00:00L'inquiétude au fond romain c'est la rançon du chaos et c'est vrai qu'on revit en ce moment ce qu'on avait déjà vécu très longuement l'été dernier
00:06puis en plus en décembre, on a beau déjà tout connaître de ces séquences politiques en suspens où les calculs, les rumeurs, les supputations
00:12occupent l'espace médiatique pendant que le temps politique s'étire et se disloque, ça ne les rend pas moins pénibles pour autant.
00:18Ces moments de flottement sont cruels pour tout le monde. D'abord parce que beaucoup s'y croient.
00:22Regardez ce qui se passe en ce moment au parti socialiste. L'espoir de Matignon donne de l'importance aux insignifiants et parfois même des espoirs aux imbéciles.
00:27Tout le monde presque s'y verrait. Il suffit d'être un leader socialiste un peu exposé médiatiquement pour s'y imaginer.
00:34Tenez-vous bien, même François Hollande maintenant en parle presque, à demi-mot.
00:38Donc les Français quant à eux vivent pour beaucoup dans l'anxiété que ce scénario se produise.
00:41Alors il n'est heureusement pas le plus probable à ce jour.
00:43Mais enfin, rien dit évidemment que les socialistes apporteraient au président de la République un soutien assez stable et assez large pour sortir de la crise.
00:50Mais le seul fait d'y réfléchir dans les médias de quoi glacer le sang parfois.
00:54On a vu en effet les propositions de hausse d'impôt qu'ils ont proposées dans leur contre-budget.
00:58Oui, on a beaucoup parlé notamment de cette fameuse proposition de taxe Zuckman qui sacrifie à la fois la justice et l'efficacité de l'impôt au profit d'une mesure idéologique.
01:06Il y a quelque chose là-dedans de la logique du bouc émissaire que décrivait René Girard.
01:10Les très hauts patrimoines seront sacrifiés en place publique pour contenter la colère de la foule.
01:14Mais une fois que sur l'hôtel seront dissipés les derniers parfums d'encens de l'Holocauste, les caisses de l'État ne seront pas plus remplies pour autant.
01:21Et on cherchera surtout quelqu'un d'autre à qui faire les poches.
01:23Mais le parti socialiste à Matignon, ce ne sont pas seulement des mesures fiscales.
01:27Au fond, tout au long de son histoire, du congrès de Tours sous Léon Blum à Solide-Épinay sous François Mitterrand,
01:31le parti socialiste a vécu dans l'angoisse de ne pas être assez à gauche, assez radical.
01:36Et s'il prend le pouvoir aujourd'hui, ça ne serait pas seulement pour assurer au chef de l'État une fin de mandat plus stable,
01:40mais évidemment pour mettre sur pied l'ensemble de leurs mesures.
01:43On se rappellera à ce moment-là que le parti socialiste est un parti qui veut faire exactement tout l'inverse
01:48de ce que l'on reprochait parfois à Michel Barnier ou à François Béroud, de vouloir faire, mais pas assez vite ou pas assez loin.
01:54Le parti socialiste, eux, c'est l'accélération de l'immigration, c'est la déliquescence de la justice,
01:57c'est le sabordage, bien sûr, de la réforme des retraites. J'en passe et des meilleurs.
02:00Alors, il y a eu un malentendu hier sur ce que feraient les Républicains en cas de gouvernement socialiste.
02:05Laurent Wauquiez, le patron des députés LR, a suggéré que son groupe pourrait ne pas censurer un gouvernement PS.
02:12Oui, un malentendu, effectivement, assez dommageable.
02:14Alors, on devine sans trop de peine les petites mesquineries personnelles que cette sortie malheureuse peut laisser imaginer.
02:19Laurent Wauquiez a considéré que l'entrée au gouvernement de Bruno Retailleau lui avait ravi son destin.
02:23Et donc, déclarer cela, c'est laisser entendre qu'au fond, il vaudrait mieux un budget socialiste que pas de budget du tout.
02:29La stabilité à tout prix. Mais pour les électeurs de droite, c'est quand même difficile à admettre.
02:33Si les Républicains se mettent en plus à parler avec des voix discordantes,
02:37en l'occurrence ici, il y a pratiquement une guerre des chefs qui se réinstalle
02:40lorsque Laurent Wauquiez, patron des députés LR, et Bruno Retailleau, le président du parti, disent une chose et son contraire,
02:46eh bien, c'est la fiabilité aux yeux du président de la République qui est remise en question.
02:50Et si les Républicains cessent d'être une digue, empêchant jusque-là la folie socialiste de se déverser,
02:55alors c'est laisser les clés de Matignon au PS.
02:58Et ça, même Laurent Wauquiez pourra s'en mordre les doigts plus tard.
03:01Merci beaucoup Paul Sujit.
03:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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