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  • il y a 1 an
Tous les dimanches, les informés de l'Europe débattent de l'actualité autour d'Hadrien Bect et François Beaudonnet.

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00:00Et ravi de vous retrouver pour les informés de l'Europe, votre émission de débat, de décryptage de l'actualité européenne comme chaque semaine, comme chaque dimanche sur France Info et comme chaque dimanche avec François Baudonnet.
00:12Bonjour François.
00:13Bonjour Adrien, bonjour à tous.
00:14Et ravi de vous retrouver, vous êtes toujours rédacteur en chef de la rédaction européenne de France Télévisions et on vous retrouve aussi tous les matins, je le rappelle, sur le canal 16 pour votre chronique internationale.
00:26Aujourd'hui, on va évoquer, bien sûr, les décisions prises au cours du sommet de la coalition des volontaires cette semaine à Paris.
00:34On parle évidemment de l'Ukraine.
00:35Avant cela, on va prendre la direction de Kiev, mais peut-être avant, présentons nos invités.
00:42Absolument, nos deux invités, nos deux informés de l'Europe du jour sont Alain Guillemolle, journaliste spécialiste de l'Europe pour le quotidien La Croix et Marc Semot, journaliste spécialiste des questions internationales pour le journal Le Monde et le magazine Challenge.
00:55Donc avant de rentrer dans notre débat, direction Kiev, les dernières informations, François, avec cette attaque de drones massive cette nuit.
01:03Absolument, une attaque de drones, de 800 drones, c'est l'attaque la plus importante depuis le début de la guerre.
01:10Nous retrouvons sur place en Ukraine Bastien Bory, qui est le correspondant de Radio France à Kiev, justement.
01:17Oui, les Ukrainiens de la capitale pensaient passer une fin de semaine relativement calme.
01:22Les raids russes nocturnes débutant ici en principe autour de minuit, mais à 3h du matin, les premières sirènes d'alerte ont retenti,
01:30en voyant des milliers de personnes à la hâte, dans les abris, dans les bouches de métro, les sous-sols des immeubles.
01:35Dans le centre-ville, les dégâts humains sont limités, mais plus on s'éloigne du cœur de la capitale,
01:40moins les quartiers résidentiels sont pourvus en dispositif de protection, et dans l'est de Kiev,
01:45un drone bombardier Shahed a fauché le sixième étage d'un immeuble, emportant avec lui la vie d'un enfant d'un an.
01:52Sa mère a été projetée dans la rue, elle se trouvait encore dans un état critique.
01:56Quand nous en parlions il y a une demi-heure sur cette antenne, elle vient de succomber à ses blessures,
02:00d'après les services hospitaliers.
02:02Jamais l'Ukraine n'avait subi une telle cascade de frappe, mais la tactique russe est toujours la même.
02:07Une première salve de drones factices pour leurrer la défense aérienne ukrainienne,
02:11puis un déluge de drones kamikazes pour s'engouffrer dans les brèches,
02:14avant une vague finale de missiles balistiques pour accentuer les dégâts.
02:19Il y a au moins 11 morts à l'échelle du pays, ce que le président Zelensky vient de qualifier de crimes délibérés.
02:25Et Bastien, pour la première fois, un autre fait marquant, c'est que le siège du gouvernement a été touché.
02:32Oui, il y a eu trois séries d'attaques, à 3, 5 et 7 heures du matin,
02:35et c'est à 5 heures que le siège du gouvernement a été touché,
02:38dans le quartier pourtant le plus protégé de la ville.
02:41La façade et la toiture du bâtiment portent très nettement la marque de ce raid aérien,
02:45dont la signature n'est pas encore tout à fait lisible.
02:48S'agit-il d'une frappe directe ou bien d'un dommage collatéral ?
02:51Il faut attendre les conclusions de l'enquête,
02:53mais en observant les dégâts et le point d'impact que j'ai pu voir ce matin,
02:57difficile d'imaginer une erreur de la part de l'armée russe,
03:00tant l'intensité de l'incendie a été grande, incendie désormais éteint par les services d'urgence.
03:06Merci à vous, Bastien Bory, en direct de Kiev, pour France Info ce matin.
03:11François, donc tout cela, cette nouvelle attaque de drones se fait dans le contexte de la réunion de la coalition des volontaires.
03:18C'était cette semaine à Paris, France, Royaume-Uni en leader, on va dire,
03:23avec l'élaboration cette semaine des garanties de sécurité pour l'Ukraine,
03:28avec quand même deux inconnus, c'est bien sûr l'arrêt des combats,
03:31on voit qu'on en est, semble-t-il, assez loin, et puis la position des États-Unis.
03:34Absolument, et ce qui s'est passé cette nuit montre à quel point la position des Européens est importante.
03:41Et donc ils ont élaboré un plan depuis de longs mois par ce qu'on appelle la coalition des volontaires.
03:47Ce sont les Européens, mais il n'y a pas uniquement les Européens,
03:50parce que dans cette coalition, il y a également le Japon, l'Australie et le Canada,
03:54avec plusieurs points. D'abord, renforcer l'armée ukrainienne.
03:57Alors, vous savez que l'armée ukrainienne, c'est déjà, avec ses 800 000 hommes,
04:00c'est l'armée la plus aguerrie d'Europe, parce que cette armée se bat depuis plus de trois ans.
04:05Ils sont très bien formés, mais ils sont très fatigués également.
04:09Dans les milieux militaires, on considère que c'est la meilleure armée d'Europe.
04:13Ensuite, il y a un deuxième point important de ce plan,
04:16c'est l'envoi de troupes au sol, et c'est d'ailleurs le point le plus épineux.
04:20La France, le Royaume-Uni ou encore les Pays-Baltes se sont dit prêts ces derniers mois
04:24à participer à une telle mission.
04:26Une fois, donc, que les combats auront cessé.
04:29Mais ceux qui ont en Europe les plus gros bataillons au sol,
04:32ne veulent pas y aller, en particulier l'Allemagne et la Pologne.
04:37De toute façon, pour Vladimir Poutine, il l'a dit à plusieurs reprises,
04:40ce serait un casus belli.
04:41Je vous propose d'écouter le président russe.
04:47Quant à la présence éventuelle de contingents militaires en Ukraine,
04:51c'est l'une des causes profondes de l'implication de l'Ukraine dans l'OTAN.
04:54Par conséquent, si des troupes apparaissent dans ce pays,
04:57surtout maintenant, au moment où des combats sont en cours,
05:00nous partirons du principe qu'elles seront des cibles légitimes à détruire.
05:03Voilà, alors, autre problème, évidemment, majeur.
05:08La plupart des membres de cette coalition exigent l'existence d'un filet de sécurité américain
05:15avant de s'engager, justement, dans ces garanties de sécurité.
05:18Et pour l'instant, eh bien, Donald Trump n'a pas été clair là-dessus.
05:21Sauf que Alain Guillemolle, Emmanuel Macron, lui, semble plutôt optimiste sur le sujet.
05:26Est-ce que, alors, malgré l'absence d'éclaircissement de la part de Donald Trump,
05:29est-ce qu'il a raison, le président français ?
05:31Ou est-ce que Donald Trump gagne du temps ?
05:33Alors, ce qu'il a dit textuellement lors de la conférence de presse,
05:36c'est qu'il n'a aucun doute sur la volonté des Américains
05:39de participer aux garanties de sécurité.
05:41Et puis, il a dit en même temps que les Américains allaient donner une réponse formelle
05:45dans quelques jours, ce qui est peut-être un peu contradictoire avec les propos précédents.
05:50En fait, on voit bien que Macron pousse
05:52et va peut-être un peu au-delà de ce que disent les Américains.
05:57En même temps, c'est assez compliqué, avec un président américain
06:01qui varie souvent dans ses propos, puisqu'on a vu que, très régulièrement,
06:07il ne va pas jusqu'à mettre en cause la Russie dans l'agression de l'Ukraine.
06:13Enfin, il ménage beaucoup la Russie.
06:15Il renvoie souvent dos à dos.
06:17Dos à dos.
06:18Voilà, donc c'est très compliqué, parce qu'un certain nombre de reprises,
06:24il dit qu'il est agacé par le président russe, et puis après il l'exonère.
06:28Donc, c'est assez difficile et ça montre toute la fragilité du camp occidental,
06:33on peut dire, de l'alliance transatlantique,
06:35puisqu'elle repose souvent sur les humeurs d'un seul homme,
06:38un homme qui varie souvent d'opinion.
06:41Marc Semot, s'il y a filet de sécurité américain,
06:46à quoi pourrait-on imaginer qu'il ressemble ?
06:48On a entendu des choses pas extrêmement claires, en vérité.
06:52C'est très confus, mais parce qu'on est encore dans une situation virtuelle.
06:56C'est-à-dire, à la fois, il y a des choses très concrètes
06:57sur ce que pourrait être ce déploiement.
06:59Sur ce qu'il ne sera pas aussi.
07:01Voilà, dans l'attente d'un cessez-le-feu.
07:05Par ailleurs, si on attend le cessez-le-feu,
07:06c'est une raison de plus pour Poutine,
07:08qui est contre ce déploiement de refuser le cessez-le-feu.
07:11Donc, il y a plusieurs niveaux.
07:13Alors, il y a un soutien, ce qui est assez classique,
07:15c'est-à-dire renseignement aérien, logistique,
07:18éventuellement aider à protéger le ciel ukrainien.
07:20Bon, ça, c'est le basique, ça ne l'engage pas à grand-chose.
07:22Ce n'est pas suffisant, donc.
07:23Voilà. Mais la vraie question, il ne faut pas se leurrer,
07:27c'est que Poutine ne veut pas de cette force, de l'OTAN.
07:30Elle ne sera pas de l'OTAN, mais deux pays membres de l'OTAN en Ukraine.
07:34Et donc, il fera tout pour la tester.
07:37Et tester la réponse.
07:38Alors, ça sera des attaques hybrides,
07:40peut-être des attaques plus explicites,
07:42mais c'est là-dessus qu'est fondamentale la réaction
07:44qu'auront les pays européens qui auront déployé des troupes
07:47et les Américains.
07:48Oui.
07:49Alors, là-dessus, est-ce que le soutien américain
07:51peut se transformer en un appui ?
07:54Ce qui n'est pas la même chose.
07:55C'est-à-dire ?
07:55Faire des frappes.
07:56Faire des frappes sur qui aurait lancé des missiles
07:59sur les soldats de l'OTAN.
08:01Là, on vous dira qu'il y a un risque d'escalade considérable.
08:03Il y a un risque d'escalade.
08:03Ensuite, la deuxième chose, la seule vraie garantie,
08:06c'est la présence de ces soldats.
08:08Alors, par exemple, le modèle américain en Corée,
08:10c'est qu'il y a des soldats américains en Corée.
08:12Donc, s'il y a une attaque du Nord contre la Corée du Sud,
08:14les soldats américains sont directement visés,
08:16même s'ils sont assez nombreux,
08:19automatiquement, ça entraîne une réponse de Washington.
08:21Sauf que là, il n'en est pas question.
08:23Voilà.
08:23Il y aura des soldats français, peut-être britanniques, etc.
08:26Est-ce que Washington, ce sont des pays membres de l'OTAN,
08:31mais ce ne sont pas les États-Unis ?
08:32Est-ce que réellement, on a la certitude
08:34que face à une attaque, les États-Unis répondront ?
08:39Même l'article 5 de l'OTAN, qu'on monte en exergue,
08:43qui est une réalité, l'article 5 de l'OTAN n'est pas si explicite que ça.
08:47Il s'agit de réfléchir aux modalités de la réponse.
08:51Donc, il n'y a pas l'automaticité de la réponse militaire.
08:55Donc, on est dans cette zone grise,
08:57et pour le moment, avec un Trump à la Maison-Blanche,
09:01ce n'est rien de rassurant,
09:02parce que déjà, il ne s'engage sous rien,
09:03et en plus, il n'arrête pas de changer.
09:05Un mot encore, François Baudonnet,
09:06sur notre sujet européo-européen, j'allais dire.
09:11On attend une fois de plus la réponse des États-Unis,
09:14et donc, la dépendance, elle semble toujours aussi claire.
09:18Oui, la dépendance...
09:18Marc, ces mots la décrivaient bien, d'ailleurs.
09:19Oui, la dépendance est toujours claire.
09:21En fait, vraiment, la plupart des pays européens de la coalition,
09:25attendent que les États-Unis s'engagent sur ce filet de sécurité,
09:29et sans ça, ils n'iront pas.
09:31Alors, ce n'est pas complètement un hasard,
09:33parce que vous avez, en gros, deux pays qui disent
09:36« on va y aller de toute façon »,
09:38c'est la France et le Royaume-Uni.
09:40Mais pourquoi ce n'est pas un hasard ?
09:41Parce que d'abord, ce sont les deux plus grandes armées d'Europe,
09:44et en plus, parce que ce sont les deux puissances nucléaires.
09:47On peut imaginer que les autres pays qui n'ont pas la puissance
09:49que ces deux pays dont je viens de parler,
09:51évidemment, sont beaucoup plus prudents.
09:53Il y a aussi les Pays-Baltes qui ont dit qu'ils allaient y aller,
09:55mais les Pays-Baltes, ils vont y aller,
09:56mais parce qu'ils sont à côté, qu'ils ont très très peur,
09:58et que de toute façon, j'ai envie de dire,
10:00ils n'ont quasiment rien à perdre.
10:01Donc, ce n'est pas complètement un hasard,
10:03mais je crois quand même que sur le fond,
10:05ce qui est intéressant, ce qui s'est passé dans la semaine,
10:06c'est que ce plan de la coalition des volontaires,
10:09même s'il n'est pas complètement ficelé,
10:11on vient de le voir que les choses ne sont pas claires,
10:13ça dépend d'un certain nombre de choses,
10:15il est quand même très proche d'être finalisé,
10:19et ça, par rapport à ce qui se passe depuis plusieurs mois maintenant,
10:22je crois que c'est une avancée importante.
10:23On va essayer de comprendre pourquoi les pays européens
10:26ont des positions un petit peu différentes sur ce plan,
10:28dans une minute, juste après votre fil info,
10:30à 9h50, Jeanne Mézias.
10:32Les premières conclusions de l'enquête sur l'accident de funiculaire de Lisbonne,
10:37dévoilées avec au cœur des recherches,
10:38la déconnexion d'un câble qui reliait les deux cabines du funiculaire,
10:42l'inspection réalisée le matin du jour de l'accident n'avait détecté aucune anomalie,
10:4816 personnes sont mortes dans ce drame, dont une française.
10:51L'Assemblée nationale vote à ou non la confiance au gouvernement de François Bayrou,
10:55demain, avant ça, aujourd'hui, les politiques font leur rentrée,
10:58Marine Le Pen, chef des députés,
10:59Rassemblement national doit s'exprimer dans la matinée,
11:02depuis son fief d'énin Beaumont, cet après-midi.
11:05C'est une prise de parole du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau,
11:08qui est attendu dans les Yvelines.
11:09A Londres, 411 arrestations hier lors d'une manifestation de soutien au groupe Palestine Action,
11:15organisation interdite au Royaume-Uni.
11:17Les forces de l'ordre avaient averti qu'elles interpelleraient toute personne
11:21qui afficherait son soutien à ce mouvement classé terroriste depuis juillet dans le pays.
11:26Il reste encore quelques heures pour faire des dons.
11:29Le The Event, le marathon caritatif en ligne des streamers,
11:32se termine à 20h avec déjà plus de 7 millions d'euros récoltés pour cette édition,
11:37qui seront reversés à des associations.
11:42France Info
11:44Les informés de l'Europe
11:47François Baudonnet, Adrien Beck
11:50Et toujours avec Marc Semot, journaliste au quotidien Le Monde,
11:54et Alain Guillemolle pour le quotidien La Croix, de quotidien ce matin.
11:58On le disait, François, donc l'attitude de la France, de la Grande-Bretagne, du Royaume-Uni,
12:03on l'a compris, l'envoi de troupes, tout ça est assez clair.
12:06Plus curieux, peut-être, je ne sais pas, vous allez me dire, Alain Guillemolle,
12:09mais en tout cas le cas de l'Allemagne,
12:11qui, première puissance économique,
12:13qui se veut, qui veut en tout cas redevenir une grande puissance militaire,
12:16mais qui pourtant dit, nous on n'envoie pas de troupes.
12:18Comment on l'explique ?
12:19Alors oui, le chancelier Merz a dit qu'il avait beaucoup de réserves sur l'envoi de troupes.
12:24En fait, il y a deux séries de raisons.
12:26La première raison, c'est une raison historique,
12:28puisqu'en fait l'Allemagne ne participe que depuis très récemment à des opérations extérieures.
12:34En fait, c'est seulement depuis la réunification.
12:36Et puis, souvent, l'armée allemande, quand elle a une opération extérieure,
12:40c'est plutôt pour des opérations humanitaires.
12:42Et donc, c'est quand même de façon très récente que l'armée allemande monte en puissance
12:48et est capable d'intervenir.
12:49Ils vont faire quoi alors ?
12:51Alors, en fait, il y a un vrai soutien quand même de l'Allemagne à l'Ukraine,
12:56ne serait-ce qu'un soutien à l'industrie de défense ukrainienne, etc.
13:01Et ils sont comptés parmi les 26, cette fameuse coalition des volontaires,
13:06les 26 qui seraient supposés faire partie de la force de réassurance.
13:10Mais en fait, il y a beaucoup de moyens d'appuyer cette force de réassurance.
13:14Ça a été dit au cours de la conférence de presse finale du sommet de jeudi.
13:19En fait, il peut y avoir un appui financier.
13:21L'Allemagne peut être dans les airs, simplement, par des patrouilles aériennes,
13:27peut-être en mer.
13:28Et puis, il y a la possibilité de soutenir de manière cyber, sur la cybersécurité.
13:33Donc, il y a d'autres manières de s'engager dans cette force de réassurance
13:36que d'avoir des hommes au sol.
13:38Même cas pour la Pologne, Marc Semot ?
13:40Alors, d'abord, il faut voir que le propre d'une coalition, c'est l'hétérogénéité.
13:45Et c'est ce qui pose problème.
13:46Le général Foch, qui était le commandant des forces alliées en fin de Première Guerre mondiale,
13:50disait « Depuis que je dirige une coalition, j'ai beaucoup moins d'admiration pour Napoléon. »
13:54Parce que chacun, effectivement, tire de son côté, etc.
13:57Alors, le point commun, c'est que tous les pays qui avaient été engagés en Ukraine
14:01pendant la Seconde Guerre mondiale,
14:03contre l'Union soviétique, côté allemand,
14:08c'est-à-dire que c'est valable pour les Allemands, évidemment,
14:10les Italiens, les Roumains, les Hongrois, les Polonais,
14:14traînent des quatre fers.
14:16C'est-à-dire que dans la mémoire nationale, l'Ukraine reste un traumatisme.
14:20C'est évident dans le cas de l'Italie.
14:22Et c'est aussi, autrement, le cas pour la Pologne.
14:25Parce qu'à la fin de la guerre, il y a eu des massacres croisés
14:28entre Ukrainiens et Polonais en Voligny, etc.
14:31Donc, c'est des raisons historiques.
14:32Ce qui fait qu'il y a ces raisons historiques.
14:34Plus, malgré tout aussi, même si la Pologne est la bonne élève de l'Europe,
14:39avec un 4, quasiment 5% maintenant du PIB,
14:42qui est en train de constituer la première armée terrestre d'Europe,
14:45mais malgré ça, ça tiraille.
14:48Il y a une cohabitation qui est assez houleuse
14:51entre, d'un côté, Donald Tusk, libéral, pro-européen,
14:55et le nouveau président, Dupis, qui, lui, est un ultranationaliste.
14:59Dupis qui est le parti, voilà, le traité de droit et de justice.
15:01Le traité de droit et de justice.
15:02Voilà.
15:03Donc, pour cette raison-là, ça coince.
15:05Et au milieu de ça, François Baudonnet, il y a aussi Emmanuel Macron,
15:07qui a un petit peu changé, quand même, sur le sujet de risque.
15:10Oui, il a même opéré un virage à 180 degrés au cours de ces derniers mois.
15:16C'est lui qui a co-présidé ce sommet de la coalition des volontaires,
15:21donc cette semaine à Paris.
15:23Alors, il va falloir quand même, cette semaine,
15:25qu'il s'occupe un tout petit peu de l'actualité française et de la politique française.
15:28L'actualité dans la semaine va peut-être être mise de côté.
15:30Mais c'est vrai qu'il est loin le temps où Emmanuel Macron disait
15:33« il ne faut pas humilier la Russie ».
15:35On se souvient de ce qu'il avait dit.
15:37Je crois qu'Emmanuel Macron, il aime ce rôle de leader européen.
15:40Vous savez qu'en 2022, vous vous souvenez que la France avait été présidente
15:42du Conseil de l'Union Européenne.
15:44Et je crois que c'était un moment qu'il avait aimé,
15:47même si ça était tombé, justement, au début de la guerre en Ukraine.
15:52Alors, cette position quand même française qui est très dure,
15:55la position de Emmanuel Macron qui est très dure vis-à-vis de la Russie,
15:58le place donc, d'une certaine façon, en pointe, en tête.
16:03Mais ça n'a pas que des avantages.
16:04Parce qu'en fait, vis-à-vis de la Russie,
16:06les Russes le disent régulièrement, le Kremlin le dit régulièrement.
16:10En fait, s'il y a un pays européen qui est plus l'ennemi de la Russie,
16:15aujourd'hui, c'est la France.
16:17Si on récapitule Alain Guillemolle quand même,
16:19quand on voit ce qui s'est passé,
16:21alors oui, rien pour l'instant n'est vraiment concret sur un cessez-le-feu.
16:25Mais quand on voit ce qui se passe côté européen,
16:27il y a eu le sommet de Washington,
16:28où un certain nombre de leaders y sont allés,
16:30il y a eu cette coalition des volontaires,
16:32même si elle n'est pas que européenne,
16:34il y a aussi des pays de l'extérieur.
16:36On parle souvent des échecs, quelquefois, de l'Europe dans cette émission.
16:40Il y a quand même là, quelque chose qui se passe.
16:44Marc Semo et moi d'accord.
16:45Oui et non.
16:46Moi aussi, moi je suis l'effort.
16:47Oui, je trouve quand même qu'on tourne un peu en rond
16:52avec cette coalition des volontaires,
16:54parce qu'en fait, on annonce qu'elle se déplorera en Ukraine
16:58quand il y aura un cessez-le-feu.
17:00Or la Russie, ça va plutôt l'inciter à ne pas aller vers un cessez-le-feu,
17:05parce qu'elle ne veut pas de ses forces en train d'Europe.
17:06Ça, ça ne dépend pas de l'Europe, j'allais dire.
17:08Quelque part, d'une certaine façon, oui, mais c'est quand même la stratégie...
17:10Sans vouloir faire l'européen...
17:11Alors, mais c'est quand même la stratégie que les grands leaders européens ont choisie,
17:15et le discours qu'ils ont adopté.
17:17Et donc, quelque part, d'une certaine façon,
17:20avec ça, on prolonge la guerre.
17:22Alors, heureusement, il y a quand même d'autres choses plus positives qui se passent.
17:25Si vous voulez que je parle de choses un peu plus positives,
17:27je dirais qu'il y a un 19e paquet de sanctions qui est en préparation,
17:31et puis surtout, la stratégie de l'Europe, en ce moment,
17:33c'est d'aider à l'industrie de l'armement ukrainienne,
17:35et on voit qu'elle monte en puissance très fortement.
17:38Aujourd'hui, 60% des armes utilisées en Ukraine sont de production ukrainienne,
17:45et puis, il y a un projet qui monte aussi, une idée qui monte,
17:48c'est celle d'un bouclier du ciel, Sky Shield,
17:51qui consisterait à protéger le sol ukrainien depuis les pays limitrophes.
17:55Un dernier mot, Marcin Livresse, 30 secondes.
17:57Oui, tout ça, c'est vrai, mais la question est,
17:59comme l'a souligné Elie Tenenbaum dans une tribune pour le monde,
18:03qui est responsable de la question de sécurité à l'IFRI,
18:06est-ce que la question n'est pas de déployer cette force de réassurance
18:09avant le cessez-le-feu ?
18:11Ça serait une décision souveraine de l'Ukraine,
18:13mais effectivement, ça sera plus difficile à faire passer,
18:16et là-dessus, l'union qu'on a vue dans la coalition
18:19risque de se fissurer beaucoup plus.
18:21Merci beaucoup, Marc Semot, pour ces explications,
18:24journaliste au quotidien Le Monde, spécialiste des questions internationales.
18:28Merci Alain Guillemolle de la Croix, spécialiste des questions européennes.
18:32Et merci, bien sûr, François Baudonnet.
18:34Merci à vous d'avoir suivi les informés de l'Europe
18:36qui reviennent bien sûr la semaine prochaine sur France Info.
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