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  • il y a 5 mois
Dans son édito du 04/09/2025, Paul Sugy revient sur la folie fiscale du parti socialiste.

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Transcription
00:00Oui Romain, la France est plongée dans un chaos politique total, partout règnent les ténèbres,
00:04mais au milieu de l'obscurité une lumière s'est allumée, c'est l'éclairage que proposent les socialistes
00:10qui eux, eh bien, ont des solutions et même attirent la rigaud.
00:13Ils les ont proposées très largement le week-end dernier avec une proposition de contre-budget
00:17à la clé, pratiquement 27 milliards de hausses d'impôts pour seulement 14 milliards d'économies.
00:23On reporterait au passage l'effort sur le déficit de quelques années par rapport à l'objectif prévu par François Bayrou,
00:29mais surtout, on croit rêver comme si le problème d'un pays qui est déjà le champion européen des prélèvements obligatoires
00:36venait du manque de recettes fiscales, qu'en clair, si la France s'est endettée, ce serait faute d'impôts.
00:42Bon, parmi leurs idées, Agnès Verdier-Molinier l'a déjà très bien dit, la fameuse taxe Zuckman,
00:47c'est pratiquement l'alpha et l'oméga de leur plan puisque ça représenterait selon eux
00:51environ 15 milliards d'euros de recettes supplémentaires pour l'État.
00:54Le principe est très simple, dès que vous avez plus de 100 millions d'euros de patrimoine,
00:59on vous le taxe à 2% chaque année, ça ne fait peut-être pas grand monde, seulement 1800 personnes,
01:03mais ça rapporterait gros à l'État. Sur le papier, ce serait donc tout d'une bonne idée.
01:08Alors, est-ce que ça permettrait vraiment de trouver des recettes, cette fameuse taxe Zuckman ?
01:11C'est là évidemment que le bas blesse. Alors, on va faire semblant de laisser de côté
01:14tous les arguments évidemment idéologiques, moraux, les arguments de justice au fond,
01:18et se concentrer sur la question de l'efficacité pure.
01:21Alors, il y a un effet qui est bien connu des économistes, même s'il est souvent discuté,
01:25ce qu'on appelle l'effet « l'affaire » du nom de cette économie, ce qui aurait tracé,
01:29selon la légende, une courbe sur un coin de la table, mais qui résume un effet en réalité bien réel,
01:34qui est que l'accroissement des taux d'imposition se traduit toujours, au-delà d'un certain seuil,
01:38par un amoindrissement de la recette fiscale.
01:40Ça paraît contre-intuitif, on se dit que plus on augmente le taux d'un impôt,
01:43plus il va rapporter de l'argent, mais en réalité, il y a un effet d'éviction.
01:46Si, par exemple, le travail ou l'épargne sont trop imposés,
01:49les personnes décident tout simplement d'arrêter ou de ralentir leur travail ou leur épargne.
01:54Évidemment, si on impose l'intégralité de vos revenus, vous n'avez plus dégagé de revenus du tout,
01:58puisqu'ils ne vont pas dans votre poche.
02:00C'est simple comme bonjour, mais surtout, ça se vérifie dans les faits.
02:03Il faut lire, par exemple, Bertie Bayard dans « Le Figaro » de ce matin,
02:06qui vous explique qu'en 2018, on avait procédé à une forme de test grandeur nature,
02:10si j'ose dire, en France, avec une taxe sur les yachts de plus de 30 mètres.
02:13Alors, ça devait rapporter 5 à 10 millions d'euros.
02:16En définitive, 5 ans plus tard, ça n'en rapporte que 60 000,
02:19tout simplement parce que les yachts qui font plus de 30 mètres sont allés s'amarrer ailleurs.
02:23Ça paraît évident et surtout, c'est très facile de faire bouger un yacht.
02:26Alors, on peut s'en consoler en se disant qu'on n'a pas besoin de yachts de plus de 30 mètres dans nos ports.
02:30Je serai d'ailleurs peut-être pas loin de penser la même chose,
02:32moi qui n'ai pas ce problème, puisque mon yacht fait moins de 30 mètres.
02:35Mais le problème avec les riches ou les très riches,
02:38il n'est évidemment pas le même que cet exemple trivial d'un yacht dans un port.
02:42Si on reprend la note d'analyse du Conseil d'analyse économique qu'Agnès a cité tout à l'heure,
02:46elle précise les choses par rapport à ce que représentent pour la France,
02:49pour la richesse française, les 1% de ménages les plus aisés.
02:54Ils représentent pratiquement 20% du chiffre d'affaires total généré en France,
02:57si on regarde les entreprises qu'ils contrôlent,
03:0022,5% de la masse salariale et 20,9% de la valeur ajoutée.
03:04En clair, ces ménages ne sont pas seulement riches parce qu'ils ont des yachts de je ne sais combien de mètres,
03:09mais parce qu'ils contrôlent les entreprises, qui certes sont riches,
03:11mais qui aussi créent de la valeur et de l'emploi en France.
03:14Et si ces entreprises étaient domiciliées ailleurs,
03:16ce serait évidemment très dommageable pour l'économie française.
03:18En fait, ces arguments, ils s'en fichent,
03:20c'est juste qu'ils veulent faire une politique anti-riches.
03:22Oui, et d'ailleurs, il y a une forme de nonchalance dans la façon dont le gourou en chef de nos amis socialistes,
03:28l'économiste Gabriel Zuckman, dont ils se réclament tous ces temps-ci,
03:32assume de dire qu'il faut parfois, c'est écrit noir sur blanc dans son livre Le triomphe de l'injustice,
03:36parfois détruire une partie de l'assiette fiscale,
03:38c'est-à-dire, en clair, faire partie les riches, parce que ça serait plus juste.
03:42En réalité, il y a une forme de non-dit, c'est que pour les socialistes,
03:47on pense qu'il suffit de trouver de l'argent dans les poches des riches,
03:51mais cette question ne répond jamais à la question suivante,
03:54qu'est-ce que l'on fera pour trouver de l'argent et des recettes
03:57lorsqu'il n'y aura plus de riches, soit parce qu'on l'aura tout pris,
03:59soit parce qu'ils seront partis ailleurs, ça n'est que reculer pour mieux sauter.
04:02C'est ce à quoi ils vont arriver, ils vont décourager tout le monde.
04:06Merci beaucoup.
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