00:01Mais c'est quoi le problème ? On en a parlé notamment à 7h20 avec non pas un problème ici-là mais clairement un scandale.
00:07Et un scandale parce que vous nous avez parlé de, en réalité, ces départements qui avaient décidé de faire des économies sur quoi ?
00:13Sur le transport spécialisé des personnes handicapées et pas des moindres, c'est-à-dire celles qui devaient se rendre dans les établissements scolaires.
00:19Et c'est notamment ce qui se passe du côté de l'Alsace, c'est ça mon cher Félix ?
00:22Oui, plusieurs dizaines d'élèves handicapés privés de transport adaptés depuis la rentrée en Alsace des élèves de classe Ulysse.
00:29Vous le savez, ils ne peuvent pas toujours prendre les bus scolaires à cause justement de leur handicap.
00:34Alors jusqu'à l'an dernier, ils avaient droit à des taxis, des transports spécialisés.
00:37On parle parfois d'ambulances privées pour se rendre à l'école, au collège, au lycée.
00:42Sauf qu'à la rentrée, effectivement, les parents ont appris que c'était fini pour ce qui est du haut rein et du bas rein.
00:47C'est à eux de s'organiser désormais pour que leurs enfants puissent se rendre dans l'établissement scolaire.
00:52La collectivité d'Alsace et les maisons départementales des personnes handicapées
00:56leur proposent, dans ces deux départements, à la place, des dommagements 55 centimes par kilomètre parcouru.
01:04Sauf que, dans certains cas, c'est tout simplement impossible pour certains parents,
01:07soit qui travaillent aux heures de classe ou alors dans les familles monoparentales
01:11ou encore quand il n'y a personne qui a le permis de conduire à la maison.
01:14Résultat, des élèves qui restent chez eux, ils ne sont tout simplement plus scolarisés depuis la rentrée, Maxime.
01:19Depuis la rentrée, alors que précisément, il y avait les dispositifs qui leur permettaient d'être parfaitement intégrés au parcours scolaire.
01:24Et donc, on imagine en plus que le motif n'est rien d'autre que faire des économies.
01:29Faire des économies, faire des économies.
01:30Oui, quand je vais vous dire ce qu'on leur a répondu, on leur a dit que c'était pour responsabiliser les familles.
01:36C'est la réponse qui a été faite à ceux qui se sont en plein.
01:38On parle quand même, faut-il le rappeler, de familles d'enfants handicapés.
01:42Alors, cette décision pénalise évidemment les élèves coincés chez eux,
01:45mais aussi au passage les transporteurs spécialisés alsaciens.
01:47Certains avaient investi dans des véhicules spécialisés adaptés.
01:50Ils se retrouvent donc sur le carreau avec ce marché qui a disparu, Maxime.
01:54Oui, et puis on avait tout à l'heure, notamment notre auditeur, Xavier,
01:57qui nous appelait de Perpignan et qui nous disait,
01:59mais bien sûr, moi par exemple, c'est mon métier, si demain on coupe les vivres,
02:01et en plus je permets réellement aux enfants handicapés,
02:04j'arrange la vie des parents et c'est indispensable,
02:06notamment pour les parents et surtout pour les enfants handicapés.
02:10Mais rassurez-moi, ce n'est pas comme ça partout sur le territoire.
02:12Ailleurs, quels sont les dispositifs et quelle est, on va dire, la manière de fonctionner sur ce sujet ?
02:17La plupart du temps, tout simplement, ces transports d'élèves handicapés sont pris en charge.
02:21Mais dans la Manche également, il y a quelques mois,
02:24la maison départementale de l'autonomie a elle aussi décidé de réduire la voilure sur les élèves en classe Ulysse.
02:30Le département, en fait, estime que ça coûte trop cher,
02:33vu la hausse du nombre de reconnaissances de handicap.
02:36Et là aussi, vu les difficultés des collectivités pour boucler leur budget,
02:40on fait des économies partout et même donc sur le handicap.
02:43Alors désormais, dans la Manche, par exemple, c'est au cas par cas.
02:46Il y a une prise en charge que si les services estiment que le handicap de l'élève
02:50l'empêche bel et bien de prendre les transports en commun.
02:52Donc non seulement on doit faire des économies, on le fait sur le handicap,
02:55alors qu'il est de notoriété publique que déjà la France a un véritable problème
02:59avec justement les infrastructures adaptées au handicap.
03:02On est un des pays les plus en retard et les quelques personnalités qui s'en sont emparées
03:06ont en effet fait succès malheureusement sur ce constat.
03:09Et qu'on met en avant la scolarisation des enfants handicapés, leur inclusion depuis des années.
03:13C'est ça, pour mieux leur retirer leur avantage, pour justement, non pas leur avantage,
03:17mais ce qui leur permet justement d'avoir accès à cette scolarité, leur intégration dans cette scolarité.
03:22Mais comme d'habitude, il y a un problème, mais le but c'est aussi d'essayer de le comprendre
03:24et de le résoudre, mon cher Félix.
03:26Donc il est 9h08 sur Sud Radio et votre invitée, c'est Florence Claude-Pierre,
03:29présidente d'honneur de la FCPE du Haut-Rhin justement.
03:32Bonjour Florence Claude-Pierre.
03:34Bonjour.
03:35Merci d'être avec nous dans La Vérité en Face sur Sud Radio.
03:38Alors, certains enfants restent toujours sans solution, deux semaines, désormais après la rentrée ?
03:44Tout à fait.
03:45J'ai pu échanger avec plusieurs familles qui se retrouvent,
03:48qui pour l'instant font œuvre de solidarité entre eux pour permettre la scolarisation de leurs enfants.
03:54Mais ce sont des solutions qui ne peuvent pas être pérennes,
03:57parce que ces familles ne peuvent pas en permanence se mettre en difficulté,
04:01soit au niveau de leur travail, soit au niveau de leur vie privée.
04:04Responsabiliser les familles, l'argument quand même paraît très douteux quand on parle d'enfants handicapés.
04:10Il faut bien le dire, 55 centimes par kilomètre parcouru, ça ne paye pas un taxi ou une ambulance ?
04:17Largement pas.
04:18Les familles ont fait des demandes de devides aux taxis pour essayer de faire des transports groupés organisés par eux-mêmes.
04:25C'est hors de portée pour leurs finances, totalement hors de portée.
04:28Parce que c'est vraiment ce qu'on leur a répondu quand il y en a qui sont venus se plaindre.
04:33On leur a dit, il s'agit de vous responsabiliser.
04:36Ça, c'est vraiment un argument qui peut être employé dans des cas comme ça pour des familles d'enfants handicapés.
04:43Pour certaines familles, oui.
04:45Certaines m'ont dit qu'effectivement, c'est un argument qui leur a été apporté,
04:49en disant qu'il fallait faire gagner en autonomie à leurs enfants.
04:53Et c'est un argument qu'on entend aussi sur les décisions MDPH pour la mise à disposition d'AESH,
05:01pour l'accompagnement de ces élèves-là, où on leur dit, quand on supprime cet accompagnement,
05:06il s'agit de faire gagner en autonomie ces enfants en situation de handicap.
05:10Mais pour ma part, je pense que, comme beaucoup le pensent,
05:14il s'agit d'économie budgétaire, malheureusement, sur le dos de ces élèves-là.
05:19Oui, c'est vraiment faire des économies à tous les niveaux.
05:21Parce qu'on parle d'enfants qui, dans bien la plupart des cas,
05:26ne peuvent pas prendre les bus scolaires,
05:29que ce soit pour différents types de handicaps,
05:31que ce soit d'ailleurs physiques ou des handicaps de type psychologique.
05:38On est d'accord.
05:39Alors, le passage en ce qu'on appelle classe ULIS,
05:43donc pour les élèves en situation de handicap,
05:45c'est un dossier, un accompagnement des familles et des élèves qui est extrêmement long.
05:50avec charge aux familles de compléter plein d'éléments, de dossiers, d'éléments médicaux.
05:55Ce sont souvent des élèves qui sont très accompagnés dans leur vie
05:58pour permettre de fonctionner avec leur handicap,
06:01de s'améliorer, effectivement, avec leur handicap.
06:05Vous avez des élèves qui sont, par exemple, épileptiques,
06:07vous avez des élèves qui sont en situation d'autisme,
06:11vous avez des élèves qui ont différentes pathologies,
06:14suivis médicalement.
06:16Donc, ce n'est pas juste, ce n'est pas quelque chose qu'on a juste
06:19avec un certificat médical du médecin généraliste.
06:22Ce n'est pas possible.
06:23Et c'est un vrai travail au très long cours,
06:25pour les familles et pour les enseignants, et je tiens à le souligner.
06:28Donc, si ces élèves-là ne peuvent plus accéder aux classes ULIS,
06:33ils vont être dans l'obligation de laisser leurs enfants retourner
06:36en circuit classique.
06:38Ce qui va mettre en souffrance.
06:40C'est-à-dire que la scolarisation est obligatoire.
06:45Donc, ces élèves-là vont devoir aller en classe,
06:47leur école de secteur ou collègue de secteur.
06:50Ah oui, des classes standards, quoi.
06:52Voilà, les classes standards.
06:53Et du coup, vont mettre en difficulté eux-mêmes,
06:56leurs camarades de classe et les enseignants.
06:58Donc, c'est du perdant pour tout le monde.
07:01Oui, et puis encore, faut-il pouvoir s'y rendre de toute façon,
07:05même en admettant qu'ils soient dans des classes standards,
07:08des classes classiques ?
07:10On est d'accord.
07:11Alors, j'ai eu plusieurs parents,
07:12dont effectivement une situation,
07:14une maman qui m'expliquait qu'elle est maman solo
07:17avec deux tout jeunes enfants,
07:19qu'elle n'a pas le permis.
07:21Tout le monde n'habite pas en ville.
07:22Donc là, elle habite dans les vallées alsaciennes.
07:25Et donc, elle n'a aucun moyen de pouvoir transporter ses enfants,
07:29à moins d'en négliger un pour pouvoir importer l'autre dans les écoles.
07:32Parce qu'une école va être à plus d'une dizaine de kilomètres
07:35pour l'enfant en classe ULIS.
07:37et l'autre école va être dans le village.
07:39J'ai eu d'autres parents qui...
07:41Et donc, sa solution à elle, c'est de déscolariser l'enfant.
07:44Pour l'instant, on n'en voit pas d'autres.
07:46Elle profite de la solidarité des autres parents qui se sont organisés.
07:49Des parents qui sont en arrêt maladie après opération, par exemple,
07:53prennent le risque de prendre la route pour emmener les enfants,
07:56pour être sûrs qu'ils puissent être scolarisés.
07:57Un autre exemple, une famille qui réfléchissait à déménager,
08:03c'est-à-dire à vendre sa maison pour se rapprocher d'un lieu
08:07où puisse être scolarisé son enfant, pour trouver une solution.
08:10Sauf que le marché immobilier, c'est une catastrophe.
08:13Et vous imaginez bien que ce n'est pas une moindre affaire
08:16que de déménager dans ces cas-là.
08:18Et c'est d'ailleurs ce qu'ont entendu d'autres familles,
08:21comme Romain, que j'ai trouvé tout aussi déplacé,
08:24où on leur a conseillé, déménager pour vous rapprocher de l'école,
08:27ce sera tellement plus facile.
08:29Ah oui, carrément, c'est ce qu'on leur a répondu.
08:31Donc il faut faire bouger l'école en réalité.
08:32Comme on a décidé d'arrêter de faire bouger les enfants jusqu'à l'école,
08:34on va nous faire croire que maintenant l'école doit bouger.
08:36C'est absolument surréaliste.
08:37Merci beaucoup Florence Claude-Pierre d'avoir été avec nous,
08:40présidente d'honneur de la FCPE du Haut-Rhin.
08:42Mon cher Félix, merci beaucoup.
08:43On vous retrouve tous les matins, notamment à partir de 7h20,
08:46et puis à 9h07 pour les solutions à cette chronique.
08:48C'est quoi le problème ?
08:49Quelque chose qui ne tourne pas rond,
08:50mais vous trouvez quelqu'un qui peut nous aider.
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