00:00Avec cette décision qui a été actée hier soir, le Conseil constitutionnel qui a censuré la disposition la plus contestée de cette fameuse loi Duplon
00:09qui prévoyait notamment la réintroduction d'un pesticide interdit jusqu'à présent.
00:15Écoutez la colère en quelque sorte ce matin du sénateur, M. Duplon, qui a porté cette loi.
00:22La décision du Conseil constitutionnel concernant l'article 2, c'est pas une décision sur le fond.
00:28Le Conseil constitutionnel ne dit pas que l'acétamipride ne pourra jamais être réintroduit en France.
00:34Le Conseil constitutionnel dit que c'était pas encore assez encadré sur la durée, c'était pas encore encadré sur la liste des filières.
00:43Donc en fait, il nous donne les éléments qui pourraient permettre, avec un nouveau texte, de trouver des solutions pour pouvoir peut-être réintroduire l'acétamipride.
00:51Le Conseil constitutionnel ne ferme pas la porte.
00:54Mathieu Coache, est-ce qu'on peut parler d'une défaite pour Emmanuel Macron ?
00:57Non, on ne peut pas parler d'une défaite.
00:58En fait, il faut imaginer ce qui se serait passé si le Conseil constitutionnel n'avait pas censuré cet article 2
01:04pour voir que c'est la meilleure option qui s'est passée hier soir pour Emmanuel Macron sans censure.
01:09Il avait deux possibilités.
01:11Donner raison aux agriculteurs en ne promulguant pas la loi.
01:15Il aurait été immédiatement accusé de se moquer du climat.
01:17Vous savez que c'est une image qui lui colle à la peau depuis le premier quinquennat, dont il veut absolument se débarrasser.
01:24Il passe son temps à répéter qu'il a un bon bilan sur l'écologie et qu'il ne faut pas détricoter ce bilan.
01:30En faisant ça, au passage, il aurait été accusé de ne pas écouter le peuple.
01:34Deux millions de signatures dépassées, ça n'est pas rien.
01:37Surtout pour un président qui ne cesse de faire miroiter un référendum et des conventions citoyennes aux Français.
01:43L'autre option qu'avait Emmanuel Macron, c'était de promulguer la loi de son plein gré ou de demander un nouveau débat à l'Assemblée.
01:50Et là, les agriculteurs se seraient retournés contre lui.
01:54Et vous savez que l'exécutif est extrêmement fébrile dès que les agriculteurs se mobilisent.
01:59Imaginez des tracteurs sur les périphériques des grandes villes le jour de la rentrée des classes.
02:02Ça n'était pas possible sans parler de la pagaille à l'Assemblée nationale.
02:06Donc vous voyez, sans censure, il n'y avait que des mauvais scénarios pour Emmanuel Macron.
02:10Et quelque chose me dit qu'il a passé finalement une meilleure nuit après cette décision des sages.
02:15Alors lui, d'accord, mais maintenant, le gouvernement, qu'est-ce qu'il va faire de son côté ?
02:18Alors le gouvernement dit qu'il ne laissera pas les filières menacées de disparition sans solution.
02:23Ça, c'est ce que dit la ministre de l'Agriculture.
02:25Ça peut tout simplement passer par des indemnités, notamment pour les producteurs de noisettes et de betteraves.
02:30Alors il y a un point intéressant dans le message de Mme Gennevard.
02:33C'est qu'elle dit qu'il faut agir au niveau européen pour porter des règles équitables pour nos producteurs.
02:39Alors on se demande si maintenant que ce pesticide est interdit en France,
02:43la France ne va pas demander à tous les Européens de l'interdire.
02:46Et ce serait quand même ironique pour des personnes qui ont expliqué aux Français depuis des jours
02:51que ce pesticide était inoffensif.
Commentaires