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  • il y a 1 an
32 milliards d’euros, c’est le montant des dépenses publiques et privées climatiques actuelles selon l’institut I4CE. Ces investissements doivent doubler d’ici 2030 afin d’atteindre les objectifs de décarbonation. La dette infrastructure peut être un moyen de financement important.

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Transcription
00:00Le zoom de ce Smart Impact consacré à la dette infrastructure, je vous présente mon invité Alexis Sarrazin, bonjour.
00:13Bonjour.
00:13Bienvenue, vous êtes co-responsable de la dette infrastructure chez Arkea Asset Management.
00:18Peut-être pour commencer, présenter cette plateforme infrastructure transition chez Arkea Asset Management, de quoi il s'agit ?
00:26Alors, la plateforme infrastructure transition fait partie d'Arkea Asset Management, qui est la filiale de gestion d'actifs du groupe Crédit Mutuel Arkea.
00:34On gère autour de 60 milliards d'euros, dont un milliard d'euros gérés par la plateforme infrastructure transition à travers plusieurs fonds d'investissement et mandats.
00:45Et donc, la thématique d'investissement de cette plateforme, c'est de financer les actifs d'infrastructure qui contribuent aux transitions énergétiques
00:55et aux transitions digitales en Europe, y compris la France.
00:58D'accord, donc on est au cœur des enjeux dont on parle quotidiennement dans ce Smart Impact.
01:03Alors, je veux bien qu'on fasse un peu de pédagogie parce que tout le monde, et j'avoue que j'avais quelques doutes, même si intuitivement je peux comprendre,
01:10de quoi on parle ? C'est quoi une dette infrastructure ?
01:13Alors, la dette infrastructure, ça finance le développement, la construction, l'opération d'actifs d'infrastructure.
01:20On est vraiment dans l'économie réelle, en fait.
01:22Ça peut être des autoroutes, des aéroports, des ports, des centrales de traitement de déchets, des réseaux de distribution d'électricité,
01:31et également tous les secteurs liés aux transitions énergétiques, aux transitions digitales,
01:35les énergies renouvelables, mais pas que, également les nouvelles mobilités électriques, les data centers, les réseaux de fibres.
01:42Donc, tous ces actifs font partie du secteur des infrastructures.
01:45Est-ce que c'est nouveau ou est-ce qu'on fait de la dette infrastructure depuis des décennies et des décennies ?
01:51En fait, l'infrastructure, ça accompagne le développement des pays, ça rend des services essentiels aux personnes, aux communautés,
01:59avec un impact sur les territoires. Effectivement, l'investissement dans les infrastructures, par exemple,
02:05le plan nucléaire en France dans les années 60, c'était du financement d'infrastructures qui a été porté par la puissance publique.
02:12Et maintenant, depuis, disons, la fin des années 80, de plus en plus financée par le secteur privé.
02:18Et dans le futur, encore plus, avec tous les besoins d'investissement qui sont nécessaires pour rénover et développer l'infrastructure
02:26dans les différents pays en Europe.
02:28Si on regarde un peu les chiffres des dépenses climatiques actuelles, publiques plus collectivités,
02:35environ 32 milliards d'euros par an sont des chiffres 2023-2024.
02:41Si on essaye de se projeter et de répondre aux objectifs de limitation du réchauffement,
02:48à plus de degrés pour être lucide, à quel point il faut augmenter ces dépenses climatiques pour tenir cet objectif ?
03:00J'ai eu raison de réviser.
03:01Il y a un rapport qui a été sorti en 2024 par la Direction Générale du Trésor
03:06qui estime à 60 milliards d'euros par an les investissements nécessaires pour la décarbonation
03:11dans les actifs de transport et les actifs d'énergie.
03:15Et ça, c'est la trajectoire 2030.
03:16C'est du x2, ça ?
03:17C'est ça, et ça représente 2% de PIB.
03:20Et sans dette d'infrastructure, on n'y arrivera jamais ?
03:24C'est extrêmement important justement de mobiliser la puissance privée.
03:28Évidemment, on a les banques commerciales, on a les fonds d'investissement,
03:32les grosses utilities qui investissent dans les actifs d'infrastructure au jour le jour.
03:36Et il y a une prise de relais en ce moment,
03:38et notamment à travers les fonds qu'on gère dans la plateforme Infrastructure Transition,
03:42pour mobiliser les ressources des assureurs, des fonds de pension, des familles d'office
03:48pour contribuer au financement de ces transitions.
03:52Et de plus en plus, la vraie voie d'avenir,
03:57à travers la loi Industrie verte qui a été votée en 2024,
04:00c'est permettre aux investisseurs privés non professionnels,
04:04dès le premier euro, d'investir dans les fonds de dette infrastructure
04:07pour également participer au financement de l'économie réelle.
04:12C'est quoi ? C'est une façon de mobiliser l'épargne des Français ?
04:16Ou je suis à côté de la plaque quand je pose cette question-là ?
04:18Clairement, clairement.
04:18C'est exactement ça.
04:19Voilà, donc par exemple dans le cadre de distribution par des assureurs
04:24de contrats d'assurance-vie par exemple.
04:26On rappelle qu'il y a 6 000 milliards d'épargne potentiellement mobilisables.
04:31Si on rentre un peu dans le détail du fonctionnement,
04:36qui sont vos clients ?
04:38Des collectivités ? Des grands groupes privés ?
04:42Qui sont vos clients ?
04:43Alors, nos clients d'abord, dans la plateforme,
04:47on gère des fonds d'investissement.
04:48Donc nos clients, ce sont nos investisseurs.
04:49D'accord.
04:50Et nos contreparties, donc les projets qu'on finance,
04:53ils sont portés par des acteurs de très grande taille.
04:57Ça peut être des fonds d'investissement mondiaux
04:59ou alors des utilities type EDF et ENGIE.
05:04Et donc à l'autre bout du spectre,
05:06ce sont des acteurs de taille petite à moyenne,
05:08des porteurs de projets,
05:09qui développent le projet sur un plan local,
05:12qui cherchent des fonds
05:13et à qui on peut apporter des enveloppes de financement
05:16pour développer leur projet.
05:17Est-ce qu'il y a une question ?
05:19La question de la durée, elle est importante, j'imagine.
05:22C'est-à-dire que ce sont des investissements lourds
05:25avec une rentabilité qui n'est pas rapide.
05:29À quelle échéance on peut espérer de la rentabilité
05:31sur ces investissements ?
05:33Enfin, nous, on regarde le couple risque-rentabilité.
05:35La classe d'actifs infrastructure,
05:37elle est caractérisée par sa résilience, d'abord.
05:41Donc justement, son rôle central dans l'économie.
05:45Il y a eu toute une littérature qui a été faite,
05:47des études faites par Stern & Poor's & Moody's
05:49qui montraient la résilience de la classe d'actifs infrastructure
05:52par rapport à d'autres classes de dettes.
05:55Donc la dette corporelle, par exemple,
05:57avec des taux de défauts qui sont significativement inférieurs.
06:00Et ça, c'est dû justement à son caractère stable,
06:03des actifs de long terme,
06:04avec une durée de vie certes finie,
06:07mais de long terme.
06:08Ça peut aller de 30 à 35 ans pour une centrale solaire,
06:12à une centaine d'années pour des actifs hydroélectriques.
06:15Donc ce caractère stable de long terme,
06:19c'est un élément clé pour le caractère crédit,
06:23enfin la bonne note crédit de ces types d'actifs.
06:26Et la rentabilité est à l'avenant,
06:28mais présente quand même une prime
06:30par rapport à d'autres classes de dettes,
06:33dettes corpocotées,
06:36où la rentabilité est finalement très intéressante.
06:40Alors je vais vraiment poser une question de Béotien,
06:42j'assume totalement,
06:43est-ce qu'on peut comparer les taux de ces projets
06:48au taux du grand public
06:50quand on veut acheter un appartement, par exemple ?
06:52Ou est-ce que c'est décorrélé ?
06:53On est dans une autre mécanique ?
06:55Alors en fait, on est sur…
06:58Donc le taux d'emprunt
06:59qui est pris par les porteurs de projets d'infrastructure,
07:02il est propre au profil de risque, en fait.
07:04D'accord.
07:05Le profil de risque, donc le caractère…
07:07Donc l'infrastructure de manière générale,
07:08c'est contractualisé auprès de contreparties publiques,
07:11parapubliques ou contreparties privées
07:13et investissements de grède.
07:14Et il y a une vraie valeur relative, en fait,
07:17dans la rentabilité des financements
07:20qu'on fait pour l'infrastructure,
07:22parce que ce sont des activités stables,
07:25mais qui présentent quand même une prime
07:27par rapport à la dette cotée
07:30entre 100 bips et 300 bips.
07:34Alors moi, je ne comprends pas 100 bips et 300 bips, par exemple.
07:37Entre 1% et 3%.
07:39Donc effectivement, on a une rentabilité
07:44qui peut aller entre 8 et 10% au total,
07:48et ce qui rend la dette infrastructure compétitive,
07:52même par rapport à l'équity, finalement.
07:54Alors je continue avec des questions vraiment basiques.
07:56Est-ce que, pardon, mais est-ce que c'est des taux
07:59qui sont fixes, forcément révisables
08:03parce qu'on est sur des périodes très longues ?
08:05Comment c'est géré, ça ?
08:06Alors nous, on est plus sur du financement en taux variable.
08:08Ce qu'on voit à nos investisseurs, c'est un spread,
08:11c'est une marge au-dessus de le rebord.
08:13D'accord.
08:13Et c'est cette marge, en fait, qui définit,
08:16enfin qui permet de vérifier que la rentabilité
08:18est conforme au profil de risque de l'actif.
08:22Donc nous, on est plus sur des financements en taux variable
08:24avec une évolution de le rebord au cours de la durée de l'investissement,
08:30mais avec une marge qui reste prévisible et sur toute la durée.
08:35Ça peut être quel montant d'investissement,
08:37si on parle d'un parc éolien ou d'un parc solaire de grande taille, par exemple ?
08:41Alors typiquement, ça peut aller de 10 millions d'euros
08:47pour des projets d'énergie renouvelable unitaires
08:50ou à plusieurs milliards d'euros pour le financement d'une autoroute.
08:55Donc nous, on se focalise plus sur les projets de taille petite à moyenne
09:02sur lesquels on peut mieux dériver une prime de rendement,
09:05donc en s'adressant à des porteurs de projets très expérimentés,
09:09mais de taille moyenne,
09:11et donc leur permettre justement de grandir à travers nos financements.
09:15Il n'y a plus un seul de ces projets qui se crée sans dette infrastructure ?
09:19Ah oui, non, non, non.
09:20C'est évident, c'est un prérequis.
09:22On est sur des montants qui sont très élevés
09:26et sur lesquels l'accès à la dette pour financer ce projet reste possible
09:33et donc sur des niveaux de leverage autour de 70%.
09:38Est-ce que ce système permet aussi de financer des projets moins lourds ?
09:45Un peu, entre guillemets, des micro-projets ?
09:48Alors oui, effectivement, on peut financer des portefeuilles de projets
09:52par exemple dans le domaine de l'efficacité énergétique
09:56pour des entreprises comme Air Liquide,
09:58où en fait on améliore l'efficacité énergétique de leurs usines
10:02et donc c'est un grappe de projets,
10:05donc le remplacement d'une chaudière par exemple,
10:08partout en Europe ou même dans le monde.
10:12Ensuite, il faut faire quand même attention au côté granulaire.
10:15On réalise beaucoup d'études,
10:16on est assisté de la part par des conseillers externes,
10:19des conseillers techniques, juridiques, financiers,
10:22et donc ça peut être très complexe de regarder trop de projets
10:25en même temps de petite taille.
10:27Merci beaucoup Alexis Sarrazin
10:29et à bientôt sur Bismarck for Change.
10:32On passe à notre rubrique prêt pour l'impact,
10:34c'est le grand entretien de l'émission
10:37et je reçois François Gemmène dans un instant.
10:38Merci à mes Tipeurs et mes Tipeurs et mes Tipeurs et mes Tipeurs et mes Tipeurs.

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