Passer au player
Passer au contenu principal
Rechercher
Se connecter
Regarder en plein écran
Like
Favori
Partager
Plus
Ajouter à la playlist
Signaler
Droits de douane : un accord qui affaiblit l'UE ? - 29/07
BFM
Suivre
il y a 6 mois
Deux heures pour vivre l’info. Loïc Besson donne les clés aux téléspectateurs pour mieux comprendre les grands enjeux de la journée.
Catégorie
📺
TV
Transcription
Afficher la transcription complète de la vidéo
00:00
On va continuer de parler des Etats-Unis, mais sur une toute autre thématique,
00:04
avec les suites de l'accord sur les droits de douane entre l'Europe et les Etats-Unis,
00:08
accord vivement critiqué, notamment en France, par toute la classe politique,
00:14
y compris par le Premier ministre qui parle de jours sombres, qui parle de soumission.
00:19
Mais alors qu'en pense Emmanuel Macron ? Aucune réaction de l'Elysée.
00:22
Le Président est silencieux, très silencieux, une position qui tranche avec celle de Donald Trump,
00:27
qu'on a vu se féliciter de cet accord en disant que c'était le plus bel accord qui n'avait jamais été signé.
00:34
Mais ce qui a été topé, est-ce que ça peut vraiment être considéré comme acquis ?
00:38
C'est la question qui se pose ce matin.
00:42
Évidemment, c'est une des grandes questions qui se pose.
00:44
Je pense que dans les grandes orientations, oui.
00:47
Ensuite, évidemment, le diable est toujours dans le détail.
00:49
Et donc, il y a un certain nombre de choses qui pourraient nous faire penser que ce ne sera pas exécuté.
00:54
Un petit peu comme ça avait déjà été l'expérience avec les Chinois qui avaient promis beaucoup de choses.
00:58
M. Trump, qui se préoccupe surtout de gains politiques intérieurs aux États-Unis, en priorité, s'était félicité de cet accord.
01:06
C'est très difficile, évidemment, de faire acheter de manière massive du soja ou de l'énergie.
01:11
En l'occurrence, ça concerne les Européens, puisque les promesses concernent des hydrocarbures américains, par exemple, dont nous avons besoin,
01:17
mais que nous ne pourrons pas nécessairement absorber, puisque ça nécessite des investissements d'abord dans les infrastructures.
01:22
Pareil, d'ailleurs, côté américain, pour voir les infrastructures d'exportation, de sous ce que nous avons promis.
01:28
Les Américains ont eu le fait qu'ils ont été assez prudents, par exemple, dans le domaine de l'aéronautique,
01:33
puisque ça pourrait se recourner contre leur propre filière.
01:36
Donc, il y a beaucoup d'effets d'annonce. Pour les Européens, une image qui n'est pas entièrement satisfaisante, on peut bien le dire.
01:45
Et dans la réalité, ensuite, qui prendra des mois, voire peut-être deux ans à s'installer, faire voir ce qui ressort de manière effective,
01:53
puisque ce sont comme les entreprises qui restent libres d'acheter ce qu'elles veulent, y compris en termes d'approvisionnement énergétique.
01:59
Il n'est pas certain que tout ce qui a été dit soit mis en œuvre.
02:03
– Et alors, bon, on connaît Donald Trump, le businessman. Voilà, il avait dit, s'il n'y a pas d'accord, ça sera 30% pour tout le monde.
02:13
Du coup, on s'est mis d'accord sur… On a coupé la poire en deux, c'est 15%, ce qui reste quand même énorme pour les Européens.
02:19
S'il voit que les Européens commencent à rechigner au niveau des États, notamment, qui doivent valider cet accord.
02:26
Est-ce que Donald Trump pourrait à nouveau, j'allais dire changer d'humeur, en tout cas, changer de braquet ?
02:33
– Ça, certainement. Mais ce qu'il faudrait surtout, c'est que les Européens le fassent avant.
02:37
C'est-à-dire que d'abord, comme vous le dites, ces 15%, c'est quand même extraordinairement important.
02:41
Alors, on peut aussi adopter le point de vue exprimé par la présidente de la Commission,
02:45
à savoir, c'était ça ou rien, et c'est beaucoup mieux que ce qui planait sur nos têtes.
02:51
Le 30% que vous évoquez, vous avez raison, qui peut être dévastateur pour les secteurs entiers
02:56
dont les exportations aux États-Unis sont une part importante de leur revenu, bien sûr.
03:00
Mais n'oubliez pas que les Européens avaient aussi fourbi leurs armes.
03:03
Ils ont les avantages et les inconvénients, les faiblesses et les forces des Européens.
03:08
Je veux dire par là qu'il y a d'abord une centralité pour la négociation sur les questions commerciales.
03:13
La difficulté, évidemment, c'est que l'ensemble des États qui n'exportent pas les mêmes produits
03:16
sont plus ou moins vulnérables les uns les autres et ne se mettent pas toujours d'accord.
03:19
Le deuxième point, c'est qu'en revanche, il y a des contre-mesures commerciales dont nous disposons
03:23
et que nous sommes un marché nettement plus important pour les États-Unis, par exemple, que la Chine.
03:28
Dans la richesse américaine, il faut rappeler quand même à nos téléspectateurs
03:31
que l'Europe représente deux fois la part de la Chine en part de PIB américain.
03:39
Donc c'est colossal, le commerce transatlantique. Il y a aussi des dimensions technologiques
03:43
qui sont très importantes, des forums, des instances qui existent et qui sont un petit peu délaissés,
03:48
évidemment, puisque Trump n'est pas le premier à coopérer sur un plan multilatéral,
03:53
mais peut parler aux États les uns après les autres.
03:55
C'est qu'il lui donne beaucoup plus de marge de manœuvre.
03:57
Donc les Européens peuvent aussi prendre des rétorsions qui seraient politiquement coûteuses pour lui.
04:02
Elles ont préparé leur plan, évalué à 100 milliards d'exportations américaines
04:07
qui seraient surtaxées en Europe. Donc nous avons des armes.
04:10
Est-ce que c'est un choix politique ensuite de préférer quelque chose qui est convenable,
04:15
même si toutes les entreprises, tous les secteurs industriels ne sont pas d'accord,
04:18
par rapport à la dévastation d'une véritable guerre commerciale ?
04:22
Ensuite, vous savez bien que tout ceci, la Commission ne doit être que l'expression
04:25
des positions des États. Il n'est pas certain encore une fois que tous les États soient d'accord,
04:28
même si les négociations commerciales dans le cadre de l'Union européenne sont centralisées
04:32
et c'est un outil tout à fait précieux dont nous disposons.
04:36
Ensuite, la volonté politique, c'est autre chose.
04:38
C'est autre chose, en effet, la volonté politique, parce qu'on parle de mesures de rétorsion,
04:44
de ce que pourraient faire les Européens.
04:45
Mais enfin, un accord a été trouvé, un accord a été signé par la présidente de la Commission européenne
04:50
pour l'Union européenne.
04:52
Jean-Hervé Lorenzi, merci d'être sur le plateau de BFM TV.
04:55
Vous êtes économiste, fondateur du Cercle des économistes et auteur d'Un monde de violences.
04:59
Et après, je le disais, Emmanuel Macron est très silencieux.
05:03
Je crois que ça doit être le seul dirigeant européen qui n'a pas réagi,
05:05
qui n'a pas commenté cet accord.
05:06
Ça fait plus de 24 heures maintenant.
05:08
Que doit faire la France, si ce n'est que de critiquer cet accord,
05:13
comme l'a fait le Premier ministre ?
05:14
Je vais d'abord revenir sur ce que je viens d'entendre.
05:16
Ça n'est que le début de l'histoire.
05:18
Si on imagine un instant que M. Trump, voyant la faiblesse,
05:24
vous voyez déjà un peu la tonalité de ce que je pense de cet accord,
05:27
la faiblesse inimaginable de l'Union européenne dans cette affaire-là,
05:34
évidemment, ceci n'est que le début d'une histoire.
05:37
Je rappelle d'ailleurs que c'est absolument fantaspingorique,
05:40
puisque ce n'est pas Mme von der Leyen qui peut décider
05:43
ce qu'on achète comme gaz, ni ce qu'on achète comme instrument de défense.
05:47
Tout ça n'a pas grand sens.
05:50
Et je me permets de vous corriger, mais l'accord n'a pas été signé.
05:54
Il n'y a pas encore d'accord.
05:55
Il y a un principe, ils se sont serrés la main,
05:58
mais Mme von der Leyen ne peut pas signer un accord
06:01
sans avoir l'accord de, comme vous le savez, de 65 ans.
06:05
Une majorité qualifiée d'État.
06:08
Donc ce qui va se passer, c'est un,
06:10
que, évidemment, l'aventure avec Trump,
06:14
voyant cette faiblesse inimaginable,
06:18
ne va pas en rester là.
06:19
Je veux dire, ce n'est que le début d'une histoire
06:21
qui n'est pas à notre avantage, évidemment.
06:26
Et deuxième aspect, pour le reste du monde,
06:28
pour nos relations avec la Chine,
06:30
pour nos relations commerciales.
06:31
Donc c'est une histoire qui ne fait que démarrer.
06:34
Alors, que va faire la France, et à mon avis, d'autres pays ?
06:38
Je pense que cette histoire est très, très loin d'être finie.
06:42
C'est qu'il va y avoir des réticences, me semble-t-il, fortes.
06:46
J'attends, j'allais dire, surtout la réaction
06:49
d'une partie de l'industrie allemande,
06:51
qui, évidemment, vous faites un rapide calcul,
06:54
15% plus 12% de baisse du dollar,
06:57
ça fait 27%.
07:00
27%, c'est très près des 30%
07:02
que n'importe quel grand industriel de l'automobile allemand
07:06
considère comme étant la catastrophe absolue.
07:09
Donc on va voir ce qui se passe.
07:11
Mais je ne crois pas une seconde que cette...
07:13
Alors je me lance beaucoup.
07:14
Un, je ne crois pas que cet accord sera ratifié.
07:17
Ou, disons, cette tentative d'accord sera ratifiée.
07:20
Je n'y crois pas.
07:22
Et deuxième aspect, je pense que ça crée
07:23
une crise politique en Europe absolument majeure.
07:27
Vous me demandez ce que doit faire la France.
07:30
Ça va passer devant le Parlement.
07:31
Si vous croyez que vous allez trouver
07:33
plus d'une trentaine, une quarantaine de députés
07:36
qui vont voter...
07:36
Ça va passer devant le Parlement ?
07:38
Forcément, il faut l'accord de la France.
07:41
Je pense, j'imagine.
07:43
De toute façon, si ça ne passait pas devant le Parlement,
07:45
de toute façon, la France ne l'acceptera pas.
07:47
Et vous avez posé la question du président de la République,
07:49
mais ce n'est pas son rôle, en l'occurrence,
07:51
où il s'exprimera après.
07:53
Le gouvernement s'est exprimé hier
07:54
par le ministre du Commerce extérieur,
07:57
par le Premier ministre,
07:59
par le ministre des Affaires étrangères,
08:01
en expliquant que c'était ce mot terrible
08:04
de M. Béroud, une soumission.
08:06
Donc franchement, tout ça est assez clair.
08:09
Bonjour, Franck Chouane.
08:10
Merci d'être avec nous.
08:11
Vous êtes président de la Commission internationale
08:13
de la CPME.
08:17
Cet accord, il n'est pas acceptable
08:19
parce que ce que dit Ursula von der Leyen,
08:21
ce que disent d'autres dirigeants européens,
08:22
c'est que oui, en effet,
08:24
on n'y est pas franchement gagnant,
08:26
mais là où on y est gagnant,
08:27
c'est qu'enfin, au moins,
08:28
il va y avoir un peu de stabilité
08:30
pour les entreprises.
08:32
En effet, nous, à la CPME,
08:33
on a aussi une insatisfaction
08:35
par rapport à cet accord.
08:36
Néanmoins, j'irai en préambule,
08:38
on a un accord ou un début d'accord.
08:40
Et ça, il faut le souligner,
08:42
Ursula von der Leyen
08:43
a quand même travaillé,
08:45
œuvré dans ce sens.
08:46
Et au moins, il y a un début d'accord
08:48
qui est important à noter
08:50
parce qu'aujourd'hui,
08:51
on était dans une telle instabilité,
08:53
nous, PME,
08:54
qu'on ne voyait pas à plus de trois mois.
08:55
Si on peut avoir un accord au 1er août,
08:57
c'est ça qui est important.
08:58
15%, évidemment,
08:59
ce n'est pas satisfaisant.
09:00
On n'est pas heureux d'avoir 15%,
09:02
d'autant plus qu'il y a encore
09:04
des secteurs qui sont flous.
09:06
On ne sait pas comment vont être traités
09:08
les produits pharmaceutiques,
09:10
comment vont être traités les spiritueux,
09:12
encore moins les vins,
09:13
ni le bois.
09:14
Donc, il y a plein de secteurs
09:15
qui sont encore dans le flou,
09:17
même si, on pourrait dire
09:18
que comme ils étaient
09:19
dans un accord précédent,
09:21
notamment, il y avait
09:21
des exemptions de taxes
09:22
sur certains secteurs,
09:24
je dirais, stratégiques.
09:26
C'est acquis pour l'aéronautique
09:27
puisque ça a été précisé,
09:28
mais ce n'a pas été reprécisé,
09:29
par exemple, pour les spiritueux
09:30
qui sont dans la négociation
09:32
d'un zéro pour zéro
09:34
et également pour le vin
09:35
où on a, par exemple,
09:37
des interrogations.
09:40
Donc, aujourd'hui, je dirais
09:41
qu'il vaut mieux un accord
09:44
que pas d'accord.
09:46
Déjà, 15%, évidemment,
09:48
c'est trop élevé,
09:49
mais c'est mieux que rien.
09:52
Ceci dit, comme vous le disiez,
09:54
il ne faut pas oublier
09:55
qu'il y a un double effet
09:56
en ce moment
09:57
avec la parité euro-dollar
10:00
qui est très néfaste
10:02
parce qu'en fait,
10:03
15 plus 12, comme vous le disiez,
10:04
ça fait à peu près 27.
10:05
et que ça, c'est limite,
10:08
très, très limite
10:08
pour franchir une zone
10:13
de désastre économique, en fait.
10:16
Donc là, on a besoin,
10:18
en tout cas,
10:19
de se satisfaire
10:20
et d'aller au bout d'un accord
10:21
limité à pas plus de 15%.
10:24
Et après, il va falloir travailler
10:27
pour revenir vers l'Union européenne
10:29
pour aider les entreprises françaises
10:32
à devenir plus compétitives
10:33
parce que là, après,
10:33
ça va poser d'autres questions.
10:35
Comment est-ce qu'on réagit,
10:36
nous, PME,
10:38
pour retrouver de la compétitivité ?
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire
Recommandations
13:33
|
À suivre
Droits de douanes : tous taxés dès jeudi ! - 01/08
BFM
il y a 6 mois
5:34
Accord UE/USA : Bayrou parle d'un "jour sombre" - 28/07
BFM
il y a 6 mois
9:47
Droits de douane : Bercy convoque les acteurs - 30/07
BFM
il y a 6 mois
20:30
Douanes : la France veut contre-attaquer - 31/07
BFM
il y a 6 mois
5:57
Genevard/Taxes : "la situation ne peut en rester là" - 22/08
BFM
il y a 5 mois
2:26
Droits de douane: "C'est un accord très puissant, très grand, le plus grand de tous les accords", affirme Donald Trump
BFM
il y a 6 mois
10:29
États-Unis : les produits européens taxés à 15% - 28/07
BFM
il y a 6 mois
1:10
Le discours de Donald Trump sur les droits de douane doit débuter à 22 heures
euronews (en français)
il y a 10 mois
0:56
Donald Trump annonce des droits de douane de 30 % contre l'UE, qui espère encore un accord
euronews (en français)
il y a 6 mois
7:51
7 MINUTES POUR COMPRENDRE - Donald Trump rétropédale sur les droits de douane, excepté pour la Chine
BFM
il y a 9 mois
0:27
Droits de douane: "Les produits pharmaceutiques ne feront pas partie de cet accord commercial", assure Donald Trump
BFM
il y a 6 mois
1:14
Droits de douane américain: Giorgia Meloni dénonce "une mauvaise mesure"
BFM
il y a 10 mois
9:04
Budget, travail... les enjeux des négociations - 21/07
BFM
il y a 6 mois
4:32
VIDEO - Pourquoi Trump s’est rétracté sur les droits de douane
Les Echos
il y a 9 mois
5:18
LE CHOIX D'ELSA - Droits de douane américains : l'étrange mise en scène de Donald Trump
BFM
il y a 10 mois
2:30
Droits de douane: "Donald Trump est furieux de ne pas avoir réussi à désunir les Européens", explique Bernard Guetta, député européen Renew
BFM
il y a 8 mois
2:49
Vin, fromage, aéronautique… ces secteurs qui s'inquiètent des droits de douane annoncés par Donald Trump - par @GuillaumPaul
BFM
il y a 11 mois
1:40
Droits de douane américains: comment la riposte mondiale s'organise-t-elle ?
BFM
il y a 10 mois
48:14
Droits de douane américains: la prise de parole de Donald Trump en intégralité
BFM
il y a 10 mois
1:39
Donald Trump annonce des droits de douane contre l’UE, « conçue pour emmerder les États-Unis »
LeHuffPost
il y a 11 mois
1:48
Droits de douane américains: "C'est un accord très mauvais, qui est le fruit de la peur de von der Leyen", estime le député européen Sandro Gozi
BFM
il y a 6 mois
2:02
Droits de douane: "Il faut nous redonner du pouvoir d'achat avant de nous dire d'acheter Made In France", demande cet artisan-poissonnier
BFM
il y a 9 mois
1:23
Droits de douane: les États-Unis et l'UE ont "conclu un accord", annonce Donald Trump
BFM
il y a 6 mois
0:51
Mercosur : le traité signé par l’UE malgré les oppositions
Le Parisien
il y a 9 heures
1:17
Mort à 52 ans d'un ancien chanteur de G-Squad
Le Parisien
il y a 9 heures
Écris le tout premier commentaire