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«Il existe un courant idéologique puissant dans la magistrature qui considère que la prison est mal» alerte Georges Fenech, ancien juge d'instruction
Europe 1
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il y a 2 mois
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00:01
13h15, Europe 1 Info.
00:03
Merci de nous rejoindre sur Europe 1, 13h30 et une Europe 1 Info, la suite.
00:06
Vous écoutez Clélie Mathias, vos deux chroniqueurs, Clélie, Jean-Claude Dacier, Jules Therès,
00:09
et votre invité avec vous, le coordinateur national du syndicat de police Alliance, Arnaud Bernard.
00:14
Et puis Georges Fenech, ancien juge d'instruction, sera également avec nous.
00:17
Arnaud Bernard, bonjour.
00:19
Bonjour.
00:20
Cinq adolescents avaient donc été mis en examen dans le cadre de cette enquête
00:23
ouverte après l'agression d'un policier à Tourcoing.
00:26
Elle avait été filmée, diffusée sur les réseaux sociaux.
00:29
C'est un passage à tabac, littéralement.
00:32
On se souvient des images qui nous ont tous choqués.
00:34
Et deux d'entre eux, placés en détention provisoire, ont finalement été libérés sous strict contrôle judiciaire.
00:42
Vous avez, enfin je dis vous, mais en tout cas le syndicat de police Alliance a publié un communiqué.
00:46
Vous dénoncez cette honte absolue.
00:49
Vous appelez à une manifestation devant le commissariat de Tourcoing demain.
00:53
Mais juste avant, je voulais quand même faire le point avec vous.
00:55
Comment va ce policier ?
00:58
Écoutez, au-delà des blessures physiques, je pense que ce qui va être beaucoup plus compliqué pour lui,
01:02
c'est de se remettre psychologiquement de ce qui s'est passé.
01:05
Parce que ça a été quelque chose d'extrêmement violent.
01:08
Et aujourd'hui, effectivement, il semble encore très fragile.
01:13
Est-ce qu'on sait s'il a réagi à la remise en liberté des deux principaux suspects ?
01:17
De toute façon, obligatoirement, la remise en liberté, elle l'affecte autant que nous,
01:23
puisque c'est une décision qu'on ne comprend pas et qu'on ne peut pas conscionner.
01:27
Pour nous, Alliance, depuis un certain nombre d'années, on réclame absolument qu'il y ait des peines minimums qui soient prononcées.
01:33
Et que ces peines minimums, quand on s'en prend un policier ou gendarme, soient sujetties systématiquement d'une peine de prison.
01:40
Je vais vous lire, c'est une information RTL, qui a assisté visiblement à l'audience face à la juge des libertés,
01:46
le plus âgé de ses suspects, a raconté les premiers jours en prison.
01:50
Il a dit, c'est un peu dur.
01:52
Comment en est-on arrivé là à interroger la magistrate ?
01:54
Je ne sais pas.
01:54
Je me suis défendue, a dit ce jeune homme, qui se rendait à un rendez-vous suite,
02:00
je le rappelle, à un vol de trottinette et des menaces sur une de ses soeurs.
02:03
Mais vous comprenez ce qu'il dit ?
02:05
Non, je pense qu'en fait, toutes les excuses sont plutôt bonnes.
02:09
Quand vous vous retrouvez, à mon avis, face à un juge, on ne peut pas entendre ça, nous, aujourd'hui.
02:13
Les faits sont là.
02:14
Notre collègue a eu le nez cassé, il a eu des dents arrachées, le visage, tu méfier ?
02:22
Moi, je n'entends pas ça.
02:23
Je ne peux pas, aujourd'hui, entendre ça.
02:25
Mais que ce soit un policier, ou même, on est nombreux à se poser la question,
02:28
à ne pas comprendre, est-ce qu'une magistrate, puisqu'en l'occurrence, c'était une magistrate,
02:31
est-ce qu'elle peut entendre ces choses-là, alors qu'on a un policier qui, comme vous le dites,
02:36
est choqué psychologiquement et blessé physiquement ?
02:39
Je ne peux malheureusement pas me mettre à la place de la magistrate,
02:42
mais effectivement, nous, on ne l'entend pas.
02:44
Ça, c'est une certitude.
02:45
Maintenant, encore une fois, les magistrates sont seuls juges,
02:50
et c'est eux qui prennent les décisions quant à la remise en liberté ou non
02:53
des individus qui sont présentés devant eux.
02:56
Gérald Darmanin propose de changer la loi avec une peine minimale de prison ferme,
03:00
avec mandat de dépôt pour ceux qui s'attaquent, alors, aux gendarmes, aux policiers,
03:03
généralement aux personnes dépositaires de l'autorité publique, comme on le dit.
03:06
Est-ce que vous réclamez aussi ? Vous pensez vraiment que ça pourrait faire changer les choses
03:11
et enlever ce sentiment d'impunité qu'il peut y avoir ?
03:14
Bien sûr, c'est ce qu'on réclame, nous, depuis un certain nombre d'années,
03:17
et on peut saluer, effectivement, le positionnement du garde des Sceaux sur le sujet.
03:19
C'est quelque chose qu'on réclame, effectivement, une peine minimale,
03:23
quand on s'en prend à un policier ou à un gendarme, ou à toutes ces personnes qui représentent l'État,
03:28
et puis que cette dernière, elle soit systématiquement assujettie à une peine de prison.
03:32
Je pense que c'est avec cette application-là qu'on arrivera à faire un petit peu changer les choses.
03:37
Je vous propose de vous rester en ligne avec nous, bien sûr,
03:40
d'écouter Bruno Retailleau, le ministre démissionnaire de l'Intérieur,
03:42
qui a réagi, lui aussi, à ses libérations.
03:45
Si on veut stopper ces lynchages, ces agressions qui se multiplient vis-à-vis de nos forces de l'ordre,
03:51
il faut aussi que la justice soit la plus ferme possible.
03:55
Moi, je ne peux pas, le matin, le midi et le soir,
03:58
demander à nos policiers, à nos gendarmes, de monter au front, d'exposer leur vie,
04:04
si derrière, et ça c'est pour protéger la société,
04:08
si derrière, la société ne les protège pas.
04:10
Il faut des lourdes sanctions.
04:12
Je souhaite, moi, que la loi soit changée,
04:14
et que demain, il y ait ce qu'on appelle des peines planchées,
04:17
des peines minimales, incompressibles.
04:19
Georges Fenech est également avec nous.
04:21
Bonjour, Georges.
04:22
Oui, bonjour.
04:23
Vous êtes ancien juge d'instruction.
04:26
Expliquez-nous, en tant que juge d'instruction,
04:28
vous avez, voilà, ça a été votre métier,
04:31
là, la décision qui a été prise,
04:33
comment vous l'expliquez ?
04:35
Qu'est-ce qui, voilà, qu'est-ce qui s'est passé dans ce prétoire ?
04:38
Ah, écoutez, j'y étais pas, d'abord,
04:41
mais j'essaye de décoder, de comprendre, comme vous.
04:45
En réalité, si vous voulez, d'abord, je tiens à rectifier quelque chose.
04:48
Vous avez dit, mais tout le monde le dit,
04:51
ces jeunes ont été placés en détention provisoire,
04:54
ont été remis en liberté ensuite.
04:55
En fait, non, ils n'avaient pas été placés en détention provisoire.
04:59
C'est un peu technique, mais c'est quand même important.
05:01
Ils avaient demandé un délai pour préparer leur défense,
05:04
et donc ils avaient été incarcérés provisoirement,
05:07
comme le prévoit le code de procédure,
05:09
pendant quatre jours maximum,
05:10
pour préparer leur défense et faire un débat.
05:13
C'est pas une détention provisoire, c'est ça ?
05:15
C'était pas une détention provisoire,
05:16
c'était une incarcération provisoire.
05:19
Vous l'avez dit, le résultat est le même,
05:20
ils sont derrière les barreaux.
05:21
Mais, symboliquement, ils n'étaient pas en détention provisoire.
05:24
Ils étaient simplement retenus en prison,
05:26
le temps d'organiser leur débat.
05:28
Donc, en réalité, ils n'auront jamais été placés en détention provisoire.
05:31
C'est important de le préciser, vous avez raison.
05:34
Oui, je voulais quand même le préciser.
05:36
Après, écoutez, on dit, on va établir des pleines planchées,
05:40
vous allez voir, ça va changer, ils vont aller en prison.
05:43
Non, ça ne changera rien du tout.
05:46
On les a d'ailleurs expérimentés déjà,
05:48
les pleines planchées, c'était sous Nicolas Sarkozy.
05:51
Pourquoi ça ne changera rien ?
05:53
D'abord, ce n'est pas parce que vous établissez des pleines planchées
05:57
que le juge sera obligé de mettre en détention provisoire.
06:00
La peine et la détention provisoire, c'est deux choses différentes.
06:04
Et puis, et surtout, il faut prévoir,
06:07
toujours une possibilité pour le juge,
06:09
de descendre en dessous de la peine planchée.
06:12
Autrement, c'est rejusté constitutionnellement par le Conseil constitutionnel,
06:16
qui n'accepte pas les peines automatiques.
06:18
Donc, il faut arrêter de leurrer l'opinion,
06:22
parce que ça fait des années et des années qu'on a ce problème.
06:25
Il n'est pas apparu, là, tout à coup, à Tourcoing.
06:27
On pourrait citer des tas d'exemples, et c'est très récurrent.
06:31
Souvenez-vous, d'ailleurs, du cri de la police.
06:33
Le problème de la police, c'est la justice.
06:36
En réalité, le problème est beaucoup plus profond.
06:39
Pourquoi je dis cela ?
06:40
Parce qu'en plus, je l'ai vécu de l'intérieur,
06:42
donc j'en témoigne, j'ai beaucoup écrit là-dessus
06:45
pour expliquer et faire comprendre ce qui se passe.
06:47
Vous avez un courant idéologique qui est très important
06:50
au sein de la magistrature,
06:52
qui considère que la prison est mal,
06:54
et qu'il ne faut pas mettre en prison.
06:56
Il faut laisser en liberté,
06:58
il faut prononcer des peines alternatives,
07:01
des peines de substitution.
07:02
Alors, on ne sait pas si la magistrate-là a pris cette décision
07:07
parce qu'elle est syndiquée ou pas, on ne sait pas.
07:09
Je le précise.
07:10
Non, mais vous pouvez penser,
07:11
et vous pouvez savoir, et ne pas savoir.
07:13
Moi, je vous le dis.
07:15
Je vous le dis que ces fonctions de JLD,
07:18
juge de la liberté à détention,
07:20
de juge d'application des peines,
07:22
de juge de la rétention administrative,
07:24
ce sont des fonctions qui sont trustées
07:26
par le syndicat d'administration
07:28
pour remettre en liberté.
07:30
Ces décisions-là, elles sont prises en Assemblée Générale.
07:33
Je tenais à vous dire quand même,
07:35
rappelez-vous ce qui s'est passé
07:36
pendant les précédentes émeutes de 2023,
07:39
lorsque le syndicat d'administration
07:41
a lancé une contre-circulaire au Gard des Sceaux,
07:44
lorsqu'ils ont participé à une fête de l'UMA,
07:47
en taxant, soi-disant,
07:48
les policiers de violences policières.
07:50
Donc, il faut arrêter,
07:52
il faut supprimer cette école de la magistrature,
07:55
qui est une école de révolutionnaires,
07:57
et il faut interdire les syndicats.
07:59
Non, mais vous pouvez sourire,
08:01
la seule solution pour finir avec cette politisation,
08:05
je ne suis pas là, mais je vous entends sourire,
08:07
la seule façon d'extirper le poison d'une justice
08:12
qui ne remplit plus ses missions,
08:14
c'est de dépolitiser la justice
08:16
et d'interdire les syndicats politiques.
08:19
Je vous le dis, il n'y aura pas d'autre solution.
08:21
C'est le mot révolutionnaire qui m'a fait sourire.
08:23
Par contre, j'aimerais juste avoir l'avis d'Arnaud Bernard
08:27
à ce que vous avez dit, Georges Fenech.
08:29
Arnaud Bernard, normalement,
08:30
vous êtes toujours en ligne avec nous.
08:32
Vous avez entendu Georges Fenech qui dit
08:33
« Mais changer la loi, ça ne changera rien ».
08:36
Alors, moi, je ne partage pas forcément cette analyse.
08:39
Encore une fois, nous, on estime
08:41
que c'est en passant par ce changement de loi
08:43
qu'on obtiendra, à mon avis,
08:45
un petit peu plus de sécurité pour nos collègues,
08:48
parce qu'aujourd'hui, on se rend malgré tout compte
08:50
qu'il y a un sentiment d'impunité qui est marqué.
08:53
Alors, j'entends ce qui est dit
08:54
concernant l'indépendance de la magistrature
08:57
et qu'effectivement, les peines de plancher,
08:59
ils vont faire ce qu'ils vont en vouloir.
09:02
Ceci étant, pour moi,
09:03
je pense qu'il est quand même important pour nous
09:04
que les choses évoluent.
09:05
Et la preuve en est, c'est que c'est porté
09:06
par le garde des Sceaux
09:07
et c'est aussi demandé par le ministre de l'Intérieur.
09:08
Merci beaucoup à tous les deux
09:11
d'avoir été en ligne avec nous
09:12
pour nous éclairer sur ce sujet
09:15
et essayer de comprendre, finalement,
09:18
ce qui arrive, même si c'est bien difficile.
09:21
On reste ensemble, on va marquer une courte pause.
09:22
Ensuite, j'aimerais avoir votre avis.
09:23
Jules Thorez, Jean-Claude Dacier,
09:25
qu'est-ce que vous en avez pensé ?
09:26
Quelle a été votre réaction ?
09:27
Est-ce que vous, vous êtes favorable
09:28
à cette nouvelle loi réclamée
09:30
à la fois par Gérald Darmanin et Bruno Retailleau ?
09:33
On en parle dans un instant.
09:34
Restez bien avec nous.
09:35
La suite de Repas Info, c'est dans un instant.
09:36
Il est 13h41, vous écoutez Clélie Mathias sur Europe 1.
09:39
13h15, Europe 1 Info.
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