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💶 SMIC, trappe à bas salaires et désindustrialisation : la France dans l’impasse ?
Avec un salariat massivement smicardisé, la France voit ses inégalités s’aggraver et sa compétitivité s’éroder. Derrière la crise actuelle : 20 ans d’exonérations de cotisations concentrées sur les bas salaires.

📉 1. Un pays de smicards
La moitié des Français gagne entre 1 et 1,5 SMIC, un record en Europe derrière la Grèce et le Portugal.

⚙️ 2. Les effets pervers
La politique d’exonérations crée une trappe à bas salaires, décourage la montée en compétences et fragilise l’industrie.

🏭 3. Changer de cap
Les pertes de cotisations pèsent sur l’éducation, la santé et la recherche. Il est urgent de repenser le modèle.

🎥 Analyse : SMIC, emploi, fiscalité — les dérives du modèle français.

#économie #SMIC #emploi #pouvoirdachat #inégalités #industrie #France #XerfiCanal

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Transcription
00:00A l'origine de la crise que le pays traverse actuellement,
00:11on trouve notamment un phénomène, la SMICarnisation massive du salariat.
00:17Pour inverser cette tendance, il faudrait revenir progressivement
00:20sur les exonérations de cotisations au niveau du SMIC.
00:24Derrière la Grèce et le Portugal, la France est en effet le pays de l'Union européenne
00:29où les salaires sont le plus concentrés dans le bas de l'échelle.
00:33La moitié des Français gagnent entre un SMIC et un SMIC et demi,
00:37soit entre 1 800 et 2 700 euros bruts.
00:41Ce mouvement s'est accéléré depuis 10 ans,
00:44bien que le SMIC français est moins augmenté que tous les autres en Europe.
00:48Cette dynamique est due à la volonté d'exonérer toujours plus de cotisations,
00:53les salaires situés à proximité du SMIC.
00:55Dans l'immédiat après-guerre, quand on a inventé la sécurité sociale,
01:00on ne percevait plus de cotisations supplémentaires
01:02au-delà du plafond de la Sécu, comme on dit,
01:06qui représente aujourd'hui 3 925 euros.
01:10Cette logique n'est pas absurde.
01:12La maladie d'un cadre supérieur ne coûte pas plus cher que celle d'un SMICAR, en fait.
01:17Au cours des années 70 et 1980,
01:21on a cependant déplafonné ces cotisations
01:23pour pouvoir financer la protection sociale
01:25dans un contexte de ralentissement économique marqué.
01:29Et au tournant des années 90,
01:32les cotisations étaient devenues proportionnelles au salaire.
01:35Mais c'est Ă  ce moment-lĂ 
01:36qu'on a commencé à exonérer toujours plus
01:38de cotisations les salaires à proximité du SMIC.
01:42Aujourd'hui, avec un SMIC Ă  1802 euros,
01:46les entreprises ne payent que 76 euros de cotisations patronales,
01:50soit 4,2%.
01:52Mais pour un salaire de deux fois le SMIC,
01:55l'entreprise doit acquitter 1283 euros de cotisations,
01:5917 fois plus.
02:01Cette politique aboutit à rendre le système social et fiscal français
02:06beaucoup plus progressif qu'on ne le dit généralement.
02:09Ce sont en fait les cotisations et les impĂ´ts des cadres
02:13qui payent aujourd'hui l'assurance maladie des SMICAR.
02:16Mais cette politique a eu parallèlement
02:18des effets pervers très négatifs.
02:23Ce sont d'abord surtout des jeunes qualifiés
02:25qui ont occupé ces nombreux emplois de SMICAR qu'on a créés.
02:30Pendant que le gouvernement misait en priorité
02:32sur ces emplois Ă  bas salaire,
02:35ils poussaient aussi dans le mĂŞme temps
02:36à faire davantage d'études.
02:38Ce sont deux politiques totalement contradictoires
02:41qui suscitent une profonde frustration dans la jeunesse.
02:45De plus, quand on augmente un SMICAR de 10% aujourd'hui,
02:49les cotisations patronales triplent
02:52et le coût du travail augmente, lui, de 18% pour le patron.
02:56C'est très dissuasif.
02:58C'est pourquoi les SMICAR le restent.
03:00C'est ce qu'on appelle la trappe Ă  bas salaire.
03:03Du coup, la France compte désormais
03:06davantage de travailleurs pauvres,
03:08de gens qui sont pauvres mais qui ont un emploi,
03:11que la moyenne européenne.
03:14Par ailleurs, l'industrie,
03:16où les salaires excèdent le plus souvent le SMIC,
03:19doit subventionner de ce fait les services
03:22qui sont protégés de la concurrence internationale
03:24parce que c'est lĂ  que se concentrent les SMICAR.
03:27Cette politique contribue donc à la désindustrialisation.
03:33C'est ce qu'avait déjà pointé Louis Gallois
03:35dans son rapport en 2012.
03:38Mais depuis, loin de faire marche arrière,
03:41on est allé encore plus loin dans cette direction.
03:44La France a été un des pays européens
03:47où le coût du travail a le moins augmenté
03:48depuis un quart de siècle.
03:50Moins qu'en Allemagne, moins qu'en Italie,
03:52moins qu'en Espagne,
03:54moins que dans la moyenne de l'Union.
03:55Mais ce n'a eu aucun effet positif pour le pays.
03:58Au contraire, les pertes de cotisations
04:01ont mis la pression sur les budgets
04:03de l'éducation et de la recherche,
04:05de la santé, de l'environnement, de la justice.
04:09Bref, sur la production de tous les biens publics
04:12indispensables pour que les entreprises fassent du profit.
04:16Il y a vraiment urgence
04:17Ă  changer de politique dans ce domaine.
04:19Merci d'avoir regardé cette vidéo !
04:27Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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