00:00Le fait du jour est une bonne nouvelle, est une très bonne nouvelle et ça se passe du côté de Lyon, à une quarantaine de kilomètres de Lyon
00:06et nous sommes en compagnie du président du conseil régional d'Auvergne, Ronald. Bonjour Fabrice Pancouk.
00:13Bonjour.
00:14Merci beaucoup d'être avec nous sur Sud Radio. C'est une très bonne nouvelle pour l'industrie française mais encore plus pour votre région bien sûr
00:19parce que c'est le groupe Safran qui a choisi le parc industriel de la Plaine, de l'Inde, pour implanter sa nouvelle usine de freins carbone
00:26et c'est quand même un investissement colossal de 450 millions d'euros.
00:31Oui c'est une très bonne nouvelle effectivement comme vous le dites à la fois pour la France mais bien sûr pour notre territoire régional
00:36d'autant que ça vient finalement illustrer la manière avec laquelle nous avons fait ce pari de l'industrie, de la relocalisation industrielle sur notre territoire
00:46et c'est une véritable victoire de se dire que nous sommes capables d'accueillir, de recevoir un tel fleuron industriel
00:53alors que nous étions en compétition avec les Etats-Unis ou le Canada.
00:57Et comment ça s'est fait raconter un peu ? Parce qu'on se souvient quand même, si je n'abuse, des dernières frasques du PDG de Safran
01:03qui avait dit de toute façon en France on va continuer d'investir mais on va faire gaffe
01:07notamment parce que les villes écolo nous empêchent d'investir, c'est insupportable
01:10et pourtant ils sont revenus tout doucement en revêt à Neuronal.
01:14Comment ça s'est joué ? Qu'est-ce qui a fait que la France a été plus compétitive que les Etats-Unis ou le Québec ?
01:22C'est d'abord un travail de long mois et quand vous dites qu'ils sont revenus, en réalité ils ne sont jamais partis.
01:27Ils ont fait le choix de ne pas être sur le territoire de Lyon et je les comprends
01:32parce qu'effectivement nous défendons de la croissance, ce qui n'est pas le cas des oppositions
01:38auxquelles nous avons à faire face sur ce territoire de Lyon et de la métropole de Lyon.
01:42En revanche du côté de la région, nous avons toujours fait le choix de l'industrie et de la croissance.
01:47Comment ça s'est fait ? En réalité c'est très simple.
01:48C'est un travail pendant de très longs mois.
01:52Et c'est aussi un travail où le rôle de la région a été celui de mettre en discussion l'ensemble des acteurs.
02:00Il faut du foncier, il faut un raccordement à l'énergie, il faut une énergie qui soit à un tarif acceptable.
02:06Apparemment c'est ça qui a beaucoup joué.
02:08Pardon Fabrice Pancou, je vous coupe.
02:10C'est vraiment le taux de l'électricité ou le prix de l'électricité à long terme qui a rassuré les investisseurs, c'est vrai ?
02:14C'est une dimension importante mais elle n'est pas exclusive.
02:18Et il y a les dimensions chez lesquelles la région est intervenue de manière très claire,
02:22sur la formation, sur les aspects de recherche et de développement,
02:25et puis la dimension fiscale.
02:26Et je veux insister dessus.
02:28Oui, parce que ce n'est pas tout de suite à quoi on pense quand on imagine la France.
02:32C'est-à-dire les avantages fiscaux n'est pas la première chose.
02:34Oui, mais sauf que quand vous achetez du foncier, vous le payez une fois.
02:38La fiscalité, vous la payez toutes les années.
02:40Et quand on a fait le choix responsable en Verne-Rhône-Alpes de ne pas lever le versement mobilité,
02:46par exemple, quand on a fait le choix dans cette région avec Laurent Wauquiez dès 2016
02:52de ne jamais augmenter une taxe et un impôt,
02:55eh bien en réalité, le résultat, c'est que lorsqu'il faut aller chercher des industriels,
02:59que nous sommes dans un concert mondial,
03:02eh bien, Overne-Rhône-Alpes se distingue et on est en capacité de les capter chez nous.
03:07Il y a aussi un élément qui est important,
03:09qui correspond à la concentration des sites de Safran,
03:12puisque en réalité, nous avons déjà six sites Safran sur notre territoire,
03:17ce qui permet du coup d'avoir une forme de complémentarité sur cette nouvelle industrie.
03:21Et en réalité, en plus des 450 millions d'euros,
03:24ça va se concrétiser de façon massive, notamment grâce aux emplois.
03:28C'est plus de 200 emplois qui, à terme, vont être créés pour la région.
03:30C'est immense aussi dans une période où on parle en permanence de chômage,
03:34on parle en permanence du contexte du travail.
03:36200 emplois dans une région, ce n'est pas rien.
03:38Ce n'est pas rien, mais à l'évidence, il faut le regarder de manière un peu plus globale.
03:42250 emplois, évidemment, c'est une très bonne nouvelle.
03:45Mais il faut avoir en tête que depuis que nous avons mis en œuvre notre plan PAC-RELOC,
03:49c'est-à-dire cet accompagnement de l'industrie sur notre territoire,
03:52ce n'est pas moins de 14 000 emplois que nous avons créés depuis 2023.
03:57Et donc, c'est une véritable force sur ce territoire que d'agir en direction de l'économie,
04:01d'agir en direction de l'industrie, c'est reconnu.
04:04C'est reconnu sur notre territoire.
04:06Et il faut croire, avec cette arrivée de Safran, avec ce choix stratégique,
04:10que c'est reconnu bien au-delà de nos limites territoriales.
04:12Et on voit aussi à quel point, quand vous avez discuté avec justement le groupe Safran,
04:18comment ont été des discussions ?
04:21Parce qu'on se doute que dans un tel contexte, il n'est pas évident,
04:23même pour un groupe aussi considérable de Safran,
04:26de sortir comme ça 450 millions d'euros sur la table.
04:29Est-ce qu'il n'y a pas eu un moment de véritables inquiétudes quant au contexte général budgétaire ?
04:33Il aurait peut-être été plus pertinent pour une entreprise comme Safran, par exemple,
04:36de choisir les Etats-Unis quand on voit les sanctions et l'attitude de Donald Trump
04:41vis-à-vis des grandes entreprises, non ?
04:43Oui, mais vous savez, Safran ne s'y trompe pas.
04:45D'abord, vous avez vu, vous avez pu constater ces derniers jours
04:48les résultats très positifs de ce groupe.
04:51Et évidemment que ça met en confiance lorsqu'il faut faire des investissements
04:54de plusieurs centaines de millions d'euros.
04:56Mais je veux aussi vous dire que sur notre territoire de la région Auvergne-Rhône-Alpes,
05:00nous avons un véritable engagement en direction de l'aéronautique,
05:04en direction de la défense, en direction du nucléaire.
05:06Et ce sont des dimensions qui comptent énormément.
05:09Pas plus tard que ces dernières semaines, nous avons adopté un plan en faveur de l'industrie de la défense
05:16et l'aéronautique est intégrée dedans, de plus de 200 millions d'euros ici sur notre région.
05:21Safran, à l'évidence, d'où qu'il soit dans le monde, un rapport comme celui-là,
05:26dans le contexte qui est le nôtre, ça ne passe pas inaperçu.
05:29Et donc, à l'évidence, c'est de nature à rassurer l'investissement,
05:32c'est de nature à rassurer les décideurs.
05:34Ce qui est rassurant aussi, quand on vous entend Fabrice Pancou,
05:36que je rappelle que vous êtes le président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes,
05:40en réalité, c'est qu'à l'échelle locale, il est beaucoup plus facile de construire une dynamique économique.
05:45Quand on vous entend décrire votre bilan avec Laurent Wauquiez,
05:48d'un point de vue économique, d'un point de vue industriel, d'un point de vue de l'emploi,
05:51on se dit qu'on devrait vraiment avoir une politique en France beaucoup plus large
05:54de décentralisation de la décision,
05:57parce que vous êtes quand même beaucoup mieux à l'échelle locale
05:59pour trouver des marges, des moyens d'ajustement,
06:02et des solutions beaucoup plus concrètes
06:03pour apporter des projets industriels conséquents comme celui-ci.
06:06Moi, je partage avec vous la pertinence de l'échelon régional
06:09pour agir de cette manière-là.
06:11Pour autant, toutes les régions ne le font pas de la même manière.
06:14Et je veux ici vous dire que,
06:16pour que nous en arrivions là,
06:18il faut une certaine détermination.
06:20Mais c'est bien pour ça que je le souligne.
06:21Une volonté politique qui soit très claire.
06:25Chez nous, on a la verticalité dans nos décisions.
06:28Et donc, lorsque nous avons un socle de valeur,
06:31que nous orientons la manière avec laquelle nous souhaitons conduire notre territoire,
06:35les activités, les compétences,
06:37eh bien, on ne déroge pas.
06:38On regarde le cap et on y va.
06:40C'est parfois décrié, c'est parfois commenté,
06:43mais il n'y a que le résultat qui compte.
06:45Ce choix de Safran est une belle manière de dire que seul le résultat compte.
06:49Et au sein du Conseil Régional, vous n'avez pas eu affaire à l'opposition écologiste sur ce projet ?
06:54Mais à l'évidence.
06:55Mais bien sûr qu'on a affaire à des oppositions.
06:57Vous savez, l'hémicycle, il est composé de plusieurs groupes politiques.
07:01Et je le déplore avec des groupes extrêmes
07:04qui sont à l'opposé de la manière avec laquelle on veut conduire
07:07des actions fortes pour l'économie.
07:09Quand vous avez une extrême gauche dans un hémicycle,
07:13je peux vous dire que tout ce qui est de nature à favoriser la croissance
07:16n'est pas du tout dans leur logiciel.
07:19Mais nous faisons face.
07:20La question n'est pas tant de savoir si on va subir une opposition.
07:24La question est de savoir comment nous pouvons aller vers la décision,
07:28vers l'orientation que nous avons définie.
07:29Merci beaucoup Fabrice Pancouk,
07:31président du Conseil Régional d'Auvergne.
07:33Ronald, et je rappelle cette bonne nouvelle,
07:34450 millions d'euros à terme,
07:37engagés par le groupe Safran pour avoir justement choisi votre région,
07:41et notamment le parc industriel de la Plaine de l'Inde
07:44pour implanter sa nouvelle usine de freins carbone.
07:46Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour vous réjouir
07:49en notre compagnie de cette excellente nouvelle
07:51à une quarantaine de kilomètres seulement de Lyon.
07:53Comme quoi, quand on parle de l'industrie française,
07:55il y a aussi des bonnes nouvelles
07:56et nous sommes là pour les souligner.
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