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  • il y a 6 mois
Deux heures pour vivre l’info. Loïc Besson donne les clés aux téléspectateurs pour mieux comprendre les grands enjeux de la journée.

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00:00On va continuer de parler des Etats-Unis, mais sur une toute autre thématique,
00:04avec les suites de l'accord sur les droits de douane entre l'Europe et les Etats-Unis,
00:08accord vivement critiqué, notamment en France, par toute la classe politique,
00:14y compris par le Premier ministre qui parle de jours sombres, qui parle de soumission.
00:19Mais alors qu'en pense Emmanuel Macron ? Aucune réaction de l'Elysée.
00:22Le Président est silencieux, très silencieux, une position qui tranche avec celle de Donald Trump,
00:27qu'on a vu se féliciter de cet accord en disant que c'était le plus bel accord qui n'avait jamais été signé.
00:34Mais ce qui a été topé, est-ce que ça peut vraiment être considéré comme acquis ?
00:38C'est la question qui se pose ce matin.
00:42Évidemment, c'est une des grandes questions qui se pose.
00:44Je pense que dans les grandes orientations, oui.
00:47Ensuite, évidemment, le diable est toujours dans le détail.
00:49Et donc, il y a un certain nombre de choses qui pourraient nous faire penser que ce ne sera pas exécuté.
00:54Un petit peu comme ça avait déjà été l'expérience avec les Chinois qui avaient promis beaucoup de choses.
00:58M. Trump, qui se préoccupe surtout de gains politiques intérieurs aux États-Unis, en priorité, s'était félicité de cet accord.
01:06C'est très difficile, évidemment, de faire acheter de manière massive du soja ou de l'énergie.
01:11En l'occurrence, ça concerne les Européens, puisque les promesses concernent des hydrocarbures américains, par exemple, dont nous avons besoin,
01:17mais que nous ne pourrons pas nécessairement absorber, puisque ça nécessite des investissements d'abord dans les infrastructures.
01:22Pareil, d'ailleurs, côté américain, pour voir les infrastructures d'exportation, de sous ce que nous avons promis.
01:28Les Américains ont eu le fait qu'ils ont été assez prudents, par exemple, dans le domaine de l'aéronautique,
01:33puisque ça pourrait se recourner contre leur propre filière.
01:36Donc, il y a beaucoup d'effets d'annonce. Pour les Européens, une image qui n'est pas entièrement satisfaisante, on peut bien le dire.
01:45Et dans la réalité, ensuite, qui prendra des mois, voire peut-être deux ans à s'installer, faire voir ce qui ressort de manière effective,
01:53puisque ce sont comme les entreprises qui restent libres d'acheter ce qu'elles veulent, y compris en termes d'approvisionnement énergétique.
01:59Il n'est pas certain que tout ce qui a été dit soit mis en œuvre.
02:03– Et alors, bon, on connaît Donald Trump, le businessman. Voilà, il avait dit, s'il n'y a pas d'accord, ça sera 30% pour tout le monde.
02:13Du coup, on s'est mis d'accord sur… On a coupé la poire en deux, c'est 15%, ce qui reste quand même énorme pour les Européens.
02:19S'il voit que les Européens commencent à rechigner au niveau des États, notamment, qui doivent valider cet accord.
02:26Est-ce que Donald Trump pourrait à nouveau, j'allais dire changer d'humeur, en tout cas, changer de braquet ?
02:33– Ça, certainement. Mais ce qu'il faudrait surtout, c'est que les Européens le fassent avant.
02:37C'est-à-dire que d'abord, comme vous le dites, ces 15%, c'est quand même extraordinairement important.
02:41Alors, on peut aussi adopter le point de vue exprimé par la présidente de la Commission,
02:45à savoir, c'était ça ou rien, et c'est beaucoup mieux que ce qui planait sur nos têtes.
02:51Le 30% que vous évoquez, vous avez raison, qui peut être dévastateur pour les secteurs entiers
02:56dont les exportations aux États-Unis sont une part importante de leur revenu, bien sûr.
03:00Mais n'oubliez pas que les Européens avaient aussi fourbi leurs armes.
03:03Ils ont les avantages et les inconvénients, les faiblesses et les forces des Européens.
03:08Je veux dire par là qu'il y a d'abord une centralité pour la négociation sur les questions commerciales.
03:13La difficulté, évidemment, c'est que l'ensemble des États qui n'exportent pas les mêmes produits
03:16sont plus ou moins vulnérables les uns les autres et ne se mettent pas toujours d'accord.
03:19Le deuxième point, c'est qu'en revanche, il y a des contre-mesures commerciales dont nous disposons
03:23et que nous sommes un marché nettement plus important pour les États-Unis, par exemple, que la Chine.
03:28Dans la richesse américaine, il faut rappeler quand même à nos téléspectateurs
03:31que l'Europe représente deux fois la part de la Chine en part de PIB américain.
03:39Donc c'est colossal, le commerce transatlantique. Il y a aussi des dimensions technologiques
03:43qui sont très importantes, des forums, des instances qui existent et qui sont un petit peu délaissés,
03:48évidemment, puisque Trump n'est pas le premier à coopérer sur un plan multilatéral,
03:53mais peut parler aux États les uns après les autres.
03:55C'est qu'il lui donne beaucoup plus de marge de manœuvre.
03:57Donc les Européens peuvent aussi prendre des rétorsions qui seraient politiquement coûteuses pour lui.
04:02Elles ont préparé leur plan, évalué à 100 milliards d'exportations américaines
04:07qui seraient surtaxées en Europe. Donc nous avons des armes.
04:10Est-ce que c'est un choix politique ensuite de préférer quelque chose qui est convenable,
04:15même si toutes les entreprises, tous les secteurs industriels ne sont pas d'accord,
04:18par rapport à la dévastation d'une véritable guerre commerciale ?
04:22Ensuite, vous savez bien que tout ceci, la Commission ne doit être que l'expression
04:25des positions des États. Il n'est pas certain encore une fois que tous les États soient d'accord,
04:28même si les négociations commerciales dans le cadre de l'Union européenne sont centralisées
04:32et c'est un outil tout à fait précieux dont nous disposons.
04:36Ensuite, la volonté politique, c'est autre chose.
04:38C'est autre chose, en effet, la volonté politique, parce qu'on parle de mesures de rétorsion,
04:44de ce que pourraient faire les Européens.
04:45Mais enfin, un accord a été trouvé, un accord a été signé par la présidente de la Commission européenne
04:50pour l'Union européenne.
04:52Jean-Hervé Lorenzi, merci d'être sur le plateau de BFM TV.
04:55Vous êtes économiste, fondateur du Cercle des économistes et auteur d'Un monde de violences.
04:59Et après, je le disais, Emmanuel Macron est très silencieux.
05:03Je crois que ça doit être le seul dirigeant européen qui n'a pas réagi,
05:05qui n'a pas commenté cet accord.
05:06Ça fait plus de 24 heures maintenant.
05:08Que doit faire la France, si ce n'est que de critiquer cet accord,
05:13comme l'a fait le Premier ministre ?
05:14Je vais d'abord revenir sur ce que je viens d'entendre.
05:16Ça n'est que le début de l'histoire.
05:18Si on imagine un instant que M. Trump, voyant la faiblesse,
05:24vous voyez déjà un peu la tonalité de ce que je pense de cet accord,
05:27la faiblesse inimaginable de l'Union européenne dans cette affaire-là,
05:34évidemment, ceci n'est que le début d'une histoire.
05:37Je rappelle d'ailleurs que c'est absolument fantaspingorique,
05:40puisque ce n'est pas Mme von der Leyen qui peut décider
05:43ce qu'on achète comme gaz, ni ce qu'on achète comme instrument de défense.
05:47Tout ça n'a pas grand sens.
05:50Et je me permets de vous corriger, mais l'accord n'a pas été signé.
05:54Il n'y a pas encore d'accord.
05:55Il y a un principe, ils se sont serrés la main,
05:58mais Mme von der Leyen ne peut pas signer un accord
06:01sans avoir l'accord de, comme vous le savez, de 65 ans.
06:05Une majorité qualifiée d'État.
06:08Donc ce qui va se passer, c'est un,
06:10que, évidemment, l'aventure avec Trump,
06:14voyant cette faiblesse inimaginable,
06:18ne va pas en rester là.
06:19Je veux dire, ce n'est que le début d'une histoire
06:21qui n'est pas à notre avantage, évidemment.
06:26Et deuxième aspect, pour le reste du monde,
06:28pour nos relations avec la Chine,
06:30pour nos relations commerciales.
06:31Donc c'est une histoire qui ne fait que démarrer.
06:34Alors, que va faire la France, et à mon avis, d'autres pays ?
06:38Je pense que cette histoire est très, très loin d'être finie.
06:42C'est qu'il va y avoir des réticences, me semble-t-il, fortes.
06:46J'attends, j'allais dire, surtout la réaction
06:49d'une partie de l'industrie allemande,
06:51qui, évidemment, vous faites un rapide calcul,
06:5415% plus 12% de baisse du dollar,
06:57ça fait 27%.
07:0027%, c'est très près des 30%
07:02que n'importe quel grand industriel de l'automobile allemand
07:06considère comme étant la catastrophe absolue.
07:09Donc on va voir ce qui se passe.
07:11Mais je ne crois pas une seconde que cette...
07:13Alors je me lance beaucoup.
07:14Un, je ne crois pas que cet accord sera ratifié.
07:17Ou, disons, cette tentative d'accord sera ratifiée.
07:20Je n'y crois pas.
07:22Et deuxième aspect, je pense que ça crée
07:23une crise politique en Europe absolument majeure.
07:27Vous me demandez ce que doit faire la France.
07:30Ça va passer devant le Parlement.
07:31Si vous croyez que vous allez trouver
07:33plus d'une trentaine, une quarantaine de députés
07:36qui vont voter...
07:36Ça va passer devant le Parlement ?
07:38Forcément, il faut l'accord de la France.
07:41Je pense, j'imagine.
07:43De toute façon, si ça ne passait pas devant le Parlement,
07:45de toute façon, la France ne l'acceptera pas.
07:47Et vous avez posé la question du président de la République,
07:49mais ce n'est pas son rôle, en l'occurrence,
07:51où il s'exprimera après.
07:53Le gouvernement s'est exprimé hier
07:54par le ministre du Commerce extérieur,
07:57par le Premier ministre,
07:59par le ministre des Affaires étrangères,
08:01en expliquant que c'était ce mot terrible
08:04de M. Béroud, une soumission.
08:06Donc franchement, tout ça est assez clair.
08:09Bonjour, Franck Chouane.
08:10Merci d'être avec nous.
08:11Vous êtes président de la Commission internationale
08:13de la CPME.
08:17Cet accord, il n'est pas acceptable
08:19parce que ce que dit Ursula von der Leyen,
08:21ce que disent d'autres dirigeants européens,
08:22c'est que oui, en effet,
08:24on n'y est pas franchement gagnant,
08:26mais là où on y est gagnant,
08:27c'est qu'enfin, au moins,
08:28il va y avoir un peu de stabilité
08:30pour les entreprises.
08:32En effet, nous, à la CPME,
08:33on a aussi une insatisfaction
08:35par rapport à cet accord.
08:36Néanmoins, j'irai en préambule,
08:38on a un accord ou un début d'accord.
08:40Et ça, il faut le souligner,
08:42Ursula von der Leyen
08:43a quand même travaillé,
08:45œuvré dans ce sens.
08:46Et au moins, il y a un début d'accord
08:48qui est important à noter
08:50parce qu'aujourd'hui,
08:51on était dans une telle instabilité,
08:53nous, PME,
08:54qu'on ne voyait pas à plus de trois mois.
08:55Si on peut avoir un accord au 1er août,
08:57c'est ça qui est important.
08:5815%, évidemment,
08:59ce n'est pas satisfaisant.
09:00On n'est pas heureux d'avoir 15%,
09:02d'autant plus qu'il y a encore
09:04des secteurs qui sont flous.
09:06On ne sait pas comment vont être traités
09:08les produits pharmaceutiques,
09:10comment vont être traités les spiritueux,
09:12encore moins les vins,
09:13ni le bois.
09:14Donc, il y a plein de secteurs
09:15qui sont encore dans le flou,
09:17même si, on pourrait dire
09:18que comme ils étaient
09:19dans un accord précédent,
09:21notamment, il y avait
09:21des exemptions de taxes
09:22sur certains secteurs,
09:24je dirais, stratégiques.
09:26C'est acquis pour l'aéronautique
09:27puisque ça a été précisé,
09:28mais ce n'a pas été reprécisé,
09:29par exemple, pour les spiritueux
09:30qui sont dans la négociation
09:32d'un zéro pour zéro
09:34et également pour le vin
09:35où on a, par exemple,
09:37des interrogations.
09:40Donc, aujourd'hui, je dirais
09:41qu'il vaut mieux un accord
09:44que pas d'accord.
09:46Déjà, 15%, évidemment,
09:48c'est trop élevé,
09:49mais c'est mieux que rien.
09:52Ceci dit, comme vous le disiez,
09:54il ne faut pas oublier
09:55qu'il y a un double effet
09:56en ce moment
09:57avec la parité euro-dollar
10:00qui est très néfaste
10:02parce qu'en fait,
10:0315 plus 12, comme vous le disiez,
10:04ça fait à peu près 27.
10:05et que ça, c'est limite,
10:08très, très limite
10:08pour franchir une zone
10:13de désastre économique, en fait.
10:16Donc là, on a besoin,
10:18en tout cas,
10:19de se satisfaire
10:20et d'aller au bout d'un accord
10:21limité à pas plus de 15%.
10:24Et après, il va falloir travailler
10:27pour revenir vers l'Union européenne
10:29pour aider les entreprises françaises
10:32à devenir plus compétitives
10:33parce que là, après,
10:33ça va poser d'autres questions.
10:35Comment est-ce qu'on réagit,
10:36nous, PME,
10:38pour retrouver de la compétitivité ?
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