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  • il y a 5 mois

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00:00Europe 1 Soir Weekend, 19h21, Guillaume Lariche.
00:04Direction le Canada, où le festival international du film de Toronto fait polémique.
00:09C'est le moins qu'on puisse dire ce métrage sur la tragédie du 7 octobre survenue en Israël,
00:13baptisée La route entre nous, le sauvetage ultime, a été déprogrammé par les organisateurs.
00:18Le festival a tout bonnement demandé à l'équipe de préciser les droits d'auteur des images.
00:22Il fallait qu'elle confirme l'autorisation légale de la projection des images violentes
00:26tournées par le Hamas durant son programme du 7 octobre.
00:29Massacre ou la traque terroriste a fait, je vous le rappelle, plus d'un millier de morts.
00:33Une petite question pour vous, Véronique Jaïké.
00:35Je crois que cette décision a été pensée pour faire le buzz, en l'occurrence plutôt le bad buzz.
00:40Oui, non mais cette décision est complètement lunaire.
00:43Cela dit, moi je me posais la question quand même du côté des organisateurs de ce festival.
00:49Ont-ils été vraiment professionnels ?
00:52C'est-à-dire que je pense qu'on aurait pu anticiper la question du traitement de ce genre d'image.
00:56Même si, effectivement, elles font la force de ce documentaire et qu'elles ont donc toute leur place.
01:03Mais là encore, vous voyez, c'est comme si c'était à double détente.
01:07C'est-à-dire qu'on regarde un documentaire dans lequel vous avez des images absolument sordides,
01:12criminelles, qui émanent de caméras tenues par des terroristes du Hamas.
01:19Donc, bien entendu qu'il ne faut pas leur demander de droit d'auteur, bien entendu que c'est complètement obscène.
01:26Mais je pense qu'on n'en est qu'au début du début du traitement de ce genre de données médiatiques,
01:34enfin de données de ce type de reportages, des reportages qui émanent de terroristes quelque part.
01:41C'est complètement singulier, c'est lunaire, mais il me semble que c'est aussi nouveau dans le traitement, justement, d'un film.
01:50Alors, évidemment, visiblement, il y a eu aussi des menaces sur la diffusion de ce genre de documentaire.
01:57Donc, est-ce que les organisateurs du festival sont aussi très très lâches,
02:01c'est-à-dire qu'ils se cachent derrière cet aspect de droit d'auteur ?
02:05Quoi qu'il en soit, même s'il y a polémique, qu'elle me paraît justifiée,
02:10et que la question se pose, effectivement, d'attribuer la paternité de ces images ou non,
02:16et donc de respecter la source,
02:19je crois que là, c'est presque un crime de l'aise-majesté que de ne pas diffuser un tel film.
02:24Il va être diffusé parce qu'il a été reprogrammé.
02:26Et évidemment, de faire site chez droit d'auteur.
02:29Et puis, après, finalement, il y a eu un volte-face, le festival du film de Toronto qui est revenu
02:33et qui va donc programmer ce film-là dès début septembre.
02:36Gilles Boutin, singulier, lunaire, comme l'expliquait Véronique,
02:40le festival du film de Toronto qui se défend en disant que
02:42de demander l'autorisation de diffusion des vidéastes ayant tourné ces images meurtrières du St-Cobre
02:46est pour se protéger de toute implication juridique.
02:49Alors, pour vous, est-ce que c'est crédible de céder à des exigences aussi grotesques ?
02:53Moi, de mon côté, j'imagine mal le Hamas déposer un recours.
02:56Non, je ne vois pas débarquer les avocats du Hamas.
02:58C'est un summum de lâcheté, cette affaire.
03:01Et ça nous rappelle aussi que la trouille est très mauvaise conseillère.
03:05Parce qu'il faut bien voir dans quel contexte intervient cette déprogrammation,
03:10puis ce retour, ce rétro-pédalage.
03:13C'est un contexte très tendu.
03:15C'est-à-dire qu'il y a énormément de manifestations pro-Palestine.
03:17Vous avez des fortes tensions sur la thématique du génocide à Gaza.
03:21C'est-à-dire que les manifestants exercent des pressions très très fortes
03:25pour qu'on reconnaisse qu'un génocide a lieu, selon eux, à Gaza.
03:30Il y a une explosion des actes antisémites au Canada également, depuis le 7 octobre.
03:36Et je voudrais vraiment insister sur les termes qui ont été employés par le directeur,
03:41je ne sais pas quel est son titre, le responsable de cet événement,
03:44qui s'est excusé.
03:46Il a reconnu les préoccupations de la communauté juive.
03:49Il s'est excusé pour toute douleur que cette situation pourrait causer.
03:53Et il a affirmé qu'il voulait maintenir la projection du documentaire.
03:56Il a demandé à son équipe juridique de travailler, je cite,
03:59avec les créateurs pour explorer toutes les options disponibles.
04:03C'est vaseux, c'est vaporeux.
04:06Oui, mais je vais me faire l'avocat du diable, Gilles Boutin.
04:08La justice est là pour juger les faits.
04:10En l'occurrence, le problème, c'est pour éviter peut-être ça chez eux,
04:12de se dire, ah bah attendez, pour ceux du Hamas, vous avez fait ça,
04:16donc peut-être que pour nous aussi, on n'est peut-être pas obligés de vous donner les crédits
04:20de tel ou tel vidéaste qui a signé telle ou telle image.
04:23Je comprends encore une fois, je vois la polémique que ça fait derrière,
04:27mais à un moment, il y a des conditions générales d'utilisation,
04:31je ne sais pas comment on peut appeler ça,
04:32mais quand vous participez à un festival, vous devez répondre à un cahier des charges.
04:36Il y a des demandes qui sont faites, elles sont là.
04:38Bien ou mal, je ne suis pas là pour dire que c'est bien ou mal.
04:40Je me suis dit, il y a un protocole à suivre.
04:43Et si à un moment, on permet pour ça, et c'est abject effectivement ce qui se passe,
04:47de tolérer ça, derrière, d'autres peuvent se servir de ça.
04:50Et c'est peut-être, je me mets à la place des organisateurs,
04:52avaient peut-être peur que d'autres puissent faire,
04:53ah bah tiens, je vais utiliser des images que j'ai piochées à droite à gauche,
04:56sans du tout d'autorisation, pour me permettre ça.
04:59Encore une fois, je ne dis pas que c'est bien ou que ce n'est pas bien,
05:00je mets ça sur la table pour se dire, tiens, mettons un peu de perspective,
05:03parce que c'est peut-être, c'est pas aussi simple que ça en allait.
05:06Je pense que le seul débat qui était intelligible, c'était celui sur la violence des images.
05:09Faut-il montrer ou non des images ultra-violentes ?
05:12Ça, on peut le comprendre.
05:13Sur la question du droit d'auteur, et de penser sur le long terme,
05:17des questions, en plus, ce n'est pas du tout dans la mentalité anglo-saxonne.
05:19C'est-à-dire qu'eux, ils font du cas par cas,
05:21ils ne sont pas comme chez nous, à se demander sur le long terme, qu'est-ce que ça implique.
05:24Donc ça, je n'y crois absolument pas.
05:26Et je pense que ça intervient, encore une fois, j'ajoute des éléments de contexte,
05:30et pointer du doigt l'antrisme des frères musulmans, également au Canada.
05:34Il n'y a pas qu'en France que le phénomène, que cet antrisme est à l'œuvre.
05:40À quoi vous faites référence, par rapport notamment au film Barbie,
05:43qui a dû être déprogrammé cette semaine à Noisy-le-Sec ?
05:45Tout cela est forcément l'émanation d'une culture plus ou moins diffuse,
05:49qui autorise des minorités très visibles, très audibles,
05:54à exercer une pression pour, effectivement,
05:57et je pensais à ce qui s'est passé à Noisy-le-Sec,
06:00mais au Canada, ils sont confrontés à la même chose.
06:07Et l'ambition des frères musulmans, c'est d'avoir des personnes
06:10qui prennent souche dans des structures,
06:13d'avoir des leaders qui émergent à gauche, à droite.
06:18Quant à ce dirigeant en particulier, je ne peux rien affirmer,
06:22je peux simplement dire que sa décision de déprogrammer,
06:24puis finalement de revenir sur sa décision parce qu'il y a eu une polémique,
06:28ça arrive dans une société qui est travaillée par des tensions sournoises,
06:33et il y a des tentatives, et là, peut-être qu'on a affaire à une tentative,
06:37justement, d'intimidation, d'interdire le débat.
06:40Ça n'a pas fonctionné, mais on voit bien que cette société canadienne,
06:45qui s'est sans doute trop ouverte,
06:47qui a vraiment laissé entrer ses propres ennemis,
06:50eh bien, elle en paye le prix aujourd'hui,
06:53et peut-être qu'il faudrait s'interroger,
06:56et que la classe politique devrait y réfléchir plus fortement.
06:58Partager ce constat, Vernique Jacquet ?
07:00Oui, tout à fait.
07:01Gilles emploie le bon mot, finalement,
07:03c'est la réaction de ceux qui sont à la tête de ce festival de Toronto.
07:08C'est quand même un summum de la lâcheté.
07:11C'est un double préjudice pour les victimes du 7 octobre.
07:14C'est comme si on avait voulu effacer leur mémoire,
07:16effacer ce qu'ils avaient vécu.
07:19Ce rétro-pédalage pour finalement reprogrammer le documentaire,
07:23en disant, finalement, on a le droit de le programmer,
07:26et puis le spectateur, lui, il a le droit de se dire
07:28s'il a envie de le voir ou pas le voir.
07:30Enfin, effectivement, comme le dit Gilles,
07:31c'est complètement vaseux,
07:33et c'est un catalyseur,
07:35c'est un bon thermomètre de toutes les fractures
07:38et de toutes les menaces sournoises
07:40qui traversent en ce moment la société canadienne.
07:43Et à une moindre échelle,
07:45c'est vrai qu'on peut faire le parallèle aussi
07:47avec les pressions qui ont été mises sur le film Barbie,
07:51tout simplement.
07:51Oui, ce que vous disiez,
07:53me conduisent à me dire,
07:54c'est peut-être un avant-goût, effectivement,
07:56de ce qu'on pourrait voir chez nous,
07:58si nous ne sommes pas vigilants.
07:59Et c'est vrai que Noisy-le-Sec,
08:00c'est déjà un petit alerte, une grosse alerte.
08:03Oui, justement, on se posait vraiment la question
08:05de savoir si le film aurait dû être projeté
08:07avec peut-être un soutien policier
08:09et de braver le problème qui avait été évoqué,
08:12soulevé par une dizaine de jeunes
08:14qui ont mis la pression sur ces agents municipaux.
08:15Je vous la pose la question, Véronique, justement.
08:17Est-ce que ce film Barbie,
08:18qui a été donc déprogrammé à Noisy-le-Sec
08:21par le maire,
08:22et qui finalement sera reprogrammé à un moment certainement,
08:25en tout cas, il va en faire un sujet de débat
08:27et de questions,
08:28il va essayer de capitaliser dessus,
08:30est-ce que ce film aurait dû, coûte que coûte,
08:32on est dans un état de droits,
08:34être diffusé,
08:35même si un petit groupe peut agiter ?
08:37Mais il ne devrait même pas y avoir de sujet.
08:39Je crois que c'est Bruno Rotaillot,
08:40ministre de l'Intérieur,
08:41qui a parlé de...
08:42Oui, mais la paix sociale,
08:42ça s'achète aussi à un moment,
08:43si c'est pour avoir des...
08:44Non, non, la paix sociale,
08:45quand on en est où on en arrive,
08:47c'est-à-dire finalement une forme de censure
08:49et de...
08:50Oui, c'est ça.
08:51Il s'achète la paix sociale.
08:52Voilà.
08:52Et l'islamisation de la société,
08:54je ne sais plus le mot qu'a employé Bruno Rotaillot,
08:57mais le...
08:58Oui, mais d'aller au feu comme ça,
08:59d'aller au combat comme ça,
09:00c'est compliqué.
09:01C'est compliqué d'aller au combat.
09:02Tout le monde ne partage pas
09:03la analysation de la société.
09:04Je vous rappelle qu'en théorie,
09:06on est un pays laïque,
09:07de culture judéo-chrétienne,
09:09et que ça ne correspond donc pas,
09:11ce qui était dénoncé,
09:13à la façon dont veulent vivre
09:14majoritairement les Français.
09:16Donc, il ne devrait même pas y avoir débat.
09:19Le maire communiste de Noisy-le-Sec,
09:21d'ailleurs,
09:22ne devrait même pas pointer du doigt
09:24la soi-disant extrême droite
09:26qui ferait mousser une polémique
09:28à partir du film.
09:29Lui aussi a un petit peu
09:30instrumentalisé cette histoire.
09:31Non, mais voilà,
09:32quand on...
09:34Quelle est le dicton, déjà ?
09:36Quand on ne veut pas dire
09:37qu'on est malade,
09:38on accuse son chien d'avoir la rage.
09:39C'est un petit peu ça, en fait.
09:41Non, c'est un faux débat,
09:43mais en revanche,
09:43c'est une vraie soumission
09:45de la part du maire de Noisy-le-Sec.
09:46C'est évident.
09:47Je trouve qu'on a été
09:48un tout petit peu durs,
09:49juste au tout début.
09:50C'est-à-dire que j'imagine
09:51un édile qui est face
09:51à des personnes menaçantes,
09:54ces hommes aussi,
09:55ces agents municipaux,
09:56ils ne sont pas là pour aller au conflit.
09:57Il a voulu sauver le matériel.
09:58Bon, c'est juste qu'après,
09:59il s'est totalement décrédibilisé,
10:01effectivement.
10:02Il a lui-même critiqué
10:04le fondamentalisme
10:05qui était à l'œuvre.
10:06Enfin, c'était à peu près
10:07de choses près
10:07le mot qu'il a utilisé.
10:08Et puis, il s'est rétracté ensuite,
10:09effectivement,
10:10en disant que c'était
10:10plutôt politique
10:11et non pas fondamentaliste.
10:13Et en faisant une espèce
10:14de pare-feu,
10:15en parlant de la situation
10:17des journalistes
10:18qui se font tuer à Gaza.
10:20Quel rapport ?
10:21Et en minimisant donc
10:22la portée de cet événement
10:24enfin, tout était absurde
10:26et ça suintait la peur également.
10:30La trouille locale
10:31de cet édile
10:31qui ne voulait pas lui-même
10:33être menacé
10:33et qui voulait ménager
10:34son électorat.
10:36Effectivement,
10:36Véronique Jacquet,
10:37protéger son électorat,
10:38c'est bien le bout du monde,
10:39c'est ce que chacun essaye de faire,
10:40en fait, mais là...
10:41Non, non, non, mais non,
10:42mais non, mais non, justement...
10:44Mais lui, il voit peut-être
10:44les municipales de 2026.
10:46Il voit les municipales
10:47en 2026,
10:48mais si on en arrive
10:52à être obligé
10:54de disserter
10:55sur de tels sujets
10:56qui n'existaient même pas
10:57il y a 20 ans,
10:58c'est bien parce qu'il y a
10:59trop de politiques
11:00qui ont voulu satisfaire
11:01leur électorat
11:02par démagogie
11:02et qui n'ont pas fait
11:04de la politique
11:04ni à l'échelle municipale
11:06ni à l'échelle
11:07de la nation France.
11:09Donc, on paye maintenant
11:10tous ces choix
11:12antirépublicains,
11:13toutes ces compromissions,
11:14toutes ces soumissions.
11:16Et voyez, voyez bien
11:17où LFI nous emmène.
11:18Ils nous emmènent
11:18dans le mur.
11:19Et voilà,
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