Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 mois
DB - 07-08-2025

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Je ne pouvais pas savoir la première fois où je suis venu sur le bord de cet étang,
00:25que s'il ouvrait devant moi l'un des plus passionnants dossiers que j'ai eu à instruire.
00:33Et pourquoi me serais-je douté que l'affaire qui m'y attendait serait celle où sans doute j'allais courir mes plus grands risques,
00:39mais celle aussi où j'allais rencontrer ma plus grande émotion artistique.
00:44Non, ce jour-là j'étais seulement perplexe, à ce point perplexe que je ne savais pas quoi faire,
00:51sinon des rondes en l'eau calme de l'étang d'ouvrin.
01:25Je n'avais plus de cailloux dans la main.
01:55Et je n'avais toujours aucune idée en tête.
02:01Simplement, j'y déroulais une fois de plus le film des événements,
02:05tel que me l'avait projeté à mon arrivée à Nancy,
02:08le commissaire Clarine et les gendarmes qui avaient conduit la première enquête.
02:11Oui, eh bien, rien par ici ?
02:18Non, rien. Sûrement qu'ils sont venus comme ils sont partis, en passant par la grande allée, sans chercher midi à 14h.
02:23T'as peur des mauvaises rencontres ?
02:25Ah, rigole pas, c'est pour mon môme.
02:27Il passe son temps à le sculpter des cales drôlement chouettes, crois-moi.
02:30Et il faut voir comment il imagine le motif, rien qu'avec un canif.
02:33Moi, le mien, il n'y a que le fou.
02:35Il se prend déjà pour Rocheteau.
02:36Et le bonsoir à nouveau.
02:39Alors, vous v'là encore en train de courir les braconnières, c'est-à-dire ?
02:43Mais moi, j'ai droit de l'étang.
02:45Et vous y savez bien, hein ?
02:46T'inquiète, c'est pas toi qu'on cherche, c'est les voleurs de la salicorne que t'as si bien gardé.
02:50Oh, mais j'y ai dit tout ce que je savais, moi.
02:52Et le reste, c'est point de ma faute.
02:54Et c'est point dans ma barge que vous les trouverez, vos chépardeurs.
02:58Eh, faut aller voir au bourg.
03:00Et c'est peut-être bien ce qu'il est en train de lui causer, monsieur le comte, à votre chef.
03:04Alors, vous êtes là, vous amusez, à faire péter les braconnières.
03:22Si il y a une femme, une femme au visage de profil, qui tient une tête de mort sur les genoux,
03:30le crâne, ça, le crâne, voyez-vous, d'une vérité saisissante, il est effrayant.
03:38Il y a une bougie qui les éclaire et qui...
03:43La flamme se reflète dans un miroir.
03:48Un miroir qui a un cadre orné très richement.
03:53Et vous n'avez aucun document, aucune photographie sur ces tableaux ?
03:57Eh non, je me dis bien.
03:59Non, mais ces tableaux, voyez-vous, moi, je les ai toujours vus ici.
04:02Mes parents disaient qu'ils venaient des parents de leurs parents.
04:06J'étais peut-être même de l'époque où ils ont été peints.
04:13Il existe sans doute des papiers de famille, des inventaires d'héritage.
04:17Oh, les papiers, vous savez, ça fait des années que je vis seul, depuis la mort de ma pauvre soeur.
04:26Je n'ai jamais eu le cœur de chercher où elle avait bien pu les mettre.
04:29Il faudrait y retrouver, M. le Comte, ne serait-ce que pour vos assurances ?
04:33Je ne suis même pas sûr qu'il y ait des assurances.
04:39En somme, nous n'avons que le nom du peintre Georges Latour.
04:44Non, non, M. le Commissaire, je veux plus de Latour.
04:47De Latour, M. le Comte, pardon.
04:50Et en plus de vos descriptions, il faudra nous contenter des dimensions approximatives relevées d'après les traces.
04:59C'est vraiment quelque chose, M. le Comte.
05:07Ici, là, il y avait des joueurs de cartes avec une femme au milieu, une femme hors regard étrange, voyez-vous.
05:20Et dans le coin, à gauche, un jeune homme qui tenait une carte dans son dos, un as.
05:32Ça, je me souviens très bien.
05:34Oui, 1,04 m sur 1,54 m.
05:37Ah oui, c'est bien par là qu'ils sont entrés.
05:58Un jeune enfant.
06:04Ils n'ont eu qu'une serrée raccrochée.
06:07C'est vrai, oui.
06:08Il y a des années que je dois faire réparer ces volets, voyez-vous.
06:14Ils ne ferment plus.
06:16Quoi bon, maintenant ?
06:18Là, il était bien imprudent, M. le Comte.
06:21Juste en dessous, le père Mex a trouvé un sécateur.
06:26Vous avez grande confiance dans votre gardien ?
06:28Il y a plus de 50 ans qu'il s'occupe de la propriété.
06:34Tous les jours, voyez-vous.
06:36Alors, là.
06:37Et vous n'étiez pas là, cette nuit, quand le vol a eu lieu ?
06:40Moi, non, j'étais à Mulhouse.
06:44J'étais à Mulhouse depuis deux jours chez des amis de Martienne.
06:48Le mec se savait où vous étiez ?
06:50Oh, lui et moi, vous savez, on se parle guère.
06:55Il a l'habitude de tout, voyez-vous, même quand je ne suis pas là.
07:01Oui, mais de ne pas rester là quand vous êtes absent.
07:04La maison était vide.
07:06Je ne lui ai jamais demandé de rester, moi.
07:08Il a son chou, lui, voyez-vous.
07:11Rien, commissaire. Rien du côté de l'étang.
07:13Pas la trace du moindre indice. Pas vrai, Druson.
07:16On a battu le fourré tous les chemins d'arrivée.
07:18Rien, comme dit, plus beau.
07:20On a juste vu le vieux cantonnier, là, qui bracolait sur l'étang.
07:24Il a la permission, qui dit ?
07:26Oui, c'est exact, oui.
07:27Ce sont ces émoluments, voyez-vous.
07:31Si on se résume, la camionnette où le véhicule devait être stoppé là, à l'entrée de l'année.
07:35Ils ont marché sur l'herbe sûrement pour ne pas laisser de traces.
07:38D'ici, on voit très bien les volets.
07:40Ils ont tout de suite choisi les mains fermées.
07:42Bon, venez jusqu'ici, à l'endroit exact où ils ont planté l'échelle.
07:47Le sécateur était là, et les pieds de l'échelle, comme ça.
07:53Madame l'inspectrice de l'identité judiciaire finit de faire les moulages.
07:56Elle m'a dit qu'un des pieds de l'échelle était cassé.
07:59On verra le moulage.
08:00En somme, ils ont opéré peinard avec le temps de tout éponger derrière eux.
08:04Ils ont chargé tranquillement, ils ont rejoint la route en tirant une herse.
08:07Alors, plus de traces de pneus, plus d'empreintes, en somme, c'est bête comme tout.
08:10Voilà, c'est tout.
08:12Tout compte fait, l'affaire paraît simple.
08:14Simple.
08:15Simple, c'est vite dit, hein.
08:16Je me méfie des affaires qui paraissent trop simples au départ.
08:18C'est toujours dans celle-là qu'on patauge le plus et qu'on ramasse la plus belle gamelle.
08:22À mon avis, patrons, ce sont des petits qui ont fait le coup.
08:25Des caves qui logent dans le coin.
08:27Ils ont opéré avec les moyens du bord.
08:29Le sécateur et la herse qu'ils avaient avec eux le prouvent.
08:34Je vais enquêter dans les fermes de la région
08:35et ça ne m'étonnerait pas de dénicher un camion ou aller quelque part.
08:39Vous y croyez, vous ?
08:40À des caves qui embarquent des toiles pour plusieurs milliards ?
08:43Ils ne connaissaient sans doute pas la valeur des toiles.
08:45Et les petites cuillères en argent qu'ils avaient raflées ont sûrement plus de valeur pour eux.
08:49D'ailleurs, rien ne prouve que pour ces peintures,
08:51le compte ne se montre pas le borrisson.
08:52Qui se le montre ou pas, moi, je ne veux prendre aucun risque.
08:54Et c'est pour ça que j'ai fait appel à Grénoir.
08:57Alain Grénoir, un ancien collègue à moi.
08:59Il dirige maintenant l'Office pour la répression du vol des œuvres et des objets d'art
09:03au ministère de l'Intérieur.
09:04Ils nous envoient un type à lui.
09:06Le commissaire André Lierne.
09:09On aurait peut-être pu se débrouiller seul, vous ne croyez pas, breton ?
09:11Vous déclarez, vous n'allez pas nous faire une crise de susceptibilité pour une affaire de ce genre.
09:15Surtout si votre compte n'est pas mythomane.
09:17Écoutez ce que dit Larousse.
09:18De la Tour Georges.
09:241593-1652.
09:25Peintre Lorrain.
09:27Longtemps oublié, il est considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands peintres de la réalité du XVIIe
09:31pour son génie de plasticien.
09:34Son génie.
09:35C'est du patrimoine national, ça.
09:37Alors je vous parie qu'avant 48 heures, on a toute la presse sur le dos.
09:39Le ministère sera alerté, forcément.
09:41Les affaires culturelles vont s'en mêler, forcément.
09:44Et on aura des emmerdes, forcément.
09:45Alors vous comprenez pourquoi je vous demande de faire bon ménage avec Lierne ?
09:52De toute façon, vous conservez l'enquête sur Nancy, bien entendu.
09:55Cette affaire peut nous mener loin, Clarine.
09:58Même si nous avons bien affaire à vos petits truands.
10:00Le commissaire Clarine avait raison.
10:05Oui.
10:06Le vol ne pouvait être signé que par de petits vols ou de la brocante.
10:11On en connaissait d'ailleurs, sans avoir pu encore mettre la main dessus,
10:14deux ou trois bandes qui appéraient périodiquement dans la région.
10:16Mais le patron de Clarine n'est pas tort.
10:22Fourguer quatre toiles de maître,
10:24si c'en était, n'était possible qu'en approchant des antiquaires de haut vol,
10:27qui chinent au marron.
10:29Les cahiers du trafic des abjets d'art,
10:32aussi redoutables que ceux du trafic de la drogue.
10:34De son côté,
10:37Clarine partait sur les chemins de grandes randonnées de sa pègre locale.
10:42Et du mien, je commençais par les vérifications d'identité.
10:45Celles du peintre, essentiellement.
10:48Avais-je bien en face de moi le sieur du Ménil-Georges
10:50dit de la tournée à Vic-sur-Seille,
10:53mort à l'une et vide ?
10:54Il m'en fallait au plus tôt et d'abord le carnet.
11:04On ne connaît avec certitude d'authenticité
11:07que 38 toiles de Georges de la Tour.
11:10Plus des copies,
11:11une trentaine ou à peine plus.
11:13C'est tout ce que l'on possède de ce peintre.
11:15Il y a donc peu de chances que les affirmations
11:16du comte de Varin soient fondées ?
11:18Si, il y en a quelques-unes,
11:20car l'œuvre totale a été plus importante que cela,
11:24mais il y a eu une dispersion,
11:26il y a eu des œuvres qui ont disparu.
11:28Vous croyez donc possible qu'il en existe encore ?
11:30Oui, il y a eu une première dispersion
11:33lors de l'incentie de l'Uneville en 1638,
11:36pendant la guerre de 30 ans,
11:37quand la ville a été mise à sac.
11:39Il y a eu plus tard les excès de l'époque révolutionnaire.
11:42À cette occasion, des œuvres ont quitté les frontières
11:45et il est possible que certaines toiles de la tour
11:48soient alors parties
11:49et que l'on puisse par conséquent les retrouver.
11:53Mais je crois que le comte de Varin
11:54doit nous attendre dans mon bureau.
11:56Je vous suis.
11:59Excusez-nous, monsieur le comte,
12:01Je répondais aux questions du commissaire hier,
12:03mais j'ai été un peu long à mon habitude.
12:05Mais je vous en prie, monsieur le conservateur,
12:07je vous passe en prie.
12:09Asseyez-vous, messieurs.
12:13Voilà, messieurs,
12:15le résultat des recherches
12:17que j'ai faites à votre demande.
12:21Regardez, je vous prie, ce document.
12:23Cela vous rappelle-t-il une de vos toiles ?
12:31Ça, tout à fait.
12:33Tout à fait.
12:34C'est le même genre de lumière
12:35et c'est la même netteté des choses.
12:40Et le crâne, voyez-vous,
12:43le crâne, c'est comme le mien,
12:47dans une autre position.
12:48Enfin, je veux dire,
12:49c'était celui qui était
12:50sur les genoux de la femme.
12:54Eh bien, vous avez là
12:55une reproduction du Saint-Jérôme du Caravage
12:58qui est conservée à Rome
12:59à la Galerie Borghese.
13:00Regardez maintenant
13:01cette autre reproduction
13:03et veuillez, je vous prie,
13:04me dire votre impression.
13:07C'est beaucoup moins évident, ça,
13:08voyez-vous,
13:09beaucoup moins évident.
13:10Les couleurs, peut-être.
13:12Oui, eh bien, ça ne m'étonne pas.
13:15Si vos toiles étaient vraiment des latours...
13:18Le doute n'est pas permis,
13:19voyez-vous, monsieur le conservateur.
13:21Elles le sont.
13:22Alors, dans ce cas,
13:24je pense que celle qui représente
13:26une femme tenant un crâne
13:28devrait être approchée
13:30de la série des madeleines.
13:34Regarde.
13:36C'est la madeleine à la veilleuse
13:38qui est conservée au musée du Louvre.
13:42Non, c'est bien la même femme, ça.
13:44C'est la même.
13:46Mais ce n'est pas mon tableau.
13:50Non, voyez-vous,
13:52le crâne,
13:53le crâne ne me regardait pas
13:55comme celui-ci,
13:57avec des yeux fixes.
14:00Non, le crâne,
14:02regardait ailleurs.
14:05Ça, je m'en souviens très bien
14:06parce qu'un jour,
14:08ma sœur qui a regardé le tableau
14:10s'est retournée
14:11et elle avait de grosses larmes
14:16qui coulaient de ses yeux.
14:21La bougie aussi,
14:23la bougie n'est pas dans un verre.
14:28La bougie est devant un miroir,
14:32un miroir qui reflète sa flamme.
14:35Non, ça, ce n'est pas mon tableau.
14:42J'aimerais maintenant, monsieur le comte,
14:44que vous regardiez une autre reproduction.
14:46L'une des toiles qui vous appartenait
14:49représentait, avez-vous dit,
14:52des joueurs de cartes.
14:54Or, il existe au musée du Louvre
14:56une toile de Georges de Latour,
14:59dite le tricheur à l'as de carreau.
15:02Elle est signée,
15:02Georges de Latour fait site,
15:04la signature est authentique,
15:07et on ne connaît aucune autre réplique
15:09de ce tableau.
15:09Tenez,
15:11a-t-il quelque chose de commun
15:13avec vos propres joueurs de cartes ?
15:17Mais c'est mon tableau.
15:20C'est mon tableau, voyez-vous,
15:21c'est mon tableau.
15:24Le comte reconnaît formellement son tableau,
15:26dans les moindres détails.
15:29Or, l'oeuvre se trouve actuellement
15:30au musée du Louvre,
15:31qu'il a acquis il y a quelques années
15:32pour 10 millions de francs.
15:34Et l'on ne connaît jusqu'à ce jour
15:35aucune autre version.
15:37Oui, le comte n'aurait donc possédé
15:39qu'une copie.
15:40Oui, ou un original inconnu, enfin.
15:44C'est ce que dit le conservateur de Nancy.
15:47Mais ce qui me paraît étrange,
15:48c'est pour les deux autres toiles.
15:49Il y a une différence notable
15:51entre les toiles volées
15:53et les modèles proposés par le conservateur.
15:56Et pour celle-ci, il n'y en a aucune,
15:57ça le comte l'affirme.
15:58C'est troublant, évidemment.
16:00Et bien sûr, le comte ne peut fournir
16:02la moindre preuve.
16:03Il faut se fier uniquement à sa mémoire.
16:06C'est fragile, hein ?
16:07Non, sa mémoire est bonne.
16:09J'en suis convaincu.
16:10Et ces bonshommes sont extraordinaires.
16:12Ils possèdent des trésors,
16:13mais ils ne prennent pas la moindre précaution.
16:16Pas de papier,
16:17pas d'assurance,
16:19pas de verrou,
16:20le magot a tout vent,
16:21et quand ils s'en veulent,
16:21à nous de jouer.
16:22Comme on peut.
16:23Mais dites-moi, Lierne,
16:27si ce sont vraiment des Delatour,
16:29c'est une très grosse affaire, ça.
16:30Oui, si ce sont des Delatour.
16:32Mais la question demeure posée.
16:35Le conservateur de Nancy m'a conseillé
16:37de prendre contact avec un critique d'art
16:39qui aurait, paraît-il, pondu une thèse remarquable.
16:41C'est votre thèse à vous, Lierne,
16:43qui m'intéresse.
16:45Enfin, si vous en avez une.
16:46Oui, oui, j'en ai une.
16:48Primo, le coup est à compter
16:49au compte de Minable.
16:51C'est de la cambriole de Cambrousse.
16:53À vrai dire,
16:53le seul qui est fait actuellement un pas en avant,
16:55c'est le collègue de Nancy, Clarine.
16:58Il a retrouvé la camionnette
16:58empruntée par les bandits.
17:00Elle appartient à un fermier du coin
17:01qui s'est étonné
17:02de retrouver dedans
17:03une échelle pas à lui,
17:04juste l'échelle avec le pied cassé
17:06qui correspond au moulage
17:07qu'a fait Hélène.
17:07Ça vous avance à quelque chose, ça ?
17:10Non, pas vraiment.
17:11Enfin, ça me confie dans mon idée.
17:13Les toiles n'ont pas quitté
17:14un quadrilatère délimité par Nancy,
17:17Château Salin,
17:18Dieuse et Luneville.
17:18Enfin, les frontières belges
17:19et allemandes ne sont pas loin.
17:21Oui, je comprends, mon vieux,
17:22mais j'ai besoin de vous ici.
17:24Il nous tombe un nouveau fourbi.
17:26Un de nos types
17:26vient juste de nous le balancer.
17:28Un lot de tableau ancien
17:29annoncé école italienne
17:30qui cherche à qu'erreur discret.
17:34Mais patron,
17:35je vais laisser filer mes deux latours.
17:37Ah ben, ça vous fera une affaire
17:38de peinture de plus, hein ?
17:40Au moins, ça ne vous changera pas les idées.
17:42Et qu'est-ce qu'il y a les tuyaux ?
17:44Pellier.
17:45Ben, rangez-vous avec lui.
17:47Je crois qu'il a rencardé demain
17:48pour une exposition
17:49dans une salle de vente aux enchères.
17:51Alors là-bas,
17:52un informateur vous désignera
17:53deux ou trois coquins
17:54dont j'aimerais bien faire la connaissance.
17:56Cela peut être utile,
17:58même pour mes à la tour.
18:00Ah ben, dites-donc,
18:00vous avez de la suite dans les idées, vous.
18:01Puis qu'est-ce que c'est que ça ?
18:02Vous préparez un numéro de cirque ou quoi ?
18:04Non, c'est pour mon enquête.
18:07Pourquoi l'importance du vol ?
18:09Et obtenir du juge d'instruction
18:10qu'il lève la consigne de silence ?
18:12Ben, rayons !
18:12Comme ça, toute la presse de province
18:14et même les canards de Paris
18:15vont s'emparer de l'affaire,
18:16puis ça va être notre fête,
18:17comme d'habitude, hein ?
18:19Oui, c'est un risque à prendre.
18:22Oui.
18:25Mademoiselle ?
18:26Oui, demandez-moi le palais de justice de Nancy,
18:28s'il vous plaît.
18:30Merci.
18:32Eh ben, je prends le risque.
18:37Sous-titrage Société Radio-Canada
19:07Bien entendu, votre expertise
19:21serait tout à fait confidentielle.
19:23Ça va de soi, là.
19:23Je suis déjà présentateur,
19:25les présentations sont faites.
19:26Alors, vous m'excuserez.
19:27Je dois la sauver.
19:28Au revoir.
19:29C'est beau, ce mouvement de tête ?
19:31Eh bien, excusez-moi,
19:34mais je vais vous laisser à mon tour.
19:34Je n'ai plus que le temps de sauter dans ma voiture.
19:36Alors, au revoir, monsieur.
19:37Adieu.
19:37Bien, la lumière.
19:39La lumière, c'est extraordinaire.
19:40Vous ne me trouvez pas ?
19:42Vous êtes à cause du soleil.
19:44Vous achèteriez ça, vous ?
19:46Ah oui, sûrement.
19:48Hélas, pas pour moi.
19:50Vous êtes intermédiaire ?
19:52Je représente un collectionnaire.
19:54Alors, si je trouve une toile susceptible de l'intéresser,
19:56je prends contact avec lui.
19:58Et à la mesure où il est d'accord, je l'achète.
20:00Vous serez là dimanche ?
20:01Pour la vente, oui.
20:03J'y serai aussi, je viendrai avec une amie.
20:05Elle est comme vous,
20:06elle aime beaucoup la peinture quand elle est lumineuse.
20:08Je pourrais peut-être vous la présenter,
20:10vous pourrez parler peinture.
20:11Hum.
20:12Bon.
20:13Au revoir.
20:15Au revoir, monsieur.
20:16C'est dimanche.
20:16Monsieur, excusez-moi.
20:31Dimanche, il ira bien des toiles de l'école flamande.
20:34Oui, je crois.
20:35Bien.
20:36Merci, elle aura dimanche.
20:37Regardez.
20:38Du camion où j'étais, je les ai réussis, vos instantanés.
20:42Julien Colleret, alias André Lacerne.
20:4435 ans, pas de domicile fixe,
20:47entretenu par une gagneuse de la Madeleine.
20:49Quatre condamnations pour recel et complicité de recel.
20:53Il travaille en éclaireur dans des affaires de revente.
20:56On n'a jamais pu mettre la main sur les caïds qu'il manœuvre.
20:59Il a toujours refusé de s'allonger.
21:01Alors on le laisse courir.
21:03Un jour ou l'autre, il finira bien par s'enmêler les pinceaux.
21:07Et l'autre, vous l'avez loupé ?
21:09Vous êtes sûr qu'il n'a pas sa photo dans l'album de Griffon, hein ?
21:12Oui, sûr.
21:13Lui, je n'ai pas pu l'accrocher, il n'y a que l'autre qui a mordu.
21:16Si vous m'aviez vu, un vrai cours d'esthétique picturale.
21:19J'avais bien un blase que Murphy, il est le donneur, mais il est faux.
21:22On le retrouvera bien. De toute façon, je n'en ai déjà fait rien.
21:24Et s'il m'a donné un rendez-vous, ce n'est pas pour me poser un lapin.
21:27Dites donc, à votre vente, vous allez peut-être trouver un fétiche de plus
21:30pour votre collection de chouettes.
21:32Bon, alors si j'en trouve une, je pousse les enchères.
21:35Vous m'accordez un crédit de combien ?
21:37À vous de vous débrouiller, mon vieux.
21:38Hein, vous avez des frais de mission.
21:40Bon, je ne suis pas poussé bien loin.
21:42Si j'en trouve une, je pousse les enchères.
22:10C'est ce que j'avais dit à Grénois.
22:12Et cette simple phrase, soudain, m'était revenue à l'esprit, comme un éclair.
22:17Sans que je l'aie voulu vraiment, ma décision a été prise.
22:223800, 4000.
22:244200, 4000, fini, 4000, pas de regret.
22:28Adjugé, 4000.
22:30On va bien, on s'amuse là.
22:31Ah, on va plus compneux, hein.
22:33Voilà.
22:34Alors nous vendons maintenant une peinture italienne.
22:43C'est une peinture du 18e siècle de l'école de Raphaël,
22:46représentant la Vierge entourée d'anges musiciens.
22:51Et vous voyez qu'elle est très bien mise en valeur de façon luministe.
22:54Commençons tout de suite à 1 million de francs, 1 million de francs.
22:57Nous avons problème, évidemment, à celui-là.
22:591 million, commençons.
23:001 million 100, 200, 300, 400, 500.
23:031 million 500.
23:04850.
23:052 millions 850.
23:089.
23:092 millions 900.
23:102 millions 900.
23:113 millions.
23:123 millions.
23:133 millions 100.
23:153 millions 100.
23:163 millions 100, c'est à ma gauche.
23:183 millions 100, un peu plus.
23:193 millions 100, une fois.
23:223 millions 100, deux fois.
23:243 millions 100, trois fois.
23:26Adjugé.
23:27Une autre salle à manger en vidéo.
23:283 millions 40 ans.
23:30Il y a une peinture à 800 français de salle à manger là.
23:32750, 800.
23:33Ah, c'est dommage.
23:35Oui, c'est dommage et je le regretterais sûrement.
23:38Mais à 3 millions, je prenais déjà des risques et au-delà, je n'étais plus couvert.
23:44Vous avez vu cette lumière qui venait de l'intérieur même des choses ?
23:49C'était vraiment très bon.
23:51Un demi, s'il vous plaît.
23:53Et dites, un coca ?
23:54Oui.
23:55Une eau minérale.
23:57Vous n'avez pas peur que votre collectionneur soit furieux quand il apprendra que vous avez laissé filer le chef d'oeuvre ?
24:03Qu'est-ce que vous voulez ? C'est un risque à prendre.
24:04Il ne vit pas à Paris ?
24:05Non, à New York, c'est un collectionneur américain.
24:09Riche ?
24:09Oh, comme souvent sont les collectionneurs.
24:13Merci.
24:14Il a une galerie ?
24:15Non, une collection privée.
24:18Il achète beaucoup.
24:21Il me fait confiance, nous avons les mêmes goûts.
24:23Et quand ça lui plaît, il achète à n'importe quel prix ?
24:26Là aussi, il me fait confiance. En fait, ce qui est important pour lui, si vous voulez, c'est de ne pas apparaître.
24:30En vous écoutant, il me vient une idée. Je connais par des amis une collection très importante. Des toiles de très grande valeur. Tout à fait dans le style qui vous intéresse. Je pourrais peut-être...
24:44Mais de qui sont les toiles ?
24:47Je ne peux pas le dire, j'ai promis le secret.
24:52Mais je...
24:52Oui ?
24:53Je peux leur faire part de vos recherches et...
24:57Mais s'ils sont à vendre, le prix aussi est-il secret ?
25:01Je n'ai pas dit qu'elles étaient à vendre.
25:04Laissez-moi deux ou trois jours.
25:06Juste le temps de joindre quelqu'un.
25:08C'est une histoire d'héritage très compliquée.
25:10Ils ne veulent pas que le fisc s'en mêle.
25:12Non, je comprends ça.
25:14Il faut que nous puissions nous revoir.
25:16Avec plaisir.
25:18Vous avez le téléphone à Paris ?
25:21Oui, mais je ne le connais pas par cœur parce que c'est un simple pied-à-terre.
25:28Je crois que c'est 326...
25:3221, 25.
25:33326, 21, 25.
25:51Le patron ?
25:56Oui, Lierne.
25:59Dites-moi, je voulais vous inviter à déjeuner.
26:02Non, je ne suis pas fou. Pourquoi ?
26:05Vous ne me verrez pas beaucoup cette semaine.
26:08Vous connaissez le lion d'or à Bièvre ?
26:10Ok, au revoir.
26:22Ah, formidable, merci.
26:23Merci.
26:24Ça n'est qu'un steak, mais il est cuit au feu de bois.
26:28Tu sais, j'ai fait le calcul.
26:30Si le tableau m'était resté sur les bras,
26:33j'en avais pour 23 077 jours de mission.
26:3763 ans, vacances comprises.
26:39C'est pas du dévouement, ça ?
26:40À ton âge, ça te prend un bel avenir dans la grande maison.
26:44L'appartement est aussi à tes frais.
26:45Il fallait bien que j'habite quelque part.
26:47J'ai trouvé le studio d'une copine,
26:49elle fait l'école des chartes,
26:50et en attendant, je l'ai installé chez moi.
26:52T'as pas peur qu'elle y reste après ?
26:54Si ça finissait par un mariage,
26:56je me sentirais responsable.
27:00Non, t'inquiète pas.
27:03Ce qui me tracasse, c'est mes deux la tour.
27:08Rien du côté de Nancy ?
27:10Rien.
27:11Mais je pense que ça risque de durer.
27:12Des morceaux comme ça, c'est pas négociable.
27:15Ou bien ils font une demande de rançon,
27:17ou alors on n'en entendra plus parler avant longtemps.
27:20Vous êtes le 13 ans.
27:21De toute façon, Gréphorin me préviendrait.
27:25C'est lui que j'ai désigné pour garder le contact avec toi.
27:27Il est nouveau dans le service,
27:29mais il a déjà travaillé avec une brigade d'intervention et de répression.
27:32Si les choses se précipitent, il sera précieux.
27:35Merci.
27:36Bon, tiens, vous la tournez.
27:39Bon, alors si je comprends bien,
27:41vous avez tout pas vu,
27:42j'ai plus qu'à m'installer une petite vie pénarde en célibataire, quoi.
27:45Et voilà.
27:51Oui.
27:53Oui, c'est moi, oui.
27:57C'est drôle, j'avais l'impression que vous ne téléphoneriez plus.
27:59Vous avez de quoi noter ?
28:05Alors, 4 rues des grands degrés.
28:08Oui, au deuxième étage.
28:12Vous êtes gentils.
28:14J'ai l'impression que nous avons beaucoup de choses à nous dire.
28:19Bon, très bien.
28:20J'attends votre message.
28:23Merci.
28:24Au revoir.
28:29Je ne sais pourquoi, mais j'avais eu, après l'appel d'Edith,
28:39le sentiment que désormais le temps faisait quelque chose pour moi.
28:434 000 objets d'art disparaissent aujourd'hui chaque année.
28:47Beaucoup sont retrouvés, mais quelques-uns se perdent à jamais, détruits par peur,
28:51bradés sur les puces à Amsterdam,
28:54ou engloutis dans les arcanes de collectionneurs mystérieux.
28:56Mais de la tour.
29:00J'ai pensé, mais de la tour.
29:04Et à ce moment-là, je ne savais pas, mais je sens que dès qu'il sera retourné.
29:07Ah, ça va, ça n'a rien.
29:18Ça nous ralé, ça nous ralé un peu ?
29:19Non, merci, tu es gentil, je n'ai pas le temps.
29:21Bon, alors voilà la photocopie du message,
29:24et le plan du square.
29:27Tu mets un mec ici, dans les feuillages avec un appareil de photo,
29:31et un autre dans une voiture, et je m'arrangerai.
29:32Ça va aller.
29:33Si tu te dépêches, le rendez-vous est à 4h.
29:36Ok.
29:36Dis-donc, si par hasard les ponts ont été coupés, ce qui est probable.
29:39Tu vas chercher les pigeons voyageurs, poste restante, comme d'habitude.
29:42Oui, comme d'habitude.
29:42D'accord.
29:43Et tu fais attention, parce que ce n'est pas des mariolles.
29:45Et bon appétit.
29:45Ciao.
29:46Monsieur Guy Lantier, Nicolas Jaseran.
30:04Bonjour.
30:05Un ami de mes amis.
30:07Asseyez-vous, je vous en prie.
30:08Merci.
30:08J'ai l'impression que nous sommes déjà aperçus à l'occasion d'une exposition de vente aux enchères.
30:16Monsieur, je crois inutiles les explications.
30:20On m'a beaucoup parlé de vous, et je comprends votre impatience.
30:23Alors voilà.
30:25Il s'agit d'une photographie de lune d'étoiles de la collection dont mademoiselle vous a parlé.
30:32Ça, l'écran noir et blanc, vous nous excuserez.
30:35La double flamme d'une bougie tremble devant mes yeux.
30:39Et j'entendais la voix du vieux comte.
30:42Le crâne était de profil.
30:45Il ne me regardait pas comme celui-ci en face de ses yeux.
30:48Je me le regardais ailleurs.
30:51S'apercevait-il de mon trouble ?
30:54Devais-je reconnaître sur l'instant un de la tour ?
30:58Et si je le reconnaissais, fallait-il feindre d'ignorer le vol ?
31:02Je n'avais pas le droit à la montrer.
31:03Et je dissimulais dans la contemplation mon désarroi.
31:09Donc, vous seriez acquéreur.
31:12Pardon ?
31:13Je veux dire que votre correspondant pourrait envisager une transaction.
31:18Excusez-moi, j'étais perdu dans mon étude.
31:21Sans doute.
31:23Certainement même.
31:24Mais il faudrait que je vois l'étoile.
31:27Ou au moins de bonnes reproductions en couleurs.
31:30Vous les verrez.
31:32Et que j'ai des assurances sur les signatures.
31:36Et l'authenticité.
31:38On ne vous a pas caché, monsieur, le caractère délicat de cette négociation.
31:42Et nos amis qui sont aussi mes clients seront intransigeants.
31:45Les circonstances, vous le savez, les y obligent.
31:48Il ne peut être question que de confiance entre nous.
31:52Avant de poursuivre, nous devons être assurés que votre collectionneur américain accepte l'achat du lot complet.
31:59Quatre toiles, de même valeur que celle-ci.
32:04Et qu'il vous remet tout pouvoir de conclure.
32:07Si toutefois, nous parvenons jusque-là.
32:10Je vais lui faire parvenir cette première photo.
32:13Pas encore, monsieur Lantier.
32:14Je suis tenu de garder pour l'instant ce document.
32:18Vous avez tous les arguments pour convaincre.
32:20Il nous faut une première certitude pour la suite.
32:25Bien, je vais téléphoner à New York.
32:27Est-il possible au moins d'avancer un chiffre ?
32:28Il vous sera communiqué après votre accord sur le principe.
32:32Si vous le permettez, je vous rends visite après-demain chez vous.
32:36Si vous avez la réponse de New York,
32:39j'aurai les épreuves couleur d'étoiles et une proposition à vous faire.
32:44C'est entendu.
32:46Merci, monsieur.
32:47Alors, au revoir.
32:50Je vous raccompagne jusqu'à la rue.
32:53Regardez.
32:56Ils sont sympas, non ?
32:58Pas mal, hein ?
33:09Aline Pirole, cocotte de choc.
33:12Fille de famille qui a mal tourné.
33:14Casier judiciaire chargé.
33:15Enfin, je passe sur les détails.
33:17Actuellement, favori de présumé de...
33:19Vous savez, le marchand de tableau, l'intermédiaire, enfin, ce qu'on veut,
33:23qui est avec eux dans le square.
33:24Eh bien, j'ai comparé les photos.
33:27Il s'agit de Charles Ingesta, alias Guillaume Lys, ou Nicolas Jasran.
33:34Bien connu du quai des Orfèvres pour une affaire de faux tableaux.
33:37J'ai réussi à le loger, un appartement luxueux à Neuilly, transformé en cabinet de transaction.
33:43Sacré Lierne.
33:45On aurait dit qu'il le sentait.
33:47Enfin, ce qui est sûr, maintenant, c'est que nous avons deux bandes sur les bras.
33:50Celle qui a goupillé le cambriolage, et puis celle qui se charge maintenant de monnayer le bazar.
33:54Celle-là, à tous les coups, je suis sûr que c'est Ingesta, dit Jasran, qui en est le caïd.
33:58Possible, mais il faut s'en méfier, il manipule des méchants.
34:01N'oublions pas que Lierne est installée dans le village, forcément surveillée de près.
34:04Alors, il faut le couvrir en évitant de lui casser la baraque.
34:07Ça, ça vous incombe, Grifforin.
34:08Vous gardez à la fois le contact et les distances nécessaires.
34:11C'est à vous de vous débrouiller.
34:12Jusqu'à nouvel ordre, Lierne doit rester maître du terrain et de la situation.
34:17Mais, au fait, il a eu son cap de New York.
34:20Ok, stop, HH.
34:24Ces Américains ne sont pas bavards.
34:27Oui, c'est un peu laconique, mais je pense que vous apprécierez cette période FTM.
34:30En effet, nous attachons le plus grand prix à la discrétion.
34:35La réponse nous convient, M. Lantier.
34:38Je vais donc, comme convenu, vous confier quatre clichés.
34:42J'ai pensé à me munir de ce qu'il fallait.
34:49C'est vraiment sublime.
34:52Encore plus étonnant que tout ce que j'avais imaginé.
34:54Oui.
35:01Vraiment étonnant.
35:04Je constate avec plaisir que vous appréciez notre offre.
35:09Convenez que nous n'en avons pas surestimé l'exceptionnelle valeur.
35:13Je suis émerveillé.
35:14Si vous le voulez bien,
35:21pouvons-nous aborder maintenant les termes de l'échange ?
35:24Oui, bien sûr.
35:25Mes clients estiment le tout, puisqu'il n'est pas question de vente séparée.
35:29Quinze millions.
35:31Quinze millions ?
35:33Mais ce sont bien des de la tour.
35:35Car il existe des toiles inconnues.
35:37Ma mission est achevée, M. Lantier.
35:40Que comptez-vous faire ?
35:41Discuter si possible.
35:44Quinze millions, je dois dire.
35:45On ne croit pas que la discussion soit possible.
35:48Un nouveau contact sera pris avec vous, selon vos intentions, par notre ami Edith.
35:52Bien.
35:53Je m'envole tout à l'heure pour Genève, et de là je partirai directement à New York.
35:56Vous pouvez me laisser les clichés ?
35:58Certainement.
36:00Si vous avez l'amabilité de votre côté,
36:03de me confier le câble de confirmation.
36:05Oui, cela va de soi.
36:06Je serai de retour dans cinq ou six jours, au plus.
36:11J'étais réellement parti à Genève,
36:13pour mieux me confondre à mon personnage.
36:16Pour éprouver vraiment l'identité de Guylantier.
36:20Ce double, avec qui je jouais dangereusement.
36:23Mais avant de disparaître plusieurs jours,
36:25j'avais pu faire parvenir à Griforin quelques épreuves.
36:28Tirés d'après les clichés qui étaient maintenant en ma possession.
36:33Absolument, voyez-vous.
36:34Ce sont bien mes toiles.
36:37Bien entendu, vous ne dites rien à qui que ce soit.
36:40Ce serait grave.
36:41Nous avons besoin du plus grand silence, si nous voulons faire...
36:43Ne dis pas qu'on les aurait retrouvés, monsieur le comte,
36:45les cadres du salon, là.
36:47Non, pas encore.
36:48L'enquête continue.
36:49Évidemment, tant qu'on ne verra pas l'étoile elle-même,
36:57il est difficile de se prononcer définitivement.
37:00La madeleine aux deux flammes a toutes les chances d'être un original.
37:05Également, peut-être, l'extrase de Saint-François.
37:07Je suis moins certain de l'authenticité de Saint-Jérôme pénitent.
37:11Le schématisme accentué du visage me laisse perplexe.
37:15Quant au tricheur, à l'as de carreau, l'énime demeure entière pour moi.
37:20Et j'ai relevé cependant une variante importante avec la toile du Louvre.
37:24Regardez ici.
37:29Avec cette loupe.
37:30Et comparez.
37:32J'ai d'ailleurs noté les différences.
37:35Ici, la main est mollement posée, appuyée sur le petit doigt.
37:39Les doigts sont joints.
37:40Là, elle est à plat sur la table.
37:42Ainsi que les cartes.
37:43Et les doigts sont plus nerveux.
37:45Et d'ailleurs, les bracelets ne sont pas les mêmes.
37:49Oui, c'est évident.
37:51Enfin, ça ne tient à pas grand-chose.
37:54C'est suffisant pour affirmer que nous avons affaire à une autre toile.
37:59Qui nous pose un problème curieux.
38:01Mais la photo est voilée, ce qui rend l'analyse difficile.
38:04Mais tenez, voilà mon rapport.
38:08Vous pensez récupérer bientôt les toiles ?
38:11On vous demande encore le silence.
38:13À vrai dire, on avance toujours dans le noir.
38:15Oui.
38:21Ah, Edith.
38:22Oui.
38:39Ah, Edith.
38:43Non, vous ne me réveillez pas, j'allais me lever.
38:47Ah, vous voulez dire les quatre colis ?
38:50Oui, je ne dois pas se téléprendre, mon siège social est d'accord.
38:56Attendez, je prends note.
39:02À Lunéville, promenade des bosquets devant le château.
39:13D'accord.
39:15Et un versement liquide.
39:20Dites-moi, puisque vous me proposez une petite promenade à la campagne,
39:26si on dînait ensemble.
39:31Ah bon.
39:32Merci, au revoir.
39:33C'est chaque fois la même chose.
39:39Dès qu'il s'agit de risquer le magot, ça se défile de tous les bords.
39:41Le ministère n'y appelle toujours pas.
39:43Et il faut déposer l'argent quand ?
39:45Demain soir ou plus tard.
39:47Sans ça, l'hier n'est dans une sacrée panade.
39:49T'as vraiment tout essayé ?
39:50Tu parles, les affaires culturelles d'abord.
39:53Un ministre méfiant, une affaire à instruire, des mois de navettes.
39:57Le comte, pas un radis vaillant.
39:59Alors comme d'habitude, il n'y a qu'une compagnie d'assurance qui veut bien avancer l'argent seulement.
40:02Il leur faut une caution officielle, tu parles, une fois qu'on se fasse arnaquer.
40:06Alors le cabinet s'en occupe et puis j'attends le résultat des palabres.
40:09Mais est-ce que l'hier n'a au moins prévu une solution de rechange au cas où il n'aurait pas l'argent ?
40:12Oui, enfin, un dernier aller-retour en Suisse, mais ça ne prendra pas.
40:17Grifforin le couvre de loin et j'ai confiance en lui.
40:20Qu'est-ce que tu veux que je fasse de plus ?
40:22De toute façon, c'est pour après-demain, on maintient le dispositif ou pas ?
40:25Ah ben oui, on maintient le dispositif.
40:27D'ailleurs, je compte sur toi pour convoquer le grand briefing.
40:29Demain soir, nuit de veille, on aura reçu le dernier message de l'Ierne.
40:33Alors il faut que tu t'arranges pour le faire récupérer à la poste de l'Uneville.
40:36Ça sera un pli sous une enveloppe par avion, adressé à James Roberts, poste restante, 47ème avenue.
40:42New York.
40:43Alors là, il faut le piquer au plus vite.
40:45Je prévois un motard et je fais prévenir l'orsogeur.
40:48L'Ierne doit se démerder pour le glisser à la boîte tout de suite après son rencard.
40:55Oui ?
40:58Ah bon, merci.
41:00C'est pour toi, le mystère de l'intérieur.
41:02Merci.
41:03Allons, Grénoir, oui.
41:06Vous avez rendez-vous demain matin à 9h30 devant l'église Saint-Maur, du Villet.
41:12Je verrai l'étoile.
41:13Oui, je verrai.
41:15Et à partir de là, vous êtes pris en charge.
41:17Votre journée est organisée.
41:19À 8h du matin, une voiture vous sera livrée à votre hôtel avec les papiers et les cartes d'identité.
41:26Et permettez-vous.
41:27Voilà, bah écoutez, c'est tout pour aujourd'hui.
41:31Je vous laisse avec l'église.
41:32Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, elle dîne avec vous ce soir.
41:36Surveillance ?
41:37Pas conscient.
41:38C'est avec très grand plaisir, d'autant plus que j'avais invité Mademoiselle à dîner.
41:44Mais j'avais cru comprendre qu'elle hésitait.
41:47Eh bien, à demain, Monsieur Lantille.
41:49À demain.
41:50Merci, vous êtes Lantille.
41:53Voilà, vous avez une idée ?
41:55Écoutez, si ça ne vous ennuie pas, nous passerons d'abord à mon hôtel.
42:00Et ils nous aideront sûrement à l'adresse d'un restaurant pas d'agréable.
42:16Pardonnez-moi, je vous ai fait attendre.
42:18Le train a écrit d'une lettre à mon patron pour le rassurer.
42:21Vous auriez trois timbres à 1 franc, s'il vous plaît.
42:24Merci.
42:25Alors, nous allons dîner au restaurant Le Capri.
42:28Pourquoi pas.
42:36S'il vous plaît.
42:39Avec un peu de chance, elle partira ce soir.
42:42Bien, on va au restaurant ?
42:47Messieurs, j'ai l'impression que, compte tenu de tout ce que nous savons,
42:53et surtout du dernier message de Lierne,
42:54nous avons fait le tour de la situation.
42:57Il ne nous reste plus qu'à sortir la panoplie
42:59et à tout mettre en place pour alpayer les gars.
43:01Il est clair qu'on ne pourra les avoir qu'au dernier moment et à l'agression.
43:04Mais alors là, j'insiste.
43:06Évitez au maxi le feu d'artifice.
43:08On ne peut pas risquer la peau d'un homme pour quatre peintures,
43:10même signées par un grand patron.
43:12Nous sommes d'accord ?
43:13C'est le commissaire Sisson qui conduira les opérations.
43:16Bon, je pense, Grénoir, que pour tout le monde,
43:17il n'est pas inutile de réviser une dernière fois le résumé,
43:20en commençant par ce qu'on sait.
43:24Lierne est ici à l'hôtel.
43:26C'est là qu'on repère sa voiture.
43:28On sait qu'il sera ici, à l'église Saint-Mort,
43:30pour y rencontrer ses clients.
43:33Et à partir de là,
43:34c'est déjà l'imprévu,
43:36pour Lierne comme pour nous d'ailleurs.
43:38Un seul point reste positif quand même,
43:40c'est qu'à un moment donné ou à un autre,
43:41il sera bien obligé de repasser par la banque
43:43pour y récupérer le magot.
43:45Et c'est là qu'on le file.
43:46Objectif, faire échec à une arnaque, toujours possible.
43:50Revenons à l'église.
43:50On aura photographié la bagnole des truands
43:53et on les file de leur côté.
43:55Bon, il est évident que s'ils prennent le même chemin que Lierne,
43:57ça simplifie le topo.
43:59Ensuite,
44:00et bien ensuite,
44:03la corrida, ce sera quelque part dans ce secteur.
44:06Avec nos cinq groupes
44:08et selon l'itinéraire suivi par les truands,
44:11on leur coupe toute possibilité de retraite.
44:14Il est probable en effet
44:15qu'un rencard aura été arrangé
44:17entre le balut au tableau
44:18et le coffre-fort à quatre roues de Lierne.
44:23Et c'est là qu'est l'os.
44:24Et un vrai.
44:25Et qu'est l'os ?
44:26Il faudrait que Lierne arrive en retard
44:28et que les déménageurs attendent.
44:30Faut quand même bien qu'on ait le temps de poser nos collets, non ?
44:32Très juste.
44:33Bon, ben, vous trouverez quelque chose des fois.
44:36Bon, messieurs, j'ajoute simplement
44:39qu'à Paris, tout est prévu pour ramasser jazeran.
44:43Bien.
44:44Messieurs, pas de questions.
44:46Je vous remercie, ce sera tout pour l'instant.
44:48Messieurs.
44:50Bon, alors,
44:51oui, c'est que le périmètre est vachement large.
44:54Vous avez un site simple pour les bloqués ?
44:56Oui, de toutes les façons.
44:57Alors, satisfait ?
45:14Rassuré, enfin, en partie seulement.
45:17Bon, vous avez rendez-vous à quelques kilomètres d'ici,
45:20à la ferme de Léaumont.
45:20Voilà le plan.
45:22Et là, vous serez totalement rassuré.
45:24Les deux autres toiles vous y attendent.
45:26Bleu S7 appelle Iris, Bleu S7 appelle Iris.
45:38Iris, c'est tout Bleu S7.
45:39L'acheteur vient de repartir seul à bord de sa voiture
45:42en direction du centre-ville par la rue de Villers.
45:44Les deux vendeurs remontent
45:47dans une estafette blanche immatriculée
45:49194 WWA 54.
46:11Vous relèverez la madeleine à la flamme ?
46:14C'est elle que je préfère.
46:18Je vais vous les cléver.
46:37Bon, eh bien...
46:38Cela n'est plus qu'une question d'argent.
46:42On vous attend à l'heure.
46:44C'est vous qui m'accompagnez ?
46:46Non, vous allez seul au prochain rendez-vous.
47:14Vous déjeunez avec Édith.
47:16Une attention charmante, une de plus.
47:19Le Saint-Christophe, à Cercleur.
47:20Voici un plan.
47:22Et depuis, vous avez le sens de l'humour.
47:24Échange de bons procédés.
47:25Je vous donne le plan.
47:27Vous me donnez des clés du corps.
47:28je vous en recevons.
47:37everything.
47:37Allons-y.
47:38Come va !
47:40Allons-y.
47:41Il y a à peine 15 kilomètres, mais il faut traverser Nancy.
47:58La forêt de haie est tout de suite après.
48:01Il faut que nous y allions, il faut que nous arrivions les premiers.
48:04Oui.
48:06C'était moins agréable qu'hier soir.
48:08Eh oui, qu'est-ce que vous voulez, c'est ça, les déjeuners d'affaires.
48:12Je vais aller régler au comptoir, ça ira plus vite.
48:19Oh, excusez-moi.
48:19C'est con, ce maître pourrait pas faire gaffe, non ?
48:21Si t'es aussi pressé que ça de te faire de la gaulée, faut y aller.
48:24C'est bon, regardez tout et donnez une autre bière à monsieur.
48:28Pardon.
48:38Ah, merde.
48:41Ah, je l'ai cassé.
48:43C'est un coup de c'est imbécile et je me suis énervé et maintenant on va être en retard.
48:47J'ai le double sur le trousseau, ce qu'il faudrait c'est arriver à enlever ce petit morceau là, qui est resté dedans.
48:51Il y a sûrement des outils au restaurant.
48:53Vous croyez ?
48:54Allons-y.
48:54Qu'est-ce qu'ils foutent, mon de Dieu ? C'est pas normal.
49:14Arrête de gamberger.
49:16C'est pas le moment de nous porter la poisse.
49:24Salut, Clarine.
49:43Salut, Clarine.
49:44Le maire n'a plus à être prévenu, il a pigé.
49:45Et ici, comment ça se passe ?
49:47On vient d'arriver, pareil, Griforin avait le cap sur le carrefour de Marron, où il doit y être maintenant.
49:52Non, pas avant.
49:54Bleu S5, Bleu S5, Iris vous appelle ?
49:59Bleu S5, écoute.
50:00Quelle est votre position ?
50:02On va jouer à l'arrivée avec Bleu S4 au carrefour de Marron.
50:05Je me suis planqué dans la forêt à proximité de la D92.
50:09A tous, je répète mes instructions.
50:12Dès que Bleu S6 indiquera le passage de la R16 au village, Bleu S1, 2 et 3 fonceront les premiers par la route de Neux.
50:19Bleu S4 et 5 démarreront deux minutes après par la D92.
50:24Reçu, Bleu S5.
50:26Bien reçu, patron, terminé.
50:35Bleu S6 s'appelle Iris, Bleu S6 s'appelle Iris.
50:38Iris écoute.
50:39Ça y est, la R16 vient de passer.
50:42Elle se dirige vers Villers-le-Sec par la 409.
50:44Ils sont trois à bord.
50:45Bon, allez, on y va.
50:58Bon, allez, on y va.
51:28Il y a une demi-heure, fond blanc.
51:30Rien de grave, un incident de dernière heure.
51:33La confiance aurait pu régner jusqu'au bout, vous ne croyez pas ?
51:36Désolé.
51:39Si vous voulez, vous pouvez vérifier la marchandise.
51:43Merde, des touristes !
51:44On va ouvrir le capot, fait quelque chose !
51:46Les fumiers, ils ont dû tirer.
52:08Il y a de la casse ?
52:20Non, pas chez nous.
52:21Un type seulement amaché de leur côté.
52:22Il y a un ?
52:24Aidez-moi.
52:30C'est pas le contraire, il est content, il n'y a pas eu les gratigues.
52:33Désolé.
52:35Regarde les cartes.
52:37C'est pas du carreau, c'est du trèfle.
52:38Du trèfle ?
52:40Eh bien, ça t'a porté bonheur.
52:42Regarde bien s'il n'y a pas quatre feuilles.
52:44Eh, allez-donc !
52:48Alors, il y a-t-il une propriété privée au jour d'aujourd'hui ?
52:51C'est à vous, excusez-moi.
52:53Oh, mais je vous y reconnais, vous !
52:56C'est vous, le flic, qui avez retrouvé les cadres à M. le comte ?
53:00Oui, c'est moi.
53:00Oh, ben si c'est qu'un tour sur l'étang, ça vous ferait plaisir.
53:04On va justement couler ma noce.
53:09Eh, ça avait une vraie valeur, ces portraits, là.
53:14Oui, une très grande valeur.
53:16Deux toiles authentiques, une copie d'atelier,
53:19et une autre très discutée, enfin, une bataille d'experts, comme on dit.
53:23Vous savez, le plus surprenant, le comte.
53:25Oh, monsieur le comte, on le voit pour ainsi dire de plus jamais.
53:30On dirait cet homme-là qui cherche à trépasser ailleurs.
53:35Il nous a donné une lettre de sa sœur, un peu comme un testament.
53:40Elle voudrait que les tableaux soient donnés au musée de l'Uneville.
53:43Oui, s'ils ne sont pas vendus d'abord à des gens d'ailleurs,
53:48ah, ça ne fait rien.
53:50On doit en voir des drôles dans votre métier, hein ?
53:53Il n'y a pas que des inconvénients, on a aussi des satisfactions.
53:55Oh, on n'empêche.
53:57Et voyez-vous, comme il dirait monsieur le comte,
54:01c'est comme ça que nos grandes maisons d'autrefois, quand elles coulent,
54:05eh bien, coulent à pic.
54:06Oh, on n'empêche.
54:36Oh, on n'empêche.
55:36...
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations