00:00C'est méprisant. Je pense qu'un chef de l'État ne peut pas parler de cette manière-là.
00:06Il y a des choses qu'il ne peut plus faire.
00:07Il y a l'occasion déjà de parler des deux corps du roi de Kantorowicz,
00:10c'est-à-dire qu'il y a des mots qu'on n'a plus le droit d'utiliser quand
00:13on est chef de l'État.
00:14Tout ce qui est vulgarité, grossièreté, ça marche aussi dans la présentation physique,
00:20ou dans le comportement, ou dans les images qu'on donne de soi-même.
00:23Il y a des mots qu'on n'utilise pas, ça veut dire cinglé si on veut.
00:27On ne traite pas de cinglé, les gens qui ne pensent pas comme vous, quand on est président de la
00:30République.
00:31C'est une thèse. Il y a ceux qui estiment qu'il faut demander à l'Algérie tout ce qu
00:35'elle veut
00:35pour lui dire on va vous offrir tout ce que vous voudrez.
00:37Ça, ça s'appelle une thèse, c'est celle de M. Macron.
00:39Et puis il y a la thèse de ceux qui disent non, nous sommes dans un rapport de force
00:42et il faut effectivement rentrer dans la logique d'un rapport de force
00:45parce que nous n'obtenons rien sauf de l'humiliation.
00:48On humilie la France avec Kamel, Daoud, on humilie la France avec notre ami Boilem Sansal,
00:53on humilie la France avec Christophe Gleiz qui est en prison.
00:57Je rappelle quand même que Kamel Daoud est coupable d'avoir écrit un roman.
01:00Et on l'a condamné à trois ans de prison pour avoir écrit un roman.
01:03Un roman qui n'a jamais été publié en Algérie.
01:04Qui n'est pas publié en Algérie.
01:06Il a été condamné quand même.
01:07Et donc, trois ans de prison, quelque fait le président de la République,
01:10il traite de Mabou, ce qui estimerait que c'est peut-être un peu beaucoup
01:13de condamner à trois ans de prison un écrivain pour faire son métier,
01:16c'est-à-dire de l'écrire, les romans que Kamel Daoud écrit.
01:20Et puis le reste, c'est-à-dire sur la question de la guerre d'Algérie,
01:22il va falloir qu'on arrête aussi de souscrire à la version qui a un demi-siècle,
01:29et qui a plus d'un demi-siècle, la version du pouvoir, la version du FLN.
01:32La guerre d'Algérie n'est pas ce que nous racontons, nous, côté français.
01:35Il y aurait des choses à dire sur les harkis.
01:37Vous connaissez ma passion pour le général de Gaulle.
01:39Le général de Gaulle s'est trompé sur les harkis.
01:41Il ne s'est pas bien comporté avec eux.
01:42Il y avait la possibilité d'envisager là un islam républicain, un islam français,
01:46avec des gens qui avaient donné leur peau pour la France,
01:49et qui étaient menacés de mort, et dont certains, très nombreux, ont été d'ailleurs massacrés par le FLN.
01:55Donc il y a des choses à faire avec une histoire de la guerre d'Algérie.
01:59Arrêtez de dire qu'il y a les bons, qu'il y a les méchants,
02:01et que nous, bien sûr, nous sommes systématiquement les méchants,
02:03et qu'eux sont systématiquement les bons.
02:04Il faudrait rappeler comment le MNA, le Mouvement National Algérien,
02:08a été massacré par le Front de Libération Nationale, le FLN,
02:12et qu'il y a eu un nombre considérable de morts musulmans qui ont été occasionnés par d'autres musulmans,
02:17simplement pour avoir le monopole du lead,
02:22enfin, je n'aime pas beaucoup, de la conduite, je dirais, de la guerre d'indépendance.
02:27Donc faisons véritablement de l'histoire, mais arrêtons de faire de l'idéologie.
02:29Il ne fait que de l'idéologie, le président Macron.
02:31Alors oui, il y a des choses intéressantes dans ce qu'il dit sur la question des médecins étrangers.
02:36– Mais pourquoi est-ce qu'en 10 ans, il n'a pas rendu possible des fabrications en masse
02:43de jeunes médecins, de jeunes femmes et hommes qui seraient médecins en France ?
02:47Qu'est-ce qui se passe en France pour qu'on ait besoin d'aller chercher des médecins ?
02:51Ici, ailleurs, je ne sais quoi, moi je m'accompagne décédé d'un cancer,
02:54et je me souviens d'un ami médecin argentan qui était marocain,
02:58et qui me disait d'une personne, je ne dirais pas qui, je ne dirais pas sa nationalité non plus,
03:01qui était d'une nationalité européenne, et qui m'a dit
03:03mais cette personne n'a pas le diplôme de médecin.
03:05Et j'avais dit au directeur de l'hôpital, j'ai dit écoutez,
03:09il me dit oui je sais mais il n'est plus là, donc pourquoi j'en parle ?
03:13Mais il me dit, c'est la seule personne qui accepte de venir dans une sous-préfecture,
03:17et je sais qu'elle n'a pas les diplômes, j'ai dit, elle soigne ma compagne qui a un
03:19cancer,
03:20et vous consentez à ce genre de choses.
03:22Donc il y a plein de médecins venant de l'étranger qui sont des médecins extrêmement compétents,
03:25qui passent des diplômes d'habilitation, c'est-à-dire ils ont des compétences en Algérie,
03:30et pour revenir en France, on leur demande de manifester des compétences françaises.
03:33Donc ce sont des gens compétents, beaucoup de médecins étrangers qui travaillent sur le sol français.
03:39Mais c'est quoi l'intérêt ? Et puis d'autres ne le sont pas.
03:41Donc faisons le tri, véritablement, et ne disons pas, acceptons les mauvais,
03:46car il y a des bons, il y a des mauvais, sélectionnons les bons, gardons-les et travaillons avec eux,
03:50et en ce sens Emmanuel Macron a raison.
03:52Et puis quant aux mauvais, et bien non, ça n'est pas possible.
03:54C'est pas parce que vous avez un diplôme de charcutier,
03:56que vous aurez photocopié un truc avec un faux diplôme,
03:58qui vous permet d'arriver des pays, je ne citerai pas, je ne voudrais pas qu'on reconnaisse ces gens,
04:02mais que vous avez la possibilité d'exercer comme cancérologue dans un hôpital de sous-préfecture.
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