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  • il y a 5 mois

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00:00La prison ultra sécurisée de Vendin-le-Vieil, symbole de la fermeté de l'État face aux narcotrafiquants en prison voulue, on le sait par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
00:11Cette prison de Vendin-le-Vieil se retrouve déjà rattrapée par la justice, puisqu'un juge a ordonné d'assouplir le traitement d'un détenu jugé indigne,
00:19notamment en raison de l'allumage de la lumière toutes les deux heures pendant la nuit de sa cellule.
00:24Mais le parquet a aussitôt fait appel, derrière ce bras de fer, une question politique, quand l'État affiche sa fermeté,
00:31les institutions judiciaires ne viennent-elles pas systématiquement déconstruire ou neutraliser son action, Ophélie Roch ?
00:38Ce qui est d'autant plus absurde, c'est que cette personne-là se plaint en effet que la lumière de sa cellule soit allumée toutes les deux heures.
00:45C'est-à-dire que toutes les deux heures, je pense qu'il vérifie, voir si le prisonnier est bien là, bien vivant.
00:50Ça reste une prison de haute sécurité, c'est un peu l'objectif.
00:54Cette même personne qui se plaint en effet de la lumière et des conditions du coup insalubres de sa détention,
01:00c'est une personne qui est condamnée notamment pour une sorte de trafic d'êtres humains,
01:04puisqu'il faisait partie de ces passeurs qui font venir des gens illégalement et qui un peu la traitent d'une certaine manière.
01:10Donc je trouve ça d'autant plus incroyable que quelqu'un qui se permet d'acheminer des gens comme des ballots,
01:15c'est-à-dire sans doute dans des conditions immondes, se plaignent que la lumière lui soit parfois en effet comme ça, mis devant les yeux.
01:24Ces gens-là n'ont aucune morale, ça se voit, ce n'est pas le seul.
01:29Une autre vingtaine de prisonniers, toujours de ce quartier haute sécurité qui vient d'être créé,
01:35ont décidé de porter plainte pour des conditions de détention selon eux qui sont indignes.
01:39Les conditions de transfert aussi.
01:41Et de transfert, oui, parce que je pense que les banquettes ne doivent pas être embourrées dans les voitures,
01:46donc forcément ça doit être des choses atroces.
01:49Je veux dire, on ne peut pas à un moment décider d'agir en dehors des fonctions.
01:55Non seulement ils agissent en dehors de la loi, mais ils agissent aussi souvent en dehors de l'humanité.
02:00Et ces gens-là qui se permettent pour les autres de daigner leur humanité,
02:04veulent, eux par contre, absolument qu'on les traite, non pas simplement comme des êtres humains,
02:09mais même que tout leur soit dû, c'est-à-dire que tout leur est dû.
02:13Non, je suis désolée, enfin, comment dire, qu'on va...
02:16Mais alors vous vous inquiétez effectivement que ces gens-là se plaignent de leurs conditions ?
02:21Moi, ce qui m'inquiète surtout, c'est la réaction de la justice.
02:24Le magistrat qui confirme que cela constitue une pratique susceptible d'affecter gravement la qualité de son sommeil,
02:30d'affecter sa santé mentale et in fine de porter atteinte à sa dignité, Joseph Massescaron.
02:36Ça, c'est ce que dit le magistrat.
02:37Vous savez, dans les avions, très souvent, dans la pochette avant, lorsque vous faites de longues destinations,
02:45il y a quelque chose qui s'appelle un masque.
02:48Voilà.
02:49Et à ce moment-là, vous le mettez sur les yeux.
02:51Et du coup, vous n'avez plus la lumière.
02:54Vous n'avez plus la lumière à port.
02:54Non, mais pardonnez-moi de ce...
02:56Pardonnez-moi parce que j'ai l'impression, quand j'entends ça, que c'est Guantanamo.
03:01Réellement.
03:02Que c'est Guantanamo.
03:03Parce que c'est ça ce qu'ils veulent démontrer, les juges.
03:06C'est que c'est Guantanamo.
03:07Or, c'est absolument, évidemment, pas Guantanamo.
03:09Je rappelle juste qu'en effet, un masque sur les yeux, ça marche très très bien.
03:13Très très bien.
03:13Je vous assure que ça marche.
03:15Et que ça ne pose aucun problème.
03:17et que ça ne pose aucun problème pour le sommeil.
03:20Voilà.
03:20Tout simplement.
03:22Non.
03:23Jadis...
03:24Qu'est-ce qu'on cherche à faire, en fait, derrière ça ?
03:27Alors, d'abord, je pense qu'il y a deux éléments.
03:30Le juge veut accéder à une forme de notoriété.
03:33Parce que, soyons clairs, il y a aussi une course échalote à la notoriété médiatique chez les juges.
03:39C'est normal.
03:40C'est le premier point.
03:41Et le deuxième point, il cherche également à élargir ce domaine d'action.
03:44Parce qu'autrefois, la manière dont les prisonniers étaient traités,
03:49et ça semblait à tout le monde normal,
03:51relevait de l'administration pénitentiaire.
03:53C'est eux qui prenaient les décisions.
03:54Et ces décisions n'étaient pas contestées par les juges.
03:57Les juges s'arrêtaient.
03:58Ils s'arrêtaient là.
03:59Bien sûr.
03:59Alors, évidemment, s'il y avait ensuite après des exactions réelles qui pouvaient être constatées,
04:03oui, il y avait une enquête d'abord de police, et qu'ensuite après...
04:07Mais les juges, pardonnez-moi, n'avaient pas autorité.
04:11N'avaient pas autorité.
04:12Et maintenant, ils ont totalement...
04:16On a laissé progressivement, par abandon, par soumission,
04:21les juges élargir leur champ d'intervention et leur champ de pouvoir.
04:25Qu'il s'agisse d'ailleurs de ce sujet, ou qu'il s'agisse d'autres sujets.
04:28Est-ce qu'ils se soucient davantage, ces juges ?
04:30Parce que c'est la question qu'on peut se poser aussi, Ophélie Roque.
04:34Est-ce qu'ils se soucient davantage de la dignité des détenus,
04:37ou de celle des victimes ?
04:38Parce que, lorsqu'on apprend...
04:40Vous imaginez la famille de victimes qui lisent un truc pareil ?
04:45C'est-à-dire, quand on se parle, il est réveillé toutes les deux heures.
04:49C'est indigne pour les victimes.
04:50Je pense que ce que les juges font surtout attention, en fait,
04:54c'est à ceux qui vont faire le plus de bruit.
04:56Et visiblement, les victimes sont beaucoup plus dignes que ces gens-là.
04:59Donc, vous entendez rarement des victimes se plaindre.
05:02Il n'y a que des gens qui, finalement, n'ont pas de...
05:05Le moindre bon sens moral qui peuvent se permettre de...
05:09Parce que là, en effet, il y a plus de 20 détenus
05:12qui vont lancer plusieurs recours en justice,
05:14notamment contre la personne même du garde des Sceaux,
05:17M. Darmanin, en disant que c'est une sorte, finalement, de bourreau.
05:23C'est vraiment...
05:24Ça n'attend personne.
05:25Il veut absolument les éliminer.
05:29Mais c'est même un coup de canif, finalement,
05:31dans la crédibilité politique du garde des Sceaux.
05:34Oui, mais je pense qu'à un moment...
05:36Moi, j'avoue que j'ai du mal à comprendre.
05:38C'est-à-dire que les juges font énormément d'études.
05:40Ce ne sont pas des gens idiots, loin de là.
05:43Ils ont les lois.
05:45Ils ont des codes de loi appliqués.
05:46Mais comment est-ce qu'on peut, en effet...
05:49Le problème, justement, c'est un problème
05:50de la manière dont on devient juge en France.
05:53C'est-à-dire que faire des études, c'est bien.
05:55Mais aussi, avoir une expérience, justement,
05:58de ce qui se passe et du monde judiciaire, c'est mieux.
06:01Et quand on voit comment on devient juge en Angleterre,
06:04comment on devient juge en France,
06:05en France, on devient juge après avoir passé un examen.
06:08En Angleterre, ce n'est absolument pas le cas.
06:10On est d'abord, très souvent, avocat avant de devenir juge.
06:14C'est-à-dire qu'on sait ce que c'est.
06:15On sait ce que c'est que les enquêtes.
06:17On sait ce que c'est que les plaidoiries.
06:20On sait ce que c'est que...
06:20Voilà.
06:21Donc, là, des personnes se trouvent,
06:24du jour au lendemain, pratiquement,
06:25de devoir donner la chose jugée.
06:29Et tout ça parce que ces personnes ont passé des examens.
06:31Examen, certes, difficile.
06:33La question n'est pas là.
06:34Vous savez, il y a un autre...
06:36Un autre élément en France.
06:37Pardonnez-moi.
06:38Un autre élément en France, ça s'appelle l'ENA.
06:40L'ENA aussi.
06:40C'est-à-dire qu'on passe un examen
06:42et on est censé être habilité.
06:44Ça, c'est extrêmement français.
06:45Mais on entend beaucoup dire
06:46que les Français attendent davantage de fermeté,
06:49attendent que les peines soient exécutées,
06:51attendent beaucoup des politiques.
06:53Sauf qu'on a l'impression
06:54que dès que les politiques vont dans ce sens
06:56et vont dans ce qu'attendent, finalement, les Français,
07:00eh bien, ils n'y arrivent pas.
07:01C'est-à-dire qu'ils sont rattrapés par autre chose.
07:04Joseph Masses-Caron.
07:05Ben oui, ils sont rattrapés, de toute façon,
07:07par l'institution judiciaire.
07:08Il y a un problème, bien sûr,
07:09avec l'institution judiciaire.
07:11Vous pouvez parler du juge
07:12qui vient de prendre cette décision,
07:14mais on pourrait aussi bien parler
07:16du Conseil constitutionnel, bien évidemment.
07:18Donc, il y a un problème.
07:20On a encore eu l'exemple il y a peu de temps.
07:24Est-ce que des juges,
07:25les juges qui ne rendent pas compte,
07:29qui n'ont pas l'expérience parfois nécessaire,
07:31qui ne sont pas élus,
07:32qui ne sont pas désignés,
07:33qui ne sont pas sanctionnés,
07:34ont vocation à être le premier pouvoir en France ?
07:36C'est une question fondamentale,
07:38vous l'avez posée.
07:39L'exemple du Conseil constitutionnel,
07:42il y a quelques jours,
07:42était aussi frappant.
07:43La loi Duplomb, l'Écra,
07:45voulu par Bruno Retailleau,
07:47censuré,
07:48et également,
07:49ces mesures ont été censurées
07:50par le Conseil constitutionnel.
07:51Ce sont des contre-pouvoirs.
07:52Donc, c'est vrai qu'il est parfois un peu étonnant
07:54de voir que, normalement,
07:55ils sont là pour intervenir
07:56que dans les cas extrêmes,
07:57où, en effet, il y aurait,
07:59comment dire, des abus,
08:00des abus concrets.
08:01C'est-à-dire qu'en effet,
08:02si on était dans une forme de vrai Guantanamo,
08:04il serait intéressant, en effet,
08:05qu'il s'oppose.
08:06Là, on ne comprend pas bien.
08:07Moi, je pense que ce sont des gens,
08:09surtout, qui se sentent déclassés
08:10dans la société
08:11et qui essayent de récupérer
08:13les parcelles de pouvoir
08:14là où ils peuvent.
08:15C'est-à-dire qu'en disant,
08:16ben, bon, voilà.
08:17Vous savez, les gens sont toujours nostalgiques
08:19de ce qu'ils ont été à un moment.
08:20Moi, je pense que les juges
08:21sont nostalgiques de l'image qu'ils avaient
08:22il y a peut-être 30, 40, 50 ans,
08:24avec un statut social
08:25qui était très, très différent.
08:27Maintenant, finalement, être juge,
08:28bon, vous êtes pas vraiment...
08:31Vous faites partie d'une petite élite,
08:32mais presque, j'ai envie de dire,
08:33d'une petite élite bourgeoise,
08:35presque provinciale.
08:36Vous voyez, il n'y a pas
08:36cette prestige réellement
08:38qu'il y avait initialement.
08:40Donc, je pense qu'ils essayent,
08:41en effet, de se raccrocher
08:42à chaque manifestation
08:43du pouvoir qu'ils ont,
08:46de l'exercer de manière tatillonne,
08:47de manière brillante aussi,
08:49puisque le but est de montrer
08:50qu'ils comptent.
08:51Donc, je pense que ça peut expliquer
08:53en partie leur...
08:56Parce que sinon, le bon sens,
08:57voudrait qu'ils ne fassent pas ça.
09:00Donc, à un moment,
09:00il y a un problème de bon sens, justement.
09:02On a du mal à se dire...
09:03Bon, comment on peut expliquer ça,
09:05rationnellement ?
09:06Oui, comment on peut expliquer ça
09:06et qu'est-ce qu'on attend aujourd'hui
09:07d'une prison, en fait ?
09:08C'est-à-dire, est-ce qu'on préfère
09:09une prison où les détenus
09:11peuvent avoir des téléphones portables,
09:13peuvent fêter leur anniversaire
09:14dans leurs cellules,
09:15comme on a pu le voir récemment,
09:17des prisons avec des tables de massage,
09:18ou est-ce qu'on veut une vraie prison
09:21où, lorsqu'on est à l'intérieur,
09:23c'est une sanction, en fait ?
09:23Ceci dit, il serait intéressant, en effet,
09:25d'emmener certains juges
09:26dans certaines prisons,
09:27en effet, parce que je pense
09:28qu'ils seraient déjà très, très surpris
09:30et étonnés de voir
09:31que les détenus ne les accueilleraient pas
09:33avec la même bienveillance
09:35qu'eux-mêmes leur démontrent.
09:37Parce que je pense que
09:37si vous êtes juge
09:38et que vous allez dans une prison,
09:39je ne leur donne pas,
09:40mais même pas une minute
09:41pour ne pas être recouvert de crachats,
09:42si ce n'est pire.
09:44Donc, il faudrait peut-être, en effet,
09:45qu'ils se rendent compte
09:45qu'ils jugent les choses rationnellement,
09:48mais l'être humain n'est pas rationnel,
09:50les gens ne sont pas rationnels.
09:51Donc, pourquoi être plus humain,
09:54finalement, que la moyenne,
09:55quand c'est en plus
09:56pour que cette humanité,
09:57elle descende sur des gens
09:58qui ne la méritent pas, tout simplement ?
09:59Allez, un dernier mot,
10:00Joseph Massescaron.
10:02En fait, ce que je trouve,
10:03c'est que dans ce domaine,
10:05le mot a été employé,
10:07il faut du bon sens.
10:08Et je vois peut-être,
10:09d'ailleurs, progressivement,
10:11puisque vous avez fait référence
10:14à la table de massage,
10:15et Gérard Damanin
10:16qui a déclaré un certain nombre de choses
10:18sur les tables de massage
10:19qui relevaient du bon sens.
10:20Et qui a parlé de bon sens, d'ailleurs.
10:21Et qui a parlé de bon sens.
10:23Et je pense qu'il y a
10:24un effet Retailleau
10:26dans ce gouvernement.
10:26Là, je redeviens journaliste politique.
10:28Un effet Retailleau,
10:28c'est-à-dire que de plus en plus
10:29dans le domaine régalien,
10:31des ministres se réclament du bon sens.
10:33Lui, évidemment,
10:34Retailleau, lui-même,
10:35et puis Gérard Damanin,
10:36et d'ailleurs,
10:37Sébastien Lecornu aussi,
10:38sur les domaines de défense,
10:39qui parle comme jamais
10:40un ministre de la Défense
10:40n'avait parlé.
10:41Faut-il qu'ils aient le pouvoir
10:42après d'agir librement ?
10:45Et encore une fois,
10:46les exemples nous montrent
10:48que ce n'est pas toujours le cas.
10:49Merci à tous les deux,
10:50Joseph Masses-Caron,
10:51et merci à Ophélie Roque.
10:53Et merci, Michael Dorien.
10:54À ce soir.
10:55À ce soir, 19h.
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