait
40:07c'est ça le problème
40:09c'est la culture du mépris
40:11après soyons honnêtes
40:13les capacités référendaires
40:16il y aura toujours
40:17des gens qui diront
40:18il y a du mépris
40:20parce qu'on n'a pas
40:22souscrit aux propositions
40:23que je fais
40:23c'est le propre
40:24de l'action publique
40:25à un moment
40:25on dit oui
40:26mais on dit non
40:27à des gens
40:27moi j'ai des gens
40:28qui viennent
40:28le référendum
40:29qu'est-ce qu'il dit ?
40:30il dit que
40:31si les gens
40:32ne convainquent pas
40:33les autres
40:33ben ils perdent
40:35ouais
40:35je veux dire
40:36ils perdent
40:38or durablement
40:39on s'aperçoit de quoi ?
40:40c'est que les pays
40:41qui ont ça
40:41j'en reviens à la Suisse
40:43les gens ne passent pas
40:44leur temps
40:44de se tirer une balle
40:45dans le pied
40:45c'est-à-dire que
40:47l'être humain
40:47n'est pas complètement idiot
40:48donc de temps en temps
40:49il peut se tromper
40:50il corrige
40:51mais globalement
40:53la population
40:53réfléchit
40:55parce qu'elle vit
40:56avec sa décision
40:56donc elle fait
40:57extrêmement attention
40:58et on a des exécutifs
41:01qui sont dans une
41:04dans une écoute
41:05plus humble
41:06plus accompagnante
41:08et en même temps
41:09tout ce qui peut
41:11ressembler à la démagogie
41:12ça marche pas
41:13le jour du référendum
41:14ça marche pas
41:15l'être humain
41:16n'a pas envie
41:17de se tirer une balle
41:18dans le pied
41:18donc voilà
41:20pour vous répondre
41:21monsieur
41:21moi je vais militer
41:24pour que ce pays
41:26évolue vers
41:27une démocratie d'adulte
41:29qu'on ne prenne pas
41:29pour des cons
41:30Jérôme Guedj
41:31ah pardon
41:32Michel vous vouliez réagir
41:33oui
41:33non non d'accord
41:34simplement je rajouterai
41:35donc dit comme ça
41:37c'est qu'on écoutera plus
41:39la volonté
41:40et l'action publique
41:41du peuple
41:42encore une fois
41:43des mausses
41:45plutôt que celui
41:46des syndicats
41:47et peut-être
41:48des représentants
41:49c'est forcément
41:51un mélange
41:51on va laisser réagir
41:54peut-être Jérôme Guedj
41:54non mais parce que
41:55ce que j'entends
41:56en creux
41:56dans la remarque
41:57c'est
41:58il y a parfois
41:59des intérêts catégoriels
42:00qui s'expriment
42:01et qui peuvent
42:03rouspéter
42:05parce qu'il y a
42:05un principe
42:06mais c'est ça
42:07qui est compliqué
42:08l'intérêt général
42:09n'est pas la somme
42:09des intérêts particuliers
42:10mais pour autant
42:11l'expression
42:12de ces attentes particulières
42:13ne peut pas être balayée
42:14d'un revers de la main
42:15et il y a à construire
42:16et surtout à expliquer
42:18en quoi
42:19telle ou telle mesure
42:21est au service
42:22de l'intérêt général
42:23je vais vous prendre
42:24un exemple
42:24qui est un irritant
42:25vous allez comprendre
42:25vous vous rappelez
42:27avant l'été
42:28au printemps
42:28il y a eu des mouvements
42:29importants
42:30de chauffeurs de taxi
42:31sur les transports sanitaires
42:33pourquoi ?
42:35parce qu'on a confié
42:35aux chauffeurs de taxi
42:36parce qu'il y a eu
42:37une réforme
42:37il y a quelques années
42:38qui a tué
42:39tout ce qu'on appelait
42:40les transports sanitaires
42:41organisés par des
42:42sociétés d'ambulances
42:43etc
42:43et on s'est dit
42:45c'est plus simple
42:45de le confier
42:45aux chauffeurs de taxi
42:47l'intérêt général
42:48c'est d'assurer
42:49le transport sanitaire
42:50l'intérêt général
42:51c'est de faire
42:52dans des conditions
42:52financières
42:53qui soient soutenables
42:53et il y a des intérêts
42:57qui se sont exprimés
42:58des chauffeurs de taxi
42:59qui ont dit
42:59vous allez trop loin
43:00dans les modes de régulation
43:02que vous avez mis en place
43:03c'était pour faire
43:04150 ou 200 millions
43:05d'euros d'économie
43:06sur presque 3 milliards
43:08de coûts
43:08de ces transports là
43:09je le dis sincèrement
43:10il y a
43:11à améliorer le système
43:14mais pas le faire
43:15de manière
43:16vous voyez
43:17donc on pouvait concilier
43:18le fait qu'à certains endroits
43:20notamment au milieu rural
43:21la réforme
43:22elle avait des conséquences
43:22désastreuses
43:23pour plein de chauffeurs de taxi
43:24dont 80 ou 90%
43:25du chiffre d'affaires
43:26était le transport sanitaire
43:28et sans eux
43:28il y avait des gens
43:29qui ne pouvaient pas aller
43:30dans des hôpitaux
43:30qui étaient de plus en plus éloignés
43:31mais l'intérêt général
43:33c'est aussi de faire expliquer
43:34à tout le monde
43:34que oui
43:35on a peut-être des moyens
43:36modernes
43:37transparents
43:38de rendre le système
43:39plus efficace
43:40et plus soutenable
43:41financièrement
43:42donc voilà
43:42c'est aussi une culture
43:45du compromis
43:46dans la décision publique
43:47Jérôme Gage
43:48pour conclure
43:48je sais qu'il n'est jamais agréable
43:49de répondre à une rumeur
43:50mais une information
43:51venant de Clément Garin
43:53vous l'attendiez peut-être
43:54cette question
43:55indique que vous seriez
43:56en discussion
43:56pour le ministère
43:57de la santé
43:58est-ce vrai ?
43:59Non c'est faux
44:00je suis en discussion
44:01avec personne
44:01et je n'ai pas de raison
44:02d'être en discussion
44:03vous voyez
44:03c'est marrant
44:04parce que depuis ce matin
44:05on me met des messages
44:06je ne sais pas
44:06qui est ce Clément Guérin
44:07ou Garin
44:08et je ne sais pas
44:08hier il annonçait
44:09que c'était Yannick Jadot
44:10vous voyez
44:11ça n'a pas de sens
44:14qu'on soit commenté
44:16quelqu'un qui
44:17invente des choses
44:18sur Twitter
44:19sur le fond
44:20moi j'ai une position
44:22très claire
44:22il faut que ce gouvernement
44:24discute
44:27avec l'ensemble
44:28des forces d'opposition
44:29et singulièrement
44:30les socialistes
44:31qui ont mis des propositions
44:32sur la table
44:33mais elles sont connues
44:33nos propositions
44:34après ils prendront
44:35leurs responsabilités
44:36vous savez nous
44:36on avait proposé
44:37d'exercer le pouvoir
44:38sans associer
44:40pour ne pas faire
44:41cette confusion
44:42moi j'aurais adoré
44:44être ministre
44:45dans un gouvernement
44:45de gauche
44:46mais qui aurait eu
44:47en permanence
44:48à construire
44:49ces compromis
44:49pour pouvoir durer
44:51donc voilà
44:52ça tombe bien
44:52vous me permettez
44:53de démentir
44:54cette rumeur
44:55c'est ce qu'il y a
44:56d'avoir
44:57d'avoir
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