- il y a 5 mois
DB - 30-08-2025
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00:00:00Musique
00:00:30Lidl, c'est loin, maman ?
00:00:51Oh, diable !
00:00:53Ce n'était pas tout de s'échapper.
00:00:55Restait la mer à traverser, puis toute la France.
00:00:57Enfin, maintenant, ça y est, il est arrivé.
00:01:02Ici, il ne risque plus rien.
00:01:05Vous êtes inquiète ?
00:01:07Non, pas inquiète, un peu nerveuse seulement.
00:01:11Et bien, Louis Napoléon, tu ne dis rien ?
00:01:14Tu vas voir ton oncle.
00:01:16Oui, oui.
00:01:17Est-ce que tu es content de revoir l'Empereur ?
00:01:19Oui, oui.
00:01:22L'Empereur vous attend.
00:01:24Il n'a pas dit les enfants.
00:01:28Je crois qu'il serait heureux de les voir.
00:01:30Je ne sais pas.
00:01:32Tant pis, je ne me sépare pas de l'Empereur.
00:01:34Te voilà, Hortense.
00:01:52Avec les enfants.
00:01:55Salut, les amis.
00:01:56Frère, quand Joséphine avait la soeur pardonnée,
00:01:59elle t'envoyait frappé à ma porte avec ton frère.
00:02:01Tu viens me demander pardon ?
00:02:03Oh.
00:02:03Je pense que tu es allé faire ta cour à Louis XVIII.
00:02:07Le remercier de t'avoir fait comtesse.
00:02:09Duchesse, sire.
00:02:10Duchesse de Saint-Leu.
00:02:12Quand on a été reine de Hollande.
00:02:14Quand on s'est appelé Bonaparte.
00:02:16C'était pour les enfants.
00:02:18Et tu as eu l'impudence de lui dire,
00:02:20dire, protéger mes fils.
00:02:21Tu lui as confié mes neveux à ce gros tas de merde
00:02:24que j'allais balayer quelques jours après.
00:02:27Je n'espérais plus.
00:02:35Bon.
00:02:38J'ai gardé près de moi ta mère,
00:02:39malgré ses trahisants.
00:02:41On a toujours des traîtres autour de soi.
00:02:45Si on les chassait, on serait seul.
00:02:49Et puis on les aime.
00:02:51Ou alors on n'aimerait personne.
00:02:57Je t'aime encore, Hortense.
00:03:00Je te garde avec moi.
00:03:03Et si je suis battu une seconde fois,
00:03:04ceux qui me chasseront ne te pardonneront pas
00:03:06d'être revenu avec moi.
00:03:09Est-ce que tu acceptes ?
00:03:10Oui, sire.
00:03:14Allons sur le balcon.
00:03:15Pour qu'on nous voit ensemble.
00:03:17Mais je pleure, sire.
00:03:18C'est très bien.
00:03:19Tu pleures de joie de m'avoir retrouvé.
00:03:20La foule va t'applaudir.
00:03:22Et ceux qui savent que tu m'avais un peu trahi
00:03:24sont les plus émus.
00:03:26Les baisers-là ne comptent pas.
00:03:46Il y en aurait d'autres quand nous serons seuls.
00:03:49Présente-leur les enfants, ça leur fera un souvenir.
00:03:51Vive la croix impérienne !
00:03:56Oh, il croit que c'est votre fils.
00:03:59Pas de fait rien.
00:04:01Il ne présente pas l'autre, il ne comprendrait plus.
00:04:02Pourquoi on m'a pas portée, moi ?
00:04:15Tu veux que je te porte ?
00:04:16Oui, mon oncle.
00:04:17Non ! Pas par la tête.
00:04:23Tu as peur ?
00:04:24Non, mais moi, j'ai peur.
00:04:26Mais pas lui. C'est un Bonaparte.
00:04:28Voilà un garçon courageux.
00:04:34Napoléon, par hasard, était tombé juste.
00:04:38Ce n'est pas son fils, le roi de Rome, qui règnera.
00:04:41C'est ce petit garçon, sous le nom de Napoléon III.
00:04:44Et en attendant, que fait-il ?
00:04:46Il rêve et il conspire,
00:04:49au front de la Suisse où sa mère s'est retirée,
00:04:51parmi les reliques de Napoléon qu'elle a emportées en exil.
00:04:55Dans le présent, il assiste au dernier moment de celle
00:04:58qui n'a jamais cessé d'abriter et de nourrir ses complices.
00:05:01Elle a été la mère de ces jeunes fous
00:05:03qui veulent faire de lui un empereur.
00:05:06Maintenant, elle va mourir,
00:05:08et peut-être ne croit-elle plus à leur victoire.
00:05:11Je mourrai en exil.
00:05:15Je ne sais même pas si un jour
00:05:17on te permettra de me ramener en France.
00:05:20Les Français sont méchants.
00:05:26Et ingrats.
00:05:27Oh, méfie-toi.
00:05:29Si tu fais un mouvement sur face et tu es perdu,
00:05:32ils te font du mal.
00:05:34On se t'en suisse.
00:05:36Et si tu es tranquille ?
00:05:38Les Français ne peuvent pas venir te chercher.
00:05:41Il y a la frontière.
00:05:42N'aie pas peur, maman. Je suis sur mes gardes.
00:05:45Merci, maman Charles.
00:05:50Sa Majesté n'a plus besoin de moi.
00:05:56Sa Majesté est au bout du rouleau.
00:06:02Garde-le toujours à ton service, Louis.
00:06:04C'est la Providence, ce garçon.
00:06:06C'est du bon café.
00:06:08Du bon café avec une potion dedans.
00:06:11Trois gouttes, ma reine.
00:06:13Ma petite républicaine qui m'appelle toujours sa reine.
00:06:16Pardonnez-moi, ma reine.
00:06:17C'est parce que je suis votre filleule.
00:06:19Sais-tu que ma filleule ne croit plus en Dieu,
00:06:22ni au ciel, ni à l'enfer ?
00:06:27Quand on est mort,
00:06:29on devient un arbre,
00:06:33ou une fleur, paraît-il.
00:06:35Ou une herbe.
00:06:41Moi, je veux bien devenir une herbe.
00:06:44Si cette herbe
00:06:46se rappelle qu'elle a été Hortense.
00:06:59est-ce qu'elle a été Hortense ?
00:07:17Mes amis,
00:07:18sur la route qu'il nous reste à parcourir ensemble,
00:07:22elle sera toujours à côté de nous.
00:07:29...
00:07:53...
00:07:57Avant de brûler les lettres d'amour que sa mère laissait derrière elle,
00:08:15Louis pouvait se demander s'il n'y trouverait pas une réponse
00:08:18à la question qu'il se posait parfois.
00:08:21Suis-je vraiment un Bonaparte?
00:08:27Mais tandis que les flammes dévoraient peut-être un secret qu'il avait peur de connaître,
00:08:32c'est la morte elle-même qui répondait à son enfant.
00:08:36J'aurais dû les brûler moi-même, mais c'est trop cruel alors.
00:08:41On attend.
00:08:47Tu ne me demandes pas si tu es le fils de celui-là?
00:08:49Pourquoi es-tu triste?
00:08:56Parce que tu n'es pas le seul homme que j'ai aimé.
00:09:00Ça, c'est pour toi seule.
00:09:02Ce sont mes secrets.
00:09:07Les Bonaparte haïssait ma mère.
00:09:10Ils n'ont jamais cessé d'humilier sa fille.
00:09:12Ils ont outragé mon allure de femme.
00:09:19Ils ont proclamé partout que tu n'étais pas le fils de mon mari
00:09:21et ce malheureux les a cru.
00:09:23Il m'a traité comme une putain.
00:09:27Alors j'ai voulu que tu sois ma revanche.
00:09:30J'ai voulu que tu sois plus Bonaparte que ces gens-là,
00:09:32qui sont des gens de rien.
00:09:34Le seul Bonaparte qui soit digne de l'Empereur.
00:09:37Celui qui aura sa couronne.
00:09:38Il m'a aimé bien, lui.
00:09:43Je peux dire qu'il m'a formée.
00:09:46Tout ce qu'il m'a appris,
00:09:47le bon et le mauvais,
00:09:48tu le retrouveras dans ces papiers que je te laisse.
00:09:52Ce sont des secrets terribles
00:09:54qu'il faut garder pour nous.
00:09:58Que personne ne les lise.
00:09:59Je vais quitter Rennetberg et Mastallé à Londres
00:10:11parce que Londres est plus près de Paris.
00:10:15C'est de la côte anglaise que je partirai à la conquête du pouvoir
00:10:17avec une petite troupe bien équipée.
00:10:23Le débarquement dont rêvait Napoléon et qu'il n'a pas pu faire,
00:10:25moi, je le ferai.
00:10:31Mais en sens inverse.
00:10:33C'est plus facile.
00:10:35Au lieu d'arriver en territoire ennemi,
00:10:38je serai au milieu des Français,
00:10:39dans ma patrie.
00:10:41Nous débarquerons en grand uniforme,
00:10:43avec nos aigles déployés.
00:10:45Peut-être une fanfare militaire.
00:10:47Ça aura de la grandeur.
00:10:55Charles-Louis Napoléon,
00:11:21vous êtes accusé d'avoir débarqué à Vimeureux,
00:11:24près de Boulogne.
00:11:25Dans la nuit du 5 au 6 août dernier,
00:11:27avec une véritable troupe armée,
00:11:29dans l'intention de renverser le gouvernement de sa majesté.
00:11:34La chambre des pères vous condamne à l'emprisonnement perpétuel
00:11:37dans une forteresse du royaume.
00:11:40Combien ça dure en France,
00:11:43la perpétuité ?
00:11:46Mais les murs de la forteresse
00:11:47la défendent bien, la perpétuité.
00:11:49Les années passent sans enlever l'espoir,
00:11:53mais sans en apporter non plus.
00:11:56Il peut lire, écrire.
00:11:59On lui permet aussi la menuiserie,
00:12:01le jardinage,
00:12:02et les visites.
00:12:03Il peut hérer.
00:12:06Sous-titrage Société Radio-Canada
00:12:09...
00:12:38Des livres.
00:12:40Toi, ce n'est pas des oranges ou du saucisson.
00:12:43Merveilleuse hortense.
00:12:45Chateaubriand, Proudhon, Rousseau, Engel...
00:12:58C'est comme ça tous les jours. On efface et on recommence.
00:13:02Tu comprends pourquoi je préfère être en prison en France que libre à l'étranger.
00:13:09Charles! Charles, ici!
00:13:16Il n'a pas été condamné.
00:13:19Il a préféré être avec moi.
00:13:22Et ça, c'est le chien âme.
00:13:24Il n'est pas prisonnier, lui.
00:13:26Il a le droit d'aller en ville.
00:13:28Vous avez le portrait de votre mère.
00:13:30Vous avez le portrait de votre mère.
00:13:32J'aime bien.
00:13:33J'aime bien.
00:13:34J'aime bien.
00:13:35J'aime bien.
00:13:36J'aime bien.
00:13:37Il a préféré être avec moi.
00:13:38Et ça, c'est le chien âme.
00:13:40Il n'est pas prisonnier, lui.
00:13:42Il a le droit d'aller en ville.
00:13:44J'aime bien.
00:13:55Vous avez le portrait de votre mère.
00:14:01J'ai le même qu'elle m'avait donné.
00:14:04Elle l'avait copié pour moi.
00:14:07C'est Charles qui me l'a apporté.
00:14:10Il y avait longtemps que tu n'étais pas venu voir ton prisonnier.
00:14:13Il s'est passé quelque chose dans ma vie.
00:14:18Marié ?
00:14:23C'est le lot des prisonniers de voir se marier les jeunes filles qui sont dehors.
00:14:27Je m'appelle Hortense Cornu.
00:14:30C'est un vilain nom, mais lui est très beau.
00:14:35Un républicain, je parie.
00:14:37Oui, mais ce n'est pas pour cela que je l'aime.
00:14:39Je ne mélange pas la politique avec l'amour, ni avec l'amitié.
00:14:45Comment sont-ils ici avec vous ?
00:14:48Les simples soldats, comme toujours.
00:14:51Très bien.
00:14:53Quelle belle armée ça me fera.
00:14:55Oh, pardon.
00:14:59Entre.
00:15:00Je t'en prie, ne monte pas sur cette chaise pourrie.
00:15:17Je le rangerai moi-même.
00:15:18Alexandrine, qui s'occupe de moi et mon linge.
00:15:27Avec ses doigts de fée.
00:15:29Regardez-les, mes doigts de fée.
00:15:31Pas indulgente.
00:15:32Indulgente ? Pourquoi ?
00:15:35Un peu rude, non ?
00:15:36Elle me plaît bien.
00:15:37Moi aussi.
00:15:39C'est une faveur de mes gardiens.
00:15:41Ils me l'ont donnée pour me distraire.
00:15:43Je m'y suis attachée.
00:15:45Elle attend un enfant.
00:15:46Je veux.
00:15:47Je veux.
00:15:48Je veux.
00:15:49Je veux.
00:15:50Je veux.
00:15:51Je veux.
00:15:52Je veux.
00:15:53Je veux.
00:15:54Je veux.
00:15:55Je veux.
00:15:56Je veux.
00:15:57Je veux.
00:15:58Je veux.
00:15:59Je veux.
00:16:00Je veux.
00:16:01Je veux.
00:16:02Je veux.
00:16:03Je veux.
00:16:04Je veux.
00:16:05Je veux.
00:16:06Je veux.
00:16:07Je veux.
00:16:08Je veux.
00:16:09Je veux.
00:16:10Je veux.
00:16:11Je veux.
00:16:12Je veux.
00:16:13Je veux.
00:16:14Je veux.
00:16:15Je veux.
00:16:16Je veux.
00:16:17C'est légal.
00:16:18C'est monstrueux.
00:16:19Vous ne le saviez pas ?
00:16:21Vous n'aviez jamais parlé à une ouvrière ?
00:16:25Parler sans doute, mais coucher, non.
00:16:32C'est une idée qui ne me serait pas venue.
00:16:34C'est une idée qui ne pouvait vous venir qu'en prison.
00:16:38Je ne me plains pas de la prison, j'y ai appris beaucoup de choses.
00:16:41Un prisonnier voyage en rêve.
00:16:44J'ai voyagé dans un monde inconnu.
00:16:47J'en ai ramené un livre.
00:16:54Extinction du paupérisme.
00:16:57Je dénonce un mal.
00:16:59J'indique un remède.
00:17:01Le seul.
00:17:02La classe ouvrière ne possède rien.
00:17:06Il faut la rendre propriétaire.
00:17:08Mais vous êtes en train de devenir socialiste ?
00:17:12Je le dois pour une part à ma petite compagne.
00:17:14Sans elle, je ne sais pas si ce livre existerait.
00:17:17Qu'est-ce qu'elle en dit ?
00:17:20Elle ne sait pas lire.
00:17:23Les enfants qui vont à l'usine, il n'y a pas d'école.
00:17:24Pour eux, à quoi vont-ils mourir si vite ?
00:17:27Sur dix frères et sœurs, il ne lui en reste que deux.
00:17:29Louis, vous me confierez votre petite compagne.
00:17:36Je la prendrai chez vous.
00:17:38Elle y fera son accouchement.
00:17:39Nous la soignerons bien.
00:17:40Non, non, Hortense.
00:17:43Je ne veux pas te donner cette charge.
00:17:45Ce n'en est pas une.
00:17:46Je vous le dois.
00:17:48Vous êtes devenu un autre homme, Louis.
00:17:50Oui, un autre homme.
00:17:55D'autres idées.
00:17:58J'ai renoncé à conquérir le pouvoir par la force des armes.
00:18:01Ce n'est pas une épée à la main que j'irai au peuple.
00:18:05C'est avec ce livre.
00:18:07C'est par lui que je compte toucher l'immense foule des pauvres gens.
00:18:10Je te le confie, Hortense.
00:18:18Tu le remettras à mon éditeur.
00:18:19Il faut qu'il soit largement répandu.
00:18:23Il ne peut me faire que du bien.
00:18:29Extinction du papérisme.
00:18:32De la part de ce jeune fou, c'est inattendu.
00:18:36Vous ne trouvez pas, M. Hugo ?
00:18:38Il s'est mûri.
00:18:41Ce petit livre témoigne d'idées généreuses qui sont aussi les vôtres, Majesté.
00:18:47À moi, il m'a écrit une lettre.
00:18:51Il me dit qu'il voudrait se rendre à Florence auprès de son père pour lui fermer les yeux.
00:18:57Et si on lui autorise, il promet de revenir.
00:19:00Revenir dans sa prison, naturellement.
00:19:02Mais, ministre, on rit comme toi.
00:19:04J'ai fini par en faire autant.
00:19:05Si vous l'enfermez à nouveau, l'opinion vous le reprochera, en même temps qu'elle
00:19:10admirera le prisonnier d'être revenu, de sorte que votre geste se retournera contre lui.
00:19:16Entre Florence et le fort de Hame, qui hésiterait ?
00:19:19Qu'en pensez-vous, M. Hugo ?
00:19:20Si vous croyez, alors peut-être serait-il plus sage de lui accorder sa liberté avant qu'il ne la prenne ?
00:19:27Sa grâce ! Comme vous y allez !
00:19:31Il a déjà passé six ans en prison.
00:19:33Vous voyez, il est allé comme pour lui.
00:19:35Pas doute ! C'est une belle et noble occasion.
00:19:38Non, on ne pourrait vous accuser de faiblesse.
00:19:42On m'en accuserait quand même.
00:19:44On n'est jamais du côté du geôlier, même quand il ouvre la porte.
00:19:49Non, décidément, M. Hugo, le prince Bonaparte restera en prison.
00:19:53Non, décidément, M. Hugo, le prince Bonaparte restera en prison.
00:20:23L'ancienne, Bruxelles, le chemin de la liberté.
00:20:54Douze heures plus tard, c'est l'Angleterre.
00:20:57Le prince y restera deux ans.
00:20:59Rie d'exilé, la conspiration.
00:21:02En France, le temps travaille pour lui.
00:21:05La monarchie de Juillet s'effondre, la république est proclamée.
00:21:09Le dernier roi de France s'est enfui sans tambour ni trompette.
00:21:12Et sans argent non plus.
00:21:14De l'argent ?
00:21:15Comment aurais-je l'argent sur moi, mon ami ?
00:21:17Je n'ai jamais besoin d'argent.
00:21:19Moi non plus.
00:21:21Mais alors, en fleur, il faudra bien payer le bateau pour passer en Angleterre.
00:21:24Il faut nous en prêter.
00:21:25On ne prête que sur la mine et sur le titre.
00:21:28Nous n'avons plus ni l'un, ni l'autre.
00:21:31Je ne suis pas assez travesti.
00:21:32Comme ça ?
00:21:37Comme ça, vous avez 100 ans.
00:21:47Six mois plus tard, sur cette même route,
00:21:50qui donc a court, mais en sens inverse,
00:21:52c'est le prince Bonaparte,
00:21:54élu député dans cinq départements.
00:21:56Il s'est hâté de quitter Londres,
00:21:58mais pas les mains vides.
00:22:00Il ramène un diamant presque pur
00:22:01qui vaut un milliard.
00:22:03C'est Miss Howard,
00:22:05petite reine du demi-monde.
00:22:08Je suis comme votre fils, Ariette.
00:22:13C'est comme si je voyais la France pour la première fois.
00:22:16Ville ouvreur !
00:22:33Approchez, mon brave.
00:22:36Vous savez, Altesse,
00:22:40que vous passeriez par cette route.
00:22:42J'ai voulu que Vagram et Austerlitz
00:22:43vous accueillent avant Paris.
00:22:46Maréchal des Logis Bichorel,
00:22:48du 4e...
00:22:49Montez, Bichorel.
00:22:51Oh non, Altesse !
00:22:52Non, je voulais vous voir,
00:22:53je vous ai vu, c'est tout, Altesse.
00:22:55Maréchal des Logis,
00:22:57c'est un ordre.
00:22:58On se cache.
00:23:14C'est trop d'honneur.
00:23:16C'est trop de...
00:23:17Vagram, Austerlitz,
00:23:20tout l'honneur est pour moi, Bichorel.
00:23:21Je vous croyais seul, Altesse,
00:23:23pas en famille.
00:23:24Je ne savais pas que vous étiez marié
00:23:25et un enfant,
00:23:27un bel enfant.
00:23:29Miss Howard n'est pas ma femme, Bichorel,
00:23:30c'est une amie.
00:23:32Et Constantin est son jeune fils.
00:23:34Pardon.
00:23:35Mais c'est tout comme.
00:23:38Thank you, darling.
00:23:39Oh, elle est anglaise !
00:23:41Oh, l'enfant est vangé !
00:23:42Oh, pardon, Miss.
00:23:45Je vous pardonne.
00:23:46Oh, mais c'est que, madame,
00:23:47vous lui auriez bien plu aussi à l'empereur.
00:23:49Mais j'en suis sûr.
00:23:50D'ailleurs, il aimait autant les femmes
00:23:52que les victoires, non ?
00:23:53Ça m'en semble pas.
00:23:55Et de quoi vivez-vous, Bichorel ?
00:23:57Oh, ben, de briquet de broc.
00:23:59De broc, surtout.
00:24:01Je suis porteur d'eau.
00:24:03Et d'espoir.
00:24:04D'espoir, puisque j'ai voté pour vous, Altesse.
00:24:07Vous êtes nombreux ?
00:24:08Non, mais...
00:24:09Et pas seulement des briscards.
00:24:11Les jeunes aussi sont pour vous.
00:24:14Ils nous envient nos souvenirs,
00:24:15les jeunes.
00:24:17Et tous, on vous veut aux tuileries.
00:24:21Vous allez un peu vite, Bichorel.
00:24:24Vous aussi, Altesse.
00:24:26Je suis arrivé.
00:24:27Il faut que je descende.
00:24:28Arrêtez, coché.
00:24:31Attendez.
00:24:31Ah, non, pas ça.
00:24:43C'est un ordre,
00:24:44maréchal des logis.
00:24:52Merci, Tire.
00:24:53Napoléon, rentre dans ta patrie.
00:25:10Napoléon, sois bon républicain.
00:25:14À l'Assemblée nationale,
00:25:19les vrais monarchistes et les faux républicains
00:25:20se donnent la main pour composer une écrasante majorité.
00:25:24Les rouges sont relégués en haut, à gauche.
00:25:27La montagne.
00:25:28C'est sur leur banc que Louis-Napoléon a choisi de siéger.
00:25:32L'altitude lui convient.
00:25:35Je suis descendu dans cet enfer,
00:25:38car les ouvriers de l'île sont parqués à trois mètres sous terre,
00:25:43dans des caves, rue des étacs, cours du sauvage, place aux oignons.
00:25:47L'art vous entassait sur des fannes pourries de pommes de terre.
00:25:55Une population d'enfants vous entoure.
00:25:58Presque tous étiolés,
00:25:59bossus, contrefaits, en rayons.
00:26:02Assez de littérature !
00:26:04Je dis les mots !
00:26:06On est à l'ambiguïs.
00:26:09Assez de mots !
00:26:10Assez de mots.
00:26:12Alors des chiffres.
00:26:13Sur 21 000 nouveaux-nés,
00:26:18savez-vous combien il en meurt avant l'âge de 5 ans ?
00:26:2120 700 !
00:26:24D'autres chiffres.
00:26:26Une femme sans homme.
00:26:28Elles sont nombreuses.
00:26:30Avec 4 enfants.
00:26:31Travaille 15 heures par jour pour 50 centimes.
00:26:35Le pambi est à 25 centimes.
00:26:38Elle n'a plus qu'à aller se prostituer après le travail,
00:26:42si elle trouve un client.
00:26:43Vous insultez le monde du travail.
00:26:46Vous salissez les ouvrières.
00:26:48Monsieur Hugo a raison.
00:26:51Le sort des ouvrières est une honte.
00:26:55Vous entendez ?
00:26:57Le prince Bonaparte s'est penché sur le sort des ouvrières.
00:27:01Et où cela ?
00:27:02En Suisse ?
00:27:03En Angleterre ?
00:27:05En prison.
00:27:07Ce n'est pas en prison qu'il a déniché son Anglaise.
00:27:10Elle lui paie son hôtel, ses chevaux, ses sorties, ses cigares, ses tailleurs, tout.
00:27:15Elle peut lui payer l'Elysée.
00:27:16Il faudrait avant qu'elle lui paye un peu de cervelle.
00:27:18La Deuxième République n'a toujours pas de président.
00:27:27Louis Napoléon a posé sa candidature.
00:27:30Et c'est à l'hôtel du Rhin, place Vendôme, qu'il a établi son quartier général.
00:27:34Je suis républicain, et pourtant j'aime Napoléon.
00:27:39Pour.
00:27:41Un sabre de bois pour une république de carton.
00:27:45Contre.
00:27:47Hier un ballon de fumée, aujourd'hui la foudre et la tempête.
00:27:53C'est contre, mais ça me plaît.
00:27:55Signé.
00:27:57Broudon.
00:27:59L'héritier d'Austerlitz.
00:28:02Pour.
00:28:02Une nuit, j'ai rêvé que j'étais là-haut.
00:28:07À la place de mon oncle.
00:28:08Et vous n'aviez pas le vertige ?
00:28:11Monsieur Thiers.
00:28:13Prince.
00:28:14Je crois de plus en plus à votre succès.
00:28:17Votre visite le prouve, monsieur Thiers.
00:28:19Exact.
00:28:21Quel courrier.
00:28:22Il y a beaucoup de pétitions.
00:28:24On me prend déjà pour le président.
00:28:26Exact.
00:28:27Pour moi, c'est chose faite.
00:28:29Vous aurez les rouges parce que vous êtes contre les monarchistes,
00:28:31et les monarchistes parce que vous êtes contre les rouges.
00:28:34Mais vous-même, pourquoi ne vous êtes-vous pas présenté ?
00:28:39Non, merci.
00:28:40Si j'étais élu, je serais forcé d'épouser la république.
00:28:43Non, je suis trop honnête garçon pour épouser cette fille-là.
00:28:46Au fait, quel costume avez-vous choisi ?
00:28:48J'hésite.
00:28:50Entre l'uniforme de général de la garde nationale et celui de général d'armée.
00:28:55Toujours les uniformes.
00:28:57Vous me voyez en général quand je serai appelé à vous succéder ?
00:29:01Je n'avais pas pensé à ça.
00:29:04Quatre ans de présidence, ça passe vite, vous verrez.
00:29:07Ça passe vite quand on y est.
00:29:09Pas quand on attend.
00:29:10Et vous, mon ami, voterez-vous pour moi ?
00:29:20Ah non, monsieur.
00:29:22Si vous êtes élu, on sera tous soldats.
00:29:25Nos femmes seront cantinières,
00:29:27nos enfants, enfants de troupes,
00:29:29et nos filles, filles, un soldat.
00:29:31C'est pour me dire ça que vous êtes venu ?
00:29:33Non, je viens pour la baignoire.
00:29:34Pareil qu'elle est bouchée.
00:29:35On chercherait vainement en France une statue de Napoléon III.
00:29:45Mais à Deauville, on peut voir un homme de pierre
00:29:48qui lui ressemble comme un frère.
00:29:50Ce que le socle ne dit pas,
00:29:51c'est que sans Morni, il n'y aurait sans doute pas de Napoléon III.
00:29:55Oh, c'est tout simple, ma chère amie.
00:29:58J'ai pour grand-père un évêque, monsieur de Talleyrand,
00:30:00pour grand-mère une impératrice, Joséphine,
00:30:03pour mère la reine Hortense,
00:30:05et par conséquent, j'ai pour frère son fils, Louis Bonaparte.
00:30:10Et tout cela de la façon la plus naturelle du monde.
00:30:14Nous ne sommes jamais parlé.
00:30:17Je crois qu'il m'en veut parce que je suis un bâtard de sa mère.
00:30:21Je lui rappelle qu'il en est peut-être un lui aussi.
00:30:25C'est sans doute pour ça qu'il néglige de me payer la pension.
00:30:27D'ailleurs, très modeste, Hortense m'a laissé par testament.
00:30:33Pour chère maman.
00:30:35C'est l'argent de la honte.
00:30:38Je ne lui réclamerai jamais.
00:30:40Même s'il n'avait pas de quoi dîner.
00:30:44Je ne voudrais pas me présenter ce soir chez lui les mains vides.
00:30:47Quand il se rouche à un mien.
00:30:48A-dessous de Violette, c'est tout ce qui me permet ma fortune présence.
00:30:53Parfait.
00:30:54Morny est là, dans l'escalier.
00:31:05Morny, mais ils sont fâchés.
00:31:06Ne se parle pas, ce n'est pas la même chose.
00:31:08Mes enfants, Morny est toujours du côté du manche.
00:31:11S'il est ici...
00:31:11J'ai la victoire !
00:31:12Je suis mort, mon nom.
00:31:27Mon Dieu, quand vous le ressemblez.
00:31:29C'est vrai, mais il vaut mieux ne pas le lui dire.
00:31:33Vous n'avez pas de domestique ?
00:31:35Pourquoi ?
00:31:36Pour me débarrasser de ma plice.
00:31:38Oh, ils sont tous aux fenêtres à guetter l'arrivée de Louis.
00:31:40Eh bien, si nous allions aux fenêtres, nous aussi.
00:31:42Ça va être une bonne surprise pour Louis.
00:31:55Oh, une bonne surprise, je ne sais pas.
00:31:57Pour lui, je suis une tâche sur la mémoire de sa mère.
00:32:01Mais que ce serait dommage qu'elle n'ait pas cette tâche-là.
00:32:05Que ce serait triste que la pauvre reine,
00:32:07qui était si belle et si mal mariée,
00:32:08n'ait jamais trompé son mari.
00:32:10Que Louis lui pardonne ses amours,
00:32:13comme je lui pardonne de m'avoir abandonné.
00:32:17Mon Dieu, qu'elle serait heureuse,
00:32:19aujourd'hui, de voir ses deux fils réconciliés.
00:32:21Non, non, non, ne parlons pas de parenté ce soir.
00:32:23Je ne suis rien d'autre qu'un député royaliste
00:32:25venu le féliciter et fêter avec vous
00:32:27une victoire qui n'est pas républicaine.
00:32:31Louis Napoléon n'est pas un nom de président de la République.
00:32:34N'est-ce pas votre avis ?
00:32:36Je l'ai toujours pensé.
00:32:38Une place pour quatre ans,
00:32:40comme un commis aux écritures.
00:32:41Votre admirable soutien moral et matériel
00:32:43pour que Louis chauffe la place au suivant.
00:32:46Louis a tellement des choses à faire pour le peuple.
00:32:48Regardez la bourse, elle monte déjà.
00:32:50Et vous savez,
00:32:51notre gracieuse reine est tout à fait pour Louis.
00:32:53Ah, si l'Angleterre et l'Empereur s'étaient entendues.
00:32:56Nous ne serions pas ici aujourd'hui.
00:32:57Oh, alors ne regrettons rien.
00:32:59C'est lui.
00:33:18C'est gagné.
00:33:195 434 000 voix sur 7 317 000.
00:33:2974 % des suffrages exprimés.
00:33:31Oh, bravo !
00:33:32Désormais, Fleury,
00:33:33puisque tu seras mon officier d'ordonnance,
00:33:35c'est à toi que je confie,
00:33:36en même temps que le soin de veiller sur ma vie,
00:33:38ma canne épée et mon stonet.
00:33:40Merci.
00:33:58Je vous remercie.
00:34:01Non, pas la main.
00:34:03Vous nous sauvez de la guerre civile.
00:34:13Pour nous débarrasser des rouges,
00:34:14il n'y avait que vous ou les Cosaques du Tsar.
00:34:29En présence de Dieu
00:34:30et devant le peuple français
00:34:32représenté par l'Assemblée nationale,
00:34:35je jure de rester fidèle
00:34:36à la République démocratique,
00:34:38une et indivisible,
00:34:40et de remplir tous les devoirs
00:34:41que m'impose la Constitution.
00:34:45Je le jure.
00:34:48Je demande la parole.
00:34:50Vous avez la parole.
00:34:55Les suffrages de la nation
00:34:57et le serment que je viens de prêter
00:34:59commandent ma conduite future.
00:35:03Mon devoir est tout tracé.
00:35:06Je le remplirai
00:35:07en homme d'honneur.
00:35:12Je verrai des ennemis de la patrie
00:35:14dans tous ceux qui tenteraient de changer
00:35:17par des voies illégales
00:35:19ce que la France entière
00:35:22a établi.
00:35:23C'est un homme honnête
00:35:28qui tiendra son serment.
00:35:31Un homme honnête
00:35:31sorti de cet égout
00:35:33qui s'appelle
00:35:33le suffrage universel.
00:35:35Il est l'élu de mon décroteur.
00:35:37Je suis le vaincu
00:35:38de mon décroteur.
00:35:39Dans quatre ans,
00:35:40monsieur Pierre,
00:35:42vous aurez votre ordre.
00:35:43Dans quatre ans,
00:35:44monseigneur,
00:35:44il sera réuni
00:35:45par les mêmes décroteurs.
00:35:47À moins que nous mettions
00:35:48bon ordre.
00:35:48Comment cela ?
00:35:50La République a une tumeur.
00:35:53Le suffrage universel.
00:35:54Il faut l'opérer d'urgence.
00:35:57Cette loi ne fait que modifier
00:35:58très légèrement
00:35:59le suffrage universel,
00:36:01monsieur le président.
00:36:02Oui, oui.
00:36:03Elle traduit le vœu
00:36:05des honnêtes gens.
00:36:06Je n'en doute pas.
00:36:07Sont aussi condamnés
00:36:09de droit commun,
00:36:09bien entendu.
00:36:11Et les condamnés politiques ?
00:36:13En un mot,
00:36:14tous les rouges.
00:36:15Pas seulement les rouges,
00:36:15beaucoup d'autres.
00:36:17Tous citoyens
00:36:18qui n'occupent pas
00:36:19le même domicile
00:36:20depuis trois ans
00:36:21et qui ne payent pas
00:36:22régulièrement ses impôts.
00:36:24Figurez-vous
00:36:25que j'entre dans cette catégorie.
00:36:28Vous ne payez pas
00:36:28vos impôts,
00:36:29monsieur Thiers ?
00:36:30Si, si.
00:36:31Mais je n'ai pas de domicile.
00:36:32J'habite chez ma belle-mère.
00:36:35Eh bien,
00:36:35votre belle-mère
00:36:36habitera chez vous.
00:36:37Le tour sera joué.
00:36:40Mais
00:36:40les ouvriers,
00:36:45ceux des villes
00:36:45et ceux des campagnes
00:36:46en la même place...
00:36:47Vous pensez qu'ils ont
00:36:48la bougeotte ?
00:36:50Non.
00:36:51Parce qu'ils cherchent
00:36:52du travail
00:36:52là où il y en a.
00:36:55Eux aussi
00:36:55seraient exclus
00:36:57du suffrage universel.
00:36:59Mais s'ils n'ont pas
00:37:00de domicile fixe,
00:37:01comment savoir
00:37:02s'ils ont payé
00:37:02leurs impôts ?
00:37:03Et s'ils n'ont pas
00:37:04le sou pour payer ?
00:37:05C'est votre collègue,
00:37:07monsieur Victor Hugo,
00:37:08qui l'a dit.
00:37:09On vole la souveraineté
00:37:11dans la poche du pauvre.
00:37:20Messieurs,
00:37:20cette séance
00:37:21s'est prolongée
00:37:22un peu plus longtemps
00:37:22que je ne l'avais prévue.
00:37:24nous la reprendrons
00:37:27demain matin,
00:37:28si vous le voulez bien.
00:37:30Je suis gêné
00:37:31en haut d'appel.
00:37:33C'est bien,
00:37:33mon avis.
00:37:35C'est un grand jour
00:37:36pour vous,
00:37:36monsieur Thiers.
00:37:37Il n'y a plus
00:37:38de suffrage universel.
00:37:40Et malgré
00:37:41les efforts des Rouges,
00:37:42à une forte majorité.
00:37:44À laquelle
00:37:44il manque ma voix.
00:37:46Nous la souhaitons
00:37:46vivement,
00:37:47monsieur le Président.
00:37:48Elle vous est même nécessaire.
00:37:49Je dirais plutôt
00:37:50qu'elle nous est précieuse,
00:37:51monsieur le Président.
00:37:52Pourtant,
00:37:53elle froisse
00:37:53mes sentiments
00:37:54les plus profonds.
00:37:55Nous ne touchons pas
00:37:56à vos amis.
00:37:56Nous excluons
00:37:57seulement les indignes.
00:38:04Je croyais
00:38:04qu'il attendait une femme.
00:38:05C'était des chevaux.
00:38:06Encore des chevaux?
00:38:08Toujours des chevaux.
00:38:09Des écuries
00:38:09et un harem.
00:38:10Voilà l'Elysée.
00:38:11Et tant que ça change.
00:38:23c'est un peu l'aim.
00:38:23En ce moment,
00:38:24on coute les filles.
00:38:25C'est un peu l'Elysée.
00:38:25Mais oui,
00:38:26il n'y a rien.
00:38:27Merci.
00:38:32Tout d'abord,
00:38:36C'est un peu l'Elysée.
00:38:37J'avoue qu'entre ces deux merveilles, je balance.
00:38:54Eh bien, prenez les deux.
00:38:56Je n'ai même pas de quoi m'en acheter un.
00:38:59Raison de plus pour prendre les deux.
00:39:02Et puis, c'est abusant de balancer.
00:39:04C'est dans votre nature, mon cher Louis.
00:39:05C'est ma foi vraie.
00:39:08Et c'est dommage.
00:39:10Monsieur Thiers, lui, ne balancera pas.
00:39:13Le général Changarnier qui piave d'impatience n'attend qu'un mot pour vous coffrer.
00:39:17Vous oubliez que je l'ai armé avec moi.
00:39:19Mais pas les généraux.
00:39:21Eh bien, faisons des généraux.
00:39:23Nous en ferons.
00:39:25Et de très dévoués à condition de bien les payer.
00:39:27Mais nous sommes à sec.
00:39:30Voilà pourquoi vous donnerez votre accord à la loi de Monsieur Thiers.
00:39:33Et en échange, l'Assemblée vous votera les crédits qui m'ont refusé jusqu'à ce jour.
00:39:38Monsieur le Président.
00:39:40Madame.
00:39:40Ils sont admirables, ces chevaux.
00:39:49Je crois que je vais prendre les deux.
00:39:51On pense te voir, Hortense.
00:40:06Toi aussi, Sébastien.
00:40:07Alors, tu dessines toujours de belles choses.
00:40:14Et mes amis du Faubourg, qu'est-ce qu'ils racontent ?
00:40:20Ils ne sont pas contents, Monsieur le Président.
00:40:22Cette sacrée loi.
00:40:22Laquelle ?
00:40:26Contre le suffrage universel.
00:40:29Alors ?
00:40:30On me dit que ça fera tomber un tiers des électeurs.
00:40:33Ces trois millions de pauvres bougres qu'on prive du droit de vote,
00:40:36ce sont vos amis, Louis.
00:40:38Vous ne les retrouverez pas quand vous vous représenterez.
00:40:41Je ne peux donc pas dire oui.
00:40:44Vous ne pouvez pas dire oui à cette infamie.
00:40:45Mais si je dis non, la majorité me tient.
00:40:50C'est pour ça qu'ils venaient en délégation.
00:40:53C'est pour ça, oui.
00:40:55Qu'est-ce que vous leur avez dit ?
00:40:57Que je réfléchirai.
00:41:02Ce que je fais devant vous, parce que vous êtes des intimes,
00:41:05et c'est devant vous que je veux décider.
00:41:09Je vais dire oui, Hortense.
00:41:12Alors vous tombez dans leur piège.
00:41:14Le piège, Hortense, serait de dire non.
00:41:18J'aurai toute la chambre contre moi, un coup de force.
00:41:20Je suis renversé, et la République avec.
00:41:24Tu voudrais me voir enfermé à peine ?
00:41:28Pas commode, tu sais, sous les verrous de défendre ses amis du faubourg.
00:41:36Hortense, si je contresigne cette loi infâme,
00:41:40c'est pour pouvoir mener à bien mon combat pour le peuple.
00:41:42Mais qui me croira si toi, tu ne me crois pas ?
00:41:48Je voudrais vous croire.
00:41:52Hortense, la première chose que j'abolirai, c'est cette loi.
00:41:56Je te le jure.
00:42:00Mais quand ?
00:42:03Ce ne sera pas long, l'assemblée court à sa perte.
00:42:05Est-ce lié à cette assemblée ?
00:42:07Non.
00:42:09Quand elle sera au-dessus de l'abîme,
00:42:13je couperai la corde.
00:42:14Vous prendrez bien une tasse de café avec moi.
00:42:26Merci, général.
00:42:28Ma belle-mère m'a déjà fait déjeuner.
00:42:29Elle n'aime pas que je sorte à jeun.
00:42:31J'oubliais, vous avez une belle-mère aussi dévouée que votre femme.
00:42:35Vénard.
00:42:37Et aussi dévouée que votre Édouard.
00:42:40Oh, lui, c'est un ange.
00:42:43Alors, vous sonnez le réveil comme à la caserne.
00:42:46C'est l'alerte ?
00:42:47Oui, général.
00:42:49Un haut personnage vient de débarquer à Dieppe.
00:42:52Il désire vous rencontrer.
00:42:55Le prince de Joiffille ?
00:42:57Henri V, oui.
00:42:58Enfin, pas encore.
00:43:00Quand il montera sur le trône de France, grâce à nous.
00:43:05Encore quelqu'un ?
00:43:07Le général Changarnier est là.
00:43:09Mais mon commandant, le général est encore au lit.
00:43:12Enfin, Édouard, que se passe-t-il ?
00:43:14C'est le commandant Fleury, mon général.
00:43:17Hein ?
00:43:25Eh, monsieur, en voilà des manières.
00:43:27J'avais hâte, mon général, de vous remettre ce message au sceau du lit.
00:43:29Je ne saute pas de mon lit devant tout le monde, commandant.
00:43:31Veuillez vous retourner.
00:43:33Édouard.
00:43:34Ma robe de chante.
00:43:34Ça vient de la présidence.
00:43:58Le perroquet mélancolique me suspend de mes fonctions.
00:44:08Oh, mon Dieu.
00:44:11Écoutez.
00:44:12Non, n'écoutez pas.
00:44:14Vous direz au président que...
00:44:15Non, vous ne lui direz rien.
00:44:18Allez.
00:44:18Allez.
00:44:18Monsieur Thierry, je m'habille.
00:44:27Je vols à l'Elysée, j'embarque le perroquet et je le mets en cage en basselle.
00:44:31Alors, calmez-vous.
00:44:32Mais oui, calmez-vous.
00:44:33Oui, calmez-vous.
00:44:34On l'y mettra, c'est en temps.
00:44:36Mais la populace prend ce perroquet pour un aigle.
00:44:39Alors, doucement, en général, doucement.
00:44:41Attendons le vote de la chambre.
00:44:45D'ici quelques jours, nous pourrons légalement faire appel à l'armée.
00:44:49Vous avez fini de me regarder ?
00:45:09Pardonnez-moi, monsieur, c'est que je crois vous reconnaître.
00:45:12Vous avez une figure qu'on n'oublie pas.
00:45:14Vous jouez au théâtre, n'est-ce pas ?
00:45:16Avez-vous vu beaucoup de cabotins décorer la Légion d'honneur ?
00:45:19Non, monsieur, non, non, pardonnez-moi.
00:45:23Je suis général de Saint-Arnaud de l'armée d'Afrique.
00:45:26Mais il est vrai qu'à 20 ans, j'étais florival et que je jouais au théâtre de l'ambigu les rôles de traître.
00:45:32Eh bien, mon général, on peut dire que vous n'avez pas changé.
00:45:37Et maintenant, voyons celui qui sera peut-être mon ministre de la guerre.
00:45:43Avant qu'il entre vite, rappelle-moi son dernier exploit.
00:45:47Un petit engagement contre des guerriers cabiles.
00:45:50Plusieurs centaines s'étaient réfugiés dans une grotte, il les a enfumés.
00:45:52Il n'y a pas eu de prisonniers.
00:45:54Je crois que c'est un homme sur lequel on peut compter.
00:45:56Tout de même, Paris n'est pas la cabine.
00:45:59Il faut tout prévoir.
00:46:02Faites entrer le général de Saint-Arnaud.
00:46:05Il en veut, il en veut à la République de lui avoir supprimé ses frais de représentation à Alger.
00:46:11Combien ?
00:46:112300.
00:46:12Mon cher ami, j'ai tenu à vous annoncer moi-même en raison de votre vigoureuse action en cabélique que je vous ai nommé général de la division.
00:46:21Vous aurez le commandement de la garnison de Paris.
00:46:28Je n'aime pas Paris.
00:46:33En 48, je commande la préfecture de police contre les rouges.
00:46:37J'ai vu de près la canaille sanguinaire.
00:46:40Je ne suis pas froussat, mais ce jour-là, j'ai eu peur.
00:46:42J'aime mieux les cabiles d'Algérie que le peuple de Paris quand ils se déchaînent.
00:46:46Pourquoi voulez-vous que le peuple se déchaîne contre moi ?
00:46:50Le peuple m'aime comme je l'aime ?
00:46:53Mais la canaille.
00:46:55Mais la canaille, je l'aime aussi.
00:46:57Mais alors, si vous avez le peuple avec vous, pourquoi avez-vous besoin des militaires ?
00:47:00Le peuple a de mauvais bergers.
00:47:04Blanqui, qui est en prison, mais qui parle à travers les murs.
00:47:07Proudhon, Louis Blanc, Lamenet.
00:47:11Je ne connais pas.
00:47:12Victor Hugo.
00:47:15Je connais.
00:47:17Il est dangereux, celui-là ?
00:47:19Tiens, je croyais que c'était un poète.
00:47:24Miss Howard a son appartement rue du Cirque, à deux pas de l'Elysée.
00:47:29Pour retrouver sa maîtresse, le président n'a qu'une rue à traverser.
00:47:34Mais ce soir de novembre 1851, il ne s'agit pas d'un rendez-vous d'amour.
00:47:40Mournit n'est pas encore arrivée.
00:48:06Non.
00:48:11Encore un peu de fièvre, hein ?
00:48:13Et comment faites-vous, Louis, pour ne pas en avoir vous aujourd'hui ?
00:48:17C'est que moi, chérie, je ne suis pas enrhumé.
00:48:19Repoussé.
00:48:28400 voix pour 338.
00:48:31M.
00:48:31Thiers est battu, l'Assemblée ne l'a pas suivi.
00:48:33Gardez le commandement suprême de l'armée.
00:48:36Ouf !
00:48:37À condition, dit la loi, que je ne la commande pas moi-même.
00:48:42Louis, c'est plus, je pense.
00:48:45Vous portez l'uniforme de général.
00:48:47Soyez-en un.
00:48:48Il y a une chose à laquelle je tiens beaucoup.
00:48:51Et à laquelle vous n'avez pas pensé.
00:48:53Alors, quelle chose ?
00:49:17Attendons que les chambres soient en vacances.
00:49:22Et pourquoi, bon sang ?
00:49:24Pour avoir l'air d'un escarpe qui profite des vacances pour cambrioler la maison.
00:49:29J'ai peur du bruit que font tous ces braillats et ces avocats.
00:49:32Raison de plus pour ne pas les laisser filer.
00:49:34Disperser, c'est la pêche à la ligne.
00:49:36À Paris, hop, un coup d'épervier, vous les avez tous ?
00:49:39Mais oui, Louis, tout vous pousse à agir.
00:49:42Et quand Raïette dit tout, je sais à quoi elle pense.
00:49:44À nos finances ?
00:49:45Trop délicate pour parler des siennes.
00:49:47Elle est au bout du rouleau, vous le savez.
00:49:50Moi, de toute façon, j'ai mis mon atel en vente.
00:49:54J'en ai vu d'autres.
00:49:56Mais vous, Louis, vous en êtes à Pichot-Clou le diadème de notre pauvre mère.
00:50:02Quand Jean-Garnier vous aura flanqué à la porte de l'Elysée,
00:50:06nous nous retrouverons à la rue pour y chanter.
00:50:09Mieux vaut se battre.
00:50:12Je n'ai jamais tiré un coup de fusil sur quelqu'un,
00:50:14ni ordonné de le faire.
00:50:16Et qui d'autre que moi le fera ?
00:50:18Si vous ne trouvez personne de mieux,
00:50:21je me mets à votre disposition.
00:50:22Vous entendez, Louis ?
00:50:24Moni est prêt à exposer sa vie pour vous.
00:50:29Non, je ne veux pas.
00:50:32Vous savez bien que je n'ai rien à perdre.
00:50:36Alors, c'est pour quand ?
00:50:39Dans quelques jours.
00:50:42Pourquoi quelques jours ?
00:50:43Parce que ça va être le 2 décembre,
00:50:46et que le 2 décembre, c'était Austerlitz.
00:50:48Est-ce que c'est le 3 décembre, c'est le 3 décembre, c'est le 3 décembre, c'est le 3 décembre.
00:50:54C'est le 3 décembre, c'est le 3 décembre.
00:50:59Lel, êtes-vous assez fort pour ne rien laisser voir d'une émotion sur votre visage ?
00:51:06Je le comprends.
00:51:08Eh bien, c'est pour cette nuit.
00:51:10Pouvez-vous m'assurer que demain matin, on ne battra pas le rappel ?
00:51:13Oui, si tous les tambours de la place ont été crevés.
00:51:16Ce qui sera fait, j'y vais de ses part.
00:51:18Non, pas encore.
00:51:19Vous auriez l'air de vous retirer sur mon ordre.
00:51:22Accompagnez plutôt vos dames au buffet.
00:51:24Elles sont très jolies.
00:51:25Sous-titrage Société Radio-Canada
00:51:55A l'imprimerie nationale, évite que la proclamation soit composée cette nuit et affichée avant le jour.
00:52:21Il faut se méfier des imprimeurs, il y a des rouges parmi eux qui savent lire.
00:52:23Vous couperez les textes en trois, dans le sens de la longueur.
00:52:28Comme ça, ils ne sauront pas ce qu'ils composent.
00:52:33Et qu'on les garde à vue quand ils auront fini.
00:52:40Oh non !
00:52:40Le prince travaille.
00:52:41Alors demain ?
00:52:42Oh, demain.
00:52:4340 000 francs en billets, 20 000 francs en pièces d'or.
00:52:57Prenez ce qu'il vous faut, général.
00:52:59J'ai sous mes ordres 60 000 hommes qui vont manger et boire deux fois par jour.
00:53:02Et surtout, ne lésinons pas sur le vin ou leur impirer les boutiques.
00:53:05Nous sommes les soldats de l'ordre, n'oublions pas.
00:53:09Prenez tout.
00:53:10Et prenez, Fleury, vous êtes l'intendance.
00:53:13Je garde un rouleau pour ma femme.
00:53:15Pas pour moi.
00:53:16Pourquoi faire ?
00:53:17Si cela ratit...
00:53:18Nous sommes bien d'accord, monsieur.
00:53:21Chacun de nous y joue sa peau.
00:53:23Et je tiens la mienne.
00:53:24C'est celle d'un futur maréchal de France.
00:53:25Sous-titrage Société Radio-Canada
00:53:55L'Empereur disait, j'aime Hortense.
00:53:59Oui, je l'aime.
00:54:02Si pendant que je suis au conseil, elle demandait à me voir,
00:54:05je sortirais pour la recevoir et je ne le ferais pour personne d'autre.
00:54:11On disait que mon premier enfant était de lui,
00:54:15qu'il me l'avait fait parce que ma mère ne pouvait lui en donner.
00:54:20Avant d'aller se livrer aux Anglais,
00:54:22il a passé près de moi sa dernière nuit en France.
00:54:29Oh, il ne m'a pas demandé de le suivre en exil,
00:54:31mais je sentais bien qu'il aurait souhaité que je le lui demande.
00:54:36Tout de même, je voudrais te dire encore quelque chose.
00:54:44Ce premier enfant
00:54:45qu'on dit que j'ai eu avec l'Empereur,
00:54:51il voulait l'adopter
00:54:52et lui laisser son trône.
00:54:55Notre fils aurait peut-être régné sous le nom de Napoléon II.
00:55:03Il est mort.
00:55:05Il fallait que ce soit toi qui règne.
00:55:22Entrez.
00:55:22J'ai cru entendre des tambours.
00:55:34Non, monseigneur, tout est calme.
00:55:46Colonel !
00:55:47Qu'est-ce que c'est ?
00:55:48Demain, vous serez général de brigade
00:55:49et aide de camp du prince
00:55:51à 30 000 francs.
00:55:53À vous d'aller arrêter les caisseurs de l'Assemblée.
00:55:55Les caisseurs.
00:55:57Général.
00:55:59Général.
00:56:10Trahison !
00:56:10On arrête les caisseurs de l'Assemblée !
00:56:13Oh, mon capitaine !
00:56:14Au secours !
00:56:15On viole la Constitution !
00:56:16Mon capitaine !
00:56:17Pourquoi me fourre-t-on à Mazas ?
00:56:32Ce qui est une prison pour les hommes de gauche.
00:56:34Moi, un ancien ministre de l'Intérieur.
00:56:36J'ai droit à plus de considération.
00:56:39Général.
00:56:40Vous êtes décoré de la Légion d'honneur.
00:56:43Donc, vous êtes un honnête homme.
00:56:44Que pensez-vous de ce monsieur Bonaparte ?
00:56:47Vous vouliez le foutre dedans, monsieur Thiers ?
00:56:50C'est lui qui vous y fout.
00:56:53Moi, je trouve que c'est bien joué.
00:56:54Comment, monsieur Thiers, vous êtes venu sans votre belle-mère ?
00:57:01Oui, je l'ai envoyé à Mayence, nous retenir un petit appartement.
00:57:05Vous croyez qu'on...
00:57:05Bien sûr !
00:57:07Je suis plus gênant en prison qu'en Allemagne, vous savez.
00:57:14L'Assemblée nationale est dissoute.
00:57:17Ah bon ?
00:57:18Alors, il n'y a plus de députés ?
00:57:20Des fénéants en 25 francs par jour, ce qui ferait par exemple en véco contre la République.
00:57:25C'est à part d'Avacen.
00:57:28Deuxièmement, et ça c'est une grande chose, écoutez, le suffrage universel, universel, est rétabli.
00:57:37Tiens, je ne savais pas qu'on ne l'avait plus.
00:57:38Ben tu vois, il nous donne quelque chose à quoi tu n'avais pas pensé.
00:57:41Le droit de vote pour tout le monde.
00:57:43Même pour les femmes ?
00:57:44Non, pas pour les femmes, naturellement.
00:57:46Le peuple français est convoqué dans ses commises...
00:57:50Mais on sait quoi ?
00:57:51Mais tout simplement pour qu'on dise au président si on est pour ou contre son coup de balai.
00:57:54Ben, ce sera un peu tard.
00:57:55Pourquoi ?
00:57:56C'est avant qu'il aurait dû me demander mon avis pour le coup de balai.
00:57:58Mais tu ne serais pas un peu rouge, toi le maçon ?
00:58:00Et toi, tu ne serais pas un peu flic ?
00:58:02Il faut sortir de l'ombre.
00:58:05Il faut qu'on nous sente là.
00:58:07Il faut faire une proclamation.
00:58:09Que ça soit imprimé n'importe par qui, que ça soit affiché n'importe comment.
00:58:12Mais il le faut, et tout de suite, dicté, j'écris.
00:58:16Oui, oui, oui, oui, oui.
00:58:17A-t-on un imprimeur ?
00:58:18J'en prenais un.
00:58:20Est-ce qu'il sait que quiconque imprimera un appel aux armes sera arrêté ?
00:58:23Donnez-moi le texte.
00:58:24Et fusillé.
00:58:25Donnez-moi l'argent.
00:58:28Qu'est-ce qu'on lui fera au bas d'un guet, quand on l'aura pris ?
00:58:31On lui coupera la tête, en place de grève, devant l'hôtel de ville.
00:58:34Non.
00:58:35Pourquoi ?
00:58:36Parce qu'après un tel crime, laisser vivre Louis Bonaparte, c'est abolir la peine de mort.
00:58:42Allez-y, j'ai l'habitude du tableau noir.
00:58:46J'étais instituteur.
00:58:48Comment vous appelez-vous ?
00:58:50Baudin.
00:58:51Vous êtes très jeune.
00:58:53Et vous ?
00:58:54Moi, 49.
00:58:57Aujourd'hui, nous avons le même âge.
00:58:58Au peuple.
00:59:07Au peuple.
00:59:09Louis Napoléon est un traître.
00:59:11Il a violé la Constitution.
00:59:13Il s'est parjuré.
00:59:15Il est hors la loi.
00:59:16Le peuple, désormais, est à jamais en possession du suffrage universel que je lui ai donné.
00:59:22Le peuple, qui n'a besoin d'aucun prince pour le lui rendre, sera châtier le rebelle.
00:59:27Que le peuple fasse son devoir, les représentants républicains marchent à sa tête.
00:59:32Vive la République, vive la Convention, aux armes signées Victor Hugo, député.
00:59:40J'aime mieux le poète.
00:59:41Alors, mon pauvre Mopaparte, vous ne découvrez les affiches subversives qu'une fois collés au mur.
00:59:45L'empereur a été mieux servi avec Fouché comme préfet de police.
00:59:48Qu'est-ce que c'est que ça ?
00:59:49Une bombe, rassurez-vous, elle est désamorcée.
00:59:52Ils ont maintenant des bombes à main en guise de munition.
00:59:55On dresse des barricades à la barrière du trône au Faubourg Saint-Antoine, à Saint-Marceau.
01:00:00J'ai pensé à tout.
01:00:01J'ai fait couper les cordes des cloches dans les églises, pour qu'on ne puisse sonner le toxin.
01:00:06La nuit promet d'être sérieuse.
01:00:10Décisive.
01:00:11N'oubliez pas votre bombe.
01:00:14Et votre affiche ?
01:00:15Non.
01:00:17L'affiche, je la garde.
01:00:19Dérieux m'a dit que je vous trouverai ici.
01:00:45Est-ce bien prudent ?
01:00:49Pour moi, oui.
01:00:50Je suis en permission.
01:00:52Qu'un socialiste comme vous, Proudhon, emprisonné pour offense à Louis Bonaparte, ait l'autorisation de sortir un jour comme aujourd'hui...
01:01:01Pur hasard.
01:01:03C'était aujourd'hui mon jour de permission.
01:01:06N'êtes-vous pas tenté de profiter de ce hasard ?
01:01:09Non.
01:01:11La partie est perdue d'avance.
01:01:14Le peuple est mythique.
01:01:15Il ne bougera pas.
01:01:18Bonaparte a dit, je serai l'empereur de la canaille.
01:01:22C'est une insolence.
01:01:23Les insolences ont chance de réussir quand elles ont à leur service des baïonnettes.
01:01:27Les quelques hommes de la gauche ne viendront pas à bout de Bonaparte.
01:01:33Vous êtes honnête.
01:01:35Et il est un coquin.
01:01:37Vous avez des scrupules.
01:01:39Et il n'en a pas.
01:01:40En ce moment, la lutte serait folle.
01:01:46Voilà ce que je suis venu vous dire.
01:01:50Qu'espérez-vous ?
01:01:52Rien.
01:01:53Et que ferez-vous ?
01:01:56Tout.
01:01:58Adieu.
01:02:00Pensez à ce que je vous ai dit.
01:02:02Je pense à mes deux fils, qui sont en prison, comme vous, mais qu'on n'a pas laissé sortir.
01:02:10Il y aura au moins une barricade.
01:02:29C'est mon ami Baudin qui l'aura faite.
01:02:32Il m'a dit que je suis paysan, je sais travailler de mes mains.
01:02:36Je croyais qu'il était maître d'école.
01:02:38Paysan, maître d'école, c'est une belle race.
01:02:44Il y a maintenant dans chaque village un flambeau allumé, le maître d'école.
01:02:49Et une bouche qui souffle dessus, le curé.
01:02:51Du côté des coups de feu.
01:03:02Ah ben non alors, c'est pas pour moi, c'est pour mon cheval.
01:03:07Non Juliette, attends-moi ici.
01:03:09Je ne veux pas que tu t'exposes davantage.
01:03:11Tu ne crains rien pour moi, tu vois, je suis armé.
01:03:25C'est pas la peine d'aller plus loin, monsieur le député.
01:03:27La barricade est prise, il y a deux morts.
01:03:28C'est pas la peine d'aller plus loin.
01:03:58Ah, vous avez tué Boudin !
01:04:03Ah, nous, on ne savait pas.
01:04:06Je ne vous en veux pas.
01:04:26C'est pas votre faute.
01:04:31Maintenant, je vais l'emporter chez lui.
01:04:34Qu'il soit entouré de ses amis.
01:04:37J'ai un fiacre à deux pas d'ici.
01:04:39Ah non, ça suffit comme ça, vous n'avez pas le droit d'y toucher.
01:04:41Que vous soyez son père ou quelqu'un de sa famille, ce sont les ordres.
01:04:45Je suis représentant du peuple.
01:04:46Oui, bien nous, les écharpes, on s'en fout.
01:04:48Allez, à la morgue.
01:04:49Je ne vous dis pas de désobéir.
01:04:53Vous seriez fusillé par ces brutes.
01:04:56Mais rappelez-vous bien,
01:04:58Baudin était un instituteur du village.
01:05:01Il avait peut-être fait la classe à votre camarade.
01:05:04C'est le même sang qui coule de leurs blessures.
01:05:07C'est le sang du peuple.
01:05:08Qu'on l'enterre discrètement, de nuit.
01:05:16Pas de manifestation.
01:05:19J'y ai pensé, monseigneur, il est déjà enterré.
01:05:28Qu'est-ce que c'est ?
01:05:30Le premier mort.
01:05:33On a tué M. Baudin sur une barricaine.
01:05:36Lisez la suite.
01:05:38Ça a beaucoup refroidi.
01:05:42C'était un rouge.
01:05:43Non.
01:05:45Un brave instituteur qui voulait sauver la République.
01:05:49Merci, laissez-nous à présent.
01:06:02J'ai besoin de vous, Harriet, de votre voix.
01:06:06Dites quelque chose.
01:06:08Je suis là avec vous, Louis.
01:06:12Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:06:25Ça a beaucoup refroidi.
01:06:28Ça veut dire que ce coup de feu m'a fait du tort.
01:06:30J'ai besoin de la sympathie populaire.
01:06:34Il ne faut pas que je la perde.
01:06:37On n'aurait pas dû tirer.
01:06:39Quand on est le plus fort, il faut être très dur pour que ça finisse très vite.
01:06:49Il me semble entendre ma mère.
01:06:52Elle pouvait être très dure, elle aussi.
01:06:55Elle était courageuse.
01:06:56C'est ça aussi, le courage.
01:07:09Au matin du 4 décembre, l'espérance a changé de camp.
01:07:12Le peuple s'est ressaisi.
01:07:14La résistance s'organise.
01:07:15Mais non, pas comme ça.
01:07:40Une barricade doit être branlante.
01:07:42Bien bâtie, elle ne vaut rien.
01:07:44Il ne faut pas que les pavés soient d'aplomb.
01:07:45Je vais vous montrer.
01:07:46On apprend à tout âge.
01:07:47Il faut qu'ils s'éboulent sur les troupiers.
01:07:49Qu'ils leur cassent les pattes.
01:07:51Comme ça.
01:07:52C'est difficile de faire quelque chose qui ne tienne pas debout.
01:08:01Hugo, je m'appelle Charpentier.
01:08:05Excusez-moi si j'ai déjà fabriqué de la poudre.
01:08:07Mais je vous lirai un de ces jours, si vous me permettez, une tragédie que j'ai écrite.
01:08:12Une tragédie, je n'ai pas.
01:08:18Ne vous inquiétez pas, c'est un des nôtres.
01:08:20J'ai espéré un instant qu'on allait t'attaquer pendant que je serai là.
01:08:23Vous voulez un fusil ?
01:08:25Je ne saurais pas m'en servir.
01:08:26Eh, Pachemin va vous apprendre, on a le temps.
01:08:28Eh, Pachemin, un fusil pour M. Hugo !
01:08:30Non, il ne veut pas apprendre.
01:08:33Alors, pourquoi vous êtes là ?
01:08:35Simplement pour vous faire tuer ?
01:08:38Oui, simplement.
01:08:46Ça, ça vient de la rue Montorgueil.
01:08:50Il y a foule en bas dans les salons.
01:09:01Tous ceux de nos amis qui n'aiment pas l'arrêt à ce qui s'y passe.
01:09:04Vous n'y allez pas ?
01:09:05Non.
01:09:06Je veux rester seule avec vous, Louis.
01:09:12On n'entend plus le canon.
01:09:14Ni un coup de fusil.
01:09:15Trois heures, il n'a pas fallu plus d'une heure pour venir à bout des barricades.
01:09:20Vous voyez, il ne faut plus penser à ces quelques mots inévitables.
01:09:24Mais à tous ceux qu'ils ont permis d'éviter.
01:09:27Savez-vous qu'il y avait parmi eux plus de paletots que de blouses ?
01:09:31La boutique et l'atelier sont restes, c'est là ma vraie victoire, Henriette.
01:09:35Vous avez toujours compté sur...
01:09:37Depuis âme.
01:09:40Ce livre sur la misère du peuple
01:09:42qui faisait tant ricaner les imbéciles.
01:09:47Mon livre.
01:09:50Je savais bien que le jour venu,
01:09:53il me gagnerait le cœur des humbles.
01:09:54Vous serez l'empereur des pauvres.
01:09:59Empereur de la canaille.
01:10:02Même si les paletots m'appellent cette canaille d'empereur.
01:10:07Ce soir, vous coucherez aux tuileries ?
01:10:09Ce soir, vous allez un peu vite, darling.
01:10:12Bon, je ne coucherai pas aux tuileries ce soir.
01:10:15Tant mieux.
01:10:16Comme ça, je vous garderai un peu plus longtemps.
01:10:22Oh, c'est magnifique !
01:10:24Je descends.
01:10:32Je descends.
01:10:32Oh !
01:10:38Oh !
01:10:40Ça recommence !
01:11:03Oh, Loué !
01:11:06Où est l'opérateur ?
01:11:17J'étais là quand il a reçu la nouvelle.
01:11:19Une femme et ses deux enfants
01:11:19venaient d'être tués
01:11:20devant le 22 du boulevard des Italiens.
01:11:23Il s'est sauvé comme un fou.
01:11:24Pourtant, j'étais sur les boulevards
01:11:25il n'y a pas une demi-heure.
01:11:26Tout était calme.
01:11:28Il y avait d'un côté les soldats,
01:11:29de l'autre la foule
01:11:30qui les regardait défiler comme à la revue.
01:11:32Il y avait des parents avec leurs enfants.
01:11:34Avec des enfants ?
01:11:36Quelle folie !
01:11:37C'est jeudi, mon Seigneur.
01:11:38C'est jeudi, mon Seigneur.
01:11:38Il y avait des enfants.
01:12:08Ce fut comme une poignée d'éclairs
01:12:12s'abattant sur le peuple.
01:12:14Rien de plus simple.
01:12:15La mitraille écrasa la multitude.
01:12:18Il n'y eut plus de drapeau.
01:12:20Il n'y eut plus de patrie.
01:12:22Il n'y eut plus de France.
01:12:23On se mit à assassiner.
01:12:26Louis Napoléon eut cette gloire
01:12:27qui est le sommet de sa honte.
01:12:38Sous-titrage Société Radio-Canada
01:12:42Sous-titrage Société Radio-Canada
01:13:12Sous-titrage Société Radio-Canada
01:13:16Sous-titrage Société Radio-Canada
01:13:46Et bien, tu vas prendre ma place
01:13:50et porter ces dames dans la charrette, là.
01:13:52Mais respectueusement, hein.
01:13:55La montre-nous.
01:13:57On te regarde.
01:13:58Non.
01:14:03Si tu refuses, ma jolie,
01:14:05tu vas m'obliger à en porter deux.
01:14:07Elle est trop lourde.
01:14:22Eh bien, traîne-la.
01:14:24Mais avec respect, hein.
01:14:26Où faut-il mettre les cadavres
01:14:31qui sont dans la cité bergère ?
01:14:34Répondez à Maupas,
01:14:36cimetière du Nord.
01:14:38Le conduisant se glisse
01:14:40en leur maintenant la tête en dehors
01:14:42pour qu'on puisse les reconnaître.
01:14:44Et après, une dépêche à mon père.
01:14:49Floreau.
01:14:50Downing Street, 76, Londres.
01:14:55Émeute vaincue et terrifiée.
01:14:58On arrête les chefs en liberté.
01:15:01Les rentes à cette heure
01:15:02sont à 96 francs.
01:15:054 francs de plus qu'hier.
01:15:06M. Victor Hugo,
01:15:26il y a là une chose
01:15:27qu'il faut que vous voyez.
01:15:30Je vous reconnais.
01:15:31Vous écrivez des pièces.
01:15:34Je vous ai connus à l'Odéon.
01:15:35J'habite cette maison.
01:15:37Venez.
01:15:58Une voisine.
01:16:05L'enfant avait reçu
01:16:10deux balles dans la tête.
01:16:12Le logis était propre,
01:16:14humble, paisible, honnête.
01:16:16On voyait un rameau béni
01:16:17sous un portrait.
01:16:19Une vieille grand-mère
01:16:20était là, qui pleurait.
01:16:22C'est-à-dire que ce matin,
01:16:28il m'appelait encore
01:16:29bonne maman.
01:16:32On n'entend plus rien.
01:16:34plus rien.
01:16:52Quoi ?
01:16:53Rien, je dis,
01:16:54plus rien,
01:16:54c'est le silence.
01:16:55Le silence, oui.
01:17:01Le silence de mort.
01:17:06Vous avez peur ?
01:17:07Peur ?
01:17:09Non.
01:17:11Et si le peuple
01:17:12bougeait maintenant ?
01:17:14Hein ?
01:17:14Mon peuple.
01:17:17Des blouses.
01:17:17Ceux qui se croisaient
01:17:19le bras hier encore.
01:17:25Regardez.
01:17:26L'affiche que les républicains
01:17:27ont fait coller
01:17:28par-dessus les nôtres.
01:17:29Des chiants de Louis Bonaparte.
01:17:32Vous les faites arracher
01:17:32partout, j'espère ?
01:17:33Par la troupe.
01:17:34Il y en a d'autres chats,
01:17:35savré.
01:17:36Et la nuit,
01:17:36elle ne s'amuse pas
01:17:37à gratter les murs.
01:17:37Elle rentre dans ses casernes.
01:17:39Repos.
01:17:40Et pourquoi quitte-t-elle
01:17:41Paris la nuit ?
01:17:42Il faut vous le dire
01:17:43pour ne pas avoir
01:17:44de contact
01:17:44avec les Parisiens.
01:17:45à part ceux des barricades.
01:17:47Oui, mais ce soir,
01:17:48tout de même,
01:17:48la troupe pourrait rester.
01:17:49La patrie est en danger
01:17:50et le gouvernement,
01:17:51c'est la patrie.
01:17:52Alors, il faut faire
01:17:53un corps tranché.
01:17:55Et où ça ?
01:17:55Aux Tuileries.
01:17:56Pourquoi pas ici ?
01:17:57L'Élysée est trop petit.
01:17:58Aux Tuileries,
01:17:58j'ai la place pour 40 000 hommes.
01:18:00Et les vivres ?
01:18:01Je suis t'es prêt
01:18:01au Mont-Valérien.
01:18:02Un ordre, ça y est.
01:18:04C'est peut-être
01:18:05une mesure de sagesse.
01:18:07Entrer aux Tuileries
01:18:08pour s'y faire assiège.
01:18:11On vient d'apporter
01:18:12encore une caisse de champagne.
01:18:13Foutez-nous la paix
01:18:14avec le champagne.
01:18:16Monseigneur,
01:18:17c'est Mme Hortense Cornu.
01:18:20Où est-elle ?
01:18:21Elle est là, de côté.
01:18:39Qu'est-ce que tu fais là ?
01:18:41Ne me touchez pas.
01:18:42J'ai du sens au moins.
01:18:43Tu es blessée ?
01:18:45Non, c'est le sang
01:18:46d'une autre.
01:18:49Aujourd'hui,
01:18:50il y a du sang partout.
01:18:51On marche dedans.
01:18:53Vous n'êtes pas allé voir ?
01:18:55Non.
01:18:56Vous faites ça de loin,
01:18:57sans vous mouiller.
01:18:59À Bologne,
01:19:00au moins,
01:19:00vous étiez dans la rue.
01:19:02Maintenant,
01:19:03vous pouvez vous payer
01:19:03une armée de tueurs.
01:19:06Les généraux,
01:19:07ça coûte combien ?
01:19:08Et soixante mille hommes
01:19:10à raison d'un litre de vin
01:19:11par homme.
01:19:14Mais ça n'a pas d'importance,
01:19:15n'est-ce pas ?
01:19:17C'est avec l'argent
01:19:18de la République
01:19:19qui est bonne fille
01:19:20qui vous donne
01:19:20ces soldats,
01:19:21ces fusils,
01:19:22ces canons,
01:19:23tout ce qu'il vous faut
01:19:24pour l'assassiner.
01:19:26Et des soldats
01:19:27de l'armée d'Afrique.
01:19:29C'est tout dire.
01:19:30Avec ceux de la métropole,
01:19:32vous n'auriez pas eu
01:19:33les mêmes résultats.
01:19:36Deux mille tués
01:19:36en dix minutes.
01:19:39Ils ont tiré
01:19:39sur les Parisiens
01:19:40comme sur des Arabes.
01:19:42Je n'y suis pour rien,
01:19:43je te le jure.
01:19:45Vous êtes trop modeste,
01:19:47mon seigneur.
01:19:49Les émeutiers, oui.
01:19:50J'ai donné l'ordre
01:19:51qu'on les fusille sur place.
01:19:54Mais les promeneurs
01:19:54du boulevard,
01:19:55voyons Hortense.
01:19:57Les femmes,
01:19:57les enfants,
01:19:58les petits chiens,
01:20:00ça, c'est la grande idée.
01:20:03Celle qui vous a donné
01:20:04la victoire.
01:20:06Tuer les émeutiers,
01:20:07ça s'est beaucoup fait
01:20:07en 48.
01:20:09Mais tuer des innocents
01:20:10qui sont venus
01:20:11admirer les beaux militaires,
01:20:13il fallait oser.
01:20:15Et c'est ça qui paie.
01:20:20Plus vu monsieur
01:20:20qui est mort devant un urinoir
01:20:21emboutonnant son pantalon.
01:20:24Il a fait plus pour vous
01:20:25que tous vos généraux.
01:20:28Il n'y a pas deux heures
01:20:29qu'on a fini de massacrer
01:20:30et toute la ville
01:20:32est devenue muette.
01:20:35Mette, horreur.
01:20:37J'ai entendu
01:20:38et j'ai eu peur.
01:20:40Pourquoi ?
01:20:42Peur de quoi,
01:20:43mon seigneur ?
01:20:45Vous avez la victoire.
01:20:48Il n'y aura plus
01:20:48un cri de révolte
01:20:49vers le ciel.
01:20:51Il n'y a plus de ciel.
01:20:53C'est fini.
01:20:55C'est fini.
01:20:58Vous allez régner.
01:21:01Vos premiers sujets
01:21:02sont des cadavres.
01:21:04La colère te va bien.
01:21:05Je vous ai adoré
01:21:09sans vous le dire.
01:21:13Parce que j'étais laine
01:21:14et pauvre.
01:21:17Aujourd'hui,
01:21:18pour oser vous le dire,
01:21:20il faut que je vous aille
01:21:22c'est bien.
01:21:24Voilà, c'est fait.
01:21:25Adieu.
01:21:26Tu reviendras,
01:21:27tu es toujours revenu.
01:21:28Je t'attends.
01:21:29Nos souvenirs.
01:21:30Oh, le souvenir.
01:21:31On peut changer d'opinion,
01:21:33on ne change pas de souvenirs.
01:21:34Raison de plus
01:21:35pour vous aillir.
01:21:36Qu'est-ce qu'il se passe?
01:22:00Qu'est-ce qu'il se passe?
01:22:06Non, pourquoi?
01:22:10J'avais peur que Tant
01:22:11s'était venu
01:22:11pour vous annoncer
01:22:12une mauvaise nouvelle.
01:22:14Au contraire.
01:22:25Pourquoi vous n'avez pas gardé
01:22:26votre collier?
01:22:28Je vais le chercher.
01:22:36Eh bien,
01:22:46qu'est-ce qu'on attend
01:22:47pour Sablé le champagne?
01:22:56Enfin!
01:23:00Vous ne compreniez pas,
01:23:02maire,
01:23:03la politique,
01:23:05monsieur Napoléon.
01:23:06C'est son nom authentique
01:23:07et pauvre
01:23:08et même prince.
01:23:10Il aime les palais.
01:23:12Il lui convient
01:23:12d'avoir des chevaux,
01:23:13des valets,
01:23:14de l'argent pour son jeu,
01:23:15sa couve,
01:23:16ses chasses.
01:23:18Par la même occasion,
01:23:19il sauve la famille,
01:23:20l'église
01:23:21et la société.
01:23:23Il veut avoir
01:23:24cinq loups
01:23:25où viendront l'adorer
01:23:26les préfets
01:23:27et les mères.
01:23:29C'est pour cela
01:23:30qu'il faut
01:23:30que les vieilles grand-mères
01:23:31de leurs pauvres doigts gris
01:23:34que fait trembler le temps.
01:23:36la cause dans le linceul
01:23:37des enfants de sept ans.
01:23:40Messieurs,
01:23:41la France a répondu
01:23:43à l'appel loyal
01:23:44que je lui avais fait.
01:23:46Elle a compris
01:23:47que je n'étais sorti
01:23:48de la légalité
01:23:49que pour rentrer
01:23:51dans le droit.
01:23:52plus de suffrage
01:23:55vienne de m'absoudre.
01:24:02Un an plus tard,
01:24:03jour pour jour,
01:24:04le 1er décembre 1852,
01:24:07Louis Napoléon
01:24:07sera solennellement
01:24:08proclamé
01:24:09empereur des Français
01:24:10sous le nom
01:24:11de Napoléon III.
01:24:12Il règnera
01:24:1317 ans.
01:24:14Sous-titrage
01:24:24Sous-titrage MFP.
01:24:54...
01:25:24...
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