00:00On va continuer de regarder le ciel chez nous, beaucoup plus en paix heureusement et évidemment avec de moins en moins d'avions Ryanair dans le ciel.
00:09La compagnie a décidé de réduire la voilure, elle a réduit ses vols et elle fait même ses valises purement et simplement de trois aéroports.
00:17Ryanair refuse de payer la taxe par billet, jugée astronomique. Elle a été augmentée, j'en sais pas.
00:24Bonjour, consultant aéronautique BFM TV, merci d'être avec nous. Marc Rochet est également avec nous.
00:30Bonjour, président d'aérogestion, ancien président de French Bee et Air Caraïbes.
00:36Vous comprenez le coup de gueule de Ryanair et les conséquences qu'ils en tirent ?
00:40Je connais très bien la compagnie Ryanair qui est extrêmement efficace. Je comprends ses décisions et je dirais même qu'elles sont tout à fait logiques.
00:50Nos gouvernants, il n'y a pas que ceux d'aujourd'hui, mais ont laissé filer cette maladie de l'impôt qui touche toute l'économie française en appliquant au début sur une taxe généreuse.
01:03C'était la taxe Chirac, l'aide aux pays en voie de développement sur le plan médical, un euro par passager.
01:09Eh bien, on a utilisé cette taxe pour la détourner de son objectif initial qui était d'ailleurs pas très bien contrôlé et on est aujourd'hui à 7,40 euros par passager.
01:18Donc, on a multiplié tout ça par des montants extrêmement élevés et donc ce sont les clients d'abord qui en sont les victimes parce qu'il ne faut pas oublier que sur ces lignes,
01:27vous avez parlé de Bargerac et autres, ce ne sont quand même pas des clients très riches qui voyagent, ce sont des familles.
01:32Quand une famille, vous êtes quatre, vous multipliez tout ça par quatre et donc c'est un impact et Ryanair qui est une compagnie extrêmement bien gérée,
01:39a décidé d'aller opérer sur d'autres vols, sur d'autres régions d'Europe qui, elles, ne pratiquent pas ces politiques fiscales.
01:47Trop d'impôts tue l'impôt, je crois que ça a été dit par un économiste américain.
01:52On en voit aujourd'hui la réalisation concrète.
01:55On peut se dire, 7,40 euros par billet sur un billet d'avion, c'est une goutte d'eau en tout cas ?
02:01Non, non, non, ce n'est pas une goutte d'eau, vous êtes sur des billets qui sont de l'ordre, on est sur des cours courriers,
02:07là on parle à l'intérieur de l'Europe, bien que la taxe s'applique à l'international aussi.
02:11C'est 7,40 euros pour un billet qui vaut moins de 100 euros, donc c'est important.
02:17Et puis c'est surtout sans aucun contrôle et sans aucune contrepartie.
02:21Si l'État levait de l'impôt, mais pour améliorer ses services publics, pour améliorer sa navigation aérienne,
02:26pour améliorer la compétitivité des compagnies françaises, qui sont en recul de part de marché à peu près partout,
02:32on pourrait trouver ça justifié.
02:34Non, on est dans le cynisme et on est dans la communication.
02:37Communication, les riches peuvent payer, c'est contraire au transport aérien qui s'est démocratisé,
02:42c'est au bénéfice des familles, au bénéfice des régions concernées,
02:45et donc il faut qu'on redevienne raisonnable.
02:47Heureusement, le ministre actuel des Transports semble être dans ses dispositions.
02:51Oui, parce que, pour donner quelques chiffres, la compagnie Ryanair prévoit de réduire 13%
02:56de sa capacité dans le pays, concrètement c'est 750 000 sièges,
03:01l'annulation de 25 lignes, et puis donc l'arrêt, ces opérations dans 3 aéroports,
03:05qui ne sont pas des gros aéroports, qui sont des aéroports où les habitants
03:09n'en ont pas beaucoup d'autres à proximité souvent, Bergerac, Brive et Strasbourg.
03:14Et 800 emplois, peut-être.
03:16Auquel on peut rajouter, celui qu'ils avaient déjà abandonné en mars, l'aéroport de Vatry.
03:21Exact.
03:21Donc on est sur 4 aéroports, alors qu'ils paraissent mineurs pour les gens qui nous écoutent,
03:27mais qui sont très importants, parce que ce sont des zones où l'avion est quand même
03:31quelque chose d'important.
03:33Également, ce que je tenais à préciser tout à l'heure, on a parlé de, bien sûr,
03:367,40 euros supplémentaires par rapport au prix du billet pour cette fameuse taxe.
03:42Attention, il y a trois tronçons différents.
03:46Il y a les vols qui vont jusqu'à, grosso modo, 1000 kilomètres de Charles de Gaulle.
03:52Oui, ces billets-là vont augmenter de 7,40 euros, là où ils étaient avant à 2,63 euros.
04:01Mais ensuite, il y a les vols qui vont entre 1000 et 5000 kilomètres par rapport à Paris.
04:08Là, c'est 15 euros.
04:09Et ensuite, il y a les vols qui dépassent 5000 kilomètres, où là, on parle de 40 euros.
04:14Et 40 euros, c'est pour la classe économique.
04:18Parce que si on parle de classe affaires et de première classe, supérieur à 5000 kilomètres,
04:23c'est 120 euros supplémentaires.
04:26C'est-à-dire que, vraiment, au niveau taxation, c'est très agressif vis-à-vis, essentiellement, des compagnies françaises.
04:34Je ne parle même pas de l'aviation d'affaires qui, eux, alors, ils sont massacrés.
04:40Alors, il faut aussi expliquer le modèle économique de ces compagnies low-cost
04:44qui, souvent, desservent, justement, des zones éloignées d'autres transports
04:50et bénéficient, parfois, d'aides publiques, aussi, les subventions.
04:54Ces compagnies low-cost, d'ailleurs, je n'aime pas trop l'expression low-cost,
04:58mais elle est passée dans le langage public,
05:00sont des compagnies qui cherchent à avoir les coûts d'exploitation les plus compressés possibles,
05:07en étant tout à fait dans les règles de la réglementation.
05:09Ryanair n'a quasiment jamais été pris en défaut sur ces points-là.
05:12et vont chercher des trafics dans des aéroports qui ont été abandonnés,
05:18soyons clairs également, par les compagnies françaises.
05:20Il y a 20 ans, Air France était très présente dans la province de France.
05:24Aujourd'hui, elles n'existent plus.
05:26Donc, elles ont pris ses parts de marché et elles les ont développées.
05:28Alors, comment elles les ont développées ?
05:30En allant chercher des clientèles, effectivement, qui ont besoin de voyager,
05:33souvent pour des raisons familiales, touristiques, économiques.
05:37Vous prenez Bergerac.
05:38Si Bergerac n'a plus de liaison avec Paris,
05:40c'est quand même où la région parisienne ou une autre destination européenne,
05:44c'est pour elle une perte flagrante de compétitivité.
05:47Alors, est-ce qu'elles ont en même temps demandé à être aidées ?
05:51Ben oui, parce que quand vous arrivez dans une région et que vous dites
05:54je vais vous amener, prenons le cas de Carcassonne,
05:56quand vous regardez le trafic Ryanair sur Carcassonne,
05:59ça a littéralement fait grandir dans des proportions inimaginables
06:04le trafic sur Carcassonne.
06:05parce qu'il y a un potentiel touristique, parce qu'il y a un potentiel économique.
06:09Alors oui, on a parlé des fois d'aide illégale.
06:11Est-ce que Ryanair, comme d'autres compagnies,
06:13comme beaucoup d'autres ont parfois mis le pied sur les lignes jaunes ?
06:16Peut-être, mais ça n'a rien à voir avec les enjeux derrière.
06:19Et d'ailleurs, tout à fait, tout à l'heure je regardais votre journal,
06:22il y a cet élu de province qui disait
06:25c'est une perte pour nous et c'est une véritable perte.
06:27Trop d'impôts, tue l'impôt, nos gouvernements doivent s'attaquer à la dépense publique,
06:34doivent chercher à ce que l'impôt serve à améliorer la performance du secteur public.
06:38Regardez notre contrôle aérien, c'est le plus mauvais d'Europe.
06:42Il est à lui seul responsable de 30% des retards de vol européens.
06:46Donc on ne peut pas continuer comme ça, l'impôt ça doit servir à quelque chose,
06:50c'est sacré, c'est l'argent du contribuable, c'est sacré.
06:52D'autant que c'est toujours compliqué, c'est vrai, d'imposer des taxes sur l'aérien,
06:59des taxes nationales donc sur un secteur qui par définition ne peut pas être géré au niveau national.
07:05Tout à fait, et puis surtout rappelons-nous, pour ceux qui nous écoutent,
07:09l'historique de cette taxe.
07:11L'historique c'est un président de la République, M. Chirac, en 2006,
07:16avec le président du Brésil, M. Lula,
07:19ils ont mis en place quelque chose qui se voulait généreux.
07:24Allez, on va prendre un euro sur chaque billet,
07:27de manière à aider à payer des médicaments pour les pays en difficulté,
07:32qu'il y avait des épidémies et tout ce qui s'ensuit.
07:33Donc c'est passé par l'ONU, c'est entre autres passé par un organisme qui s'est créé,
07:38qui s'appelle l'United, qui a été rejoint par quelques pays.
07:42Une douzaine.
07:43Voilà, la majorité ont dit, bon ben non, nous, on laisse nos billets tranquilles.
07:49Mais cette taxe pour les médicaments, en 2020,
07:53on va rajouter un petit supplément pour l'écologie,
07:58pour développer les routes, pour développer les autoroutes,
08:01pour développer les voies de chemin de fer.
08:03Et puis là, on arrive, M. Barnier, juste avant de partir,
08:07dit, eh ben cette taxe, on va la multiplier par trois.
08:09Et depuis, le projet en reste là.
08:14C'est suicidaire pour l'aviation française.
08:17Anti-économique.
08:17À la recherche de l'argent, en tout cas, à tout prix des économies,
08:21c'est aussi le contexte.
08:22Est-ce qu'il y a à craindre que d'autres compagnies
08:24suivent la même voie que Ryanair demain ?
08:27Alors j'ai discuté avec des amis hier qui sont chez EasyJet,
08:31l'autre compagnie importante britannique.
08:33Ils étaient en CSE hier, en réunion entre patronat et syndicat.
08:40Et là-dessus, ils étaient très remontés, bien sûr, sur cette taxe.
08:43Pour l'instant, ils n'ont pas prévu de limiter ou d'arrêter certaines lignes.
08:49Mais ça se discute fortement.
08:51Donc il risque de se passer cela dans les mois qui viennent.
08:55Ils attendent, je crois, surtout la confirmation,
08:58puisqu'il y a eu des annonces faites par le ministère
09:00qui laissent penser que ça pourrait peut-être être supprimé.
09:05Ou au moins non renouvelé, ce qu'on a aussi parlé d'augmenter encore.
09:11Tout est faisable.
09:13Mais donc, les compagnies qui décident de ne pas fermer leurs lignes
09:16répercutent de fait cette somme sur le billet payé par le consommateur.
09:21C'est le client qui est pénalisé, soyons clairs,
09:24puisque cette taxe, elle est sur le billet d'avion,
09:26elle est prélevée par la compagnie, mais elle est versée à l'État.
09:28Donc c'est l'argent du voyageur, c'est l'argent du client,
09:31c'est l'argent de la famille.
09:33Et des pays qui étaient aussi loin que nous dans ce domaine,
09:36comme la Suède, le pays du flagship et tout ça,
09:40ont retiré ces taxes, ont retiré.
09:42Et d'autres, l'Allemagne et l'Italie, se posent la question.
09:45Parce qu'ils ont compris que c'était en fait négatif
09:47et que ça avait un impact absolument désastreux
09:50sur leur transport aérien et sur l'activité économique des régions concernées.
09:53– Parce qu'il faut le rappeler, c'est une taxe fixe
09:56qui n'est pas proportionnelle au montant du billet.
09:58– Un peu comme l'a dit tout à l'heure,
10:00c'est à cause du long courrier,
10:02parce que derrière, on invite toujours une usine à gaz.
10:05Donc il y a le court courrier, le moyen courrier, le long courrier.
10:07– Bon, ça c'est pour le long courrier.
10:09– Mais c'est vrai que si vous avez cette taxe sur un billet
10:12qui coûte plus cher à la base, ça peut augmenter largement le plus.
10:14– J'en profite pour dire à ceux qui nous écoutent,
10:17ceux qui ont acheté des billets avant la fin de l'année 2024,
10:23voire début de l'année 2025,
10:25on a en ce moment quelques difficultés
10:27avec une certaine compagnie espagnole qui s'appelle Volotea.
10:30Il y a des compagnies qui ont bien sûr demandé un complément d'argent
10:34pour payer le supplément d'augmentation de taxes,
10:38ça, ça se comprend.
10:40Le problème, c'est qu'attention qu'en plus,
10:43ils ne facturent pas des frais de dossier,
10:45comme ça s'est passé pour Volotea,
10:47ou qu'ils n'utilisent pas des moyens de paiement
10:49sans prévenir le passager,
10:52ce qui se serait passé entre autres avec Volotea.
10:55Il y a une plate qui est déposée là-dessus.
10:57Donc attention avec vos billets d'avion
10:58si vous avez acheté en avance.
11:00– Les bons conseils de Jean Serrat.
11:01Merci beaucoup.
11:02– Merci à tous les deux d'être venus sur le plateau de BFM TV.
11:05– Bon vol à tous quand même.
11:06– Bon vol.
11:06– Merci à tous les deux d'être venus sur le plateau de BFM TV.
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